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 S.O.S, journaliste en détresse ! (ft. Hilary)

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MessageSujet: S.O.S, journaliste en détresse ! (ft. Hilary)   Mer 3 Jan - 1:45

S.O.S, Journaliste en détresse !

feat. Hilary Fitzpatrick Priest



Le 15 Octobre 2023,

Derrière une pile de grimoires, la tête enfouie sous une liasse de parchemins noircis par une encre noire encore fraiche, Aisling, notre Serdaigle exténuée, ne vivait pas très bien le surmenage qu’elle s’auto-imposait. Quelques ronflements rythmaient le somme involontaire qui l’avait foudroyé après son énième ébauche d’article concernant le nouveau bibliothécaire de Poudlard, Monsieur Ethergsen. En effet, aujourd’hui, l’inspiration n’était pas au beau fixe et ce grand bonhomme à la crinière sombre n’y mettait absolument pas du sien pour l’aider dans ses affaires. Excepté le paradoxe notable à propos de son étonnante consommation de crème glacée pour sa silhouette digne d’un dresseur de dragons, elle n’avait déniché aucune information supplémentaire pour nourrir sa plume inventive. Allait-elle devoir affabuler ? Broder un tissu de mensonges pour rendre son article intéressant afin de satisfaire ses lecteurs exigeants ? Inventer une dramatique histoire d’amour à Ethergsen qui expliquerait les airs ténébreux et irascibles qu’il se donnait ? Non ! Elle ne pouvait tomber si bas, qui plus est elle avait toujours eu pour principe de ne s’inspirer que d’éléments concrets pour exagérer les faits de sa rubrique favorite qu’elle avait intitulé avec humour « Ragoût de ragots » . Certes, il lui arrivait de faire usage de nombreuses hyperboles pour rendre la réalité moins morne qu’un match de quidditch sans cognards, mais jamais au grand jamais elle ne s’était octroyée le droit de créer de toutes pièces une histoire rocambolesque.

Pourtant en cette après-midi d’octobre la tentation était grande. Les parchemins épars en témoignaient, Aisling était dans une impasse. Une impasse incroyablement gênante qui faisait de l’ombre à l’ambition qui la caractérisait d’ordinaire. Son cerveau avait surchauffé alors qu’elle bataillait contre son moi intérieur, se demandant s’il ne valait pas mieux remettre cet article à plus tard ou tout simplement l’abandonner. Déclarer forfait face au bibliothécaire énigmatique de Poudlard ?! Hors de question ! L’obstination, voir l’obsession, de la Serdaigle à rédiger des articles accrocheurs lui menaient la vie dure. Une énième apparition à la bibliothèque pour le cuisiner semblait aussi efficace qu’un malencontreux poil de chat dans une préparation de polynectar. Ça marchait à peu près, mais pas comme on s’y attendait.

Un grand bruit extirpa soudain notre sorcière aux couleurs héraldiques bleu et bronze de son assoupissement. Prise sur le fait de son inertie, elle redressa précipitamment la tête, un parchemin malicieusement encore collé à la joue qu’elle décrocha d’un revers de manche brutal.

« - Grmblmbl, c’est pour quoi ? »

Grommela t-elle d’une voix profonde avant de détailler rapidement du regard l’importune qui venait d'interrompre son sommeil de cent ans. Une petite aux couleurs des Gryffondor lui faisait face avec aplomb et l'air déterminé de ceux qui ont quelque chose d'important à dire. Depuis combien de temps se trouvait-elle dans la pièce ?! Son visage au teint diaphane ne disait pas grand chose à Aisling qui, les yeux encore embués de songes, essayait de se remémorer les notes de son carnet "spécial Poudlard". Cette petite ne devait pas être de ceux qui se faisaient remarquer car aucun nom ne lui revint. Incertaine, elle coupa d’un geste péremptoire la Gryffondor qui allait visiblement répondre à sa question et ajouta dans sa mauvaise humeur :

«  - En fait, c’est pas trop le moment là, pour les plaintes faudra m’envoyer un hibou ! »

Puis, abandonnant du regard l'intruse en se donnant l'air d'avoir des choses très importantes à faire, elle attrapa un parchemin, une plume et s'absorba dans la relecture de son article désastreux sur Ethergsen. Elle n'avait pas le temps de gérer les vexations que pouvaient occasionner ses tranches de vérités mensuelles. Non, pas le temps, ni l'envie !


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Dernière édition par Aisling N. Shepherd le Lun 15 Jan - 22:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: S.O.S, journaliste en détresse ! (ft. Hilary)   Lun 8 Jan - 5:34

S.O.S, journaliste en détresse !

Elle n’était pas bête. Non, elle n’était pas bête. Elle n’était pas idiote non plus, ni une imbécile. C’était juste que Hilary ne savait pas tout et que cela pouvait arriver à tout le monde. Tout le monde ne pouvait pas tout savoir pas vrai ? Pas de quoi en faire tout un foin. Le seul qui possédait la connaissance universelle, c’était Dieu. Et personne ne pouvait prétendre être Dieu. Donc personne ne pouvait tout savoir. C’était ce que la petite se disait pour se rassurer face à son manque cruel de connaissances et de matière grise. La plupart des gens autour d’elle semblait savoir énormément de choses, parlait de choses qu’elle ne comprenait pas et tout ça le plus normalement du monde. Elle éjectait les adultes d’office et les professeurs trop gentils à son goût qui cachaient forcément quelque chose. Eux, rien que d’y penser, ça l’énervait déjà de savoir qu’ils pouvaient la regarder de haut juste pour avoir le plaisir de dire "moi je saiiiiiis" et pas elle. Ses camarades, en revanche, c’était déjà plus compliqué, mais ça restait encore à prouver. Tous autour d’elle paraissait connaître énormément de choses. Autour d’elle, Hilary voyait un monde sombre qui ne lui était pas permis parce qu’elle ne comprenait pas, parce qu’elle ne connaissait pas ; parce qu’elle ne savait pas. Loin d’elle l’idée que ces discussions pouvaient concerner le monde magique tout simplement ; monde totalement inconnu pour elle en grande partie, surtout après un an presque entier enfermée aux cachots et qu’elle ne voulait tout bonnement ne pas en savoir plus. Mais tout de même, ne pas savoir, être dans l’ombre, ça l’énervait. Qu’est-ce qu’elle avait, elle, que les autres n’avait pas ? La communication en morse ? La langue de la lumière comme elle aimait l’appeler ? Pour l’instant, ce savoir ne lui avait pas servi à grand chose puisque que personne à part elle dans cette école ne le possédait également. Oh, ça faisait déjà ça de su que les autres ne savaient pas ! Mais si personne ne savait qu’elle savait, c’était bien inutile. Puis, elle n’était pas du genre à se vanter. Ça c’était le rôle des gens populaires, des mecs qui se prennent justement - de façon injuste - pour Dieu, des filles qui se croient au dessus de tout le monde. Certains diraient des Serdaigle en somme, mais Hilary dirait des gens qui traînent à la bibliothèque. Elle n’aimait pas ces gens-là, et elle n’aimait du coup pas l’endroit ; qu’elle fuyait comme la peste. Ça savait là-bas, et ça savait que ça savait, alors ça s’en vantait, ça le montrait, ça s’en régalait d’avance et ça l’étalait devant tout le monde. Beurk. Le petit lion préférait encore rester dans son ignorance à ce moment-là... ou apprendre des choses autrement. En errant dans les couloirs de l’école - profitant qu’on ne les enferme pas une deuxième fois -, la petite passait à côté de groupe d’amis qui rigolait à leurs blagues. Blagues qui ne pouvaient être compris que d’eux-mêmes. Elle passait à côté des gens, à côté du monde sombre qui ne lui était pas permis (les discussions trop intellectuelles pour elle), quand elle tomba sur une porte d’entrée à la connaissance ! Un journal.

Une gazette même, tombée au sol. La petite Gryffondor le ramassa sur un coup de tête.Qu’est-ce que c’était que ce chiffon de papier ? On lui avait marché dessus de nombreuses fois, le pauvre. Tout ratatiné, tout chiffonné, presque déchiré. Il y avait plusieurs colonnes avec plusieurs titres et plusieurs lignes qui s’alignaient les unes en dessous des autres. Hilary ne savait pas qu’il y avait une telle chose à l’école. Cela daté du deux octobre, de quelques semaines, tout au plus maintenant. Une rubrique en particulier attira son regard. Pour cause ! Celle-ci avait son titre en rouge, pour bien attirer l’oeil du lecteur. Ça fonctionna sur la rouge & or en tout cas. Elle commença à lire cette rubrique en particulier, alors qu’elle avait abandonné les autres très rapidement. « Êtes-vous du genre à avoir une oreille qui traîne ? » Ses deux oreilles étaient toujours rattachées à sa tête aux dernière nouvelles... « Une capacité d’observation hors norme ? » La petite savait regardait loin à l’horizon, ça oui. Mais pas plus. « L’ambition de colporter... » Elle abandonna cette phrase à partir de ce mot : elle ne savait pas ce que cela voulait dire. Les questions s’arrêtèrent là. À la place, plusieurs phrases exclamatives prirent la suite. Une offre d’embauche. En tout cas, ça y ressemblait et la petite n’avait pas le profil du tout pour la demande. Ça l’empêcha pas de lire toute la rubrique jusqu’à la dernière lettre. Et au mot "bravoure", elle se décida ! Emballé c’était pesé, le quinze octobre, dans l’après-midi, elle se trouvait devant le bureau présumé de la rédactrice de cette fameuse Gazette de Poudlard, au quatrième étage. Voilà. C’était ça, sa porte d’entrée vers la connaissance, et cela lui évitait un aller à la bibliothèque. Rien de bien sensationnel et pas de quoi casser une patte à un poulet, mais pour Hilary, c’était quelque chose ! Elle ne savait pas grand chose du métier de journaliste, mais pour elle, ces gens savaient énormément de choses et dans plusieurs domaines. La petite tête blonde ne savait pas comment ils faisaient, c’était presque sorcier toute cette histoire, mais il n’empêchait que tous les mois, ils disaient aux gens des choses que personne ne savait. Mais eux. Eux, ils savaient, allez savoir comment d’ailleurs ! Même les secrets, les journalistes le savaient. Et un secret, c’était... beh secret. Personne ne devrait savoir ! Les journalistes y arrivaient quand même. Alors, Hilary se disait, que, peut-être, en devenant l’assistante d’une journaliste, elle aussi, elle pourrait savoir des choses que personne d’autre ne savait. Un peu comme Sherlock Holmes et John Watson. C’était son frère qui lui avait un jour parlé de ce duo emblématique. Sherlock Holmes il savait presque tout sur tout lui aussi, très rapidement. En un seul coup d’œil, il savait des choses que même la personnes concerné ne savait pas ! Watson aussi, il devait des choses incroyables pour accompagner Holmes. Dans la tête d’Hilary, alors qu’elle se tenait devant la porte, son imagination avait déjà pris le contrôle. Elle s’imaginait déjà comme ces deux compères avec sa future chef. Si elle voulait bien d’elle... Elles vivraient des aventures, pour sûr !

Le petit lion ouvrit la porte doucement, la gazette toujours sous le bras, après avoir toqué une fois, très légèrement. Personne n’avait répondu, mais elle se permit tout de même d’entrer. « Excusez-moi... » murmura-t-elle. Il y avait bien quelqu’un ici, en plus de tout un bazar dans la pièce. Cette salle n’avait pas dû être utilisée depuis longtemps. Tant et si bien que la Gryffondor trébucha sur quelque chose et se rattrapa de justesse, faisant un bruit monstre et tirant la Serdaigle de ses rêveries. La jeune fille aux cheveux flavescents, à peine plus âgée qu’elle, daigna la regarder alors, un parchemin collé sur sa joue. Hilary ne cligna pas des yeux, plus concentrée sur ce parchemin qui tenait miraculeusement sur cette joue que sur la Serdaigle qui la détaillait. Tout d’un coup, sa venue ici s’échappa totalement de sa pensée. Est-ce qu’il existait une colle spéciale pour la peau ? Vraiment, ce parchemin ne semblait pas être prêt à partir de cette joue, c’était incroyable. Puis, elle loucha sur le visage encore ensommeillée de la rédactrice alors qu’elle faisait fuir la feuille d’un revers de manche et la raison de sa venue lui revint. Elle secoua la tête et sa détermination refit surface. Oui, elle était là pour apprendre des choses ! « Je... » Mais la Serdaigle coupa court à sa réponse d’un geste désintéressé. Hilary n’était pas là pour une plainte, elle était là pour postuler. Elle resserra la gazette toute chiffonner entre ses doigts, faisant crisser le papier journal. Alors ça, non ! Leur magnifique duo n’avait même pas commencer que leurs aventures prenaient déjà fin ? Non, non et non ! Si elle commençait elle aussi à la prendre de haut parce qu’elle savait, mais pas elle, ça n’allait pas lui plaire. Il y avait sûrement un malentendu sur la question. « Je ne viens pas pour une plainte... » La petite tapota sur l’épaule de la rédactrice afin qu’elle se retourne et tandis la gazette devant ses yeux. Son doigt se positionna sur la rubrique qui l’intéressait, tout en bas à droite. « Je viens pour l’annonce d’assistante. » Hilary pencha la tête sur le côté pour la faire dépasser de la gazette tendu devant elle. La petite tête blonde n’était pas sûre d’avoir les qualifications requises - comme on disait -, mais elle pouvait toujours tenter le coup, non ?

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MessageSujet: Re: S.O.S, journaliste en détresse ! (ft. Hilary)   Ven 12 Jan - 10:33

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Non, non, ça n’allait pas du tout ! Écrire : « …Ses yeux noirs ébène dignes de ceux des baleines… » à propos d’Ethergsen pour faire une rime était d’une ignominie sans nom ! On aurait dit que le style littéraire de la petite Serdaigle avait régressé de deux ans en arrière. époque douloureuse à son souvenir où son humour de première année atteignait des sommets en matière de crétinerie. Non ! C’était pas possible ! Cette époque honteuse où le mot « pétoncle » la faisait rire aux éclats au point d’en avoir mal au ventre se devait de MOURIR. Enfin, du moins le souhaitait-elle très fort… parce que secrètement « pétoncle » la faisait quand même encore un peu marrer… Ethergsen, ébène, baleine… manquait-elle d’imagination à ce point ?!
Sourcils froncés, yeux plissés et toute concentrée à la lecture de son parchemin maltraité de ratures, elle gardait une oreille attentive. Attentive à la présence de la première année qui était apparue dans son antre comme si elle y avait transplané. Était-elle partie à pas de loup ou avait-elle pris racine ici ?

« Je ne viens pas pour une plainte. »

Aisling sentit une main lui tapoter l’épaule avec insistance et elle sursauta si fort que sa longue queue de cheval en tressaillit. *QUOI - ENCORE !* Fortement agacée elle fit volte-face brusquement, prête à pousser une petite gueulante si la Gryfondor avait l’outrecuidance de lui voler encore plus de son précieux temps pour rien.
Et c’est alors, que la première année téméraire, lui mit sous le nez un vieux numéro de la Gazette de Poudlard. Le journal était amoché, et c’est avec tristesse que la Serdaigle remarqua les nombreuses traces de chaussure sur le papier. Alors c’était comme ça que finissait son dur labeur ? Déchiré et maltraité par l’indifférence des élèves ? Elle n’eut cependant pas le temps de s’appesantir sur ce détail :

« Je viens pour l’annonce d’assistante. » Ajouta la Gryffondor avec aplomb en lui pointant du doigt l’article.

C’était un coup de maître. De facto, la bombe Aisling Shepherd était désamorcée et c’est avec une grande stupéfaction qu’elle scruta son interlocutrice. Une. Assistante. UNE ASSISTANTE !! Elle avait du mal à en croire ses oreilles. Ses neurones s’emmêlaient de surprise. C’était la première fois, depuis la publication de son annonce que quelqu’un se présentait pour ce poste. Elle n’y croyait plus, n’y pensait plus et avait du mal à croire que ce qui se déroulait maintenant sous ses yeux était bien réel. Son trouble ne dura cependant qu’un instant. Il était temps de se montrer professionnelle ! Reprenant ses esprits elle sauta sur ses pieds aussi vivement qu’une sauterelle et s’exclama : « - Mais bien sûr !! » en empoignant la main libre de la petite Gryffondor avec chaleur.

« - Aisling Shepherd ! Rédactrice en chef de la Gazette de Poudlard Dilettante ! Enchantée ! » Elle lâcha enfin la main captive et observa son interlocutrice avec une toute nouvelle attention. Une Gryffondor comme assistante ! Une petite Gryffy ! C’était parfait ! Elle n’aurait pu rêver mieux ! La fatigue qui alourdissait auparavant son visage s’était envolée au profit d’une vitalité soudaine. Un large sourire étirait ses lèvres et l’euphorie la gagnait alors qu’elle peinait à contenir ses élans enthousiastes. Elle aurait voulu prendre l’inconnue dans ses bras et lui crier aux oreilles mille merci. « - Ah ! J’oubliais ! Ephedra Singlish est mon nom de plume ! Assieds-toi ! On va passer à l’entretien ! » Fit-elle en l’invitant d’un geste énergique à prendre place sur une petite chaise en bois qui faisait face à son bureau couvert de grimoires et parchemins. Elle poussa une pile de livres sur le côté sans s’inquiéter de ce qui tombait par terre avec fracas. Puis se saisissant de sa belle plume Scribenpenne ainsi que de son carnet de notes elle s’assit avec empressement.

«  - Nom, prénom, année, maison ? » Puis après une courte pause elle ajouta « - Passe-temps, particularités, points forts, points faibles ? » Elle observa la Gryffondor avec un vif intérêt en agitant sa plume sous son menton, prête à tout répertorier. « - Donne moi le plus de détails possibles. Et ne t’en fais pas, tout ce que tu me diras de confidentiel restera entre nous, qui suis-je pour juger ? Cet entretien est Off-the-record. » Conclut-elle fière de pouvoir sortir ce terme professionnel.


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MessageSujet: Re: S.O.S, journaliste en détresse ! (ft. Hilary)   Hier à 19:51

S.O.S, journaliste en détresse !

Clap de fin ! Il fallait tout remballer, tout ranger, remettre les décors à leur place, faire tomber le rideau sur la scène, applaudir et disparaître. En trébuchant après son entrée dans la pièce, le petite avait un peu déchanté. L’endroit ne ressemblait pas à une usine où les journaux fraîchement tapés défilaient accrochés à des cordes à linge pour sécher. Pas de fumée, pas de bruit sourd de machine qui tournait à plein régime, pas de cheminée de charbon. L’endroit ne ressemblait pas non plus à l’intérieur d’un bureau de la CIA avec des panneaux sur lequel on aurait punaisé toutes sortes de documents : photos, morceaux de journaux et autres, avec plusieurs fils pour relier les éléments entre eux. Et il n’y avait aucune similitude avec le salon d’un modeste appartement loué par deux hommes à une vieille dame qui servirait comme lieu principal aux intrigues de la société. Au final, l’endroit était plutôt banal ; comme précisé, il s’agissait d’une des pièces inutilisées du quatrième étage, il ne fallait pas s’attendre à grand chose. Hilary avait, de nouveau, laissé son imagination prendre le dessus trop vite. Il y avait de quoi écrire, pas de bruit, de quoi s’asseoir et c’était tout. Le reste était un débarra sans nom qui envahissait la salle et sur lequel la petite tête blonde avait trébuché. Il faudrait penser à ranger ! La rédactrice, elle aussi, était très commune dans son genre. Pas d’appareil photo qui faisait la moitié de sa tête autour du cou - en tout cas pour le moment. Pas de deerstalker ni de pipe à la bouche avec une petite cape - bien que le deerstalker anglais lui irait bien. Il n’y avait guère que la plume qui pouvait lui rappeler l’idée qu’elle se faisait du journaliste idéal. Quand la rouge & or avait poussé la porte, elle ne trouva pas ce à quoi elle s’était attendue, mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait se débiner. Ni parce que la rédactrice en chef de la gazette n’avait pas l’air de vouloir lui parler. La petite ne venait pas pour des plaintes ni pour soumettre une enquête ou vendre une information croustillante, scrogneugneu. Elle était là pour louer l’appartement à deux, pour cohabiter, aider. Postuler, voilà, c’était ça le mot ! Même si dans sa tête ça sonnait surtout comme «pour en savoir autant que toi». Parce qu’elle ne savait pas grand chose, la pauvre. Et avec sa répulsion des lieux trop chargés de livres - et de gens qui se la pètent -, elle avait juste saisi la première solution qui s’offrait à elle pour en savoir tout autant que les autres. (Et leur montrer, ahah, qu’elle aussi, elle aussi, elle pouvait savoir !) Entrer au service d’une journaliste, c’était tout parfait, même si maintenant, elle commençait à se demander si sa réussite à l’entretien était à la clé. Et si elle lui posait des questions de culture ? Des questions sur le monde magique ? Des questions, sur - oh Dieu -, sur les célébrités du monde magique ? Le petit lion n’avait aucune réponse à des questions pareilles. Est-ce que la rédactrice allait seulement l’accepter avec ses lacunes ? Devait-elle essayer de faire comme si elle était sûre d’elle ? Parfois ça marchait... Oh, et puis ça ne servait à rien de trop réfléchir, ça lui donnait plus mal à la tête qu’autre chose !

La rédactrice s’était retournée avec un air furieux sur le visage quand Hilary lui avait tapoté l’épaule ; mais ses traits s’étaient adoucies aussitôt quand elle lui montra la rubrique de recrutement. Au moins, la petite n’allait pas se faire virer de la salle à peine les pieds posés dedans. C’était déjà ça. Elle avançait, petit à petit. Pas aussi vite que sur balai, mais elle avançait. Puis, tout d’un coup, comme si Dieu l’avait entendu, tout s’accéléra et la première année se retrouva prise dans un tourbillon d’excitation de la part de la Serdaigle. La petit cligna plusieurs fois des yeux alors que la rédactrice de la gazette lui secouait vigoureusement la main. Ça voulait dire qu’elle avait le poste ? Déjà ? Est-ce que ça voulait dire ça ou pas ? La propriétaire de l’annonce se présenta : Aisling Shepherd. Hilary afficha un sourire un peu bancal, car déconcertée, mais elle lui retourna ses politesses. Il fallait toujours être polie, c’était une règle qu’elle essayait d’appliquer comme elle le pouvait. Parfois elle oubliait, mais se souvenait rapidement qu’elle avait oublié de le faire. C’était déjà ça de pris ! « Enchantée... » L’euphorie de la Serdaigle était contagieuse, la petite tête blonde se retrouvait elle aussi à sourire pour elle ne savait quelle raison. (Est-ce qu’elle venait d’obtenir le poste là ? On pouvait obtenir un poste plusieurs fois ? Qu’es-ce que...) « Ah ! J’oubliais ! Ephedra Singlish est mon nom de plume ! » Ah oui, c’était vrai, elle avait ce prénom aussi. En tout cas, c’était celui qui était noté sur le papier journal. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Qu’elle n’était pas la vraie propriétaire de cette gazette ? Ou bien elle avait deux noms différents ? Son frère lui avait déjà parlé de ces "noms de plume", où un écrivain utilisait un autre nom que le sien. Hilary trouvait ça marrant. Elle c’était son nom de famille qu’elle avait en double, mais elle préférait utiliser Priest plus que tout le reste. L’autre elle ne le connaissait pas, il servait à rien. Donc ça servait à rien d’y réfléchir. La Gryffondor s’assit comme la rédactrice l’invita à le faire. Cette dernière fit place sur son bureau, ne manquant pas de renverser au passage les pauvres objets qui se trouvaient en bout de table. La petite Priest les suivit du regard, triste pour eux. Maintenant, ils avaient eux aussi rejoint le débarras de la pièce en général. Elle leur dédia une petite prière avant de revenir à son entretien. Entretien qui prenait plus forme à interrogatoire, mais au moins, la plume et le carnet de note lui disait qu’elle était bel et bien tombée sur une vraie journaliste. Une vraie de vraie ! « Priest, Hilary, pre... première année, chez Gryffondor. » Le petit lion avait faillit dire "deuxième année", dans la précipitation. C’était peut-être sa deuxième année à Poudlard, mais sa classe n’avait pas changé d’un iota entre les deux. Puis c’est là que tout se compliqua pour la première année. Aisling commença à poser de nouvelles questions, dont elle saisissait à peu près le sans, mais la dernière expression qu’elle utilisa, elle n’en avait jamais entendu parler. « Euh... J’aime bien voler. Sur un balai. » Ça oui, elle adorait voler même ! « J’aime beaucoup la mer... et les pirates. Je m’en sors bien en lancé de sorts aussi... » Bon, ça, c’était encore à prouver après ses échecs répétés lors de son duel face à Mackenzie, mais qu’importe ! Que pouvait-elle dire d’autre ? Il fallait qu’elle se mette en valeur. Son frère répétait toujours le même texte quand il cherchait de l’emploi, avant de trouver du boulot au phare. « Je suis très motivée et en engagée, ainsi que concernée par ce que je fais. De plus, je suis honnête et sociable. » En espérant que ça marche... Peut-être ? « Ah, et je sais communiquer en morse, aussi... » rajouta-t-elle. Elle ne savait pas si ça allait peser dans la balance, mais c’était une chose qu’elle savait faire et pas les autres. Et ça c’était cool. On pouvait commencer la colocation maintenant ?

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S.O.S, journaliste en détresse ! (ft. Hilary)
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