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 [Année 2023-2024] "No bird soars too high if he soars with his own wings." ♝ Andrea & Tracy (Haïti, Antilles)

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MessageSujet: [Année 2023-2024] "No bird soars too high if he soars with his own wings." ♝ Andrea & Tracy (Haïti, Antilles)   Sam 7 Juil - 13:52

No bird soars too high if he soars with his own wings
Andrea & Tracy

Le début des vacances se déroulait sans encombre. Tracy reprenait doucement ses marques à la maison, comme si elle n’en était jamais partie. Elle avait été rassurée de constater qu’il n’y avait pas de mauvaise surprise parmi ses BUSEs, et qu’à l’exception d’un Acceptable en vol et un Effort Exceptionnel en divination, c’était une flambée d’ «Optimal» qui recouvrait son bulletin, même en potions où elle avait évité de peu la catastrophe. L’ennui, c’était qu’avec Candice, si les choses semblaient s’être aplanies, leurs relations étaient aujourd’hui encore en dents de scie. Et si Tracy s’efforçait de s’affirmer, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir intimement blessée par le comportement de sa demi-soeur, qui même si elle se montrait adorable et gentille, agissait comme si elle n’avait plus besoin d’elle, invitait des amies à la maison, et ne tarissait pas de compliments à leur sujet… et plus que jamais, elle sentait l'étau de la solitude se resserrer. Alors, pour ne pas se laisser abattre, toute l’attention de Tracy était focalisée sur ce voyage dont les contours se dessinaient progressivement, et à propos duquel elle conversait avec Andrea, par lettres interposées, qu’elle n’envoyait que tard le soir, tout en effectuant les derniers préparatifs. Elijah avait accepté de jeter, après qu’elle le lui ait demandé, quelques sortilèges d’extension sur sa valise pour lui permettre d’emporter le plus d’affaires possibles : elle ne poserait pas de questions concernant la raison pour laquelle il se rendait aux Etats-Unis, comme par hasard au même endroit auquel Cissy passait ses vacances, et en échange, il ne poserait pas de question sur la raison pour laquelle elle emportait avec elle tant de livres traitant de la défense contre les forces du mal, un sac à dos, une cape d’invisibilité, un lunascope, un chaudron pliable, des vêtements pour les intempéries, et un échiquier pour des prétendues vacances au soleil. Echange de bons procédés, et il allait de soi qu’ils n’en parleraient pas aux parents.

Peinant à s’endormir avec toutes les images qui lui envahissaient l’esprit, parmi lesquelles celles d’Albanie que la pensine lui avaient permis d’entrevoir, elle se leva bien avant l’aube, et se vêtit sobrement d’un débardeur rayé, d’un short en toile et de chaussures de marche, nouant ses cheveux en une queue de cheval tressée, se passant de petit-déjeuner. Il était convenu que son père la conduise à la gare, où elle est censée prendre le train de de sept heures douze, et s’il insista pour l’accompagner jusque sur le quai, elle l’assura d’un ton serein que ce n’était pas la peine, et le serra brièvement dans ses bras tandis qu’il effectuait ses dernières recommandations. Puis, elle descendit, se retourna pour un dernier signe de main tandis que son père, attendri, la regardait disparaître dans la gare, et rejoindre son wagon, avec dans l’idée qu’elle devenait grande, sa petite fille sage. Après être montée, on lui proposa gentiment de monter sa valise jusqu’à l’étagère supérieure, et elle accepta volontiers l’invitation, avant qu’on ne quitte son compartiment… Ce ne fut qu’au moment de s’asseoir sur la banquette, qu’elle réalisa soudainement qu’elle voyageait seule, et que c’était la première fois. Arrivée à neuf heures trente-six. Elle inséra un marque-page dans le livre qu’elle était en train de terminer, s’observa furtivement dans le reflet de la vitre pour se recoiffer un peu, et descendit sa valise tandis que le train décélérait, arrivé en gare de St-Pancras, jusqu’à glisser lentement pour finalement arrêter sa course. Elle franchit les portes, et descendit les marches, avant de traverser l’immense infrastructure, parfois perdue au milieu de ce trop grand monde, des enfants en bas âge accompagnés de leurs parents, des voyageurs trop pressés, des hommes d’affaires qui se ruaient vers la sortie pour y fumer leur première cigarette.

Sans se laisser intimider, Tracy se faufila entre la foule, et s’extirpa du bâtiment : elle savait exactement où se diriger, et à cause de la Trace qui ne la laisserait pas librement faire usage de la magie avant le neuf Mai prochain, elle était obligée de prendre des précautions qui l’handicapaient quelque peu. « Bien arrivée. Les parents de Dan sont venus me chercher, on visite quelques musées et on prend la route. Dis à Candy qu’elle va me manquer. Je vous embrasse :’) Amelia. » pianota-t-elle rapidement sur son téléphone. Elle avait au préalable pré-enregistré quelques messages de répondeur, prétextant qu’elle ne pouvait pas répondre parce qu’elle prenait un bain de soleil près de la piscine, que tout se passait bien, et que le climat irlandais était délicieux, avec une variante selon laquelle ils restaient à la maison à cause de la météo et qu’ils allaient au cinéma. Un message par jour, d’un quotidien de vacances d’une banalité affligeante. Ce serait suffisant pour garder son père et le reste de la famille un peu éloignés… Elle descendit le long de Gray’s Inn Road, prit un bus, s’aida de son plan imprimé pour se repérer dans ces ruelles labyrinthiques, traversa un parc ou deux, et embrancha sur une autre artère. S’arrêtant à l’angle, elle consulta à nouveau la carte, sur laquelle elle avait effectué une petite croix, qui correspondait à ce que le panneau à côté d’elle indiquait, et après quelques minutes de marche qui la faisaient s’éloigner un peu des quartiers fréquentés, elle l’aperçut un peu plus loin : la fameuse cabine téléphonique sur laquelle le panneau « hors d’usage » avait été placardé, et près de laquelle se trouvait déjà une silhouette qui lui était bien connue, qu’elle n’avait pas revue depuis le bal de fin d’année, lorsqu’il avait quitté Poudlard pour sans doute la dernière fois. Son sourire s’agrandit, un peu malgré elle, tandis qu’elle réduisait la distance entre eux. « Bonjour Andrea. » Il y avait, depuis quelques semaines, cette drôle d’impression qu’elle avait en le voyant, et qu’elle s’efforçait de chasser pour ne pas se laisser disparaître, en se persuadant qu’elle faisait fausse route, comme pour se rassurer elle-même. « Tu n’as pas eu d’ennuis pour venir… ? » Elle ne parlait pas de difficultés pratiques concernant leur voyage, mais tous deux liés par le secret, elle n’était pas sans ignorer que les précautions qu’ils devaient prendre étaient sensiblement plus nombreuses, désormais.

Bien consciente qu’il n’aimait pas forcément se perdre en conservations inutiles, et soucieuse de lui montrer qu’elle ne prenait pas ce voyage à la légère, elle prit la liberté de prendre l’initiative, en lui désignant l’appareil délabré, dont le fil avait été coupé, d’un mouvement de tête. Sa main cramponnée à sa valise, elle prit une longue inspiration. « Si tu es prêt, nous pouvons y aller. A trois ? Un, deux… » Trois. Leurs doigts se refermèrent autour du combiné de téléphone, et il lui sembla qu’ils furent avalés dans un gigantesque tourbillon. Elle n’avait jamais pris un portoloin sur une aussi grande distance, et la vitesse avec laquelle elle se sentait transportée lui donnait des hauts-le-coeur… Son pouls s’accéléra, et si sa poignée resta fermement accrochée, elle dut se maîtriser pour demeurer insensible à l’éprouvant voyage qu’ils étaient en train de réaliser, en seulement une fraction de secondes, effectuant la traversée entière d’un continent. Puis, tout ralentit, et son corps heurta un peu violemment la surface du sol de l’Île, amorti par le sable… Encore parcourue de quelques tremblements, elle se hissa sur ses coudes, et se risqua à ouvrir les yeux, pour réaliser qu’elle se trouvait au beau milieu d’un décor qui n’avait rien à voir avec celui de quitter : même de nuit, le paysage des Antilles avaient ce goût exotique qui lui était encore inconnu… « Est-ce que tout va bien, rien de cassé… ? » s’enquit-elle à l’attention d’Andrea, qui avait atterri un peu plus loin, comme leurs bagages, et le combiné de téléphone, tandis qu’elle se rapprochait du jeune homme. A première vue, tout avait l’air de bien aller pour lui… Son regard se promena alors sur la plage, déserte, presque abandonnée, où ls avaient échoué et sur laquelle la nuit avait déposé son voile, et elle dut écarter les mèches de cheveux sauvages qui lui fouettaient le visage au gré du vent. Il semblait que toute trace de civilisation dans les environs ait été emportée… selon le plan qu’elle avait consulté un peu plus tôt, ils n’en retrouveraient probablement pas avant deux bons kilomètres, là où commenceraient à apparaître les premiers villages aux alentours. Une vague d’euphorie s’empara alors d’elle, alors se levait finalement pour faire ses premiers pas dans le sable humide, retirant de ses habits la pellicule de sable qui s’y était déposée, et qu’elle effectuait quelques pas en direction de la mer. Tandis qu’elle s’offrait aux embruns, imprégnant ses poumons de l’air marin, ses bras se décollèrent légèrement de sa taille, et elle clôt les paupières, une seconde, peut-être deux. « C’est incroyable… ! » Difficile de contenir l’exaltation qui électrisait toutes les parcelles de son corps, et qui lui donnait cette sensation unique, à laquelle elle avait l’impression de ne jamais encore avoir goûté : c’était comme si elle était libre. Et peut-être qu’elle l’était… avec le temps qu’elle avait passé à dépendre des autres, elle ignorait ce que cela faisait. Se reprenant, elle tourna la tête vers son partenaire de recherches, que la nuit lui permettait seulement d’entrevoir, et reprit son sérieux : « On devrait trouver un coin pour établir le campement en attendant que le jour se lève. Tu peux lancer un Lumos ? » Selon le décalage horaire, il devait être aux environs de cinq heures du matin, et le soleil ne paraitrait pas avant une bonne heure et demi. Il était donc préférable qu’ils trouvent refuge quelque part et commencent à tout mettre en ordre avant de partir tâter le terrain, et commencer leur exploration des lieux en vue de trouver ce qui les intéressait.

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place


Dernière édition par Tracy A. Bennett le Ven 3 Aoû - 15:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Année 2023-2024] "No bird soars too high if he soars with his own wings." ♝ Andrea & Tracy (Haïti, Antilles)   Lun 23 Juil - 15:52




i didn't come this far to only come this far



J'étais sorti de Poudlard en contemplant une dernière fois le Château. Une page se tournait. Je le savais, je ne reviendrais jamais ici. J'inspire le parfum du lac, du parc et de la pierre et je la grave quelque part en moi. Et sans indécision, je tourne les talons, vers mon futur. Je ne crois pas au destin. Je crois simplement que l'on ramasse les fruits que l'on a semé. Que si les gens possédaient un peu plus de jugeote et d'ambition, certaines personnes ne seraient pas obligées de remplir un boulot minable pour nourrir et loger leur famille. Un peu plus de bon sens, un peu plus de responsabilités dès le début, et il est tout à fait normal de s'en sortir avec les bases fournies à Poudlard. Travaille. Simplement, travaille. C'est ce que j'ai fait durant sept années. Je ne connais pas autant de monde que ces personnes populaires dans le Château. Je ne me suis pas beaucoup amusé à l'occasion de mes divers temps libres. J'ai comptabilisé un certain nombre d'heures à la bibliothèque, mais au moins le double dans mon laboratoire personnel. J'ai des notes excellentes - même s'il me tarde d'avoir les résultats des ASPIC - et je peux dire sans mal que je suis le majeur de la promotion. En même temps, c'était plutôt aisé de le deviner. Je n'ai aucune distraction qui pourrait me faire dévier de mon futur. Enfin, j'exagère. J'en ai bien une. Récente. Stupide. Fascinante. Est-ce que cette seule distraction pourrait me faire échouer ? Non, je ne pense pas. Quoique. Je doutais de ses intentions, au début. En réalité, je doute toujours de ses intentions à présent. Je sais cette distraction dangereuse, tant pour ma personne que pour ma réputation. Dans ma famille, les rapports entre nés-moldus et sang-pur ont toujours été sanglants. Harrison peut en attester, je ne lui ai jamais laissé aucune chance. Mère me demande de les respecter, même si elle ne m'a jamais montré son respect pour aucun d'entre eux. C'est politique, comme toujours. Il faut rallier des voix pour être élue. Il faut être hypocrite pour acquérir le titre de Ministre de la Magie. Je comprends, bien sûr, mais je n'ai personnellement pas cette haine envers les moldus. Je déteste les lâches, je déteste les personnes indignes, mais on en retrouve de tous les bords, à commencer par mon propre père. Pourtant sang pur, pourtant parti droit dans la bonne direction. Une honte, une sacrée honte. Se remarier avec une moldue, lui faire un enfant, enfant handicapé qui plus est. J'ai reçu un courrier pour m'annoncer le transfert d'Harrison à Sainte-Mangouste. Je sais que la nouvelle va faire jaser à Poudard et que je serai certainement au centre de plusieurs rumeurs, mais je ne serai heureusement plus là pour les entendre. Tant mieux. Et à la fois, j'ai horreur de ne pas contrôler ma réputation. J'ai horreur de ne pas pouvoir contrôler ses langues qui se lient et se délient sans faire attention aux conséquences. Je ne suis pas un monstre. Je ne suis pas aussi froid que Mère. Je ne suis pas aussi fermé que je ne le parais. Je ne joue pas autant que j'en ai l'air. Je suis quelqu'un de respectueux, dans le fond. Peut-être que je suis arrogant, intéressé et ambitieux, mais dans le fond, qui ne l'est pas ? J'ai simplement choisi de ne pas mentir. Je ne me mens pas à moi-même, je ne cache pas mes ambitions. Ce n'est pas pour autant que je les dévoile et les expose. J'aime ma discrétion. J'aime le mystère que j'entretiens autour de moi. J'intéresse, j'intrigue, je fais parler. Certains me prennent pour un dégénéré, pour un futur adepte de la magie noire, pour un génie sans limite, pendant que d'autres me traitent de pauvre type avec une cuillère d'argent dans la bouche. Ils ne se rendent pas compte du travail que je fournis depuis sept ans. Ils ne se rendent pas compte que même si ma famille compte une lignée importante et une véritable fortune, j'ai toujours œuvré dans le but ultime qui sera le mien. Je suis bien sûr sous influence de Mère, mais elle est là uniquement pour mon bien. Elle contrôle évidemment mes paroles, me censure lorsqu'il le faut, mais uniquement dans son intérêt. Pour que nos routes soient liées, pour que l'on ne se gêne pas dans nos ascensions respectives.
Pour ceux qui le demandent, j'aime ma Mère. Elle représente tout pour moi. Même si nos rapports semblent confus de l'extérieur, il faut savoir que je suis lié à elle par un amour fort. C'est une femme respectable, une femme respectée, d'une justice inébranlable, dotée pourtant d'un ego surdimensionné. Elle a fait sa place dans ce monde d'hommes, elle a fait sa place dans cet univers politique. Elle est toujours là. Une des seules qui restent, d'ailleurs. Elle remplit ses missions, sans corruption ni regrets, attendant paisiblement que l'opportunité se montre à nouveau. Sa stratégie ne m'est pas connue dans son intégralité. Je dois savoir uniquement ce que je dois savoir. Je peux poser des questions, mais ce n'est pas certain qu'elle puisse m'offrir la réponse. J'accepte ça. J'accepte de n'être qu'une part de sa gloire. J'accepte et dans la même idée, cette méthode me fascine encore. Elle m'impressionne toujours. Et vous ne savez pas ce que ça me coûte de lui mentir droit dans les yeux.

Le retour au Manoir s'est déroulé sans problème. Je n'ai pas eu besoin de m'adapter à mon chez-moi. Il me manquait simplement et j'ai retrouvé ma place dans cette société. Je ne comprends pas ces personnes qui pensent Poudlard être leur foyer. Cette ruine, ces dortoirs communs, ces enfants partout, les devoirs, les restrictions, les professeurs incompétents. Je pousse un soupir de soulagement en me couchant dans mon lit. Mes draps me manquaient. Mon laboratoire me manquait. Même si cette malle extendue m'avait bien servie, je n'avais pas pu emmener à Poudlard tout le matériel que j'aurais voulu. Mes livres étaient encombrants, mon scanner cérébral et ma centrifugeuse aussi ... Je n'ai pas fait l'enfant, j'ai accepté de prendre le strict nécessaire, je me voyais mal justifier la présence de certains outils, de toute façon ... Du matériel pour mes potions et des ustensiles de base, voilà qui m'avait été suffisant.
Mère est occupée. Le Dossier Everton contre le Ministère l'épuisait, et elle n'en était pas à la moitié. Je ne pouvais lui être utile, alors elle se contentait de s'enfermer dans son bureau lorsqu'elle ne devait pas se rendre au Ministère pour les audiences, ses réunions de personnelles ou autre. Je ne la dérange pas, je sais comment elle peut être lorsque le sujet la tracasse. Je lui annonce simplement que j'ai prévu de me rendre à l'étranger pour approfondir mes recherches sur l'Amour. Elle est au courant de mon étude avec mes professeurs. Elle approuve et me pousse à absorber tout ce qu'ils peuvent me donner. Sans hésitation, elle approuve l'idée. Je me sens mal de lui mentir. Tellement c'est facile. Tellement c'est évident pour elle de me faire confiance. En même temps, je ne lui ai jamais prouvé qu'elle devait se méfier. Si elle savait, elle me mettrait une tarte. Elle me comparerait à mon géniteur, aussi. La tromper avec une née-moldue. C'était exactement le même schéma. Pas pour les mêmes raisons, mais exactement le même schéma. Je savais que si elle était au courant, elle le relèverait. Je pouvais voir les traits de son visage s'étirer. Je pouvais voir la déception dans ses yeux, et cet air froid qui ne la quittera plus lorsqu'elle me regardera à l'avenir. Je frissonne. Elle ne le voit pas, évidemment, elle a le nez plongé dans ses papiers. Je culpabilise. Je faisais une erreur. Malheureusement, je ne pouvais rien lui avouer sans mourir. J'y étais tenu, par le Serment Inviolable. Il est impossible d'en faire part à un proche. C'est évidemment mon idée, bien sûr. Dans le fond, je sais que c'est pour me protéger d'elle, ma faiblesse. C'est toujours pour ça que j'invente cette foutue relation avec Naïa Rosenberg. Je crains un peu le jour où ce sera révélé, parce que je n'aurai plus aucun rempart derrière lequel me dissimuler.

Le jour du départ, j'ai simplement dit aurevoir à Mère, sans m'étendre. Mon sac à dos m'attendait dans l'entrée, je l'ai enlacée avec cette pointe d'amertume de devoir lui mentir. « À bientôt, Mère. Si tu as besoin de moi, j'aurai toujours la bague sur moi. » Un regard entendu et elle me laissa partir sans inquiétude. Mon coeur me serrait de la laisser dans l'ignorance. J'enfile l'artefact magique qui chauffera dans le cas où elle aurait besoin de moi pour l'une ou l'autre raison et quittai la pièce, enfilai mon sac à dos et sortis de la maison. Je connaissais par cœur le périmètre. Arrivé sous le sentier couvert de lierre, je contournai la petite barrière et ferma les yeux. Dans un bruit de claquement, je me mets à tourner et tente de me retrouver dans ce néant. Je ne m'habituerai probablement jamais à cette sensation d'écrasement, mais toujours est-il que je supporte de mieux en mieux les atterrissages. Je reprends mon souffle, me dissimule dans l'ombre pour ne pas être exposer tant aux rayons brûlants du soleil, anormaux sur le sol londonien, que pour les passants qui pourraient me reconnaître. Nous sommes tout prêts de Sainte-Mangouste, et j'ai littéralement grandi entre ces couloirs et ceux du Ministère ... Je vérifie que j'ai tout sur moi. Baguette magique, dollars américains échangés chez Gringott's, carnet de note, flacons vides pour récolter des souvenirs, lunettes de soleil. J'ai déjà vérifié plusieurs fois, mais c'est un stress nouveau pour moi de partir en vacances de la sorte, par moi-même. C'est agréable de se sentir coupable loin de chez soi. « Bonjour Andrea. » Je me retourne et aperçois Tracy, souriante et décidée. Je n'avais pas osé imaginer à quoi allait ressembler ces vacances, mais à présent que nous étions sur le départ, j'avais peur de me faire des fausses idées. Néanmoins, il était trop tard pour faire marche arrière. Et l'air de rien, j'en avais envie, pour une fois. Sortir du chemin droit tracé, faire quelque chose pour moi-même. J'oubliais peut-être que le but du voyage était de percer les mystères de la résurrection à travers des techniques chamaniques et l'hématomancie ... Ça semblait être un détail par rapport à toutes les questions qui venaient s'y mêler, d'ordre plus intime et personnel. « Bonjour miss Bennett. » Un sourire énigmatique se dessina sur mes lèvres alors qu'elle lançait la conversation. « Tu n’as pas eu d’ennuis pour venir… ? » D'ennuis, non, aucuns. Jamais. À l'image de moi-même, réglé dans une organisation parfaite, au plus simple. « Aucun. Et toi ? » Jusqu'ici, tout va bien. Il n'y avait, à présent, qu'à ouvrir l’œil pour faire en sorte que ce voyage se déroule au mieux ... « Si tu es prêt, nous pouvons y aller. A trois ? Un, deux… » J'hoche la tête rapidement. J'ai hâte qu'on quitte le pays, oui. Je jette un coup d’œil à ma montre. En effet, il est grand temps qu'on se mette en position. J'entre dans la cabine difficilement, mon énorme sac sur les épaules. Tracy a le réflexe de s'y glisser en tenant sa valise d'une main. « Trois. » Je garde les yeux ouverts et referme mes doigts autour du combiné sans fil. Pendant cinq secondes, il ne se passe rien. Je relève l'autre main pour vérifier que nous sommes bien à l'heure, mais pas le temps de pester, je me sens avalé par le tourbillon. Comme habituellement, je sens que le temps ralentit. Tout se passe au ralenti, d'ailleurs, même moi. J'aperçois en bas des images d'océans et quelques rares îlots de terre. Je sens que l'on m'éjecte au bout de quelques secondes et tentent de conserver un semblant de calme, même si la panique s'installe dans mes membres en apesanteur. J'ai l'impression que la chute sera fatale. Ce plongeon semble étroitement relié à l'arrêt de toutes mes activités cardiaques, pulmonaires et cérébrales. J'ai cessé de respirer, j'ai cessé de réfléchir, mon cœur a raté plusieurs battements. Je tombe sur mes pieds, mais défaille et me laisse tomber mollement sur le sable. J'inspire et j'expire goulûment l'air marin qui enivre mes sens. Je tousse et finis par sourire en voyant le ciel. La nuit avait fini de tomber depuis bien longtemps et les étoiles brillaient dans le ciel dégagé. Le spectacle était magnifique. Trop près des villes, on avait l'occasion de voir des pareilles étoiles que dans nos cours. Je reconnaissais les constellations avec satisfaction, reliant les traits de manière enfantine dans ma mémoire et me débarrassai des sangles de mon sac à dos pour me redresser. « Est-ce que tout va bien, rien de cassé… ? » Mon regard se lève sur Tracy. Elle a l'air d'aller bien. Je n'ai pas encore tenté de me relever, mais je sens tous mes membres, c'est déjà une bonne chose. « J'ai toute ma tête, et tous mes membres entiers, oui. » Je souris et contemple le combiné du téléphone que je tenais toujours dans ma main droite. Je le dépose dans le sable et me relève sur mes deux pieds, non sans un léger vertige. « Et toi ? Aucune gêne ? » Je me tiens un instant la tête et ferme les yeux. Ça en fait des kilomètres en l'espace de quelques secondes ... J'observe le paysage, la nuit noire, le bruit des vagues qui viennent lécher le sable pour repartir. Personne. Le désert. Je passe mon pouce sur mon annulaire pour vérifier que ma bague n'a pas été perdue durant le voyage et me rassure de sentir l'anneau métallique à sa place. Mon regard va à nouveau au ciel et je me perds dans la contemplation des étoiles. « C’est incroyable… ! » Un sourire sincère s'installe sur mes lèvres alors que j'entends la serdaigle s'exprimer sans aucun filtre et sans aucune arrière-pensée. Je nous laisse ce moment des premiers instants. Il se déroule deux minutes, peut-être trois et je me suis approché également de la mer. Je ne souhaite pas en profiter directement par ordre pratique, mais ça ne m'empêche pas de me réjouir d'être sur une plage déserte. Dans quelques heures, le jour allait se lever et nous pourrons profiter de quelques instants de détente avant de nous mettre à la recherche de ce peuple dont nous avions tant parlé, mais rien découvert à leur sujet. « On devrait trouver un coin pour établir le campement en attendant que le jour se lève. Tu peux lancer un Lumos ? » J'acquiesçai, sortant ma baguette avec aisance. J'avais tellement hâte de commencer mon enseignement à Ouagadougou, en espérant que je saisisse le truc pour pouvoir effectuer de la magie sans baguette - tellement plus pratique. « Lumos. » La pointe de ma baguette s'illumine tandis que je la pointe vers le sable pour vérifier que nous n'avions rien oublié. Ma baguette fend l'air et nos bagages s'élèvent à leur tour pour nous suivre dans notre recherche d'un coin pour le campement. Je ne me rendais pas compte que Tracy n'était pas majeure. Je ne me rendais pas compte que j'allais devoir assurer l'ensemble des sortilèges de défense, d'attaque et pratiques sur un camp. Ça ne me dérange pas, bien entendu, mais je ne me rendais pas compte à quel point elle restait jeune pour ce type d'entreprise. J'avais l'impression d'avoir emmené un enfant avec moi. Enfin, enfant est excessif, je suppose. Elle parle de Mort sans trembler. Elle me propose des expériences sur des animaux et elle n'a pas encore dix-sept ans. L'idée me fait sourire. « Ici, ça me semble parfait. On vérifiera tout à l'heure s'il n'y a pas meilleur emplacement, mais pour ranger nos affaires, ça me semble bien. » Entre deux buttes, à l'abri du vent et des regards indiscrets que pourraient attirer une tente à l'extérieur miteux dans une zone totalement inhabitée. Nos affaires se déposent sur le sable et j'ouvre mon sac, qui contient la tente, que je m'empresse de monter. « Je t'interdis de te moquer. » annonçai-je avec un sourire taquin à ma troisième tentative échouée. Je ne suis pas un aventurier hors pair et je dois me reprendre quelques fois pour comprendre comment elle se monte, même à l'aide de la magie. Je sais que j'ai l'air ridicule, mais je n'en ai pas honte. Aujourd'hui, elle pouvait bien rire de moi, mais demain, je savais monter une tente et je ne lui laisserai plus cette occasion. Sous ses conseils et avec nos deux cerveaux de génie, impossible de se résoudre à dormir à la belle étoile. « On est bon, là ? » Je lève ma baguette et tourne autour de la tente pour être sûre que toutes les sardines sont plantées, que les angles sont droits et que la toile ne manque pas de s'effondrer une fois que nous aurons fait trois pas à l'intérieur. Non fier de moi, je lève le pan de la tente et m'abaisse dans une petite courbette polie. « Après toi. » C'est vrai que je n'avais pas confiance en mes compétences manuelles pour monter une tente, mais voyez ici simplement de la galanterie, pas un test de survie. Je ramasse la valise de Tracy et enfile mon sac à dos d'une hanse, et à mon tour, je m'abaisse et entre dans notre chez-nous temporaire pour le découvrir. Je pose nos affaires au milieu du salon meublé, et lève les yeux vers la décoration cosy des lieux. « Je te laisse t'installer. Fais-moi savoir si je peux améliorer ton confort ... Nox. » Plongés dans le noir de la tente, je range simplement ma baguette et clape deux fois dans les paumes de ma main pour que les lampes fournies avec la tente s'allument et prennent le relais. J'aime faire le lampadaire, mais tout de même ...

Une fois installé, je jette un coup d’œil à la jeune fille, toujours entrain de déballer ses affaires et sors de la tente. La baguette en main, je murmure des incantations pour protéger les lieux des moldus, des menaces extérieures et des oreilles baladeuses. Je m'y reprends à plusieurs fois pour être certain. Nous étions à présent invisibles pour tout moldu. Nous étions bien dissimulés pour des sorciers, mais il était toujours possible de nous trouver. Pas de nous entendre ou d'entrer sans que cela ne nous alerte, mais c'est un bon début. Lorsque je relevai les yeux de la tente, je m'aperçus que l'aube était déjà levée. La lune brillait encore, mais le ciel rosé et orangé annonçait la venue du jour. Sans presser la jeune fille, j'ôtai mes chaussures et mes chaussettes, pliai les bords de mon pantalon et m'assis dans le sable, face à l'étendue liquide qui s'offrait à nous.


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Arrivé(e) le : 27/11/2016
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MessageSujet: Re: [Année 2023-2024] "No bird soars too high if he soars with his own wings." ♝ Andrea & Tracy (Haïti, Antilles)   Ven 3 Aoû - 15:45

No bird soars too high if he soars with his own wings
Andrea & Tracy

L’arrivée fut particulièrement brutale, et Tracy mit bien quelques instants à en émerger correctement, comme avec l’impression qu’elle sortait d’un long rêve. Leur nouvel environnement lui était absolument étranger, et elle peina à retrouver l’équilibre, les vêtements recouverts de sable, qu’elle épousseta en cherchant autour d’elle un repère visuel auquel se raccrocher. Hormis l’épaisse végétation foisonnante qui recouvrait le reste de l’Île, et la plage aux allures abandonnée sur laquelle ils avaient atterri, ils semblaient presque seuls au monde, au bord de ce désert humain… Encore un peu ébranlée, son premier réflexe fut de retrouver Andrea, qui ne paraissait pas souffrir de leur voyage pourtant quelque peu éprouvant. « J'ai toute ma tête, et tous mes membres entiers, oui. » Son sourire la rassura, tandis qu’il se relevait, et qu’elle se surprenait à vérifier qu’il possédait encore bien ses deux oreilles, et qu’elle n’aurait pas à en récupérer une dans sa poche. Au moins, ils n’auraient pas à faire usage de l’essence de dictame dès les premiers instants de voyage… même s’ils avaient longuement et précautionneusement préparé ce périple, elle continuait de se soucier de chaque cas de figure susceptible de se produire. Son coeur se serra légèrement en pensant à Dan, et au fait qu’il lui servirait, sans même le savoir, d’alibi pendant leurs trois semaines d’absence. S’il lui arrivait quoi que ce soit qui empêchait son retour en Angleterre, elle lui attirerait certainement des ennuis, et cette idée la mettait quelque peu mal à l’aise… « Et toi ? Aucune gêne ? » Sans réfléchir, elle secoua aussitôt la tête. Naturellement, le trajet en portoloin n’avait pas été des plus agréables, lui laissait une étrange sensation de mal de mer qu’elle avait bien du mal à chasser… Mais c’était d’une moindre importance, ils étaient parvenus à destination entiers, sans imprévu, et c’était déjà un luxe prêt à lui faire mettre en arrière-plan toutes les contrariétés qu’ils pourraient rencontrer. « Un léger… tournis. Mais tout va bien, tout va bien… » répondit-elle évasivement, d’un ton qu’elle s’efforça de faire paraître jovial, alors que mains sur les hanches, elle tentait de discerner dans l’obscurité les masses qui composaient l’île. Le vent frais qui se glissait entre ses cheveux et le tissu de ses vêtements lui donnait cet avant-goût de liberté à laquelle elle avait aspiré, et tandis qu’elle savourait timidement cette délivrance, elle cherchait du coin de l’oeil la silhouette d’Andrea, qui lui semblait avoir disparu dans la nuit. Curieusement, elle appréciait de le savoir près d’elle, surtout dans un cadre aussi exotique que celui-ci… et le savoir éloigné, ne fusse que de quelques mètres dans la nuit noire, avait une légère tendance à la rendre nerveuse. « Lumos. » Apaisée par la petite lueur qui venait d’apparaître à l’extrémité de la baguette du jeune homme, le regard de Tracy quitta le champ de vagues qui venaient échouer calmement sur le rivage, pour suivre l’infime brillance qui éclairait la nuit noire, déposant une auréole de lumière sur l’étendue sablonneuse qui les entourait. « Ici, ça me semble parfait. On vérifiera tout à l'heure s'il n'y a pas meilleur emplacement, mais pour ranger nos affaires, ça me semble bien. » Sans doute, s’il l’affirmait… elle n’était pas sûre d’avoir déjà campé de sa vie, elle laissait donc bien volontiers à ceux qui renvoyaient l’illusion de s’y connaître mieux qu’elle le dernier mot en ce qui concernait les décisions d’ordre pratique.

Tandis que le jeune homme à l’ouvrage, elle se contentait de l’observer à quelques mètres, autant que le lui permettait le rai de lumière issu de sa baguette, détachant le ruban qui lui enserrait les cheveux pour les laisser aller au gré du vent. « Je t'interdis de te moquer. » Elle ne put cependant empêcher un sourire en coin de naître sur ses lèvres. Même si c’était pour quelque chose d’aussi insignifiant que le montage d’une tente, elle n’était guère habituée à voir Andrea confronté à une quelconque difficulté, lui qui semblait constamment réussir tout ce qu’il entreprenait avec une aisance déconcertante… si elle hésita une seconde à lui proposer ses services pour l’aider dans sa tâche, elle préféra finalement l’idée de rester spectatrice, non sans un certain amusement. « Je ne me le permettrais pas, voyons. » mentit-elle en le regardant planter méticuleusement les sardines, avant de reconnaître un peu honteusement : « Je n’ai jamais vécu hors de la maison, ou de Poudlard, c’est une première. Tu dois mieux savoir y faire. » Dans tous les cas, elle lui était bien suffisamment reconnaissante pour tout le travail qu’il accomplissait avec elle pour émettre à voix haute un quelconque jugement. Qui plus était, savoir qu’elle pouvait compter sur lui et son utilisation des sortilèges durant le voyage était un confort auquel elle aimait avoir droit. « On est bon, là ? » Elle pencha la tête sur le côté pour examiner la tente sous toutes les coutures, et hocha la tête pour donner son assentiment sans grande certitude, avant tout curieuse de voir l’intérieur : au moins, l’ensemble tenait debout, c’était déjà une bonne chose. « Après toi. » lui lança-t-il en effectuant une révérence, l’invitant à passer la première. Ça n’était peut-être pour lui que formalité, ou simplement les fruits d’une éducation rigoureuse, mais Tracy se surprenait à prendre goût à ces gestes de galanterie de sa part, auxquels il l’habituait peut-être même involontairement. L’image mentale du bal, où il se conduisait en véritable gentleman, et où son bras autour du sien il se perdait en courtoisie, s’imposait même malgré elle… Chassant de son visage cet air qui lui donnait l’impression de passer pour une idiote, elle s’introduisit sans tarder sous la tente, et contempla le spacieux salon au sein duquel ils s’apprêtaient à passer les trois prochaines semaines. Assez luxueux, cet intérieur donnait, malgré l’obscurité qui régnait, tout l’air d’être agréable, et il n’en fallait que peu pour qu’elle oublie qu’ils étaient venus ici pour avancer leurs recherches… « Ça conviendra à merveille ! Merci. » s’exclama-t-elle à l’attention du jeune homme, qui pénétrait à son tour sous la toile. Se hâtant de déballer les kits de premiers soins qu’elle avait emmenés avec elle, elle trouva un coin libre afin d’entreposer ses quelques affaires sans être encombrante. « Je te laisse t'installer. Fais-moi savoir si je peux améliorer ton confort ... Nox. » Le remerciant d’un hochement de tête, un regard autour d’elle lui fit savoir que son confort, dans les conditions dans lesquelles ils voyageaient, n’aurait pas besoin d’être amélioré. Les lampes de leur habitat provisoire s’illuminèrent, tandis qu’il retournait vers la plage. Et qu’elle prenait tout à coup conscience de cette réalité qui était désormais la sienne, la leur.

Ouvrant sa valise pour sortir quelques ouvrages dont elle consulta rapidement quelques annotations, elle plongea sa main pour récupérer son précieux carnet, le paquet de lettres échangées avec le sorcier qui avait consenti à la renseigner sur ces vieilles pratiques, ainsi qu’un petit paquet emballé avec du papier d’argent. Après quelques instants de réflexion… elle enfourna finalement dans son sac à dos sa cape d’invisibilité. Tandis qu’elle écoutait distraitement Andrea formuler depuis l’extérieur diverses incantations destinées à protéger leur emplacement, elle fit un tour des lieux, se plaisant à ce nouveau goût d’indépendance, même en étant légèrement frustrée de ne pas pouvoir elle aussi faire usage de la magie. Serrant contre elle ses effets, elle quitta à son tour la tente, après avoir bien veillé à placer leurs vivres au frais… Puis, hésitant à se déchausser à son tour, elle s’assit finalement sur les genoux, aux côtés du jeune homme, face à la mer. Elle laissa passer quelques secondes, au cours desquelles elle contempla les couleurs de l’aurore qui paraissait, avant de finalement oser prendre la parole, se tournant vers lui. « Hum… le moment est sans doute mal choisi, mais je ne connaissais pas exactement la date, et puisque tu m’as dit avoir passé ton permis de transplanage l’été dernier, j’imaginais qu’il tombait dans les environs… » commença-t-elle avant qu’un fin sourire ne vienne étendre ses lèvres et qu’elle rangeait les mèches de cheveux sauvages qui lui obscurcissaient le regard juste derrière son oreille, puis elle lui tendit le paquet recouvert de papier argenté. « … alors bon anniversaire, Andrea. » Restait à espérer que le présent qu’elle avait méticuleusement choisi lui plairait… peu certaine de ses goûts sur lesquels il demeurait assez discret, elle avait composé d’après ce qu’elle avait pu observer de lui, en se rendant sur une de ses boutiques privilégiées sur le chemin de Traverse lors de son bref passage à Londres. Il s’agissait d’un petit objet à la forme d’un compas en cuivre, équipé d’une petite loupe, qui à l’aide de la magie, actionnait des petits rouages, permettant de décoder différents alphabets runiques, hiéroglyphes et logogrammes magiques, qui lui semblait être un cadeau approprié pour une entrée à l’université. Une telle initiative paraissait un peu futile ou superficielle au vu du voyage qu’ils venaient d’entreprendre, mais elle y tenait personnellement…

S’éclaircissant légèrement la gorge, elle sortit de son carnet une feuille de parchemin qu’elle déplia soigneusement, avant de la présenter à son partenaire de travail. « Je nous ai déniché un plan de l’île, et si je ne me trompe pas, nous nous trouvons sur la pointe, juste ici. » désigna-t-elle, avant de relever les yeux vers la plage, qui éclaircie par le jour, était effectivement caractérisée par sa forme pointue. Plaçant son doigt un peu plus loin, à l’écart des côtes, elle le consulta du regard avant de passer à la suite : « Il y a deux villages, un ici, un à l’autre extrémité, c’est celui où il y a le temple. » C’était un des endroits qu’elle était le plus curieuse de découvrir, n’ayant trouvé que trop peu d’informations dessus. Mais c’était le lieu le plus susceptible d’être lié à la magie du sang, dont Andrea avait fait mention lors de l’une de leurs dernières entrevues. A vrai dire, même si elle avait découvert quelques éléments clés de l’île aidée par quelques lectures et l’internet moldu, elle demeurait persuadée qu’elle ne connaissait pas encore le quart des mystères que l’île abritait, et qui pourraient éclairer leurs recherches… « C’est un peu approximatif, mais le cimetière doit se trouver dans cette zone-là, dans les alentours de la forêt, tout à l’ouest. On y trouvera peut-être quelque chose. » conclut-elle en entourant un périmètre sur la carte. Elle avait tellement passé en revue ce plan, que l’appréhender dans le réel semblait intervenir dans une autre réalité… Interrogeant du regard l’ancien Serdaigle en attendant qu’il lui fasse part de ses intentions. Puis, après une courte hésitation, elle sortit de son sac l’étoffe soigneusement pliée, tissée en poils de démiguise. « On ne parle pas la langue d’ici, on devrait peut-être éviter d’attirer l’attention. J’ai ce qu’il faut si nécessaire. » Même s’il était encore un peu tôt pour se mettre en route, elle tenait à ce qu’il comprenne qu’elle prenait ce projet très à coeur, et qu’elle ne s’était pas embarquée dans ce projet sans savoir ce qu’elle faisait… Même si l’aventure qu’ils s’apprêtaient à partager était infiniment plus éloigné que tout ce qu’elle avait pu vivre en seize ans d’existence. « Tu te sens prêt ? » demanda-t-elle finalement, comme pour tenter de se rassurer elle-même. Avec toujours bien en mémoire les images frappantes qu’elle avait pu observer dans la pensine, c’était à la fois effrayant, et… assez grisant.

Emi Burton


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[Année 2023-2024] "No bird soars too high if he soars with his own wings." ♝ Andrea & Tracy (Haïti, Antilles)
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