AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Jeu 8 Fév - 18:53

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

Tracy coinça le fil entre ses lèvres, tandis qu’elle insérait méticuleusement l’aiguille entre les fibres de tissu. L’ouvrage prenait forme, progressivement, laissant à peu près entrevoir quelle forme prendrait son travail une fois achevé, même si elle avait encore un certain nombre de retouches à réaliser et des motifs à broder. C’était une jolie robe, comme elle aurait voulu en porter, hélas consciente qu’elle ne le pourrait pas. Elle tenait néanmoins à présenter à Dan un résultat de qualité afin de lui montrer son investissement, et qu’ainsi il ne regrette pas de s’être tourné vers elle pour la réalisation de ses photos. Ses derniers jours, un rhume carabiné la maintenait isolée dans son dortoir, tandis que ses colocataires lui dressaient la liste des cours qu’elle devrait rattraper. Son esprit, trop embrumé par les maux de têtes qui allaient et venaient, n’était pas enclin à se plonger dans les recherches ambitieuses qu’elle menait, et son état ne lui permettait aucun contact avec l’extérieur ; elle se contentait donc de quelques coups d’oeil à la fenêtre, contemplant silencieusement d’un air admiratif la fine pellicule de neige qui s’étaient déposée, comme un voile satiné, sur l’herbe du parc, recouvrant les branches des arbres décharnés. L’hiver à Poudlard avait un charme indéniable, et elle appréciait tout particulièrement se parer de sa paire de cache-oreilles fourrés, assortis à ses bottines à pompoms, même si son père ne plaisantait pas avec les risques d’attraper froid. En attendant, elle profitait de ce moment d’hibernation imposé pour s’affairer à ses travaux de couture, réduisant ses allées et venues dans le château à ses seules rondes de surveillance imposées par son insigne, auxquelles elle ne pouvait déroger. Néanmoins, ses réserves de thé et de pimentine commençaient à se faire rares, et si Cissy ne manquait pas de lui en ramener lorsqu’elle en avait l’occasion, elle allait devoir descendre l’escalier elle-même, en priant pour n’avoir aucune remarque sur son teint livide et ses paupières légèrement plus violacées que d’ordinaire. Elle rangea dans son set de couture chacun de ses outils, et enfila un pull en cachemire noire à l’encolure en dentelle, par dessus une jupe blanche et des collants de laine, avant d’oser pousser la porte de son dortoir, entre deux éternuements. Elle descendit les escaliers, se contentant de hochements de tête polis pour répondre aux salutations, y compris celles des tableaux, et si la tentation d’échouer devant les flammes crépitant dans l’âtre de la salle commune pour tenter de se remettre à sa lecture des mythes anciens lui traversa l’esprit, elle se résolut à prendre la direction de l’infirmerie. Le matin même, elle avait fait une halte par la salle de bains des préfets pour y prendre un bain… dans lequel ses yeux s’étaient clos, alors qu’elle se laissait doucement sombrer dans l’eau. Ainsi assoupie, elle ne s’était pas éveillée immédiatement, et il avait fallu bien quelques secondes pour qu’elle reprenne conscience, et ne se redresse brusquement dans, toussant et recrachant l’eau qu’elle avait avalée par mégarde. Ça n'avait duré que quelques instants, mais les images qui lui étaient apparues au cours de ce songe furtif l’avaient déconcertée. La résurrection, ramener les morts parmi les vivants, le reflet de sa propre solitude tandis qu'elle errait parmi ceux qui, comme elle, cherchaient à se frayer un chemin dans l'impénétrable. Ces idées prenaient une forme inattendue que son imagination altérait probablement, sans qu’elle ne comprenne ce qu’elles voulaient lui dire. Elle était donc sortie de la baignoire, légèrement fébrile, tandis que la vapeur émanait encore de son corps, et qu’elle se rhabillait alors, préférant éviter un commentaire malvenu de Mimi Geignarde si cette dernière décidait de faire brusquement irruption dans la salle de bains.

Elle s’arrêta donc au troisième étage, et salua l’infirmier d’un ton cordial, qui lui demanda de bien vouloir patienter pendant qu’il prenait en charge deux secondes années, suite à un sortilège de furoncles particulièrement virulent qui avait mal tourné. Elle s’assit donc sur l’un des lits, dociles, consultant une brochure qui traînait là pour faire passer le temps plus que par réel intérêt, en attendant sa fiole de pimentine, avant de laisser son regard vagabonder dans l’infirmerie. Ses doigts, occupés à enrouler une mèche de cheveux entre ses doigts, s’arrêtèrent lorsqu’elle reconnut, un peu plus loin, la silhouette d’Elijah, adossé contre le dossier de l’un des lits. Elle se leva, soucieuse, légèrement embarrassée à l’idée de réduire la distance entre eux, et de prendre l’initiative de lui imposer sa présence. Ils n’avaient jamais été très proches, même à la maison, et le château était suffisamment grand pour qu’ils n’aient pas à se croiser régulièrement. Malgré tout, elle le regrettait, sans chercher pourtant à remédier à cette situation dans laquelle ils s’enracinaient, d’année en année. Jetant un oeil à l’infirmier, en pleine application d’un onguent aux couleurs orangées sur le visage de l’élève qui trépignait en geignant, elle traversa l’infirmerie, hésitante, avant de s’arrêter à quelques mètres de son demi-frère. Elle entrouvrit légèrement les lèvres, sans savoir quoi lui dire, examinant ses plaies : il saignait, même si l’hémorragie semblait avoir été stoppée par les premiers soins. « Salut… » commença-t-elle d’une voix timide, les yeux légèrement fuyants, tandis qu’elle manipulait un bouton de manchette. Concernant les rares interactions qu’elle avait avec lui, Candice étaient souvent présente, et se satisfaisait pleinement de mener la conversation à elle toute seule, au vu de leur faible participation. Elle s’assit, prudemment, comme si elle attendait son autorisation, avant de désigner du regard ses entailles. « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? » Elle ignorait s’il le lui livrerait si facilement. Il lui renvoyait sans cesse cette agaçante impression qu’elle n’était pas capable de le comprendre, et qu’en retour, il ne la comprenait pas. « Ça te fait mal… ? Est-ce qu’il faut que j’écrive aux parents ? » Naturellement, elle se doutait que la sensation devait être relativement désagréable, ce qui l’inquiétait d’autant plus. Mais s’il était nécessaire de prendre la plume à son père pour l’informer, elle le ferait sans tarder, même si elle était intimement persuadée qu’il refuserait catégoriquement. S’il consentait déjà à lui répondre, elle pourrait s’estimer heureuse… Tout avait toujours été si compliqué, dans l'équation qui régissait leurs rapports.

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Arrivé(e) le : 02/02/2018
Parchemins rédigés : 99
Points : 3
Année : 7ème année

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin:
Disponible pour un RP ?:
D'autres comptes ?:

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Ven 9 Fév - 14:02


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

Les yeux du sorcier, encore vitreux, s'étaient rouverts après une petite sieste dans l'infirmerie. La grande salle d'un blanc éclatant et aux odeurs chloroformées n'avait jamais fait partie des endroits préférés du jeune sorcier qu'était Elijah, la vue des malades et autres blessés n'étant sans doute pour lui que synonyme de faiblesse. Et ce alors qu'il avait pourtant dû à de nombreuses reprises y passer, pour des raisons plus ou moins funestes qu'il ne souhaitait pas se remémorer outre mesure.

Pour quelle raison avait-il été cette fois obligé de profiter des inconfortables et sommaires lits présents ? Sa mémoire lui revenait progressivement alors qu'il se tirait doucement du sommeil. Un cours de métamorphose oui, de métamorphose humaine. Il fallait réussir à transformer une partie de sa peau en écailles, plumes ou poils. Exercice complexe s'il en est, nécessitant comme toujours en métamorphose, beaucoup de concentration, de contrôle et de précision dans l'exécution du sort, et qui avait occasionné bon nombre de difficultés dans la classe, plus éparse depuis le début de l'année scolaire. Les BUSEs avaient fait le tri entre les bons et les mauvais élèves, et depuis l'exigence du professeur n'avait cessé d'augmenter.

Elijah avait fait partie des premiers - si ce n'est même le premier - à réussir, réussissant à faire apparaître des écailles d'un bleu saphir, semblable à celui de ses yeux, le long de ses avant-bras. Et alors que d'autres rejoignaient la marche, avec des poils et plumes aux couleurs diverses, certains eurent la stupide idée de commencer à essayer de tirer ces nouveaux attributs afin d'en "tester la résistance", même si le but réel et digne du premier Troll venu était de faire mal, pour s'amuser. Habituellement à l'écart de ce genre de stupidité - l'arrogance et les talents magiques du Tiedoll maintenant les misérables à distance - il ne vit pas alors arriver un sortilège visant droit ses écailles, trop occupé à prendre des notes, plume en main. Violemment arraché, l'épiderme reptilien laissa de multiples et profondes plaies sur la peau du Serpentard, d'abord interloqué, puis dont le visage se tordit de douleur alors que l'hémorragie progressait.

Sans pour autant perdre connaissance, il avait alors très vite été amené à l'infirmerie par le professeur en présence, où les premiers soins lui furent administrés, calmant la perte de sang, néanmoins les blessures ayant été faites par magie et en plus sur un endroit initialement métamorphosé nécessitaient des soins plus poussés et à réaliser progressivement pour favoriser au mieux la cicatrisation. Pestant contre les deux idiots complètement attardés qui lui faisaient en plus perdre du temps et louper des cours, il avait fini par s'endormir, et donc se réveiller quelques temps plus tard. Sa robe de sorcier avait été soigneusement rangée sur la table de chevet, laissant apparaître l'habituel pull frappé d'un écusson de l'école, et dont les manches étaient restées relevées depuis le cours.

Autour de lui, les lits étaient majoritairement vides, fort heureusement, si on négligeait la présence d'un sorcier qui chouinait quelques mètres plus loin, et dont s'occupait l'infirmier. Il fut tiré de ses contemplations quelques minutes plus tard, par l'arrivée d'une sorcière au visage qu'il connaissait bien. C'était peut-être la seule chose qu'il connaissait vraiment d'elle, après avoir passé des années à la côtoyer sans perdre du temps à la connaître. Amelia semblait visiblement mal en point, Elijah prenant les poches sous les yeux ainsi que son teint blafard en témoin, mais visiblement rien de trop grave, la jeune femme étant encore capable de se déplacer.

Et même de lui adresser la parole de toute évidence. Habituée aux réponses laconiques du sorcier, la Serdaigle ne cherchait que rarement le contact. Mais était-ce son état de faiblesse manifeste qui lui faisait perdre ses habitudes, ou alors ressentir une mélancolie quant à l'absence de toute relation entre deux personnes qui devraient pourtant être si proche. Toujours est-il qu'Elijah ne pouvait esquiver la conversation, et lui répondit alors d'un soupir.

« Salut. »

A ce moment précis, le beau brun aurait eu pour habitude de filer, ou de se replonger dans un livre sans se soucier d'être malpoli. Néanmoins il n'avait aucune de ses échappatoires habituelles, et bien que l'idée de rester mutique lui ait très volontiers traversé l'esprit, il remarqua son regard fuyant ainsi que sa gêne, et comprit l'effort qu'elle faisait en ce moment précis pour tenter de briser la glace. Ainsi, il tenta d'afficher un visage un peu moins froid, sans pour autant - les habitudes ont la vie dure - réussir à se détacher de ses réponses brèves et dont le ton indiquait clairement qu'il ne souhaitait pas continuer la conversation.

« Rien. Deux idiots dont la cervelle doit être faite en Bandimon et qui ne trouvent rien de mieux à faire que de sécréter leur bêtise sur leur entourage. »

Un tantinet agacé par le souvenir encore vif dans son esprit il reprit.

« Oui, de toute évidence. Mais abstiens-toi cette peine par contre, il n'y a pas de raison de contacter les parents. L'infirmier s'occupe bien des patients par ici. »

Et alors que la tentation de se taire était grandissante auprès d'Elijah, il ne put se résoudre à laisser la jeune fille choir complètement, après l'effort qu'elle avait fait. Il se fit alors violence pour ne pas laisser le silence s'installer, et il se surprit alors à émettre de nouvelles paroles, presque compatissantes.

« Et toi alors ? Tu ne sembles pas en grande forme. D'habitude si souriante et pleine de vie, tu parais au fond du gouffre. Je remarque même que tu ne portes même pas ton uniforme, tu n'es pas allée en cours aujourd'hui ? »

EXORDIUM.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Ven 9 Fév - 17:50

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

« Salut. » Elle se mordit la langue, un peu déconcertée par son ton peu engageant, auquel elle était pourtant accoutumée. Elle l’approchait avec autant de difficulté que si elle avait affaire à un animal, et le regrettait presque immédiatement par la suite, ayant toujours l’impression de le déranger… Elle ne faisait pas partie de sa vie, au fond. Il avait ses propres préoccupations, ses propres fréquentations, et il semblait suivre un chemin sur lequel elle n’était pas invitée à s’aventurer. Elijah était une énigme à ses yeux, et elle redoutait bien de ne pas être en mesure de la déchiffrer : il lui avait toujours renvoyé l’impression de ne l’accepter que parce qu’il l’y était obligé, que parce que sa mère et son père avaient fait ce choix de les réunir dans une seule et même maison, ils étaient contraints de s’y accoutumer, de s’habituer à la présence des uns et des autres et de composer avec. Elle se rassurait elle-même en se disant qu’il semblait tout aussi secret avec Candice, mais ne pouvait s’empêcher de jalouser quelque peu leur proximité fraternelle, même si elle demeurait peu marquée. Quelque part, elle avait espéré, plus jeune, que Poudlard saurait les rapprocher : ça n’avait pas été le cas. Le Choixpeau n’avait pas jugé bon de les rassembler sur base de leurs similitudes, et chacun semblait se contenter de son propre cercle de fréquentation… L’année passée, ils avaient pris sur eux pour briser ce silence, avant qu’elle ne soit découverte. Avant qu’il ne soit torturé, par sa faute. Elle déglutit, en se découvrant une soudaine fascination pour ses chaussures à cette dernière pensée. « Rien. Deux idiots dont la cervelle doit être faite en Bandimon et qui ne trouvent rien de mieux à faire que de sécréter leur bêtise sur leur entourage. » Elle releva la tête, perplexe. Son rôle de préfète lui avait permis de faire face à de nombreuses situations improbables, mais son demi-frère n’était pas d’ordinaire de ceux à qui l’on cherchait des noises. S’attardant sur ses plaies encore ouvertes, elle leva un sourcil en remarquant ce qui s’apparentait à de drôles d’écailles, en tout cas ce qu’il en restait puisque leurs brisures se mélangeaient à l’hémoglobine. « On t’a fait ça volontairement… ? » demanda-t-elle, sur la réserve, comme si cette simple question pouvait être perçue comme de la curiosité mal placée.

Peut-être aurait-il été bon qu’elle prenne une initiative, qu’elle le questionne sur l’identité des deux coupables, afin de décider d’une sanction ou de contacter leur directeur de maison. Mais avec Elijah, tout était à manipuler avec précaution, y compris chacun des mots qu’elle employait. « Oui, de toute évidence. Mais abstiens-toi cette peine par contre, il n'y a pas de raison de contacter les parents. L'infirmier s'occupe bien des patients par ici. » Elle pinça les lèvres, tandis qu’elle feignait d’être soudainement distraite parce les deux jeunes élèves qui se plaignaient, à l’entrée, de la cicatrisation de leurs pustules. Ne sachant trop que faire ou que lui suggérer, elle était dans l’embarras, face à lui, qui semblait avoir envie de se trouver n’importe où ailleurs plutôt qu’en face d’elle, la faisant se sentir à la fois impuissante et incompétente. « Je… très bien. Enfin Louise apprécierait peut-être d’être tenue au courant, même si tu es soigné. » Elle s’arrêta quelques secondes pour porter sa main à sa bouche tandis qu’elle était prise d’une quinte de toux. Lorsqu’elle reprit une respiration normale, elle se redressa, se racla discrètement la gorge afin d’éclaircir sa voix, et cligna des paupières en s’efforçant de lui sourire. « Enfin, on fera comme tu veux ! » Ça ne la dérangeait pas d’aller dans son sens, de dire noir s’il disait noir, de dire blanc s’il le trouvait judicieux. Peut-être serait-il bon d’en toucher un mot à Candice, à moins qu’il lui impose de ne pas le faire. Quelque part, elle nourrissait encore cet espoir secret qu’ils puissent agir ensemble comme un semblant de famille, ignorant ce froid polaire auxquels ils s’étaient acclimatés.

« Et toi alors ? Tu ne sembles pas en grande forme. D'habitude si souriante et pleine de vie, tu parais au fond du gouffre. Je remarque même que tu ne portes même pas ton uniforme, tu n'es pas allée en cours aujourd'hui ? » S’étonnant quelque peu qu’il s’enquisse de son état, elle baissa les yeux, en étirant ses commissures de lèvres de manière légèrement forcée, polie, à la fois heureuse qu’il lui prête attention, tout autant qu’elle n’aimait pas apparaître à lui en situation de vulnérabilité. Elle était d’ordinaire souriante parce que c’était ce qu’on attendait d’elle, elle était pleine de vie parce que les autres exigeaient qu’elle le soit. C’était ce qu’elle avait fait toute sa vie, après tout, s’adapter, obéissante, se complaisant dans l’ombre de ceux qui l’entouraient. Et il fallait qu’elle soit tombée malade, et qu’il se retrouve sérieusement amoché, pour qu’ils daignent se comporter comme deux personnes de la même famille. « Rien de grave, j’ai pris un peu froid. Et je ne voudrais pas rendre tout le monde malade en classe… Cissy s’occupe de m’apporter les cours que je manque, histoire que je ne prenne pas de retard sur les BUSEs, j’en profite pour faire un peu de couture. » Elle repassait les dernières semaines qu’elle avait en mémoire, avec l’espoir de trouver quelque chose de plus palpitant à raconter. Quelque chose qui la rendrait tout à coup intéressante à ses yeux, quelque chose qui lui vaudrait plus qu’un soupir de lassitude, qui le pousserait à réduire cet écart qui les maintenait à bonne distance. Quelque chose qui le ferait se sentir miraculeusement proche d’elle, plus qu’ils ne l’étaient d’ordinaire. « Mais je vais bien, vraiment très bien. Je commence à travailler sur la potion de régénération sanguine, avec le professeur Burgess. Et j’ai… j’ai réussi un Patronus corporel. » Elle se sentit tout à coup bien idiote. Qu’est-ce qu’elle attendait de lui, au juste ? Qu’il lui dise qu’il était fière d’elle, que ses efforts finissaient enfin par payer. C’était ridicule, ça n’arriverait jamais, elle le savait pertinemment. Il avait du, de son côté, parvenir à un résultat bien plus satisfaisant nettement avant elle, et trouverait cette tentative de se hisser à sa hauteur bien vaine. Elle sourit à nouveau, de manière trop figée pour ça paraisse naturel, tandis que ses doigts faisaient tourner sa baguette entre ses doigts. Elle ne voyait pas pourquoi il chercherait soudainement à la connaître, après tout. Ils se confortaient dans cette situation de silence depuis maintenant bien longtemps… « Et toi ? Comment tu vas ? On ne se croise pas beaucoup. » Naturellement, elle se gardait bien de souligner qu’ils ne se croisaient pas parce que c’était ce qu’ils préféraient faire. Elle posait la question aussi délicatement que si elle franchissait toutes les limites imposées par la discrétion en s’infiltrant dans son intimité, comme une voleuse. Elle se trouvait anormalement bavarde, plus qu’elle ne l’était d’ordinaire, ne sachant trop si c’était la nervosité à l’idée de faire un faux pas qui la poussait à se comporter de la sorte. En comparaison, tout était si simple avec Candice…

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Arrivé(e) le : 02/02/2018
Parchemins rédigés : 99
Points : 3
Année : 7ème année

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin:
Disponible pour un RP ?:
D'autres comptes ?:

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Mar 13 Fév - 2:15


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

« Volontairement, oui et non. Je ne pense pas que des Trolls soient suffisamment futés pour attendre un tel objectif sciemment. »

Et alors qu'il s'apprêtait à prendre la parole pour l'empêcher formellement de prévenir sa mère, il fût rassuré en l'entendant abonder en son sens. Rassuré, mais perplexe malgré tout, Amelia ayant toujours eu cette fâcheuse tendance à s'effacer afin de faire plaisir aux autres, niant potentiellement sa propre personnalité. Néanmoins, il s'en contenta, préférant garder ses rares mésaventures pour lui afin de ne pas inquiéter quiconque, d'autant plus qu'il n'était pas inhabituel pour quiconque dans cette école de subir quelques accidents bénins au court de sa scolarité. Il garda ainsi une moue approbative, validant les propos de la sorcière, une moue qu'il tenta de garder malgré son naturel peu avenant, tout en écoutant la suite de son histoire. Il l'observa alors garder une réserve gênée, semblable à celle qui l'habitait en ce moment précis, se demandant quand est-ce que ce pénible moment allait s'arrêter. Elijah semait les fruits de la politesse qu'il avait planté, et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Néanmoins, il se surprit presque à trouver intéressantes les réponses mesurées de la jeune sorcière qui lui faisait face, et qui brisait avec la monotonie de l'espace. Car autour d'eux, rien ne semblait vouloir perturber la quiétude de l'infirmerie, et cette conversation s'avérait peut-être être la seule occupation valable jusqu'à sa guérison, qui ne saurait évidemment trop durer.

Les deux membres de cette famille recomposés, qui ne partageaient de ce fait aucun lien réel de sang, n'en partageaient peut-être même aucun tout court. Elijah, trop habitué à se fermer complètement à ce qui l'entoure, ne savait que peu de choses de la sorcière qui se tenait fébrilement face à lui. Seul son visage lui était familier, une bouille qu'il a connu très jeune et qu'il a vu grandir, mûrir et se transformer en cette jeune et jolie sorcière parfois trop influencée par les fortes personnalités qui l'entouraient, mais qui aujourd'hui n'était quoiqu'il arrive que l'ombre d'elle-même. A l'image peut-être du Serpentard, qui bien qu'il n'ait pas de miroir à se mettre sous la main devait certainement être bien pâle après avoir perdu tout ce sang, et après s'être réveillé de ce sommeil sans rêves. Son discours continuait doucement, de la couture disait-elle ? Elijah aurait presque pu être curieux de voir ses créations, mais ce sentiment aussi étrange que fugace n'atteignit jamais ses lèvres, et il accueillit ses paroles avec une nouvelle réponse. Laconique.

« Ah, c'est bien que tes amies t'aident à garder le fil. »

Elijah rendait tout trop compliqué pour qui que ce soit. Enfermé dans ses pensées et ses certitudes, il ne laissait aucune opportunité à quiconque pour franchir sa forteresse de solitude, bien trop occupé à fermenter sa passée turpitude. Néanmoins, du haut de cette tour d'ivoire qu'il chérissait tant, il entrapercevait cette jeune fille qui se tenait là, droite comme un i malgré son état de santé qui mériterait sans doute des soins quelques peu plus attentifs qu'elle ne le laissait percevoir, et il commençait à se demander quelles étaient ses raisons. Avant d'avoir l'occasion d'énoncer cette interrogation aussi raisonnable d'un point de vue logique qu'elle n'était déplacée en société, il vit dans le regard chocolat d'Amelia se dessiner une fierté qui cherchait reconnaissance et réponse. Toutes ces choses qu'il ne lui a jamais offert durant toutes ces années.

« Bravo Amelia. Je me souviens aussi de la fierté d'avoir réussi ce sort pour la première fois. C'était en quatrième année je crois ou était-ce plus tôt ? Je n'ai jamais été très bon avec les dates. Et que représente-t-il ? »

Et alors que son regard s'était brièvement perdu dans le vide à la recherche de ce souvenir déjà un peu éloigné, il fut tiré de ses rêveries par ses bras qui commençaient à le démanger. Le premier onguent qui lui avait été administré commençait à terminer son effet, et on le remarquait aisément aux écailles qui avaient complètement séché et menaçaient à présent de tomber d'un instant à l'autre. Mais bien qu'il ne pressentait aucun danger à manipuler ces éclats d'épiderme reptilien mort, il préférait attendre l'infirmier qui lui appliquerait certainement la suite du traitement sans tarder. Il se tourna alors de nouveau vers la sorcière.

« Tiens d'ailleurs, quel souvenir as-tu utilisé pour le faire apparaître tiens ? »

Une curiosité sans doute déplacée, et qu'il n'aurait sans doute pas dû formuler. Cependant il a fait preuve d'un moment de faiblesse, qui s'était éveillé au rappel de celui qu'il avait lui-même utilisé pour faire apparaître le sien. Un souvenir de son enfance, auprès de son père. A cette mémoire il serra les poings, sans mot dire, tout en écoutant la réponse de sa sœur, qui s'enquit alors de son propre état.

« Je vais bien mais, attends. »

Il libéra un espace sur sa couchette aussi inconfortable que laide, afin de laisser à la sorcière un peu de place pour s'y asseoir.

« Tu m'attristes à rester debout comme ça. Tu es déjà bien assez faible. »

La laissant s'exécuter, il reprit alors d'une voix toujours aussi monocorde et dépourvue de chaleur. Malgré toutes ses attentions manifestées, il n'arrivait pas à se défaire de son antipathie latente. Et elle se manifesta d'ailleurs dans ses propos, criants d'honnêteté mais terriblement déplacés.

« Oui, effectivement, on ne se croise que peu. C'est volontaire tu le sais bien depuis le temps. Je ne perds pas de temps à bavasser. Et je suis d'ailleurs étonné que tu sois là en ce moment même. As-tu quelque chose de particulier à me dire pour briser ce respectueux silence qui nous a toujours convenu jusque là ? »

Enfin, qui lui a toujours convenu tout du moins.

EXORDIUM.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Mar 13 Fév - 15:45

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

« Volontairement, oui et non. Je ne pense pas que des Trolls soient suffisamment futés pour attendre un tel objectif sciemment. » Elle se contenta de hocher la tête, avec une extrême prudence, comme si le moindre mot de travers pouvait la compromettre, fissurer le fragile équilibre qui comment à s’instaurer après quelques secondes de conversation purement formelle. Ces instants étaient si rares qu’elle avait cette sensation coupable de les dérober, comme s’ils ne lui appartenaient pas réellement, qu’elle n’avait pas la légitimité d’y prétendre. Après tout, leur relation fraternelle était presque inexistante, contrairement à celle qui l’unissait à Candice… Ce pourquoi elle avait l’impression de tout ignorer de lui. Ses habitudes au château, ses affinités, si ce n’était qu’elle l’avait vu au bras de Rosenberg pendant un temps… Elijah ne se confiait pas beaucoup, et la retenue l’empêchait de l’interroger plus que de mesure. A la maison, elle se contentait d’observer machinalement quelques détails de son comportement, comme pour faire connaissance avec cet étranger sans échanger le moindre mot, participant aux tâches ménagères sans qu’ils ne tentent un pas vers l’autre. A nouveau, elle étudia les lésions morcelées d’écailles qui lui striaient le bras, avec un mélange de dégoût et de curiosité, ne pouvant s’empêcher de se demander quelle était l’incantation qui avait pu déclencher une telle réaction. Elle chercha quelque chose à répondre, sans trouver toutefois, tandis qu’elle se retournait pour voir où en était l’infirmier, toujours concentré sur sa délicate tâche consistant à rendre au visage boursoufflé de ces adolescents leur apparence d’origine. Manifestement, il en aurait pour un certain temps avant de pouvoir accorder le sien à son demi-frère, et qu’elle n’obtienne ses gouttes de pimentine… Elle étouffa un toussotement, tout en s’efforçant de demeurer parfaitement sereine, sans ne rien laisser entrevoir de son agitation intérieure. « Ah, c'est bien que tes amies t'aident à garder le fil. » Elle le fixa, un brin certaine, toujours crispée. Oui, c’était « bien ». Sûrement, quoique le ton presque mécanique avec lequel il l’affirmait l’amenait à se demander s’il le pensait réellement, ou s’il ne cherchait qu’à lui dire ce qu’elle voulait entendre pour ensuite se débarrasser d’elle, en la ménageant suffisamment pour se donner bonne conscience. Quoi qu’il en soit, puisque leur échange demeurait cordial et qu’il n’y mettait pas fin prématurément, elle se décida à poursuivre, l’air de rien… « Elles sont formidables. Quelqu’un s’occupe de t’apporter ce qu’il faut… ? » l’interrogea-t-elle, espérant qu’il ne considèrerait pas comme trop intrusive cette question. Si elle n’avait pas été tellement elle-même infirme, elle aurait pu faire le nécessaire pour rassembler ses devoirs, ou lui ramener de quoi déjeuner… Mais quand bien même, elle préférait que ce ne soit pas le cas. Cela deviendrait tellement étrange, de bouleverser leurs habitudes... n'est-ce pas ?

Et voilà qu’il se mettait à la questionner à son tour, d’un ton presque inquisiteur, et qu’elle lui apportait les réponses les plus maladroites qu’elle était en mesure de lui fournir. Elle se mordit l’intérieur des joues, tandis qu’elle prenait une nouvelle inspiration. « Bravo Amelia. Je me souviens aussi de la fierté d'avoir réussi ce sort pour la première fois. C'était en quatrième année je crois ou était-ce plus tôt ? Je n'ai jamais été très bon avec les dates. Et que représente-t-il ? » Elle empêcha son visage de se décomposer, alors que la sensation de ne pas être à la hauteur s’immisçait en elle à nouveau. A jamais à ses yeux, elle était destinée à n’être que cette petite fille impressionnable, qui tenait encore la main de son père au moment où elle découvrait cette nouvelle famille, ce garçon plus âgé qu’elle, à la fois brillant et maître de lui-même, déjà tout jeune. « Pas en public… s’il te plait. » murmura-t-elle, un peu honteuse. Amelia était endormie. A Poudlard, elle avait emprunté à Tracy cette nouvelle identité qu’elle avait façonnée de toutes pièces, mais son demi-frère ne s’y accoutumait pas, comme s’il cherchait à lui rappeler que derrière ces airs qu’elle se donnait, elle restait la même qu’à la maison. Frêle. Lorsqu’elle se comparait à lui, c’était le premier mot qui lui venait en tête… « Un Occamy. Je… ne savais pas que tu avais fait apparaître le tien, tu ne nous as jamais raconté. Ni comment il est. » Tout comme il avait dit : plus tôt. Elle aurait beau s’exercer autant qu’elle le souhaitait, jamais elle ne saurait ne faire naître un soupçon de reconnaissance de sa part, puisqu’il était déjà si talentueux… Elle l’avait su très tôt, avant même d’entrer à Poudlard, alors qu’il n’était que le seul des trois à avoir reçu sa lettre. Par l’assurance qui transparaissait dans son regard et qui trahissait cette confiance en lui, par la résignation avec laquelle il acceptait son changement radical de vie. « Tiens d'ailleurs, quel souvenir as-tu utilisé pour le faire apparaître tiens ? » La question la laissa pantoise, elle ne s’y était pas réellement préparée. Et elle ne s’était encore moins attendu à ce qu’il la lui pose… en quoi ses souvenirs l’intéressaient, après avoir passé des années à ignorer presque tout de leurs occupations, à se contenter d’amasser le strict nécessaire d’informations pour un cadeau de Noël ou pour se montrer cordial ? « De vieux souvenirs de famille. C’est… très anecdotique. » Ce n’était qu’un demi-mensonge. Il y figurait. Lui seul, sans Candice… Elle l’avait pioché dans sa mémoire, comme ça, presque d’une main hasardeuse, ce rare moment de partage, où même dans le silence, elle s’était sentie, pour la première fois, proche de lui. Mais le sortilège avait fonctionné dès la première formulation… Et elle n’était pas sûre d’assumer ce choix auprès de lui. Lui, il ne le comprendrait pas.

« Je vais bien mais, attends. Tu m'attristes à rester debout comme ça. Tu es déjà bien assez faible. » Cette soudaine bienveillance dont il faisait preuve à son égard la touchait, intérieurement, si bien qu’elle obéit après quelques instants d’hésitation, elle s’assit à ses côtés. Toutefois, à une certaine distance de lui, puisque sa toux ne la lâchait pas. Qui plus était, ils partageaient si peu de choses qu’elle s’en serait voulu de le contaminer pour ensuite creuser l’écart entre eux… Elle déposa ses mains sur ses genoux, tandis qu’elle étirait à nouveau son sourire, et que le temps d’un instant, elle voyait en lui ce grand frère qu’elle n’avait jamais trouvé. « Tout va bien aussi, je t’assure. Je suis presque en pleine forme. Contrairement à toi qui… qui… as l’épiderme recouvert d’écailles. » répondit-elle en jetant un oeil à l’endroit infecté, s’efforçant de ne rien laisser transparaître de sa réticence vis à vis d’une telle plaie. Elle avait parcouru quelques ouvrages de médicomagie, et avait une vague idée de la manière dont ce genre de plaie étaient traitées, mais pour rien au monde elle n’aurait eu l’audace de tenter l’expérience sur Elijah… « Oui, effectivement, on ne se croise que peu. C'est volontaire tu le sais bien depuis le temps. Je ne perds pas de temps à bavasser. Et je suis d'ailleurs étonné que tu sois là en ce moment même. As-tu quelque chose de particulier à me dire pour briser ce respectueux silence qui nous a toujours convenu jusque là ? » Si le début de leur échange se déroulait bien, sans accroc, cette dernière réplique la laissa déconfite, à la limite de la stupéfaction. Son demi-frère jouait les cartes sur table, et il était évident qu’elle n’était pas à l’aise avec cette trop grande franchise, trop habituée à se camoufler derrière les faux semblants, les jolis masques bien décorés. Ils percevaient ainsi la relation qui les unissait de la même manière, mais pour autant, il y avait quelque chose de profondément blessant à entendre ces mots de sa bouche : ça rendait l’écart qui les séparait plus réel, sans qu’il n’existe de remède pour y pallier. « Je n’ai rien de particulier à dire, non. » répondit-elle simplement, d’un ton de voix presque étranglé, toujours secouée par cette brusque honnêteté. Elle replaça quelques mèches de cheveux derrière son oreille, contrariée, sans savoir toutefois pourquoi, avant de le dévisager, comme si elle espérait de sa part une réaction. Qu’il réagisse, bon sang ! Elle détestait cette position de vulnérabilité dans laquelle il la mettait, sans même se rendre compte… Andrea avait lui aussi cette fâcheuse tendance, mais au moins la décence de ne rien en laisser paraître au cours de leurs conversations, préférant entretenir l’image qu’ils souhaitaient donner, ne serait-ce qu’auprès d’eux-mêmes. Elle ouvrit la bouche à nouveau, pour reprendre la parole, sans qu’aucun mot ne lui vienne. Elle avait envie de le secouer, de lui dire de se rendre compte qu’elle existait. Qu’elle ne pouvait supporter d’être une simple passagère dans cette existence qu’il souhait vouer à des projets manifestement plus ambitieux et prometteurs que celui de nouer une relation avec elle. Qu’il semble lui préférer le monde entier, leur soeur, Rosenberg, et toutes ces personnes qui parvenaient à obtenir son attention. « Peut-être que pour une fois, ça ne me convenait plus. Mais naturellement, je m’en voudrais de te faire perdre ton temps si précieux. Je suis ravie de constater que tout aille si bien pour toi. » persiffla-t-elle, plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu, alors qu’elle continuait de laisser transparaître un enthousiasme trop faux pour être réel sur son visage, ses commissures de lèvres étirées, figées. Intérieurement, elle avait envie de hurler. Mais elle continuait d’exercer un contrôle suffisant sur elle-même pour que ça n’advienne jamais… pour ne pas rompre définitivement tout espoir de le voir un jour s’extirper de cette forteresse de solitude qu’il avait lui-même bâtie.

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Arrivé(e) le : 02/02/2018
Parchemins rédigés : 99
Points : 3
Année : 7ème année

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin:
Disponible pour un RP ?:
D'autres comptes ?:

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Mer 14 Fév - 2:36


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

« Me rapporter ce qu'il faut ? Oh, je demanderai bien à quelqu'un. Dans le pire des cas je rattraperai, je n'ai pas loupé grand chose. »

Il n'avait jamais eu besoin d'aide pour récupérer les leçons, aussi compliquées fussent-elles. De manière générale, tout était déjà bien expliqué dans les manuels scolaires préconisés par les professeurs, sans parler même des innombrables livres de la bibliothèque. Quant à la pratique ne lui avait jamais vraiment fait défaut. Ainsi il ne se servait des cours que pour poser les questions qui pourraient parfois le déranger, ou surtout approfondir des points qui l'intriguaient. Il ne s'était donc jamais vraiment posé la question, et s'étonnait que cette dernière ait été posée par la jeune fille. Leurs habitudes n'étaient décidément pas du tout semblables, là où la solitude et l'isolement d'Elijah ne lui avait jamais laissé imaginer un instant la possibilité de s'appuyer sur quelqu'un afin de subvenir à ce genre d’événements imprévus. Il fut tiré de cette rêverie dictée par ces réflexion, via une remarque qui déplût fortement au jeune homme. Il n'avait jamais vraiment compris les raisons de cette mascarade qu'elle s'évertuait à maintenir depuis toutes ces années, et c'est ainsi avec un agacement manifeste qu'il reprit la parole.

« Et pourquoi ? C'est encore ton prénom à ce que je sache. Tu ne peux pas me mentir à moi tu le sais. »

Mais il n'insista guère. Dans ses souvenirs ça ne devait pas être la première fois qu'il lui faisait la remarque. Pas pour autant que ça ait changé quoi que ce soit. Il reprit alors le fil de la conversation, non sans lui adresser un regard désapprobateur. Ce genre de regard qu'il n'avait jamais eu l'habitude de faire jusque là, trop occupé à se mêler de ses propres affaires. Ce genre de regard qu'il n'était même pas en position de faire après ces multiples années de mutisme prolongé. Il s'en était octroyé le droit sans raison aucune, et pensait pouvoir distiller ses leçons de morale à une personne qu'il ne connaissait pas. Il soupira, tout en lui répondant à nouveau, reprenant son ton neutre, fade et désintéressé.

« Moi ? C'est un loup. Et il est apparu parce que je l'ai souhaité tout simplement. Rien d'extraordinaire tu sais. Pas la peine d'en faire une histoire. »

Qu'importe que la réalisation d'un tel acte de magie soit exceptionnel pour un sorcier de cet âge, pour Elijah ce n'était qu'une formalité. Une épreuve de plus à surmonter, parmi les autres. Quelque chose qui n'avait pas besoin d'être explicité pour la simple et bonne raison qu'il ne pouvait en être autrement. Et par cette remarque aussi anodine qu'elle puisse être à ses yeux, il dénota de nouveau une forme de mépris inconscient pour la jeune femme qui se tenait devant lui, pourtant si fière.
Il s'étonna néanmoins de son mutisme soudain quant au souvenir auquel elle avait fait appel. Ce comportement lui rappelait ses propres esquives, et il se demandait alors avec une avidité étrange et inhabituelle pourquoi elle prenait la peine d'éluder à ce point le sujet. Qu'avait-elle donc à cacher ? Etait-ce aussi honteux que le sien ? Il ne put s'empêcher d'essayer d'insister, laissant cependant sa phrase en suspend.

« Vieux souvenirs de famille tu dis ? Et... J-Je, enfin, non très bien. D'accord. »

La question revenait à nouveau dans son esprit, qui était-il pour s'immiscer à ce point dans son intimité ? Avait-il sincèrement pensé acquérir les droits d'un "grand frère" après une discussion aussi sommaire ? Ses attentions actuelles, même si elles étaient louables, n'étaient qu'un ersatz futile de ce que se devait être une relation entre deux personnes comme eux. Il la regarda alors répondre à son invitation aussi étonnante que soudaine, et put ainsi remarquer avec encore un peu plus de précision le visage de la jeune fille, toujours aussi charmant bien que marqué par les discrets stigmates de la maladie qui lui prenait le corps. Il ne dit rien quant elle lui fit de nouveau remarquer ses bras couverts d'écailles mortes et brisées, qui commençaient de plus en plus à le démanger. Le simple fait de bouger ses bras faisaient tomber les plus petites et les plus fragiles sur les draps, et afin de ne susciter aucune gêne particulière à la sorcière qui ne méritait guère d'être le témoin d'un spectacle si lamentable, il éloigna ses deux avants bras le plus possible de l'endroit où s'était installée Amelia.

Cette dernière d'ailleurs, alors qu'elle l'avait déjà surpris par l'initiative dont elle avait fait preuve jusqu'ici, le rendit de nouveau pantois quand elle s'offusqua de la réplique d'Elijah. Celui-ci n'était guère coutumier des us sociaux, et avait depuis toujours pris l'habitude de faire preuve d'une honnêteté quasiment infaillible, rendant ses paroles souvent démunies de tact, concept qu'il n'avait jamais vraiment cherché à comprendre. Ce qu'il comprit par contre, était cette étrange douleur qu'il ressentit en entendant la voix de la jeune fille s'étrangler doucement, avant de s'envenimer d'un poison de sarcasme auquel elle ne l'avait jamais habitué, en comptant les rares fois où ils s'étaient adressés la parole, où les plus nombreuses fois où il l'avait entendue dans les couloirs du château, ou dans la grande salle. Cette forme de douleur n'était pas quelque chose qu'il avait souvent rencontré auparavant. Etait-ce une nouvelle forme de culpabilité ? Le jeune homme ne comprenait pas vraiment ce ressentit, et n'arrivait donc pas à le gérer. Il répondit alors de la même manière qu'il l'aurait fait face à une telle remarque, aussi acérée soit-elle.

« Oui. Tout va très bien. Mais visiblement ce n'est pas ton cas. Alors si tu as quelque chose à me dire, je t'en prie vas-y. Ne perdons pas plus de mon précieux temps. Et si ça ne me concerne pas, hé bien... Je t'en prie. »

Il lui indiqua la porte d'un regard agacé qui accompagna un mouvement de tête. Qu'importe qu'elle n'ait pas reçu son traitement, Elijah ne supportait pas les faux-semblants. Et si elle souhaitait tourner autour du pot il n'était pas son homme. Ainsi, il resta mutique, prêt à écouter. Ou à oublier cette conversation jusque là sans réel intérêt.

EXORDIUM.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Jeu 15 Fév - 3:05

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

« Me rapporter ce qu'il faut ? Oh, je demanderai bien à quelqu'un. Dans le pire des cas je rattraperai, je n'ai pas loupé grand chose. » A nouveau, elle se sentait impuissante, et inutile. Incapable de lui apporter quoi que ce soit, et elle se surprit à songer qu’elle quitterait sans doute ce monde sans avoir laissé la moindre emprunte de son existence dans la sienne, comme s’ils ne s’étaient que brièvement croisés au carrefour de leur adolescence, forcés de cohabiter par obéissance envers leurs parents. Peut-être aurait-elle du se proposer, déclarer qu’elle était tout à fait apte à demander aux sixièmes années qu’elle connaissait quelques notes de cours, mais elle demeura étrangement muette. Curieusement, elle préférait se garder de lui témoigner son entière dévotion, comme si la lui faire connaître la rendait encore plus vulnérable. Il avait ce pouvoir de rendre sa volonté flexible, de la faire douter, à la fois de lui, d’elle-même, de ses propres intentions. De lui faire sentir combien elle avait besoin d’un grand frère à ses côtés alors qu’elle s’était pourtant parfaitement accommodée de son absence, par habitude, n’ayant pas l’audace de réclamer plus d’attention qu’il ne daignait lui en accorder. Elle n’était pas Candice, qui se complaisait à sa place, au centre des regards, dans ce rôle de soeur qu’elle revêtait comme un gant, comme un droit naturellement acquis. Même envers elle, l’étrangère, elle qui n’était pas une Tiedoll. « Et pourquoi ? C'est encore ton prénom à ce que je sache. Tu ne peux pas me mentir à moi tu le sais. » Elle se mordilla la lèvre inférieure comme une enfant prise en faute, cherchant à s’extirper de cette voie qu’il la contraignait à emprunter. Si, malheureusement, elle le pouvait. Il avait toujours su cette vérité concernant son statut sanguin, et avait fait le choix de ne rien dire, méritant ainsi de sa part une confiance qu’elle aurait voulu être capable de lui accorder pleinement. C’était, bien sûr, sans compter le serment, l’échange des promesses en contrepartie duquel elle avait promis sa propre vie. Elle se souvenait d’avoir hésité, le concernant, lorsque Andrea avait listé leurs potentiels enchaîneurs, puis elle s’était ravisée, convaincue qu’il ne comprendrait pas ses motivations. « C’est tout simplement plus pratique de laisser ces histoires-là à la maison. » Être Tracy rendait tout plus facile. Devenir quelqu’un d’autre était une chance inespérée de sortir la tête de l’eau. Elle l’avait adopté dès son entrée à Poudlard, l’avait revêtu comme on enfile un costume, et ses premières amitiés en étaient nées, tandis qu’elle se faisait, petit à petit, une place dans ce monde trop vaste pour elle. Comment l’expliquer néanmoins à Elijah, qui de sa hauteur, ne semblait encore ne voir qu’en elle que la petite fille docile qui le scrutait, dans l’ombre, avec une lueur d’admiration dans les prunelles.

« Moi ? C'est un loup. Et il est apparu parce que je l'ai souhaité tout simplement. Rien d'extraordinaire tu sais. Pas la peine d'en faire une histoire. » Un loup. Elle nota mentalement cette information, comme pour la rajouter au portrait qu’elle dressait de lui, songeant aux écrits qu’elle avait pu lire à ce sujet. Rien qui ne puisse l’aider à transpercer cette carapace, tout du moins. Il l’avait souhaité, tout simplement… elle ne put s’empêcher de se sentir légèrement envieuse. Il était talentueux, c’était un fait. Elle ne l’avait jamais vu se heurter à la moindre difficulté, peut-être également pour la raison que ce qu’il lui avait laissé entrevoir de sa vie n’était qu’un échantillon. En comparaison, elle avait l’impression d’avoir travaillé d’arrache-pied, d’avoir du fournir des efforts plus rigoureux pour parvenir au même résultat que lui. Sur ce point, sur lequel elle se sentait plus proche de lui que de Candice, elle ne parvenait pas non plus à se hisser à sa hauteur… Andrea avait probablement raison à son sujet. « Non, je n’en fais pas toute une histoire, ce n’est… Enfin, je ne m’étonne pas, surtout de tes performances, tu as toujours été très doué. J’imagine que les recruteurs vont affluer à la fin de ta septième année pour te proposer des stages à chaque branche du ministère. » Elle le pensait réellement, même si elle éprouvait certains regrets à l’idée de se dire qu’il quitterait le domicile familial, seul nid qui les rattachait encore, sans qu’ils ne soient parvenus à tisser une véritable relation. Il était évident qu’une fois qu’il aurait pris son envol, leurs contacts ne demeureraient que très restreints, plus rares encore qu’ils ne l’étaient aujourd’hui. « Vieux souvenirs de famille tu dis ? Et... J-Je, enfin, non très bien. D'accord. » Elle s’étonna de remarquer qu’il semblait, lui aussi, pris au dépourvu. Avait-elle formulé quelque chose qui pouvait donner lieu à une mauvaise interprétation ? Elle craignait, effectivement, que ce ne soit le cas. En lui révélant qu’elle accordait effectivement autant d’importance à ces liens pourtant inexistants, elle se révélait à lui encore en position de faiblesse, ce qui ne l’enchantait guère. « Ça m’est venu à l’esprit comme ça tu sais… » Et à nouveau, elle éprouvait cette curieuse nécessité de se justifier, comme pour appuyer sur le fait qu’elle n’avait pas choisi délibérément de lui confier ce rôle, dont il ne voulait d’ailleurs certainement pas.

« Oui. Tout va très bien. Mais visiblement ce n'est pas ton cas. Alors si tu as quelque chose à me dire, je t'en prie vas-y. Ne perdons pas plus de mon précieux temps. Et si ça ne me concerne pas, hé bien... Je t'en prie. » Elle tressaillit, très légèrement, assommée par le violent coup donné par ses paroles assassines. Le temps d’un instant, elle hésita à se soumettre à son ordre sans discuter, et se diriger vers la porte sans ne rien ajouter, consciente qu’elle aurait tout le reste de la journée pour revenir chercher son échantillon de pimentine. Pourtant, elle ne bougea pas, et demeura ainsi immobile, à le toiser, presque aussi défiante qu’elle n’était paralysée par l’émotion. La peur de le décevoir, la colère de le sentir aussi impassible, alors qu’elle bouillonnait de l’intérieur, qu’il la forçait à se mettre à nu, déchirant ce masque derrière lequel elle se dissimulait. Et alors qu’il s’adressait à elle dans un ton gonflé de prétention, elle éprouvait pourtant cette envie contradictoire de se dresser contre lui… « Comment tu le saurais, si ça n’allait pas ? Tu es constamment ailleurs, Elijah. » répliqua-t-elle d’un ton un brin réprobateur, la voix mal assurée, avant de rajouter, d’une voix plus douce. « Tu es insondable. » Elle avait tenté la voie de la sincérité, sans savoir si c’était la bonne, avec l’impression désagréable de s’enfoncer, peu à peu. Peut-être aurait-elle mieux fait de se laisser tenter par la voie de la facilité, et de fuir lorsqu’il lui en offrait l’opportunité… Pourtant, quelque chose, en son for intérieur, la poussait à vouloir rattraper ce qui n’était peut-être pas encore définitivement enterré entre eux : l’espoir de construire un jour quelque chose. « Je ne t’en tiens pas rigueur ! J’imagine… qu’on fait ce qu’on peut. Chacun de notre côté. Et puisque ça fonctionne, autant s’en contenter. Je n’ai pas envie de m’imposer, et tu as l’air de merveilleusement bien t’en sortir, après tout. » A nouveau, elle vacillait, incertaine, sur la défensive, cassante malgré elle. Elle était sur la corde raide, parce qu’il l’y poussait, et cette position instable l’inconfortait. Les faux semblants, les doubles jeux, avaient au moins pour mérite de la mettre à l’abri, mais a priori, elle cherchait manifestement à la mettre à l’épreuve. Elle inspira donc, avant de lui poser cette question qu’elle n’avait pourtant jamais osé lui poser, en un an. « Mais dans ce cas, pourquoi t’être fait punir à cause de moi… ? » Il voulait qu’elle lui dise les choses ? Il avait gagné. A présent, les cartes étaient entre ses mains, et elle se surprenait à espérer qu’il ne mette pas fin prématurément à cette conversation, qui pourtant ne la mettait pas son aise. La vérité, rien que la vérité.

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Arrivé(e) le : 02/02/2018
Parchemins rédigés : 99
Points : 3
Année : 7ème année

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin:
Disponible pour un RP ?:
D'autres comptes ?:

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Sam 17 Fév - 11:20


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

Ses yeux roulèrent dans ses orbites, témoins de son exaspération lorsqu'elle tenta de nouveau de le raisonner quant à la manière de la nommer. Pourquoi s'était-elle déjà donné tant de mal à cacher ce nom, cette identité qui était pourtant la sienne. Soupirant, alors que ses iris azurés frappèrent de nouveau les siens pointé par la sévérité d'un grand frère qu'il n'avait jamais été, il se surprit à laisser échapper cette frustration un peu trop manifestement qu'il n'en avait l'habitude par ses faits et gestes. Sa voix elle, fut un peu plus sereine, mais ne manqua pas d'être pointée d'une touche d'agacement.

« Qu'est-ce qui est plus pratique de garder à la maison ? Ton identité ? Ta personnalité ? Toi ? Tu es qui tu es Amelia, et ce n'est pas en prenant le nom d'une autre personne que cela changera quoi que ce soit pour moi. Ce n'est ni ton sang ni un nom qui prouve ta valeur, mais uniquement tes actes. Et te cacher, te mentir à toi ainsi qu'aux autres de cette manière n'est clairement pas quelque chose de louable. Et ne compte donc pas sur moi pour t'encourager dans cette voie. »

Il n'était pas impossible que la jeune fille ait ses raisons ait des raisons tout à fait valable de se terrer ainsi derrière un masque de faux-semblants. Des raisons qu'Elijah un sorcier qui dans un monde souvent sectaire et laissant libre court aux privilèges des mieux nés ne voyait pas forcément toutes les difficultés que pouvait ressentir chaque être qui le peuplait. Néanmoins, de par ses principes qu'il suivait avec une régularité digne d'un coucou suisse, il ne pouvait se laisser aller à ce genre de bassesses, et bien qu'il ne soit guère la personne la mieux placée pour dicter n'importe quel conseil à la Serdaigle qui se tenait devant lui et se comportait comme une petite fille honteuse et prise sur le fait d'une bêtise qu'elle aurait commis. Pourquoi donc s'obstinait-il à lui faire la leçon ? Cela n'avait jamais été le rôle qu'il avait choisi, et rien n'avait changé aujourd'hui pour que cela le devienne.

Tout ceci lui revenait régulièrement à l'esprit alors qu'ils discutaient de leurs patronus respectifs, Amelia semblant toujours s'enquérir de son état par cette voix inquiète, ces regards concernés. Alors qu'Elijah restait toujours aussi détaché et honnête, complètement honnête, le comportement de sa soeur l'intriguait quelque peu. Pourquoi prenait-elle donc autant de pincettes avec lui ? Bien qu'il ne rende pas la discussion simple à mener, le Serpentard ne demandait guère à quiconque de faire preuve d'autant de prévenance. Il acquiesça sans un mot alors qu'elle lui évoquait ses potentielles opportunités à la sortie de l'école, qui ne manqueraient évidemment pas. Le jeune homme reprit alors la parole d'une voix assurée où s'y mêlait déjà une forme de fierté.

« J'ai déjà pris contact avec divers branches du ministère et où mon dossier intéressait quelques départements de renom. En espérant qu'ils permettent d'exploiter pleinement mes capacités. Bien qu'il n'y ait sans doute qu'un seul et unique poste qui le permette vraiment... »

Songeur face à ces ambitions à moitié voilées, il avait laissé exprimer une partie de son arrogance, trait qu'il avait acquis malgré lui au court de ses nombreuses années où s'étaient enchaînés les réussites sans réelle difficulté, si ce n'est des événements sur lesquels il n'avait plus aucun contrôle. Il songea alors à l'année dernière, funeste et lamentable spectacle où la déchéance de certains sorciers aveuglés par des idéologies stupides avait conduit le château au chaos le plus complet.

Une fois de plus la sorcière se justifiait. Qu'avait-elle à dire sur ce souvenir qu'elle ne souhaitait pas évoquer ? Le sien revenait à nouveau dans son esprit violemment alors qu'il se rappelait du jour où il avait conquis le sortilège du Patronus. Trouver un souvenir heureux n'avait guère été une mince affaire. Et bien qu'il ait très aisément maîtrisé formule et gestuelle, seul ce point avait pendant un temps pêché. S'appuyant sur les souvenirs qu'il avait forgé depuis le départ de son géniteur, il n'avait pas réussi à trouver un réel moment de bonheur. Bien que ses moments avec Octavia aient été tout à fait plaisants et joyeux, ils n'avaient pas été assez forts. Les repas de familles qui bien que point d'accroche traditionnel du bonheur pour la majorité des sorciers n'avaient guère fait effet chez Elijah qui les considérait comme des désagréables obligations. Non, à son grand dam, ce fut seulement en se rappelant les moments où son père l'avait saisi dans ses bras, amusé, choyé qu'il réussit enfin à apparaître ce loup qui le narguait. La présence de ce monstre l'hanterait-il pour toujours ? Dégoûté, il n'avait quasiment plus fait appel à ce sort depuis, mis à part aux BUSEs, lui accordant ainsi la note maximale en épreuve pratique de Défense.

« Tu n'as pas besoin de te justifier... Enfin, j'imagine que le souvenir auquel tu as dû faire appel était très fort. Mais tu n'es pas obligée d'en parler. Tu as l'air gênée à cette idée. »

Elijah l'était aussi, mais l'éludait, protégeant son propre secret le seul sans doute en tentant de faire preuve de considération vis à vis de la jeune femme. Dès que cela concernait son père tout devenait encore plus imperméable chez le sorcier, et il se laissait aller d'autant plus aisément à la manipulation qu'il ne le faisait déjà en temps normal afin d'éviter d'évoquer le sujet. Il n'était pas nécessaire de raviver ses plaies.

Ses plaies d'ailleurs, commençaient réellement à le démanger. Pourquoi l'infirmier était si long ? Observant un peu ses bras dont les lacérations initiales commençaient à laisser place à des croûtes disgracieuses, il guettait son arrivée d'un regard alors qu'Amelia elle le fixait, sonnée. Ses paroles avaient dû faire chez elle l'effet d'un coup de massue. C'était volontaire. La discussion prenait une tournure agaçante. Il ne souhaitait pas tourner autour du pot, quel qu'il soit et n'avait donc pas hésité à dégainer le premier. Et tant mieux si elle s'en allait, cela lui éviterait de se fatiguer en menant une conversation qu'ils auraient certainement dû avoir il y a des années et qui n'avait jusque là jamais eu lieu.

« Ne me sous-estime pas Amelia. Je sais plus de choses que tu ne le crois. Je suis sans doute insondable, mais toi même derrière ce joli sourire qui est le tien tu ne l'es pas. »

Elle le surprenait. Sa jeune "soeur" n'avait pas pris la fuite comme il s'y attendait, elle le toisait contenant ses ressentis, mais s'exprimant avec une sincérité qu'il n'avait que rarement entendu chez elle. Il lui avait dès lors répondu avec cette même franchise qui était la sienne, et qu'importe si les paroles qu'il exprimait pouvaient être blessantes. La vérité l'était. Elle n'était jamais aussi douce qu'un beau mensonge créé dans l'espoir de faire plaisir à son interlocuteur.

« Oui, je m'en sors bien. Certainement mieux que quiconque ou presque dans ce château. Et ce loin des autres. De ces autres qui n'hésitent pas à profiter de tes faiblesses. A t'écraser. Te trahir pour mieux réussir à ta place. »


Son ressentiment s'exprimait plus qu'il ne l'aurait souhaité, mais quitte à être franc, autant le laisser s'échapper. Qu'importe qu'elle lui en tienne rigueur ou non, leur relation n'en serait certainement pas changée, et il laissa alors ces paroles couler avec un peu plus d'aisance, s'approchant un peu plus de ceux qu'il couchait avec plaisir sur les parchemins, telle une rédemption qu'il espérait s'offrir.

Néanmoins, elle le sonna. Sa question était tranchante, franche, et nette, à l'image de ce coup droit qu'on n'aurait su parer à temps car autant son timing que le geste étaient réalisés avec une perfection étonnante. Et alors que les paroles s'imprimaient dans son cerveau à l'image de ce fleuret qui s'écrasait sur sa cuirasse, il ne put répondre immédiatement. Pourquoi avait-il aidé Amelia ? Les souvenirs de l'an dernier bien que vifs dans son esprit restaient traumatisants et il n'osait guère, comme la plupart des sorciers du château les évoquer. Les tortures marquent un homme, même le plus fort d'entre eux, et ce cachot, ce trou noir dans lequel il s'était volontairement enfoui pour la protéger ne pouvait être si aisément gommé de sa mémoire.

Pourquoi ? Oui pourquoi avait-il prit ce risque ? Pourquoi protéger cette sorcière inconnue au prix potentiel de sa vie, de sa carrière peut-être même, de son avenir quoiqu'il en soit. La réponse aussi limpide qu'elle puisse être ne voulait faire sens dans son esprit. Le silence se prolongeait alors que ses yeux se perdaient dans les siens, sur un visage qui avait perdu toute son assurance. Il n'avait plus de réplique bien sentie à lui adresser, plus de certitude. Ses murailles se fissuraient alors que derrière celle-ci quelque chose souhaitait s'exprimer. Quelque chose sur lequel il n'arrivait pas à poser de mot.

« Parce qu'il était inutile de voir souffrir quelqu'un pour rien. »


La phrase avait été sortie mécaniquement, faisant preuve d'une logique simple et implacable, Elijah avait formé ses quelques mots comme un réflexe, une dernière défense à ses ressentis masqués et qu'il ne souhaitait pour rien au monde laisser échapper. Son regard s'était en même temps détourné d'elle, afin de cacher l'embarras qui pouvait se lire sur son visage, et fermant ainsi la discussion. Mais le sorcier n'était pas satisfait. Pas satisfait de cette tournure, de cette fin. Lui qui un peu plus tôt lui faisait la leçon sur les mensonges et les faux semblants s'emmurait à son tour derrière ces mensonges simples et pratiques. Et bien que blessants pour son vis-à-vis, ils étaient tellement doux à ses oreilles. Pourquoi ? Pourquoi oui il se fermait à tout ceci ?

« Et sans doute car ce quelqu'un c'était toi. »

Il lâcha la phrase dans un murmure étouffé. Il l'avait néanmoins admis. Car bien qu'éloignée, cette jeune sorcière qu'il fréquentait depuis tant d'années il avait toujours souhaité la protéger. Malgré elle, mais surtout malgré lui. Malgré son ressentiment éternel envers l'espèce humaine, il ne voulait pas qu'elle soit à la merci de la haine.

EXORDIUM.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Sam 24 Fév - 15:30

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

« Qu'est-ce qui est plus pratique de garder à la maison ? Ton identité ? Ta personnalité ? Toi ? Tu es qui tu es Amelia, et ce n'est pas en prenant le nom d'une autre personne que cela changera quoi que ce soit pour moi. (...) Et ne compte donc pas sur moi pour t'encourager dans cette voie. » C’était peut-être ce qui rendait leur manière de communiquer aussi désastreuse : sa trop grande franchise, son honnêteté virulente, ne la laissaient jamais insensible. Par ses simples mots, il la secouait entièrement, provoquant chez elle multiples réactions qu’elle ne parvenait pas à dissimuler. Ils étaient rarement seuls, même à la maison, et lorsqu’ils l’étaient, ils étaient occupés ailleurs : peut-être s’occupaient-ils même pour avoir à s’éviter l’embarras d’un échange qu’aucun ne parvenait à mener à bien. Il la forçait à retirer ce masque permanent derrière lequel elle se cachait, et elle ne parvenait à faire face à l’aplomb avec lequel il énonçait ces vérités-là, celles qu’elle ne pouvait contredire. Et maintenant, voilà qu’il s’affairait à réveiller l’Amelia en elle, qu’elle gardait bien secrètement, dans un coma léthargique, alors que la Tracy qu’elle était devenue prenait le pas sur elle. « Je… » commença-t-elle sans savoir quoi dire, avec l’impression soudaine de faire face à un plus large public, qui la jugeait, l’évaluait sur chacun des mots qui franchissaient ses lèvres. Elle ne voulait pas aborder le sujet, encore moins avec lui, surtout pas avec lui. Et ce n’était ni l’endroit, ni le moment. Sauver les apparences, chercher à rétablir les faux semblants… cela devenait une priorité absolue. « Ne rends pas les choses plus difficiles, Elijah. S’il te plait. » Ce fut tout ce qu’elle fut capable de lui répondre : elle ne manquait pas de bonne volonté, mais même s’il avait raison, est-ce que cela devait y changer quoi que ce soit… ? Il demeurait malgré tout un étranger. Un étranger duquel elle espérait encore un jour pouvoir se rapprocher. « Tu es peut-être à l’aise avec celui que tu es devenu. Ce n’est pas mon cas. Ne le cautionne pas si tu veux, essaie juste de… comprendre. » énonça-t-elle simplement, sans illusion. Il ne comprendrait pas. Elijah n’avait jamais eu besoin de se dissimuler derrière quoi que ce soit : il avait grandi en prenant ses distances, en se forgeant lui-même loin des autres, en élevant son esprit pour ne jamais le laisser corrompre. Elle avait fini par laisser le sien se noyer, à la merci de ses mains parasites qui s’y agrippaient pour l’entraîner dans cette dépendance : sans eux, elle n’était rien. Elle avait toujours cherché à être entourée, alors que lui se satisfaisait pleinement de ne pas l'être.

« J'ai déjà pris contact avec divers branches du ministère et où mon dossier intéressait quelques départements de renom. En espérant qu'ils permettent d'exploiter pleinement mes capacités. Bien qu'il n'y ait sans doute qu'un seul et unique poste qui le permette vraiment... » Elle ouvrit à nouveau la bouche, sans savoir si quoi que ce soit en sortirait, tandis qu’elle massait nerveusement ses poignets, un oeil toujours sur l’infirmier qui appliquait un nouvel onguent après que l’application du premier se soit révélée infructueuse. Bien sûr, elle aurait du s’y attendre. Elle savait qu’il partirait un jour, bien entendu. Mais ça n’existait pas encore, tant qu’il n’en parlait pas… tant que ça restait évasif, tant qu’elle se voilait encore la face en se complaisant dans le cocon familial, duquel il ne ferait bientôt plus partie. Candice continuerait de le voir régulièrement, sans doute : elle n’avait jamais eu peur de faire le premier pas avec les autres… pour sa part, de quoi aurait-elle l’air en cherchant à entretenir une relation inexistante avec un frère qui composait très bien lorsqu’elle ne faisait pas partie du tableau ? « Oh… et ton profil les a intéressés, j’imagine. Sur laquelle vas-tu jeter ton dévolu ? » Elle suivrait sa réussite de loin, demanderait à Louise si les nouvelles étaient bonnes, s’il parvenait à satisfaire correctement ses ambitions. Peut-être un jour deviendrait-il en effet ministre : elle n’en serait guère étonnée. Il n’y avait au château que deux personnes qu’elle imaginait avoir la carrure pour un tel poste, et elle n’aurait guère été surprise que le second le convoite également. Quelque part, elle les enviait un peu : être aussi sûrs de la voie qu’ils emprunteraient la rendait un peu jalouse, alors qu’elle tâtonnait encore de son côté sans savoir où jeter son dévolu, feuilletant des brochures, s’imaginant quitter ce château dans lequel elle avait mûri, aimé, souffert, appris à voler de ses propres ailes contre son gré. « Tu n'as pas besoin de te justifier... Enfin, j'imagine que le souvenir auquel tu as dû faire appel était très fort. Mais tu n'es pas obligée d'en parler. Tu as l'air gênée à cette idée. » Elle avait à nouveau cette impression désagréable qu’il lisait en elle comme dans un livre ouvert, comme s’il n’avait même pas à s’embarrasser à faire semblant de ne pas savoir de quoi elle parlait. Bien sûr qu’elle n’était pas à l’aise avec cette idée, que son cerveau le mette ainsi idéalisé au premier plan alors qu’elle ne constituait qu’un point dans le fond du tableau de son demi-frère. Un détail de son existence. Ça aurait du lui convenir, elle s’était toujours accoutumée à la manière dont les autres la percevaient, même si d’ordinaire, elle s’adaptait pour s’accommoder à eux. Pas avec lui. Ça ne fonctionnait jamais, avec lui. « On a parfois, enfant, tendance à accorder peut-être un peu trop d’importance à des détails qui ne veulent finalement peut-être rien dire. Qu’importe, ça a fonctionné. » répondit-elle avec un sourire trop faux pour être sincère. Est-ce que son souvenir était puissant ? De lui près d’elle, de leur échange silencieux, de cet intérêt soudain qu’il avait semblé lui porter, une fraction de seconde… ? Probablement.

« Ne me sous-estime pas Amelia. Je sais plus de choses que tu ne le crois. Je suis sans doute insondable, mais toi même derrière ce joli sourire qui est le tien tu ne l'es pas. » Elle ne put s’empêcher de frémir intérieurement, en l’entendant formuler ces mots : il savait des choses. Par réflexe, elle ne put s’empêcher de penser au serment, avant de s’efforcer de chasser cette désagréable pensée de sa tête. Non. C’était impossible voyons, comment aurait-il pu se douter de quoi que ce soit ? Seulement en la sondant du regard ? Elle demeura impassible, mains sur les genoux, phalanges repliées contre sa paume, chassant l’idée qu’elle pouvait lui être transparente. « Ne me regarde pas comme ça. » laissa-t-elle échapper à mi-voix, pas comme un ordre, davantage comme une supplication, soudainement terrifiée à l’idée que l’acuité de son regard scrutateur puisse la percer à jour. Elle avait trop de mensonges entassés en elle, pour que l’idée que lui, auprès duquel elle espérait un jour pouvoir se montrer sous un bon jour, ne les découvre. Elle n’y était pas préparée. Elle avait besoin qu’il continue de se satisfaire de cette enveloppe extérieure derrière laquelle elle pouvait se replier en cas de danger. « Oui, je m'en sors bien. Certainement mieux que quiconque ou presque dans ce château. Et ce loin des autres. De ces autres qui n'hésitent pas à profiter de tes faiblesses. A t'écraser. Te trahir pour mieux réussir à ta place. » Ses yeux se baissèrent vers les restes d’écailles, encore plantés dans sa peau, tandis qu’elle fixait le sang noir qui coagulait alors, stabilisé par les premiers soins qui avaient été apportés et empêchant toute infection. Elle ne pouvait s’empêcher de se sentir visée par ses paroles qui étaient les siennes, alors qu’il la caractérisait encore et toujours comme une petite fille sans défense. Elle avait toujours éprouvé pour lui un profond respect, pour chacun des choix qu’il avait pu faire, même pour cette décision de se tenir à l’écart d’eux, à l’écart d’elle, continuant de l’admirer de loin. Maintenant qu’il la contraignait à se dévoiler sous la menace de devoir mettre fin prématurément à leur échange, elle était dans une position délicate. « Je voudrais être capable de penser comme tu le fais. De creuser un fossé entre moi et le reste du monde pour m’élever en solitaire. Je crois que je ne peux tout simplement pas. » Et il le savait pertinemment. Il était fort, puisqu'elle ne le serait sans doute jamais. Elle lui enviait ces facultés qui ne seraient jamais les siennes, même avec toute la bonne volonté du monde, et c’était pour cette raison qu’elle était bien incapable de lui en vouloir de s’écarter d’elle afin de ne jamais laisser qui que ce soit l’atteindre. Une nouvelle énigme, une équation à laquelle aucune explication arithmantique ne pouvait apporter de réponse.

La question qu’elle lui avait posée en retour était plus délicate, plus risquée, si bien qu’elle s’étonnait de l’avoir laissée s’exprimer à voix haute. Elle n’avait jamais craint que Candice brise le silence à son sujet, parce que la confiance qu’elle plaçait en cette soeur était totale. En ce qui concernait Elijah, elle était toujours restée dans la crainte et l’incertitude… Il ne paraissait pas comprendre ses motivations, et les préoccupations qui étaient les siennes semblaient tellement éloignées d’elle qu’elle l’imaginait mal s’impliquer, même par son refus de se prononcer. Il était d’une intelligence rare, était promis à un avenir prometteur, et rien ne semblait pouvoir l’écarter du chemin qu’il suivait alors, maître de lui-même, maître de ses décisions. Pourtant, pas de celle-ci. « Parce qu'il était inutile de voir souffrir quelqu'un pour rien. » Elle n’eut rien à répondre, tandis que dans un échange muet, elle avait l’impression, pour la première fois, qu’ils se comprenaient. De pouvoir voir en lui ce grand frère qu’il s’était toujours refusé d’être. De pouvoir lui exprimer son ressenti avec autre chose que de vagues sous-entendus et des paroles voilées. « Et sans doute car ce quelqu'un c'était toi. » Ces derniers mots l’ébranlèrent, sans doute plus que de raison. Elle se retourna vers lui à nouveau, sans chercher à fuir son regard cette fois. Un torrent de question assaillit son esprit, tandis qu’elle s’efforçait de demeurer parfaitement sereine, afin de discerner le sens masqué de ces paroles qu’elle ne comprenait pas. Le fait que ce soit elle était-il censé changer quelque chose ? Elle n’avait pas plus de signification à ses yeux que le reste de l’école. Pas selon elle. « C’était inutile que tu souffres toi aussi. » se contenta-t-elle d’ajouter, légèrement morose. Au final, tout cela n’avait servi à rien, on l’avait malgré tout forcée à ingurgiter cette dose de véritasérum, forcée à parler, à dénoncer ceux qui l’entouraient, avant de l’envoyer dans les limbes, subir les conséquences de sa trahison, punie par les vengeances sournoises des élèves qui avaient choisi de faire justice eux-mêmes. Ça n’avait servi à rien, les mensonges l’avaient rattrapée. « Pardon. Pour ça. Pour ces trois jours d’enfer que tu as du vivre pour m’éviter de le connaître durant six mois. » formula-t-elle à voix basse, honteusement. « Je ne voulais pas que tu subisses ça. Tu ne le méritais pas. » Ces excuses, un peu tardives, n’auraient peut-être plus de sens, désormais. Mais il fallait bien qu’elles sortent un jour, même si elle appréhendait la réaction qui sera la sienne. Peut-être chercherait-il, à nouveau, à s’écarter d’elle, en jugeant qu’elle déviait sa route de celle qui était déjà toute tracée pour lui.

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Arrivé(e) le : 02/02/2018
Parchemins rédigés : 99
Points : 3
Année : 7ème année

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin:
Disponible pour un RP ?:
D'autres comptes ?:

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Ven 2 Mar - 2:50


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

« Arrête-toi. D'entre nous deux, en ce moment précis c'est toi qui rends les choses difficiles Amelia. »

Elijah ne cherchait pas à comprendre. Il était complètement imperméable aux justifications qu'elle pouvait lui donner, et seule son incompréhension dominait quand les parole dans la bouche de sa soeur se formaient. Ainsi, toujours plus son exaspération transparaissait, alors que cette partie de la conversation se prolongeait, et il l'observait tenter des explications vaines, qui n'arrivaient pas à faire écho au sein de l'âme du sorcier, trop habitué à la solitude, à la confiance et à l'arrogance. La faiblesse dont sa belle-soeur faisait preuve le dépitait, et était rejetée par tout son être.

« Peut-être que ça aurait été différent si tu ne l'avais ne serait-ce qu'un peu laissée s'exprimer ? Penses-y. Et avant de me demander de comprendre essaye de te remettre un peu en question. Enfin, passons. »

Lui qui n'avait été que par trop habitué à ces remises en questions dans le passé était sans pitié avec ceux qui faisaient preuve de bassesse. Mais alors qu'habituellement il se contenterait simplement d'ignorer ces énergumènes, il ne pouvait se le permettre avec la jeune sorcière qui se tenait face à lui. D'abord car elle était sensée être une personne de sa famille. Une de ces personnes qu'il s'était, même si celle-ci était arrivée plus tard, promis de ne plus blesser. Ensuite car bien qu'il l'ait toujours évitée au court de toutes ses années, elle avait quand même ce jour-ci fait l'effort de venir lui parler, et il se devait de faire de même. Essayer tout du moins.

C'est toujours pour ces quelques raisons qu'il s'efforçait de continuer cette stupide discussion. Ils avaient par la suite digressé sur les ambitions du Serpentard, qui ne semblait guère en proie à la modestie. Très sûr de lui il avait formulé ses objectifs sans la moindre hésitation, se demandant seulement si la fonction suprême à la tête du pays satisferait à exprimer son potentiel.

« Je n'y ai pas encore réfléchi. Le département des mystères a des ouvertures et des possibilités que son nom suggère, tout comme celui de la justice magique. Mais il reste encore un peu de temps pour y penser. Je ne me fixe pas de limite. Jamais. »


Son regard s'était un instant perdu dans ses réflexions quand il se fit la remarque que la bienséance voudrait qu'il lui pose également la question en retour. Réflexe qu'il n'avait jamais pris la peine de prendre - et ne souhaitait pas le faire d'ailleurs - mais qu'il tenta de mettre en application afin de ne pas laisser mourir la conversation. Le garçon s'attachant à l'idée que les efforts qu'il faisait en ce moment même mériteraient sans doute bien des jours de solitude la plus totale sans qu'on puisse dans son maigre entourage lui reprocher quoi que ce soit. S'il avait fait un jour attention à ce genre de remarques.

« Et toi ? Des idées quant à ton orientation déjà ? Les BUSEs approchent. »


Voilà, c'était fait. Débarrassé de cette politesse qu'il n'appréciait en rien, il garda cependant un masque impassible, sur lequel il tenta d'éclairer par ses pupilles un brin d'intérêt sincère. A l'image de celui qu'il affichait quand ils en vinrent à évoquer cette fameuse histoire de Patronus. La jeune femme semblait se refermer encore un peu plus dans ses raisonnements, avec une gêne définitivement inscrite sur son visage, et qui semblait à peine la quitter entre les différents thèmes qu'ils osaient évoquer dans cette conversation qui n'avait guère vraiment de sens. Néanmoins, la curiosité qui se manifestait en Elijah était peut-être égale à la gêne que lui même ressentait. Pourquoi ne voulait-elle donc pas l'évoquer ? Etait-ce suite à des raisons aussi sombres que les siennes ? La question restait désagréablement en suspend dans son esprit alors qu'il formulait des réponses qui mêlaient une forme d'insistance à un désintérêt similaire à celui qui le caractérisait d'habitude.

« Il est rare que les souvenirs d'enfance soient complètement dénués de sens ou d'importance. Bien au contraire, ce sont souvent les plus vrais, les plus forts. Au grand malheurs de certains. »

Ses iris se détournèrent de son visage légèrement rosi par la gêne, lui même pensif, et souhaitant camoufler par là son propre embarras. Oui, c'est bien grâce à ce genre de souvenirs qu'il avait lui même réussi à faire apparaître le sien. Et ce fut une nouvelle pierre qui s'était à ce moment ajoutée à sa forteresse de culpabilité.

Les mots, durs, qu'il eut par la suite marquèrent avec force Amelia. Ébranlée, la sorcière maintint volontiers le silence pendant de longues secondes qui voulaient tout dire. L'inquiétude se lisait sur son visage, alors qu'elle se demandait ce qu'exactement son frère avait voulu dire par ses propos. Que savait-il vraiment de cette sorcière qui lui faisait face ? Pas grand chose en réalité, mais ce dont il était sûr c'est que la jeune femme qu'il avait en face de lui était loin d'être blanche comme neige. Bien qu'il ne se soit jamais vraiment jusque là posé la question, cette hypothèse subsistait en lui depuis son apparition.

« Parce que tu aurais peur que je découvre finalement qui tu as été pendant tout ce temps Tracy ? »

Il prononça ce nom non sans retenir une forme de déception, si ce n'est même du dégoût. Ses yeux la scrutaient alors qu'elle tentait de se camoufler derrière les dernières défenses qu'il lui restait. Il n'était pas le grand frère qu'elle souhaitait. Il ne le serait sans doute jamais. Mais pour autant il ne pouvait supporter la vue de quelqu'un enfermé à ce point dans les faux semblants et les mensonges. N'osant porter ses mains à ses tempes qui auraient pourtant mérité un léger appui suite à cet agacement qui persistait, il n'eut qu'un bref soupir désabusé alors qu'elle avait reprit la parole de sa voix mal assurée

« Personne ne te demande d'être comme moi. Une fois de plus je te le répète, il s'agirait peut-être tout simplement d'être vraiment comme toi. »

S'eut été sans doute la phrase la plus sage que le garçon ait pu prononcer depuis le début de leur conversation. Non que ce qu'il dise soit dépourvu de sens et d'intérêt, étant donné qu'il essaye la plupart du temps de ne pas perdre du temps de parole à évoquer des banalités, mais ces quelques mots furent prononcés avec une telle neutralité, une telle sincérité qu'on ne pouvait plus y voir aucun ton vindicatif. Endossant par là pour la première fois le costume de quelqu'un sur lequel on pouvait compter.

Vint peu après le moment plus délicat que la, aujourd'hui, surprenante sorcière avait pris la peine d'évoquer de son soudain aplomb. Un thème plus perturbant, aux tenants et aboutissants variés. Elijah avait laissé exprimer une partie de ses ressentis à l'instant, des choses enfouies, au loin, un attachement maigre mais présent, quelque chose qui résistait à la destruction qu'il souhaitait pourtant leur imposer.

« Qu'importe. Pourquoi je devrais t'en vouloir, c'était mon choix. Et puis le rapport de 3 jours sur les 180 que tu as pu vivre tranquille est plutôt avantageux. »


Il s'interrompit, repensant aux trois jours passés dans le noir, total, loin des autres détenus, enfermé, tandis qu'ils tentaient de le briser. Une fêlure qui n'est jamais arrivé, Elijah restant malgré les punitions et les privations conforté dans ses certitudes et ses principes. Il ne digressa alors que brièvement à ce sujet, d'une voix rapide, qui souhaitait manifestement éluder les détails.

« Ce ne sont pas ces sorciers arriérés fixés sur ces histoires de sang qui n'ont pas lieu d'être qui me feront du mal. »


Il repensa alors à ce qu'il a vécu, à ce que les autres ont pu vivre, elle y comprit. Sans même parler des très probables sévices subis au cour de sa détention, de la main de ses propres camarades, vengeurs idiots et aveuglés par une rancoeur qui n'avait pas lieu d'être.

« Aussi stupides que puissent-être les habitants de cette école, et les sorciers de manière générale, personne n'avait à subir ça. Personne. Et surtout pas toi. Et encore moins ce que tu as du vivre en plus du reste. Pourquoi devrais-je t'en vouloir dis-moi ? D'avoir voulu vivre ? Soyons sérieux. »

Il n'avait jamais ressenti la moindre colère vis-à-vis de cette jeune femme, il y a quelques temps si inconnue et à ce moment précis pourtant si proche. Dans un réflexe de compassion, il s'était redressé dans son lit, tendant sa main ankylosée par la douleur de ses avants-bras pour saisir la sienne qui se trouvait sur ses genoux. De la compassion ainsi que de la tendresse pour quelqu'un à qui il n'avait jamais donné. Et qui pourtant réussissait à se sentir coupable, alors que cette culpabilité devrait plutôt incomber au Serpentard, qui n'avait une fois de plus, pas su protéger sa famille des dangers qui la guettaient.


EXORDIUM.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Dim 4 Mar - 12:45

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

Pourquoi diable fallait-il qu’avec lui, tout soit si compliqué… ? Elle surveillait chaque mot qu’elle employait en sa présence, le mesurant précautionneusement afin de l’intégrer avec soin à la conversation qu’ils peinaient pourtant à mener… et ça ne suffisait pas. A croire que l’opération était déjà perdue d’avance… Peut-être aurait-il été plus sage de renoncer dès à présent. Elle savait mieux que quiconque que s’acharner pour des causes perdues n’apportait rien, et elle n’envisageait pas de lui courir après alors qu’il n’avait de cesse de lui faire savoir que rien dans son attitude ne lui convenait. Elle s’agita, mal à l’aise, sur le matelas, faisait tourner l’une de ses mèches entre ses doigts. C’était elle qui rendait les choses difficiles… ? Peut-être, mais il ne l’aidait certainement pas. Elle avait passé l’âge de rêvasser à ce que le grand frère qu’il se refusait à être fasse réellement partie de sa vie, et partage avec elle plus qu’une chambre au même étage qu’elle dans leur maison de banlieue. Elle avait passé l’âge de courir après les chimères, de chercher à traduire ses paroles incisives, de vouloir comprendre le langage qui lui semblait propre tant il paraissait tenir à se rendre inaccessible. Il l’accusait, et elle n’eut rien à répondre, elle demeura de marbre, presque absente. A ce stade-là de la conversation, l’idée de ne même plus le contredire, de le laisser lui démontrer par peu importait quel savant raisonnement elle était la source du problème, lui traversa l’esprit. Se remettre en question ? Comme si elle n’y avait pas pensé ces derniers mois… il ne connaissait décidément rien des sentiments qui l’habitaient, qui se battaient en elle, provoquant une déchirure interne qu’elle ne pourrait recoudre de ses mains habiles. Il y avait des blessures qui ne guérissaient pas, et ils en conservaient tous les deux la marque, des traces qui jamais ne partiraient. « A t’écouter, c’est à croire que c’est à la portée de n’importe qui. C’est le seul moyen qu’il me reste… pour devenir forte. Je ne pouvais pas rester « elle » éternellement. On est pas à la maison. Ce sera jamais la maison, ici. » déclara-t-elle en haussant les épaules, la mine contrariée. Sûrement des paroles en l’air, qui se perdraient dans dans cette infirmerie lorsqu’ils en seraient sortis, reprenant le cours de leur vie comme s’ils ne s’y étaient jamais croisés. Parce que c’était finalement tout ce qu’ils étaient capables de faire… se croiser.

Le département des mystères, voilà qui était peu étonnant pour quelqu’un qui, à ses yeux, en constituait un de plus. Elle approuva d’un simple hochement de tête, silencieuse, avec cette désagréable impression qu’il n’en reviendrait jamais. Qu’il s’enfoncerait là-dedans, happé par ces nouvelles possibilités, par ces nouvelles énigmes à résoudre, ces casse-têtes à déchiffrer. Il n’y avait pas de place pour une famille dans ces domaines-là, surtout pour une famille déjà fracturée. « L’un ou l’autre t’iraient à merveille. » répondit-elle d’un ton qu’elle voulut cordial. « Tu as la carrure et les épaules pour ce genre de poste, ils auront de la chance de te compter parmi leurs effectifs. Et puis… Cissy s’intéresse aussi à celui de la justice magique, vous feriez une bonne équipe. » Elle le pensait réellement, même si au fond elle avait toujours éprouvé cette amertume à le sentir plus proche de sa meilleure amie sur bien des plans, que d’elle-même. Cillant légèrement lorsqu’il lui retourna la question, elle se mit alors à réfléchir… à songer, en tout premier lieu aux recherches qu’elle menait avec Andrea. A la mort, la vie au terme de cette dernière, le phénomène de résurrection… elle entendait bien poursuivre ce travail au terme de ses années d’étude, mais savait pertinemment qu’elle ne pourrait en faire son activité principale. Il y avait certes d’autres options, dans les brochures qu’elle parcourait concernant les universités sorcières, l’affaire qu’elle et Cissy songeaient à monter, mais tout était encore trop confus… Elle n’était ni pressée d’y être, ni sortir du cocon dans lequel elle s’était camouflée à Poudlard. « Je ne sais pas vraiment. Il y a de bonnes perspectives à envisager du côté de la médicomagie. Ou chez les briseurs de sortilèges, les langues de plomb… c’est un peu flou pour le moment. » évoqua-t-elle en se massant la nuque, gênée de ne pas être capable de faire preuve d’autant de détermination que lui dans ses choix. Lui n’avait pas eu de mal à se trouver, tandis qu’elle se cherchait encore, éternellement…

Et la conversation basculait à nouveau sur un plan qui l’incommodait, qui l’embarrassait au plus haut point. Elle n’était ni sûre d’avoir envie de parler de ces souvenirs d’enfance, ni de se laisser aller à une analyse introspective de ces derniers, se contentant simplement d’accepter qu’ils étaient toujours terrés en elle, et qu’ils lui avaient permis d’accéder au Patronus corporel. Tout simplement. Surtout parce qu’ils le concernaient… Mais comment obtenir une réponse, si elle se murait dans le silence… ? « Pourquoi ce devrait être un malheur, d’être marqué intimement par notre enfance… ? » ne put-elle s’empêcher de demander, rebondissant sur l’une des paroles qu’il venait de laisser échapper. Il ne parlait probablement pas de lui. Elle ne voyait pas quel souvenir de jeunesse aurait pu lui permettre d’extraire de l’essence même de son être une forme animale si puissante qu’elle en viendrait à bout de bien des ennemis. Et à nouveau, elle frémit intérieurement lorsqu’il prononça son nom, avec une insolence qui lui était propre. Quel effet cherchait-il donc à susciter ? Il la désorientait sans cesse, la mettant dans une position trop délicate pour qu’elle ne parvienne à le supporter. « Oui. » répliqua-t-elle, plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu, tandis qu’un geste de recul la poussait, par réflexe, à se mettre à l’abri, hors d’atteinte de ces mots trop incisifs. « Est-ce que c’est mal, ça aussi ? » Le ton se faisait plus sarcastique, moins assuré. Il la poussait dans ces derniers retranchements, et elle en finissait même par se demander si ce n’était pas tout simplement ce qu’il cherchait à faire, depuis le début de cet entretien. Le temps d’un instant, elle se surprit à espérer que l’infirmier en ait bientôt terminé avec ses patients, afin qu’il lui porte son flacon de pimentine, et ne la délivre. A nouveau, il n’éprouvait aucun scrupule à lui renvoyer vérité sur vérité… elle n’était pas prête à les entendre. Elle n’était pas prête à reconnaître qu’il avait raison sur bien des points la concernant, sans même la connaître. « Bien sûr. C’est si facile, pour toi. » laissa-t-elle échapper, d’une voix à peine perceptible, désemparée. En réalité, elle n’en savait rien : peut-être vivait-il d’autres choses, d’autres épreuves, dont elle ne connaissait rien. Elle ignorait tant de lui qu’elle ne pouvait se baser que sur de simples suppositions…

Il parlait comme si ça ne représentait rien, comme si à ses yeux, ces trois jours de calvaire n’étaient qu’une formalité, comme si l’isolement ne pouvait briser un être. Ça avait peut-être marché sur elle, mais de toute évidence, pas sur lui. A nouveau, elle lui enviait cette faculté, à se sentir détaché de tout, des conflits de sang, des guerres internes, des hiérarchies… à se placer supérieurement à eux, pour contempler, de toute sa hauteur, tout le panorama de la bêtise humaine. « Ils le peuvent ! Ce n’est pas parce que leur idéologie est stupide qu’ils… ne savent pas comment te détruire. Au contraire. Tant qu’il y aura des gens pour partager leurs idées, pour un peu qu’ils le voudraient, ils anéantiraient n’importe qui. » soupira-t-elle avec une profonde lassitude. Cependant, ces paroles la touchèrent, peut-être plus qu’elles ne l’auraient du. Quelque chose l’agita subitement de l’intérieur, un sentiment étrange, comme une créature qui se débattait en elle, qu’elle avait poussé à rester tapie, et qui désormais ne supportait plus cet étouffement. Pour la toute première fois, il semblait tenter un pas vers elle. Pour la première fois, il s’essayait à cet exercice, de la comprendre. Avec pudeur et retenue, et sans se départir de cette arrogance naturelle qui caractérisait son ton de voix, mais il y tendait. Elle eut la surprise de sentir entre ses doigts les siens qui venaient s’y glisser, mais s’efforça de ne rien en laisser paraître : il n’avait pas à deviner combien ce contact était réconfortant, ni combien il lui apportait, par ce simple geste, sûrement anodin. Ça ne l’était pas pour elle. Ça n’était pas ce à quoi ils étaient habitués, ça ne faisait pas partie des conditions qui déterminaient leur relation d’ordinaire si distante. Et pourtant, lentement, maladroitement, ils brisaient cette glace au sein de laquelle ils étaient piégés, sans issue, pour construire un pont, l’un vers l’autre. Doucement, elle referma ses doigts, autour des siens, comme en espérant qu’ils ne la quitteraient jamais. « De t’avoir impliqué là-dedans, sans préavis. De t’avoir entraîné dans mes histoires alors que tu leur préfères bien davantage la vérité. » répondit-elle en souriant, timidement. « On ne se parle pas beaucoup, toi et moi… Alors les rares fois où ça arrive, j’aurais voulu ne pas être celle qui gâche tout. » Parce qu’il faisait cet effort, elle éprouvait ce besoin de lui rendre la pareille : celui d’être sincère à son tour, même si l’exercice restait ardu. Mettre des mots sur les sentiments qui l’animaient, les mettre à nu n’était pas dans ses habitudes, et la faisait se sentir anormalement mal à l’aise. Cependant, il avait su l’aider à se dévoiler…

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Arrivé(e) le : 02/02/2018
Parchemins rédigés : 99
Points : 3
Année : 7ème année

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin:
Disponible pour un RP ?:
D'autres comptes ?:

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Mar 6 Mar - 2:16


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

« Parce qu'Amelia n'a pas le droit d'être forte peut-être ? Au vu de ce qu'est Tracy, un ersatz mensonger et dépourvu d'avis propre, je me permets de dire qu'elle l'est sûrement même plus que cette image dénuée de sens que tu te forges avec acharnement. »

Même son argumentation n'était plus cohérente. La jeune femme se terrait derrière une gêne perceptible, alors qu'elle triturait ses cheveux tentant de camoufler son désarroi par des tics gestuels qui se manifestaient avec une récurrence de plus en plus importante. L'agacement d'Elijah se manifestait durement, crûment, mais il était à son sens complètement justifié. Il n'avait jamais compris cet acharnement au mensonge que sa soeur maintenait à tout prix, lui qui bien qu'observateur lointain de la croissance de la petite sorcière brute qui était devenue grande devant lui, savait qu'elle méritait plus que simplement cette façade qu'elle souhaitait conserver. Il haussa à son tour les épaules, faisant écho au mouvement de la bleue et bronze. Il n'avait pas grand chose à ajouter à ce constat sans filtres et sans le moindre tact. Il n'en avait jamais eu jusqu'à aujourd'hui, alors pourquoi changer ? Les doux mensonges n'avaient jamais été aussi efficace que les laides vérités.

Il eut un petit sourire satisfait lorsqu'elle évoqua ses possibilités de carrière. Il savait très bien que ces postes lui iraient à merveille. Tout pouvait lui aller, la réussite lui tendait les bras. Néanmoins ses inquiétudes étaient autre. L'intérêt était de trouver des postes suffisamment stimulants pour pouvoir être mis au défi régulièrement. Et la moindre des choses qu'on pouvait admettre ici, c'est que ce n'était guère le cas au cours de son quotidien au château.


« Narcissa est une sorcière brillante, c'est évident. Moins que moi bien sûr, mais elle me surprend souvent par ses connaissances avancées, bien que parfois incomplètes, à mon grand regret. Cependant elle comme moi nous ne sommes pas du genre à vraiment travailler en équipe, c'est bien connu. »

Ça aussi, c'était évident. L'un comme l'autre étaient des loups solitaires dépourvus de réelles attaches sociales. Elijah encore plus que sa camarade de classe qui restait quand même très proche de sa soeur, ainsi que de son petit groupe d'amis habituel. Lui-même avait pu un temps s'estimer proche d'elle, bien que l'année dernière eut été une année où les complications les avaient éloignés, et que l'occasion de se rapprocher n'avait guère été trouvée. Ce fut ainsi au tour de Tracy de nommer ses propres ambitions, et il fut étonné de voir le désarroi que sa question suscita chez elle. Etait-ce cette soudaine politesse qui avait dérouté la jeune femme ? Mais il semblait visiblement évident qu'elle n'ait que peu réfléchi à la question. Ses réponses cependant furent simples, classiques, ainsi que bordées par des hésitations assez caractéristiques de cette majorité de jeunes sorciers perdus et complètement démunis face aux choix que leur proposait la vie. Il acquiesça alors en silence, n'ajoutant qu'une brève verve pour tenter encore et toujours de montrer qu'il faisait l'effort de faire la conversation.

« Je vois. Malgré ce flou, ça reste quand même de beaux projets. J'espère que tu les mèneras à bien. »

Une sollicitude à laquelle il n'était pas habitué, et qui le quitta lorsqu'ils entrouvrirent le sujet de leurs Patronus respectifs. Cette fois seul son propre embarras, mêlé à de la curiosité subsistait. Elle ne semblait de toute évidence aucunement à l'aise avec le souvenir qu'elle avait utilisé pour, à l'image du Serpentard tout aussi décidé à ne laisser piper mot. Cependant elle tenta de le questionner, reprenant ses paroles qui avaient malgré lui laissé échapper quelques indices concernant son propre dégoût. Il garda le silence quelques instants, mesurant ses paroles, tentant de donner une réponse qui la satisferait elle autant que lui, et qui par hasard lui permettrait peut-être d'en savoir plus sur les raisons de son silence à Elle. Une gymnastique verbale à laquelle il était pourtant habitué, mais rarement mise en place dans un désarroi qui était le sien à ce moment précis. Il serra discrètement alors ses poings, avant de machinalement se gratter la tête, ébouriffant encore un peu plus par la même occasion ses cheveux qui restaient encore débraillés par le sommeil, tout en prenant enfin la peine de répondre.

« Certains souvenirs... N'ont pas lieu d'être tu sais. Ce sont des erreurs, des erreurs dont on se rend compte seulement plus tard et qui malgré tout nous pèsent. C'est pour cette raison que tu ne souhaites pas évoquer ton souvenir ? Tu ne le trouves pas légitime c'est ça ? »

Une fois de plus, d'une manière très abrupte, il avait foncé droit vers le mur qu'était sa soeur. Ce mur de faux semblants et de politesse qu'elle espérait garder en toutes circonstances et que le jeune homme ne prenait absolument pas en considération dans ses paroles, dépourvues de toute mesure ou d'une quelconque subtilité. Bien qu'il en soit capable, il n'était guère d'humeur à en user, et il laissait tout simplement ses questionnements s'échapper sans y penser.

La réponse aux hostilités qu'il avait par ailleurs lancé ne se fit pas attendre. Elle se crispa, s'éloigna inconsciemment de lui par réflexe alors qu'Elijah l'observait de ses yeux inquisiteurs, où restait malgré tout latente une touche de mépris. La question revenait sans cesse dans l'esprit du garçon : pourquoi tout ces mensonges, ces innombrables cachotteries ? Et s'il avait été plus présent, tout ceci n'aurait pas pu être différent ? La culpabilité commença à le gagner, alors qu'il tenta de la faire disparaître par ses résolutions. Il avait pris cette décision afin de ne plus blesser qui que ce soit, de ne plus être le responsable du danger qu'il pouvait leur apporter par sa simple et nuisible présence. Mais n'avait-il par là laissée ses deux jeunes soeurs à l'abandon ?

« Peut-être que tous ces boniments et ces affabulations mériteraient d'être enfin mises à nu. Car tu crois peut-être que te couvrir de ces artifices et ces impostures est une bonne chose ? »

La question lui semblait rhétorique. Elle ne pouvait pas sciemment répondre à l'affirmative à cette question. Même si Elijah n'était pas forcément à l'abri de surprises avec la jeune femme qui lui faisait face. C'est alors qu'il reprit la parole, toujours dans la vindicative, mais plus défensive cette fois alors que c'était pour une fois sa soeur qui parlait sans savoir aucunement ses propres épreuves et ses propres difficultés. Qui bien que certainement stupides aux yeux de certains étaient ses propres épreuves qu'il n'arrivait pour autant pas à surmonter.

« Ce n'est facile pour personne Amelia. Personne. »


Et il se tût, amer.

Il se tût, jusqu'à ce que la conversation dévie de nouveau, sur un sujet d'autant plus sensible, où ils se comprenaient néanmoins tous les deux. Les épreuves qu'ils avaient tous les deux traversé l'an dernier avaient profondément marqué la psyché de la plupart des élèves. Le traumatisme de cette sombre période restait vivace, et les inquiétudes planaient dans le château alors que les professeurs comme les élèves se préparaient tous dans le cadre d'une potentielle nouvelle agression. Sa main s'était doucement glissée vers celle de la sorcière, d'un geste de compassion soudain et qu'ils maintinrent tous les deux, intensifié même par Amelia, qui bien qu'elle ne le laissa pas transparaître, montra par ce geste furtif qu'elle l'appréciait. Elijah reprit la parole quant à ses inquiétudes, tout à fait compréhensibles sur ces ignobles monstres qui avaient pu ainsi les traiter l'année dernière.

« Et bien dans ce cas là j'anéantirai ces êtres qui ne méritent en rien la moindre pitié. Le sang ne fait pas le sorcier. Et les exemples qui le montrent se sont multiplié et ce depuis des années, bien avant même la chute de Voldemort. Chute qui aurait dû être également la chute complète et totale de ces Veracrasses arriérés. »

La bile qu'il rejetait était à l'image de celle qu'il ressentait en son sein. Une colère sourde, remplie de haine à l'encontre de ces personnes qu'il ne considérait même pas comme telles. Des sorciers qui ne méritaient pas leurs titres, leurs pouvoirs et encore moins tout cautionnement de la part de quiconque.

« Je suis désolé que tu aies eu à subir cela. Mais je t'en prie, ne te laisse pas avoir par leurs mots et leurs idées empoisonnées. Tu es une sorcière d'exception. »

Bien qu'il ne connaisse pas ni l'intégralité de ses talents, ni l'intégralité de quoi que ce soit chez la jeune femme, mais s'il était certain d'une chose, c'est que malgré ses mensonges innombrables, elle n'en était pas moins une sorcière à part entière, et rien ni personne ne pourrait lui retirer ça. Et surtout pas ces gens là. Et alors que sa main était toujours jointe à la sienne, il se pencha doucement pour rapprocher la seconde, qui recouvrit les leurs dans une étreinte pleine de compassion et de sollicitude. Des sentiments qu'il n'avait guère l'habitude d'éprouver, mais qui s'échappaient de sa carapace habituelle pour se transmettre dans ce geste simple, mais pourtant si compliqué à la fois. Les gens pensent que nouer des contacts est quelque chose de naturel, sans pour autant se rendre compte qu'il s'agit certainement de la chose la plus dure au monde.

« Je m'y suis impliqué de moi-même, j'aurais très bien pu dire la vérité dès le début, ou jamais me mêler à tout ça. C'était mon choix, donc tu n'as pas à t'en vouloir. »

Son ton cette fois était plus implacable, même s'il n'était guère désagréable. Simplement témoin d'une résolution forte, qu'il ne souhaitait surtout pas voir transparaître sur sa soeur. Elle n'avait aucune raison de culpabiliser et elle devait le savoir.

Soudain, l'agitation devint un peu plus forte autour d'eux. Les deux élèves qui étaient jusque là occupés auprès de l'infirmier s'étaient vu délestés de leurs furoncles par l'application d'une pommade qui aura visiblement enfin fait son effet, et ils avaient alors traversés l'infirmerie guillerets, et visiblement moqueurs lorsqu'ils passèrent non loin des deux jeunes sorciers qui se tenaient la main, n'hésitant pas à les pointer du doigt et à murmurer dans une discrétion tout à fait relative "ah regarde les amoureux !". Avant même que l'un ou l'autre n'ait eu le temps de prendre en compte cette remarque aussi déplacée qu'étrange à leurs yeux, ce fut au tour d'Elijah de recevoir ses soins. Il dût alors - presque à contrecoeur - lâcher la paume de la jeune fille qui tenait délicatement entre ses doigts, afin de pouvoir recevoir cette fois un baume cicatrisant, qui lui fut appliqué non sans avoir au préalable débarrassé ses avant bras des dernières écailles encore présentes sur sa peau décharnée. Le baume fut alors contenu dans un bandage qui s'entoura de lui-même sous l'impulsion de la magie du soignant, qui s'éloigna alors d'un pas plus lent, pour aller récupérer certainement cette fois la demande la jeune femme.

Le silence qui s'était malgré eux installé avait laissé le temps à la gêne de s'installer après que ces quelques minutes d'une étrange promiscuité, soulignée par deux énergumènes qui ne savaient en rien de quoi elles parlaient.

« Ahem, enfin, tu.. Tu n'as pas à t'en vouloir, tu n'as rien gâché tu sais. Je ne sais même pas s'il y avait quoi que ce soit à gâcher. On n'a jamais vraiment été p-proches donc te toute façon.. »


Une soudaine honnêteté, dont les mots furent étrangement hésitants et balbutiant, suite à une gêne palpable et qu'il tenta de camoufler par cette vérité brute mais inadaptée, maladroite, mais cette fois ci qu'il n'avait pas forcément souhaité formuler ainsi, protégeant son embarras par cette franchise protectrice mais qui avait brisé cette ambiance plus chaleureuse d'il y a quelques instants. Même si elle avait déjà été très largement échaudée par les intempestives interruptions dues aux sorciers environnants...

EXORDIUM.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Ven 9 Mar - 3:07

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

Une nouvelle fois, et peut-être était-ce involontaire, ou tout simplement maladroit de sa part, il se montrait blessant, particulièrement incisif à son encontre. Irritée, Tracy pinçait alors les lèvres, tandis qu’elle l’écoutait lui dire combien cette enveloppe qu’elle créait alors autour d’elle pour mieux s’y réfugiait la rendait insipide et dénuée d’intérêt, en plus de la perdre dans ses mensonges. Peut-être n’avait-il pas tort, dans le fond, toujours était-il qu’elle n’était pas prête à l’entendre. Encore moins de sa part à lui. Cinq ans, c’était le nombre d’années qu’il avait mis avant de lui envoyer ces vérités au visage tandis qu’il était en accord avec les siennes. « Alors c’est réellement ce que tu penses de moi… ? Peut-être que tu te trompes. Peut-être que c’est ce que je suis réellement, au fond. Désolée que ça ne te convienne pas. » répondit-elle à nouveau, sur la défensive. Elle se trouvait ainsi désemparée, prête à renoncer, à reconnaître sa défaite. Peut-être était-ce qu’il cherchait simplement, à lui faire quitter cette infirmerie de malheur pour mieux y savourer le plaisir de cette solitude qu’elle lui avait ravi. Cette idée la chagrina, mais pour autant elle s’efforça de ne rien en laisser paraître. Pas devant lui. Elle ne voulait pas en faire un spectateur de son conflit intérieur… Mais alors qu’il semblait abaisser les armes à nouveau, elle prêta une oreille attentive aux paroles assurées qu’il laissait s’écouler, sur son avenir, sur celui de sa meilleure amie, sur les individus ambitieux qu’ils étaient et qui révolutionneraient sans doute un jour le monde de la sorcellerie. Elle les en croyait volontiers capables. Finalement, ce qui l’attristait le plus dans cette histoire était sans aucun doute le fait qu’elle savait pertinemment qu’elle ne ferait sans doute plus partie de sa vie au moment où il aurait gagné le ministère… rien ne pourrait arrêter son avancée, et certainement pas elle. Il faisait juste partie de l’ordre logique des choses qu’il avance sans elle, ce pourquoi elle éprouvait tant de difficultés à lui parler de son souvenir de Patronus… alors que lui aussi semblait y éprouver des réticences. Laissant passer quelques secondes, elle se risqua finalement à lui poser la question. « Est-ce que tu… tu as commis certaines de ces erreurs ? C’est pour ça que tu n’aimes pas y repenser… ? » Elle voyait bien que le sujet lui déplaisait, ce pourquoi elle restait extrêmement prudente, se parant de mille précautions afin de ne pas le froisser si d’aventure elle s’aventurait dans une zone trop sensible pour être pratiquée. Ils avaient peut-être partagé un bon bout d’enfance commune, cela ne voulait pas dire qu’elle la connaissait. Puis lorsqu’il l’interrogea à son tour… elle dut à nouveau chercher ses mots, les yeux légèrement fuyants et les lèvres entrouvertes, pour trouver une explication qui les satisferait tous deux, tout en cherchant un moyen de ne pas perdre le contrôle sur cette pente glissante qu’il l’incitait à emprunter. « Non… ce n’est pas ça, pas ça du tout… mais tu… en fait, tu étais dedans. Enfin c’est compliqué. Il ne s’était rien passé de particulier ce jour-là… je ne pensais juste pas que ça avait autant de valeur. Enfin c'est idiot. » se justifia-t-elle avant difficulté tandis qu’elle se passionnait alors soudainement pour ce qui se passait par la fenêtre, et sur la cime des pins qui laissaient deviner l’orée de la forêt interdite à travers la vitre.

Rien de surprenant… comme à chaque fois qu’elle pensait naïvement que les choses s’aplanissaient, qu’ils étaient capables de mener une discussion normale sur leur avenir, voire même lorsqu’elle avait la faiblesse de le trouver bienveillant à son égard, il fallait que l’illusion soit rompue aussitôt, comme s’il éprouvait ce besoin irascible de détériorer tout ce qui pouvait alors se construire entre eux en pointant à nouveau ses fautes du doigt. Encore ses mensonges qui ne lui convenaient pas, encore son comportement qu’il n’avait pas jugé adéquat. Elle afficha une moue contrariée tandis qu’il poursuivait dans sa liste de reproches, continuant de lui faire cette leçon qui n’intervenait que trop tard. Ce n’était pas juste. Il n’avait pas le droit de lui dire tout ça, pas maintenant. Il n’avait pas le droit de faire comme s’il la connaissait. « Dans leur état actuel, je ne sais pas ce qui est une bonne chose, Elijah ! » s’emporta-t-elle, plus vivement qu’elle ne l’aurait cru, avant que ses joues ne s’empourprent soudainement. Elle avait parlé plus fort qu’elle ne l’aurait cru, si bien que la tête de l’infirmier s’était tournée un instant dans leur direction afin de s’assurer que tout allait bien. Elle s’excusa d’un sourire aussi gêné que forcé sans réellement formuler quoique ce soit, laissant seulement ses lèvres se mouvoir comme s’il était en mesure de lire dessus. Et pourtant… il s’adoucissait à nouveau, laissant échapper ces quelques mots, qui avaient cette vertu apaisante sur tout son être, alors qu’une certaine amertume semblait s’emparer de lui. Elle regretta alors soudain de s’être laissée gagner par le ressentiment, tandis qu’une vague d’empathie la submergeait alors… Quoi qu’il ait pu vivre dont elle n’avait pas connaissance, elle aurait voulu avoir cette capacité de l’effacer, ou de trouver les mots qui s’appliqueraient comme un remède pour panser cette plaie. « Pourtant, tout semble te laisser de marbre, comme si jamais rien ne t’atteignait. » répondit-elle, d’une voix plus douce, délaissant tout ton réprobateur, retrouvant sa retenue habituelle, la timidité qui caractérisait ses mots et gestes. Sur cette discussion en dents de scie, les réactions de son interlocuteur étaient imprévisibles, et elle les appréhendait beaucoup, consciente que cet entretien pouvait bien être le dernier si elle se montrait trop maladroite.

Tandis qu’il se lançait dans une tirade sur la hiérarchie du sang, elle décolla ses pieds sur sol, les laissant se balancer distraitement au bas du lit tandis qu’elle s’appuyait, rêveuse, sur le rebord. Parfois, elle se surprenait à jeter un coup d’oeil curieux, presque coupable, en sa direction, comme si elle n’en avait pas réellement le droit, sur son air placide, la plaie de laquelle émergeaient encore quelques écailles brisées et recouvertes de sang séché. Très attentive à chacun des mots qu’il employait, au ton décidé qui était le sien, elle ne put s’empêcher bien longtemps de réagir. « Comment tu fais ? » demanda-t-elle finalement, une fois qu’il eut terminé son discours. Elle étira ses commissures de lèvres en un sourire un brin désolé, comme si elle s’excusait de son impudence à lui poser pareille question. « Je veux dire, pour être aussi sûr de toi. Pour ne douter à aucun instant de toi ou de ce que tu fais, sur les limites que tu pourrais être amené à franchir. » Peut-être pourrait-il l’aider à savoir, à comprendre. A le comprendre, si toutefois il voulait bien la laisser s’approcher, ce qui n’était bien entendu guère aisé. Même si la pudeur, la distance et la maladresse faisaient leur oeuvre, elle avait toutefois l’impression qu’elle parvenait à effectuer quelques pas dans sa direction, sans qu’il ne s’éloigne toutefois… c’était de bonne augure. A bien y réfléchir, son père, malgré ses bonnes intentions et sa volonté d’instaurer une relation cordiale et saine, n’avait jamais obtenu beaucoup de résultats avec Elijah, qui se contentait de se montrer strictement poli et discipliné, sans pour autant témoigner la moindre envie d’abaisser ces barrières qui l’entouraient. Tracy finissait par se dire qu’ils resteraient peut-être éternellement pour lui la famille de trop, celle qui s’était imposée, alors qu’il n’avait a priori pas besoin d’eux. Pas comme elle avait besoin de lui, sans toutefois être capable de le lui dire. A nouveau, il se montrait… anormalement gentil. Une sorcière d’exception, rien que ça… peut-être la surestimait-il largement sur ce plan-là. « C’est… c’est très gentil. Merci beaucoup. Mais je suis encore bien loin de t’égaler. Que ce soit au niveau de nos compétences, ou mentalement. Je ne suis pas assez solide pour tout ça, je crois. » Elle travaillait beaucoup, tout comme lui, mais son acharnement ne suffisait pas toujours alors que ses limites tardaient moins à la rattraper. Et l’an dernier avait pu aisément démontrer à quel point elle était fragile, à quel point seul l’isolement avait pu la détruire…

Pourtant, il n’avait de cesse de la rassurer, de lui affirmer qu’il s’agissait de son choix, qu’il était prêt à en assumer les conséquences. Chacune de ses paroles avait un effet réconfortant sur elle, si bien qu’elle se surprenait à oublier que d’ordinaire, ils avaient davantage tendance à s’exclure mutuellement de leurs vies. « On fait parfois des choix que l’on regrette une fois qu’il est trop tard pour faire machine arrière. » Et elle gardait ses doigts emprisonnés entre les siens, pas encore prête à les libérer de son emprise rassurante, qui agissait sur elle comme une aura bénigne sur tout son être. L’idée qu’il disparaîtrait en quittant cette infirmerie pour ne redevenir que l’étranger qu’elle avait pour habitude d’apercevoir à la hâte dans les couloirs avant de fuir le regard la terrorisait… à une heure où les doutes se multipliaient, où les interrogations fourmillaient, elle avait besoin qu’il reste assis, là, à ses côtés. Pourtant, ce moment fut de trop courte durée, et alors qu’elle savourait leur tranquillité, les deux jeunes trouble-fêtes pris en charge par l’infirmier eurent tôt fait de venir la troubler par des moqueries qui la mirent aussitôt mal à l’aise. Elle relâcha la pression qu’exerçaient ses doigts au moment où sa paume quittait la sienne, et pinça les lèvres tout en prenant un air évasif, embarrassée par de tels propos, aussi dérisoires puissent-ils être de la part de jeunes enfants qui ignoraient tout de leur portée, tout autant qu’ils ignoraient leur lien familial. Les paroles qu’ils prononça à son adresse lui firent l’effet d’une douche froide, tandis qu’elle nourrissait l’impression que finalement, elle avait peut-être inventé cette proximité inhabituelle… « Non, c’est vrai, on ne l’a jamais été. » répondit-elle en détournant chastement le regard pour le reposer sur ses poignets. Ça lui faisait mal de l’admettre, mais l’entendre de sa bouche était encore plus douloureux que de le savoir depuis toutes ces années, et de ne jamais aborder le sujet. La vérité n’était pas conciliante, et l’on n’attendait pas d’elle qu’elle le soit. « Je ne suis pas Candice. » rajouta-t-elle subitement, comme si elle y était poussée par une force qu’elle ignorait. Elle avait sûrement l’air ridicule à ses yeux, à se placer ainsi en comparaison avec leur soeur, alors qu’elles étaient pourtant si proches toutes les deux, mais il était vrai que jamais elle ne saurait être l’une des leurs. Une fois que l’infirmier, après avoir traité les plaies de son demi-frère, revint dans leur direction avec le flacon qu’elle était venue chercher, elle se mordit la langue. Elle n’avait pas envie que leur échange se termine de cette manière… c’était trop tôt. Qui savait quand elle le recroiserait ? Ils avaient mis un an avant d’avoir une conversation normale à nouveau… « Oh, je suis désolée, j’ai oublié de vous dire… » commença-t-elle à l’attention de Blake Lennox, qui l’interrogeait alors en haussant le sourcil. Elle réfléchit alors quelques secondes, passant en revue quelques connaissances en potions, avant de mettre le doigt sur ce qui l’intéressait. « Lorsqu’elle a cette couleur-là, cela signifie qu’ils utilisent des tentacules de Murlap. Je suis allergique… » poursuivit-elle, en affichant un visage contrarié. Il ne pourrait le vérifier aussi aisément, ses allergies à un grand nombre de créatures étaient bien connues et figuraient toutes dans son dossier médical. Même si pour le coup, celle au Murlap était une invention qu’elle venait tout juste d’avoir… « Est-ce que vous voulez bien demander au professeur Burgess s’il lui reste des échantillons de sa première préparation… ? » Elle ignorait si Elijah découvrirait la supercherie… probablement pas. Peut-être qu’une fois que ses blessures auraient été traitées, il quitterait l’infirmerie sans tarder, la laissant à nouveau seule avec elle-même. Au moins, elle aurait gagné un peu du précieux temps qu’il avait à lui accorder… elle aurait seulement aimé le voir rester à ses côtés.

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Arrivé(e) le : 02/02/2018
Parchemins rédigés : 99
Points : 3
Année : 7ème année

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin:
Disponible pour un RP ?:
D'autres comptes ?:

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Jeu 15 Mar - 1:40


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

« Qu'importe que ça ne me convienne pas finalement, je ne suis personne à tes yeux et donc je suis mal placé pour te prodiguer ce genre de conseils. Néanmoins, c'est surtout pour toi que je suis triste Amelia. Triste que tu n'arrives pas à vivre libéré de ce fardeau qu'est le mensonge permanent. »

L'exaspération qu'il ressentait par rapport à ces multiples mensonges qu'elle se forgeait consciencieusement afin d'entretenir une image d'elle faussée et complètement mensongère n'était guère uniquement liée à la colère. Il ressentait surtout une profonde pitié pour ce genre de comportements complètement mythomanes, et alors que cette fois cela concernait sa belle-soeur, dans son coeur cette pitié se transformait en une forme de tristesse mêlée à de la culpabilité. Elijah se demandait ce qu'il se serait passé s'il avait été plus présent. Serait-elle encore si craintive au point de se construire cette personnalité alternative ? La question restait en suspend dans son esprit, nouvelle interrogation à laquelle il n'aurait sans doute jamais la réponse et qui reviendrait volontiers le harceler au court des années qui suivraient.

Leur conversation s’aplanissant, déviant sur des sujets toujours aussi complexes mais moins vindicatifs maintenait le Serpentard dans un certain état de malaise. Leurs souvenirs les mettaient visiblement tous deux dans l'embarras, même si c'était certainement pour des raisons très différentes. Le dialogue de sourds qui s'était entre eux instauré leur faisait multiplier les périphrases, les non-dits et les sous-entendus. Néanmoins et malgré tous les efforts du monde, le garçon n'arrivait pas à se décharger de ce fardeau, et ne répondit que laconiquement à la jeune femme qui lui faisait face, sa voix légèrement crispée par la tension qui persistait chez lui, et qui se manifestait également sur son visage, et ses mains qui n'arrivaient pas à lâcher les draps.

« Nous commettons tous des erreurs, dues à la jeunesse, ou la stupidité causée par ce que l'on peut ressentir. Pas toi ? »

Mais plus que cette confession à demi-mot qu'il avait réussi à formuler tant bien que mal par ses mots maladroits, ce fut celle d'Amelia qui le surprit d'autant plus. Son malaise s'intensifia, mais d'un tout autre point de vue cette fois, la gêne venant s'ajouter à sa culpabilité et son mal-être présentement éveillé. Un souvenir à son sujet ? Mais avaient-ils seulement partagé quoi que ce soit qui aurait pu provoquer chez elle un bonheur suffisant pour créer un patronus corporel ? Sa curiosité était sincère, et sa perplexité encore plus alors qu'il cherchait sans trouver une bribe de souvenir qui aurait pu avoir une telle valeur à ses yeux, cherchant dans son esprit, le regard perdu sur le mur froid de l'infirmerie. Mais il n'en puis plus, et brisa le silence gênant qui s'était installé d'une phrase directe et sans fard, dans un ton qui soulignait son indiscrétion.

« Mais de quel souvenir tu parles ? »

Sa question résonna un instant dans la pièce, en suspend, autant indiscrète qu'insolente, laissant entendre par ces quelques mots qu'il n'imaginait certainement pas avoir un instant partagé avec elle un souvenir suffisamment heureux pour qu'elle puisse de son côté en tirer quoi que ce soit pour un sortilège de cette force.

Une force de rébellion également, fut ce qu'il put ressentir lorsque le sorcier avait multiplié les invectives à son encontre. Il sentait la colère bouillonner chez elle, à l'image de ses propres ressentis qui étaient étrangement intrusifs et particulièrement déplacés pour quelqu'un qui avait été si longtemps absent. Ce n'avait jamais été un frère pour elle. Encore moins un ami. Tout juste une vague connaissance qui se permettait à présent de lui faire la morale. La situation était cocasse, et il se doutait qu'Amelia le ressentait aussi ainsi. Il n'avait pas été là pour elle, alors pourquoi s'en mêler maintenant ?

« Et bien je te le dis. Te mentir, mentir aux autres, mentir au monde entier finalement, c'est mal. »

Ses mots avaient dépassé sa pensée. Il les pensait, les acceptait, mais n'aurait jamais pris habituellement la peine de les formuler, préférant voir les autres à ses côtés sombrer, sans avoir à se fatiguer outre mesure pour les rattraper. Mais avec elle, il en avait été différemment. Il avait exprimé ces quelques mots, comme si, une fois de plus, il en avait le droit. Et, bien qu'Elijah n'ait toujours aucunement acquis un statut quelconque auprès d'elle, il ne comptait pas pour autant s'arrêter en si bon chemin.

« Les gens peuvent t'apprécier comme tu es réellement. Ils devraient en tout cas. Et si ce n'est pas le cas, c'est que ces personnes ne sont pas faites pour toi. Regarde, même quelqu'un d'aussi vindicatif et dépourvu de toute notion de sociabilité a réussi à se trouver au moins une personne qui l'appréciait ainsi. Un temps tout du moins. »

Le souvenir d'Octavia revint à son esprit, plus fort que d'habitude, et il eut une grimace amère. Elle n'avait pas été la seule à partager sa compagnie, loin de là. Narcissa était régulièrement à ses côtés, et elle n'était pas la seule. Mais le visage de la Poufsouffle au visage angélique le frappa, et lui lacéra le coeur, encore.

« Alors si même moi j'ai réussi à me faire apprécier, pourquoi pas toi ? »

Et son ton qui était alors jusqu'ici inquisiteur, vindicatif et particulièrement détonnant, se transforma soudain en une phrase lâche à demi-mots, plaintive, touchée par ses propres faiblesses qui se répercutaient en elle. Il ne comprenait pas ce qu'elle vivait, et ne le comprendrait sans doute jamais. Mais lui même avait subi ses épreuves, et malgré tout réussissait à tenir debout.

« On ne peut pas rester complètement de marbre face à certaines choses. Mais on apprend à le devenir. A se détacher, au moins. À vivre avec dans le pire des cas. »

Et cette fois, reprenant un peu plus ses esprits, sa voix était redevenue plus brute, plus sûre d'elle. Son souvenir troublant s'effaçant à nouveau, et rendant à sa forteresse sa splendeur habituelle.

Une forteresse qui trembla néanmoins de colère à l'évocation de cette stupide idéologie qui le mettait hors de lui. Les statuts de sang n'étaient pas quelque chose de récent dans les théories du monde sorcier, cependant ces idées discriminatoires et basées sur du vent, dépourvues de fondement scientifique quelconque et appuyées uniquement par des personnes incapables de prouver leur supériorité par leur simple pouvoir et leur intelligence le rebutaient. Il n'y avait nul besoin de se laisser à la torture et à la brutalité pour montrer à quiconque sa grandeur, et encore moins à la discrimination qui était selon lui l'arme des faibles. Les grands n'ont pas besoin d'exclure des concurrents pour se placer au dessus des autres. Elle le désarçonna soudainement par une question qui n'avait aucun rapport. Sortie de nulle part, il ne sut exactement que répondre, sachant qu'Elijah ne comprit guère exactement de quoi elle voulait parler. Son sourire gêné n'arrangeant pas les choses, l'interrogation qui se formait chez le jeune garçon fut vite supprimée lorsqu'enfin elle précisa sa pensée. Pour autant, sa question restait vague, et la réponse restait peu évidente.

Elijah ne s'était jamais vraiment demandé les raisons d'une telle confiance en soi. Seule sa détermination comptait, sa volonté de réussir et il ne rechignait ni devant la difficulté, ni l'échec. Bien que rares, ils étaient présents, mais ne l'avaient jamais empêché de tracer sa voie et progresser.

« Je ne me fixe pas de limite tout simplement ? Enfin, pourquoi s'en fixer ? Il faut juste avancer, progresser, grandir. Et si une difficulté se dresse sur ton chemin, la dépasser. Peut-être que justement je ne me pose pas cette question que j'y arrive. »

Ses propos avaient été formulés d'une manière machinale, le jeune garçon n'ayant jamais réellement réfléchi à ce propos jusqu'ici, justement trop occupé à se concentrer sur sa réussite. Il se doutait volontiers de ses facilités, un "don" peut-être, un potentiel reçu à la naissance, mais quoi qu'il arrive travaillé. Toujours travaillé, poli pour en faire ce qu'il est aujourd'hui. Il se savait au dessus des autres, meilleur, mais pas uniquement grâce à ses capacités, mais aussi car il l'a mérité.
Cependant, et il le pensait, les gens qui travaillaient, bien qu'ils lui étaient inférieurs, méritaient une forme de respect. Et s'il avait manqué un énorme pan de la vie de sa demi-soeur, il savait au moins une chose, c'est qu'elle mettait toujours du coeur à l'ouvrage et ne rechignait pas devant l'effort. Et c'est ainsi qu'elle avait, malgré ses mensonges multiples qui pourrissaient sa personnalité, réussit à susciter chez son grand-frère un certaine déférence, ici exacerbée par ces stupides croyances qu'on avait pu lui inculquer au cours de ces funestes mois.

« Tu n'as pas besoin de m'égaler pour être quelqu'un de brillant. Tu l'es à ta manière. Et qu'importe tes échecs. Bien qu'ils puissent te rendre honteuse, parfois à raison ou parfois à tort, la pire honte est d'abandonner. Et du peu que je sache, ce n'est pas ton cas. »


Ces quelques phrases moralisatrices restaient en suspend alors qu'elle sous entendait peu après qu'il aurait pu regretter le choix qu'il avait fait en la couvrant au cours de ces quelques mois. Et bien que le sentiment d'amertume ait pu fréquemment intervenir au court de sa détention, jamais celle-ci ne vint en lui insuffler un quelconque remord. Son choix avait été conscient, réfléchi, et assumé. Et alors que ses mains tenaient encore les siennes il lui adressa un regard rassurant, signifiant une négation de la tête tout en lui caressait doucement le dos de son palme, avant qu'ils ne furent séparés par les trublions de l'infirmerie, ainsi que l'infirmier qui venait continuer et sûrement achever son travail. Amelia affichait sur son visage une mimique embarrassée suite aux commentaires déplacés des jeunes sorciers qui sortaient de la salle, une expression qui faisait écho à celle d'Elijah, loin de se douter qu'un tel contact a priori innocent aurait pu avoir un telle symbolique à des yeux extérieurs, et il s'en voulu de l'avoir mise mal à l'aise, tout en l'étant lui même d'une manière assez manifeste. La présence de l'infirmier maintint le silence quelques instants sans qu'aucune gêne supplémentaire ne puisse être surajoutée à cette scène déjà emplie de malaise. Mais lorsqu'il quitta les deux sorciers afin de récupérer le médicament de sa jeune sœur, ils n'y coupèrent pas, et ce fut Elijah qui brisa ce silence d'une phrase maladroite qui eut le malheur de rendre Amelia d'autant plus déstabilisée. Une phrase honnête, objective, mais de nouveau complètement déplacée. A contrecoeur cette fois cependant.

« Non tu n'es pas Candice c'est vrai. Mais c'est certainement mieux ainsi. Tu n'as rien à lui envier. »

Toujours implacable dans ses phrases autant que dans sa voix, le garçon se souvient des multiples frasques de sa sœur, au caractère mille fois plus expressif et extraverti de cette dernière qui n'hésitait pas à influencer Amelia et à la traiter d'une manière qui déplaisait fortement à l'aîné, qui ne s'était pas gêné pour lui faire remarquer à de multiples occasions. Toujours vainement. Peut être était-ce cette fois une opportunité pour ouvrir les yeux de sa fragile demi-sœur sur l'influence néfaste qu'avait Candice sur elle ?

Mais il n'eut guère le temps d'y réfléchir que l'infirmier revint avec le flacon tant attendu, signant alors théoriquement la fin de cette entrevue. Et bien que l'envie de laisser échapper un bref soupir de soulagement se manifesta, la Serdaigle congédia le sorcier évoquant une allergie au Murlap et rendant ainsi l'usage de toute solution en comportant difficile d'usage. Intrigué par cette sensibilisation peu commune à un ingrédient pourtant très fréquemment utilisé en potions de toute sorte, le Serpentard arqua un sourcil, tout en observant le soignant se diriger vers la sortie et claquer la porte derrière lui.

« Allergique au Murlap ? Vraiment ? Voilà qui n'est pas commun. Tes réactions sont violentes ? Ça ne doit pas être très pratique en cours de potions... »



EXORDIUM.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Jeu 22 Mar - 21:07

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

Il semblait se plaire à formuler à voix haute toutes ces choses désagréables qui étaient peut-être vraies, mais qu’elle n’était en tout cas, pas prête à entendre ce matin, sans y avoir été préparée, alors qu’elle n’avait commis que le seul crime d’interrompre ses travaux de couture pour prendre sa dose prescrite de pimentine. Si elle avait su, se serait-elle toutefois résolue à descendre… ? Certes, ces rares discussions à coeur ouvert qu’elle pouvait avoir avec Elijah étaient des moments privilégiés auxquels elle tenait, intimement. Pour autant l’insensibilité manifeste dont il faisait preuve à son encontre l’attristait au point qu’elle finissait, amèrement par se demander si se complaire dans cette sorte de distance n’était, finalement, pas la meilleure solution, quand bien même elle fut la plus désagréable. « Ne le sois pas. Tu te fais du souci pour rien, je suis simplement celle que j’ai envie d’être. C’est tout. » répliqua-t-elle en se renfrognant. Peut-être n’avait-il pas tort, à son sujet… cela faisait bien longtemps qu’elle se mentait, au point qu’elle s’en perdait elle-même. Pour autant, l’ignorer encore un peu rendait les choses plus faciles… Elle le fixa, quelques instants, sans sourciller, lui parler d’erreurs de jeunesse, tentant de démêler, parmi ses mots ce qui était de l’ordre d’une leçon qu’il lui donnait, ou bien de son ressenti personnel. Quelque part, elle avait bien du mal à imaginer qu’Elijah ait pu commettre des erreurs qu’aujourd’hui il regrettait, ou qu’il se soit laissé aller à une action qui ne soit pas dictée par sa raison, peu importait l’immaturité qui ait pu les guider ou le jeune âge qu’il pouvait avoir. D’après son souvenir, peut-être altéré, elle l’avait toujours vu, alors qu’ils n’avaient pas atteint leurs dix ans, comme un enfant d’une sagesse incroyable, et d’une intelligence rare. Alors que d’autres enfants, à l’école du quartier, expérimentaient les bêtises pour ensuite en retirer un enseignement, ils étaient toujours restés dans cette marge qui les en tenait écartés : elle par crainte, lui parce qu’il avait toujours été détaché des autres. « Et ces erreurs sont donc assez importantes pour qu’aujourd’hui elles soient capables d’invoquer en toi une barrière de magie blanche ? Je ne comprends pas. » déclara-t-elle simplement, d’une voix un peu timide, comme si elle devinait elle-même qu’elle s’aventurait en terrain miné. Qu’il n’aurait pas envie d’aborder la chose, et encore moins avec elle. Après tout, d’ordinaire, ils ne parlaient de rien, ni de leur enfance, ni de banalités habituelles qui mises bout à bout formaient une conversation ordinaire entre deux individus… Et maintenant, voilà qu’il lui demandait de quel souvenir elle parlait. Sans rien dire, elle baissa les yeux vers ses jambes, qui s’étaient remises à s’animer, à se balancer dans le vide tandis qu’assise à ses côtés sur le lit, elle se sentait intérieurement agitée. Comme s’il demandait à pénétrer une partie de son intimité qu’elle n’était pas encore prête à dévoiler… Elle n’était pas sûre d’en avoir envie. Pas alors qu’ils se parlaient à peine, avec retenue, comme deux personnes qui s’étaient perdues de vue et qui tentaient maladroitement de renouer le contact. « Tu ne dois pas t’en souvenir. On était… dans le salon, tu lisais et je cousais. A un moment, tu as demandé à voir. » lâcha-t-elle, presque à contrecoeur, d’une voix assez mécanique, comme si elle donnait une réponse à un cours. « Je t’avais dit, rien d’extraordinaire. Ça m’a juste fait… plaisir. » Elle ignorait elle-même pourquoi elle tenait autant à minimiser la valeur à ses yeux de ce moment, et son propre ressenti. Pourtant, elle s’y évertuait, tant bien que mal… comme si une seule parole de sa part était capable de briser ce souvenir, si précieux, qu’elle tenait à garder envers et contre tout bien ancré en elle.

Elle s’était emportée, bien malgré elle, plus par peur que par effroi. Par peur qu’il ne la perce à jour, par peur qu’il ne brise la carapace derrière laquelle elle tentait, tant bien que mal, de se retrancher. Peut-être que mentir était un mal, mais un mal dont Tracy ne pouvait guérir alors qu’elle se sentait, encore, si vulnérable. Pour toute réponse, il continuait de lui faire la leçon, tandis qu’elle se contentait de l’accepter, silencieusement, comme une sentence à laquelle elle ne pouvait échapper. « C’est mal ? Et se protéger du mal que font les autres, c’est mal ? » demanda-t-elle, presque fébrilement. Sans même s’en rendre compte, il reprenait auprès d’elle ce rôle de grand-frère qu’il s’était toujours presque refusé à jouer, et elle le laissait faire, comme si c’était naturel. Comme si… c’était soudainement devenu une nécessité, pour eux. Peut-être n’allait-elle pas aussi bien qu’elle le prétendait, peut-être que lui dissimulait d’autres ombres à son tableau que celui d’une perfection à laquelle il aimait tant faire croire. A se perdre en confidences voilées, c’était en tout cas ce qu’il lui laissait supposer… Et puis, soudainement, sans crier gare, il avait pour elle ces paroles rassurantes, qui lui réchauffaient le coeur, venues de nulle-part. Elle l’écoutait alors, lui dire que l’on pouvait l’apprécier naturellement, tout comme lui y était parvenu avec le temps… Humectant discrètement ses lèvres, elle réfléchit alors à ce qu’elle connaissait de lui, tandis qu’un contour se dessinait. Il lui apparaissait… plus prévenant, plus attentif également, lorsqu’il était ainsi disposé à se confier. Comme si une soudaine forme de proximité naissait entre eux, et qu’il l’invitait, en évoquant ses propres défauts, sans le lui dire, à lire en lui. A le comprendre, pour une fois. Et elle avait envie de répondre positivement à cette invitation… « Est-ce… tu parles de Rosenberg ? » demanda-t-elle, plus timidement, avec une certaine retenue. Elle laissa passer un léger silence, ne sachant trop si elle était en droit de lui poser la question. « Ça s’est mal passé, c’est ça… ? ». Le ton était prudent, et quelque peu hésitant, alors qu’elle songeait aux quelques fois où elle les avait vus ensemble dans les couloirs, plus familière avec lui qu’elle ne le serait jamais alors qu’ils étaient censés former une famille. La question qu’il lui adressa ensuite la laissa quelque peu rêveuse… Et à nouveau, elle songea à ses rêves. A la forme que prenait son épouvantard. A la douce chanson qui résonnait désagréablement dans sa tête sans qu’elle ne puisse la faire cesser. « Je n’ai pas peur de ne pas être appréciée. » déclara-t-elle, en songeant à Cissy, aux filles du club, aux différents amis qui étaient les siens. A ceux qui n’avaient pas répondu présent lorsqu’elle s’était laissée enfermer. « J’ai peur d’être seule. » finit-elle par avouer, presque honteusement. L’abandon était aujourd’hui quelque chose qui la terrifiait, quand bien même une autre figure maternelle en avait remplacé une autre auprès d’elle et remplissait ce rôle à merveille, quand bien même elle pouvait compter sur d’autres.

Se détacher, vivre avec. Il parlait comme s’il ne s’agissait que d’un choix qu’il suffisait de faire, qui ne prenait rien d’autre en compte que sa propre volonté. Tracy se remémora alors ces derniers mois de Printemps chaotique, qui étaient parvenu à mettre sa vie en poussière, et à la réduire elle-même à néant, alors qu’aujourd’hui, les ecchymoses avaient progressivement disparu, et que les cicatrices dans son dos étaient devenues blanchâtres. La douleur physique l’avait quittée peu à peu, et celle qui avait touché son coeur et son âme était enterrée quelque part en elle, sans qu’elle ne sache comment s’en débarrasser. Oui, vivre avec, elle avait aussi pensé que c’était la solution… jusqu’à ce qu’elle les voie. Jusqu’à ce que leurs carcasses sombres défilent devant elle, dans une marche macabre, qui lui faisait prendre conscience que quelque chose avait changé en elle. Depuis qu’elle voyait les sombrals, avec la même précision qu’aujourd’hui, elle voyait son demi-frère, à côté d’elle. Légèrement plus grand, plus sûr de lui, emprunt d’une aura charismatique qui inspirait un profond respect. « Et tu n’as pas peur d’être un jour rattrapé par ces sentiments… ? De découvrir que des cicatrices que tu pensais effacées par le temps sont encore visibles… ? » demanda-t-elle, toujours avec délicatesse, comme pour ne pas le froisser, et s’assurer que la conversation, inspirante, continue de mener son cours le plus naturellement qu’il soit. Il parlait avec tant d’aisance, sans dissimuler ses certitudes et conviction, sa foi en l’avenir. Il parlait comme si le monde l’attendait pour continuer à tourner, avec calme et fermeté. A nouveau, elle se surprenait à l’admirer silencieusement… « J’essaie, vraiment, j’essaie. D’avancer, moi aussi. » murmura-t-elle presque, sans que ses traits ne parviennent à masquer ses inquiétudes. Elle n’était pas aussi confiante, connaissant ses projets et la difficulté qu’elle aurait à les mener à bien. Le serment, les rencontres, ceux qui la gênaient dans son ascension. Elle s’était relevée, aujourd’hui, pour se promettre de ne plus jamais tomber. Ses compliments la touchaient plus qu’elle ne l’aurait voulu en réalité, peut-être plus qu’ils ne l’auraient du. Elle releva la tête vers lui, souriante, sincère. « Non je n’abandonnerais pas. Un jour, je te montrerais que tu as eu raison de croire en moi, peu importe où on se retrouve. » déclara-t-elle, comme pour s’en persuader elle-même. Elle nourrissait presque cette ambition de petite fille, celle de le rendre fière d’elle, tout en prenant conscience de ce souhait était ridiculement candide, du haut de ses quinze ans.

La situation était tout à coup devenue un peu étrange, sans qu’elle ne sache comment ils avaient rompu alors le lien qui les maintenait à bonne distance l’un de l’autre. Pour autant, ce n’était pas désagréable, et elle se surprenait à se sentir intimement réconfortée par ce contact soudain, inattendu, éphémère comme un battement d’ailes, comme une secousse. Ils ne tardèrent pas à être rappelés à la réalité, et être interrompus par les deux jeunes enfants qui avaient fini de recevoir leurs soins. Honteusement, elle ne savait trop comment réagir vis à vis de lui, craignant qu’il ne prenne la mouche, et décide de s’éloigner d’elle, ce qu’il faisait finalement en s’écartant, maladroit, aussi pris de court qu’elle. Elle se mordit la langue, fixant un autre point de la pièce, distraitement, alors que la réponse qu’il lui fit aux propos de Candice la prit de court. « Un certain nombre de choses. » reconnut-elle, les joues légèrement teintées. « Je la trouve fantastique. Vous avez de la chance, de vous avoir l'un l'autre. » Finalement, elle en disait plus qu’elle n’aurait voulu en dire, préférant se cantonner à répondre à des questions de formalité concernant ses ambitions futures, ou les matières qu’elle choisirait de conserver en sixième année, tout en se limitant à lui proposer ses services pour rattraper son travail scolaire mis à mal par la mauvaise plaisanterie dont il avait été victime, incrustant son bras de petites écailles, le rendant hybride. Néanmoins, par crainte de voir leur conversation écourtée, elle avait du improviser auprès de l’infirmier, en inventant cette histoire d’allergie, à laquelle par chance, il ne répondit pas par des interrogations suspicieuses. Rassurée quelques secondes, elle déchanta bien rapidement sous l’effet du regard inquisiteur d’Elijah, qui naturellement, nourrissait quelques soupçons à ce sujet, et finit par les manifester sous la forme d’une question piège qui accentua quelque peu son malaise… Peut-être la connaissait-il malheureusement finalement mieux qu’elle ne l’avait présagé… « Rien de grave, et une paire de gants me permet d’éviter le contact. Je fais avec. » se contenta-t-elle de répondre, distraitement, en enfouissant la culpabilité qu’elle éprouvait à lui donner raison à son encontre. Le mensonge, c’était mal. Mais parfois un mal nécessaire…

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR

Arrivé(e) le : 02/02/2018
Parchemins rédigés : 99
Points : 3
Année : 7ème année

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin:
Disponible pour un RP ?:
D'autres comptes ?:

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Mar 3 Avr - 15:07


AND YOU KNOW IT MAKES ME SAD ?

Elijah & Tracy.

Mais tu n'es pas celle que tu es, et c'est triste.

Leur conversation n'avait rien de réellement avenant, et le jeune Serpentard se complaisait dans ses leçons de morale complètement dépassées, et loin d'être adaptée à la situation qui régnait entre les deux sorciers. Elijah multipliait les contradictions entre son comportement désintéressé pendant toutes ces années, et ces discours engagés par ses principes forgés à travers sa seule expérience et que le garçon considérait néanmoins comme universels. Néanmoins il ne pouvait s'empêcher, contrairement à d'habitude, à essayer de sortir Amelia de sa torpeur, de cette carapace de mensonge qu'elle s'était construite. Sans lui même tenter de se remettre en question de sa propre forteresse éloignée de tout ressenti et de tout sentiment, s'imaginant être un modèle d'excellence et d'efficacité. Mais il en était loin, car malgré ses certitudes, il restait proie à ses propres fragilités, qui s'exprimèrent de nouveau lorsqu'ils évoquèrent ensemble le sujet de leurs patronus respectifs. Le souvenir qu'il avait utilisé la première fois pour parvenir à créer son loup éthéré le frappait encore, comme un gong sonnant le glas de sa sérénité, pour ne laisser place qu'à sa culpabilité. Son trouble se lisait sur ses traits crispés, alors qu'il cherchait ses mots afin de répondre à cette interrogation plutôt ardue qu'elle lui posait, et qui pourtant qu'elle exprimait avec des mots soigneusement choisis, à l'image des multiples précautions qu'elle prenait vis à vis de lui. Tout le contraire d'Elijah et ses paroles sans philtre. Il prit ainsi quelques instants afin de lui-même choisir les siens cette fois, pour une fois de plus éluder autant que faire se peut ce sujet délicat, tout en essayant de répondre avec une forme de politesse à la jeune femme qui prenait tant de peine à essayer de lui adresser la parole.

« Paradoxal effectivement. Disons que le bonheur que j'en ai tiré, en tire encore visiblement, est une erreur. Ainsi ce souvenir a une importance encore trop à mes yeux qu'il ne devrait en avoir réellement. »

Ce fut alors au tour de sa demi-soeur de s'exprimer, mais, contrairement au Serpentard, elle proposa un peu plus de contenu, décrivant avec plus de détails le souvenir qu'elle avait utilisé pour parvenir à ses fins. Mais c'est avec une forme d'incrédulité que le garçon accueillit sa confession, ne se souvenant que vaguement de ce moment où il avait pris le temps de s'intéresser à ce que faisait la jeune fille qu'elle était à l'époque, qui cousait quelque chose dont il ne se souvenait même plus. Tentant de se remémorer ces bribes de souvenirs il n'y parvint guère réellement, ne s'appuyant que sur les paroles de sa soeur enrhumée, et laissa alors échapper simplement d'une voix monocorde dont il avait le secret.

« Ah ? D'accord. »

Il arrivait difficilement à saisir l'importance que se souvenir prenait pour elle, à l'image du sien qui malgré ses élans particulièrement enjoués ne servaient qu'à alimenter une culpabilité au vu du comportement qu'a eu son géniteur vis à vis de sa mère. La puissance des sentiments et leurs impacts sur la magie restaient encore quelque chose de particulièrement intriguant pour lui qui était passé maître dans l'art de les camoufler. Ainsi sa réaction resta à son image, stoïque, ne laissant rien transparaître mis à part une forme d'étonnement navré, qu'il savait déplacé, mais ne souhaitant guère s'amuser à tenter de camoufler par des fausses manières et des mensonges une totale incompréhension sur l'importance de ce souvenir.

La suite de leur conversation ne fût guère plus concluante, à l'image de leurs débuts modestes lorsque la jeune femme avait pris la peine de briser la glace tout à l'heure, mais où le Serpentard s'évertuait à lui faire la leçon alors qu'encore et toujours il n'en avait absolument pas le droit. Prenant la place du frère qu'il avait toujours volontairement rejeté et avec une incroyable véhémence, tout en sentant ses remarques tout à fait inappropriées, les contradictions se multipliaient dans son esprit, mais ses remarques elles sortaient avec une volonté qui leur était propre. Ses principes prenaient le dessus, et qu'importe s'il devait passer pour un moralisateur stupide. Les réponses d'Amelia semblaient imbues d'une fragilité particulière, d'un vécu qu'il comprenait peut-être. Le mal que les autres vous infligent... Une phrase qui fit écho dans son esprit, qui se remémora la trahison de son père, celle d'Octavia, et lui faisant de nouveau le temps d'un instant, ressentir ces douleurs qu'il étouffait de son côté.

« Que tu dises la vérité ou que tu mentes, les gens chercheront à te faire du mal. C'est apprendre à lutter contre qu'il faut que tu fasses. Pas te cacher. »

Elijah prit alors la peine de vaguement l'encourager, par évocation de ses propres difficultés, tentant de nuancer l'image de perfection qu'il souhaitait retransmettre en permanence. Il fallait donner à sa jeune soeur un modèle accessible, humain, dans lequel elle pourrait se reconnaître. Un modèle qui lui était peut-être plus adéquat à ce qu'était réellement le Serpentard. Un sorcier doué certes, mais qui ne s'est jamais empêché de travailler pour tirer pleinement parti de ce potentiel inné. Un potentiel néanmoins qui n'aurait rien voulu dire sans son acharnement à l'excellence. Un sorcier exigeant mais qui a su faire fi de ses ressentis. Les mettre de côté pour mieux progresser, et se construire autour d'autres éléments de sa vie que les relations sociales qui tenaient tant au coeur de la jeune femme. Mais il y a aussi eu Octavia.

« Il ne s'est rien passé avec Octavia. Rien qui ne mérite qu'on s'en souvienne vraiment en tout cas. Tu n'as pas à t'en soucier. »

Sa réponse fut sèche, amère, et il la regretta presque au vu de la prudence qu'elle avait pris pour formuler sa question, normale en somme pour toute personne qui s'en inquiétait. Mais il éprouvait toujours autant de difficulté à accepter cette trahison, et l'évoquer ne faisait que raviver sa douleur, encore. Une douleur, une peur, qui faisait écho aux derniers mots qui s'échappèrent de la bouche de la Serdaigle, dans un souffle timide et presque honteux. Des mots pleins de doutes, de peurs et de blessures qu'il pouvait comprendre, capter, presque palper dans l'air alors qu'elle se confiait à lui.

« Si des gens t'apprécient vraiment, ils comprendront et accepteront qui tu es. Sinon, ce sera l'occasion de te faire de nouveaux amis. Des vrais. »

Des paroles un peu vides de sens, mais il n'arrivait pas à exprimer autrement cette nécessité à l'aveu, à la franchise qu'il prônait tant. Néanmoins il comprenait ses frayeurs, les avait ressenties un temps lui aussi avant de s'en débarrasser pour de bon. Et bien qu'il n'en eut jamais besoin, il estimait qu'elle pourrait, en tant que personne plus fragile, bénéficier d'au moins un peu de soutien.

« En tout cas moi je te connais Amelia et je n'ai pas encore pris mes jambes à mon cou. »

Un bel euphémisme qui tâchait de jouer avec son absence permanente durant toutes ces années, mais pour autant qui appuyait le fait qu'il ne la détestait pas pour autant.

Tandis que la discussion avançait, Elijah tentait de répondre encore aux questions de la sorcière, qui semblaient de plus en plus alambiquées, et nécessitaient des réflexions que le Serpentard n'avait jamais pris la peine d'envisager. Travail, blessures, cicatrices. Tout n'était que flou dans son esprit tant il ne s'était jamais réellement posé ces questions trop concentré à avancer.

« Je... Je ne sais pas. On n'arrive jamais complètement à effacer les moments importants de nos vies. Il faut se construire avec. Tout comme les éclats d'une lame dévoilent son histoire, les cicatrices nous forgent et nous forcent à grandir. J'ai appris pour ma part à les ignorer. Ce fut ma solution. »

Cela faisait un moment qu'il n'avait pas pris la peine de s'exprimer sur ses sentiments. Comme si la présence de sa demi-soeur, insistante sans l'être réellement, le rassurait, lui redonnait confiance, le laissant alors formuler des confidences avec sa réserve habituelle, mais dotées de détails qu'il ne laissait échapper que rarement. Une exception si rare qu'il la remarqua immédiatement et sentit le rouge légèrement lui monter aux jours alors qu'il observait la réaction de la jeune femme qui lui faisait face avec une gêne qu'il dissimula avec habilité. Pour ne laisse rien transparaître, il préféra rebondir sur les réponses de la sorcière, qui d'abord inquiète, se laissa toucher par les encouragements qu'il avait à l'instant formulé, transformant ce visage soucieux grâce à des traits plus résolus, et définitivement plus convaincue.

« Je suis content de te l'entendre dire en ce cas. »

Et il lui répondit alors d'un sourire aussi sincère que celui qu'elle lui avait adressé. Aussi agréable. Chaleureux. Rassurant.

Alors que leur interlude tactile et plein de tendresse était interrompu autant par des jeunes troubles-fêtes que par l'arrivée de l'infirmier, les deux sorciers qui discutaient tout en marchant sur des oeufs s'étaient laissés atteindre par les déplacées remarques des enfants qui s'étaient invités dans leur instant de complicité. Ce genre d'instants hors du temps, et terriblement rares, encore plus rare quand il s'agissait de deux personnes si éloignées l'une de l'autre.

« Fantastique ? En quoi ? Par ses mensonges et sa manipulation ? Sa recherche de la popularité est ridicule. »


Il regrettait également ce qu'était devenue sa soeur, elle qui était au contraire d'Amelia liée à lui par le sang des Tiedoll qu'ils partageaient tous deux, sans pour autant qu'elle n'en arrive à la même grandeur que lui, trop occupée à pinailler et à manipuler son petit monde dans un souci d'ego qu'il n'arrivait pas à comprendre. Quitte à être égocentrique, autant faire des choses qui méritent l'attention qu'on souhaite avoir. Mais il fut interrompu dans ses réflexions par le départ de l'infirmier suite aux étranges réserves qu'Amelia avait émise. Des allergies dont il n'avait jamais entendu parler jusque là, surtout après ces nombreuses années passées dans le même foyer. Il ne put alors s'empêcher de formuler à haute voix ses doutes, avec une pointe de déception dans sa voix.

« Je vois. Je n'avais pas le souvenir que mère te propose des potions qui en étaient dépourvues. J'espère que tu n'affabules pas de nouveau pour je ne sais trop quelle raison Amelia... »

EXORDIUM.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

CE QU'IL FAUT SAVOIR
http://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7150-tracy-amelia-bennett-pour-etre-confirmee-dans-mon-identite-je-depends-entierement-des-autreshttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7158-tracy-l-essentiel-en-enfer-c-est-de-survivrehttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7162-tracy-bien-que-la-verite-et-le-mensonge-soient-jumeaux-la-verite-la-plus-agee-des-deuxhttp://nineteen-years-later.forums-actifs.com/t7163-tracy-n-oubliez-pas-de-signer

Arrivé(e) le : 27/11/2016
Parchemins rédigés : 1965
Points : 27
Crédit : Schizophrenic. (c)
Année : Sixième (seize ans)

PETIT +
Et plus en détails ?
Statut Sanguin: Né-Moldu
Disponible pour un RP ?: Si t'es pas pressé, c'est d'accord !
D'autres comptes ?: Finn & Jade.

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   Jeu 12 Avr - 21:51

And you know it makes me sad ?
Elijah & Tracy

Elle baissa la tête, détourna le regard, qu’elle laissa vagabonder le long du lit sur lequel elle avait pris place. Tout d’abord anxieuse, maintenant apaisée, si bien que sa toux suivait le mouvement, ne se manifestant plus que par intermittence. En était-il réellement attristé ? Au fond, Tracy préférait ne pas le savoir, tout comme elle préférait, elle-même, ne pas se connaître. Elle fixa son bras, auparavant écailleux, qui reprenait allure humaine au moyen de l'onguent appliqué par l'infirmier. « Je ne veux pas paraître désobligeante, Elijah. Mais moi, j’ai déjà du mal à savoir qui tu es. » déclara-t-elle simplement, tandis qu'une boule se formait dans sa gorge. Peut-être était-ce un moyen de lui faire remarquer que sa meilleure amie semblait plus au courant de ses ressentis qu'elle-même, et que s'ils partageaient Cissy, Candice, et quelques points communs qui ne parvenaient toutefois pas à les réunir, elle en éprouvait pour sa part une certaine amertume. Ou alors, tout simplement une tentative désespérée pour changer de sujet, puisque celui-ci ne la mettait pas tout à fait à son aise. Enfin, à ce niveau, ça ne changerait probablement pas grand chose... Elle était presque certaine qu'ils se quitteraient comme si cette rencontre n'avait eu lieu que dans leurs esprits. Comment en être sûre ? Comment en être sûre, lorsqu'il se laissait aller à ce qui ressemblait à des confidences, à demi mots, parfois masquées, sans en être réellement ? C'était à la fois si abstrait, et si éloquent pour elle, qu'elle aurait voulu être en mesure de le convaincre de briser ces barrières, et de tout raconter. Mais ça ne suffirait pas... « La vérité est souvent si douloureuse qu’on lui préfèrerait parfois l’ignorance. Au fond, tu t’es peut-être complu dans le fait de ne pas la connaître. » répondit-elle simplement, tandis qu'elle se laissait à imaginer ce loup argenté, qui jaillissait de la baguette du jeune homme, né de ses meurtrissures, de douleurs passées, niées, qui avaient laissé leur empreinte. Mais sa réponse à lui sonna comme un coup plus violent, comme s'il avait réellement cherché à la poignarder par cette placidité effarante. Elle se mordilla la lèvre, tandis qu'elle déplorait de le voir ainsi, ne rien ressentir, là où elle se découvrait une certaine fragilité. Une fêlure qu'il avait créée en elle, sans même s'en rendre compte. Elle fit alors le choix de ne rien rajouter, se maudissant intérieurement d'avoir abordé le sujet avec lui, encore davantage d'avoir pensé, ne serait-ce qu'un instant, qu'il pouvait s'agir d'une bonne idée.

Il n'avait pas tort, c'était peut-être ce qui était le plus difficile à reconnaître. Si dès sa première année elle s'était aussitôt affairée à suivre ces conseils, peut-être se serait-elle extirpée d'un bon nombre de mauvaises situations, au sein desquelles elle était soumise à la cruelle influence de ses amies aux idées bien arrêtées. Mais Elijah ne semblait voir que ce qu'il voulait bien, comme s'il restait volontairement hermétique à ces vulnérabilités qu'elle lui exposait, presque contrainte. Et pourtant, lorsqu'elle le questionnait à propos d'Octavia, c'était lui qui faisait le choix de ne pas répondre... « Je l’espère. » répondit-elle, sans relever les yeux vers lui, avant de se résoudre à ouvrir la bouche, qui lui semblait tout à coup bien sèche. « Je n’apprécierais pas qu’elle te fasse du mal. Elle ou une autre. » C'était sincère, même si elle n'était pas certaine d'avoir le droit de prononcer ces mots-là. Légèrement honteuse, elle chercha dans son regard une trace de ressentiment à son encontre pour s'être permise de telles paroles... mais pour autant, elle ne les regrettait pas. Elle se surprenait à prendre plus goût qu'elle ne le devrait à ces rares élans de bienveillance fraternelle. Lorsqu'il tentait, maladroitement, de la pousser à croire en elle. Ça n'était peut-être pas grand chose, pour lui, mais pourtant ça représentait tout. Le temps d'un instant, Tracy se mit à croire que s'il l'avait voulu, plus tôt, il aurait pu tout changer. Oui, Elijah disposait de ce pouvoir, à la fois puissant et destructeur, de la faire changer de voie. « Ce n’est pas toujours très évident lorsqu’on a été considéré comme la traîtresse de l’école. Dans ma classe, ils sont nombreux à ne pas avoir oublié… » reconnut-elle, légèrement embarrassée. Toutefois, il réussit à faire s'étendre un léger sourire sur ses lèvres. Il prétendait la connaître. Peut-être était-ce vrai, au fond, et même si ça ne l'était pas, elle éprouvait ce désir soudain que ce soit le cas. Alors, intérieurement, elle se surprit à espérer qu'il dise vrai, et que jamais il n'ait à prendre ses jambes à son cou. « Pas encore. Ça arrivera peut-être un jour. » avoua-t-elle finalement, en repliant ses jambes contre elle, jusqu'à les enserrer, pensive.

Elle l’écouta attentivement, les yeux rivés sur lui, sans pour autant réellement comprendre l’évènement auquel il faisait allusion. Parce qu’il y en avait forcément un, n’est-ce pas ? Il ne pouvait pas décrire avec autant de difficulté, et de sentiments perlant dans sa voix, quelque chose qu’il se contentait seulement d’imaginer. Plus que d’ordinaire, à le voir ainsi, assis sur son lit d’infirmerie, à la fois solide et vulnérable, de marbre comme s’il était inébranlable alors qu’il ne l’était pas, Tracy se dit qu’elle ne l’avait jamais vu aussi humain. En réalité, elle ne connaissait pas grand chose d’Elijah, hormis les renseignements basiques que vivre à quelques pièces de lui dans la demeure familiale lui permettait d’obtenir. Mais à présent, en scrutant prudemment son profil statuaire, son regard mélancolique, la teinte légèrement colorée que prenaient ses joues en se laissant aller à cette confidence qu’il semblait s’être interdit, elle éprouvait soudainement cette nécessité irrépressible d’anéantir ce fossé qui les séparait alors. Et l’admiration, mêlée à la crainte qu’elle éprouvait d’ordinaire pour lui, laissait alors place à une profonde sympathie, à un sincère sentiment de fraternité. « Alors je souhaite qu’elles n’aient jamais à se réveiller. Que tu puisses continuer à vivre avec sans en souffrir. » C'était peut-être naïf. Elle le laissait bien volontiers en tirer cette interprétation, mais au vu de l'ouverture à laquelle il oeuvrait, elle ne pouvait s'empêcher ce sentiment de compassion stupide se diffuser en elle. Peu importait, finalement, qu'il continue de la traiter comme une petite fille, ou de médire sur le comportement de leur soeur. Finalement, elle accepterait. Ça ne serait pas évident, et elle devrait serrer les dents à chaque fois qu'il lui reprocherait, une énième fois, son comportement, mais c'était toujours préférable à l'idée de le perdre. « Si c’est ce qui la rend heureuse, ça ne me dérange pas. C’est peut-être idiot. Mais ça me suffit. » Et elle reporta automatiquement son attention sur ce bouton de manchette, qu'elle manipulait sans même savoir quoi en faire.

Et à nouveau sans prendre quelle mouche la piquait, voilà qu'elle sommait l'infirmier, sous un faux prétexte, d'aller piocher dans la réserve du professeur Burgess pour lui administrer son remède. A nouveau, elle avait sous-estimé son demi-frère, parce qu'elle avait été prise de court. Elle ne s'attendait même pas à avoir envie de rester, à avoir envie de prolonger ce moment, alors qu'il lui reprochait plus de choses que ne l'avait fait son père en toute une vie. Alors, devant ses soupçons, elle se retrouva ainsi désarçonnée. Plus que la difficulté d'avouer son mensonge, c'était celle d'avouer le malheureux plaisir qu'elle éprouvait à sa compagnie qui la mettait à mal, parce qu'elle se sentait mieux au contact de leurs doigts entrelacés. Parce qu'elle aimait finalement ce grand-frère, lorsqu'il se décidait à l'être. Parce qu'elle-même avait bien du mal à le comprendre... « Tu te fais des idées. » répliqua-t-elle, un peu sèchement, avant de relever aussitôt les yeux sur l'infirmier qui venait de rendre, les bras chargés de flacons dont elle reconnaissait les étiquettes. « Je crois celle-ci est la bonne. » Elle se leva alors, presque à contrecoeur, dos à lui. Elle écouta les recommandations de l'infirmier sans réellement leur prêter attention, hochant la tête sans conviction, s'évitant de jeter un oeil en arrière, sur le lit où elle l'avait laissé, avec ses écailles brisées, sa fierté impérieuse, son caractère sauvage, ses cicatrices encore mal fermées. Ce n'était pas plus mal, de couper court à cette discussion. Après tout, il n'était pas raisonnable, dans ces conditions, sous serment inviolable, dévorée par les secrets, de se risquer à trop se dévoiler. Toutefois, après avoir avalée deux gorgées, remerciée Blake, et s'être saisie de sa veste, elle se retourna une dernière fois, et lui sourit timidement. « Dis, Elijah ? Ce serait bizarre qu’on se mette à… je sais pas, traîner ensemble, ce genre de choses. Mais on est pas obligés de rester loin l’un de l’autre, je crois. » Elle ne savait pas ce qu'il répondrait, et au fond... elle n'avait pas envie de le savoir, préférant tourner les talons maintenant. Le dos droit, l'air digne, elle traversa quelques mètres, avant d'ajouter quelques mots, sans même le regarder. « Enfin… si un jour tu as besoin de moi, tu sais où me trouver. » Elle savait pourtant que ça n'arriverait pas. Qu'elle aurait malheureusement besoin de lui bien avant que le cas inverse ne se produise. Tant pis. Finalement, elle apprenait à s'en contenter. Prudemment, elle franchit les portes, et alors qu'elle hésitait à remonter les marches pour aller s'allonger, jugeant qu'elle préférait n'infliger sa pâleur fantomatique qu'à son reflet dans le miroir, elle éprouva finalement le besoin de trouver une pièce un peu à l'écart, où elle pourrait coudre sans être dérangée. Une pièce où elle pourrait se rassasier de son souvenir, auquel le principal intéressé n'accordait pas la même importance qu'elle-même. Ce n'était pas grave, elle n'en accommoderait.

Emi Burton


I’m afraid, somebody else might take my place
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



CE QU'IL FAUT SAVOIR

PETIT +

MessageSujet: Re: And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy   

Revenir en haut Aller en bas
 
And you know it makes me sad ? ♣ Elijah & Tracy
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Poudlard, 19 ans après. :: L'Infirmerie-
Sauter vers: