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 mirror on the wall, here we are again (brooklyn)

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MessageSujet: mirror on the wall, here we are again (brooklyn)   Lun 25 Déc - 23:00


❝ mirror on the wall, here we are again ❞Brooklyn & CaseyRageurs, les doigts de Casey serraient une cuillère grâce à laquelle ils écrasaient sans ménagement une purée qui, si elle continuait comme ça, allait bientôt devenir une soupe. Elle n’avait pas touché à son assiette depuis le début du repas, bien trop agacée à l’idée de la soirée qui l’attendait. Une retenue. Certes, pas la première depuis le début de sa scolarité à Poudlard - sûrement pas la dernière non plus - et ça resterait un parcours de santé par rapport à tout ce qu’elle avait pu vivre l’année passée, mais le simple fait de s’imaginer coincée pour deux bonnes heures - voire plus si Burgess décidait de se montrer particulièrement sadique avec les deux jeunes sorciers - avec l’autre abruti fini de Serpentard, ce simple fait lui donnait des envies de meurtre. Si sa mauvaise foi n’était pas du genre à aveugler son jugement, elle aurait admis sans mal qu’elle était grandement responsable. Le provoquer, au lieu de laisser filer comme elle le faisait en temps normal, le pousser à bout, appuyer là où elle savait que ça faisait mal… oui, elle avait cherché ce qui avait marqué la fin de leur dispute. Mais qu’il lui lance un sortilège ! Ce souvenir lui faisait encore serrer les poings, contracter la mâchoire, et lui donnait envie de le frapper, une nouvelle fois. Tant pis si, pour ça, elle devait écoper d’une autre retenue.

Un certain temps s’était écoulé entre le moment où elle avait frappé ce veracrasse puant en plein visage et le jour - la veille - où elle avait reçu un mot l’informant qu’il était temps pour elle d’écoper de sa retenue. Burgess les avait prévenus, ils recevraient une convocation quand elle aurait quelque chose de particulièrement utile, à ses yeux à elle, à faire. En attendant que l’heure arrive, Casey continua d’écraser consciencieusement sa purée, incapable d’avaler quoi que ce soit tant l’amertume lui serrait l’estomac. Puis, ne tenant plus, assise à la table des Serdaigle, elle se leva d’un bond, laissant là son repas qu’elle regretterait à la fin de la soirée, c’était certain, et se dirigea d’un pas rapide en dehors de la Grande Salle, menton droit, ignorant ses camarades, et plus particulièrement la table des Serpentard. Sans se préoccuper plus que ça de ce qui l’entourait, elle se dirigea tout droit vers les cachots, sachant qu’elle aurait un peu d’avance mais, au moins, elle n’aurait pas le déplaisir de devoir se taper le chemin en sa désagréable compagnie.

Casey s’arrêta devant le cachot qu’indiquait le mot reçu la veille et remarqua qu’il était ouvert. Toussotant pour annoncer sa présence, elle fit face au professeur Burgess dans une pièce qui semblait être… un peu tout et n’importe quoi. L’adulte lui fit signe de patienter, sans même la regarder, augmentant un peu plus la frustration de la brune qui savait pourtant bien qu’il ne fallait surtout pas montrer son mécontentement face à son enseignante si elle ne voulait pas prendre bien plus qu’une simple retenue. Adossée contre un mur, elle attendit donc, se plongeant dans ses pensées dont elle ne s’extirpa que lorsqu’un autre toussotement retentit, faisant se retourner, cette fois-ci, le professeur Burgess. Casey, elle, se décolla de son mur pour se tenir droite mais refusa de jeter le moindre regard à Luca. Cet idiot allait suffisamment l’emmerder par sa simple présence pour les prochaines heures, autant se préserver de sa présence quelques secondes de plus.

Miss Beckett, j’ai jugé plus prudent que vous n’effectuiez pas cette retenue avec Mr Pumpkin au vu de vos… rapports. Le ton sur lequel elle appuya ce mot aurait pu faire frémir la brune mais elle était bien plus préoccupée par ce qu’elle disait là. Elle n’allait pas passer sa soirée avec Luca ? Autant dire que les heures à venir semblaient soudainement s’illuminer. Bien sûr, ça restait deux heures où elle allait devoir accomplir une corvée quelconque, comme ça ça allait lui donner moins envie de frapper ses camarades, mais, au moins, ce ne serait pas en compagnie de son insupportable camarade de Serpentard. La douche fut des plus glacées quand elle se tourna donc vers son confrère du soir au moment même où Burgess lui parlait à son tour. Mr Caldwell, quant à vous... Après avoir abandonné son masque glacial au profit d’un visage un peu plus avenant en apprenant que Luca ne serait pas dans les parages ce soit, Casey masqua sa mine déconfite par une encore plus froide que précédemment, n’entendant même plus que ce leur enseignante leur racontait. Tout ce qu’elle voyait c’était Brooklyn, qui ne lui avait plus parlée depuis Halloween, Brooklyn qui semblait n’avoir aucun mal à l’ignorer alors même qu’elle était au plus bas depuis son dernier mot griffonné à la hâte, Brooklyn qui, toutes choses bien considérées, était peut-être un partenaire de retenue pire que Luca. Au moins, avec celui-ci, Casey aurait pu évacuer sa frustration qui lui faisait serrer les poings. Elle aurait pu lui hurler dessus, le frapper même, elle n’était plus à ça près, alors que là… elle se sentait sans voix, revenue un mois auparavant quand elle avait reçu son “Laisse tomber”.

Compris ? La voix froide Burgess la ramena au présent et la brune hocha mécaniquement la tête pendant que son esprit recousait entre eux les morceaux du discours qu’il avait capté. Elle allait les enfermer là pour être sûre qu’ils ne s’échappent pas avant la fin de leur travail, travail qui consistait en la mise en bocal des plantes qui se trouvaient au milieu de la table. Pas n’importe quelles plantes, cependant, puisqu’elles nécessitaient deux paires de mains obligatoirement, sauf si les deux élèves désiraient se retrouver avec un oeil en moins. Charmant. Et, bien sûr, elle s’empara de leurs baguettes et ramena brutalement Casey à l’instant présent en faisant claquer la porte dans son dos. Comme si elle était sonnée, la jeune fille resta encore figée de longues secondes, se demandant si c’était de la panique qui montait ou de la colère.
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MessageSujet: Re: mirror on the wall, here we are again (brooklyn)   Mer 27 Déc - 14:16


❝ mirror on the wall, here we are again ❞Brooklyn & Casey
Insolence. Entêtement. Mauvaise volonté. Travail bâclé. Que de termes peu élogieux pour décrire mon comportement et mon travail ces derniers mois. Depuis la rentrée, je ne fais strictement aucun effort pour reprendre ma vie en main, pire encore, j'aggrave mon cas par un comportement néfaste pour moi et pour les autres. De nombreux avertissements m'ont été fait depuis le début de l'année. Mes notes sont en chute libre, je ne rends que la moitié du travail demandé et souvent de mauvaise qualité quand je daigne travailler un peu. On a relaté à la Direction de nombreuses disputes avec mes camarades, ne faisant aucune différence avec un élève de 7ème année et une élève de 1ère ou 2ème année. Bref, la sonnette d'alarme a été tiré et un courrier est parti chez mes parents pour signaler que les choses n'allaient vraiment pas avec moi. Ils expliquaient dans le courrier qu'ils comprenaient parfaitement que l'an dernier fut une épreuve des plus difficiles pour moi et qu'au vu de mon passif, il était compréhensif que j'ai plus de mal que les autres de remonter la pente, néanmoins ils ne pouvaient pas me laisser m'autodétruire sans rien faire. J'ai eu le droit à un rendez-vous chez le Directeur, pour parler de la situation. Il a bien vu la dernière fois que je ne mettais définitivement pas du mien pour m'intégrer et que j'avais beaucoup de rancoeur. Il était prêt à m'écouter et à discuter avec moi. Vous imaginez bien que plus vous voulez discuter avec moi et plus je n'en ai pas envie. Ce rendez-vous s'est soldé par une heure à se regarder dans le blanc des yeux, moi plongé dans un mutisme et lui tentant de m'approcher comme il le pouvait. Au fond de moi, il me faisait presque de la peine d'y mettre autant de bonnes volontés pour rien, parce que je savais que je ne céderais pas. Je ne fonctionne pas comme ça, on ne m'a pas aussi facilement. On ne me sauve pas d'un enfer en me promettant de prendre soin de moi pour me couper la tête quelques mois plus tard. A un moment donné, il ne faut pas déconner, il faut arrêter de vouloir me prendre pour un con.

Alors nous voilà aujourd'hui, à quelques jours des vacances de Noël, à devoir passer quelques heures dans les cachots avec le Professeur Burgess pour purger ma retenue. Je n'ai aucune envie d'être ici, même si je sais que je l'ai mérité. Oui, je n'ai pas un comportement correct ces derniers temps et mes professeurs n'ont pas à essuyer ma mauvaise humeur mais moi je n'ai pas à subir les délires paranoïaque et cruel de mon directeur.
Monsieur est bien content de pouvoir utiliser mon don comme il le souhaite ou en tout cas d'avoir l'espoir qu'il pourra le faire dans les prochains mois. Mais à quoi cela va-t-il lui servir au final sincèrement ? Déjà je ne compte pas me montrer coopératif, ce qui risque de lui rendre la tâche plus difficile et ensuite, même si je décidais de ne pas jouer mes mauvaises têtes, ça servirait à quoi ? Je ne maîtrise pas mon don et à mon avis il faudra plus que quelques mois pour que j'arrive à contrôler mes visions, si seulement c'est possible. Qu'est-ce qu'il espère ? Que je lui dise son avenir ? Et même s'il est au courant, il pense qu'il pourra le modifier ? Toute cette histoire ne me plait pas et je déteste l'idée qu'on puisse nous utiliser à des fins personnels. Mais évidemment, les gens sont tellement cons ici qu'ils ne voient rien, ils pensent que c'est un mec sympa, prêt à tout pour nous aider. J'ai hâte qu'ils ouvrent les yeux et voient quel enflure c'est en fin de compte. Je suis peut-être injuste avec lui mais qu'importe, il m'a trahie, je le hais pour ça et tout ce qu'il s'évertuera à faire pour rentrer dans mes bonnes grâces sera détruit avec plaisir.

Je me rends à ma retenue d'un pas lent et démotivé. Je sens qu'elle va être longue et ennuyeuse cette soirée. Je n'ai rien prévu de particulier alors je ne rate pas grand chose en soit, mais je préférerais être n'importe où, plutôt que là bas. Et cette sensation va s'amplifier avec le temps. Je tousse un peu depuis quelques jours, c'est donc avec une magnifique quinte de toux que j'arrive sur les lieux de ma sentence. Je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un d'autre, pour être honnête, mais il faut croire qu'ils ont décidé de rentabiliser leur retenue en y mettant plusieurs élèves, merveilleux. Je dédaigne totalement mon acolyte du moment et braque mon regard au loin, dans la salle de cours. Bras croisés, droit, je ne prête attention à personne. Miss Beckett, j’ai jugé plus prudent que vous n’effectuiez pas cette retenue avec Mr Pumpkin au vu de vos… rapports. Le nom tombe comme un couperet. Pourtant je ne bouge pas d'un iota et n'esquisse pas la moindre expression sur mon visage, pourtant dans ma tête, c'est l'anarchie. C'est une blague ? Parmi tous les gens de cette maudite école, il a fallu que je tombe sur elle ? Vous n'êtes pas sérieux ? Ils le font exprès. Ils savent qu'on se connait et ils ont décidé volontairement de nous mettre ensemble, j'en suis sûr ! Ils pensent quoi ? Que parce qu'on a un passé commun, on va forcément être content de se revoir ? Ben ils pensent mal. Mr Caldwell, quant à vous... Je n'écoute pas vraiment. Elle parle certainement de mes débordements en cours et de mes excursions nocturnes. Je leur ai fait croire que je voulais fuguer, ça ne les a pas fait rire. Je ne prétends pas qu'il n'y a pas une part de vraie dedans, mais disons que pour le coup, ce n'était pas le cas. J'ai bien parlé du fait que je voulais me barrer, mais avec mes soeurs et Casey, mais aucune n'a daigné accordé un semblant d'intérêt à mon opinion. Non, visiblement les autres comptent plus que moi, alors soit, on reste, mais qu'elles ne me parlent plus par contre. Si je n'ai pas un vrai intérêt pour elles, qu'elles me foutent la paix. Je m'évertue depuis lors à les ignorer magnifiquement et à me montrer le plus désagréable possible. Je ne vois pas l'intérêt d'aimer des gens qui ne m'aiment pas.

Compris ? Non, je n'ai pas écouté ce qu'a dit l'autre mais qu'importe, de toute façon elle tourne déjà les talons et ferme la porte à clé derrière nous. C'est une nouvelle manie chez les profs ? Comment ça se passe au juste ? Les bras toujours croisés, je n'esquisse aucun mouvement. Je m'en fous, je peux rester planté ici jusqu'à ce que l'autre greluche revienne, au pire il va m'arriver quoi ? Elle me punira encore plus ? Grand bien lui en fasse, de toute façon je ne compte pas revenir après les vacances. Je vais en parler à mes parents mais je vais faire du forcing pour rester à Oxford. On m'inscrira dans une école moldue ou j'aurais des notes médiocres et où je n'aurais pas mon diplôme mais qu'importe, cela ne durera que le temps d'obtenir ma majorité. Une fois obtenue l'âge nécessaire pour travailler, je me barrerais loin et plus personne n'aura de nouvelle de moi. Ce n'est pas comme si ça intéressait quelqu'un de savoir comment je vais.

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MessageSujet: Re: mirror on the wall, here we are again (brooklyn)   Mer 27 Déc - 16:14


❝ mirror on the wall, here we are again ❞Brooklyn & CaseyFigée, Casey semblait être faite de glace tant son visage n’exprimait aucune émotion et son corps ne bougeait pas d’un millimètre. À l’intérieur, c’était pourtant tout autre chose, la tempête qui y naissait détruisant toute pensée cohérente, la laissant là, à regarder un point qu’elle ne voyait même pas, se demandant si le sort avait réellement décidé de s’acharner à ce point-là. En fin de compte, une retenue avec Luca aurait été un moment de pur bonheur en comparaison des deux longues heures qui l’attendaient. Les attendaient. Car si lui était doué pour l’ignorer comme si elle était invisible, Casey n’y arrivait tout simplement pas aussi bien. En apparence, bien sûr, elle ne le voyait plus, comme si sa présence n’était qu’un détail dans son univers, elle ne parlait plus de lui, ne lui parlait plus à lui. Mais les apparences étaient parfaitement trompeuses dans son cas. La jeune fille suivait moins bien les cours qu’ils avaient en commun - c’est à dire la majorité puisqu’ils partageaient une grande partie des cours optionnels - désorientée par sa simple présence, son esprit préférant se focaliser sur la tension qui les séparait, sans même qu’ils n’aient besoin de se regarder, et les manières possibles de revenir en arrière, jusqu’à ce que sa fierté brandisse un bouclier, lui remettant en tête qu’elle n’était pas la fautive, cette fois-ci, les vieilles rancoeurs en profitant pour se glisser sournoisement à leur tour, soufflant de leur voix acide qu’il n’avait jamais rien souhaité d’autre. Alors elle revenait à ce que l’enseignant disait, notant ses cours mécaniquement, jusqu’à ce que, de nouveau, elle se laisse happer par les regrets et un mélange finalement habituel de colère et de tristesse.

Cherchant à s’assurer qu’on ne lui avait joué un mauvais tour, son regard se décala vers l’entrée du cachot, sur sa droite, comme si elle avait réellement pu mal entendre, comme s’il ne s’agissait pas de Brooklyn, là, dans la même pièce qu’elle, comme si elle ne l’avait pas vu de ses propres yeux. Rationnelle comme pas deux, Casey misait cependant par désespoir sur un miracle quelconque. Peut-être qu’il s’agissait de Savannah ou d’Avalon et qu’elle avait mal compris les mots du professeur Burgess et que sa vision l’avait trompée. Vain espoir qui mourut aussitôt qu’elle posa ses yeux clairs sur le visage pâle du Serpentard. Bras croisés, visage parfaitement inexpressif, regard lointain, il était physiquement présent mais il semblait pourtant être à mille lieues d’ici. Comme électrocutée, elle détourna rapidement le regard, inspirant brusquement une grande bouffée d’air alors que son corps remarquait enfin qu’elle retenait sa respiration depuis plusieurs secondes, depuis que la porte du cachot avait claqué dans son dos. Ils étaient enfermés là, sans aucun échappatoire, pour au moins deux heures, à devoir effectuer un travail qui nécessitait de la coopération. Est-ce qu’ils étaient destinés à se retrouver dans des impasses, quelque soit la situation, le moment présent, l’heure, le jour ? Parce qu’entre l’année dernière, le tunnel secret où ils avaient bien cru y rester, et maintenant cette retenue…

Ce n’étaient pas quelques pas en direction de la table où reposait l’objet de leur retenue qui allaient libérer Casey de cet étau oppressant causé par la présence du Serpentard à moins de deux mètres d’elle, mais elle avança quand même, fol espoir que ça l’aide à oublier qu’il était là, droit comme un i et figé comme la pierre. La vue des plantes sur la desserte lui arracha un éclat de rire nerveux qui fit trembler tout son corps, la poussant à s’appuyer contre un meuble quelconque dans un coin. Ce n’était pas possible. Quelqu’un, qui que soit ce quelqu’un, ça pouvait aussi bien être le destin même si elle n’y croyait pas, le hasard ou une force machiavélique supérieure, quelqu’un se fichait franchement de sa gueule. L’ellébore était l’ingrédient principal d’une potion pour le moins ironique dans cette situation puisqu’il s’agissait du philtre de paix. La brune ne pouvait s’empêcher de voir ça comme un doigt d’honneur pointé droit dans sa direction. Ça n’avait rien à voir, c’était juste le fruit du hasard, mais la signification amère du travail qu’ils étaient censé effectuer lui sautait néanmoins aux yeux, les lui piquant douloureusement. Elle se rendait compte, de plus, que pour mener à bien la retenue imposée par Burgess, elle allait réellement devoir travailler avec Brooklyn. Ça n’était pas comme les Bubobulb, ou on pouvait s’en sortir seul mais si c’était plus simple avec deux paires de mains. Oh que non. Avec l’ellébore, ils avaient réellement besoin de quatre mains s’ils ne voulaient pas finir, effectivement, borgne ou avec un autre membre en moins. La fleur de cette plante était certes jolie, mais il ne fallait pas se fier à son apparence qui cachait des tentacules rouges et munies de dents. Particulièrement agressive, cette plante, en plus de mordre, d’enserrer ses proies avec ses tentacules jusqu’à les étouffer ou de secréter un poison assez puissant pouvait envoyer ses épines à plusieurs mètres de distance avec une vitesse dangereuse. D’où l’oeil en moins. Burgess n’avait pas trop été inconsciente puisqu’ils s’agissaient de bébés dont ils allaient devoir extraire le venin contenu dans les tentacules. Les bébés étaient certes plus agressifs, mais ça n’était pas avec leur petites tentacultes qu’ils allaient pouvoir les étrangler, et leur venin était bien moins mortel pour des humains de leur âge.

Ses yeux la piquaient de plus en plus - sûrement la faute de ces plantes vénéneuses, c’était ça, oui - et Casey tourna le dos à Brooklyn, s’avançant dans le fond du cachot où se trouvaient tabliers, gants et lunettes de protection, pour pouvoir cligner des yeux plusieurs et effacer ce regard larmoyant qui devait être le sien. Alors qu’elle enfilait des gants épais et pas agréables du tout, elle réfléchissait furieusement à un moyen de s’occuper des ellébores toute seule, tout en sachant que ça n’était possible, pas sans l’aide de la magie. Revenant à la table, elle fixa sans les voir les ellébores, chacune dans un pot suffisamment éloigné pour qu’elles ne se sentent pas agressée pendant qu’ils s’occuperaient de l’une d’entre elles, un bocal vide dans lequel il allait falloir ensuite mettre les tentacules vidées de leur venin, et un autre bocal dans lequel la plante restante devait aller.

Casey savait, sans avoir besoin de le voir, que Brooklyn n’avait pas bougé d’un poil. Il était hors de question qu’elle lui parle pour lui demander de venir l’aider, sa fierté l’en empêchait, sa colère encore plus. Elle ne lui demanderait de l’aide pour rien du tout, puisqu’il ne savait, de toute façon, que lui tourner le dos, continuellement. Ce n’était pas faute que ses lèvres la démangent, une foule de mots s’y pressant, prêt à déverser un flot de rancoeur mêlée d’incompréhension. Mais elle n’allait rien en faire, ça non. Laisse tomber, hein ? Elle avait tenté un dernier mot, auquel il n’avait jamais répondu. Il l’avait blessée, vexée dans son orgueil et sa fierté qu’elle mettait bien trop souvent de côté quand ça le concernait, lui. Hors de question qu’elle fasse le moindre pas en sa direction, quand bien même elle en mourrait d’envie, quand bien même la situation la plongeait un peu plus dans un mal-être qu’elle s’efforçait de ne pas voir, quand bien même elle savait, au fond d’elle, qu’elle ne pouvait plus l’ignorer comme ça, pas après qu’ils se soient enfin retrouvés, pas après tout ce qu’ils avaient traversés. Elle y était parvenue, une fois, en voyant qu’il l’ignorait lors de la répartition, mais ça faisait des années qu’elle ne l’avait pas croisé et son cerveau avait eu le temps de se convaincre qu’il n’était rien à ses yeux. C’était plus possible, malheureusement. Mais têtue comme elle l’était, elle préférait être malheureuse que d’abaisser une nouvelle fois sa fierté pour aller lui demander des explications.

Poussée par un mélange complexe d’émotions dangeureuses qui bouillonnaient en elle, menaçant de la faire imploser, comme une cocotte minute qu’on aurait laissé sur le feu, elle s’avança vers la première ellébore à sa portée, oubliant toutes les règles de prudence élémentaires ainsi que les connaissances qu’elle avait de ces plantes et du danger qu’elle représentait. S’il ne voulait pas se bouger le cul pour venir faire cette retenue, elle n’allait certainement pas le supplier, et puis quoi encore ? Mais elle, elle voulait en finir, elle n’avait aucune envie de se retaper une autre soirée dans les cachots sous prétexte que le binôme qu’on lui avait collé était encore pire que Luca. Peut-être qu’il s’en fichait, mais pas elle. Surtout qu’ils risquaient fort de se retrouver de nouveaux ensembles, Burgess prendrant un malin plaisir à les foutre ensemble en voyant la tension qui régnait. Casey ne la jugeait pas assez bête pour ne pas s’en rendre compte. Ses mains enfoncées dans des gants épais s’avancèrent vers la plante, qui siffla dangeureusement, sans qu’elle ne s’en rende compte. Ce n’est que lorsque la plante envoya une épine pointue à l’autre bout de la salle, tout droit en direction de Brooklyn, qu’elle se rappela qu’elle ne pouvait vraiment pas faire ça seule. Heureusement, l’aiguillie piquante c’était plantée dans la porte du cachot, ne touchant pas le Serpentard, mais ayant peut-être le mérite de le sortir de son immobilité glaciale.
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MessageSujet: Re: mirror on the wall, here we are again (brooklyn)   Dim 7 Jan - 23:05


❝ mirror on the wall, here we are again ❞Brooklyn & Casey
J'ai un talent inné pour mettre toute la mauvaise volonté dont je suis capable pour ne pas rendre service. Et grand bien même je suis en tort et que je suis puni, je m'en moque. On me dira certainement que j'agis comme un gamin capricieux. Peut-être que c'est vrai, peut-être pas, mais qu'importe, la vérité c'est que je n'ai aucune raison de faire d'effort. La personne qui vient de me punir n'incarne strictement rien pour moi et bientôt elle ne sera qu'un ancien souvenir, tout comme ses cours. Cette école est néfaste et dangereuse et plus j'en serais loin et mieux je me porterais. Et enfin la personne qui partage cette retenue m'a fait trop de mal pour que je puisse de nouveau lui tendre la main. Plus jamais. Malgré les jours, voire les semaines qui se sont écoulées, je n'ai toujours pas réussi à diminuer la colère et la rancoeur que je lui porte. Je la déteste. Ou plutôt je voudrais la détester et le fait que je n'y arrive pas, pas complètement me rends encore plus malade. Je voulais qu'on s'enfuie, loin, très loin d'ici. Je voulais qu'on soit ailleurs, n'importe où dans le monde, tant que ce n'était pas ici. Je la voulais en sécurité, loin du danger, afin qu'elle puisse enfin vivre une vie normale, comme elle le mérite tant. J'étais prêt à la protéger, à veiller sur elle pour que jamais rien ne lui arrive plus. Mais non, ça n'a pas satisfait les caprices de Madame. Trop loin de sa cour, très certainement, incapable de pouvoir jouer de ses charmes loin d'ici. Elle m'a donné des excuses, tout comme mes soeurs, mais ça a fini par rapidement me gonfler. Les autres. Les autres. Encore et toujours les autres. On s'en fout des autres, non ? S'ils ne sont pas assez intelligents pour se barrer d'ici, qu'est-ce qu'on peut faire pour eux ? J'ai pas envie de mourir pour les autres et c'est bien pour ça que je vais tout faire pour ne pas revenir.

Je n'ai pas bougé depuis le départ de notre professeur de Potions. Je n'ai aucune raison de bouger et je n'en éprouve aucune envie. Pourquoi faire ? L'aider ? Plutôt me casser une jambe que de devoir en arriver là. Je m'en fous de passer 2 heures à ressembler à une statut, l'idée me plait plutôt, c'est un très beau défi. Serai-je capable de rester immobile tout ce temps ? J'ai hâte de voir la tronche de l'autre Dragon quand elle verra que je n'ai pas daigné bouger pour aider ma pauvre camarade qui a fait sa punition comme une gentille fifille. Au rythme où je vais, je ne vais même plus avoir besoin de demander à mes parents de rester à Oxford, c'est l'école elle-même qui va enjoindre mes parents de me garder parce qu'ils ne voient plus de possibilité de me garder avec eux. Ils diront certainement qu'ils ont tout essayé mais que je suis un garçon borné. Ils prétendront que je vois le mal de partout, mais qu'on ne peut pas m'en vouloir, avec tout ce que j'ai vécu. Ils conseilleront à mes parents de me faire suivre plus de séances chez le psy, que j'en aurais grandement besoin. Ils prétendront qu'il vaut mieux, pour le moment, que je reste chez moi mais qu'ils pourraient envisager de me reprendre plus tard, s'il y a une amélioration dans mon comportement. Blablabla. Je les imagine parfaitement proposer à mes parents de m'envoyer les cours, pour ne surtout pas me faire perdre une nouvelle année. Ils prétendront être désolé de cette situation mais ne pouvant faire autrement, je les obligeais, par mon attitude, à se séparer de moi. Et pour être honnête, je m'en foutrais. Ca me mettra en colère, je ne dis pas, mais au fond, n'est-ce pas ce que je voulais depuis le début ? Bon, je ne dis pas que je ne tenterais pas d'ouvrir les yeux à mes parents en leur faisant réaliser que cette école est néfaste et son directeur certainement aussi maléfique que l'ancien. Mais je doute qu'ils m'écoutent docilement. Après m'être fait virer de Poudlard, je doute qu'ils se montrent très conciliant envers moi. Oh, évidemment, ils me chercheront des excuses et se sentiront coupable de ne pas avoir pu me protéger, mais il est évident qu'ils ne m'écouteront pas et refuseront de croire que l'école dans laquelle ils pensaient pouvoir avoir confiance est devenu un vrai nid à vipères et que leurs filles y sont toujours dedans, par leur faute.

Mon visage est lisse, taillé dans le marbre. Pourtant je suis loin de ne rien ressentir, bien au contraire, c'est un véritable geyser à émotion à l'intérieur, mais plutôt crever que de lui montrer quoi que ce soit. Je préfère encore qu'elle quitte cette pièce en pensant que je suis un être insensible et un pauvre type plutôt qu'elle puisse imaginer un seul instant le trouble qu'elle peut me cause. Plus les gens connaissent leur influence sur vous et plus ils en jouent et de ça, il en est hors de question. J'ai fait l'erreur de m'attacher à elle et maintenant j'en paye les conséquences. Plus jamais. C'est ce que je me dis et me répète. Plus jamais ça ne se reproduira. Plus jamais je ne laisserais quelqu'un rentrer si profondément dans ma tête. Et surtout plus jamais je ne la laisserais m'attendrir de nouveau. Et je veux y croire. Je veux croire que je suis un toxico qui est en train de faire une cure de désintox et que bientôt, même le prénom de Casey n'aura plus aucun effet sur moi. Je veux y croire. Ca prend du temps, mais j'aime à croire que je ressens déjà les effets de cette cure. Enfin, je le pensais jusqu'à ce que je me retrouve enfermé dans cette pièce avec elle. C'est fou comme l'esprit est capable de se bercer d'illusions, jusqu'à ce qu'il se heurte à la réalité. Elle n'a pas l'air très enchantée de me voir, ce que je peux concevoir. On ne se parle plus depuis nos échanges de lettres et j'ai à peu près tout fait pour l'éviter au maximum et lui faire comprendre qu'envisager de venir me parler serait peine perdue. En avait-elle envie ? Je ne le saurais certainement jamais. Elle s'équipe pour une plante. Je suis trop loin pour voir ce que c'est mais ça à l'air de la faire rire. Ca doit être un truc de Serdaigle, parce que je ne vois pas pourquoi ça serait drôle d'être en face d'une plante. Elle tente sa chance, après un instant d'hésitation, mais c'est visiblement peine perdue. Elle évite une aiguille piquante qui me frôle avant de finir sur la porte de la salle de cours. Je n'ai pas eu d'autre choix que de bouger de quelques centimètres pour éviter de me la prendre en pleine tronche. Elle me déteste au point de vouloir ma mort ou n'est-ce là que le fruit du hasard ? Je ne saurais le dire. Bon, pour être honnête je ne suis pas des masses à l'aise avec l'idée qu'elle fasse joujoue avec ces plantes. Déjà parce qu'elle va finir par se faire mal et que même si je suis en colère, je ne lui veux aucun mal et ensuite parce qu'elle va finir par me faire du mal et je n'en ai pas envie non plus, je suis si prêt du but. Je n'ai donc pas vraiment le choix que de lui prêter main forte. Je ne peux pas partir et je ne peux pas la regarder risquer sa vie et la mienne. Mais je prends quand même tout mon temps. Tous mes mouvements sont volontairement lent, parce que je ne veux pas lui donner l'illusion qu'elle a gagné. Je retire mes gants pour enfiler ceux plus épais que le professeur nous a laissé. J'enfile un tablier pour éviter de m'en foutre de partout et des lunettes de protection et je me dirige vers Casey, toujours silencieux.

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MessageSujet: Re: mirror on the wall, here we are again (brooklyn)   Lun 8 Jan - 16:07


❝ mirror on the wall, here we are again ❞Brooklyn & CaseyAu moment où l’aiguille fendait l’air en sifflant et se fichait dans la porte en bois, à quelques centimètres seulement du visage de Brooklyn, Casey esquissait un pas en arrière, s’éloignant des hellébores maudites avant de s’en prendre une à son tour, mieux envoyée, dans le visage. Un élan d’inquiétude l’avait traversée durant les quelques secondes d’incertitude au cours desquelles elle ne savait pas encore que l’aiguille n’avait touché que du bois et elle se détesta immédiatement pour ça, détournant rapidement le regard du jeune homme, pathétique au possible. Elle se détestait d’être incapable de contrôler parfaitement ses réactions en sa présence, elle le détestait de créer un maelstrom de sentiments alors qu’elle ne cherchait qu’à tous les enfouir, les faire disparaître, elle détestait le professeur Burgess d’avoir décidé qu’ils auraient leur retenue respective à effectuer ensemble, elle détestait Luca de l’avoir croisée dans ce couloir et de lui avoir adressé la parole, elle détestait le monde entier et le tenait pour responsable de ses malheurs alors que le seul, l’unique fautif, était dans la même pièce qu’elle. Et en même temps, elle ne parvenait pas à le détester suffisamment pour oublier, ne plus souffrir.

Toujours immobile, le regard fixé sur les plantes vénéneuses, Casey vit néanmoins Brooklyn bouger, en périphérie de son champ de vision, et se diriger vers les accessoires de protection puis les enfiler, le tout avec une lenteur qui frisait l’insolence et qui donnait des envies de violence à la jeune femme, dont les poings, une fois de plus en présence du Serpentard, se serraient avec force, contenant une colère qui ne demandait qu’à déborder. Ce n’était qu’une question de temps avant que ça ne se produise, elle en avait déjà eu un aperçu avec lui, de nombreuses fois, que ce soit à Oxford quand elle s’était déplacée jusque dans son quartier, ou ici, à Poudlard : elle était incapable de masquer ses émotions éternellement quand c’était lui le concerné et qu’il était là, si proche qu’elle aurait pu le toucher. La colère finissait fortement par transparaître puis par tout emporter sur son passage mais elle pouvait aussi bien retomber, soufflée par un rien, quand bien même Casey souhaiterait continuer à lui hurler dessus, pour la forme. Avec la même lenteur, toujours parfaitement silencieux, il rejoignit la jeune femme près des plantes, celle-ci se retenant de faire un, deux, mille pas en arrière pour s’éloigner de lui, de son visage trop lisse, de ses yeux qu’elle avait très envie de lui arracher histoire qu’ils deviennent inexpressifs pour une bonne raison, de ce corps trop grand, si proche et si loin à la fois. Pourquoi paraissait-il si calme alors qu’elle bouillonnait de l’intérieur ? Pourquoi est-ce que sa présence à elle semblait lui faire ni chaud, ni froid, alors que la sienne déclenchait des émotions qu’elle enfouissait consciencieusement depuis des semaines ? Pourquoi ne parvenait-elle plus à le haïr tout entier, avec une indifférence désinvolte, comme ça avait été le cas durant trois ans ? Tout était plus facile alors, ce n’était plus qu’un type qu’elle détestait et qui représentait un trop grand danger pour ses mensonges, un rappel acide de son passé. Maintenant, elle le détestait, mais plus suffisamment. Et, surtout, son esprit se souvenait de ce que ça faisait, que d’avoir son amitié. Un peu comme si, toute son enfance, on lui avait injecté une drogue sans qu’elle ne le sache, de laquelle on l’avait sevrée violemment, qu’elle avait réussit à ne pas retoucher pendant des années, jusqu’au jour où tout allait mal, tellement mal qu’il avait été le seul repère tangible dans un monde fou, et elle était redevenue complètement accro. Combien de temps durerait le sevrage, cette fois-ci ? Parce qu’elle n’était pas certaine d’y parvenir, même si, après deux mois d’un mutisme quasi-total, à s’éloigner de tout le monde, à fuir et à ignorer ceux qui tentaient une approche, elle faisait mieux illusion, ça n’était toujours pas ça.

Sa discussion avec Cruz lui revenait en mémoire. La Serpentard n’agirait certainement pas ainsi, à contenir une colère qui n’attendait d’exploser, elle l’enverrait directement à la gueule du concerné. Mais Casey en était incapable, sa fierté la retenant de toutes ses forces, tout en sachant pertinemment qu’un rien la ferait sortir de son silence plein d’orgueil. Bien décidée à donner l’illusion qu’elle aussi se fichait de lui comme il se fichait d’elle, Casey s’avança vers la table où étaient posées les quelques hellébores, sentant Brooklyn suivre son mouvement, ce qui l’agaça prodigieusement pour une raison inconnue, rajoutant un peu à la tension qu’elle éprouvait déjà. L’hellébore sur laquelle elle s’était essayée à l’exercice s’était comme rendormie, ondulant paresseusement, inconsciente que les deux élèves comptaient revenir à la charge. Plongée dans ses souvenirs, Casey essayait de se rappeler ce qu’elle avait lu sur cette plante et la manière la plus efficace pour prendre le venin, mais rien, impossible de s’en souvenir, et la présence de Brooklyn n’y était pas pour rien, l’empêchant de se concentrer efficacement sur un point précis. Chaque fois qu’elle essayait, ses pensées revenaient immanquablement sur tout ce qu’elle avait envie de lui dire, mais tout ce qu’elle souhaiterait ne pas avoir besoin d’exprimer également, ainsi que la meilleure manière de lui faire comprendre qu’il ne lui importait pas du tout, avec une envie grandissante, celle de le blesser, comme lui l’avait blessée, de le rendre triste, comme c’était son cas, de voir enfin son indifférence disparaître. Burgess était vraiment folle de les avoir laissés là, sans instruction. Ou alors, peut-être les avait-elle données au tout début de cette retenue, mais Casey n’écoutait pas à ce moment là. Peut-être que Brooklyn avait bien assimilé les directives, mais elle n’allait sûrement pas prendre sur elle pour le lui demander. Fierté aux commandes d’une armée Colère, en avant toutes.

Approchant les mains de l’héllébore, elle pouvait presque sentir son attention se réveiller. Au moins qui ne baignait plus dans l’indifférence quand on était proche, ça changeait du glaçon à ses côtés. Si elle se souvenait bien, et ça n’était certainement pas le cas, il fallait que l’un des deux tiennent de ses gants épais les tentacules diverses et variées de la plante pendant que le deuxième s’occuperait de vider le venin d’une tentacule laissée libre. Toute la difficulté résidait dans le fait de maintenir l’héllébore en place, de ne pas se prendre une aiguille dans les yeux pour celui qui tentait de lui soutirer du venin. Ça aurait été plus simple de la tuer mais, étrangement, Casey s’en souvenait avec précision, le venin perdait toutes ses propriétés si on l’extrayait d’une plante morte. L’héllébore, parfaite pour composer vos bouquets et égayer vos salons. D’un geste vif, la Serdaigle enserra les tentacules de la première plante, n’en laissant qu’une libre de gigoter pour que Brooklyn fasse sa part du travail, à savoir ôter une épine délicatement et rapidement à la fois, presser la tentacule au-dessus du bocal adéquat jusqu’à ce qu’elle devienne fripée, signe que tout le venin était extrait, ou quelque chose comme ça. Bien entendu, ce n’est pas du tout ce qu’il se passa, Brooklyn ne réagissant pas assez vite ou pas du tout pour ce qu’elle en savait, concentrée sur l’héllébore, et cette dernière, véritable teigne, envoya une de ses aiguilles à la vitesse de l’éclair en direction de celle qui l’agressait, à savoir Casey. La brune eut le réflexe de se décaler, mais pas suffisamment, et un mince filet rouge commença à couler sur sa joue, là où l’aiguille effilée l’avait éraflée. C’était douloureux, surtout qu’elle devait être enveloppée de venin vu la façon dont sa brûlait, mais elle se rassura quelque peu en se souvenant que ça ne pouvait pas être mortel pour elle. Pas agréable, franchement cuisant, mais pas mortel. Les doigts posés sur sa pommette, le regard assombri par la colère qui, bien entendu, n’attendait qu’une chose du genre pour se libérer, elle se tourna sèchement vers le Serpentard, trouvant enfin la force de lui parler, décidant que ça n’était pas s’écraser que de pointer son manque flagrant de compétences. Tu as enfilé des gants pour participer ou simplement parce que tu avais peur de lire le passé palpitant de cette plante, même à deux mètres d’elle ? persiffla-t-elle, tâchant d’ignorer son regard encore indifférent qui lui faisait bien plus mal que cette blessure sur sa joue, mentionnant au passage un fait qu’elle n’avait pas vraiment digéré depuis qu’elle avait appris qu’il était voyant et qu’il ne lui en avait jamais parlé. D’accord, elle ne lui avait pas posé la question, mais ce n’était pas non plus le genre d’interrogation qu’on pose à tout va. Et certes, elle ne lui avait pas parlé de son don pour l’Occlumancie, mais c’était quand même un autre niveau que celui d’être voyant.
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MessageSujet: Re: mirror on the wall, here we are again (brooklyn)   Sam 13 Jan - 16:35


❝ mirror on the wall, here we are again ❞Brooklyn & Casey
Je prends tout mon temps, je sais quel effet cette attitude a sur les gens en général et mon petit doigt me dit que ça risque d’être encore plus violent chez Casey. Est-ce que c’est ce que je recherche ? Oui, totalement. Je veux une réaction de sa part. Colère, joie, peine, n’importe quoi qui me démontre que toute cette situation, tout ce qu’il s’est passé entre nous, ne la laisse pas insensible. Je veux qu’elle me prouve que je n’ai pas été aussi con que je le pense et que je ne suis pas le seul atteint dans cette histoire. Je ne veux pas être le seul qui souffre parce que Madame s’en contre-balance de moi et de ce que je peux penser ou ressentir. Je veux qu’elle souffre, je veux que cette situation la rende dingue, je veux qu’elle me haïsse ou qu’elle se haïsse. N’importe quoi, tant que cela démontre que dans cette histoire, on est bel et bien deux cons. Je sais que ça ne changera rien à la situation et qu’au final son refus m’aura plus blessé que je ne voudrais l’admettre, mais ça me rassurera dans l’idée que je ne me suis pas fait des idées depuis des mois et qu’elle tient à moi comme je peux tenir à elle. Mais peut-être que je me fais des films et que même si elle réagit à ma provocation, ce n’est que parce que ça l’agace, mais que ça n’a rien à voir avec moi, avec nous. Peut-être qu’elle réagirait de la même façon avec n’importe qui, même une personne avec qui elle n’a aucun lien. Cette pensée me traverse l’esprit et je me retrouve de nouveau perdu. Je ne change pas d’attitude pour autant, au moins si je l’agace, ça sera toujours ça de pris, mais ce n’est pas le but de la manoeuvre ou pas uniquement le but de la manoeuvre. Je saurais trouver un moyen de découvrir autrement si elle m’a pris pour un con depuis le début, comme je l’ai pensé après nos échanges de lettres ou si mon orgueil a pris le dessus et qu’elle est aussi mal que moi depuis qu’on a coupé les ponts tous les deux … ou plus spécifiquement moi puisque je l’ignore royalement et refuse même l’idée de lui adresser la parole.

Cela ne servira à rien, j’en suis bien conscient, mais je ne sais pas, je me dis que j’ai 2h à perdre et rendre service à notre professeur en jouant les elfes de maison, ce n’est pas mon truc. Je pourrais passer mes deux heures à l’ignorer royalement, attendant patiemment que l’autre greluche revienne pour lui faire comprendre que ni maintenant, ni jamais, je ne lui rendrais service et que si elle voulait me virer, elle était libre de le faire. Je pense que ma Directrice de maison - qui doit déjà me porter affreusement dans son coeur - risque de voir rouge et me faire payer cet affront. Elle n’est pas vraiment connue pour être sympathique et cool, à mon avis ça risque de chier des bulles dans pas longtemps. De toute façon je ne reviendrais pas dans cette école, c’est donc certainement une des dernières fois que je vois Casey alors autant avoir le coeur net maintenant, histoire de ne pas avoir de regret plus tard. Quand je serais fixé sur l’ampleur du foutage de gueule, je pourrais partir l’esprit libre de cette école et je ne songerais plus jamais à elle. Elle a dû bien se foutre de ma gueule à lire mes lettres et à y répondre. Gloussant comme une dinde avec ses copines ou son mec ou ses camarades de chambre ou je ne sais trop qui encore. J’ai bien du passer pour un con et pour le coup, je l’ai été, alors je suppose que c’est de bonne guerre. La prochaine fois que j’ai envie de m’attacher à quelqu’un, je me péterais le bras, ça sera une bien meilleure idée et j’aurais moins mal en définitif. Moi qui pensais que ça ne pourra jamais m’arriver, que je ne laisserais plus jamais quelqu’un me faire souffrir, je constate que j’ai été vraiment débile. Certains prétendent que l’homme ne peut pas vivre seul, qu’il a besoin des autres pour exister. J’ai envie de prouver que c’est faux, mais malheureusement, j’en serais bien incapable. J’ai beau tenir les gens à distance, on ne peut nier que malgré tout, certaines personnes comptent pour moi. Que ce soit mes parents adoptifs, ma famille adoptive en général, Casey, Ashley et quelques autres qui ponctuent ma vie et qui raccourcissent les jours avec leur présence à mes côtés. Mais tout ça va prendre fin. Je crois que c’est Ashley qui a eu raison de se barrer, on n’a pas notre place ici, on n’est pas comme eux. Je n’ai pas besoin qu’un pauvre type vienne avec sa cape de super-héros me dire que tout va bien aller pour derrière me planter un couteau dans le dos. Si mes camarades ne se rendent pas compte qu’il est aussi maléfique que Blackman, grand bien leur en fasse, mais moi j’ai les yeux en face des trous et je vois clair dans son jeu.

Une fois tout l’équipement nécessaire pour s’occuper de ces saletés de plantes, je rejoins Casey, sans trop me presser. Elle n’a pas décroché un mot et pour être honnête, j’aurais été moins occupé à sauver ma peau, j’aurais peut-être vu l’inquiétude se peindre sur son visage quand la plante m’a attaqué, mais j’avais bien mieux, comme éviter l’épine par exemple. C’est dommage, j’aurais eu la preuve que finalement, je comptais plus pour elle qu’elle ne voulait bien le dire. On ne fait aucun effort pour être agréable avec l’autre et pour le moment, personne n’a ouvert la bouche. Mais ce silence va être bien vite rompu par ma binôme d’infortune quand, têtue comme une mule, elle décide de réitérer sa manoeuvre, sans rien m’en informer. Si Madame n’a pas compris qu’il faut être deux et que non, je ne lui obéis pas en un claquement de doigt, c’est son problème. Enervant pour la deuxième fois la plante, celle-ci l’attaque et malgré le réflexe de Casey de tenter de l’éviter, elle se fait griffer par une épine. Le sang coule légèrement, ce que je regrette, je n’ai aucune envie lui faire réellement du mal, pas physiquement en tout cas mais tout ça, c’est de sa faute. Sauf qu’évidemment, comme toujours Madame n’est pas de mon avis et commence à s’en prendre à moi. Je pose lentement mon regard acier sur elle et lui répond, froidement. “Alors d’une, je ne suis pas ton elfe de maison, si t’avais daigné ouvrir la bouche pour autre chose qu’être désagréable, tu n’en serais pas là actuellement et de deux, si tu savais écouté, t’aurais compris que je vois l’avenir et pas le passé … mais bon, pour que tu t’intéresses à autre chose qu’à toi ou à tes potes, faut se lever tôt alors bon, je ne devrais pas en être étonné …” C’était gratuit mais elle me gonfle alors bon, elle n’a que ce qu’elle mérite. Si elle pense qu’en m’agressant, elle va obtenir gain de cause, c’est que définitivement elle ne me connaît pas et sincèrement, aujourd’hui je commence à me dire que c’est certainement le cas. Tout le monde ne s’appelle pas Zach après tout ….

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MessageSujet: Re: mirror on the wall, here we are again (brooklyn)   Dim 14 Jan - 15:37


❝ mirror on the wall, here we are again ❞Brooklyn & CaseyIncapable de sentir précisément la plaie avec les doigts habillés de ces gants épais, Casey ôta celui qui recouvrait sa main gauche et passa délicatement son index et son majeur sur sa joue, là où elle sentait une chaleur douloureuse irradier. La jeune femme palpa un peu de sang, quelques gouttes à peine qui vinrent rougir son épiderme. Ça n’était donc pas profond, qu’elle se rassure. Mais la peau qu’elle sentait se gonfler témoignait de la présence de venin. C’était super ça, en plus d’être enfermée dans un cachot avec Brooklyn, elle était désormais défigurée et un passage chez l’infirmier allait être nécessaire, sauf si le professeur Burgess possédait une lotion cicatrisante. Ce qu’elle espérait de toutes ses forces puisqu’elle n’était pas retournée voir Lennox depuis le début de l’année, en septembre, et qu’il demanderait à coup sûr à examiner ses avants-bras. Pour l’instant, il y avait plus important que de se soucier d’un possible face à face avec l’infirmier, comme, à tout hasard, cette colère qui enflait, enflait, enflait, menaçant d’exploser, n’ayant qu’une seule et unique cible : le Serpentard à ses côtés. En lui parlant ainsi, Casey espérait bien évidemment susciter une réaction chez lui, n’importe quelle réaction. Tout, pourvu que ça brise cette indifférence qu’il affichait. Un seul indice pour lui prouver qu’il n’était, en réalité, pas du tout insensible, que ça n’était qu’un masque, une façade. Elle était prête à se contenter de peu pour avoir le droit à un signe de sa part, même s’il était involontaire, qui attesterait qu’il ne s’en fichait pas d’elle, qu’il ne l’avait pas prise pour la reine des connes en début d’année, qu’il était affecté lui aussi par leur éloignement. C’était pitoyable parce qu’un rien lui suffirait à reprendre espoir alors même qu’il s’agirait d’une surinterprétation de sa part. Elle essayait toujours de rester parfaitement objective dans ses observations, mais, fallait-il encore le préciser ?, rien ne fonctionnait plus pareil quand Brooklyn était un élément de l’équation, et elle savait, inconsciemment, qu’elle était prête à s’emparer du moindre élément allant dans le sens qu’elle espérait pour croire qu’il y avait autre chose derrière cette indifférence glaciale. Parfaitement pathétique.

Tressaillant imperceptiblement alors qu’il posait un regard aussi dur que l’acier sur elle, Casey se surprit à espérer qu’il se mette en colère. Elle préférait nettement le voir sortir de ses gonds que d’avoir à faire à un Brooklyn aussi impassible qu’une porte de prison. Pourquoi était-ce si douloureux d’avoir l’impression de n’être rien à ses yeux ? Pourquoi est-ce que ça lui pinçait bizarrement la poitrine de se dire qu’il ne la voyait que comme une moins que rien insignifiante ? Hors de question, néanmoins, qu’elle affiche son trouble, le masquant derrière un visage de glace - même si ses yeux pouvaient la trahir pour qui savait les déchiffrer - adoptant le même ton polaire que le jeune homme. Elle n’avait jamais été la débile de service, dans aucune des relations qui avaient ponctué son existence, il était donc absolument impensable que ça commence aujourd’hui. Sa fierté l’empêchait de montrer la palette d’émotions qui l’habitaient réellement, pas face à quelqu’un qui semblait si indifférent de l’état actuel de leur relation. C’était une faiblesse que d’être attachée à quelqu’un au point de souffrir de son silence, et, comme toutes les faiblesses, il fallait la dissimuler ; la colère et la froideur étant parfaites pour remplir ce rôle. C’était plus dur qu’en temps normal de tenir ce masque, mais qu’importe, les mots sans émotion de Brooklyn l’aidaient dans sa conviction de ne rien montrer de sa peine. Personne n’a parlé d’elfe de maison mais simplement de s’intéresser un peu à ce qui t’entoure au lieu de rester centré sur ta petite personne, ce qui t’aurais permis de comprendre, avec la participation de tes neurones, que je m’avançais vers la plante et qu’il semblait logique que tu en fasses de même répliqua-t-elle sur le même ton dénué de toute chaleur. Mauvaise foi, quand tu nous tiens, tu ne nous lâche plus. Évidemment, si les rôles avaient été inversés, Casey non plus n’aurait pas levé le petit doigt temps que Brooklyn ne lui aurait pas demandé verbalement d’entamer la punition avec lui. Mais les rôles n’étaient pas inversés et ça n’était quand même pas compliqué de voir qu’elle s’avançait vers l’hellébore pour entamer la procédure et qu’il devait donc venir l’assister. Il n’était débile, elle le savait pertinnement, mais s’il voulait jouer au plus con, il trouverait une adversaire, dont les nerfs étaient à fleur de peau, parfaitement disposée à en faire de même.

Cependant, son masque menaça de se fissurer alors qu’elle croyait percevoir des reproches. Qui disait reproches, disait intérêt, même minimal, non ? Non. Ça n’était qu’une pique lancée sur un sujet au hasard, comme il aurait pu lui en sortir sur n’importe quoi d’autre. La mauvaise foi dégoulinant derrière ces mots tendait à aller dans ce sens, qui plus est. C’était quand même l’hôpital qui se foutait ouvertement de la charité en bouffant des seaux de popcorn et en se délectant de la situation, là. Parce que Casey, effectivement, n’était pas du tout le genre à s’intéresser aux autres. Elle se préoccupait avant tout de sa personne, de ses intérêts, et ensuite de ceux des quelques camarades à qui elle tenait. Or, s’il y avait bien un imbécile sur cette terre à qui elle tenait, au point de se murer dans un silence apathique lorsque celui-ci décidait de la rayer de sa vie, c’était le même qui était entrain de la critiquer sur non-intérêt à son égard. On atteignait des niveaux de foutage de gueule assez élevés en cet instant. Ce n’est pas que Casey avait été prête à laisser tomber un monde dans lequel elle se sentait à peu près à sa place - plus, disons, que dans le monde moldu - et qui lui offrait des perspectives d’avenir autres que de finir à la rue, et qu’il avait finalement tourné le dos à la jeune femme sans aucune explication, mais un peu quand même. Venant de la part du mec qui ne pense qu’à sa gueule, qui ne se soucie pas des autres mais uniquement de sa petite personne et qui tourne le dos aux gens sans raison, c’est vraiment du foutage du gueule. Des fois, il vaut mieux apprendre à la fermer plutôt que de sortir des conneries pareilles. C’était sorti tout seul, sa voix se teintant de colère à chaque nouveau mot, faisant rager Casey contre son incapacité chronique à garder son flegme habituel face à Brooklyn. Tant pis. Ça soulageait pas mal, en réalité, de lui sortir tout ce qui lui pesait douloureusement sur le coeur depuis plus d’un mois. Il osait la critiquer sur son manque d’attention envers ses pairs, mais c’est lui qui se permettait d’ignorer quelqu’un malgré le fait que cette personne soit prête à tout laisser derrière elle pour qu’il ne parte pas, pas seul. La brune se souvenait très bien d’avoir écrit ces mots noir sur blanc, elle savait donc qu’il ne pouvait pas y avoir le moindre problème d’interprétation. D’accord, elle n’était pas allée entièrement dans son sens, pointant du doigt que rien de bon ne l’attendait là-bas, elle, qu’il ne pourrait rien pour rendre sa vie plus rose. Mais ça n’était pas ça qui importait, mais bel et bien les mots de fin. Ceux qui disaient qu’elle le suivrait, qu’elle voulait venir. Pourquoi ça n’avait pas suffit, Casey n’en avait aucune idée, et ça n’était pas Brooklyn qui avait souhaité lui apporter le moindre éclaircissement là-dessus. Qu’en plus il ose la blâmer sur un trait dont il était le maître détenteur, bien loin devant elle, ça ne passait pas.

Je m’en souviendrais mieux si tu m’en avais parlé directement. Il pouvait lui envoyer des piques à la gueule, elle n’allait pas se laisser faire non plus, et comptait bien riposter. Elle aussi pouvait trouver pleins de points sur lequel l’attaquer, ça n’était pas du tout un problème. La jeune femme s’était peut-être emmêlé les pinceaux entre la nuance qu’il y avait entre le pouvoir de Brooklyn et celui de la gamine, voyante également - comment avait-elle pu oublier que c’était elle qui lisait le passé ? leur rencontre était pourtant encore bien ancrée dans sa mémoire - mais elle n’acceptait pas de porter la moindre culpabilité. Toute cette histoire, c’était de sa faute à lui. Le pire étant, bien évidemment, qu’il s’en foutait royalement et que le mal-être qui rongeait Casey depuis ne lui importait nullement. Aussitôt, celle-ci regretta ces dernières paroles qui dénotaient trop d’une sincère rancoeur quant au manque de partage dont il avait fait preuve avec elle. Elle ne voulait pas lui montrer ses faiblesses, pas encore une fois, pas pour aller plus mal après cette retenue. Faisant comme si de rien n’était, elle renfila son gant et lui tourna le dos, faisant mine d’observer les plantes alors qu’elle s’employait à recomposer un masque d’indifférence et à ravaler toutes les paroles qu’elle aurait aimé lui jeter à la figure et qui témoignait trop, justement, de son manque d’indifférence face à la situation.
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