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 And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy

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MessageSujet: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Jeu 8 Fév - 18:53

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

Tracy coinça le fil entre ses lèvres, tandis qu’elle insérait méticuleusement l’aiguille entre les fibres de tissu. L’ouvrage prenait forme, progressivement, laissant à peu près entrevoir quelle forme prendrait son travail une fois achevé, même si elle avait encore un certain nombre de retouches à réaliser et des motifs à broder. C’était une jolie robe, comme elle aurait voulu en porter, hélas consciente qu’elle ne le pourrait pas. Elle tenait néanmoins à présenter à Dan un résultat de qualité afin de lui montrer son investissement, et qu’ainsi il ne regrette pas de s’être tourné vers elle pour la réalisation de ses photos. Ses derniers jours, un rhume carabiné la maintenait isolée dans son dortoir, tandis que ses colocataires lui dressaient la liste des cours qu’elle devrait rattraper. Son esprit, trop embrumé par les maux de têtes qui allaient et venaient, n’était pas enclin à se plonger dans les recherches ambitieuses qu’elle menait, et son état ne lui permettait aucun contact avec l’extérieur ; elle se contentait donc de quelques coups d’oeil à la fenêtre, contemplant silencieusement d’un air admiratif la fine pellicule de neige qui s’étaient déposée, comme un voile satiné, sur l’herbe du parc, recouvrant les branches des arbres décharnés. L’hiver à Poudlard avait un charme indéniable, et elle appréciait tout particulièrement se parer de sa paire de cache-oreilles fourrés, assortis à ses bottines à pompoms, même si son père ne plaisantait pas avec les risques d’attraper froid. En attendant, elle profitait de ce moment d’hibernation imposé pour s’affairer à ses travaux de couture, réduisant ses allées et venues dans le château à ses seules rondes de surveillance imposées par son insigne, auxquelles elle ne pouvait déroger. Néanmoins, ses réserves de thé et de pimentine commençaient à se faire rares, et si Cissy ne manquait pas de lui en ramener lorsqu’elle en avait l’occasion, elle allait devoir descendre l’escalier elle-même, en priant pour n’avoir aucune remarque sur son teint livide et ses paupières légèrement plus violacées que d’ordinaire. Elle rangea dans son set de couture chacun de ses outils, et enfila un pull en cachemire noire à l’encolure en dentelle, par dessus une jupe blanche et des collants de laine, avant d’oser pousser la porte de son dortoir, entre deux éternuements. Elle descendit les escaliers, se contentant de hochements de tête polis pour répondre aux salutations, y compris celles des tableaux, et si la tentation d’échouer devant les flammes crépitant dans l’âtre de la salle commune pour tenter de se remettre à sa lecture des mythes anciens lui traversa l’esprit, elle se résolut à prendre la direction de l’infirmerie. Le matin même, elle avait fait une halte par la salle de bains des préfets pour y prendre un bain… dans lequel ses yeux s’étaient clos, alors qu’elle se laissait doucement sombrer dans l’eau. Ainsi assoupie, elle ne s’était pas éveillée immédiatement, et il avait fallu bien quelques secondes pour qu’elle reprenne conscience, et ne se redresse brusquement dans, toussant et recrachant l’eau qu’elle avait avalée par mégarde. Ça n'avait duré que quelques instants, mais les images qui lui étaient apparues au cours de ce songe furtif l’avaient déconcertée. La résurrection, ramener les morts parmi les vivants, le reflet de sa propre solitude tandis qu'elle errait parmi ceux qui, comme elle, cherchaient à se frayer un chemin dans l'impénétrable. Ces idées prenaient une forme inattendue que son imagination altérait probablement, sans qu’elle ne comprenne ce qu’elles voulaient lui dire. Elle était donc sortie de la baignoire, légèrement fébrile, tandis que la vapeur émanait encore de son corps, et qu’elle se rhabillait alors, préférant éviter un commentaire malvenu de Mimi Geignarde si cette dernière décidait de faire brusquement irruption dans la salle de bains.

Elle s’arrêta donc au troisième étage, et salua l’infirmier d’un ton cordial, qui lui demanda de bien vouloir patienter pendant qu’il prenait en charge deux secondes années, suite à un sortilège de furoncles particulièrement virulent qui avait mal tourné. Elle s’assit donc sur l’un des lits, dociles, consultant une brochure qui traînait là pour faire passer le temps plus que par réel intérêt, en attendant sa fiole de pimentine, avant de laisser son regard vagabonder dans l’infirmerie. Ses doigts, occupés à enrouler une mèche de cheveux entre ses doigts, s’arrêtèrent lorsqu’elle reconnut, un peu plus loin, la silhouette d’Elijah, adossé contre le dossier de l’un des lits. Elle se leva, soucieuse, légèrement embarrassée à l’idée de réduire la distance entre eux, et de prendre l’initiative de lui imposer sa présence. Ils n’avaient jamais été très proches, même à la maison, et le château était suffisamment grand pour qu’ils n’aient pas à se croiser régulièrement. Malgré tout, elle le regrettait, sans chercher pourtant à remédier à cette situation dans laquelle ils s’enracinaient, d’année en année. Jetant un oeil à l’infirmier, en pleine application d’un onguent aux couleurs orangées sur le visage de l’élève qui trépignait en geignant, elle traversa l’infirmerie, hésitante, avant de s’arrêter à quelques mètres de son demi-frère. Elle entrouvrit légèrement les lèvres, sans savoir quoi lui dire, examinant ses plaies : il saignait, même si l’hémorragie semblait avoir été stoppée par les premiers soins. « Salut… » commença-t-elle d’une voix timide, les yeux légèrement fuyants, tandis qu’elle manipulait un bouton de manchette. Concernant les rares interactions qu’elle avait avec lui, Candice étaient souvent présente, et se satisfaisait pleinement de mener la conversation à elle toute seule, au vu de leur faible participation. Elle s’assit, prudemment, comme si elle attendait son autorisation, avant de désigner du regard ses entailles. « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? » Elle ignorait s’il le lui livrerait si facilement. Il lui renvoyait sans cesse cette agaçante impression qu’elle n’était pas capable de le comprendre, et qu’en retour, il ne la comprenait pas. « Ça te fait mal… ? Est-ce qu’il faut que j’écrive aux parents ? » Naturellement, elle se doutait que la sensation devait être relativement désagréable, ce qui l’inquiétait d’autant plus. Mais s’il était nécessaire de prendre la plume à son père pour l’informer, elle le ferait sans tarder, même si elle était intimement persuadée qu’il refuserait catégoriquement. S’il consentait déjà à lui répondre, elle pourrait s’estimer heureuse… Tout avait toujours été si compliqué, dans l'équation qui régissait leurs rapports.

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MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Ven 9 Fév - 14:02


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

Les yeux du sorcier, encore vitreux, s'étaient rouverts après une petite sieste dans l'infirmerie. La grande salle d'un blanc éclatant et aux odeurs chloroformées n'avait jamais fait partie des endroits préférés du jeune sorcier qu'était Elijah, la vue des malades et autres blessés n'étant sans doute pour lui que synonyme de faiblesse. Et ce alors qu'il avait pourtant dû à de nombreuses reprises y passer, pour des raisons plus ou moins funestes qu'il ne souhaitait pas se remémorer outre mesure.

Pour quelle raison avait-il été cette fois obligé de profiter des inconfortables et sommaires lits présents ? Sa mémoire lui revenait progressivement alors qu'il se tirait doucement du sommeil. Un cours de métamorphose oui, de métamorphose humaine. Il fallait réussir à transformer une partie de sa peau en écailles, plumes ou poils. Exercice complexe s'il en est, nécessitant comme toujours en métamorphose, beaucoup de concentration, de contrôle et de précision dans l'exécution du sort, et qui avait occasionné bon nombre de difficultés dans la classe, plus éparse depuis le début de l'année scolaire. Les BUSEs avaient fait le tri entre les bons et les mauvais élèves, et depuis l'exigence du professeur n'avait cessé d'augmenter.

Elijah avait fait partie des premiers - si ce n'est même le premier - à réussir, réussissant à faire apparaître des écailles d'un bleu saphir, semblable à celui de ses yeux, le long de ses avant-bras. Et alors que d'autres rejoignaient la marche, avec des poils et plumes aux couleurs diverses, certains eurent la stupide idée de commencer à essayer de tirer ces nouveaux attributs afin d'en "tester la résistance", même si le but réel et digne du premier Troll venu était de faire mal, pour s'amuser. Habituellement à l'écart de ce genre de stupidité - l'arrogance et les talents magiques du Tiedoll maintenant les misérables à distance - il ne vit pas alors arriver un sortilège visant droit ses écailles, trop occupé à prendre des notes, plume en main. Violemment arraché, l'épiderme reptilien laissa de multiples et profondes plaies sur la peau du Serpentard, d'abord interloqué, puis dont le visage se tordit de douleur alors que l'hémorragie progressait.

Sans pour autant perdre connaissance, il avait alors très vite été amené à l'infirmerie par le professeur en présence, où les premiers soins lui furent administrés, calmant la perte de sang, néanmoins les blessures ayant été faites par magie et en plus sur un endroit initialement métamorphosé nécessitaient des soins plus poussés et à réaliser progressivement pour favoriser au mieux la cicatrisation. Pestant contre les deux idiots complètement attardés qui lui faisaient en plus perdre du temps et louper des cours, il avait fini par s'endormir, et donc se réveiller quelques temps plus tard. Sa robe de sorcier avait été soigneusement rangée sur la table de chevet, laissant apparaître l'habituel pull frappé d'un écusson de l'école, et dont les manches étaient restées relevées depuis le cours.

Autour de lui, les lits étaient majoritairement vides, fort heureusement, si on négligeait la présence d'un sorcier qui chouinait quelques mètres plus loin, et dont s'occupait l'infirmier. Il fut tiré de ses contemplations quelques minutes plus tard, par l'arrivée d'une sorcière au visage qu'il connaissait bien. C'était peut-être la seule chose qu'il connaissait vraiment d'elle, après avoir passé des années à la côtoyer sans perdre du temps à la connaître. Amelia semblait visiblement mal en point, Elijah prenant les poches sous les yeux ainsi que son teint blafard en témoin, mais visiblement rien de trop grave, la jeune femme étant encore capable de se déplacer.

Et même de lui adresser la parole de toute évidence. Habituée aux réponses laconiques du sorcier, la Serdaigle ne cherchait que rarement le contact. Mais était-ce son état de faiblesse manifeste qui lui faisait perdre ses habitudes, ou alors ressentir une mélancolie quant à l'absence de toute relation entre deux personnes qui devraient pourtant être si proche. Toujours est-il qu'Elijah ne pouvait esquiver la conversation, et lui répondit alors d'un soupir.

« Salut. »

A ce moment précis, le beau brun aurait eu pour habitude de filer, ou de se replonger dans un livre sans se soucier d'être malpoli. Néanmoins il n'avait aucune de ses échappatoires habituelles, et bien que l'idée de rester mutique lui ait très volontiers traversé l'esprit, il remarqua son regard fuyant ainsi que sa gêne, et comprit l'effort qu'elle faisait en ce moment précis pour tenter de briser la glace. Ainsi, il tenta d'afficher un visage un peu moins froid, sans pour autant - les habitudes ont la vie dure - réussir à se détacher de ses réponses brèves et dont le ton indiquait clairement qu'il ne souhaitait pas continuer la conversation.

« Rien. Deux idiots dont la cervelle doit être faite en Bandimon et qui ne trouvent rien de mieux à faire que de sécréter leur bêtise sur leur entourage. »

Un tantinet agacé par le souvenir encore vif dans son esprit il reprit.

« Oui, de toute évidence. Mais abstiens-toi cette peine par contre, il n'y a pas de raison de contacter les parents. L'infirmier s'occupe bien des patients par ici. »

Et alors que la tentation de se taire était grandissante auprès d'Elijah, il ne put se résoudre à laisser la jeune fille choir complètement, après l'effort qu'elle avait fait. Il se fit alors violence pour ne pas laisser le silence s'installer, et il se surprit alors à émettre de nouvelles paroles, presque compatissantes.

« Et toi alors ? Tu ne sembles pas en grande forme. D'habitude si souriante et pleine de vie, tu parais au fond du gouffre. Je remarque même que tu ne portes même pas ton uniforme, tu n'es pas allée en cours aujourd'hui ? »

EXORDIUM.
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MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Ven 9 Fév - 17:50

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

« Salut. » Elle se mordit la langue, un peu déconcertée par son ton peu engageant, auquel elle était pourtant accoutumée. Elle l’approchait avec autant de difficulté que si elle avait affaire à un animal, et le regrettait presque immédiatement par la suite, ayant toujours l’impression de le déranger… Elle ne faisait pas partie de sa vie, au fond. Il avait ses propres préoccupations, ses propres fréquentations, et il semblait suivre un chemin sur lequel elle n’était pas invitée à s’aventurer. Elijah était une énigme à ses yeux, et elle redoutait bien de ne pas être en mesure de la déchiffrer : il lui avait toujours renvoyé l’impression de ne l’accepter que parce qu’il l’y était obligé, que parce que sa mère et son père avaient fait ce choix de les réunir dans une seule et même maison, ils étaient contraints de s’y accoutumer, de s’habituer à la présence des uns et des autres et de composer avec. Elle se rassurait elle-même en se disant qu’il semblait tout aussi secret avec Candice, mais ne pouvait s’empêcher de jalouser quelque peu leur proximité fraternelle, même si elle demeurait peu marquée. Quelque part, elle avait espéré, plus jeune, que Poudlard saurait les rapprocher : ça n’avait pas été le cas. Le Choixpeau n’avait pas jugé bon de les rassembler sur base de leurs similitudes, et chacun semblait se contenter de son propre cercle de fréquentation… L’année passée, ils avaient pris sur eux pour briser ce silence, avant qu’elle ne soit découverte. Avant qu’il ne soit torturé, par sa faute. Elle déglutit, en se découvrant une soudaine fascination pour ses chaussures à cette dernière pensée. « Rien. Deux idiots dont la cervelle doit être faite en Bandimon et qui ne trouvent rien de mieux à faire que de sécréter leur bêtise sur leur entourage. » Elle releva la tête, perplexe. Son rôle de préfète lui avait permis de faire face à de nombreuses situations improbables, mais son demi-frère n’était pas d’ordinaire de ceux à qui l’on cherchait des noises. S’attardant sur ses plaies encore ouvertes, elle leva un sourcil en remarquant ce qui s’apparentait à de drôles d’écailles, en tout cas ce qu’il en restait puisque leurs brisures se mélangeaient à l’hémoglobine. « On t’a fait ça volontairement… ? » demanda-t-elle, sur la réserve, comme si cette simple question pouvait être perçue comme de la curiosité mal placée.

Peut-être aurait-il été bon qu’elle prenne une initiative, qu’elle le questionne sur l’identité des deux coupables, afin de décider d’une sanction ou de contacter leur directeur de maison. Mais avec Elijah, tout était à manipuler avec précaution, y compris chacun des mots qu’elle employait. « Oui, de toute évidence. Mais abstiens-toi cette peine par contre, il n'y a pas de raison de contacter les parents. L'infirmier s'occupe bien des patients par ici. » Elle pinça les lèvres, tandis qu’elle feignait d’être soudainement distraite parce les deux jeunes élèves qui se plaignaient, à l’entrée, de la cicatrisation de leurs pustules. Ne sachant trop que faire ou que lui suggérer, elle était dans l’embarras, face à lui, qui semblait avoir envie de se trouver n’importe où ailleurs plutôt qu’en face d’elle, la faisant se sentir à la fois impuissante et incompétente. « Je… très bien. Enfin Louise apprécierait peut-être d’être tenue au courant, même si tu es soigné. » Elle s’arrêta quelques secondes pour porter sa main à sa bouche tandis qu’elle était prise d’une quinte de toux. Lorsqu’elle reprit une respiration normale, elle se redressa, se racla discrètement la gorge afin d’éclaircir sa voix, et cligna des paupières en s’efforçant de lui sourire. « Enfin, on fera comme tu veux ! » Ça ne la dérangeait pas d’aller dans son sens, de dire noir s’il disait noir, de dire blanc s’il le trouvait judicieux. Peut-être serait-il bon d’en toucher un mot à Candice, à moins qu’il lui impose de ne pas le faire. Quelque part, elle nourrissait encore cet espoir secret qu’ils puissent agir ensemble comme un semblant de famille, ignorant ce froid polaire auxquels ils s’étaient acclimatés.

« Et toi alors ? Tu ne sembles pas en grande forme. D'habitude si souriante et pleine de vie, tu parais au fond du gouffre. Je remarque même que tu ne portes même pas ton uniforme, tu n'es pas allée en cours aujourd'hui ? » S’étonnant quelque peu qu’il s’enquisse de son état, elle baissa les yeux, en étirant ses commissures de lèvres de manière légèrement forcée, polie, à la fois heureuse qu’il lui prête attention, tout autant qu’elle n’aimait pas apparaître à lui en situation de vulnérabilité. Elle était d’ordinaire souriante parce que c’était ce qu’on attendait d’elle, elle était pleine de vie parce que les autres exigeaient qu’elle le soit. C’était ce qu’elle avait fait toute sa vie, après tout, s’adapter, obéissante, se complaisant dans l’ombre de ceux qui l’entouraient. Et il fallait qu’elle soit tombée malade, et qu’il se retrouve sérieusement amoché, pour qu’ils daignent se comporter comme deux personnes de la même famille. « Rien de grave, j’ai pris un peu froid. Et je ne voudrais pas rendre tout le monde malade en classe… Cissy s’occupe de m’apporter les cours que je manque, histoire que je ne prenne pas de retard sur les BUSEs, j’en profite pour faire un peu de couture. » Elle repassait les dernières semaines qu’elle avait en mémoire, avec l’espoir de trouver quelque chose de plus palpitant à raconter. Quelque chose qui la rendrait tout à coup intéressante à ses yeux, quelque chose qui lui vaudrait plus qu’un soupir de lassitude, qui le pousserait à réduire cet écart qui les maintenait à bonne distance. Quelque chose qui le ferait se sentir miraculeusement proche d’elle, plus qu’ils ne l’étaient d’ordinaire. « Mais je vais bien, vraiment très bien. Je commence à travailler sur la potion de régénération sanguine, avec le professeur Burgess. Et j’ai… j’ai réussi un Patronus corporel. » Elle se sentit tout à coup bien idiote. Qu’est-ce qu’elle attendait de lui, au juste ? Qu’il lui dise qu’il était fière d’elle, que ses efforts finissaient enfin par payer. C’était ridicule, ça n’arriverait jamais, elle le savait pertinemment. Il avait du, de son côté, parvenir à un résultat bien plus satisfaisant nettement avant elle, et trouverait cette tentative de se hisser à sa hauteur bien vaine. Elle sourit à nouveau, de manière trop figée pour ça paraisse naturel, tandis que ses doigts faisaient tourner sa baguette entre ses doigts. Elle ne voyait pas pourquoi il chercherait soudainement à la connaître, après tout. Ils se confortaient dans cette situation de silence depuis maintenant bien longtemps… « Et toi ? Comment tu vas ? On ne se croise pas beaucoup. » Naturellement, elle se gardait bien de souligner qu’ils ne se croisaient pas parce que c’était ce qu’ils préféraient faire. Elle posait la question aussi délicatement que si elle franchissait toutes les limites imposées par la discrétion en s’infiltrant dans son intimité, comme une voleuse. Elle se trouvait anormalement bavarde, plus qu’elle ne l’était d’ordinaire, ne sachant trop si c’était la nervosité à l’idée de faire un faux pas qui la poussait à se comporter de la sorte. En comparaison, tout était si simple avec Candice…

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MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Mar 13 Fév - 2:15


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Elijah & Tracy.

« Volontairement, oui et non. Je ne pense pas que des Trolls soient suffisamment futés pour attendre un tel objectif sciemment. »

Et alors qu'il s'apprêtait à prendre la parole pour l'empêcher formellement de prévenir sa mère, il fût rassuré en l'entendant abonder en son sens. Rassuré, mais perplexe malgré tout, Amelia ayant toujours eu cette fâcheuse tendance à s'effacer afin de faire plaisir aux autres, niant potentiellement sa propre personnalité. Néanmoins, il s'en contenta, préférant garder ses rares mésaventures pour lui afin de ne pas inquiéter quiconque, d'autant plus qu'il n'était pas inhabituel pour quiconque dans cette école de subir quelques accidents bénins au court de sa scolarité. Il garda ainsi une moue approbative, validant les propos de la sorcière, une moue qu'il tenta de garder malgré son naturel peu avenant, tout en écoutant la suite de son histoire. Il l'observa alors garder une réserve gênée, semblable à celle qui l'habitait en ce moment précis, se demandant quand est-ce que ce pénible moment allait s'arrêter. Elijah semait les fruits de la politesse qu'il avait planté, et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Néanmoins, il se surprit presque à trouver intéressantes les réponses mesurées de la jeune sorcière qui lui faisait face, et qui brisait avec la monotonie de l'espace. Car autour d'eux, rien ne semblait vouloir perturber la quiétude de l'infirmerie, et cette conversation s'avérait peut-être être la seule occupation valable jusqu'à sa guérison, qui ne saurait évidemment trop durer.

Les deux membres de cette famille recomposés, qui ne partageaient de ce fait aucun lien réel de sang, n'en partageaient peut-être même aucun tout court. Elijah, trop habitué à se fermer complètement à ce qui l'entoure, ne savait que peu de choses de la sorcière qui se tenait fébrilement face à lui. Seul son visage lui était familier, une bouille qu'il a connu très jeune et qu'il a vu grandir, mûrir et se transformer en cette jeune et jolie sorcière parfois trop influencée par les fortes personnalités qui l'entouraient, mais qui aujourd'hui n'était quoiqu'il arrive que l'ombre d'elle-même. A l'image peut-être du Serpentard, qui bien qu'il n'ait pas de miroir à se mettre sous la main devait certainement être bien pâle après avoir perdu tout ce sang, et après s'être réveillé de ce sommeil sans rêves. Son discours continuait doucement, de la couture disait-elle ? Elijah aurait presque pu être curieux de voir ses créations, mais ce sentiment aussi étrange que fugace n'atteignit jamais ses lèvres, et il accueillit ses paroles avec une nouvelle réponse. Laconique.

« Ah, c'est bien que tes amies t'aident à garder le fil. »

Elijah rendait tout trop compliqué pour qui que ce soit. Enfermé dans ses pensées et ses certitudes, il ne laissait aucune opportunité à quiconque pour franchir sa forteresse de solitude, bien trop occupé à fermenter sa passée turpitude. Néanmoins, du haut de cette tour d'ivoire qu'il chérissait tant, il entrapercevait cette jeune fille qui se tenait là, droite comme un i malgré son état de santé qui mériterait sans doute des soins quelques peu plus attentifs qu'elle ne le laissait percevoir, et il commençait à se demander quelles étaient ses raisons. Avant d'avoir l'occasion d'énoncer cette interrogation aussi raisonnable d'un point de vue logique qu'elle n'était déplacée en société, il vit dans le regard chocolat d'Amelia se dessiner une fierté qui cherchait reconnaissance et réponse. Toutes ces choses qu'il ne lui a jamais offert durant toutes ces années.

« Bravo Amelia. Je me souviens aussi de la fierté d'avoir réussi ce sort pour la première fois. C'était en quatrième année je crois ou était-ce plus tôt ? Je n'ai jamais été très bon avec les dates. Et que représente-t-il ? »

Et alors que son regard s'était brièvement perdu dans le vide à la recherche de ce souvenir déjà un peu éloigné, il fut tiré de ses rêveries par ses bras qui commençaient à le démanger. Le premier onguent qui lui avait été administré commençait à terminer son effet, et on le remarquait aisément aux écailles qui avaient complètement séché et menaçaient à présent de tomber d'un instant à l'autre. Mais bien qu'il ne pressentait aucun danger à manipuler ces éclats d'épiderme reptilien mort, il préférait attendre l'infirmier qui lui appliquerait certainement la suite du traitement sans tarder. Il se tourna alors de nouveau vers la sorcière.

« Tiens d'ailleurs, quel souvenir as-tu utilisé pour le faire apparaître tiens ? »

Une curiosité sans doute déplacée, et qu'il n'aurait sans doute pas dû formuler. Cependant il a fait preuve d'un moment de faiblesse, qui s'était éveillé au rappel de celui qu'il avait lui-même utilisé pour faire apparaître le sien. Un souvenir de son enfance, auprès de son père. A cette mémoire il serra les poings, sans mot dire, tout en écoutant la réponse de sa sœur, qui s'enquit alors de son propre état.

« Je vais bien mais, attends. »

Il libéra un espace sur sa couchette aussi inconfortable que laide, afin de laisser à la sorcière un peu de place pour s'y asseoir.

« Tu m'attristes à rester debout comme ça. Tu es déjà bien assez faible. »

La laissant s'exécuter, il reprit alors d'une voix toujours aussi monocorde et dépourvue de chaleur. Malgré toutes ses attentions manifestées, il n'arrivait pas à se défaire de son antipathie latente. Et elle se manifesta d'ailleurs dans ses propos, criants d'honnêteté mais terriblement déplacés.

« Oui, effectivement, on ne se croise que peu. C'est volontaire tu le sais bien depuis le temps. Je ne perds pas de temps à bavasser. Et je suis d'ailleurs étonné que tu sois là en ce moment même. As-tu quelque chose de particulier à me dire pour briser ce respectueux silence qui nous a toujours convenu jusque là ? »

Enfin, qui lui a toujours convenu tout du moins.

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MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Mar 13 Fév - 15:45

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« Volontairement, oui et non. Je ne pense pas que des Trolls soient suffisamment futés pour attendre un tel objectif sciemment. » Elle se contenta de hocher la tête, avec une extrême prudence, comme si le moindre mot de travers pouvait la compromettre, fissurer le fragile équilibre qui comment à s’instaurer après quelques secondes de conversation purement formelle. Ces instants étaient si rares qu’elle avait cette sensation coupable de les dérober, comme s’ils ne lui appartenaient pas réellement, qu’elle n’avait pas la légitimité d’y prétendre. Après tout, leur relation fraternelle était presque inexistante, contrairement à celle qui l’unissait à Candice… Ce pourquoi elle avait l’impression de tout ignorer de lui. Ses habitudes au château, ses affinités, si ce n’était qu’elle l’avait vu au bras de Rosenberg pendant un temps… Elijah ne se confiait pas beaucoup, et la retenue l’empêchait de l’interroger plus que de mesure. A la maison, elle se contentait d’observer machinalement quelques détails de son comportement, comme pour faire connaissance avec cet étranger sans échanger le moindre mot, participant aux tâches ménagères sans qu’ils ne tentent un pas vers l’autre. A nouveau, elle étudia les lésions morcelées d’écailles qui lui striaient le bras, avec un mélange de dégoût et de curiosité, ne pouvant s’empêcher de se demander quelle était l’incantation qui avait pu déclencher une telle réaction. Elle chercha quelque chose à répondre, sans trouver toutefois, tandis qu’elle se retournait pour voir où en était l’infirmier, toujours concentré sur sa délicate tâche consistant à rendre au visage boursoufflé de ces adolescents leur apparence d’origine. Manifestement, il en aurait pour un certain temps avant de pouvoir accorder le sien à son demi-frère, et qu’elle n’obtienne ses gouttes de pimentine… Elle étouffa un toussotement, tout en s’efforçant de demeurer parfaitement sereine, sans ne rien laisser entrevoir de son agitation intérieure. « Ah, c'est bien que tes amies t'aident à garder le fil. » Elle le fixa, un brin certaine, toujours crispée. Oui, c’était « bien ». Sûrement, quoique le ton presque mécanique avec lequel il l’affirmait l’amenait à se demander s’il le pensait réellement, ou s’il ne cherchait qu’à lui dire ce qu’elle voulait entendre pour ensuite se débarrasser d’elle, en la ménageant suffisamment pour se donner bonne conscience. Quoi qu’il en soit, puisque leur échange demeurait cordial et qu’il n’y mettait pas fin prématurément, elle se décida à poursuivre, l’air de rien… « Elles sont formidables. Quelqu’un s’occupe de t’apporter ce qu’il faut… ? » l’interrogea-t-elle, espérant qu’il ne considèrerait pas comme trop intrusive cette question. Si elle n’avait pas été tellement elle-même infirme, elle aurait pu faire le nécessaire pour rassembler ses devoirs, ou lui ramener de quoi déjeuner… Mais quand bien même, elle préférait que ce ne soit pas le cas. Cela deviendrait tellement étrange, de bouleverser leurs habitudes... n'est-ce pas ?

Et voilà qu’il se mettait à la questionner à son tour, d’un ton presque inquisiteur, et qu’elle lui apportait les réponses les plus maladroites qu’elle était en mesure de lui fournir. Elle se mordit l’intérieur des joues, tandis qu’elle prenait une nouvelle inspiration. « Bravo Amelia. Je me souviens aussi de la fierté d'avoir réussi ce sort pour la première fois. C'était en quatrième année je crois ou était-ce plus tôt ? Je n'ai jamais été très bon avec les dates. Et que représente-t-il ? » Elle empêcha son visage de se décomposer, alors que la sensation de ne pas être à la hauteur s’immisçait en elle à nouveau. A jamais à ses yeux, elle était destinée à n’être que cette petite fille impressionnable, qui tenait encore la main de son père au moment où elle découvrait cette nouvelle famille, ce garçon plus âgé qu’elle, à la fois brillant et maître de lui-même, déjà tout jeune. « Pas en public… s’il te plait. » murmura-t-elle, un peu honteuse. Amelia était endormie. A Poudlard, elle avait emprunté à Tracy cette nouvelle identité qu’elle avait façonnée de toutes pièces, mais son demi-frère ne s’y accoutumait pas, comme s’il cherchait à lui rappeler que derrière ces airs qu’elle se donnait, elle restait la même qu’à la maison. Frêle. Lorsqu’elle se comparait à lui, c’était le premier mot qui lui venait en tête… « Un Occamy. Je… ne savais pas que tu avais fait apparaître le tien, tu ne nous as jamais raconté. Ni comment il est. » Tout comme il avait dit : plus tôt. Elle aurait beau s’exercer autant qu’elle le souhaitait, jamais elle ne saurait ne faire naître un soupçon de reconnaissance de sa part, puisqu’il était déjà si talentueux… Elle l’avait su très tôt, avant même d’entrer à Poudlard, alors qu’il n’était que le seul des trois à avoir reçu sa lettre. Par l’assurance qui transparaissait dans son regard et qui trahissait cette confiance en lui, par la résignation avec laquelle il acceptait son changement radical de vie. « Tiens d'ailleurs, quel souvenir as-tu utilisé pour le faire apparaître tiens ? » La question la laissa pantoise, elle ne s’y était pas réellement préparée. Et elle ne s’était encore moins attendu à ce qu’il la lui pose… en quoi ses souvenirs l’intéressaient, après avoir passé des années à ignorer presque tout de leurs occupations, à se contenter d’amasser le strict nécessaire d’informations pour un cadeau de Noël ou pour se montrer cordial ? « De vieux souvenirs de famille. C’est… très anecdotique. » Ce n’était qu’un demi-mensonge. Il y figurait. Lui seul, sans Candice… Elle l’avait pioché dans sa mémoire, comme ça, presque d’une main hasardeuse, ce rare moment de partage, où même dans le silence, elle s’était sentie, pour la première fois, proche de lui. Mais le sortilège avait fonctionné dès la première formulation… Et elle n’était pas sûre d’assumer ce choix auprès de lui. Lui, il ne le comprendrait pas.

« Je vais bien mais, attends. Tu m'attristes à rester debout comme ça. Tu es déjà bien assez faible. » Cette soudaine bienveillance dont il faisait preuve à son égard la touchait, intérieurement, si bien qu’elle obéit après quelques instants d’hésitation, elle s’assit à ses côtés. Toutefois, à une certaine distance de lui, puisque sa toux ne la lâchait pas. Qui plus était, ils partageaient si peu de choses qu’elle s’en serait voulu de le contaminer pour ensuite creuser l’écart entre eux… Elle déposa ses mains sur ses genoux, tandis qu’elle étirait à nouveau son sourire, et que le temps d’un instant, elle voyait en lui ce grand frère qu’elle n’avait jamais trouvé. « Tout va bien aussi, je t’assure. Je suis presque en pleine forme. Contrairement à toi qui… qui… as l’épiderme recouvert d’écailles. » répondit-elle en jetant un oeil à l’endroit infecté, s’efforçant de ne rien laisser transparaître de sa réticence vis à vis d’une telle plaie. Elle avait parcouru quelques ouvrages de médicomagie, et avait une vague idée de la manière dont ce genre de plaie étaient traitées, mais pour rien au monde elle n’aurait eu l’audace de tenter l’expérience sur Elijah… « Oui, effectivement, on ne se croise que peu. C'est volontaire tu le sais bien depuis le temps. Je ne perds pas de temps à bavasser. Et je suis d'ailleurs étonné que tu sois là en ce moment même. As-tu quelque chose de particulier à me dire pour briser ce respectueux silence qui nous a toujours convenu jusque là ? » Si le début de leur échange se déroulait bien, sans accroc, cette dernière réplique la laissa déconfite, à la limite de la stupéfaction. Son demi-frère jouait les cartes sur table, et il était évident qu’elle n’était pas à l’aise avec cette trop grande franchise, trop habituée à se camoufler derrière les faux semblants, les jolis masques bien décorés. Ils percevaient ainsi la relation qui les unissait de la même manière, mais pour autant, il y avait quelque chose de profondément blessant à entendre ces mots de sa bouche : ça rendait l’écart qui les séparait plus réel, sans qu’il n’existe de remède pour y pallier. « Je n’ai rien de particulier à dire, non. » répondit-elle simplement, d’un ton de voix presque étranglé, toujours secouée par cette brusque honnêteté. Elle replaça quelques mèches de cheveux derrière son oreille, contrariée, sans savoir toutefois pourquoi, avant de le dévisager, comme si elle espérait de sa part une réaction. Qu’il réagisse, bon sang ! Elle détestait cette position de vulnérabilité dans laquelle il la mettait, sans même se rendre compte… Andrea avait lui aussi cette fâcheuse tendance, mais au moins la décence de ne rien en laisser paraître au cours de leurs conversations, préférant entretenir l’image qu’ils souhaitaient donner, ne serait-ce qu’auprès d’eux-mêmes. Elle ouvrit la bouche à nouveau, pour reprendre la parole, sans qu’aucun mot ne lui vienne. Elle avait envie de le secouer, de lui dire de se rendre compte qu’elle existait. Qu’elle ne pouvait supporter d’être une simple passagère dans cette existence qu’il souhait vouer à des projets manifestement plus ambitieux et prometteurs que celui de nouer une relation avec elle. Qu’il semble lui préférer le monde entier, leur soeur, Rosenberg, et toutes ces personnes qui parvenaient à obtenir son attention. « Peut-être que pour une fois, ça ne me convenait plus. Mais naturellement, je m’en voudrais de te faire perdre ton temps si précieux. Je suis ravie de constater que tout aille si bien pour toi. » persiffla-t-elle, plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu, alors qu’elle continuait de laisser transparaître un enthousiasme trop faux pour être réel sur son visage, ses commissures de lèvres étirées, figées. Intérieurement, elle avait envie de hurler. Mais elle continuait d’exercer un contrôle suffisant sur elle-même pour que ça n’advienne jamais… pour ne pas rompre définitivement tout espoir de le voir un jour s’extirper de cette forteresse de solitude qu’il avait lui-même bâtie.

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MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Mer 14 Fév - 2:36


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« Me rapporter ce qu'il faut ? Oh, je demanderai bien à quelqu'un. Dans le pire des cas je rattraperai, je n'ai pas loupé grand chose. »

Il n'avait jamais eu besoin d'aide pour récupérer les leçons, aussi compliquées fussent-elles. De manière générale, tout était déjà bien expliqué dans les manuels scolaires préconisés par les professeurs, sans parler même des innombrables livres de la bibliothèque. Quant à la pratique ne lui avait jamais vraiment fait défaut. Ainsi il ne se servait des cours que pour poser les questions qui pourraient parfois le déranger, ou surtout approfondir des points qui l'intriguaient. Il ne s'était donc jamais vraiment posé la question, et s'étonnait que cette dernière ait été posée par la jeune fille. Leurs habitudes n'étaient décidément pas du tout semblables, là où la solitude et l'isolement d'Elijah ne lui avait jamais laissé imaginer un instant la possibilité de s'appuyer sur quelqu'un afin de subvenir à ce genre d’événements imprévus. Il fut tiré de cette rêverie dictée par ces réflexion, via une remarque qui déplût fortement au jeune homme. Il n'avait jamais vraiment compris les raisons de cette mascarade qu'elle s'évertuait à maintenir depuis toutes ces années, et c'est ainsi avec un agacement manifeste qu'il reprit la parole.

« Et pourquoi ? C'est encore ton prénom à ce que je sache. Tu ne peux pas me mentir à moi tu le sais. »

Mais il n'insista guère. Dans ses souvenirs ça ne devait pas être la première fois qu'il lui faisait la remarque. Pas pour autant que ça ait changé quoi que ce soit. Il reprit alors le fil de la conversation, non sans lui adresser un regard désapprobateur. Ce genre de regard qu'il n'avait jamais eu l'habitude de faire jusque là, trop occupé à se mêler de ses propres affaires. Ce genre de regard qu'il n'était même pas en position de faire après ces multiples années de mutisme prolongé. Il s'en était octroyé le droit sans raison aucune, et pensait pouvoir distiller ses leçons de morale à une personne qu'il ne connaissait pas. Il soupira, tout en lui répondant à nouveau, reprenant son ton neutre, fade et désintéressé.

« Moi ? C'est un loup. Et il est apparu parce que je l'ai souhaité tout simplement. Rien d'extraordinaire tu sais. Pas la peine d'en faire une histoire. »

Qu'importe que la réalisation d'un tel acte de magie soit exceptionnel pour un sorcier de cet âge, pour Elijah ce n'était qu'une formalité. Une épreuve de plus à surmonter, parmi les autres. Quelque chose qui n'avait pas besoin d'être explicité pour la simple et bonne raison qu'il ne pouvait en être autrement. Et par cette remarque aussi anodine qu'elle puisse être à ses yeux, il dénota de nouveau une forme de mépris inconscient pour la jeune femme qui se tenait devant lui, pourtant si fière.
Il s'étonna néanmoins de son mutisme soudain quant au souvenir auquel elle avait fait appel. Ce comportement lui rappelait ses propres esquives, et il se demandait alors avec une avidité étrange et inhabituelle pourquoi elle prenait la peine d'éluder à ce point le sujet. Qu'avait-elle donc à cacher ? Etait-ce aussi honteux que le sien ? Il ne put s'empêcher d'essayer d'insister, laissant cependant sa phrase en suspend.

« Vieux souvenirs de famille tu dis ? Et... J-Je, enfin, non très bien. D'accord. »

La question revenait à nouveau dans son esprit, qui était-il pour s'immiscer à ce point dans son intimité ? Avait-il sincèrement pensé acquérir les droits d'un "grand frère" après une discussion aussi sommaire ? Ses attentions actuelles, même si elles étaient louables, n'étaient qu'un ersatz futile de ce que se devait être une relation entre deux personnes comme eux. Il la regarda alors répondre à son invitation aussi étonnante que soudaine, et put ainsi remarquer avec encore un peu plus de précision le visage de la jeune fille, toujours aussi charmant bien que marqué par les discrets stigmates de la maladie qui lui prenait le corps. Il ne dit rien quant elle lui fit de nouveau remarquer ses bras couverts d'écailles mortes et brisées, qui commençaient de plus en plus à le démanger. Le simple fait de bouger ses bras faisaient tomber les plus petites et les plus fragiles sur les draps, et afin de ne susciter aucune gêne particulière à la sorcière qui ne méritait guère d'être le témoin d'un spectacle si lamentable, il éloigna ses deux avants bras le plus possible de l'endroit où s'était installée Amelia.

Cette dernière d'ailleurs, alors qu'elle l'avait déjà surpris par l'initiative dont elle avait fait preuve jusqu'ici, le rendit de nouveau pantois quand elle s'offusqua de la réplique d'Elijah. Celui-ci n'était guère coutumier des us sociaux, et avait depuis toujours pris l'habitude de faire preuve d'une honnêteté quasiment infaillible, rendant ses paroles souvent démunies de tact, concept qu'il n'avait jamais vraiment cherché à comprendre. Ce qu'il comprit par contre, était cette étrange douleur qu'il ressentit en entendant la voix de la jeune fille s'étrangler doucement, avant de s'envenimer d'un poison de sarcasme auquel elle ne l'avait jamais habitué, en comptant les rares fois où ils s'étaient adressés la parole, où les plus nombreuses fois où il l'avait entendue dans les couloirs du château, ou dans la grande salle. Cette forme de douleur n'était pas quelque chose qu'il avait souvent rencontré auparavant. Etait-ce une nouvelle forme de culpabilité ? Le jeune homme ne comprenait pas vraiment ce ressentit, et n'arrivait donc pas à le gérer. Il répondit alors de la même manière qu'il l'aurait fait face à une telle remarque, aussi acérée soit-elle.

« Oui. Tout va très bien. Mais visiblement ce n'est pas ton cas. Alors si tu as quelque chose à me dire, je t'en prie vas-y. Ne perdons pas plus de mon précieux temps. Et si ça ne me concerne pas, hé bien... Je t'en prie. »

Il lui indiqua la porte d'un regard agacé qui accompagna un mouvement de tête. Qu'importe qu'elle n'ait pas reçu son traitement, Elijah ne supportait pas les faux-semblants. Et si elle souhaitait tourner autour du pot il n'était pas son homme. Ainsi, il resta mutique, prêt à écouter. Ou à oublier cette conversation jusque là sans réel intérêt.

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MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Jeu 15 Fév - 3:05

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« Me rapporter ce qu'il faut ? Oh, je demanderai bien à quelqu'un. Dans le pire des cas je rattraperai, je n'ai pas loupé grand chose. » A nouveau, elle se sentait impuissante, et inutile. Incapable de lui apporter quoi que ce soit, et elle se surprit à songer qu’elle quitterait sans doute ce monde sans avoir laissé la moindre emprunte de son existence dans la sienne, comme s’ils ne s’étaient que brièvement croisés au carrefour de leur adolescence, forcés de cohabiter par obéissance envers leurs parents. Peut-être aurait-elle du se proposer, déclarer qu’elle était tout à fait apte à demander aux sixièmes années qu’elle connaissait quelques notes de cours, mais elle demeura étrangement muette. Curieusement, elle préférait se garder de lui témoigner son entière dévotion, comme si la lui faire connaître la rendait encore plus vulnérable. Il avait ce pouvoir de rendre sa volonté flexible, de la faire douter, à la fois de lui, d’elle-même, de ses propres intentions. De lui faire sentir combien elle avait besoin d’un grand frère à ses côtés alors qu’elle s’était pourtant parfaitement accommodée de son absence, par habitude, n’ayant pas l’audace de réclamer plus d’attention qu’il ne daignait lui en accorder. Elle n’était pas Candice, qui se complaisait à sa place, au centre des regards, dans ce rôle de soeur qu’elle revêtait comme un gant, comme un droit naturellement acquis. Même envers elle, l’étrangère, elle qui n’était pas une Tiedoll. « Et pourquoi ? C'est encore ton prénom à ce que je sache. Tu ne peux pas me mentir à moi tu le sais. » Elle se mordilla la lèvre inférieure comme une enfant prise en faute, cherchant à s’extirper de cette voie qu’il la contraignait à emprunter. Si, malheureusement, elle le pouvait. Il avait toujours su cette vérité concernant son statut sanguin, et avait fait le choix de ne rien dire, méritant ainsi de sa part une confiance qu’elle aurait voulu être capable de lui accorder pleinement. C’était, bien sûr, sans compter le serment, l’échange des promesses en contrepartie duquel elle avait promis sa propre vie. Elle se souvenait d’avoir hésité, le concernant, lorsque Andrea avait listé leurs potentiels enchaîneurs, puis elle s’était ravisée, convaincue qu’il ne comprendrait pas ses motivations. « C’est tout simplement plus pratique de laisser ces histoires-là à la maison. » Être Tracy rendait tout plus facile. Devenir quelqu’un d’autre était une chance inespérée de sortir la tête de l’eau. Elle l’avait adopté dès son entrée à Poudlard, l’avait revêtu comme on enfile un costume, et ses premières amitiés en étaient nées, tandis qu’elle se faisait, petit à petit, une place dans ce monde trop vaste pour elle. Comment l’expliquer néanmoins à Elijah, qui de sa hauteur, ne semblait encore ne voir qu’en elle que la petite fille docile qui le scrutait, dans l’ombre, avec une lueur d’admiration dans les prunelles.

« Moi ? C'est un loup. Et il est apparu parce que je l'ai souhaité tout simplement. Rien d'extraordinaire tu sais. Pas la peine d'en faire une histoire. » Un loup. Elle nota mentalement cette information, comme pour la rajouter au portrait qu’elle dressait de lui, songeant aux écrits qu’elle avait pu lire à ce sujet. Rien qui ne puisse l’aider à transpercer cette carapace, tout du moins. Il l’avait souhaité, tout simplement… elle ne put s’empêcher de se sentir légèrement envieuse. Il était talentueux, c’était un fait. Elle ne l’avait jamais vu se heurter à la moindre difficulté, peut-être également pour la raison que ce qu’il lui avait laissé entrevoir de sa vie n’était qu’un échantillon. En comparaison, elle avait l’impression d’avoir travaillé d’arrache-pied, d’avoir du fournir des efforts plus rigoureux pour parvenir au même résultat que lui. Sur ce point, sur lequel elle se sentait plus proche de lui que de Candice, elle ne parvenait pas non plus à se hisser à sa hauteur… Andrea avait probablement raison à son sujet. « Non, je n’en fais pas toute une histoire, ce n’est… Enfin, je ne m’étonne pas, surtout de tes performances, tu as toujours été très doué. J’imagine que les recruteurs vont affluer à la fin de ta septième année pour te proposer des stages à chaque branche du ministère. » Elle le pensait réellement, même si elle éprouvait certains regrets à l’idée de se dire qu’il quitterait le domicile familial, seul nid qui les rattachait encore, sans qu’ils ne soient parvenus à tisser une véritable relation. Il était évident qu’une fois qu’il aurait pris son envol, leurs contacts ne demeureraient que très restreints, plus rares encore qu’ils ne l’étaient aujourd’hui. « Vieux souvenirs de famille tu dis ? Et... J-Je, enfin, non très bien. D'accord. » Elle s’étonna de remarquer qu’il semblait, lui aussi, pris au dépourvu. Avait-elle formulé quelque chose qui pouvait donner lieu à une mauvaise interprétation ? Elle craignait, effectivement, que ce ne soit le cas. En lui révélant qu’elle accordait effectivement autant d’importance à ces liens pourtant inexistants, elle se révélait à lui encore en position de faiblesse, ce qui ne l’enchantait guère. « Ça m’est venu à l’esprit comme ça tu sais… » Et à nouveau, elle éprouvait cette curieuse nécessité de se justifier, comme pour appuyer sur le fait qu’elle n’avait pas choisi délibérément de lui confier ce rôle, dont il ne voulait d’ailleurs certainement pas.

« Oui. Tout va très bien. Mais visiblement ce n'est pas ton cas. Alors si tu as quelque chose à me dire, je t'en prie vas-y. Ne perdons pas plus de mon précieux temps. Et si ça ne me concerne pas, hé bien... Je t'en prie. » Elle tressaillit, très légèrement, assommée par le violent coup donné par ses paroles assassines. Le temps d’un instant, elle hésita à se soumettre à son ordre sans discuter, et se diriger vers la porte sans ne rien ajouter, consciente qu’elle aurait tout le reste de la journée pour revenir chercher son échantillon de pimentine. Pourtant, elle ne bougea pas, et demeura ainsi immobile, à le toiser, presque aussi défiante qu’elle n’était paralysée par l’émotion. La peur de le décevoir, la colère de le sentir aussi impassible, alors qu’elle bouillonnait de l’intérieur, qu’il la forçait à se mettre à nu, déchirant ce masque derrière lequel elle se dissimulait. Et alors qu’il s’adressait à elle dans un ton gonflé de prétention, elle éprouvait pourtant cette envie contradictoire de se dresser contre lui… « Comment tu le saurais, si ça n’allait pas ? Tu es constamment ailleurs, Elijah. » répliqua-t-elle d’un ton un brin réprobateur, la voix mal assurée, avant de rajouter, d’une voix plus douce. « Tu es insondable. » Elle avait tenté la voie de la sincérité, sans savoir si c’était la bonne, avec l’impression désagréable de s’enfoncer, peu à peu. Peut-être aurait-elle mieux fait de se laisser tenter par la voie de la facilité, et de fuir lorsqu’il lui en offrait l’opportunité… Pourtant, quelque chose, en son for intérieur, la poussait à vouloir rattraper ce qui n’était peut-être pas encore définitivement enterré entre eux : l’espoir de construire un jour quelque chose. « Je ne t’en tiens pas rigueur ! J’imagine… qu’on fait ce qu’on peut. Chacun de notre côté. Et puisque ça fonctionne, autant s’en contenter. Je n’ai pas envie de m’imposer, et tu as l’air de merveilleusement bien t’en sortir, après tout. » A nouveau, elle vacillait, incertaine, sur la défensive, cassante malgré elle. Elle était sur la corde raide, parce qu’il l’y poussait, et cette position instable l’inconfortait. Les faux semblants, les doubles jeux, avaient au moins pour mérite de la mettre à l’abri, mais a priori, elle cherchait manifestement à la mettre à l’épreuve. Elle inspira donc, avant de lui poser cette question qu’elle n’avait pourtant jamais osé lui poser, en un an. « Mais dans ce cas, pourquoi t’être fait punir à cause de moi… ? » Il voulait qu’elle lui dise les choses ? Il avait gagné. A présent, les cartes étaient entre ses mains, et elle se surprenait à espérer qu’il ne mette pas fin prématurément à cette conversation, qui pourtant ne la mettait pas son aise. La vérité, rien que la vérité.

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MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Sam 17 Fév - 11:20


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Elijah & Tracy.

Ses yeux roulèrent dans ses orbites, témoins de son exaspération lorsqu'elle tenta de nouveau de le raisonner quant à la manière de la nommer. Pourquoi s'était-elle déjà donné tant de mal à cacher ce nom, cette identité qui était pourtant la sienne. Soupirant, alors que ses iris azurés frappèrent de nouveau les siens pointé par la sévérité d'un grand frère qu'il n'avait jamais été, il se surprit à laisser échapper cette frustration un peu trop manifestement qu'il n'en avait l'habitude par ses faits et gestes. Sa voix elle, fut un peu plus sereine, mais ne manqua pas d'être pointée d'une touche d'agacement.

« Qu'est-ce qui est plus pratique de garder à la maison ? Ton identité ? Ta personnalité ? Toi ? Tu es qui tu es Amelia, et ce n'est pas en prenant le nom d'une autre personne que cela changera quoi que ce soit pour moi. Ce n'est ni ton sang ni un nom qui prouve ta valeur, mais uniquement tes actes. Et te cacher, te mentir à toi ainsi qu'aux autres de cette manière n'est clairement pas quelque chose de louable. Et ne compte donc pas sur moi pour t'encourager dans cette voie. »

Il n'était pas impossible que la jeune fille ait ses raisons ait des raisons tout à fait valable de se terrer ainsi derrière un masque de faux-semblants. Des raisons qu'Elijah un sorcier qui dans un monde souvent sectaire et laissant libre court aux privilèges des mieux nés ne voyait pas forcément toutes les difficultés que pouvait ressentir chaque être qui le peuplait. Néanmoins, de par ses principes qu'il suivait avec une régularité digne d'un coucou suisse, il ne pouvait se laisser aller à ce genre de bassesses, et bien qu'il ne soit guère la personne la mieux placée pour dicter n'importe quel conseil à la Serdaigle qui se tenait devant lui et se comportait comme une petite fille honteuse et prise sur le fait d'une bêtise qu'elle aurait commis. Pourquoi donc s'obstinait-il à lui faire la leçon ? Cela n'avait jamais été le rôle qu'il avait choisi, et rien n'avait changé aujourd'hui pour que cela le devienne.

Tout ceci lui revenait régulièrement à l'esprit alors qu'ils discutaient de leurs patronus respectifs, Amelia semblant toujours s'enquérir de son état par cette voix inquiète, ces regards concernés. Alors qu'Elijah restait toujours aussi détaché et honnête, complètement honnête, le comportement de sa soeur l'intriguait quelque peu. Pourquoi prenait-elle donc autant de pincettes avec lui ? Bien qu'il ne rende pas la discussion simple à mener, le Serpentard ne demandait guère à quiconque de faire preuve d'autant de prévenance. Il acquiesça sans un mot alors qu'elle lui évoquait ses potentielles opportunités à la sortie de l'école, qui ne manqueraient évidemment pas. Le jeune homme reprit alors la parole d'une voix assurée où s'y mêlait déjà une forme de fierté.

« J'ai déjà pris contact avec divers branches du ministère et où mon dossier intéressait quelques départements de renom. En espérant qu'ils permettent d'exploiter pleinement mes capacités. Bien qu'il n'y ait sans doute qu'un seul et unique poste qui le permette vraiment... »

Songeur face à ces ambitions à moitié voilées, il avait laissé exprimer une partie de son arrogance, trait qu'il avait acquis malgré lui au court de ses nombreuses années où s'étaient enchaînés les réussites sans réelle difficulté, si ce n'est des événements sur lesquels il n'avait plus aucun contrôle. Il songea alors à l'année dernière, funeste et lamentable spectacle où la déchéance de certains sorciers aveuglés par des idéologies stupides avait conduit le château au chaos le plus complet.

Une fois de plus la sorcière se justifiait. Qu'avait-elle à dire sur ce souvenir qu'elle ne souhaitait pas évoquer ? Le sien revenait à nouveau dans son esprit violemment alors qu'il se rappelait du jour où il avait conquis le sortilège du Patronus. Trouver un souvenir heureux n'avait guère été une mince affaire. Et bien qu'il ait très aisément maîtrisé formule et gestuelle, seul ce point avait pendant un temps pêché. S'appuyant sur les souvenirs qu'il avait forgé depuis le départ de son géniteur, il n'avait pas réussi à trouver un réel moment de bonheur. Bien que ses moments avec Octavia aient été tout à fait plaisants et joyeux, ils n'avaient pas été assez forts. Les repas de familles qui bien que point d'accroche traditionnel du bonheur pour la majorité des sorciers n'avaient guère fait effet chez Elijah qui les considérait comme des désagréables obligations. Non, à son grand dam, ce fut seulement en se rappelant les moments où son père l'avait saisi dans ses bras, amusé, choyé qu'il réussit enfin à apparaître ce loup qui le narguait. La présence de ce monstre l'hanterait-il pour toujours ? Dégoûté, il n'avait quasiment plus fait appel à ce sort depuis, mis à part aux BUSEs, lui accordant ainsi la note maximale en épreuve pratique de Défense.

« Tu n'as pas besoin de te justifier... Enfin, j'imagine que le souvenir auquel tu as dû faire appel était très fort. Mais tu n'es pas obligée d'en parler. Tu as l'air gênée à cette idée. »

Elijah l'était aussi, mais l'éludait, protégeant son propre secret le seul sans doute en tentant de faire preuve de considération vis à vis de la jeune femme. Dès que cela concernait son père tout devenait encore plus imperméable chez le sorcier, et il se laissait aller d'autant plus aisément à la manipulation qu'il ne le faisait déjà en temps normal afin d'éviter d'évoquer le sujet. Il n'était pas nécessaire de raviver ses plaies.

Ses plaies d'ailleurs, commençaient réellement à le démanger. Pourquoi l'infirmier était si long ? Observant un peu ses bras dont les lacérations initiales commençaient à laisser place à des croûtes disgracieuses, il guettait son arrivée d'un regard alors qu'Amelia elle le fixait, sonnée. Ses paroles avaient dû faire chez elle l'effet d'un coup de massue. C'était volontaire. La discussion prenait une tournure agaçante. Il ne souhaitait pas tourner autour du pot, quel qu'il soit et n'avait donc pas hésité à dégainer le premier. Et tant mieux si elle s'en allait, cela lui éviterait de se fatiguer en menant une conversation qu'ils auraient certainement dû avoir il y a des années et qui n'avait jusque là jamais eu lieu.

« Ne me sous-estime pas Amelia. Je sais plus de choses que tu ne le crois. Je suis sans doute insondable, mais toi même derrière ce joli sourire qui est le tien tu ne l'es pas. »

Elle le surprenait. Sa jeune "soeur" n'avait pas pris la fuite comme il s'y attendait, elle le toisait contenant ses ressentis, mais s'exprimant avec une sincérité qu'il n'avait que rarement entendu chez elle. Il lui avait dès lors répondu avec cette même franchise qui était la sienne, et qu'importe si les paroles qu'il exprimait pouvaient être blessantes. La vérité l'était. Elle n'était jamais aussi douce qu'un beau mensonge créé dans l'espoir de faire plaisir à son interlocuteur.

« Oui, je m'en sors bien. Certainement mieux que quiconque ou presque dans ce château. Et ce loin des autres. De ces autres qui n'hésitent pas à profiter de tes faiblesses. A t'écraser. Te trahir pour mieux réussir à ta place. »


Son ressentiment s'exprimait plus qu'il ne l'aurait souhaité, mais quitte à être franc, autant le laisser s'échapper. Qu'importe qu'elle lui en tienne rigueur ou non, leur relation n'en serait certainement pas changée, et il laissa alors ces paroles couler avec un peu plus d'aisance, s'approchant un peu plus de ceux qu'il couchait avec plaisir sur les parchemins, telle une rédemption qu'il espérait s'offrir.

Néanmoins, elle le sonna. Sa question était tranchante, franche, et nette, à l'image de ce coup droit qu'on n'aurait su parer à temps car autant son timing que le geste étaient réalisés avec une perfection étonnante. Et alors que les paroles s'imprimaient dans son cerveau à l'image de ce fleuret qui s'écrasait sur sa cuirasse, il ne put répondre immédiatement. Pourquoi avait-il aidé Amelia ? Les souvenirs de l'an dernier bien que vifs dans son esprit restaient traumatisants et il n'osait guère, comme la plupart des sorciers du château les évoquer. Les tortures marquent un homme, même le plus fort d'entre eux, et ce cachot, ce trou noir dans lequel il s'était volontairement enfoui pour la protéger ne pouvait être si aisément gommé de sa mémoire.

Pourquoi ? Oui pourquoi avait-il prit ce risque ? Pourquoi protéger cette sorcière inconnue au prix potentiel de sa vie, de sa carrière peut-être même, de son avenir quoiqu'il en soit. La réponse aussi limpide qu'elle puisse être ne voulait faire sens dans son esprit. Le silence se prolongeait alors que ses yeux se perdaient dans les siens, sur un visage qui avait perdu toute son assurance. Il n'avait plus de réplique bien sentie à lui adresser, plus de certitude. Ses murailles se fissuraient alors que derrière celle-ci quelque chose souhaitait s'exprimer. Quelque chose sur lequel il n'arrivait pas à poser de mot.

« Parce qu'il était inutile de voir souffrir quelqu'un pour rien. »


La phrase avait été sortie mécaniquement, faisant preuve d'une logique simple et implacable, Elijah avait formé ses quelques mots comme un réflexe, une dernière défense à ses ressentis masqués et qu'il ne souhaitait pour rien au monde laisser échapper. Son regard s'était en même temps détourné d'elle, afin de cacher l'embarras qui pouvait se lire sur son visage, et fermant ainsi la discussion. Mais le sorcier n'était pas satisfait. Pas satisfait de cette tournure, de cette fin. Lui qui un peu plus tôt lui faisait la leçon sur les mensonges et les faux semblants s'emmurait à son tour derrière ces mensonges simples et pratiques. Et bien que blessants pour son vis-à-vis, ils étaient tellement doux à ses oreilles. Pourquoi ? Pourquoi oui il se fermait à tout ceci ?

« Et sans doute car ce quelqu'un c'était toi. »

Il lâcha la phrase dans un murmure étouffé. Il l'avait néanmoins admis. Car bien qu'éloignée, cette jeune sorcière qu'il fréquentait depuis tant d'années il avait toujours souhaité la protéger. Malgré elle, mais surtout malgré lui. Malgré son ressentiment éternel envers l'espèce humaine, il ne voulait pas qu'elle soit à la merci de la haine.

EXORDIUM.
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CE QU'IL FAUT SAVOIR
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MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Sam 24 Fév - 15:30

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

« Qu'est-ce qui est plus pratique de garder à la maison ? Ton identité ? Ta personnalité ? Toi ? Tu es qui tu es Amelia, et ce n'est pas en prenant le nom d'une autre personne que cela changera quoi que ce soit pour moi. (...) Et ne compte donc pas sur moi pour t'encourager dans cette voie. » C’était peut-être ce qui rendait leur manière de communiquer aussi désastreuse : sa trop grande franchise, son honnêteté virulente, ne la laissaient jamais insensible. Par ses simples mots, il la secouait entièrement, provoquant chez elle multiples réactions qu’elle ne parvenait pas à dissimuler. Ils étaient rarement seuls, même à la maison, et lorsqu’ils l’étaient, ils étaient occupés ailleurs : peut-être s’occupaient-ils même pour avoir à s’éviter l’embarras d’un échange qu’aucun ne parvenait à mener à bien. Il la forçait à retirer ce masque permanent derrière lequel elle se cachait, et elle ne parvenait à faire face à l’aplomb avec lequel il énonçait ces vérités-là, celles qu’elle ne pouvait contredire. Et maintenant, voilà qu’il s’affairait à réveiller l’Amelia en elle, qu’elle gardait bien secrètement, dans un coma léthargique, alors que la Tracy qu’elle était devenue prenait le pas sur elle. « Je… » commença-t-elle sans savoir quoi dire, avec l’impression soudaine de faire face à un plus large public, qui la jugeait, l’évaluait sur chacun des mots qui franchissaient ses lèvres. Elle ne voulait pas aborder le sujet, encore moins avec lui, surtout pas avec lui. Et ce n’était ni l’endroit, ni le moment. Sauver les apparences, chercher à rétablir les faux semblants… cela devenait une priorité absolue. « Ne rends pas les choses plus difficiles, Elijah. S’il te plait. » Ce fut tout ce qu’elle fut capable de lui répondre : elle ne manquait pas de bonne volonté, mais même s’il avait raison, est-ce que cela devait y changer quoi que ce soit… ? Il demeurait malgré tout un étranger. Un étranger duquel elle espérait encore un jour pouvoir se rapprocher. « Tu es peut-être à l’aise avec celui que tu es devenu. Ce n’est pas mon cas. Ne le cautionne pas si tu veux, essaie juste de… comprendre. » énonça-t-elle simplement, sans illusion. Il ne comprendrait pas. Elijah n’avait jamais eu besoin de se dissimuler derrière quoi que ce soit : il avait grandi en prenant ses distances, en se forgeant lui-même loin des autres, en élevant son esprit pour ne jamais le laisser corrompre. Elle avait fini par laisser le sien se noyer, à la merci de ses mains parasites qui s’y agrippaient pour l’entraîner dans cette dépendance : sans eux, elle n’était rien. Elle avait toujours cherché à être entourée, alors que lui se satisfaisait pleinement de ne pas l'être.

« J'ai déjà pris contact avec divers branches du ministère et où mon dossier intéressait quelques départements de renom. En espérant qu'ils permettent d'exploiter pleinement mes capacités. Bien qu'il n'y ait sans doute qu'un seul et unique poste qui le permette vraiment... » Elle ouvrit à nouveau la bouche, sans savoir si quoi que ce soit en sortirait, tandis qu’elle massait nerveusement ses poignets, un oeil toujours sur l’infirmier qui appliquait un nouvel onguent après que l’application du premier se soit révélée infructueuse. Bien sûr, elle aurait du s’y attendre. Elle savait qu’il partirait un jour, bien entendu. Mais ça n’existait pas encore, tant qu’il n’en parlait pas… tant que ça restait évasif, tant qu’elle se voilait encore la face en se complaisant dans le cocon familial, duquel il ne ferait bientôt plus partie. Candice continuerait de le voir régulièrement, sans doute : elle n’avait jamais eu peur de faire le premier pas avec les autres… pour sa part, de quoi aurait-elle l’air en cherchant à entretenir une relation inexistante avec un frère qui composait très bien lorsqu’elle ne faisait pas partie du tableau ? « Oh… et ton profil les a intéressés, j’imagine. Sur laquelle vas-tu jeter ton dévolu ? » Elle suivrait sa réussite de loin, demanderait à Louise si les nouvelles étaient bonnes, s’il parvenait à satisfaire correctement ses ambitions. Peut-être un jour deviendrait-il en effet ministre : elle n’en serait guère étonnée. Il n’y avait au château que deux personnes qu’elle imaginait avoir la carrure pour un tel poste, et elle n’aurait guère été surprise que le second le convoite également. Quelque part, elle les enviait un peu : être aussi sûrs de la voie qu’ils emprunteraient la rendait un peu jalouse, alors qu’elle tâtonnait encore de son côté sans savoir où jeter son dévolu, feuilletant des brochures, s’imaginant quitter ce château dans lequel elle avait mûri, aimé, souffert, appris à voler de ses propres ailes contre son gré. « Tu n'as pas besoin de te justifier... Enfin, j'imagine que le souvenir auquel tu as dû faire appel était très fort. Mais tu n'es pas obligée d'en parler. Tu as l'air gênée à cette idée. » Elle avait à nouveau cette impression désagréable qu’il lisait en elle comme dans un livre ouvert, comme s’il n’avait même pas à s’embarrasser à faire semblant de ne pas savoir de quoi elle parlait. Bien sûr qu’elle n’était pas à l’aise avec cette idée, que son cerveau le mette ainsi idéalisé au premier plan alors qu’elle ne constituait qu’un point dans le fond du tableau de son demi-frère. Un détail de son existence. Ça aurait du lui convenir, elle s’était toujours accoutumée à la manière dont les autres la percevaient, même si d’ordinaire, elle s’adaptait pour s’accommoder à eux. Pas avec lui. Ça ne fonctionnait jamais, avec lui. « On a parfois, enfant, tendance à accorder peut-être un peu trop d’importance à des détails qui ne veulent finalement peut-être rien dire. Qu’importe, ça a fonctionné. » répondit-elle avec un sourire trop faux pour être sincère. Est-ce que son souvenir était puissant ? De lui près d’elle, de leur échange silencieux, de cet intérêt soudain qu’il avait semblé lui porter, une fraction de seconde… ? Probablement.

« Ne me sous-estime pas Amelia. Je sais plus de choses que tu ne le crois. Je suis sans doute insondable, mais toi même derrière ce joli sourire qui est le tien tu ne l'es pas. » Elle ne put s’empêcher de frémir intérieurement, en l’entendant formuler ces mots : il savait des choses. Par réflexe, elle ne put s’empêcher de penser au serment, avant de s’efforcer de chasser cette désagréable pensée de sa tête. Non. C’était impossible voyons, comment aurait-il pu se douter de quoi que ce soit ? Seulement en la sondant du regard ? Elle demeura impassible, mains sur les genoux, phalanges repliées contre sa paume, chassant l’idée qu’elle pouvait lui être transparente. « Ne me regarde pas comme ça. » laissa-t-elle échapper à mi-voix, pas comme un ordre, davantage comme une supplication, soudainement terrifiée à l’idée que l’acuité de son regard scrutateur puisse la percer à jour. Elle avait trop de mensonges entassés en elle, pour que l’idée que lui, auprès duquel elle espérait un jour pouvoir se montrer sous un bon jour, ne les découvre. Elle n’y était pas préparée. Elle avait besoin qu’il continue de se satisfaire de cette enveloppe extérieure derrière laquelle elle pouvait se replier en cas de danger. « Oui, je m'en sors bien. Certainement mieux que quiconque ou presque dans ce château. Et ce loin des autres. De ces autres qui n'hésitent pas à profiter de tes faiblesses. A t'écraser. Te trahir pour mieux réussir à ta place. » Ses yeux se baissèrent vers les restes d’écailles, encore plantés dans sa peau, tandis qu’elle fixait le sang noir qui coagulait alors, stabilisé par les premiers soins qui avaient été apportés et empêchant toute infection. Elle ne pouvait s’empêcher de se sentir visée par ses paroles qui étaient les siennes, alors qu’il la caractérisait encore et toujours comme une petite fille sans défense. Elle avait toujours éprouvé pour lui un profond respect, pour chacun des choix qu’il avait pu faire, même pour cette décision de se tenir à l’écart d’eux, à l’écart d’elle, continuant de l’admirer de loin. Maintenant qu’il la contraignait à se dévoiler sous la menace de devoir mettre fin prématurément à leur échange, elle était dans une position délicate. « Je voudrais être capable de penser comme tu le fais. De creuser un fossé entre moi et le reste du monde pour m’élever en solitaire. Je crois que je ne peux tout simplement pas. » Et il le savait pertinemment. Il était fort, puisqu'elle ne le serait sans doute jamais. Elle lui enviait ces facultés qui ne seraient jamais les siennes, même avec toute la bonne volonté du monde, et c’était pour cette raison qu’elle était bien incapable de lui en vouloir de s’écarter d’elle afin de ne jamais laisser qui que ce soit l’atteindre. Une nouvelle énigme, une équation à laquelle aucune explication arithmantique ne pouvait apporter de réponse.

La question qu’elle lui avait posée en retour était plus délicate, plus risquée, si bien qu’elle s’étonnait de l’avoir laissée s’exprimer à voix haute. Elle n’avait jamais craint que Candice brise le silence à son sujet, parce que la confiance qu’elle plaçait en cette soeur était totale. En ce qui concernait Elijah, elle était toujours restée dans la crainte et l’incertitude… Il ne paraissait pas comprendre ses motivations, et les préoccupations qui étaient les siennes semblaient tellement éloignées d’elle qu’elle l’imaginait mal s’impliquer, même par son refus de se prononcer. Il était d’une intelligence rare, était promis à un avenir prometteur, et rien ne semblait pouvoir l’écarter du chemin qu’il suivait alors, maître de lui-même, maître de ses décisions. Pourtant, pas de celle-ci. « Parce qu'il était inutile de voir souffrir quelqu'un pour rien. » Elle n’eut rien à répondre, tandis que dans un échange muet, elle avait l’impression, pour la première fois, qu’ils se comprenaient. De pouvoir voir en lui ce grand frère qu’il s’était toujours refusé d’être. De pouvoir lui exprimer son ressenti avec autre chose que de vagues sous-entendus et des paroles voilées. « Et sans doute car ce quelqu'un c'était toi. » Ces derniers mots l’ébranlèrent, sans doute plus que de raison. Elle se retourna vers lui à nouveau, sans chercher à fuir son regard cette fois. Un torrent de question assaillit son esprit, tandis qu’elle s’efforçait de demeurer parfaitement sereine, afin de discerner le sens masqué de ces paroles qu’elle ne comprenait pas. Le fait que ce soit elle était-il censé changer quelque chose ? Elle n’avait pas plus de signification à ses yeux que le reste de l’école. Pas selon elle. « C’était inutile que tu souffres toi aussi. » se contenta-t-elle d’ajouter, légèrement morose. Au final, tout cela n’avait servi à rien, on l’avait malgré tout forcée à ingurgiter cette dose de véritasérum, forcée à parler, à dénoncer ceux qui l’entouraient, avant de l’envoyer dans les limbes, subir les conséquences de sa trahison, punie par les vengeances sournoises des élèves qui avaient choisi de faire justice eux-mêmes. Ça n’avait servi à rien, les mensonges l’avaient rattrapée. « Pardon. Pour ça. Pour ces trois jours d’enfer que tu as du vivre pour m’éviter de le connaître durant six mois. » formula-t-elle à voix basse, honteusement. « Je ne voulais pas que tu subisses ça. Tu ne le méritais pas. » Ces excuses, un peu tardives, n’auraient peut-être plus de sens, désormais. Mais il fallait bien qu’elles sortent un jour, même si elle appréhendait la réaction qui sera la sienne. Peut-être chercherait-il, à nouveau, à s’écarter d’elle, en jugeant qu’elle déviait sa route de celle qui était déjà toute tracée pour lui.

Emi Burton


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