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 Une Histoire & des Chemins ~ Ft. Rioghbhardan

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MessageSujet: Une Histoire & des Chemins ~ Ft. Rioghbhardan   Sam 29 Sep - 22:50


Une Histoire et des Chemins



- … Aujourd’hui encore, c’est un sujet à débat parmi les historiens. Mais je vous invite à aller voir, dans l’aile ouest du sixième étage, le tableau représentant le Conseil des Sorciers durant la crise des Baguettes de 1654 pour les plus curieux. Ils sont un peu sévères mais ils pourront vous aider à vous faire une idée sur le climat de l’époque.

La sonnerie sonna pile à ce moment, et Aurora sourit tandis que les élèves les plus pressés commençaient à ranger leurs livres.

- Très bien ! Merci pour votre attention. Notre prochain cours sera sur le chapitre quatre de votre manuel, je vous invite à le parcourir avant que nous n’attaquions le Code du Secret Magique. Oh, et je dois vous préciser que la salle d’Histoire ne sera malheureusement pas disponible pour les révisions ce jeudi, je serais en déplacement pour la journée. Bon appétit !

Un courrier était arrivé le matin même pour la prévenir de la réouverture de l’exposition sur la magie chamanique à la Nouvelle-Orléans, et elle souhaitait y faire un saut pour revoir un vieil ami.
Laissant ses élèves quitter sa classe pour rejoindre la Grande Salle, Aurora donna un coup de baguette pour ranger le grand tableau et les documents sous verre qu’elle avait utilisés pour illustrer son cours du jour, qui retournèrent sagement à leurs places respectives au mur. Derrière elle, la classe se vidait dans le brouhaha, la plupart des élèves discutant déjà de ce qu'ils allaient manger.
Aurora était satisfaite de sa première semaine de cours. La plupart des élèves avaient été surpris du changement soudain de professeur, mais globalement, la transition se déroulait sur une note assez positive. Certains l'avaient trouvée un peu trop cool ou excentrique, mais les premières impressions ne la dérangeaient pas. Elle n'avait jamais trop prêté d'attention aux racontards, et préférait laisser le temps à ses classes de bien la connaître. Beaucoup d'élèves étaient encore réticents à l'appeler Professeur Aurora plutôt que Jones, mais elle espérait vaguement que cela finirait par devenir naturel. Avoir le même titre que Selena la dérangeait davantage que de passer pour une prof trop familière.

Tandis qu'elle répondait poliment à certains élèves qui la saluaient en quittant la pièce, Pasiphaé, qui avait passé tout le cours à dormir au milieu de la paperasse sur le bureau, descendit pour venir caresser ses chevilles en ronronnant. La jeune chatte avait déjà pris ses habitudes à Poudlard, se baladant généralement entre la bibliothèque, le bureau d'Aurora et la salle commune des Poufsouffle.

Aurora, qui laissait ses élèves sortir tranquillement, rangeait un énorme livre dans la bibliothèque derrière son bureau lorsqu'elle se rendit compte que, parmi les derniers à sortir, un élève l'attendait. Elle termina alors de ranger l'énorme ouvrage, un exemplaire du XIXème siècle sur le Code du Secret Magique, avant de contourner son bureau pour venir le voir.
Elle s'était attendue à ce que tous les élèves quittent la pièce rapidement pour aller déjeuner, ce qui était généralement le cas. Mais cela n'enlevait en rien son sourire, toujours ravie de pouvoir échanger hors cours avec ses élèves.

- Monsieur O'Callaghan. Que puis-je faire pour vous?

Rioghbhardan n'était pas des élèves les plus actifs en cours, mais Aurora le connaissait sans ça. Outre qu'il appartienne à sa maison, c'était l'élève le plus âgé de sa promotion, et un membre de leur équipe de Quidditch. Par ailleurs, elle avait déjà eu l'occasion de voir son dossier scolaire, qui lui avait soulevé quelques interrogations. Néanmoins, elle avait préféré lui laisser le bénéfice du doute, et attendre de voir comme il se débrouillerait en début d'année avant de lui parler de ses résultats l'année passée.
En clair, qu'il vienne la voir de lui-même si tôt était surprenant mais une bonne surprise pour la nouvelle professeur.


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MessageSujet: Re: Une Histoire & des Chemins ~ Ft. Rioghbhardan   Sam 13 Oct - 15:17


une histoire et des chemins
Aurora & Rioghbhardan

La sonnerie retentit enfin dans le couloir. Tout le monde se met à ranger ses affaires à l’arrache, visiblement pressé d’aller déjeuner. Je suis le mouvement, refermant mon livre d’un coup sec, rassemblant mes parchemins un peu en bazar sur mon coin de table et glissant le tout dans mon sac. Néanmoins, je prends mon temps. La porte s’ouvre, les premiers disparaissent déjà dans le couloir en chahutant. Milo se lève et me fixe sans trop comprendre. Je mets clairement quinze plombes pour pas grand chose, lançant des regards en direction de la prof et du reste de la classe trop régulièrement pour que ça soit innocent. « Vas-y, j’te retrouve après. » En soi, j’aurais pu aller la trouver tout de suite, tout le monde s’en fout sûrement, mais je sais que je passe déjà pour un demeuré auprès de toute ma classe, le gars débile même pas foutu d’avoir mieux qu’un D à ses ASPICs, alors si en plus on me voit traîner près des profs après les cours, qu’est-ce qu’on penserait ? Que j’essaye de gratter l’amitié pour avoir des notes potables ? Ou alors que je suis encore plus con que j’en ai l’air et je comprends même pas des choses que j’ai déjà vues l’an dernier ? Bien sûr qu’en vrai on s’en fout, qu’ils peuvent penser ce qu’ils veulent sans que ça change quoi que ce soit… Mais non. Ça m’atteint plus que je veux bien l’admettre. Milo finit par tourner les talons sur « à tout de suite » qui m’arrache un hochement de tête. Je sais que je ne vais pas rester très longtemps de toute façon, je reprends dans une heure et comme c’est cours de Vol, mieux vaut quand même que j’ai eu le temps d’avaler quelque chose avant.

La salle est quasiment vide quand je me lève enfin. Je glisse la bandoulière de mon sac sur mon épaule, laissant mes doigts s’y agripper pour canaliser un peu le stress idiot qui me tend tout entier. J’ai toujours eu l’habitude de rester après les cours, de faire des heures supplémentaires avec les professeurs qui acceptaient de m’aider à revoir ce que je comprenais pas forcément très bien mais cette année, c’est différent. Cette année, j’ai plus vraiment l’impression que ça puisse être bien vu. J’ai plus vraiment l’impression d’être à ma place non plus. Parce qu’en soi, les heures qu’ils ont passé à me filer un coup de main, elles ont été lamentablement perdues parce que j’ai fait de la merde. J’ai juste accepté un rôle de mauvais élève que j’avais jamais vraiment endossé. J’ai jamais été brillant, c’est un fait, mais j’ai toujours travaillé dur et là, sur un coup de tête, j’ai tout envoyé valser. Sûrement même bien plus que je l’avais prévu à la base… Jones remarque finalement que je traîne toujours dans le coin et comprend sans mal que c’est pas un hasard. Elle finit de ranger un bouquin et fait le tour du bureau pour venir à ma rencontre. Je lui ai jamais adressé la parole plus que ça, jusque là. Je sais que c’est notre directrice de maison mais voilà quoi. Pas franchement plus… « Monsieur O'Callaghan. Que puis-je faire pour vous ? » Je m’agite légèrement, un peu mal à l’aise, fixant plus naturellement le renflement nerveux de ma main dans la poche de ma robe de sorcier plutôt que mon interlocutrice. Depuis deux ans, je ne peux que contempler le fossé qui s’est creusé entre ce que j’étais et ce que je suis maintenant. Je me suis perdu en cours de chemin. Et je ne suis pas certain que ça soit véritablement une bonne chose. S’il y a du bon dans tout ça, le résultat global me sort clairement par les yeux depuis cette rentrée. Je peine à supporter cet abruti qui se sent de trop partout où il va et qui erre bêtement dans l’espoir plus bête encore de trouver sa place quelque part.

« Pardon de vous déranger juste avant de déjeuner, Madame, mais on a pas vraiment abordé cet aspect-là du programme l’an dernier… » Je me mords la lèvre en me maudissant de rappeler mon redoublement comme si c’était la chose la plus naturellement du monde. Je m’efforce de me reprendre rapidement mais mon coeur s’emballe malgré moi. « Du coup, je me demandais si la crise des baguettes était l’une des conséquences de l’instabilité politique qu’il y avait chez les moldus à ce moment-là…? » Je sors ma main de ma poche et lisse distraitement un pli sur la doublure jaune, évitant toujours soigneusement le regard de ma professeur. « J’ai lu que les gouvernements successifs étaient de plus en plus répressifs pour assurer leur autorité. Pas forcément qu'envers la communauté sorcière, d'ailleurs... » Je croise les doigts pour qu’elle ne me demande pas la référence du bouquin en question parce que je l’ai complètement zappé. « Est-ce que c’était une forme de protection, à l’époque, pour les sorciers de sang-pur d’agir comme ça à l’égard des nés-moldus ? Pour éviter qu'ils se trahissent et attirent l'attention sur les groupuscules sorciers qui se formaient déjà dans le Royaume ? Parce que j'imagine qu'ils avaient tendance à parler plus facilement, non ? Déjà qu'en devant garder le secret, c'est pas toujours facile de mentir à toute une partie des gens qu'on côtoie alors sans, ils devaient clairement être une menace... Ou bien c’est juste la coïncidence ? » J’ai toujours eu tendance à essayer de lier les histoires sorcières et moldues, depuis que je suis ici, pour ne pas perdre de vue d’où je viens mais j’imagine que, parfois, les parallèles entre les deux n’existent pas vraiment… Et puis, en vrai, j’ai un peu de mal à suivre la logique qu’elle a voulu mettre en place entre la montée en puissance de l’extrêmisme voldemortien et blackmanien et la crise de 1654. Même si je comprends que tout se répète, il y a quand même, à mes yeux, une différence entre le moment où la communauté sorcière devait agir pour sa survie et maintenant où c’est par pure bêtise qu’ils le font…
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Je me souviens de toi près de moi, tu m'embrassais pour la première fois, j'ai cette image gravée dans la tête. Je me souviens des premiers rendez-vous comme de la plus belle image de nous.
Rioghbhardan O'Callaghan
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MessageSujet: Re: Une Histoire & des Chemins ~ Ft. Rioghbhardan   Lun 15 Oct - 18:39


Une Histoire et des Chemins



- Pardon de vous déranger juste avant de déjeuner, Madame, mais on a pas vraiment abordé cet aspect-là du programme l’an dernier…

C’était sûrement vrai. De ce qu’elle avait lu des notes du professeur précédent, leurs méthodes de travail étaient bien différentes malgré des programmes très similaires. Pendant un moment, Aurora pensa que son élève allait lui reprocher d’avoir fait un cours un peu trop large ou illustré par rapport à ce à quoi ils avaient été habitués, mais la suite en fut tout autrement.

- Du coup, je me demandais si la crise des baguettes était l’une des conséquences de l’instabilité politique qu’il y avait chez les moldus à ce moment-là…?

Etonnée, elle leva un sourcil, et son sourire revint naturellement.
Tout en l’observant, Aurora le laissa dérouler sa question, bien plus longue de que ce à quoi elle s’était attendu. Il aurait pu avoir une simple question sur les Aspics, ce qu’elle avait soupçonné au début, ou juste une demande sur les prochains devoirs. A la place, il déroulait une réflexion assez intense sur les relations entre Moldus et Sorciers, et démontrait une véritable compréhension approfondie du cours.
Aurora l’écouta patiemment en hochant la tête, essayant de comprendre le fond de sa question.

- J’ai lu que les gouvernements successifs étaient de plus en plus répressifs pour assurer leur autorité. Pas forcément qu'envers la communauté sorcière, d'ailleurs... Est-ce que c’était une forme de protection, à l’époque, pour les sorciers de sang-pur d’agir comme ça à l’égard des nés-moldus ? Pour éviter qu'ils se trahissent et attirent l'attention sur les groupuscules sorciers qui se formaient déjà dans le Royaume ? Parce que j'imagine qu'ils avaient tendance à parler plus facilement, non ? Déjà qu'en devant garder le secret, c'est pas toujours facile de mentir à toute une partie des gens qu'on côtoie alors sans, ils devaient clairement être une menace... Ou bien c’est juste la coïncidence ?

La surprise devait se lire sur son visage. Pas de l’étonnement, mais plus une agréable surprise. Aurora ne s’était pas attendue à ce que Rioghbardan ait autant poussé sa réflexion, mais il lui démontrait un réel intérêt pour le sujet.
Elle avait certes noté, pendant son discours, une nervosité assez intense chez lui, mais Aurora ne s’en inquiétait pas vraiment. Elle ne connaissait pas encore assez ses élèves pour savoir qui avait quel caractère. Au mieux, elle pouvait simplement essayer de le mettre davantage à l’aise en lui donnant une réponse honnête. Après tout, il était adulte, et elle ne tenait pas à s’adresser à lui comme à un enfant, en le maternisant ou autre. Au contraire, Aurora trouvait qu’il démontrait la maturité nécessaire pour une véritable discussion d’adulte à adulte.

- C’est un bonne question. On sent que le sujet vous intéresse, ajouta-t-elle avec un sourire. Et effectivement, je pense que vous avez une bonne idée générale de la réponse, ce n’est pas une coïncidence. Mais il faut noter que le contexte est bien particulier. Que ce soit pour la Crise de Baguettes, la seconde Guerre des Sorciers ou Blackman, un climat de terreur règne parmi la communauté des sorciers comme des moldus. Le XVIIème siècle a été particulièrement intense en tragédies. Les familles de sorciers sont encore profondément marqués par la chasse aux sorciers qui dure depuis déjà 3 siècles, et en Europe, les moldus doivent composer à la fois avec de nombreux conflits comme la guerre de 30 ans, et des conditions de vie très difficiles. Chacun ne pense qu’à assurer sa survie, et la peur est omniprésente.

Marquant une pause, Aurora s’appuya contre son bureau pour continuer à dérouler son explication, seulement interrompue par un miaulement de Pasiphaé, qui jouait avec une plume oubliée par un élève dans la classe.

- Beaucoup de moldus pensent à l’époque que les sorciers sont responsables des épidémies, ou des intempéries. On cherche des coupables, et malheureusement, même si beaucoup de moldus sont aussi accusés à tort, c’est notre communauté qui est visée, par peur et par méconnaissance. En outre, le Code international du Secret Magique ne sera au point qu’en 1689, et mis en place dans les années qui suivent, mais en attendant, la plupart des familles de sorciers ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour garder le secret, et éviter d’être persécutées. Même dans les familles sang-mêlé, la situation peut être complexe. Mais dans ce cas, comment gérer le cas des « né-moldus » ? Car c’est encore un mystère à l’époque que de voir des sorciers naître au hasard dans des familles de moldus, le phénomène ne sera expliqué par la génétique que bien plus tard. Certains pensent même à des « vols » de magie, ou considèrent les sorciers né-moldus comme des aberrations. Et même pour ceux qui l’acceptent, comment aider les enfants né-moldus sans alerter le reste de la famille ? Car avec le pouvoir qu’a l’église à l’époque, dénoncer son voisin pour sorcellerie est presque un acte anodin. Dans ce cas-là, que faire ? Est-ce que vous prendriez le risque d’aider un enfant né-moldu avec sa magie, au risque que lui-même vous dénonce, vous et votre famille ? Malheureusement, il n’y a pas toujours de « bon » choix. Certains ont peut-être juste fait ce qu’ils pensaient le plus sûr pour assurer leur propre survie. Ne rien faire est aussi un choix.

Aurora haussa les épaules, marquant la tristesse de cette dernière remarque, prenant un temps de silence avant de terminer de développer son idée, guettant les réactions du jeune Poufsouffle.

- Malheureusement, certaines de ses croyances perdurent encore aujourd’hui, et certaines familles de Sang-Pur ont encore beaucoup d’appréhension ou de préjugés vis-à-vis des né-moldus, pensant qu’ils risquent de causer la chute des sorciers. Des tragédies comme celle de Salem ont énormément marqué l’esprit des familles Sang-Pur. La crise des Baguettes est le reflet d’un épineux problème que nous avons encore du mal à résoudre : à qui faire confiance ? A qui confier du pouvoir ou non ? Car la possession de baguette est un aspect tangible du problème. Si vous ne faites pas confiance à quelqu’un, vous n’aurez pas envie de lui donner accès à plus de pouvoir. Ce qui explique que pour ces trois périodes, la détention des baguettes par des né-moldus soit revenu, comme un moyen de pression.

Aurora le laissa digérer la vague d’informations, consciente qu’elle avait beaucoup parlé.
Mais elle était consciente que c’était un aspect qui les touchait tous les deux personnellement, et elle ne voulait pas lui donner l’impression qu’il y avait une réponse toute faite. Etant à la fois née dans une famille pro sang-pur et fille d’un moldu, Aurora avait expérimenté les deux camps. Si elle comprenait le traumatisme vécu par les enfants né-moldus l’année précédente, elle pensait néanmoins qu’il était important de leur faire comprendre l’origine des agissements des Sang-Pur. Créer des tensions entre les deux camps était stupide : le clivage était déjà bien trop présent à son goût, même au sein de l’école. Et elle était convaincue d’une chose : c’était en éduquant au mieux la prochaine génération qu’ils pourraient réduire leurs appréhensions les uns envers les autres. Elle ne comptait pas minimiser les faits : chaque camp avait ses torts, et ses blessures.
Mais les enfants de Poudlard étaient souvent à la recherche de réponses, et elle faisait de son mieux pour les apporter.

Elle contourna son bureau pour attraper deux verres et sa bouilloire magique, et se servit un thé tout en laissant la boîte et la bouilloire ouverte, faisant signe à son élève de se servir en thé ou café s’il le voulait. A côté, une grande boîte contenait quelques canapés sucrés ou salés, et elle l’invita à piocher dedans également. Aurora ne comptait pas descendre déjeuner dans la grande Salle, habituée à déjeuner sur le pouce dans son bureau, mais elle ne tenait pas à ce que son élève meure de faim s’ils poursuivaient leur discussion.
Evidemment, c'est ce moment que choisit Pasiphaé pour revenir vers eux et grimper sur le bureau en lorgnant sur les amuse-bouche, mais Aurora attrapa la chatte par la peau du cou et l'en fit descendre aussitôt en ignorant ses miaulements mécontents.


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MessageSujet: Re: Une Histoire & des Chemins ~ Ft. Rioghbhardan   Jeu 18 Oct - 19:19


une histoire et des chemins
Aurora & Rioghbhardan

La salle finit par se vider pour de bon. J’imagine que j’aurais mieux fait de suivre le mouvement et de disparaître discrètement pour aller déjeuner. Comme tout le monde. Mais d’un autre côté… L’an dernier je serais resté. Et même si je me sens définitivement comme un teubé de la pire espèce à errer encore ici après le départ de tout le monde, il faut bien reconnaître que ça m’est naturel. De rester, je veux dire, pas d’avoir l’air débile. Quoi que… Et puis ça m’intéresse. S’il y a une matière au monde où je sais que je peux viser un O, c’est celle-là. Et ça a toujours été celle-là. J’aime bien approfondir ce qu’on nous apprend, essayer de comprendre ce qui se cache derrière des dates et des faits balancés pelle-mêle. La surprise de Jones est palpable. Je suppose qu’elle s’attendait pas à ça. Sûrement que je cherche à savoir si y’avait moyen de sécher quelques cours puisque j’avais encore les notes de l’an dernier ou que je me renseigne juste sur la possibilité d’avoir quand même accès à la salle pour réviser jeudi. Quelque chose dans ce goût-là. Un truc qui va avec l’élève nul que je dois sembler être. Néanmoins, elle me laisse finir sans m’arrêter. « C’est un bonne question. On sent que le sujet vous intéresse. » Je hausse négligemment les épaules. Pas plus qu’un autre, pour dire vrai. J’ai juste pas envie de rester sur des questions qu’elle peut m’aider à évincer. J’imagine que ça aurait pu être sur n’importe quel autre cours sans trop de problème. « Et effectivement, je pense que vous avez une bonne idée générale de la réponse, ce n’est pas une coïncidence. Mais il faut noter que le contexte est bien particulier. Que ce soit pour la Crise de Baguettes, la seconde Guerre des Sorciers ou Blackman, un climat de terreur règne parmi la communauté des sorciers comme des moldus. » Je fronce légèrement les sourcils en l’entendant. Un climat de terreur parmi les moldus ? Sous Blackman ? Sérieusement ? Je suis pas convaincu. Il y a sûrement eu des incidents étouffés par la Gazette, je ne dis pas, mais je doute qu’il y ait eu assez de trucs pour foutre la communauté entière dans un état de crainte permanente. Tout comme ça n’était pas le cas, à mon sens, durant la deuxième Guerre. Il y a eu des attaques, des morts, des trucs comme ça… Mais comme il y en a en permanence sans forcément que les sorciers aient à intervenir. La terreur va et vient, sans forcément s’installer de manière durable. Les Moldus n’ont jamais été la cible principale des derniers événements. C’est plus un dommage collatéral, j’ai l’impression. Sûrement qu’ils auraient été directement et uniquement visé une fois les nés-moldus évincés mais ça n’a jamais été jusque là. Par manque de temps, sûrement…

« Le XVIIème siècle a été particulièrement intense en tragédies. Les familles de sorciers sont encore profondément marquées par la chasse aux sorciers qui dure depuis déjà 3 siècles, et en Europe, les moldus doivent composer à la fois avec de nombreux conflits comme la guerre de 30 ans, et des conditions de vie très difficiles. Chacun ne pense qu’à assurer sa survie, et la peur est omniprésente. » Elle s’adosse à son bureau et le silence retombe, seulement brisé par les miaulements du chat. Je me retourne machinalement pour m’assurer qu’il reste loin. J’en ai pas peur (je n’aime pas les chats mais c’est plus de l’indifférence qu’autre chose) mais je ne veux pas me retrouver plein de poils, j’ai pas envie que Milo se tape une allergie juste parce que je n’aurais pas fait très attention. « Beaucoup de moldus pensent à l’époque que les sorciers sont responsables des épidémies, ou des intempéries. On cherche des coupables, et malheureusement, même si beaucoup de moldus sont aussi accusés à tort, c’est notre communauté qui est visée, par peur et par méconnaissance. En outre, le Code international du Secret Magique ne sera au point qu’en 1689, et mis en place dans les années qui suivent, mais en attendant, la plupart des familles de sorciers ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour garder le secret, et éviter d’être persécutées. Même dans les familles sang-mêlé, la situation peut être complexe. » Je hoche doucement la tête. Même encore maintenant, la situation est complexe dans les familles de sang-mêlés… C’est pas forcément le même bazar mais j’ai aucun mal à faire le rapprochement… Les regards noirs de ma mère à chaque mention de Poudlard, sa réaction violente quand elle a compris que mon père avait menti et qui il était vraiment, l’interdiction implicite de faire usage de la magie à la maison, même après mes dix-sept ans… Je crois que ma mère est l’exemple même du moldu dépassé par un monde inconnu… « Mais dans ce cas, comment gérer le cas des « né-moldus » ? Car c’est encore un mystère à l’époque que de voir des sorciers naître au hasard dans des familles de moldus, le phénomène ne sera expliqué par la génétique que bien plus tard. Certains pensent même à des « vols » de magie, ou considèrent les sorciers né-moldus comme des aberrations. Et même pour ceux qui l’acceptent, comment aider les enfants né-moldus sans alerter le reste de la famille ? Car avec le pouvoir qu’a l’église à l’époque, dénoncer son voisin pour sorcellerie est presque un acte anodin. » Jusque là, j’arrive à suivre le raisonnement qu’elle met en place et le lien qu’on peut faire avec le sujet principal de notre cours. On retrouve les mêmes idées de vol et de contre-nature dans la propagande de la deuxième guerre. Mais il n’y a pas d’explications pour autant. On reprend sans rien démontrer. On explique sans creuser.

« Dans ce cas-là, que faire ? Est-ce que vous prendriez le risque d’aider un enfant né-moldu avec sa magie, au risque que lui-même vous dénonce, vous et votre famille ? Malheureusement, il n’y a pas toujours de « bon » choix. Certains ont peut-être juste fait ce qu’ils pensaient le plus sûr pour assurer leur propre survie. Ne rien faire est aussi un choix. » Imperceptiblement, je me crispe. Mes doigts blanchissent légèrement autour de l’anse de mon sac. Il n’y a pas forcément de bon choix… Ne rien faire est aussi un choix… Mon coeur loupe douloureusement un battement alors que les échos que cela fait en moi s’imposent de plus belle. Les embrouilles avec Milo, nos visions divergentes, le bordel de ce que c’était quand on était enfermés ici… L’impression de me retrouver le cul entre deux chaises, entre l’espoir qu’il n’arrive rien à Tracy ou Daniela et la crainte de me retrouver pris dans quelque chose à quoi je peux échapper. Je me sens secouer doucement la tête. Non. Non, je ne le prendrais pas. Mais je rougis bêtement en m’en rendant compte. Je n’ose même pas lever les yeux vers ma prof de peur qu’elle me voie comme un couard en plus d’un élève lamentable… « Malheureusement, certaines de ces croyances perdurent encore aujourd’hui, et certaines familles de Sang-Pur ont encore beaucoup d’appréhensions ou de préjugés vis-à-vis des nés-moldus, pensant qu’ils risquent de causer la chute des sorciers. Des tragédies comme celle de Salem ont énormément marqué l’esprit des familles Sang-Pur. » Là-dessus, c’est clair que c’est difficile de passer à côté. Les mentalités n’évoluent pas. Pas toutes en tout cas. Une partie de la société sorcière reste coincée des siècles en arrière sans qu’aucune vraie raison ne puisse l’expliquer. Du moins, j’en ai pas l’impression. Si je peux comprendre les traumatismes, le monde d’aujourd’hui diffère, et de loin, de celui qu’il était autrefois. « La crise des Baguettes est le reflet d’un épineux problème que nous avons encore du mal à résoudre : à qui faire confiance ? A qui confier du pouvoir ou non ? Car la possession de baguette est un aspect tangible du problème. Si vous ne faites pas confiance à quelqu’un, vous n’aurez pas envie de lui donner accès à plus de pouvoir. Ce qui explique que pour ces trois périodes, la détention des baguettes par des nés-moldus soit revenue, comme un moyen de pression. »

Le silence retombe doucement sur la salle de classe. J’arrive à voir où elle veut en venir, c’est pas le problème… Je sais pas… Elle contourne son bureau et sort de quoi boire et manger. D’un geste, elle me propose de me servir, d’un autre je refuse poliment. Je n’ai pas l’intention de m’attarder des heures durant. J’ai dit à Milo que je le rejoindrai et il faut que j’ai le temps d’aller récupérer mon balai dans mon dortoir. « En gros, il faut comprendre que les sorciers recommencent inlassablement les mêmes gestes à cause des traumatismes qu’ils ont subi il y a des siècles ? C’est pas trop simple ? » Le chat monte sur le bureau alors je recule machinalement d’un pas. Je reviens à ma place lorsqu’elle l’en vire et le suis des yeux avec un désintérêt total. « Parce qu’en soi, si on peut admettre qu’il ait été question de survie il y a des siècles, c’est plus le cas aujourd’hui. Les nés-moldus ont la possibilité de s’intégrer à la société sorcière sans risquer sa perte et les moldus qui sont au courant de l’existence de notre monde cohabitent plutôt bien avec. La seule menace du monde sorcier à l’heure actuelle, c’est juste le monde sorcier, non ? Je veux dire… À force de s’en prendre à la frontière entre les deux mondes, il y a bien un moment où elle finira par se briser et tout risque de recommencer. » Parce que pour l’instant, le monde moldu en tant que tel est laissé à l’écart des vrais problèmes, mais pour combien de temps ? « Vous pensez vraiment que c’est une question de confiance, vous ? Qu’on retire la baguette des gens qu’on pense indignent d’en posséder, à la limite c’est compréhensible, et on peut comprendre que le Ministère dans les année 90 ou Blackman plus récemment aient eu recours à ce moyen de pression. Jusque là oui... Mais pourquoi les enfermer ? » Je pose enfin les yeux sur Jones, tout en haussant vaguement les épaules, plus pour moi qu’autre chose. « On les retire de la communauté sorcière, d’accord, mais pourquoi on les empêche de rejoindre la société moldue ? Si on leur refuse juste le pouvoir, y’a aucune nécessité de leur retirer leur humanité, n’est-ce pas ? Pour éviter qu’ils alertent les moldus sur ce qu’il se passe ? Ils passeraient sûrement pour des fous auprès du plus grand nombre et quand bien même ce serait pas le cas, il y aurait toujours le Ministère pour veiller à effacer les mémoires et à faire revenir les choses à la normale. » Parce que tout le monde sait que le meilleur moyen d’avoir la paix est de faire son beurre dans la tête des gens, bien évidemment. « Finalement, le parallèle qu’on peut faire entre ces différentes périodes de l’Histoire Sorcière, il est bancal, non ? On retrouve des éléments identiques, d’accord, mais ils sont presque anecdotiques dans le fond. Les raisons sont différentes, les déclencheurs aussi. Le seul vrai lien qu’on peut faire entre tout ça, c’est le fait qu’on ait retiré les baguettes. On peut pas vraiment comparer, en fin de compte, si ? Parce que si on suit cette logique-là, on essaye presque de faire passer des crimes racistes pour de l’instinct de survie…? »
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MessageSujet: Re: Une Histoire & des Chemins ~ Ft. Rioghbhardan   Mar 30 Oct - 15:06


Une Histoire et des Chemins


- En gros, il faut comprendre que les sorciers recommencent inlassablement les mêmes gestes à cause des traumatismes qu’ils ont subi il y a des siècles ? C’est pas trop simple ?

Aurora fronça légèrement les sourcils et croisa les bras, non pas en signe de rejet, mais parce qu'elle était sincèrement curieuse d'écouter ce qu'en pensait son élève. En l'écoutant dérouler son discours Aurora ne put s'empêcher de penser que, comme beaucoup, il imprégnait malgré lui ses réflexions de pensées personnelles.
Elle n'était certes pas présente à Poudlard lors de l'année Blackman, mais elle en savait assez pour savoir ce que beaucoup d'élèves avaient subi.

Laisse Rioghbhardan parler, Aurora hochait la tête au fur et à mesure de ses paroles, tandis que ses propres réflexions suivaient son raisonnement. Elle savait bien à quel point il pouvait être compliqué de faire coexister les familles de sang-pur avec les moldus et les né-moldus. Une grande partie de sa propre enfance avait été régulièrement marquée par de longues disputes entre sa Grand-mère, aussi puriste que faire se peut, et Cassiopea, sa mère, qui avait décidé d'épouser un homme moldu envers et contre tous.

- La seule menace du monde sorcier à l’heure actuelle, c’est juste le monde sorcier, non ? Je veux dire… À force de s’en prendre à la frontière entre les deux mondes, il y a bien un moment où elle finira par se briser et tout risque de recommencer.

Oui, c'était une idée qu'elle partageait malheureusement avec lui. Même si pour l'instant, l'Histoire ressemblait à un éternel recommencement pour les sorciers, Aurora était persuadée que, à un moment où un autre, l'irréparable serait commis. Où le secret éclaterait, où le monde moldu devrait enfin voir ce qui se cachait derrière le miroir depuis tout ce temps. La question était de savoir quand?

Aurora, laissant son élève dérouler son idée sans en perdre une miette, se servit rapidement un thé vert, histoire de boire au moins quelque chose avant son prochain cours.
Néanmoins, elle manqua de s'étouffer sur la dernière phrase de son élève.

- On peut pas vraiment comparer, en fin de compte, si ? Parce que si on suit cette logique-là, on essaye presque de faire passer des crimes racistes pour de l’instinct de survie…?

Elle toussa doucement une petite seconde, le temps d'avaler ce qui était passé de travers. Elle soupira, et posa sa tasse pour lui répondre.

- Pardonnez moi. Non, j'entends très bien votre raisonnement, Monsieur O'Callaghan, et très honnêtement, vous me surprenez agréablement.

C'était vrai. Aurora ne s'était pas attendue à le voir si intéressé par le sujet. Elle ignorait encore si c'était par intérêt pour sa matière ou par intérêt personnel pour la question, mais dans les deux cas, elle était assez ravie de voir un élève partager ce genre de réflexion avec elle.

- Effectivement, comme vous le dites, la comparaison peut sembler "simpliste" ou facile. Si nous reprenions chaque conflit qui s'est élevé dans la communauté sorcière, au point de toucher indirectement les moldus, nous pourrions trouver des dizaines de similitudes comme nous pourrions trouver des dizaines de différences. En soit, ce n'est pas tellement la comparaison qui est importante, mais plutôt de trouver ces similitudes, et voir ce qu'elles nous apprennent.

Aurora se passa une main dans les cheveux, les détachant rapidement. Et réfléchit avant de poursuivre son discours. Lorsqu'elle reprit, elle regarda son élève dans les yeux, sans réellement sourire ni avoir l'air neutre. Une discussion, simple, entre deux adultes.

- Ce qui m'intéresse, en tant qu'historienne, c'est de voir ce que ces similitudes nous apprennent. Mon métier m'oblige à observer autant de neutralité que possible, même pour des événements qui m'ont touchée personnellement, tout comme vous. Je ne peux pas justifier des actes d'autres personnes à leur place, et croyez-moi, il y a des choses qui sont trop impardonnables pour ça. Que les protagonistes agissent par peur, par instinct de survie, par dévotion, par quête du pouvoir...

Elle haussa les épaules, le laissant imaginer tout ce qu'il voulait comme motivations.

- Vous l'avez très bien résumé en disant que la menace du monde sorcier, c'est lui-même. Jusqu'où aller pour protéger un secret, notre secret? Ou au contraire, pour le dévoiler? Pourquoi déshumaniser les né-moldus? Je m'efforce de trouver des réponses à ces questions, même si je ne les apprécie pas toutes. Et pour trouver ces réponses, je ne peux pas me mettre à la place des coupables, ou des victimes. Mais je peux trouver des situations similaires dans l'histoire, et trouver les points communs. A-t-on déjà vu ce genre de choses arriver? Oui, dans quel contexte? Avec quel protagonistes, animés par quelles motivations?

Aurora joua une seconde avec sa pince avant de la reposer sur son bureau. Son regard se posa sur le petit cadre photo où elle posait, heureuse, avec ses neveux et sa sœur, dans le salon des Jones. Son beau-frère avait pris la photo deux années plus tôt, quelques semaines avant leur mort. Elle ne put retenir un petit sourire triste, mais revint vite à son élève.

- Cela ne fait pas partie de mon métier que de trouver et punir des coupables, ou sauver des innocents. Mais...

Elle reprit à voix plus basse, sortant clairement du contexte de professeur pour s'adresser en tant que personne à Rioghbhardan.

- En tant que personne, il y a des actes que je ne comprendrais jamais, et des choses que je ne justifierais jamais. Mais cela relève du travail de conscience, pour chaque personne, que de prendre conscience de ce qui est arrivé, des décisions que chacun à prise. Personne n'a les bonnes réponses, et personne ne sait ce qu'il serait arrivé avec des "si". Ce que je tiens à vous enseigner, à vous et vos camarades, c'est que connaître ce qui est arrivé avant peut vous permettre de prendre de meilleures décisions ensuite. C'est pour ça que l'Histoire est si importante à mes yeux. Nous éviter, autant que possible, de refaire les mêmes erreurs, encore et encore.

Aurora haussa les épaules, retrouvant un sourire en levant les yeux au ciel pour redétendre un peu l'atmosphère.

- Malheureusement, il y a encore pas mal de travail à faire pour cela. Mais j'ai bon espoir, si la moitié de vos camarades se posent autant de questions que vous.

Elle fit le tour de son bureau pour pousser Pasiphaé de son siège, et s'y asseoir, en croisant les bras. Aurora était consciente que c'était un peu le piéger que de lui en parler maintenant, mais maintenant qu'elle avait l'élève devant elle, elle préférait jouer franc-jeu avec lui.

- ...Ce qui m'amène à me demander, monsieur O'Callaghan, comment un élève capable de si bonnes réflexions a terminé l'année dernière avec de telles notes.

Elle leva les mais en l'air et hocha légèrement la tête pour montrer qu'elle ce n'était pas une engueulade en règle, juste un constat pour l'instant.

- Je viens d'arriver, et je ne veux pas jouer la prof flic et faire la chasse aux mauvais élèves si vite. Mais, si jamais vous souhaitez discuter de ça avec moi, il faut que vous sachiez que je suis là pour ça, en tant que professeur et en tant que votre Directrice de Maison.

Elle lui épargna la vue de ses copies, qu'elle avait bien rangées quelque part dans un des tiroirs de son bureau. Aurora les avait demandées après avoir entendu parler de son redoublement, et s'était pas mal interrogée dessus depuis. Elle savait reconnaître une mauvaise copie, et pour elle, il était évident que Rioghbhardan s'était auto-saboté. Restait à comprendre pourquoi.


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MessageSujet: Re: Une Histoire & des Chemins ~ Ft. Rioghbhardan   Dim 18 Nov - 18:23


une histoire et des chemins
Aurora & Rioghbhardan

Elle me laisse parler inlassablement sans jamais m’arrêter. Je ne sais pas trop si c’est un bon signe ou non. D’un côté, j’imagine que si je disais de la grosse merde, elle me demanderait d’arrêter, mais d’un autre côté, peut-être qu’elle attend juste de voir à quel point je peux m’enfoncer. J’en sais trop rien… On ne peut pas dire que je fasse preuve d’une participation de ouf durant les cours alors elle essaye peut-être de juger de mon niveau de débilité. C’est difficile de savoir… J’ai même pas le temps de finir ma dernière phrase qu’elle s’étouffe dans sa tasse. Autant dire que ça me coupe clairement dans mon élan et que je me tais presque aussitôt ! « Pardonnez moi. » Je me contente de secouer la tête avec un sourire désolé. J’avais pas vraiment envie d’essayer de la tuer, je vous assure ! Elle prend une seconde pour se remettre de ses émotions et sa voix résonne à nouveau. « Non, j'entends très bien votre raisonnement, Monsieur O'Callaghan, et très honnêtement, vous me surprenez agréablement. » Ce qui doit signifier que je suis finalement moins con que j’en ai l’air ? Je ne suis pas convaincu que ça soit réellement un compliment mais, faute de mieux, je décide de le prendre comme tel et y répond par un vague sourire gêné. « Effectivement, comme vous le dites, la comparaison peut sembler "simpliste" ou facile. Si nous reprenions chaque conflit qui s'est élevé dans la communauté sorcière, au point de toucher indirectement les moldus, nous pourrions trouver des dizaines de similitudes comme nous pourrions trouver des dizaines de différences. » Oui, sûrement… Pourtant, elle ne va pas mettre en parallèle tous ces conflits. Alors pourquoi, juste pour une seule similitude, on regroupe ces trois-là ? Je comprends pas. Parce que dans le fond, il y a sûrement d’autres trucs qui se ressemblent bien davantage sans qu’elle en fasse l’étalage en cours, non ? « En soi, ce n'est pas tellement la comparaison qui est importante, mais plutôt de trouver ces similitudes, et voir ce qu'elles nous apprennent. » Et elles nous apprennent quoi ? En dehors du fait que les baguettes sont un moyen de pression récurrent et qu’elles paraissent être plus importantes dans l’identité du sorcier que le sorcier lui-même ? Je dis pas que c’est inintéressant, seulement que ça n’a pas beaucoup d’intérêt pour le cours en tant que tel. Ou, du moins, je vois pas en quoi. À moins qu’on voit les guerres sorcières comme une crise identitaire mais c’est plus l’identité des autres qui pose problème… Est-ce que les questions soulevées par le refus de l’altérité chez une partie de la société sont réellement au programme…? Je sais pas. J’ai du mal à voir où elle veut nous emmener. On s’éloigne du seul manuel mais le brouillard est trop épais pour que je puisse deviner ce qu’elle attend vraiment.

« Ce qui m'intéresse, en tant qu'historienne, c'est de voir ce que ces similitudes nous apprennent. Mon métier m'oblige à observer autant de neutralité que possible, même pour des événements qui m'ont touchée personnellement, tout comme vous. » Mais elle en fait quoi, des similitudes, après ? Je veux bien que ça soit la base de son métier, mais ça ne s’arrête quand même pas juste là ! J’aimerais qu’elle creuse un peu, qu’elle m’explique enfin ce que ça nous apporte que de savoir qu’il y a eu un élément commun à trois événements de l’Histoire magique ! Parce qu’elle doit pas faire ça pour rien, tout de même… Et, avec tout le respect que je dois à un professeur, je doute qu’il faille se taper je ne sais combien d’années d’études pour en arriver à cette conclusion… « Je ne peux pas justifier des actes d'autres personnes à leur place, et croyez-moi, il y a des choses qui sont trop impardonnables pour ça. Que les protagonistes agissent par peur, par instinct de survie, par dévotion, par quête du pouvoir… » Je fronce légèrement les sourcils en l’entendant et ne peux m’empêcher d’intervenir. « Mais les acteurs ont justifié leurs actes eux-mêmes, je crois. En tout cas, je vous assure que Blackman l’a fait, Professeur. Et plutôt deux fois qu’une… » Sur quoi je hausse les épaules, presque machinalement. Si elle nous fait écouter des enregistrements en classe, c’est bien que les discours ont du poids, non ? On ne peut pas juste fermer les yeux sur les motivations annoncées des Mages Noires de notre ère, ça n’a pas de sens ! « Vous l'avez très bien résumé en disant que la menace du monde sorcier, c'est lui-même. » Je hoche vaguement la tête, tout en la regardant jouer avec sa pince. {b]« Jusqu'où aller pour protéger un secret, notre secret ? Ou au contraire, pour le dévoiler ? Pourquoi déshumaniser les né-moldus ? Je m'efforce de trouver des réponses à ces questions, même si je ne les apprécie pas toutes. Et pour trouver ces réponses, je ne peux pas me mettre à la place des coupables, ou des victimes. Mais je peux trouver des situations similaires dans l'histoire, et trouver les points communs. A-t-on déjà vu ce genre de choses arriver ? Oui, dans quel contexte ? Avec quel protagonistes, animés par quelles motivations ? »[/b] Son regard se perd vers un cadre posé sur son bureau. Je ne vois pas ce qu’il représente, seulement le dos de l’objet. En vrai, je m’en fous un peu, je ne suis pas vraiment là pour apprendre à connaître la vie de la prof. Mais plus les secondes passent, plus je doute de l’utilité de ma présence ici. En vrai, on a avancé dans la discussion, ouvert un débat plus large que ma seule question du début mais… Mais pourquoi faire, en fin de compte ? J’ai pas de réponses. Seulement des questions plus nombreuses à chaque truc que l’on soulève. Ça va être ça, cette année ? Une liste interminable d’interrogations qui ne mènent à rien parce que les comparaisons n’ont pas le moindre intérêt, qu’il ne faut pas se baser sur les actes d’enfoirés de la pire espèce pour en déduire des choses évidentes et je ne sais quoi encore ?

Finalement, elle reporte son attention sur moi. Durant une seconde, son sourire s’est teinté de tristesse. Je doute franchement que ça soit notre discussion qui la mette dans cet état. D’accord, c’est pas brillant, mais tout de même ! En tant que personne, il y a des actes que je ne comprendrais jamais, et des choses que je ne justifierais jamais. Mais cela relève du travail de conscience, pour chaque personne, que de prendre conscience de ce qui est arrivé, des décisions que chacun à prise. »[/b] On s’éloigne définitivement du cadre de notre cours, là… Mais je ne dis rien et la laisse continuer. Après tout, elle sait sûrement où elle va. « Personne n'a les bonnes réponses, et personne ne sait ce qu'il serait arrivé avec des "si". Ce que je tiens à vous enseigner, à vous et vos camarades, c'est que connaître ce qui est arrivé avant peut vous permettre de prendre de meilleures décisions ensuite. C'est pour ça que l'Histoire est si importante à mes yeux. Nous éviter, autant que possible, de refaire les mêmes erreurs, encore et encore. » Mais est-ce qu’on peut prendre de meilleures décisions en se contentant d’énoncer des faits sans chercher plus loin ? J’ai de gros doutes. Parce que balancer qu’on a retiré par trois fois les baguettes des nés-moldus, ça n’explique pas en quoi c’est une bonne ou une mauvaise chose, c’est juste un constat. On l’a fait, point. Et si on a recommencé, on peut même se demander si c’était pas plutôt bien, dans le fond, sinon pourquoi le refaire ? Si je comprends parfaitement ce qu’elle me dit, j’adhère pas du tout à la manière dont elle semble le mettre en place. Ne pas faire de conclusions hâtives, je suis d’accord, mais il y a un moment où il faut arrêter de se planquer derrière des notions de neutralité qui n’ont pas lieu d’être quand on aborde un potentiel crime contre l’humanité ! « Malheureusement, il y a encore pas mal de travail à faire pour cela. Mais j'ai bon espoir, si la moitié de vos camarades se posent autant de questions que vous. » Une fois de plus, je hausse les épaules. Si elle cherche à détendre l’atmosphère, c’est raté. Je crois que je n’ai pas vraiment confiance en cette femme-là. Elle est certes bien gentille, mais j’ai tendance à imaginer qu’on se croiserait dans les planques du coin, en cas d’attaque. Pas se mouiller, regarder les choses se faire de loin, mettre en avant son métier pour expliquer une potentielle lâcheté… Dire que je suis déçu serait mentir mais je crois au moins savoir à quoi m’en tenir.

Elle vire son chat de sur le siège pour s’installer à sa place. Je remonte mon sac sur mon épaule. Je doute qu’on puisse obtenir quelque chose de plus de cette entrevue, ça doit vouloir dire que c’est l’heure d’aller déjeuner. Milo m’attend, de toute façon. Enfin je crois. « Ce qui m'amène à me demander, monsieur O'Callaghan, comment un élève capable de si bonnes réflexions a terminé l'année dernière avec de telles notes. » Je me referme plus encore que ça pouvait l’être jusque là. Qu’est-ce que ça peut lui foutre ? Elle est psy en plus du reste, c’est ça ? « Je viens d'arriver, et je ne veux pas jouer la prof flic et faire la chasse aux mauvais élèves si vite. » On y vient… J’attendais pas grand chose d’autre, de toute façon. La majorité des profs doit me prendre pour un vrai cancre, même pas foutu de finir sa scolarité correctement. Déjà, huit ans, c’était moyen… Mais on pouvait me trouver des excuses. C’était pas ma faute si ma mère allait mal et que je n’arrivais pas à penser à autre chose qu’à l’internement qui avait découlé de ces infernales vacances de Noël. Mais là ? J’ai absolument aucune excuse. J’ai juste flippé. J’ai juste revu à la dernière minute l’ordre de mes priorités. À tort, probablement… En vrai, je ne le regrette pas totalement. Juste assez pour me faire douter. « Mais, si jamais vous souhaitez discuter de ça avec moi, il faut que vous sachiez que je suis là pour ça, en tant que professeur et en tant que votre Directrice de Maison. » Je me redresse légèrement et lui adresse un sourire aussi cordial que forcé. « Je crois que personne n’est à l’abri du stress devant une copie d’examen, Professeur. » Mon ton est posé, poli, bien que teinté d’une légère insolence qui, si elle m’avait caractérisé pendant longtemps (quoi que jamais devant le corps enseignant) m’a quitté depuis un bail. Qu’elle pense que je suis un abruti, le dégénéré que Tracy avait dépeint dans ces lettres lorsque je lui avais tout expliqué ou encore le plus mauvais élève qu’elle peut avoir dans sa maison, je m’en fous un peu, au point où j’en suis, je n’ai plus grand chose à perdre de toute façon…
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MessageSujet: Re: Une Histoire & des Chemins ~ Ft. Rioghbhardan   Jeu 6 Déc - 17:42


Une Histoire et des Chemins


Le métier d'enseignante était encore tout neuf pour Aurora.
Bien sûr, en choisissant de postuler au poste de professeur d'Histoire de la Magie, elle se doutait que ce serait différent des interventions ou présentations qu'elle avait pu donner exceptionnellement dans des universités ici et là. Elle n'avait pas affaire à des étudiants en Histoire de la Magie ou à un panel de professionnels du métier, mais à des adolescents encore en plein apprentissage. Il n'y avait pas de manuel pour se préparer à ça. Aurora s'était dit qu'elle aviserait selon les élèves et leurs réactions. Elle avait déjà affronté des situations certes plus périlleuses, ce qui lui permettait de relativiser sur certaines heures de cours rendues particulièrement difficiles par quelques éléments perturbateurs.

En soit, elle n'était jamais fermée à la critique ou au début. Au contraire, c'était un élément indispensable du métier que de confronter des opinions difficiles et parfois incompatibles. Mais dans ce cas précis, les intentions du jeune Rioghbhardan lui étaient impossibles à déchiffrer. En soit, il était clair que le sujet cachait une question plus profonde que son cours. Aurora venait de débarquer, et elle aurait été surprise d'avoir déjà des reproches sur sa façon d'enseigner. Elle menait la politique d'une main de fer dans une gant de soie, et jusque-là, cela semblait marcher. Les élèves commençaient à affirmer leur caractère et leur opinions en cours, et ceux qui se contentaient de dormir au fond de la salle en attendant la fin, elle les repérait aussi. Après tout, elle avait prévenu: la participation à son cours était essentielle.

Mais dans le cas de Rioghbhardan, elle n'arrivait pas encore à le situer, et cette conversation l'intriguait d'avantage. Car, s'il semblait réfractaire à son souhait d'observer une neutralité dans son cours, il semblait foncièrement intéressé par l'histoire de la Magie.

- Mais les acteurs ont justifié leurs actes eux-mêmes, je crois. En tout cas, je vous assure que Blackman l’a fait, Professeur. Et plutôt deux fois qu’une…

Est-ce que, comme lui, beaucoup d'élèves assistaient désormais aux cours avec le souvenir de Blackman tapi dans leur esprit, prêt à leur faire douter de tout? Pour Aurora, elle avait eût un autre démon que Blackman. Joshua Gates. Il avait renversé le ministère, et lancé ses hommes contre les personnes de bien qui avaient tenté de défendre les derniers remparts. Comme sa Grand-mère, et sa tante. Puis, les raffleurs avaient aussi eu leur moment de gloire, pourchassant les autres membres de sa famille pour l'exemple.
Elle soupira, étant malheureusement d'accord avec son élève encore une fois.

- Et je ne lui donne pas raison, monsieur O'Callaghan. Ni à lui, ni à Joshua Gates, ni à quiconque de ces néo-mangemorts. Vous ne m'entendrez jamais dire que ces criminels avaient raison de faire ce qu'ils ont fait. Ce que j'enseigne, c'est qu'ils avaient des convictions, comme chacun ici. Et que celles-ci les ont mené à commettre des actes terribles. Grindelwald, Voldemort, tous ces mages noirs ont commis des actes qui font froid dans le dos. Ils ont fait des victimes, des orphelins.

La plupart de ses élèves pensaient sûrement à Potter quand Aurora parlait d'enfants faits orphelins, naturellement. L'histoire est trop célèbre. Mais pour elle, cela avait un aspect beaucoup plus personnel, il lui suffisait de regarder ce qui était arrivé à ses neveux. Aurora haussa les épaules.

- Parmi ses hommes, certains se sont assis et ont écouté en cours, comme vous. En quoi puis-je aider à ce que ce genre de choses ne se reproduise pas, si ce n'est en énonçant les conséquences dramatiques qu'elles ont eu? Ce n'est pas à moi de faire du forçage dans la tête de vos camarades pour leur dire de faire le bien. Vous savez tous pertinemment ce qu'est un crime. Ce que je combats, ce sont des convictions qui ont été ancrées par des siècles de méconnaissance.

Aurora haussa les épaules, et désigna d'un geste sa salle de classe.

- J'enseigne l'Histoire de la Magie. Mes convictions personnelles, aussi fortes soient-elles, ne doivent pas vous empêcher de faire vos propres opinions. J'énonce des faits, et je vous apprends à les analyser. Et j'encourage les élèves qui, comme vous, se posent des questions. Je vous l'ai dit, il n'y a pas toujours de bonnes ou de mauvaises réponses. En revanche, ce qui est important, c'est que vous continuiez à vous interroger. Il n'y a pas de mal à avoir toujours plus d'interrogations! C'est mieux que d'avoir des idées arrêtées. Regardez les mages noirs. Pensez-vous que les choses auraient été différentes s'ils s'étaient posé plus de questions?

Aurora eût un petit sourire amer en posant cette dernière question. Est-ce que les plus grands criminels y réfléchissaient à deux fois avant de commettre un meurtre? S'ils avaient douté ne serait-ce qu'un instant de leurs convictions, aurait-on pu les raisonner?

Elle avait conscience que cette réponse pourrait semblait insuffisante à un jeune élève. Rioghbhardan était typiquement à un âge où l'on avait besoin de réponses aux questions, de tout comprendre. C'était une étape de la vie où les élèves se cherchaient, et cela se transparaissait davantage chez certains élèves que d'autres.
Aussi, lorsqu'elle amena la question de ses copies sur la table, elle avait espéré une vraie réponse au massacre de ses examens. C'était un élève intelligent, cela ne faisait pas de doute. Mais plaider le stress pour expliquer ses ratés? Il redoublait pour la deuxième fois sa septième année. Les examens devaient être plus que familiers pour lui. Et dans ses copies, ce n'était pas de l'angoisse qu'elle avait ressenti, mais un manque de volonté. De la panique?
Aurora l'observa quelques secondes, réfléchissant comment elle allait aborder ce problème. Elle inspira, puis hocha la tête.

- C'est vrai. Mais si le stress vous empêche de réussir vos examens, il va falloir y rémédier.

Elle avait un peu de mal à croire à cette histoire de stress.
Surtout, Rioghbhardan avait lâché un sourire pour la première fois depuis le début de la conversation. Qui souriait lorsqu'on lui parle de ses échecs aux examens? Aurora sentait l'insolence dans sa voix, mais elle ne jouait pas à ce jeu-là. Pasiphaé revint ronronner contre ses jambes, mais Aurora l'ignora et croisa les bras.

- Vous avez des aspirations, monsieur O'Callaghan? Quelque chose que vous souhaiteriez faire après Poudlard? Une idée de futur métier?

Autant prendre le problème autrement. Si elle ne croyait pas vraiment à son soi-disant "stress", ni au fait que son élève n'ait pas le niveau pour réussir les examens, c'est que le problème était ailleurs. Il s'agissait donc d'en savoir plus sur lui pour mieux comprendre ce qui le 'bloquait'.


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