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 the truth in our looks [feat. Hansel]

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CE QU'IL FAUT SAVOIR

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MessageSujet: the truth in our looks [feat. Hansel]   Mar 10 Juil - 15:49



the truth in our looks


Août 2018 – Dublin

« Je t’assure que c’est un sport incroyable ! Plus violent que le football américain, certes, mais fais-le pour lui. » Me voilà, souriante, essayant de persuader mon père que le sport moldu est mordant. Il n’a jamais toléré la passion que je partage avec mon frère, celle d’un bon match de football américain, celle des cris de supporters après un bon Touchdown. Alors pensez-vous vraiment qu’il aimerait la boxe ? Maman s’est contentée de le convaincre en parlant d’amitié et de pays, moi je lui vends la compétition d’Hansel comme si c’était la mienne. De toute façon, avec ou sans eux, j’irais. J’irais à Dublin.

J’ai envoyé bouler les vacances avec l’école. Quitter une école pour aller dans une autre, vous rigolez ? J’aurais adoré ! Découvrir Beaux bâtons, j’en rêverais. Mais il est une chose qui a primé sur cette opportunité, et c’est la famille. Je n’ai pas vu mon grand frère depuis presqu’un an. Lorsque j’ai su qu’il revenait pour les vacances, j’ai abandonné mes amis, j’ai abandonné la découverte pour revoir ce que je ne peux me résoudre à perdre. J'ai passé mon mois de Juillet auprès de lui, auprès de ma famille et des derniers amis restés à Londres ou à Manchester pour l’été. J’espérais retourner aux Etats-Unis avec mon frère, mais nous n’en avons pas eu l’occasion. Au lieu de ça, toute la famille est invitée en Irlande, chez les Valeska. Si la tension sera palpable ? Oh oui. Mais ça n’a rien à voir avec moi. Leur problème est interne. Et même si nous inviter quelques jours pourrait détendre leur atmosphère, il ne faut pas écarter le fait que ça les empêcherait surtout de se regarder en face. Une esquive certes aussi compréhensive que dommage. Partons du principe que nous sommes là pour la compétition d’Hansel, et ça sera très bien. Mais je ne serais pas moins discrètement concernée pour autant. De ce pouvoir d’analyse incontrôlable qui me mange, je ne serais jamais très loin.

Papa ? Il a finalement accepté. C’est tous les quatre que nous avons pris notre envole vers Dublin, chez cette famille précieuse de moldus. Arrivés depuis plusieurs heures, nous avons pris le temps de nous installer dans la chambre d'ami. Fatigués du voyage, nos amis de longue date nous ont préparés un repas succulent, de quoi tous nous réunir autour d’une table. A la fin d'un repas dont je vous épargnerais les détails, Hansel et moi nous proposons pour débarrasser la table, et c’est équipée de toute part que je suis ses pas jusque dans la cuisine. Un poids qui s’effondre sur le plan de travail, un regard qui se lève vers le Serpentard, une voix amicale qui se porte à lui derrière un sourire ravis. « Je te sens prêt pour demain, t’en fais pas. De toute façon, que ça aille ou non, tu m’entendras brailler comme une malade. » Une main affective sur son épaule que je retire dans la seconde afin de poser le plateau à deux mains. Demain ? Il a son match de boxe, le sujet que nous entretenions tout juste avant de quitter la table. J'ai hâte de le voir combattre. J'ai surtout hâte de revoir les rues de Dublin après avoir partagé cette soirée avec lui. Il est déjà souvent arrivé qu'on soit les derniers couchés, qu'on traîne tous les deux sur la terrasse comme deux hiboux aux yeux béants. Ce soir ne sera peut-être pas l'un d'eux, mais je sais que demain sera notre jour.

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Mer 11 Juil - 11:54



the truth in our looks

hansel ϟ anthea .

Un bilan de cette année ? Si on partait d’un point de vue scolaire, cela ne changeait pas. Rien n’a jamais changé de ce côté là. En me rappelant mes résultats de BUSEs, il était clair que je n’aurai jamais à m’inquiéter… Mais en termes de relationnel, si cela impliquait de ne pas avoir fait beaucoup de rencontres… alors oui, le relationnel de cette année fut un échec. Autant, ma façade m’a permis de me faire plus ou moins bien voir, autant j’ai été amené à laisser certaines de mes crises s’exprimer. Et quand ces dernières se manifestent, j’ai tendance à penser qu’il vaut mieux faire une croix sur un lien avec la personne qui m’accompagne. Sûrement est-ce une décision stupide, débile et totalement immature ! Mais cela permet de les préserver d’un boulet. Et si jamais je préfère éloigner les autres de ma personne, certaines personnes étaient comme… privilégiées ?

Je n’explique pas comment mon esprit ne réagit pas toujours en leur présence. Anthea était comme l’exception qui confirme la règle, la seule personne dont la présence éveille autant le bien que le mal, bien qu’elle n’y soit pour rien du tout. Je sais qu’elle souhaite bien faire, et sa proximité avec Gretel m’a souvent permis de lui sauver la muse à cette petite blondinette. Le fait est que notre famille s’entendait très bien, et dans un élan de bienveillance c’est une invitation qui leur fut lancée. Les inviter à passer quelques jours en Irlande, comme au bon vieux temps ! Au fond, l’optimisme de cette soirée me permettait clairement d’orienter mes pensées vers quelque chose de positif tout en bannissant les mauvais souvenirs pourtant toujours… présents.

Alors quand ils furent arrivés, ce fut avec une joie non dissimulée que je les accueillais. Que ce soit ces parents ou même Anthea et son frère, cela me faisait plaisir de les voir. Et puis il est vrai que l’atmosphère habituelle de l’été allait enfin changer pour offrir quelque chose de plus profitable. Je n’oubliais pas aussi ce qui découlera de leur venu ici, mon match de boxe qui allait ouvrir le tournoi de Dublin, demain. Il y avait, il est vrai, une forme de stresse qui s’imprégnait de mes muscles, mais je ne perdais pas mon objectif de vue. Et je me suis assez entrainé comme ça durant le mois de Juillet. J’en oubliais même la sortie scolaire de l’école, je me suis hâté de refuser une fois que j’ai pu revoir l’ordre de mes priorités.

Et pour rien au monde je n’échangerai une soirée comme celle-ci contre une sortie scolaire où mon esprit pouvait me jouer des tours à tout moment. Alors laissant la soirée se dérouler, le repas se concluait alors. Moi et Anthea nous étions chargés de débarrasser ce qu’il fallait. C’est à ce moment que cette dernière me partagea avec une pointe d’amusement et un sourire amical qu’elle me sentait prêt pour demain. Réellement ? Allez savoir. Je finissais de nettoyer une assiette pour attraper un torchon que j’appliquais sur le mobilier trempé. Haussant les épaules d’un air presque insatisfait :

« Tu trouves ? Vas savoir. Dans ce genre de cas, je peux très bien tomber sur un marteau de guerre qui n’aura qu’à me coller une droite pour me mettre au tapis. »

Bien entendu, tout reposait sur une forme d’ironie dont moi seul avait le secret, mais la façon dont ma phrase fut prononcée avait clairement un but : partager cette ironie avec Anthea. Ma formulation explicite de la chose permis à la fin de mes propos d’exprimer un léger ricanement. Déposant l’assiette sur le côté, j’en entamais alors une seconde pour finalement reprendre :

« En tout cas, cela me fait vraiment très plaisir de vous avoir chez nous ce soir. Ça change vraiment du château, et putain qu’est-ce que ça fait du bien d’en être loin parfois… »

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Mar 17 Juil - 9:10



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Août 2018 – Dublin

Ça doit être géniale. Enfiler le gant et se permettre de frapper aussi fort que possible, encore et encore, jusqu’à ce que l’adversaire soit couché au sol. Comme mettre quelqu’un au lit en une seule droite bien placée. J’adorerais essayer un jour, même si je tiens quelque peu à mon petit nez. Pour l’instant je lui laisse le plaisir de ce sport, et je le soutiendrais comme il se doit, tout comme il me supporte durant les matchs de Quidditch. Une main sur son épaule, un sourire sincère, la douce Anthea prévenante a fait son comeback. Je pense qu'il va s'en sortir avec succès, mais lui n’en est pas sûr, aussi plaisantin soit sa réponse. Une esquisse en coin sur mon visage, un rire d’une expulsion nasale alors que je rie de son ironie avec lui. Si Hansel finit au tapis, je pourrais rire de sa tronche amochée. Enfin, seulement s’il en rigole lui aussi, autrement je me contenterais de lui verser toute la glace qu’il souhaite dessus. Avant qu’il ne reprenne, je me permets de prendre possession du chiffon qu’il a entre les mains. Glisser dans un souffle alors qu’il commence à reprendre la parole. « Attends, je sèche. » Me proposer pour faire les choses à deux, avec harmonie, pour plus d’efficacité. Le chiffon frottant contre le céramique, les yeux rivés sur cette assiette que je sèche, je sourie à nouveau à ses mots pour lesquels je ne peux qu’être fière et apporter mon approbation. Enfin surtout sur le fait qu’on soit tous réunis, une fois encore. « Oui, je suis super contente d’être là ! Et même si j’apprécie la vie au Château, ça fait du bien de voir sa famille. » J’aime les cours, j’aime la magie, j’aime ma solitude précaire entre les murs de Poudlard, mais j’aime tout autant ma famille. Celle qu'on entend discuter à travers les murs, mon frère heureux de pouvoir rire à sa guise autour d'une table, les parents d'Hansel qui retrouvent un peu de légèreté. Ça fait chaud au cœur. Déposer l’assiette sèche sur le côté, parée à en empoigner une autre et à les empiler jusqu’à ce qu’il soit temps de les remettre au placard. Comme le veut la logique des choses, certains coins du chiffon commencent tout doucement à s’humidifier par le contact de l'eau tiède, presque chaude. Enchaîner des mots, toujours plus souriante, alors que je tends le bras pour écraser une partie humide du chiffon sur la face du Serpentard. « Mais tu verras, tu voudras vite y retourner quand tu te seras pris une raclée demain ! » Le taquiner, le châtier à mes aises. Par réflexe je m'octrois un peu de recule, mon buste partant quelque peu en arrière, juste au cas où. Je viens de faire deux shoot en un, qui sait de quoi seraient capables ses représailles. Mais surtout, je rie à pleine dent d'un rire absolument pas glamour, mais qui me représente à la perfection. Aucune classe visible, et c'est très bien comme ça. Si je pense qu'il va se prendre une raclée ? Non, il va y arriver, j'en suis sûre. Il sait que ce n'est pas sérieux, que le fait de me retrouver ici avec lui détend mes nerfs et mes manies. Je veux qu'Hansel croit en lui plus que tout au monde. C'est ce que j'ai toujours voulu.


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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Mer 18 Juil - 1:31



the truth in our looks

hansel ϟ anthea .

Si l’aura du château avait un effet tout particulier sur notre existence, ce n’était rien en comparaison au foyer. Il y avait cette chaleur tout à fait protectrice, loin des antécédents du domaine de Poudlard. Nous étions moins des éventuels problèmes, et pourtant, l’appel de la magie était toujours plus fort. Il y avait toujours cette volonté de pratiquer, de s’améliorer, de vouloir briller ? Au moins pour avoir la satisfaction d’avoir accomplis quelque chose dans ce monde où la magie semble toujours aussi… irréaliste. Elle n’appartient plus à l’irrationnel et pourtant, même à mon niveau ou celui d’Anthea, il y avait dans cette part de concret… un brin d’irrationnel.

C’est cette once de questionnement qui me faisait rester à l’école, c’est : qu’est-ce que je peux encore faire ? Pour qui ? Je ne suis tout simplement pas prêt à découvrir la réponse à la question que je me pose. La seule chose de louable au final, c’était ma relation avec Anthea. Loin des prises de têtes, malgré quelques crises, nous restions soudés. Même si je n’ai pas cette proximité avec Gretel, qui, ne dormait pas à la maison ce soir, mes parents lui autorisant à sortir chez des copines, je restais persuadé qu’Anthea agissait selon un acte de bienveillance indiscutable. Un acte que je saurai retenir pour contenir mes crises les plus insoupçonnées, ce qui pourrait dompter ces dernières. Au final ce moment de vacances passé ensemble ne pouvait être que bénéfique, tout cela ne pouvait qu’engendrer un esprit sain prêt pour un retour vers Poudlard avec pourtant.. pas mal d’aprioris.

Je me leurrais au final, ou du moins, j’étais totalement conscient que ces vacances seraient profitables. Alors aussi banal soit ce moment, débarrasser et se charger de la vaisselle, je l’ai laissé s’employer à cette tâche comme elle l’entendit. Tandis que moi je rangeais ce qu’il y avait à ranger, je l’écoutais attentivement répondre à mon propos sur ma joie de la retrouver parmi nous, les Valeska. Sentiment visiblement partagé même si elle exprima avec une douce hâte non dissimulée, son retour au château. Ceci dit, ce n’est pas moi qui irait lui reprocher cela. Au fond, je l’enviais beaucoup. C’est vrai quoi, même si elle avait pu se faire des ennemis, elle n’était pas sans savoir que son rôle aussi discret soit-il inspirait énormément Gretel. Elle est son modèle.

Ses relations familiales ne semblent pas aussi désordonnées que les miennes, bien qu’il y ait pire, je ne le nie pas. Non, Anthea avait réellement de quoi être fière, de se tenir droite après tout ce que l’on a vécu. « Ouais bah, pour mon ego tu pourrais dire que tu préfères être là ! » Bien sûr, un ton plaisantin ponctué d’un sourire. Je négociais une forme d’auto-satisfaction à lui faire m’entendre raison. Au bout du compte, nous nous rejoignions sur ce point ; le château manifestait une aura toute particulière, quelque chose qui nous fait constamment revenir vers lui, mais la famille, les proches… les moments passés en dehors de l’école avaient des effets bien similaires. La joie de s’échapper du quotidien et pour qui l’entend, de la pression des cours, des examens et des langues de vipères.

Si faire la vaisselle n’était pas affiliée à une activité amusante, cette dimension fut vite adoptée par Anthea qui ne se fit pas prier pour exposer une dualité entre mon nez et le torchon trempé. Bien que je ne m’y attendais pas, un sursaut traduisait alors ma réaction. Écarquillant les yeux par la surprise, je tournais la tête dans sa direction tandis qu’elle exerça son rire de fille satisfaite de sa diabolique tâche… Arquant un sourcil, le sourire malicieux en coin, j’haussais les épaules pour continuer ce que je faisais. Je gardais en tête ce qu’elle venait de me faire. Je ne pouvais m’empêcher de retenir un rire, je l’étouffais du mieux que je pouvais. Remplissant alors un verre d’eau pour m’hydrater suite à ce petit coup de chaleur, je vidais le contenant assez vite pour m’en resservir un second.

Me tournant dans sa direction, j’appréciais son sarcasme tout autant que sa présence Buvant une gorgée à nouveau je m’avançais dans sa direction d’un pas naturel. « Tu parles, j’vais être aussi efficace sur le ring qu’en cours, mon opposant aura qu’à s’allonger dés qu’il goûtera mon crochet du droit ! » Un symbole de confiance ou un air hautain tellement peu justifié ? Ce serait risqué de ma part de m’avancer sur une victoire alors que je peux perdre à tout moment. Ceci dit, ces pensées ne m’empêchèrent pas de me positionner à côté de Thea, d’un geste simple mon bras se plaça derrière ses épaules tandis que je poursuivais calmement : « Et puis tant que je sais que tu es à côté de moi… » Pas de chance mon bras qui exerçait l’étreinte était celui qui était armé du verre d’eau. D’un geste du poignet je l’éclaboussais du reste du contenu sur le visage. Je reçus quelques gouttes mais ce n’était rien comparé à ce qu’elle avait du recevoir en pleine face. Un rire amusé venait de définir la situation, aussi classe que le sien, je maintenais être amusé par la situation et je ne m’en cachais pas !

« … Et bien tu devrais savoir que je suis revanchard, et que tu dois éviter d’être à mes côtés dans ces moments ma chère Anthou ! »

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Jeu 19 Juil - 14:11



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Août 2018 – Dublin


Oui, on se taquine quand même beaucoup. D'ailleurs, quand on était plus petits, nos mères respectives étaient persuadées qu'on était amoureux, ou en tout cas qu'il y avait quelque chose de spéciale entre nous. Vous savez comment sont les enfants et les parents. On était juste deux gamins, voilà tout. Vous connaissez ce bon cliché, cette manie qu'on les gens de taquiner fortement ceux qu'ils aiment ? Je ne suis pas là pour en faire voir de toutes les couleurs à Hansel. Je suis celle qui peine à le stabiliser. Alors j’écarte de ma portée toutes les choses qui le brusqueraient, bien qu’il soit à mes yeux, l’une des personnes les plus fortes que je connaisse. Et en vérité, je lui dois plus que ce qu’il imagine. Mon lien avec lui et sa sœur, c’est ce qui ma permit de m’accrocher à la perte de ma meilleure amie et aux pénombres de la période Blackmann. Je suis restée forte et disponible pour eux. Je me suis donc accroché à ses rires qui fusent même lorsque je la croise, à ses maux et regrets qui me bouffent de l'intérieur au même moment. Etre capable de cacher ce qu'on ressent, de rester calme et juste peu importe la situation, c'est tout un art. Puis il est des personnes comme Hansel, qui me connaissent depuis trop d'années, face à qui je me relâche plus, et avec qui je parviens à rester la même. Bref, j’ai rigolé tout en lui donnant raison avec un faux tond de plainte. « Mais oui, tu sais très bien que oui ! »

Je vous ai parlé des représailles ? La conséquence de ce petit geste de rien du tout que j’allais sûrement regretter à un moment ou à un autre ? J'ai pris sa place au lavage et eu séchage alors qu’il s’est décalé au rangement de la vaisselle. Bien que concentrée sur mes gestes, je ne manque pas d’étirer discrètement mon champ de vision. Le haussement d’épaule d’Hans ? Je ne le sens pas, mais je ne m’en fais pas plus pour autant. Il vaque à sa tâche pendant que mes doigts vacillent entre l'eau tiède et le chiffon. Sa main vient passer au-dessus des miennes, enfuis dans le lavabo, empoignant un verre qu’il remplit et vide presque dans la seconde. Un de mes sourcils se arque alors qu’il se ramène une seconde fois. T’as pas assez bu à table ou tu me prépare une grosse connerie là ? C’est à peine si je peux me concentrer sur sa réponse, une réponse au sujet de sa compétition qui me fait sourire et réfléchir. Une réponse qui m’offre un seul moment d’égarement, rien qu’une milliseconde. Pire encore lorsque son bras vient se glisser conter mes épaules. Un contact soudain, une voix qui se rapproche, une méfiance de ma part pourtant mêlée à une affection certaine. Pas le temps de suspecter son petit jeu de rapprochement, que je me retrouve le nez dans l’eau. Du moins c’est ce qu’on pourrait croire. En fait, je viens juste de me prendre son verre d’eau en pleine tronche. Je sens très peu de mon mascara noir coulant au coin de mon œil. La bouche entre-ouverte, je déclare, malgré tout surprise : « J’le savais. » Un clignement hâtif et répétitif des yeux, pétrifiée sur place, je suis déjà entrain de penser à mon prochain coup. Mais surtout, je me confirme que son comportement était le signe d'un objectif tracé. Comme s'il avait voulu charmer la vipère cachée sous les traits de l'aigle habituellement vif.

Il me cherche et me provoque, de ses dernières paroles et de ce rire qu'il me rend. Secouer mes mains mouillées au fond du lavabo. Reprendre le chiffon entre mes doigts pour les sécher définitivement. Lever des yeux francs vers lui, esquisser un sourire qui cache une partie de mon amusement. « Comme j'ai aucune envie de prendre une douche, je vais m'éloigner de toi ok ? Désolé, désolé, je voulais pas te mouiller le bout de ton petit nez ! » Prendre un ton désolé et agacé sur la fin. Poser le chiffon, hausser les sourcils et lever les bras, les mains au niveau de mes épaules, position de celui qui se rend. Grosse chieuse de service qui ne sait pas rire. Fille pas marrante qui la joue boudeuse. Je suis une grosse chieuse de service qui n'en a pas fini, surtout ! En vérité, je ne lui laisse pas un moment. C'est les mains levées que je le contourne. Je m'éloigne de l'eau, et à peine dos à dos, je m’empresse de tendre le bras et de chopper quelques glaçons du bac à vin ayant servi durant le repas. Le froid me brûle les pores, mais ça m’est égal. Je me retourne en une fraction de secondes. Mes doigts libres viennent attraper le col de son T-shirt, étirer le tissu et l'écarter de sa peau pour y glisser les glaçons entre. Laisser les mini blocs de glace couler de long de son dos. « Et toi tu devrais savoir qu'il vaut mieux y rester, à mes côtés. » Un sourire fier s'étend sur mes lèvres. Je me recule de quelques pas pour admirer mon oeuvre, pour regarder l'enfant devenu un homme. C'était un coup bas dans le dos oui, une chose que je ne ferais jamais à personne si ça fait du tort. Mais là c'est enfantin, et ma réplique ne fait qu'accompagner ce geste, le justifier et y donner du sens au cœur de ses enfantillages. En gros, "ne me tourne pas le dos." Les coups de couteau dans le dos ? C'est pas mon truc. Juste avec des glaçons, ça me suffit. En revanche, je ne manquerais jamais d'être méchamment hautaine avec les gens que je n'aime pas et qui me font du tort. Je ne déclare pas de guerre, mais je sais me défendre. Les parents ? Ils rigolent dans le salon. Je sens qu'on va se faire tuer.


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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Jeu 19 Juil - 21:13



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hansel ϟ anthea .

Quand la nostalgie opère, c’est une vague déferlante de souvenirs qui s’écrase contre le rivage de l’esprit. Autant se laisser emporter par l’impact, j’aimerai me dire que me plonger dans les souvenirs n’est pas risqué pour quelqu’un comme Anthea, ou encore Gretel… Mais si je fais le moindre faux pas, mon esprit remet en ordre ce qui m’a le plus marqué. Si jamais j’essayais de m’accorder un moment de paix en revivant un moment apaisant de mon existence, j’ai toujours eu peur de sombrer dans les différentes ères noires de Poudlard. Mais je m’y suis employé tout de même durant la soirée, conscient des risques. Mais si c’était dans un but purement nostalgique, où le temps s’écoule d’une autre façon afin d’apprécier chaque moment vécu dans le passé… cela valait le coup. Malgré ma maladie, ça valait le coup de se souvenir des vacances passées aux côtés d’Anthea et Gretel.

Je n’ai pas pu énumérer les moments où la balance de mon état de santé penchait du côté optimiste, ni l’extrême opposé soit dit-en passant. Quoi qu’il en soit, le monde a souvent jouer en la faveur de notre relation, à elle et à moi. Ce n’est pas pour autant que les obstacles n’ont pas été de mise… Ce fut justement les vibrations désagréables qui nous ont rejoint il y a quelques temps… Si mes crises liées à l’hypermnésie sont dérangeantes, elles ont créée une forme de culpabilité non dissimulée quand Anthea en était la cible. Je n’ai jamais souhaité lui faire le moindre mal, moral ou physique, et pourtant elle se tenait droite. Elle était toujours armée d’un naturel déstabilisant, d’un sourire perçant, d’un regard apaisant. Tout cela couplé pouvait rappeler à mon esprit que la guerre avec le passé n’est qu’une sacrée mauvaise passe, mais une passe quand même.

Et c’est de par les mots que nous bataillons ensemble, même si des fois ce n’était pas suffisant, mes crises symbolisant mes défaites devenaient alors un moyen d’apprendre à les étouffer. Cela a toujours fonctionné de cette façon encore plus lorsque nous avons intégré l’école de Poudlard. C’est là-bas que les choses ont… comme empiré, contre toute attente, mais comme je le disais, elle se tenait encore à mes côtés aujourd’hui. Une personne stupéfiante dont la loyauté n’avait d’égal que sa vertigineuse bonté. Bonté que j’honorais par la complicité mais aussi les petits coup bas émanant de mon côté… un peu revanchard. Je lui avais rendu les dégâts par une réponse légèrement plus imposante pour ne pas dire démesurée.

J’en rigolais déjà, amusé par ma propre bêtise en pensant avoir réajusté un certain équilibre au sein de cette justice instaurée par les enfants que nous étions. Je me gourais sans doute, peut-être que rester sur la défense pouvait m’éviter une galère… Mais pour cette fois j’lui faisais confiance. « D’ac, d’ac, j’te crois. On va dire que ça appartient déjà au passé, deal with it. » Et puis il y avait un brin de sincérité qui faisait de l’écho au fond de sa voix. Je m’y suis fié, inconsciemment j’étais retourné à mes occupations en calmant mon rire. J’aurai pas dû, putain qu’est-ce que je pouvais être naïf ! Je l’ai entendu venir, je l’ai senti saisir mon t-shirt ! Putain qu’est-ce que j’ai senti dans mon dos, des glaçons ! Vraiment à partir de ce moment là je me suis mis à grimacer. Me retenant de crier de surprise pour ne pas entraver la suite de la soirée de nos parents.

Je me tournais en direction d’Anthea, les mains essayant d’attraper les glaçons, je gigotais alors forcément la tâche fut quasiment impossible. Ils finirent par tomber par terre, et moi dans un soupire de satisfaction, je m’appuyais contre le plan de travail. Regardant Anthea avec un certain air de défi. À l’écouter, un ricanement ponctua ses propos. Regardant autour de nous, je finis par lui répondre : « Très bien très bien… J’espère que tu te souviens alors que tu as ouvert les hostilités, parce que sur ma VIE, j’vais m’en prendre à toi que tu t’y attendras le moins ! » Un second ricanement vint conclure mes propos pour enfin me permettre de passer à autre chose. Bien sûr que j’avais en tête une vengeance, mais ne pas lui dire quand. Que ce soit au château ou dans quelques minutes, je n’oublierai pas. Et le pire, c’est qu’elle savait que je n’étais pas le genre de personne à oublier une parole donnée, merci la psychopathologie, pour une fois… Les cours ça compte pas. Ma gueule.

Alors que je constatais que la vaisselle se finalisait, je regardais Anthea. Un sourire complice, comme si nous allions exercer une sorte de rituel. Me tournant vers le frigo, je l’ouvrai pour sortir deux bouteilles de soda de 25cl. La première sur le mini bar de la cuisine, à l’opposé se trouvait Anthea. Faisant glisser la bouteille jusqu’à elle, j’emboitais la marche vers la porte d’entrée. « Go transat sur la terrasse, on va pas laisser les bonnes habitudes se perdre. » Annonçais-je d’une voix calme, terrassant le silence avec le coup de grâce d’un sourire. Passant le pas de la porte, les transats étaient déjà mis en place, prêts à l’emploi comme à chaque fois qu’il était prévu qu’Anthea passe, avec ou sans ses parents. La vue devant nous n’était pas non plus grandiose, le domaine de Poudlard avait clairement quelque chose en plus à offrir. Mais l’air était frais, le temps était clément avec nous.

La brise de la soirée se confondait bien avec la saison en ce mois d’Août. M’installant lourdement sur le transat où reposait un long coussin pour appuyer le confort. Ouvrant ma bouteille je bus une gorgée qui se solda par un soupire de satisfaction. Tournant la tête vers la Serdaigle, je posais une simple question et pourtant, la réponse pouvait délivrer des tas d’issues.

« Alors, tu vas bien me faire un bilan de ton année non ? T’as quoi à m’raconter cette fois ? »

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Dim 22 Juil - 17:47



the truth in our looks


Août 2018 – Dublin


Ça s’est déjà avéré très dur. Grandir avec quelqu’un comme lui, soutenir une personne qui porte sur ses épaules tout le poids d’une maladie aussi conséquente. Combien de fois lui ai-je bêtement fait référence à un évènement dont il n’avait aucun souvenir ou, au contraire, lui en ai rappelé mille autres ? Combien de fois ai-je tenu sa main avec fermeté pendant l’une de ses crises ? Tout le monde ne sait pas ce qu’il traverse, tout le monde n’a pas le courage d’occuper ma place. Moi, je l’aime suffisamment pour ça. Savoir que le simple fait de jouer avec des glaçons peut s’avérer être une connerie ne devrait pas nous empêcher de le faire. Autrement il s’arrête de vivre, autrement nous arrêtons de rire. Alors oui, j’ai ouvert les hostilités, suffisamment à l’aise dans la demeure des Valeska pour me lâcher. Si ma mère m’avait vu, elle m’aurait gentiment remise à ma place. Elle est très carrée ma mère, et j’évite de trop lui montrer que moi, je me suis écarté de ce chemin trop parfait.

Je riais comme une idiote en le regardant se débattre et lutter contre de pauvres glaçons. J’étais plutôt fière et je ne le cachais pas. Les cubes de glace gisants au sol marquent la fin de ma revanche puérile. Puis Hansel m’annonce qu’il n’en a pas terminé, qu’un jour ou l’autre, il me le rendra. Sans méchanceté, encore faut-il qu’il s’en souvienne. Mais il est du genre à tenir parole, et je pense que ce genre de promesses ne fait pas exception. Constater ensuite que malgré nos conneries, notre tâche de vaisselle arrive à son terme. Bras croisés, porter un regard vers l’air complice d’Hansel. Il m’a jeté un regard que je connais bien, le signe d’une décision qui va me plaire. Le regarder se diriger vers le frigo, sourcil droit haussé, interrogative, pourtant certaine d’avoir une idée de ce qu’il a derrière la tête. Il en sort deux bouteilles de soda, l’une d’elle qu’il fait glisser jusqu’à moi. Un sourire s’esquisse au coin de mes lèvres. Comprendre de quoi il est question, se ravir que ce soir respecte notre bon vieux rituel. Rien que nous deux, sur la terrasse, avachis sur des transats alors que la nuit tombe. « Toi, tu sais comment m'parler ! » Sourire à pleine dent, prendre en chemin un petit mouchoir que je passe sur ma peau afin d’éponger l’eau qui me reste sur le visage. Détacher l’élastique qui tenait mes cheveux épargnés par la giclé. Pas un seul mot à notre famille, nos pas discrets et déterminés s’envolent à eux seuls vers la terrasse. Ils nous connaissent. Aussi aimant qu’on puisse être avec notre famille, ensemble, nous sommes deux oiseaux volatiles.

Une brise d’été légère, une nuit qui tombe peu à peu. Nous prenons place sur nos transats respectifs. Empoigner le capuchon, ouvrir la bouteille et apporter le soda à mes lèvres. Au lieu de me prendre de l’eau dans la tronche, je savoure le piquant d’un liquide coulant dans ma trachée. Damn god, j’adore déjà cette soirée. Allongée, les yeux rivés sur une Irlande charmante, je tourne finalement la tête vers Hansel et sa question banale. Banale certes, mais nous connaissant, les réponses ne seront pas de même. Est-il seulement sûr de vouloir se pencher dans des souvenirs dans le cas où je lui retournerais la question ? Comme je l’ai toujours dis, sa maladie ne doit pas l’empêcher de vivre. Jamais. « Rien de plus que les choses que tu sais déjà, j’imagine. C’était une bonne année en soit. J’ai bien bossé, on a remporté la coupe de Quidditch.. Bon y’a un bémol, et c’est Cissy. Une année sans elle ça m'a fait bizarre. Je le montre pas assez, mais elle me manque beaucoup. » Oui, je passe en 7ème année, Serdaigle à remporter le tournoi, et ses mots au sujet de Cissy sont des mots que j’évite d’aborder avec Zach. Qui sait comment il le prendrait. Finir ma phrase en buvant une autre gorgée de mon soda. Reprendre automatiquement, la gorge encore noyé. Le retour de la fille renfermée qui ne veut pas révéler ses sentiments, qui préfère changer vite de sujet avant que ça ne s'étale. « Et puis y'a un mec plutôt cool qui m'a invité pour les vacances. Il a une compétition de boxe demain et il savait qu'il aurait besoin de sa pompom girl en carton. » Me mettre à sourire, fière de ma connerie en tendant la main vers Hansel. Une secousse affective et taquine à pleine paume sur son avant bras, avant que je ne rapporte ma main contre ma bouteille. J'attends qu'il me face un bilan de son année lui aussi. Sans trop oser lui demander, je préfère attendre qu'il se décide à lui seul de plonger son esprit dans les souvenirs.

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Lun 23 Juil - 18:45



the truth in our looks

hansel ϟ anthea .

Si inspirer la pitié ne me plaisait pas du tout, je ne refusais tout de même pas l’aide dont certaines personnes étaient à l’origine. Si envoyer chier ces dernières par pure fierté n’était pas mon genre, je préférais d’autant plus savoir qu’Anthea était la seule à avoir cette proximité avec moi. Elle a continuellement provoqué le bouleversement mais aussi le repos, j’en suis déjà venu à me dire qu’elle ne me méritait pas. Qui pourrait tenir encore après toutes ces années à côté de quelqu’un comme moi dont l’instabilité assez prononcée pouvait fragiliser toutes ces années de relation ? Elle. Elle était assez lucide ou timbrée pour rester à mes côtés. C’est pour ça que je ne pourrais pas me passer de ces attentions, des plus douces aux plus démesurées. Je lui devais beaucoup, et je comptais bien infiltrer une réciproque à sa bienveillance.

Sa main louable a bien longtemps été tendue vers moi pour me redresser, je n’ai pas toujours été juste avec elle dans mes moments de crise, mais la finalité a toujours été la même. Je lui devais beaucoup, j’en avais pleinement conscience. S’éloigner du château et de tous les problèmes du quotidien. Vivons comme des géants, surplombons les problèmes qui nous froissé notre existence. De nombreux élèves avaient réussi à tourner la page et je peinais encore à comprendre comment ils faisaient pour être authentiques et sincères au quotidien. Je me sens capable de répondre à bon nombre de questions pourvu que j’ai pu être en confrontation avec un semblant de réponse, mais le cas de l’authenticité des élèves… Voilà quelque chose qui m’obsède. Se leurrent-ils ? Anthea se mentait-elle à elle-même lorsqu’elle pensait être passée par-dessus ce que nous avons vécu ? Je ne sais pas, autant je souhaitais avoir des réponses autant… je ne souhaitais pas ployer face à la pression de l’esprit et me remémorer ces choses.

Il suffit de rester en surface, comme elle me l’a milles fois répété. Il fallait que j’apprenne à faire confiance à mon esprit, qu’il cesse de considérer toutes choses environnantes comme hostiles au bon développement de mon être. Elle a toujours su trouver les mots envers moi et j’espérais bien que la réciproque soit de mise. Ce fut visiblement le cas lorsque je lui annonçais que nous allions reprendre nos habitudes du soir. C’était comme, le moment privilégié, où nous étions en dehors de l’espace parental pour ne profiter que de nos mots et attentions. C’est comme si… nous ne rêvions que de ça quand elle venait à la maison, c’était le moment attendu pour pouvoir parler sans le moindre filtre. Un moment auquel nous tenions réellement et auquel il était impossible de se soustraire. De toute façon, quelle raison était assez valable pour se dispenser de ce moment où décompresser était le maitre mot ? Parler de cette année qui s’est avérée plutôt calme si on oublie les boulettes monumentales du directeur de l’école…

Quel con j’y crois pas. Mais le ressenti d’Anthea sur cette année, un bilan pouvait toujours m’aider à comprendre comment elle dressait son schéma de pensée : à quel point elle pense avoir vécu des expériences, qu’est-ce qu’elle devrait faire pour s’améliorer… Mais c’est en attendre beaucoup d’une simple discussion. Anthea pouvait se confier sur les choses les plus simples du monde, je resterai attentif. Et ce fut le cas lorsqu’elle libéra ses propos. Analysant ces derniers de façon à me faire une idée concrète de la situation. Il était indéniable que son poste dans l’équipe de Quidditch de Serdaigle devait avoir un certain effet purificateur sur la fougue qui pouvait s’emparer de ses ressentis selon la situation… Comme à propos de Narcissa. Cissy, je n’ai jamais spécialement aimé ce surnom, ça la rend niaise… Et si un mot pouvait la caractériser c’est bien : chiante. Je grattant le menton suite à ses propos, je poussais un bref soupire. Je n’avais pas spécialement d’avis sur la question, ou alors je m’empêchais de me prononcer librement.

Car il y avait la Narcissa qui se comportait comme une princesse hautaine avec moi et « Cissy » l’ancienne meilleure amie d’Anthea. Personne ne m’a demandé de donner mon opinion… La seule preuve qu’elle manque à Anthea repose sur ce surnom, aussi ridicule soit-il, qu’elle lui donne encore. Je n’aimais pas spécialement voir Anthea dans cet état m’enfin… Je ne me prononçais pas encore, je sentais qu’autre chose devait sortir. Je bus à mon tour, l’entendant finalement finaliser son propos, j’eus comme réaction première de ricaner. Sentant sa main sur mon avant bras, je devais avouer que cette proximité chaleureuse m’encourageait à ne pas me perdre dans un flot de pensées illogiques ou bien trop dangereuses.

« Profites bien du mec plutôt cool, demain il pourrait changer de visage grâce à la chirurgie par la boxe aha. »

Une pointe d’humour qui pourtant, cachait un élan d’inspiration. Ma conscience me dictait presque de réguler ce conglomérat de ressentis, alors je m’exécutais. Je me redressais alors, faisant mine de réfléchir et voilà que je me lançai dans une tirade : « Profites aussi du fait que tu sois la meilleure joueuse de Quidditch de l’école parce que dés l’an prochain je vais soumettre ma candidature pour l’équipe aussi. J’te laisse simplement deviner le poste. » Un sourire imprégné par la confidence. Je n’osais pas non plus faire un bilan détaille de mon année, et pourtant rien ne m’en empêchait. C’est vrai, qu’avais-je à perdre ? C’est Anthea. Je ne me confie pas à cette bouse de Victoire aux dernières nouvelles. Prenant une forme de courage tout en libérant vigoureusement cette bouffée d’air qui venait tout droit de mes poumons, je la regardais dans les yeux.

« Ça a été une année… calme. J’ai essayé de ne pas trop faire de vagues, heureusement que mon niveau scolaire est irréprochable sinon ça fait longtemps que j’aurai été mis à la porte du château ! Mais j’fais ce que je peux, ça n’a jamais été facile à Poudlard. Même si on est constamment appelés ou attirés vers la magie, c’est qu’un nid à emmerde… »

Conservant cette boule de haine au fond de moi, du mieux que je pouvais. Je relâchais la pression en m’allongeant à nouveau sur le transat. Essayant tout de même de lui sourire de façon à lui montrer que j’essayais de gérer. Je buvais une gorgée du soda qui eut pour effet d’éveiller un sentiment de bien-être gustatif.

« Donc, le bémol c’est Narcissa. Ça doit être fun d’être dans la même maison que la personne qui se prend pour miss élite, non ? Enfin j’dis ça, je sais qu’on partage le même point de vue la concernant, et elle changera pas pour nos beaux yeux, et dieu seul sait qu’ils sont beaux ! Alors demande toi si ça vaut vraiment le coup de revenir sur ce genre de ressentis, très franchement, Thea. »

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Jeu 26 Juil - 10:55



the truth in our looks


Août 2018 – Dublin


J'ai dit ce qu'il fallait, avec simplicité et efficacité. Hocher ridiculement la tête de gauche à droite comme désapprobation alors qu’il affirme à nouveau que, demain, il sera mis au tapis. S’il n’a pas la force et l’agilité comme avantage à son adversaire, il aura au moins une chose : la magie. Après un ravalement de façade, Hansel peut se refaire le crépi en un coup de baguette. Alors non, il ne fera aucune chirurgie, et jamais je ne verrais le beau visage de mon ami changer. Un ami face à qui je me montre forte, comme je suis avec tout le monde, toujours éteinte de n’importe laquelle des faiblesses ralentissant l’avancée d’un Homme. Je n’ai pas évoqué Blackman, et c’était volontaire. Ça serait comme lui foutre sous le nez, un insecte donc il est phobique. Pourquoi faire si ce n’est pour rire ? C’est drôle lorsque c’est sans danger oui, autrement c’est inconscient. Cette année, j’ai beaucoup pensé à l’an dernier. Trop de choses m’ont chamboulé, mais j’ai dû rester forte pour ceux qui n’ont pas pu l’être, pour ceux qui en ont été privé. Je ne comptais même plus les fois où les larmes menaçaient de couler de mes joues, où j’étais au bord du pétage de plomb, mais où ma décence m’a demandé de tenir et d’agir en véritable femme. J’étais en train de tout perdre. Alors je m’étais efforcée de ne pas perdre la raison. Une image que j’aime dégager ou une vérité, qu’est-ce que ça change ?

Puis un enchaînement parfait de sa part alors qu’il se redresse pour plus d’imposition. Je n’ai pas été la meilleure joueuse de Quidditch, j’ai simplement été dans la meilleure équipe. Celui qui nous a fait nos matchs, et principalement la finale, c’est mon très cher Zach. Faut pas se mentir. Mais quel poste Hansel tenterait-il d’avoir ? C’est une bonne question. Isidore s’en va, ce qu’il libère une place de batteur. Mais franchement, je parierais plutôt sur le poste de poursuiveur. J’ai certainement dû lui vendre du rêve, et son ton ressemble à l’objectif d’une rude concurrence au même poste que le mien. « C’est pas vrai ? Tu veux devenir poursuiveur ? » Un sourire jusqu’aux oreilles, des sourcils haussés et fier de son choix, presque trop sûre de moi pour le coup. Si je me plante, ça ne sera que la première fois, c’est pas grave.

Admirer son rire, admirer la confiance et le courage qui ornent son regard et les traits de son visage. Hansel va parler, il va le faire comme s’il était quelqu’un de normal, comme s’il ne pouvait s’exposer au risque en piochant des souvenirs dans le passé. Un sourire qui se referme en une simple esquisse, un regard qui veut rester figé sur lui et veiller, mais que je force quand même à divaguer pour lui éviter toute pression. L’écouter parler avec un peu plus de sérieux, hocher la tête sur la fin, compréhensive de ses propos. Oui, aussi beau que Poudlard puisse être, il n’y a pas moins d’emmerde qu’ailleurs. L’an dernier le prouve. Les amitiés déchus le prouvent. Sentir la pression d’Hansel malgré tout ce qu’il veut émettre de positif, mais m’arrêter sur cet optimisme dont il fait preuve. Le regarder s’adosser à nouveau au transat alors que je rétorque. « Oui j’ai remarqué que ça allait plutôt bien pour toi cette année, c’est une bonne chose ! Et puis tu sais, c’est partout pareil. Moldus ou sorciers, il y a tout autant de magies, d’amour et de merveilles que d’atrocités et de trahisons. Certains sorciers ne valent pas mieux que ceux qu’ils méprisent. » Un haussement de sourcil à mon tour méprisant, un regard qui se gèle de méchanceté à ma dernière réflexion, le regard tourné sur le jardin. Ce regard gelé d’ailleurs, il perdure alors que le sujet s’éternise sur Cissy. Eh merde Hansel, je voulais pas en parler. Enfin si, mais j’ai du mal. Beaucoup de mal. Baisser les yeux alors que le bémol prend son aise. Boire une gorgée avant de répondre à ses mots, de très jolis mots qui portent à réflexion, une réflexion que j’exécute en une fraction de secondes. A mon tour de me redresser, de m’asseoir sur le transat et de lui parler, droit dans les yeux. « Non, elle ne changera pas. Mais nous non plus Hans’ ! .. Je lui ai parlé l’autre fois, et j’ai avoué être aussi fautive qu’elle, que la fierté nous bouffe et que nous sommes deux à ne pas vouloir changer. Alors aussi beaux soient nos yeux Hansel, ils regardent toujours les choses d'un mauvais œil. » Mon visage se détend, mes paupières s'abaissent, ma main se ressert contre la bouteille. Des signes qui ne trompent pas, des signes qui ne durent jamais bien longtemps chez moi parce que je les remarque. Je les remarque sur ma propre personne lorsque ce n'est pas sur les autres.

En voilà un de plus. Un soir d'été, avachis sous un ciel qui tombe peu à peu dans l'obscurité. Discuter avec profondeur et sincérité, révéler des choses qu'on ne dirait pas en temps normal, comme si on était soudainement devenu plus vieux et plus intelligent. On est toujours les mêmes. On est juste suffisamment proches et confiants pour se le permettre. Mais demain, ou dans quelques minutes, nous n'aurons plus rien à voir avec ça. Je suis sûre que vous connaissez ça, ne niez pas. Mais je souhaite malgré tout que le sujet Cissy s’éclipse aussi vite qu'il est arrivé.
Toujours assise sur le transat, tournée vers lui, j’abaisse mes yeux au sol, le regard tombant sur une légère feuille fraîchement tombée de sa branche. Pure réflexe humain pendant que nous écoutons ou parlons, de ramasser la première chose qui vous vient sous la main et de le tripoter.

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Dim 29 Juil - 2:28



the truth in our looks

hansel ϟ anthea .

Si le sport avait toujours été un moyen pour moi d’extérioriser mes ressentis, je n’ai que d’excellents souvenirs de la boxe. Que ce soit dans la défaite, ou dans la victoire, je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà succombé à la peur. Bien sûr elle s’est déjà manifestée mais on m’a toujours appris à bannir cette dernière d’une façon bien particulière. Sans cette méthode je n’aurai jamais continué ce sport de combat, je ne me serai jamais autant épanouis. Sans Anthea, je ne serai jamais tenté d’aller de l’avant, sans ce sport je n’aurai jamais trouvé la force de tenir sur mes deux jambes. Et cette méthode portait ces fruits. Si la peur n’a pas de forme, il fallait lui en inventer une. Peu importe de quel ordre il en retourne.

Une vipère pour ma part. Je me disais que la vipère n'est pas plus rapide qu'un homme. Elle est forcément moins costaude, et à peine plus dangereuse, dans le fond son avantage se résumé en un mot: la peur. Elle est la seule différence entre la proie et son prédateur. Je me disais de supprimer la peur, de l'éradiquer comme ça aucun serpent ne me mordra. Je suis fasse à une vipère, je décide que la vipère est moins dangereuse que moi, la peur me quitte et je la supprime juste avant de renaître dans l'œil de l'adversaire dans un espace d'un instant...et ça me suffit. C’est pour ça que demain, si je perd, je ne serai aucunement déçu, car j’aurai combattu, j’aurai tout donné. Et je le serai encore moins en sachant Anthea, ma famille et la sienne à mes côtés pour me soutenir.

Le manque de confiance n’était pas habituel chez moi, cela dépendait de l’ampleur. Je ne crains pas la défaite, je crains simplement de perdre mes moyens. Mais c’est ce qui m’encourageait à me diriger vers le Quidditch. Les cours de vol ont toujours été pour moi ces moments libérateurs où mon esprit n’a pas à emmagasiner toutes ces connaissances scolaire pour quelque chose de bien plus … intéressant ? Une des seules matières où notre corps et notre esprit sont mis à l’épreuve. Je n’avais pas peur de soumettre ma candidature, et Anthea était la première personne à être au courant. Tu parles d’un honneur, mais j’aimais l’idée que nous puissions nous affronter sur le terrain si jamais je devais rejoindre l’équipe de Serpentard. J’ai prouvé l’étendue de mes compétences pendant les cours, alors pourquoi ne pas surprendre Anthea ?

« En fait, y a vraiment pas moyen que tu te plantes quand j’te pose une question. Mais ouais, c’est ça, j’vais demander à occuper ce poste. Sois clémente avec moi, et ne tente surtout pas de m’envoyer un cognard en pleine face. C’est que j’ai une gueule d’ange… »

Comme si je m’apitoyais faussement sur mon sort, c’est un rire léger qui s’extirpa d’entre mes lèvres. Quelque chose de relativement silencieux tout à fait perceptible uniquement par Anthea. Je l’ai déjà observé depuis les tribunes pendant les différents match qu’elle a pu disputer par le passé. J’ai toujours trouvé qu’elle avait un talent certain, presque une prédisposition pour le poste qu’elle occupait. Même si nous n’occuperions pas le même poste, j’imaginais déjà quelques pics, tout ce qu’il y a de plus taquin mais surtout une entraide mutuelle malgré notre affiliation. Parler de moi en surface me permettais justement de retenir le positif de cette année. J’ai ployé quelques fois, je plaide coupable, je me suis confronté à des regards, des visages que je ne voulais pas croiser.

Inspirant une nouvelle fois, je savais que je ne devais pas flancher. Retourner en Irlande avait été sûrement le choix le plus judicieux pour m’éloigner de toute cette merde, je ne regrettais pas une seule seconde. Chez nous, les moldus, notre monde n’avait pas grand chose à envier non plus. Les attentats, les connards du quotidien et j’en passe. Le soucis de la communauté magique Britannique, elle était relativement réduite, en tout cas la menace pouvait nous frapper plus facilement. Mais Anthea avait une certaine clairvoyance, prenant un recul bien prononcé, j’étais admiratif de cette méthode justement. Faire preuve d’une telle maturité à notre âge, voilà qui était bien prometteur pour elle.

J’avais bon espoir quant à l’avenir d’Anthea, je ne lui souhaitais que la réussite, l’honneur et la robustesse. Tout ça dans l’unique but de la voir s’épanouir dans la vie d’une sorcière ou d’une moldu, peu importe. Des gens font des choix, ils décident d’apprendre de la magie pour enfin se tourner vers un quotidien de moldu. Ce qui est, à mon sens, plus que respectable vu que je fais partie de cette communauté. Mais mon avenir peut prendre toutes sortes d’issues, rien n’est écrit à l’avance, tout se fait selon un fil conducteur ou bien le feeling. C’est ma philosophie. « Ces deux mondes ont leur raison d’être, avec les hauts et les bas. Juste que… » Je sens mon esprit me jouer des tours. Je sais que ça peut survenir, et je me l’interdis, pas ici, pas maintenant. Exécutant un geste vif et négatif de la tête, je tente un sourire ponctué d’une conclusion.

« Non, c’est rien. »


Je ne veux simplement pas exposer mon esprit au mal. Je ne veux pas exposer une crise face à Anthea, elle n’a rien demandé… Elle comprendra. Mais je sais aussi que Narcisse est un sujet tabou, pourtant je l’ai engagé sur une voie où elle se voyait en train de développer son propos. Comprenant d’avantage le mal d’Anthea, Je ne dis rien, je la regarde simplement. Le sarcasme dans mes mots n’était pas adapté. Je l’écoute simplement. Mon visage se détend, mon esprit cerne d’avantage le problème, la fierté. Soupirant le plus discrètement possible pour réguler ma respiration, sa conclusion m’infligea un léger pincement au cœur. Je ne tenais pas à ce qu’elle stagne sur cet état d’âme. Alors, ne voulant pas laisser le silence olympien s’installer dans l’atmosphère, je me redressais du transat une nouvelle fois. Buvant quelques gorgées du soda, je déposais la bouteille sur le sol. Me levant alors, d’un geste de la main je lui demande de s’avancer sur le transat, qu’elle se décolle du dossier.

« Allez, pousse-toi. »

M’installant derrière elle, je l’invitais à ce que son dos rejoigne mon torse. Un sentiment de sécurité ou alors une façon de lui offrir autre chose que des mauvais souvenirs. Je me concentrais dans mes propos, refermant mes bras autour d’elle, mon regard vagabondait autour de nous. Je cernais avec acuité ce qui nous entourait, des éléments visibles jusqu’à l’air ambiant qui exerçait une danse agréable pour nous détendre. L’Irlande n’a pas autant un temps de merde que l’Écosse il faut croire. Cette pensée me fit sourire, et alors que je revins à la réalité, je me prononçais enfin. « J’vais pas t’emmerder plus longtemps avec Narcissa. Retiens ça, t’es une personne formidable. T’es talentueuse, le plus important c’est pas de savoir si tu as fais le bon ou mauvais choix, mais c’est d’avoir fait le choix qui te semblais le plus juste. Et rien que pour ça, je te félicite. Reste comme tu es, et penses à toi. » Un brin gigantesque de sincérité venait d’accompagner mes mots, et sur une note bien plus légère, je prononce ces mots en la secouant très légèrement entre mes bras :

« Ta p’tite bouille de piaf manque de lumière quand j’la croise à l’école, ça me manquerait presque tu sais ?! »

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Mer 1 Aoû - 16:59



the truth in our looks


Août 2018 – Dublin

Non, je ne me plante jamais, ou alors que trop rarement. Mais je suis plus fière de son choix d’intégrer l’équipe en tant que poursuiveur, que d’avoir eu raison une fois de plus. Lors du prochain match de Serdaigle contre Serpentard, ça sera alors lui contre moi, en toute amitié. Ceci dit, ça sera aussi concurrentielle que notre Battle précédent dans la cuisine. Un rire léger pour accompagner le sien, sourire pour cette confiance que je lui accorde, pour tout ce courage que je lui donne. « Tu vas gérer ! » Il va gérer, je le sens, autant les qualifications que les matchs à venir. Si le sport a toujours pu l’aider à se canaliser, je ne m’opposerais alors jamais à ce qu’il s’y investisse. De toute façon ce n’est pas ma vie, et je ne suis pas sa mère. Je suis là pour le soutenir, le conseiller, mais pas pour le contrôler. Je ne suis même pas sûre que je saurais contrôler sa maladie aussi bien que lui, si j’en étais victime.

Le sérieux d’une discussion qui apporte beaucoup, la maturité de deux jeunes capables de comprendre bien des choses et d’exploiter plus de sagesse que les adultes qui créent la mystère et la terreur de ce monde. Qui sont les plus intelligents au final ? Je vote pour ceux dont les principes et les croyances respectent ceux des autres. Là, j’aurais aimé en entendre plus de sa part en ce qui concerne les deux mondes dont nous faisons partie. Mais un spasme significatif et une conclusion hâtive viennent porter coup bas à ses arguments. Je n’insisterais pas, car je sais que c’est mauvais signe, que ses pensés allaient commencer à se perdre. Un regard inquiet, mêlé pourtant à ce sourire en coin, je me réjouis intérieurement de voir qu’il se contrôle. Le sujet toujours centré sur Narcissa, ça ne ma pas empêché de remarquer ses démons, ceux qui tentent de s’initier à travers les failles de nos sourires. Honnêteté et sincérité, je parle à nouveau d’elle dans le regret et à plein cœur. Il m’écoute je le sais, mais il a quelque chose derrière la tête. Il ne se contente pas juste de m’écouter ; il se redresse, lève ses fesses de son transat et se rapproche du mien. Un froncement de sourcil, incompréhensive, l’esprit encore fraîchement attristé et méprisant.

Je dois me pousser, décoller mon dos du dossier, et c’est ce que je fais instinctivement. Lever le bras, éloigner le soda de mon torse de peur de le renverser pendant le processus. Ses deux jambes m’encadrent de chaque côté, son torse s’attend à ce que je pose ma tête contre celui-ci. Une invitation à laquelle je m’exécute, lentement. Des bras qui m’encerclent, son odeur qui me rentre soudainement dans les narines. Une affection agréable qui sécurise, bien qu’elle soit surprenante. Nous avons toujours été plus ou moins liés et bien que je sois très peu tactile, il m’arrive de l’être avec lui. Pourtant, ce soir, ça me surprend un peu. Mon cœur se met à battre un peu plus vite qu’en temps normal, et ses mots me réconfortent dans l’idée que je commençais à me faire de mes choix et du déroulement des évènements. Il rend, il a toujours su rendre, et c’est bien pour ça que l’on continue à se donner autant. Alors qu’il s’exprime, je permets à mon crâne de s’enfoncer un peu plus dans son torse, comme si je n’avais pas complètement osé avant. Il me secoue soudainement, amicalement et pas juste littéralement. Il me bouger les idées et l’esprit en me secouant au sens propre. Ma main libre glisse le long de son bras m’enroulant et me gardant contre lui. Un sourire vide en coin, des yeux volatiles aussi vides que cette esquisse, un regard posé sur une Irlande qui me plaît, une Irlande qu’est la sienne. Songer à ses mots, ressentir la moindre brise, la moindre de ses respirations, la moindre des veines contractés que mes doigts touchent à même un bras plus musculé qu'autrefois. Une expiration nasale forte, glisser finalement la tête vers le ciel qui s’assombrit. « Merci tête de gland. » C’est tout ce que j’ai trouvé à dire, un merci d’une sincérité impartiale. Un merci qui suffit et qui résumé tout ce que j'aurais pu dire à la place. Merci de ton confort, de tes mots et de me trouver juste.

« Quant à ma tête de piaf, peut-être qu'elle s'assombrit lorsqu'elle te voit arriver ! » Ton taquin, encore un. Je n'aime pas qu'on sache que je vais mal, qu'on sache que mon sourire n'est plus si scintillant quand je veux qu'il le soit. Alors le fait que lui le voit, ça me fait tout autant suer que si c'était quelqu'un d'autre. Du coup, j'y réponds bêtement. Je me défends, une fois encore, avec des mots qui ne sont même pas vrais. Je dois assumer le fait que beaucoup de choses m'impactent du moins que je veux le montrer. Ne pas assumer non plus la petite plaisanterie faussement méchante, lâcher son bras et lever ma main jusqu’à la partie atteignable de son visage. Sentir mes doigts toucher le côté de sa tête, une partie de sa nuque et du lobe de son oreille. Frotter amicalement, soudainement plus souriante, tentatrice d’un rattrapage en beauté. « Je vais bien Hans. J'ai perdu une partie de ma vie, c'est normal. Mais j'ai encore celle-là, celle que j'entends rire dans le salon, celle qui m'entoure avec des bras qui ont doublés de volume..! » Dis-je au même moment où nos deux familles rient en coeur dans le salon. Reprendre immédiatement en me redressant un petit peu, avec un peu moins de mielleux et plus d'amusement. « Sérieusement, t'as commencé la muscu ou la boxe fait des merveilles ? » Rire légèrement alors que je rapporte ma paume de main contre son avant bras, les yeux rivés sur ceux-ci. Allé on peut être sentimentale tout en fuyant le sentimentale nan ? Moi je dis oui.

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Jeu 2 Aoû - 0:19



the truth in our looks

hansel ϟ anthea .

Si je suis plutôt confiant pour le Quidditch, il m’était tout simplement impossible d’imaginer l’adrénaline que procure un match, si adrénaline il y a. Il faudrait alors que je m’investisse à fond dans mon rôle, que je ne perde pas de vue l’objectif que se fixe l’objectif. Le fair-play était un terme important dans ce sport, comme dans beaucoup d’autres d’ailleurs. Mais il était important que je ne laisse pas la fougue me dicter un jeu individualiste. Il n’y avait pas de raisons que cela arrive dans la mesure où je me suis longuement préparé à affiner mes compétences tout en aiguisant l’esprit d’équipe. Je n’ai aucune raison de ployer, j’ai tout à y gagner au final. Et puis jouer contre Anthea était comme quelque chose d’amusant, l’ironie du sort.

Le soutien est de mise en dehors du terrain, mais l’adversité se prononcera quand le coup de sifflet du professeur Soussa retentira pour que le match commence. Mais je garde surtout à l’esprit une seule et unique chose extrêmement importante, ce ne sont pas des opposants que j’affronte, ce sont des partenaires, des camarades de Poudlard. Anthea avait cette place privilégiée qui me rappelait que je n’ai pas à exprimer ma colère à travers une activité, juste à mieux la contrôler. Elle avait une influence sur ma personne qui me permettait de prendre du recul sur beaucoup de choses, et ça, c’est des choses les plus louables qu’on m’ai donné de bénéficier. Je ne saurai dire ce qui est le plus agréable, cette sagesse qui enlace nos propos ? Cette clairvoyance dont nous faisions preuve actuellement ? Difficile à dire, nous exposions des faits aux dernières nouvelles…

Mais il était tellement compliqué d’en parler pour des personnes de notre âge que le simple fait d’en parler relevait d’une maturité relativement prononcée. Si elle arrivait à parler de ses soucis de relationnel avec Anthea, je ne pouvais qu’admirer cette fluidité dans ses propos et cette répartition des torts qu’elle avait justement analysé. Mais je ne peux pas en dire autrement de moi qui n’ose pas exercer le pardon envers mon esprit et par extension m’en retourner vers Gretel. Et au fond, cela implique aussi beaucoup de personnes que je me suis mis à dos. Jill, Octavia, Oliver et j’en passe encore… Alors m’oubliant dans cette étreinte que j’exerçais autour d’elle, il fallait désormais s’abandonner au moment présent. Même si le silence commence à peser, à nous surplomber en-dessous des étoiles, il fallait l’accueillir. Parfois il faut simplement se laisser porter par le courant de nos pensées, quand celles-ci sont inoffensives. Sentir simplement sa présence, comprendre qu’elle commence à cesser de se débattre avec ses démons. Nous ne sommes pas plus exposés à la menace lorsque nous cessons de l’affronter, au contraire.

Nous devions l’intimider de cette manière, en montrant qu’unis, aucun obstacle ne saura faire entrave à notre route. Alors un ricanement qui s’évade à ce surnom, je ne pus qu’hausser les épaules tout en lui retournant la balle : « Tout l’plaisir est pour moi ma couille. » La proximité que nous entretenions permettait clairement ce genre de formulation. Et elle venait même de rebondir sur ma tentative de lui remonter le moral avec son expression faciale qu’elle adoptait à Poudlard. Toujours douée de sarcasme, elle employa ce dernier avec agilité pour me tourner en dérision. Mon rire faussement outré se déploya dans l’air. « J’t’emmerde, avec affection ! » Déclarais-je alors. Je ne lisais pas non plus comme dans un livre ouvert, mais je l’ai assez connu pour me faire une idée de son schéma de pensée. Je n’ai pas l’intention d’être intrusif, de la cerner au chromosome prêt, non loin de là. Tout ce que je souhaite c’est qu’elle s’épanouisse le plus possible. Il n’y a pas de raisons que je la laisse porter le fardeau qu’est mon état de santé psychologique. Tout ce que je peux ressentir à travers le contact de sa main me renvoie à des instants purement remplis de satisfaction.

Je la laisse faire voyager sa main et exercer sa petite excursion. Mais je suis bien bien captivé par ses mots auxquels j’aurai voulu répondre. Elle avait une telle prise de recul qu’au final, je me tus. Un tel conglomérat de bienveillance ne pouvait être contredit ou même renforcé par les mots. Mes bras autour de sa taille se referment légèrement mais ne peuvent l’empêcher de se redresser. Prononçant alors un compliment qui m’allait droit au cœur, je ne pus m’empêcher de l’approuver. Forcément, un faux air de narcissique s’élevait dans mon intonation. « Aha, je vais pas m’auto-proclamer le nouvel Apollon Irlandais, mais quand même, j’suis content du résultat ! Et puis c’est vrai que tu ne l’as pas vu, mais notre ancien garage a été aménagé en salle de sport ! C’est mon petit foyer quand j’ai besoin de m’exercer ou autre. Y a tout c’qu’il faut pour la boxe et la musculation. Je ne risque pas de lâcher l’affaire ! » Elle aura tout le temps de voir cette salle où justement j’aime pratiquer. Et puis, mon petit sanctuaire pouvait accueillir les esprits les plus compétitifs pourvu que la hargne fasse partie de leur code génétique. Anthea en faisait partie, sans nuls doute. Lui pinçant doucement la taille, dans un but purement taquin je viens lui glisser quelques mots :

« Et j’aimerai beaucoup que tu viennes dans cette salle avec moi ces prochains jours ! Genre, tu pourras apprendre plein de trucs et te remettre en forme pour le Quidditch si tu veux assurer à ta maison la coupe. Parce que maintenant que j’rentre dans le game… aha. En tout cas rien que pour nous, ça serait bien. »

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Ven 10 Aoû - 10:43



the truth in our looks


Août 2018 – Dublin


Tête de gland, ma couille, et j’en passe. C’est si affectif au fond, que ça en est presque adorable. Pourtant c’est ce côté trop adorable que nous essayons d’éviter à travers ses surnoms idiots. Voilà encore un paradoxe né de l’esprit à la fois simple et réfléchit de l’homme. Ce qui doit être le moins charmant dans cette histoire, c’est le rire loin d’être glamour qui se dégage de mes poumons alors qu’il dit m’emmerder. Des taquineries qui volent à la chaîne ce soir, à la fois de l’affection et un moyen comme un autre de se changer les idées dans les moments qui deviennent trop lourds. Je ne dis pas que passer du temps avec lui, c’est lourd, mais que se remémorer de tels souvenirs et exprimer de tels sentiments ne sont pas toujours bon, ni pour lui, ni pour moi. En parlant de sentiment, je me suis plutôt lâché, alors que je baladais ma main sur lui et le tapotais, comme pour occuper mon corps pendant que mon esprit se laissait porter, comme pour effacer le malaise que je pourrais me procurer à moi-même. Une déviation, une autre voie en vue de l’embêter. Mais mes mots, aussi sincères qu’ils aient été, il n’y répond pas. Tout ce que je sens, ce sont ses bras se resserrer autour de moi alors que je me redresse légèrement. Une pression agréable, rien d’oppressant, un sentiment de sécurité, une esquisse en coin incontrôlable et peu visible sur mes lèvres.

Malgré toutes ses belles paroles, j’ai ouvert une brèche de sortie en défilant automatiquement sur un tout autre sujet, un sujet facile d’accès finalement, puisque j’avais mes mains posées sur ses bras depuis de courtes minutes. Tendre l’oreille sur le ton faussement narcissique qu’il emploie, sourire une fois encore, le regard quelque peu perdu dans l’obscurité qui gagne le ciel d’Irlande. Il me raconte que leur garage a été emménagé en salle de sport, ce à quoi j’hausse les sourcils. Pourquoi j’ai jamais entendu parler de ça moi ? La salle de sport est un truc totalement moldu. Un effet de mode, une nouvelle culture, qu’importe ce que c’est, c’est devenu le nouveau hobby de beaucoup de mondes, notamment les jeunes. Je m’exerce aussi de temps en temps, j’avoue, mais je ne connais pas trop cet environnement de salle de sport, salle de fitness ou je ne sais encore quels thermes sont utilisés. J’imagine qu’en avoir une dans son garage est plutôt positif. « Ah c’est cool ça ! »

Pas le temps d’en dire plus qu’un pincement surprise me fait sursauter à même le transat. Aïe. Une invitation à visiter cette salle improvisée dans laquelle il aimerait me voir suer. Une énième manifestation de son narcissisme auquel je ne crois pas. Nul autre réflexe défensif que celui de me tourner de trois quart, de refaire enfin face à ses yeux bleus et de frapper son torse à pleine paume. Ça c’est pour le pincement, parce que franchement, ça ne fait pas que du bien. Hansel veut que je vienne ? Je viendrais. Il me lance les mots, les regards et les piques de la provocation. Pas ceux qui demandent à ce que je réponde naïvement comme une enfant de 10 ans, mais ceux de la compétition. Hausser un sourcil alors que je suis toujours face à lui, me tordant presque le dos, mes deux mains ne sachant pas trop où se mettre, mes deux bras presque collés contre mon torse en vu du sien étendu sous mes yeux. Je réfléchis alors, le bleu de mes iris dans les siens quelques secondes, puis je réagis vite, me tournant à nouveau vers les arbres du jardin, me ré-adossant subitement au torse d’Hansel. « D’accord, Serpent au narcissisme naissant, je viendrais faire un tour dans ta salle empestant les hormones. » Rapporter mes paumes de main sur ses avant-bras m’enroulant, en oublier la bouteille de soda inachevée qui gîse sur le sol de la terrasse. « Mais avant d’ouvrir ta grande bouche, demain tu dois me prouver que ça sert à quelque chose ta compétition de force, parce que la masse ça fait pas tout. » Je le ramène sur terre, certes, mais sur un ton faussement hautain et donc plein de plaisanterie. « D'ailleurs, si jamais tu gagne, ou même si tu te fais courser par une meute de filles en rute juste après, j'aurais le droit de t'avoir pour moi juste une heure ? Je voudrais te payer un coup à boire ! » Qu'importe les issus du combat, je lui payerais un coup, et c'est histoire de fêter nos vacances. Sa famille nous accueille, je peux bien lui payer une bière, non ? Voyez, je suis arrivée dans la journée, et voilà que le programme des prochains jours est déjà bien tracé. Comme quoi, je ne m'emmerde jamais ici. Jamais avec lui.

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MessageSujet: Re: the truth in our looks [feat. Hansel]   Jeu 16 Aoû - 2:49



the truth in our looks

hansel ϟ anthea .

Cette proximité, cette chaleur dans nos propos et attentions n’avait pas spécialement de seuil de tolérance. C’est ce qui m’aidait supporter cette charge de souvenir qui tambourinait à la porte de mon esprit. Sans Anthea, je ne sais pas combien temps j’aurai bien tenu. Je ne préfère pas savoir, j’aurai été bien trop exposé à ces problèmes de taille… Les faits sont là, elle est là pour moi, et si la réciproque est de mise, je ne faillirai pas à ma tâche. Elle fait partie des personnes qui comptent le plus pour moi et en aucun cas je me serai vu aussi bien portant si elle avait manqué à l’appel. Il n’y a personne avec qui je puisse partager une telle complicité, un tel échange mutuel par l’aide et la volonté de valoriser mon prochain. M’intéresser à ses activités faisait partie de ma curiosité, savoir ce qu’elle faisait de sa vie aiguisait tout de même mon intérêt pour m’assurer qu’elle s’intègre bien dans sa vie malgré les perturbations qui ont pu avoir lieu. Elle avait le droit de souffler, elle avait le droit de s’évader par bien des occupations.

C’est bien pour ça que j’aimais lui proposer de venir de temps à temps à la salle aménagée dans le garage, après tout elle était là pour plusieurs jours, elle aura forcément le temps ! L’envie, c’est autre chose encore. Mais si jamais sa présence me permettait une motivation supplémentaire, je prend le risque de lui proposer. Qu’avais-je à perdre de toute façon ? Je souhaitais réellement partager différents moments avec Anthea, c’est une richesse d’événements qui viennent à nous, pourquoi se brider alors ? C’est ça aussi ces liens forts qui nous unissent inexplicablement avec les gens. C’est de laisser la vie aiguiser notre curiosité pour nous permettre de faire ce saut de la foi dans l’inconnu. C’est se plonger parmi les expériences, des plus simples aux plus ambitieuses. C’est faire avec les moyens du bord mais sincèrement… aux fond, nous sommes des sorciers… peu de chose n’était pas à notre portée. Nous avons le pouvoir de faire changer le monde, cesser de vivre comme des moldus… redorer l’image de notre communauté, mais nous n’en faisions rien.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’on a grandit selon des méthodes simples sans doute. J’ai grandi dans la simplicité et l’amour d’une famille malgré mes difficultés. Et je ne veux pas changer le monde, j’en ai le pouvoir comme Anthea, comme Narcissa, comme Keagan… mais non. Je veux aimer ma vie actuelle. Je veux garder en mémoire tout ces moments passés sur ces transats, je veux que la simplicité de ce moment soit pour moi une valeur à défendre. C’est comme ça que je combattrai, c’est par ces moments que je vis, c’est par cette soirée que je trouverai un moyen de remonter. Je peux repenser à l’explosion entre moi et Gretel le mois dernier… cela ne changera pas Je ferai ce qu’il faut. Et si Anthea initiait cette démarche, j’étais heureux que cette personne participe à ce projet. Elle n’était pas personne, ni même une simple amie, non loin de là. « Eh, parle mieux de mon temple, face d’hypogriffe ! Et ça se trouve tu vas aimer cette place qui empeste les hormones alors tires pas trop d’conclusions ! » Je devrais faussement m’indigner ? Oui, et si le sarcasme ne se ressentait pas assez… elle savait que je ne pensais pas à mal en employant ces mots.

Je l’observais, un fin sourire au coin des lèvres tandis que je me passe une main dans les cheveux pour les désordonner un peu… à vrai dire, les coiffer n’a jamais été ma priorité, et puis cet air négligé me correspondait étrangement bien. Mais c’est pas ma belle gueule ni mes muscles qui me sortiront de la merde demain, elle avait totalement raison. J’ai pas mal travaillé pour me hisser jusqu’à ce tournoi, alors c’est vraiment pas le moment de tout faire capoter, et puis elle est là. La pression de ses mains sur mes avants-bras me conférait comme une force assez importante, de quoi imprégner ma confiance et mon optimisme presque certain. Et c’est peu dire… « J’te décevrai pas, mais si j’gagne tu vas me devoir des excuses. » Je n’attendais pas spécialement à ce qu’elle réponde, mais un ricanement communicatif put s’échapper pour venir adoucir mes propos. Et si je gagne ? Boire un verre ? Forcément. La façon dont elle prenait la tournure de la phrase m’amusait beaucoup. Je penchais la tête sur le côté, levant un sourcil tout en souriant d’un air malin. Je n’imagine pas un monde sans la défaite, c’est vrai… mais si la victoire pouvait me permettre qu’Anthea me paie un verre, ce serait pêché de dire non !

« L’idée d’me faire courser par des filles, c’est très tentant… »


Je fais mine de réfléchir, elle s’en fichait sans doute, mais je montrais un faux intérêt à cette optique parce qu’en vérité… « … Mais j’préfère amplement passer deux à trois bonnes heures juste avec toi après, et non pas une, comme tu l’as dis ! » Ce genre de moments presque privilégiés que j’aimais préserver parce qu’au final… ça fait partie de ma démarche. Cette fille, elle méritait une attention toute particulière. Son côté familier a tellement d’authenticité que je ne me vois pas lui mentir sur mes états d’âmes. Plaisanter ? Bien sûr ! Même les insultes restaient dans un cadre purement délirant. Je ne me lasserai donc jamais de cette proximité ? Et si la curiosité m’invitait à lui poser une question ? Si je me laissais porter ? Non. Je ne sais pas si j’avais réellement envie de savoir ce qu’il en était, mais m’intéresser à sa vie c’était quelque chose dont je ne pouvais pas me passer.

« Et sinon toi, tu m’as toujours pas parlé de target hein… ! T’en es où ? »

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