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 Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore

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CE QU'IL FAUT SAVOIR

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MessageSujet: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Lun 17 Juil - 18:47



Savannah & Isidore

Le vide. Et un voyage nébuleux dans les confins de l’obscurité. Isidore ne se souvint pas exactement de ce qu’il avait vu au cours de ce long sommeil forcé qui avait suivi son évanouissement. Il avait simplement ce sentiment d’avoir perdu l’équilibre, et de plonger continuellement dans un espace-temps obscur, dépassant toute science connue. Plus de sensation, seulement celle qu’il ne pouvait se rattraper à rien durant sa chute, et qu’il allait mener une course folle contre le chaos. Plus de couleur, plus de matérialité, seulement un glissement infini, tandis qu’il se laissait sombrer pour échapper à la douleur intense qui l’avait saisi, qui l’avait mordu jusque dans la chair. Isidore n’était alors plus Isidore. Juste un corps dans les limbes, flottant en espérant trouver une surface sur laquelle il pourrait poser pieds. Il n’avait jamais pu se mouvoir avec autant d’aisance… c’était tout de même curieux. Il ne se rappelait ni de ce qu’il avait fait dans l’heure précédente, ni de sa journée, ni de… rien en réalité. Pour l’heure, il se contentait d’appréhender avec réticence ce nouvel environnement, qui devenait tout à coup plus étroit, plus étouffant… jusqu’à se resserrer tout autour de lui comme une prison imaginaire.

Il ouvrit lentement les yeux une première fois. La vue brouillée lui donna l’occasion de constater qu’il n’avait pas encore quitté les lieux de la bataille. Les éclairs avaient cessé de fuser, des visages familiers se pressaient autour de lui, certains lui étaient inconnus… La douleur revint elle aussi, mais moins lancinante. Comme si tous ses membres s’étaient retrouvés anesthésiés, ramollis et qu’il était à la merci du premier qui voudrait agir sur son corps. Quelqu’un lança un sort. Il lui sembla distinguer Spencer, mais il pouvait se tromper… Il y eut Liu Xi, qui se pencha à son tour sur lui. Elle s’adressa à lui, mais il ne comprit pas tout. C’était… tellement épuisant de mettre toutes ces syllabes bout à bout, aussi le résultat lui parvint comme un charabia imperceptible. Le contact avec l’herbe humide lui parut soudainement très agréable… il ne pouvait pas se lever, c’était mieux de rester allongé finalement… oui… on n’avait peut-être pas besoin de lui après tout… Il ferma les yeux le temps d’un instant, et soudainement, il avait quitté le sol… comme si on le transportait. Le sol tanguait dangereusement, son bras droit lui donnait l’impression de ne plus exister, et il était soudainement pris d’un haut-le-coeur… il tourna la tête vers le sol, comme s’il allait vomir, lorsqu’il se souvint brutalement. Il jeta un oeil à l’endroit où aurait du se retrouver sa main droite, et ce qu’il vit lui arracha un nouveau gémissement. Ses yeux se fermèrent à nouveau.

Puis, de la lumière, celle de néons au plafond. De toute évidence, le décor avait manifestement changé du tout au tout… sa vision s’ajusta à ce qui semblait être une chambre d’hôpital. Deux types en blanc étaient penchés sur son bras droit, sans qu’il ne puisse revoir le carnage dont son extrémité avait été victime. « Je… » laissa-t-il échapper d’une voix rauque. Il remua un peu les jambes, couvertes par un drap, avant de se rendre compte qu’il était recouvert de fils, dont l’un était relié à sa poitrine par un électrode. « Je suis où là… ? » lança-t-il en peinant à articuler. Est-ce que les mangemorts l’avaient eu ? Alors pourquoi le soignaient-ils ? Peut-être était-il à Sainte-Mangouste… En attendant, il avait besoin de voir sa mère… quelqu’un de familier, qui lui dise que tout ça n’était qu’un gigantesque cauchemar, dont il se réveillerait bientôt. Les deux hommes se réagirent pas, trop concentrés sur leur tâche. « S’il vous plait… » lâcha-t-il à nouveau, implorant presque. « Dites moi ce qui m’arrive… » L’un des deux hommes se tourna vers lui, et lui répondit quelque chose qu’il ne parvint pas à comprendre. Tout bourdonnait, dans sa tête régnait un capharnaüm qu’il ne parvenait à maîtriser, tandis qu’il faisait usage de ses dernières forces pour rester éveillé. On lui saisit le bras, et il sentit l’injection, quelques minutes avant de sombrer à nouveau.

Un ou deux jours devaient s’être écoulés. Il était encore trop perdu pour réaliser, mais un énorme bandage camouflait l’emplacement auquel aurait du se trouver sa main. Cette découverte l’avait tellement affecté. L’une des infirmières avait tenté de lui expliquer que celle-ci était congelée, et qu’il devait se montrer patient avant de savoir s’il serait possible de faire quelque chose, mais une colère muette le dévora. Non, ça ne pouvait pas attendre, il ne pouvait pas rester indéfiniment dans cet état… ! C’était insensé… tout bonnement insensé… Qu’est-ce qu’il deviendrait ensuite… ? Un estropié… ? Il ne voulait pas de cette vie-là, simplement récupérer l’usage de sa main, et quitter cet endroit à l’atmosphère glaciale… « Non, je veux pas… » L’infirmière approchait ce qui ressemblait fortement à de la mélasse de sa bouche, tandis qu’il était désormais en mesure de s’adosser sur le lit. « Je veux pas… laissez-moi tranquille… » Elle répondit quelque chose qu’il ne comprit qu’à demi-mesure, comme quoi il ne parviendrait pas à retrouver ses forces s’il s’obstinait à refuser de manger, mais il continua de tourner la tête dans tous les sens avec insistance. « Allez vous-en… je veux pas, je peux pas ! » s’exclama-t-il avec l’énergie du désespoir. Il jeta un nouvel oeil à son membre manquant tandis que ses yeux s’embuaient. Il n’était plus rien… Vivre comme un fardeau n’était en rien un sort plus agréable que la mort. Elle répondit quelque chose comme quoi elle repasserait plus tard, dans un soupir de lassitude. Tant mieux. Qu’elle s’en aille. Il avait besoin d’être seul.

Plus tard, le bruit de la porte l’éveilla à nouveau. C’était encore l’infirmière. Il leva péniblement la tête en veillant à maintenir son bras immobile, avant de se rendre compte qu’elle n’était pas seule cette fois. Est-ce qu’il rêvait… ? Peut-être, ça semblait tellement irréaliste… « Sav’ ? » demanda-t-il, hésitant. Son rythme cardiaque prit une cadence plus rapide tandis qu’il détaillait la jeune fille, qui avait troqué ses vêtements de née moldue pour une nouvelle tenue. Il ouvrit lentement la bouche, avant de la refermer. Si elle était là, c’était que le château avait été sauvé, non… ? En tout cas, elle était resplendissante. Elle l’avait toujours été, bien entendu, mais aujourd’hui elle lui paraissait plus éclatante que personne ne pourrait jamais l’être, même après des mois de cachots. Peu importait, ça ne pouvait pas être la réalité, c’était trop difficile d’envisager qu’après tout ce temps à être séparé, il pouvait désormais l’approcher, elle et Spencer… Est-ce qu’elle était venue pour lui… ? Il jeta un oeil à sa blessure, et soudainement, un violent malaise s’empara de lui. Non ! Il ne fallait pas qu’elle voie ! Pas elle, surtout pas elle... Il tira brusquement son bras bandé en arrière, le collant à sa poitrine, gémissant à moitié, ramenant son drap pour le recouvrir jusqu'à l'épaule. S’il avait été heureux de la voir apparaître les premières secondes, ce sentiment s’évanouit bien vite. Elle devait repartir. Il n’avait aucune envie qu’elle le considère comme un misérable, comme un pauvre malade privé de la moitié de ses fonctionnalités… Et encore moins qu’elle lise dans ses pensées, qu’elle lise à quel point il était soudainement furieux, contre le monde entier, contre les mangemorts, contre les révolutionnaires, contre ses ennemis, contre ses amis, contre lui-même. « Il faut que tu t’en ailles. » déclara-t-il fermement. Il se sentait comme un monstre de le lui dire alors qu'elle était venue. Elle ne comprendrait pas. Mais c’était le mieux, pour elle, pour tout le monde.
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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Lun 17 Juil - 23:29


Isidore & Savannah

Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me

« Je cherche Isidore, Isidore Melville Vayne, on m’a dit que je pourrais le trouver ici. » L’inquiétude est parfaitement lisible sur mon visage. C’est la troisième fois que je me présente à l’infirmerie à la recherche de mon petit-ami en l’espace d’une journée et à chaque fois j’obtiens la même réponse, il faut que je revienne plus tard car il n’est pour le moment pas possible d’autoriser les visites. Sauf que moi je craque, je n’en peux plus, je veux le voir, j’ai besoin de le voir. « Je suis désolée mademoiselle, vous allez devoir revenir… » Commence un gentil bénévole qui m’envoie un sourire compatissant. Mais son sourire ne suffit plus et je lui coupe la parole sans ménagement. « Si vous me dites que je dois revenir plus tard, je crois que je commets un meurtre. » J’annonce sur un ton qui se veut froid, mais les tremblements dans ma voix me trahissent. Je suis tout simplement à bout. « Je vais voir ce que je peux faire. » L’attente me parait interminable et j’ai scruté la pièce pendant les trop longues minutes qu’ont duré mon attente. Dans les lits, je vois des élèves dont je ne reconnais pas les visages, certains sont tellement amochés que je me demande comment ils peuvent être encore en vie, des gémissements s’échappent de certaines bouches à peine entrouvertes. C’est un spectacle difficile à supporter et je comprends que les visites ne soient pas encore autorisées mais je pense que si j’attends encore, je vais devenir dingue. Le bénévole revient vers moi, le visage toujours aussi peu expressif. « Est-ce que tu peux t’assoir là-bas ? On va venir te chercher. » Il me désigne un petit coin avec une chaise et je m’exécute, attendant patiemment que quelqu’un vienne me donner des nouvelles de mon copain. Je reste bien sage et silencieuse jusqu’à ce qu’une infirmière vienne me chercher. Je ne la connais pas mais elle m’inspire confiance, elle me parait douce et agréable et sans savoir ce qu’elle va m’annoncer, je me sens déjà presque rassurée de savoir que c’est cette femme qui va s’occuper d’Isidore.

J’ai eu tort de me sentir rassurée car ce qu’on m’a annoncé a été un véritable coup de massue. Je m’attendais à des blessures grave, à un coma, à de longs mois de traitements, à une surveillance constante et à plein d’autres choses mais lorsque l’infirmière m’annonça que mon petit-ami avait perdu une main et qu’il n’avait pas encore repris connaissance plus de quelques minutes depuis qu’il avait été emmené à la ferme, je sentis instantanément mes jambes se dérober sous mon poids. Les minutes, voire les heures, qui suivirent restent floues dans mon esprit encore aujourd’hui. Tout le monde s’est super bien occupé de moi et j’ai fini par être capable de marcher. Je n’ai même pas demandé à le voir cette fois-là, j’étais trop choquée et bouleversée pour réussir à affronter Isidore. Je savais qu’il n’était pas encore réveillé et bizarrement j’en étais soulagée car ça me laissait le temps de digérer la nouvelle et de choisir le comportement que j’allais adopter lorsque je me retrouverais enfin en face de lui. Malgré mon envie de rester le plus loin possible de tout ça, mon amour pour le jeune homme m’a poussée à venir demander de ses nouvelles quasiment toutes les deux heures et la réponse qui m’était donnée à chaque fois me soulageait et me faisait peur en même temps. Et s’il ne se réveillait jamais ? Et si je l’avais perdu ? Et si je ne le revoyais jamais ? Toutes ces pensées étaient horriblement difficiles à supporter. Je me sentais affreusement coupable de ne pas être capable d’affronter ça et d’être là pour lui et de l’autre, je trouvais ça normal de ne pas savoir comment gérer ça, quelle adolescente de quinze ans était capable d’affronter une situation pareille ?! Le pire, c’était que je lui en voulais de ne pas être à mes côtés en train de savourer avec moi notre liberté retrouvée et ça, c’était juste le pire sentiment du monde. Evidemment, cette situation ne pouvait pas durer éternellement et je faisais ce qui me semblait être ma quatrième apparition de la journée lorsqu’on m’annonça qu’Isidore était faible mais réveillé.

Je ne pouvais plus reculer à présent, ce n’était tout bonnement pas envisageable alors je m’étais approchée du lit d’Isidore, doucement, comme si j’avais peur de le réveiller. Il avait les yeux à moitié ouvert et lorsqu’il fronça un peu les sourcils, j’eu vraiment l’impression qu’il m’avait reconnue. « Sav’ ? » Les sanglots me nouaient déjà la gorge et pendant quelques secondes, je m’abstins de parler, ne souhaitant pas pleurer devant Isidore. Il avait besoin de mon soutien, pas de mes larmes, je me devais d’être plus forte que ça. « Oui… C’est moi. » Je me trouve juste à côté de son lit à present et si je tendais un tout petit peu la main, je pourrais le toucher. En vérité, j’en meurs d’envie, j’aimerais lui dire à quel point il m’a manqué et à quel point je suis heureuse qu’il soit en vie mais les mots restent bloqués dans la poitrine. Tout ce que je peux faire c’est le contempler en me rendant compte à quel point j’ai été stupide d’avoir peur de venir le voir. Ma place est à ses côtés, j’en ai la certitude à présent et il a l’air tellement heureux de me voir. « On est sauvé, ça va aller maintenant. » Je me doute qu’il ne voit pas forcément les choses sous cet angle mais j’ai besoin de lui dire que tout est terminé, que nous sommes en sécurité maintenant et que nous allons pouvoir être ensemble. Je ne sais pas ce qu’il voudrait entendre, j’ai l’impression de ne pas savoir quoi faire mais nous avons des tonnes d’heures devant nous pour trouver quoi nous dire et j’ai enfin le sentiment que ça va aller, que nous allons tous nous en sortir. Sauf qu’à peine quelques secondes plus tard, Isidore s’agite, tire sur ses draps pour se couvrir entièrement le corps, détourne le regard et semble manifestement gêné par sa présence. « Il faut que tu t’en ailles. » C’est la première phrase qu’il prononce et elle me brise littéralement le cœur. Il ne veut pas de moi ici, il préfère que je sois loin de lui. Comment est-ce possible ? Je ne comprends rien. « Mais… Non. » Je rétorque d’une voix qui manque clairement d’assurance. « Je ne veux pas te laisser, j’aimerais rester auprès de toi, s’il te plait… Pas longtemps, je te le promets, l’infirmière m’a dit que tu étais assez en forme pour recevoir de la visite. » Mon ton est presque suppliant, j’ai tellement envie qu’il me dise de rester.

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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Mar 18 Juil - 2:58



Savannah & Isidore

« Oui… C’est moi. » Bien sûr que c’était elle. S’il y avait bien une personne dans ce château qui ne pourrait être une imposture, c’était bien Savannah Caldwell. Sa Savannah. Il ignorait tout bonnement où ils en étaient tous les deux, leur relation avait eu ses hauts et ses bas, traversé quelques crises, mais jamais il ne cesserait de considérer qu’elle était sa Savannah, celle qui rendait possible l’impossible, celle dont l’énergie pouvait déplacer des montagnes et survivre à n’importe quelle expérience. Mais huit mois de cachots… Il tira le mécanisme servant à relever le dossier de son lit, histoire de se mettre plus ou moins à sa hauteur, et la détailla à nouveau. Elle n’avait pas si changé que ça… Bien sûr, physiquement l’amaigrissement était quelque peu perceptible, et les traits tirés de son visage étaient le témoignage de son séjour forcé dans les catacombes de l’école. Aussitôt, il se sentit pitoyable. Huit mois. Il avait fallu huit mois pour la sortir de là. Quel piètre copain il faisait pour le coup… Un bon à rien qui séparé de ses deux meilleurs amis avait passé une année des plus chaotiques. Et maintenant que le calvaire était terminé, il se tenait là, honteux d’offrir un tel spectacle à celle qu’il aurait espérer un jour mériter. Par réflexe, il leva le bras de quelques centimètres, avant de se rendre compte que c’était fini : plus jamais il ne pourrait la toucher. Enfin si, il y avait la main gauche… mais plus jamais comme avant… Elle se tenait à quelques mètres de lui seulement, après des mois de séparation, et pourtant jamais elle ne lui avait paru aussi éloignée. « Tu vas bien… ? » Sa voix s’étrangla dans sa gorge. Il connaissait la réponse. Bien sûr que non. Ça restait Savannah, mais personne ne pouvait aller bien dans de telles conditions. Jamais aucun sortilège ne leur permettrait d’effacer complètement ce qu’ils avaient vécu, une marque indélébile resterait à jamais ancrée en eux, leur rappelant à quel point ils étaient vulnérables. « T’étais où ? Pourquoi t’étais pas dans les cachots… ? » lâcha-t-il, désemparé. Elle était là, c’était le principal, mais il avait bien regardé dans le groupe de nés-moldus qu’ils avaient libéré ce soir-là, et ramené jusqu’à la surface, mais elle n’était pas des leurs… Alors bien sûr, l’idée qu’elle avait pu être prise en otage par les mangemorts l’avait traversé… Est-ce que ce n’était pas le cas d’ailleurs ? Il se faisait peut-être soigner, mais il ignorait toujours quelle autorité dirigeait l’établissement dans lequel ils se trouvaient tous deux…

« On est sauvé, ça va aller maintenant. » Il la regarda un moment sans comprendre. Sauvés ? Ça lui semblait tellement abstrait comme concept. Peut-être n’étaient-ils pas tombés entre les mains des mangemorts finalement, peut-être qu’ils avaient eu l’avantage en fin de compte… il avait vu Liu Xi dans son drôle de rêve, ce n’était peut-être pas une simple vision. En tout cas, une chose était certaine, non, ça n’irait pas. Elle avait été séquestrée pendant des mois, soumise à des traitements inimaginables, et puis… il y avait aussi sa main… sa main qu’il ne retrouverait certainement jamais… non, tout serait fondamentalement différent désormais. Ils s’étaient encastrés avec tant de violence sur le mur de la réalité, que désormais, Isidore peinait à imaginer qu’ils pourraient un jour retrouver une vie normale. « Ouais, on a qu’à dire ça. » répliqua-t-il simplement. Ce n’était pas juste pour elle, elle n’avait certainement pas mérité qu’il se montre désagréable, mais pour l’heure il ne pouvait envisager mieux. C’était… trop dur. De lui faire face dans ces conditions. Elle était là, à quelques mètres, aussi belle que la dernière fois qu’il l’avait vue, et lui il ne s’était pas montré à la hauteur. Il aurait pu la sauver bien plus tôt. Il aurait trouvé un moyen… ! En demandant la cape de Joanne, il l’aurait emmenée, et puis ils se seraient cachés dans la forêt interdite… il ne savait pas trop comment, mais ils auraient sûrement pu se débrouiller, trouver un moyen de survivre, n’importe quoi… pour qu’elle cesse de vivre ce calvaire. Il aurait du se montrer digne d’elle. A la place, il s’était complètement laissé aller, avait loupé pratiquement la majorité de ses BUSEs, et puis il y avait eu ce bazar avec Anoushka dont il était responsable, la révolution ratée… et il n’avait même pas été fichu de mener jusqu’au bout la seconde bataille. « Tu peux me dire où on est… ? » demanda-t-il d’un ton neutre, jetant un regard à son nouvel environnement. Elle n’avait pas l’air trop blessée, elle avait du pouvoir faire l’état des lieux avant lui… Il se demandait également si les autres allaient bien, s’ils pourraient bientôt rentrer… Mais il allait falloir attendre avant d’en savoir davantage.

 « Mais… Non. Je ne veux pas te laisser, j’aimerais rester auprès de toi, s’il te plait… Pas longtemps, je te le promets, l’infirmière m’a dit que tu étais assez en forme pour recevoir de la visite. » Assez en forme… ? Assez en forme… ?! Un sentiment de rage se mit à bouillonner en lui, si bien qu’il sentit ses jambes s’agiter sous ses draps. C’était un handicapé, qu’est-ce qu’il y avait à voir exactement ? Ce serait peut-être divertissant au début, mais lorsqu’elle se rendrait compte des conséquences que cela impliquait, elle regretterait rapidement de ne pas s’être éloignée plus tôt de l’épave qu’il était amené à devenir. Pourquoi personne n’était décidément fichu de comprendre… ? Qu’elle retourne avec avec Avalon, ou avec Spencer, sa compagnie n’avait rien à apporter à personne… Il regrettait presque ces moments d’abandon, qui avaient suivi sa perte de connaissance, où il s’était retrouvé à errer dans la nuit noire. Un naufrage dont il était le principal acteur et spectateur, et se voyait lui-même, sombrer entre d’obscures d’eaux, si tranquillement qu’il avait l’impression de disparaître progressivement. Ses yeux s’emplirent de colère, et aussitôt, il se sentit trahi, presque souillé. Elle avait pitié de lui… ! Il le voyait dans ses yeux, la honte un peu dissimulée, cette fausse compassion qui camouflait cette insupportable miséricorde. Plus elle restait, plus sa présence devenait insupportable, et elle devait le sentir. Elle était capable de lire en lui, ils avaient développé cette faculté ensemble, il ne pourrait pas lui cacher très longtemps son sentiment… Il avait envie de hurler, d’éclater en sanglots, de balancer quelque chose sur cette fichue fenêtre, de se jeter au travers pourvu que cela fasse revenir ses fichues sensations ! « Ouais, ben le spectacle est pas si intéressant, navré. Je pense que t’en as assez vu. » répliqua-t-il à nouveau sèchement. Il tira davantage le drap sur lui, comme pour se protéger de son regard inquisiteur, des pensées qu’elle lui extorquer, de l’idée qu’elle devait se faire de lui. Un monstre. Un fardeau qu’elle devrait se coltiner jusqu’à ce qu’il la libère de cette corvée sous prétexte qu’elle était sa copine, et qu’elle se promettrait d’accomplir ce devoir auquel il l’aurait enchaînée égoïstement. Quoiqu’il en soit, étant donné ce qu’elle avait vécu, elle ne méritait pas qu’il s’en prenne à elle… « Tu dois sûrement te reposer. » tenta-t-il en guise de rattrapage. Il ignorait si ça suffirait à l’écarter, mais il détestait qu’elle soit spectatrice de ce déplorable spectacle.
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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Mar 18 Juil - 8:54


Isidore & Savannah

Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me

Je me tiens debout devant le lit de mon petit-ami et je me sens affreusement impuissante. En temps normal, j’aurais agi sans réfléchir, comme je le fais toujours avec Isidore. Nous nous connaissons depuis tellement longtemps et il me connait tellement bien que je n’ai jamais vraiment eu besoin de faire semblant d’être celle que je ne suis pas pour lui plaire davantage. Sauf que là, je me sens inutile et surtout j’ai l’impression que le moindre de mes gestes ou la moindre de mes paroles ne sera qu’un horrible faux-pas. Comment devait-on se comporter face à son copain qui venait d’être mutilé ? Je crois qu’il n’existe pas de manuel pour ça, il faudrait peut-être que je demande à Avalon, elle doit savoir ce genre de choses, elle connait la bibliothèque de Poudlard quasiment par cœur et elle a lu tout un tas de trucs sans intérêt, peut-être que ce fameux livre, s’il existe, en fait partie. Le regard que me lance Isidore quand je lui confirme que je suis bien avec lui me rassure un peu, je crois qu’il a l’air heureux de me voir, c’est en tout cas l’impression que ça me donne. « Tu vas bien… ? » Cette simple question suffit à me faire monter les larmes aux yeux. Je suis devenue beaucoup trop sensible depuis les récents événements, je pleurniche pour un rien et j’ai vraiment du mal à savoir comment je vais réellement. J’aimerais retrouver mon rôle de leader qui me tient tellement à cœur habituellement, je ne suis pas le genre de fille qui se laisse abattre par les événements et pourtant, en ce moment, j’ai le sentiment que je n’arriverais jamais à me relever de cette épreuve que l’on m’inflige. Malgré mon envie de pleurer, je hoche la tête de haut en bas. « Je n’ai jamais été aussi en forme. » Le ton de ma voix me trahit certainement, je suis une loque, j’en ai bien conscience et ça me déprime encore plus parce que j’aurais souhaité être là pour celui que j’aime et qu’au lieu de ça, j’ai failli tomber dans les pommes en apprenant ce qui lui était arrivé. Où est passé la fille forte qui pensait pouvoir soulever des montagnes ? J’aimerais vraiment beaucoup la retrouver. « T’étais où ? Pourquoi t’étais pas dans les cachots… ? » Dans les cachots ? Je fronce les sourcils, ne sachant pas trop de quoi il veut parler, j’ai passé de longs et interminables mois dans ces cachots alors bien sûr que si, j’y étais. Peut-être mentionne-t-il la bataille et le moment où ils sont venus nous sauver ? Dans ce cas-là, il va être déçu, je crois que je suis tout bonnement incapable de dire ce qu’il m’est arrivé. « Je… Je ne sais pas, tout est embrouillé dans ma tête, je n’ai pas suivi les autres mais je ne me souviens pas pourquoi, je voulais aider… » C’était complètement stupide, je n’étais pas en état d’aider qui que ce soit, tout ce que j’aurais pu faire dehors, c’était me faire tuer. J’espère qu’il ne va pas m’en vouloir, sur le moment je croyais vraiment bien faire.

« Ouais, on a qu’à dire ça. » Le ton employé par le Serpentard me fait presque frissonner. Il a l’air tellement malheureux d’un seul coup et le contraste entre son attitude actuelle et celle qu’il a adopté quand il m’a aperçue est un peu déstabilisante. Je n’aurais peut-être pas dû lui dire que nous étions enfin sortis d’affaire, peut-être n’est-il pas en état de l’entendre, ou peut-être considère-t-t-il que sa blessure change les choses à tout jamais. En tout cas, ça ne change rien pour moi, il reste mon Isidore et je suis incroyablement soulagée de le savoir en vie. Est-ce que je devrais lui dire ? Je n’en sais trop rien, j’ai peur d’aborder le sujet de sa blessure. « On est vivant… J’ai eu peur que tu ne te réveilles pas. » Super rassurant Savannah, tu gères… Je devrais tourner ma langue dans ma bouche sept ou huit fois avant de parler plutôt que de dire des choses aussi affreuses. Il est vrai que j’ai eu peur, mais je ne devrais sans doute pas le lui dire, en tout cas pas maintenant, mais le problème c’est que je ne sais pas ce que je dois dire alors je tente d’exprimer ce que je ressens tant bien que mal. « Tu peux me dire où on est… ? » Alors ça, c’est dans mes cordes et je suis soulagée qu’il pose enfin une question à laquelle je suis capable de répondre sans avoir besoin de réfléchir pendant dix minutes pour être sûre de ne pas raconter totalement n’importe quoi. « On est dans une ferme, apparemment elle est protégée par des sortilèges et nous devons rester là parce que les Mangemorts nous cherchent. Ils sont toujours à la tête du ministère, tu sais, mais les Aurors qui nous ont amenés ici sont vraiment géniaux, ils font tout pour nous aider. » J’essaie d’avoir l’air positive mais en vérité j’ai peur de ce qu’il va se passer par la suite. Et si les Mangemorts restaient à la tête du monde magique ? Pourrais-je revoir ma famille ? L’absence de visibilité sur l’avenir était effrayante et j’avais vraiment peur de devoir encore subir des mauvais traitements au lieu de pouvoir profiter de nouveau d’une liberté que je pensais pourtant mériter. Enfin, pour le moment ce qui est effrayant c’est le changement de comportement d’Isidore après être devenu nettement plus froid que lorsque je suis arrivée, je le vois essayer de prendre un maximum de distance avec moi. Alors qu’il tente de rabattre le drap encore plus haut vers son menton, j’hésite une fois de plus à m’approcher de lui mais je finis par rester debout au pied du lit, incapable d’envahir son espace contre son gré. « Ouais, ben le spectacle est pas si intéressant, navré. Je pense que t’en as assez vu. » J’ouvre la bouche et la referme tel un poisson hors de l’eau. Je ne sais même pas quoi dire, bien sûr que je ne suis pas venue pour profiter du spectacle, je veux juste être auprès de lui, ça fait tellement longtemps que nous n’avons pas pu passer un moment ensemble, j’espérais qu’il soit heureux de me voir. « Je pensais qu’on pourrait passer un peu de temps tous les deux… Tu m’as manqué. » Franchement, c’est pathétique, il me repousse et moi je cherche tous les moyens de passer un peu de temps en sa compagnie. Je devrais peut-être partir comme il me le demande mais je n’arrive pas à m’y résoudre. « Tu dois sûrement te reposer. » Etait-ce un nouveau moyen de me congédier ? En tout cas, ça y ressemblait bien et son envie de me voir disparaitre me blessait réellement. « Non… Je préfère rester avec toi. Tu me fais une petite place ? » Je demande en désignant un bout de lit vide pas assez spacieux pour que je puisse le rejoindre. J’ai encore l’espoir qu’il ne me rejette pas cette fois, je suis prête à faire de nouveau un pas vers lui pour qu’il m’accepte à ses côtés, j’espère ne pas être déçue.

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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Mar 18 Juil - 16:18



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 « Je n’ai jamais été aussi en forme. » Il la toisa, déconcerté. N’importe quoi, ça voulait dire quoi, être en forme ? Après l’expérience qu’ils avaient vécue, sérieusement… ? Ça faisait peut-être quelques jours qu’ils étaient ici, mais il faudrait sensiblement plus que ça pour qu’ils commencent ne serait-ce qu’un peu à oublier cet épisode macabre… Au moins, cela signifiait qu’elle n’avait pas été blessée, qu’elle allait bien physiquement… Il en fut quelque peu rassuré. Il ne l’avait pas vue durant sa bataille, et les scénarios qu’il s’était imaginé n’étaient pas des plus souhaitables… « Je… Je ne sais pas, tout est embrouillé dans ma tête, je n’ai pas suivi les autres mais je ne me souviens pas pourquoi, je voulais aider… » C’était peut-être louable de sa part, mais profondément inconscient. Ce fut la première pensée d’Isidore, qui se remémora silencieusement la bataille qui s’était déroulée quelques heures plus tôt, ou peut-être quelques jours, il avait du mal à visualiser… il y avait des débris partout, des sorts qui fusaient, des corps qui tombaient comme des mouches… Elle aurait pu être blessée ! Son coeur se resserra lorsque le souvenir de son rêve d’il y a quelques semaines lui revint. Savannah mourrait. Elle regardait quelques secondes dans sa direction, puis elle tombait inconsciente. Il avait beau hurler, la secouer, la supplier de se réveillait, rien n’y faisait, et le même désespoir s’emparait de lui à chaque réveil. Il lui fallait bien quelques minutes pour se rendre compte que ça n’avait rien à voir avec la réalité… Mais ce sentiment lui avait tordu les entrailles pendant la bataille, lorsqu’il n’était pas parvenu à la retrouver. Bien sûre qu’elle avait voulu aider, c’était tout elle ça… ça n’était pas si important qu’elle se mette en danger, pourvu qu’elle puisse filer un coup de main, faire passer la sécurité des plus jeunes avant la sienne… Bon sang, elle ne se rendait pas compte du sang d’encre qu’il se faisait ! « T’aurais pas du. » répondit-il sèchement. Elle l’aurait fait quand même bien sûr, il ne pouvait pas la changer, et n’espérait pas le faire. Seulement, l’angoisse peinait à être calmée. « T’imagines s’il t’était arrivé un truc… ? C’est des malades ces types… T’aurais pu… t’aurais pu… » Il préféra ne pas terminer sa phrase. Bien sûr, ça ne servait à rien de ruminer sur ce qui s’était déjà produit, et sur ce à quoi elle avait heureusement échappé, mais une certaine nervosité s’était emparée de son corps. Ce type de Poufsouffle qui était tombé inconscient… est-ce qu’il s’en était sorti ? Et Spencer qui avait été blessé aussi…

« On est vivant… J’ai eu peur que tu ne te réveilles pas. » Vivant… ? Ce mot lui fit une drôle d’effet. Il jeta de nouveau un oeil à son poignet, dont l’ouate ne lui permettait pas de constater les dégâts. Ce n’était pas être vivant ça, c’était être une coquille vide… Bien sûr, c’était Savannah, alors elle ne jetterait pas, en tout cas pas tout de suite… elle adorait aider les autres, remonter le moral des troupes, tous ces trucs-là… Elle ne se rendrait compte qu’après coup de ce que tout cela impliquait. Tout d’abord, elle se sentirait gênée de le présenter à ses amis, puis elle se rendrait toute seule aux entraînements de Quidditch en lui adressant un regard un peu triste avant de partir, comme un chien à la patte blessée trouvé près d’un caniveau… l’éloignement se ferait progressivement. Il la regarderait avancer, tandis que lui n’aurait de cesse de stagner. La rééducation prendrait du temps, sûrement trop, et il n’avait aucune envie de lui infliger cette vie-là. Elle en avait déjà suffisamment bavé… Huit mois dans les cachots, bordel ! Comment était-elle encore capable de seulement tenir debout… ? Et dire que c’était elle qui tentait de lui remonter le moral… Décidément, il était vraiment trop minable… « Ouais, ben j’sais pas si ça valait le coup finalement. » répliqua-t-il vivement. C’était stupide de dire ça. Bien sûr que ça valait le coup, parce que même si c’était au prix de quelques pertes, y compris de son membre, elle avait pu sortir… elle était libre, et Spencer aussi… Il le croyait encore, lorsqu’il affirmait qu’il aurait donné n’importe quoi pour la voir sortir. Mais à ce prix-là… il préférait encore être mort.

« On est dans une ferme, apparemment elle est protégée par des sortilèges et nous devons rester là parce que les Mangemorts nous cherchent. Ils sont toujours à la tête du ministère, tu sais, mais les Aurors qui nous ont amenés ici sont vraiment géniaux, ils font tout pour nous aider. » Il demeura silencieux un instant, pour réfléchir à la situation... La ferme incartable... ils avaient passé des vacances ici deux ou trois ans auparavant, non ? Il avait d'ailleurs considérablement regretté le voyage tant c'était ennuyeux... Alors ça voulait dire que leurs familles n'étaient encore au courant de rien, que la situation s'était à peine arrangée... Le ministère tout ça... Ils n'étaient pas encore sortis de l'auberge quoi. Il secoua la tête, espérant chasser ce mauvais rêve dans lequel il espérait encore être plongé... Dans le meilleur des cas, ils allaient rester indéfiniment ici, si les Aurors ne parvenaient pas à retrouver l'ascendant... « Y a pas à dire, c’est vraiment génial… » lâcha-t-il sans prendre la peine de masquer l’ironie de ses propos. Bah c’est vrai quoi, c’était pas une super nouvelle ça ? Les Mangemorts étaient toujours à leurs trousses, s’ils étaient retrouvés ils vivraient sans doute le même cauchemar en version cent fois pire, et peut-être que cette fois, ils ne s’embarrasseraient même pas de garder les nés-moldus en vie. Alors ouais, pour une super nouvelle, ça… « Tes parents savant que t’es ici ? T’as eu des nouvelles d’eux ? » demanda-t-il toutefois. Ça avait du être suffisamment difficile de devoir garder le silence tout ce temps… Il avait pu leur écrire une fois, vers Noël, pour les assurer que Savannah s’en sortait malgré tout, en restant abstrait sur sa situation… mais n’avait pas eu de retour. Il avait fini par se demander si le hibou n’avait pas été intercepté, ou si l’adresse était correcte… Au vu de l’idée qu’il avait des Caldwell, ils avaient du se faire un sang d’encre, avec trois de leurs enfants incarcérés. Ils auraient forcément insisté pour en savoir davantage…

« Je pensais qu’on pourrait passer un peu de temps tous les deux… Tu m’as manqué. » Il soupira, fermant les yeux, en espérant que s’il maintenait ses paupières closes suffisamment longtemps, il se rendrait compte que ses fonctions étaient subitement revenues. . Pourquoi insistait-elle ? En d’autres circonstances, il aurait bien sûr voulu la même chose… Il avait pensé à ce moment depuis des mois, à la sensation que ce serait de la retrouver, de la serrer dans ses bras, de sentir ses cheveux, de sentir son coeur battre dans sa poitrine tout près du sien… C’était à cette idée qu’il s’était raccroché pendant les semaines qui avaient suivi la première révolution, lorsqu’il la voyait passer dans les couloirs, pour aller effectuer ses corvées. Le manque l’avait tiraillé comme si on lui avait ôté une partie de lui. Mais pour la retrouver, il avait du en céder une autre, et il réalisait tout juste qu’une fois cet échange réalisé, il ne pourrait jamais plus être celui qu’elle espérait. A la place, il devenait une sorte de légume, qu’elle devrait se coltiner jusqu’à ce qu’il la libère de ses fonctions… Pourtant, elle insistait, alors que passer du temps avec lui était presque au même niveau des corvées qu’elle avait été contrainte de réaliser une année durant. Pourquoi… ? « T’inquiète, ça te passera. » répliqua-t-il, presque méchamment. C’était injuste. Ce n’était pas juste pour elle, elle ne méritait pas qu’il se comporte de cette manière, mais c’était la seule manière de lui faire comprendre… Il fallait qu’elle comprenne ! Il fallait qu’elle sorte, qu’elle retrouve sa liberté… « Non… Je préfère rester avec toi. Tu me fais une petite place ? » Il n’y avait rien à faire, elle n’était visiblement pas prête de renoncer… Il lui jeta un regard déconfit. Il ne fallait pas… Il fallait qu’elle s’en aille, mais… elle était si proche… Il avait pensé à ces instants pendant des mois. Bien sûr, ce ne serait pas comme il l’avait espéré, mais si ce n’était qu’un instant… Un instant passé avec elle, un instant parfait… Il s’appuya sur son bras gauche pour s’écarter de quelques centimètres sur le matelas. Ce n’était pas un grand espace, mais c’était au maximum de ses possibilités… Puis, toujours camouflant son bras droit, il tendit sa main encore active vers elle, l’invitant à la saisir. « Viens par là. » Il en avait besoin. Même si c’était quelques instants. Même si après ça, il n’aurait plus jamais l’occasion de la toucher, après qu’elle se soit rendue compte de ce qu’il était devenu. Il replia ses jambes, et se redressa, de manière à pouvoir la regarder dans les yeux. Avec le rayon de lumière que les stores laissaient échapper qui se posait juste sur son visage, elle était magnifique… il déposa sa main sur son épaule, la laissa remonter le long de ses cheveux, caressant au passage sa nuque, comme s’il la découvrait après des années. Par réflexe, il sortit un peu son bras camouflé, hésitant… Pris de dégoût lorsqu’il revit l’embout, il plaqua son visage dans ses cheveux. Comment pouvait-elle encore se tenir là ? « Me regarde pas… s’il te plait. » commença-t-il d'une voix rauque. Ses yeux lui piquaient tout à coup... « Je veux pas que tu voies ça. » supplia-t-il presque, tandis qu’il s’efforçait de faire abstraction de tout ce qui se passait autour d’eux. Ce n’était qu’un instant.
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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Mar 18 Juil - 19:44


Isidore & Savannah

Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me

Je vois le visage d’Isidore s’assombrir quand je mentionne ma présence au cœur de la bataille. Je savais que ça n’allait pas lui plaire pourtant alors je ne comprends pas pourquoi j’ai dit ça… Peut-être tout simplement parce que je ne veux pas lui mentir. Nous n’avons pas de secret l’un pour l’autre, c’est en tout cas ce que j’ai toujours cru. Depuis la fin de nos entrainements quasi quotidiens, je n’ai jamais lu une seule fois dans les pensées de mon petit-ami parce que je lui fais totalement confiance et comme je le pense parfaitement honnête avec moi, je tiens à l’être aussi. C’est fou ce que l’amour peut rendre vulnérable, j’ai du mal à croire que ma relation avec Isidore ait évolué de cette façon et que nous soyons passés des amis s’accompagnant dans toutes les bêtises et imaginables à un couple des plus banals. Enfin, non, nous n’avons rien de banal en réalité, je crois que je pense ça simplement parce que nous avons été éloignés pendant huit mois et que nos retrouvailles se font plutôt en douceur compte tenu de ce que nous avons subi chacun de notre côté mais si on se base sur la manière dont nous nous comportions l’un avec l’autre avant l’arrivée de Blackman, les choses étaient très différentes. Il ne se passait pas une journée sans qu’une dispute éclate entre nous, il ne se laissait pas faire et ne reconnaissait jamais ses torts et je faisais de même. Bien sûr, on se réconciliait à chaque fois mais nos engueulades étaient sacrément violentes et bruyantes. Elles me manquent presque, notre innocence semble perdue à jamais maintenant. L’évocation de ces souvenirs aurait pu me faire sourire mais le ton froid et sec d’Isidore me ramène à la réalité. « T’aurais pas dû. » Effectivement, je n’aurais pas dû, surtout sans possibilité de me défendre des attaques que je risquais de subir, mais c’était plus fort que moi, j’ai eu besoin d’agir. « Je sais. » Faute avouée à moitié pardonnée, non ? Mais mon Izzie a l’air tellement en colère que je doute qu’il se calme si facilement. J’aurais dû rester avec le groupe, c’est une évidence. « T’imagines s’il t’était arrivé un truc… ? C’est des malades ces types… T’aurais pu… t’aurais pu… » Il est totalement dans le vrai et je ne peux que hocher la tête. Il aurait pu m’arriver des dizaines et des dizaines de trucs moches. « J’aurais pu mourir, mais toi aussi… Et pourtant nous sommes là tous les deux. » Nous avons de la chance d’être en vie.

Mon enthousiasme ne met pas Isidore de bonne humeur, loin de là. Je me comporte comme s’il fallait savourer cette deuxième chance qui nous est offerte sauf que moi, je suis intacte physiquement. Certes, ces épreuves m’ont affectée et je ne vais pas spécialement bien actuellement, mais dans quelques semaines, toutes mes cicatrices auront disparues et j’aurais commencé à guérir intérieurement également. Ce n’est pas le cas d’Isidore, l’absence de sa main lui rappellera toujours ce par quoi il est passé et je comprends qu’avoir survécu ne soit pas suffisant pour lui redonner goût à la vie. « Ouais, ben j’sais pas si ça valait le coup finalement. » J’écarquille les yeux, choquée par de tels propos. Certes, je peux imaginer qu’il soit difficile pour lui de concevoir une vie sans une de ses mains, réapprendre tous les gestes du quotidien, oublier le Quidditch qui lui tient tellement à cœur, voir une minime action devenir affreusement compliquée, bien sûr que c’est horrible et injuste. Mais certains ont perdu la vie dans cette bataille alors que lui, il a encore de longues années devant lui. « Je t’interdis de dire ça. » Mon ton est plus sévère que je ne le souhaite, j’imagine que je devrais gentille et souriante envers mon Isidore parce qu’il n’a pas encore eu le temps de se remettre de ses émotions, mais je ne peux pas le laisser avoir de telles idées noires. « Tu ne veux pas mourir. » Et surtout, je ne veux pas le perdre mais ce serait égoïste d’exprimer un tel sentiment à ce moment-là, c’est sûr lui que je dois me concentrer. Malheureusement, je vois bien quand je lui explique notre situation actuelle qu’il n’est toujours pas satisfait. En même temps, qui le serait ? « Y a pas à dire, c’est vraiment génial… » En effet, les choses ne sont pas vraiment arrangées pour nous et l’issue des combats reste encore incertaine mais c’est un petit pas en avant malgré tout. « C’est une mini-victoire mais ça reste une victoire quand même. » Je veux encore positiver et lui montrer que je suis optimiste quant à la suite des événements même si au fond le doute et l’appréhension ne me quittent pas moi non plus. « Tes parents savent que t’es ici ? T’as eu des nouvelles d’eux ? » Mon cœur se serre lorsque j’entends parler de ma famille, elle me manque terriblement et passer mon été loin des miens est un véritable supplice. « Je n’en sais rien… Nous ne pouvons pas communiquer avec l’extérieur, ce serait trop dangereux. » Je voudrais continuer à parler mais ma voix se brise, autant éviter ce sujet douloureux. « Mais je pense que toutes les familles ont été averties. » En d’autres termes, les proches d’Isidore doivent avoir pris connaissance de sa mutilation mais je ne sais pas si c’est ce qu’il voulait entendre.

La suite de ma visite est pire encore, je m’accroche à Isidore presque autant qu’il me repousse et chaque rejet de sa part est un peu plus douloureux que le précédent. J’aimerais m’enfuir mais je reste là, physiquement incapable de le laisser. Il m’a tellement manqué, j’ai besoin d’être avec lui et je suis vraiment choquée qu’il ne le comprenne pas et encore plus qu’il ne partage pas cette envie. Je me mets à nue devant lui, exprimant ce que j’ai sur le cœur en espérant qu’il me revienne soudainement mais le miracle ne se produit pas. « T’inquiète, ça te passera. » Ma gorge se serre, j’ai peur de trop bien comprendre ce qu’il veut me dire et pourtant je ne peux pas l’accepter, ni maintenant ni jamais. Je ne veux pas que ça me passe, je veux être avec lui. « Tu ne veux plus de moi ? » Je suis de plus en plus pathétique, ma voix tremble et j’ai super peur d’entendre la réponse à cette question que je regrette déjà d’avoir posée. Isidore semble en colère contre moi, je le vois, je le sens et je l’entends aussi lorsqu’il me demande de le laisser tranquille mais je suis tellement perdue, je ne comprends pas du tout l’origine de cette colère à mon égard. Je joue ma dernière carte en lui demandant une place près de lui, m’attendant à tout instant à être rejetée une fois de plus. Je suis donc étonnée de le voir s’écarter sur le matelas avant de me tendre sa main valide pour m’attirer contre lui. « Viens par là. » Il n’y a aucune hésitation de ma part et en un instant, je me retrouve assise sur le bout de matelas qu’il m’a laissé et je me blottis contre lui, savourant ce contact que je n’ai pu qu’imaginer pendant de longs et interminables mois. J’aimerais que ce moment dure une éternité, j’ai l’impression que j’ai gagné la bataille et que je le retrouve enfin mais c’est trop beau pour être vrai. D’un seul coup, son comportement change encore et il passe de la tendresse à l’apeurement en une fraction de seconde. « Me regarde pas… s’il te plait. » Déstabilisée par sa réaction, je reste bouche-bée, une main en suspens alors que je m’apprêtais à la poser contre lui. J’ai l’impression de marcher sur des œufs. J’ai envie de lui demander pourquoi il ne veut pas que je le regarde mais j’obtiens la réponse avant même de poser la question. « Je veux pas que tu voies ça. » Je n’ai aucun mal à comprendre de quoi il parle cette fois, il ne veut pas que je sois témoin de sa blessure. Que croit-il ? Que je vais le rejeter pour ça ? Ça n’arrivera jamais. « Izzie… » Ma main s’approche de son visage pour forcer doucement son regard à croiser le mien, il ne pourra pas se cacher éternellement. « Laisse-moi être avec toi, ne me repousse pas s’il te plait. » Je ne sais pas si ça lui suffira ou s’il souhaitait entendre que son absence de main ne change rien pour moi. Je fais vraiment de mon mieux, mais rien ne me dit que mon action est la bonne.

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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Mar 18 Juil - 23:52



Savannah & Isidore

 « Je sais. » Tant mieux… Au moins elle s’en rendait compte. Il était certainement très mal placé pour lui faire une quelconque morale, il avait pris des risques toute l’année, agi sous le coup de l’impulsivité, bravé quelques points du règlement… Non, en effet, il était loin d’être un modèle… Savannah, elle, en était un. Jamais elle n’avait reçu les punitions publiques dont certains avaient fait les frais, même si lui aurait pu lui en attirer, en prenant part à la première révolte. Elle avait tenu bon toute l’année, s’était retenue de se plaindre, avait pris sur elle malgré son tempérament, et il la connaissait suffisamment pour savoir que ce devait être affreusement difficile pour elle, qui avait tant besoin d’évasion, d’expression, de liberté… Mais ce rêve macabre le hantait toujours. Il s’en serait tenu responsable jusqu’à la fin de sa vie… Comment se pardonner d’avoir entraîné sa petite amie dans ce carnage… ? La vie qu’ils menaient étaient atroces, mais au moins elle ne la risquait pas… Ils auraient pu attendre un peu plus, s’enfuir ensemble… Ils auraient trouvé un moyen, il avait trouvé de la poudre de cheminette dans le bureau du directeur ! « J’aurais pu mourir, mais toi aussi… Et pourtant nous sommes là tous les deux. » Ouais… super… dommage que ce soit en pièces détachées… il leva les yeux vers la fenêtre pour tenter d’obtenir un vague aperçu de leur nouvel environnement, et du décor qui les entourait, dissimulé par les stores. Ça ne faisait plus mal. C’était ça, le pire… Il n’y avait plus de trace… comme si le fait de ne plus ressentir la douleur indiquait l’issue fataliste à laquelle il était condamné. Qui était capable de recoller une main, hein… ? Si c’était possible, elle aurait déjà été fixée à son poignet avant même qu’il se réveille… Et maintenant… ? Qu’est-ce qui allait se passer ? Elle était adorable, elle faisait de son mieux pour le rassurer, pour lui dire que tout allait s’arranger, tout allait bien se passer… Maintenant, ça aurait du être à lui de lui dire la même chose, de lui montrer qu’il était présent… que maintenant, ils pourraient redémarrer une nouvelle relation, loin de tous ces problèmes, qu’il la comblerait de bonheur, qu’il la rendrait heureuse… sauf qu’il n’en était manifestement plus capable. « Ah. » répondit-il simplement. Laconique, mais il ne voyait pas quoi ajouter d’autre. En même temps, si elle avait voulu profiter d’une bonne compagnie, ce n’était certainement pas la sienne la meilleure… « Qu’est-ce qu’on va devenir, maintenant ? » demanda-t-il, fixant la fenêtre, comme si c’était de moindre importance. Poudlard, tout ça… C’était terminé, non ? Si toute cette histoire se finissait, ils allaient simplement rentrer chez eux, vivre dans le cocon familial… et puis ? Est-ce qu’ils se reverraient au moins ? Est-ce qu’ils en auraient le droit… ?

« Je t’interdis de dire ça. Tu ne veux pas mourir. » Qu’est-ce qu’elle en savait ? Elle ne pouvait pas comprendre. Enfin si, elle le pouvait, sans doute cent fois plus que lui, après le calvaire qu’elle avait vécu. Des idées noires avaient forcément du la traverser, malgré son optimisme à toute épreuve… Mais ce n’était pas la même chose. Savannah voyait toujours ce qu’il y avait de plus positif, chez tout le monde… Même sans avoir fréquenté les cachots, il était persuadé qu’elle avait soutenu tout le monde du mieux qu’elle pouvait, qu’elle leur avait tous dit de ne pas désespérer, que quelqu’un viendrait les chercher… Ils étaient venus, mais bien trop tard. Et maintenant… il était là. Démembré, et sûrement dépendant pendant une bonne partie de sa vie. « C’est une mini-victoire mais ça reste une victoire quand même. » Ah bon ? C’était une victoire ça ? Parce que ça n’y ressemblait pas beaucoup… Si encore elle lui avait dit qu’ils étaient définitivement débarrassés du joug de Blackman, peut-être aurait-il revu son jugement, mais pour le coup il lui semblait un peu qu’ils s’étaient fait avoir au change. Combien de temps avant qu’on leur tombe dessus ? « Ouais, j’en sais rien. » répondit-il plus négligemment. Non, il n’avait pas spécialement envie de se donner la mort, mais la vie ne lui paraissait pas beaucoup plus intéressante en comparaison… « J’sais pas si ça vaut le coup de se battre pour autant. Tout ça pour quoi en vrai, hein… ? Une fausse victoire… ? S’ils nous retombent dessus, vous aurez droit à quoi cette fois ? » réagit-t-il en haussant le ton. Déjà ces mots sortis de sa bouche, il les regrettait. Ce n’était pas ce qu’il avait voulu dire… C’était stupide, c’était lui qui avait voulu cette révolution, et maintenant il était en train de se mettre en colère, et elle en faisait les frais alors qu’elle n’avait rien demandé… « Pardon… je voulais pas dire ça. » se rattrapa-t-il tant bien que mal. Pourquoi était-ce si compliqué de lui communiquer ce qu’il ressentait vraiment après tout ce temps ? Il avait espéré sa sortie pendant des mois, et désormais, il jouait les gamins capricieux…

« Je n’en sais rien… Nous ne pouvons pas communiquer avec l’extérieur, ce serait trop dangereux. » Il se mit à trépigner nerveusement sur son lit, avec la désagréable sensation d’être un oiseau en cage. Etaient-ils passés d’une prison à une autre… ? Combien de temps allait durer cette insupportable situation ? Quelque chose en lui, une essence maligne et sarcastique, voulut le pousser à répondre à se montrer à nouveau blessant, dans le seul but de la faire réagir, qu’elle se rende compte que cette révolte n’avait rien d’une réussite… Ils avaient échoué. Lui le premier, puisqu’il faisait partie de ceux qui l’avaient initiée. Trop dangereux, trop dangereux… Au point où ils en étaient, sérieusement… ? Il la dévisagea, silencieux cette fois, détailla les contours de son visage, et sa mine qui s’était assombrie. La pauvre en tout cas… Il savait combien elle était proche de sa famille, combien ils comptaient les uns sur les autres, combien elle s’inquiétait pour eux autant qu’ils devraient s’inquiéter pour elle… Pour le coup, il se sentait ridicule à se plaindre de son existence alors qu’elle faisait tout pour taire sa souffrance intérieure, sûrement pour ne pas avoir à en rajouter. « D’accord. » répondit-il sobrement. « Qu’est-ce que tu fais de tes journées dans ce cas ? » Elle ne pourrait pas lui reprocher d’essayer en tout cas, il tentait maladroitement de changer de sujet, et de le déviait sur une piste moins sensible. Il avait toujours un peu de mal avec la notion du temps, mais puisqu’elle s’était changée, et qu’elle semblait avoir fait le tour du propriétaire, elle devait avoir pris quelques marques, non… ? « Mais je pense que toutes les familles ont été averties. » Il hocha la tête silencieusement, sans répondre. Il aurait préféré que ce ne soit pas le cas. Enfin pas pour Savannah, c’était bien que ses parents puissent être au courant… Mais sa mère à lui en tout cas n’avait pas besoin de ce souci supplémentaire.

« Tu ne veux plus de moi ? » Il secoua la tête tandis qu’il se sentait d’autant plus irrité. Non ! Bien sûr que non ! Comment ne pourrait-il plus vouloir d’elle… ? Elle était tout ce qui lui était arrivé de mieux, tout ce qui avait cessé de faire de lui un minable… sans elle et Spencer, il ne savait même pas comment il s’en serait sorti jusque là… non, ce raisonnement n’avait pas de sens, c’était elle qui ne voudrait plus de lui. Enfin pas maintenant, parce qu’elle ne s’en rendait pas compte… Elle était gentille, elle voulait aider, lui montrer qu’elle était là, mais s’en suivraient les complications, puis elle se rendrait compte qu’elle ne pourrait pas elle non plus mener une vie d’adolescente normale… et puis, arriverait l’histoire avec Anoushka qui finirait de mettre le feu aux poudres, et pour le coup, elle le quitterait certainement dans l’heure. Il ne la méritait pas, tellement pas… « Dis pas de bêtises, je t’ai voulu près de moi toute l’année. » réalisa-t-il en refermant ses phalanges encore actives. « C’est… tout simplement pas comme ça que ça aurait du se passer. » termina-t-il en baissant son visage vers la bosse de ses genoux formée par les plis des draps. Il l’avait finalement laissée monter, et dans l’instant qui avait suivi, il avait oublié pourquoi il préférait garder ses distances. Oublié qu’il ne pourrait plus jamais la toucher de la main droite, oublié qu’il serait son fardeau pour les prochains mois… C’était bon… Tellement agréable de la retrouver après tout ce temps… Malheureusement il fallait que la réalité les rappelle à l’ordre… « Izzie… Laisse-moi être avec toi, ne me repousse pas s’il te plait. » Il demeura interdit… avec de nouveau l’impression d’être un monstre… il ne lui rendait pas service en faisant ça. Peut-être que lui rendre sa liberté était la meilleure chose à faire… pourtant, il ne parvenait pas à la lâcher. Quel égoïste… il avait cette sensation désagréable de profiter d’elle, et de sa gentillesse. Son bras valide entourait toujours ses épaules, et il sentait les larmes monter jusque dans ses yeux, s’efforçant de les retenir pour qu’elles ne s’écoulent pas dans la chevelure de la jeune fille. « Tu devrais pas. » répondit-il dans un sanglot étouffé. Même auprès d’elle, il ne s’était jamais montré aussi vulnérable. Plus rien n’était comme avant maintenant…
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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Mer 19 Juil - 16:07


Isidore & Savannah

Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me

« Ah. » Je ne comprends pas comment Isidore peut être à ce point malheureux de se savoir en vie et sa manière de voir les choses me fait affreusement peur. Qu’est-ce qui me prouve qu’il n’essaiera pas de se donner la mort dès que j’aurais le dos tourné ? Je ne sais pas s’il est sincère ou s’il essaie juste de contrecarrer mon optimiste en se montrant défaitiste et agri. J’espère que la deuxième option est la bonne même si ce n’est pas trop réjouissant. En partant, il faudra que j’informe l’infirmière pour être sûre que la surveillance soit renforcée, je crois que je ne survivrais pas si je devais le retrouver mort en revenant lui rendre visite. Cette année a déjà été bien trop éprouvantes pour moi, je ne peux pas en plus perdre le garçon que j’aime. Bien évidemment, pour ne pas jouer une fois de plus les égoïstes, je me garde bien de faire cette réflexion à voix haute. C’est de lui que je dois me soucier aujourd’hui et non de moi, il va vivre des semaines difficiles et je me dois d’être présente pour l’épauler. En plus, je n’ai même pas à me forcer, j’ai vraiment envie d’être auprès de lui. Ces longs mois de séparation ont été difficiles à supporter et puisque j’ai enfin l’opportunité de rattraper le temps perdu, je ne compte pas m’en priver. « Qu’est-ce qu’on va devenir, maintenant ? » Je crois qu’il a l’air vraiment désemparé et je ne me sens malheureusement pas en mesure de le rassurer pour le coup. J’aimerais pourtant, lui dire que tout va s’arranger, que les Mangemorts finiront en prison et que nous pourrons reprendre le cours de nos vies. Sauf que rien n’est sûr, nous sommes passés d’une prison à une autre et même si celle-ci ne nous inflige pas tous les mauvais traitements que j’ai subis cette année, la sensation d’enfermement reste bien présente. « Dans un premier temps, il va falloir qu’on se remette tous sur pieds. Beaucoup ont été blessés dans la bataille et ceux qui étaient dans les cachots ne sont pas très en forme non plus. Moi j’ai eu de la chance, alors j’essaie d’aider ceux qui n’en ont pas eu du mieux que je peux. Quand tout le monde ira mieux, on pourra réfléchir aux prochaines étapes. » Je sais que ma réponse n’est pas satisfaisante mais nous ne pouvons pas faire mieux que de vivre au jour le jour actuellement alors c’est tout ce que je peux lui dire. A quoi bon lui mentir ? Ce n’est pas quelque chose que j’ai l’habitude de faire et ça ne m’avancera à rien. « Les infirmiers font un travail formidable, j’ai déjà repris trois kilos depuis que nous sommes arrivés ! » J’essaie de sourire avec enthousiasme mais je n’y arrive pas, on s’en fout de mon poids, Isidore ne retrouvera pas sa main quels que soient les traitements utilisés et je doute qu’il se réjouisse de voir tout le monde se rétablir alors que lui gardera nécessairement de lourdes séquelles des combats qui ont eu lieu.



D’ailleurs, il ne semble pas considérer notre réussite comme une victoire à part entière et ça me fait vraiment de la peine. Considère-t-il que tout ceci n’a servi à rien ? Il a tort, je ne suis pas sûre que j’aurai survécu à tout ça pendant de longues semaines supplémentaires, j’étais à bout de force et même si je suis de nouveau enfermée, je reconnais la chance que j’ai de pouvoir porter des vêtements propres et manger à ma faim. « Ouais, j’en sais rien. » Son air défaitiste me fend le cœur, ça ne lui ressemble pas. Notre désir de liberté est quelque chose que nous partageons et je comprends que l’enfermement soit difficile à vivre parce que je ressens exactement la même chose, mais en aucun cas nous pouvons dire que ce qu’ils ont fait cette nuit-là n’a servi à rien. Peut-être qu’il considère que ça ne valait pas la perte de sa main et je ne peux pas lui enlever ce sentiment, mais je peux au moins lui faire comprendre qu’ils ont réalisé quelque chose de formidable. « Moi je le sais. Je ne sais pas combien de temps j’aurais pu tenir encore là-bas mais ça devenait difficile, nous étions à bout de force physiquement et moralement. Alors bien sûr, cette semi-liberté n’est pas satisfaisante mais plus personne n’est là pour nous fouetter, nous rabaisser ou nous priver de nourriture. C’est une victoire, quoi que tu puisses en penser. » Enfin, elle l’est pour tous les nés-moldus mais pour tous ceux qui continuaient à vivre dans le château, peut-être que la situation est désormais pire que mieux. Je ne devrais pas penser qu’à moi et à ma situation, et je n’aurais certainement pas dû dire ça à Isidore mais c’est plus fort que moi, j’ai tellement envie qu’il voit le positif dans tout ça. « J’sais pas si ça vaut le coup de se battre pour autant. Tout ça pour quoi en vrai, hein… ? Une fausse victoire… ? S’ils nous retombent dessus, vous aurez droit à quoi cette fois ? » Encore une fois, ses paroles me nouent l’estomac et je réalise qu’il regrette d’avoir agi de la sorte. Cette constatation est douloureuse, mais en même temps, je sais qu’il ne méritait pas de subir à lui seul toutes les conséquences de cette bataille or c’est ce qu’il est en train de se passer, il paye pour nous tous et il n’arrive pas à porte ce fardeau. « Ça peut encore s’arranger… » Mon ton n’est pas convaincant et je ne suis pas assez convaincue. Je ne peux pas prévoir l’avenir et je ne peux pas lui promettre un retour à la normale. Bien sûr, je veux y croire et je tiens à garder espoir mais je ne peux pas lui donner envie d’y croire s’il a déjà été envahi par la désillusion. « Pardon… je voulais pas dire ça. » Il a l’air sincère et je sais qu’il ne veut pas me blesser, qu’il exprime simplement ce qu’il pense et je préfère qu’il parle plutôt qu’il me cache son point de vue et me laisse dans l’ignorance de toutes les émotions qui le traversent actuellement. J’ai besoin de savoir où il en est. « Tu as le droit de le penser, mais je suis convaincue que tu as tort. » Mon optimisme a encore frappé. Je refuse de baisser les bras.



Savoir que nous ne pouvons pas contacter nos familles ne semble évidemment pas lui faire plaisir et je le rejoins sur ce point. Mes proches me manquent terriblement. Heureusement, j’ai Brooklyn et Avalon auprès de moi et leur présence me fait énormément de bien mais les petits me manquent et mes parents aussi. J’aimerais retourner plusieurs années en arrière quand je pouvais encore donner le bain aux triplettes avant de les mettre au lit. Cette période d’insouciance me manque terriblement. Le pire pour moi c’est d’avoir l’impression de ne pas être capable de me souvenir de leurs visages quand j’essaie de me remémorer un portrait de famille. J’ai tellement envie d’être auprès d’eux. « D’accord. Qu’est-ce que tu fais de tes journées dans ce cas ? » Pour la première fois depuis que je suis auprès du Serpentard, mon visage s’illumine un peu. Je suis plutôt contente de pouvoir lui parler des activités organisées à la ferme et j’espère pouvoir le motiver en lui parlant de tout ce qu’on peut faire. « Pour l’instant, pas grand-chose, nous ne sommes pas arrivés depuis longtemps et les premiers jours, je n’avais pas le courage de faire quoi que ce soit… Mais il y a plein de trucs cool organisés ici, des ateliers dessins, cuisine, il y a un étang superbe, je suis sûre que tu l’aimerais beaucoup et on peut même faire du Quidditch. » Je réalise mon erreur dès que les mots sortent de ma bouche. Quelle idiote, le Quidditch est sa passion et je ne sais pas du tout s’il sera capable de remonter sur un balai un jour. « Je viens te voir aussi, plusieurs fois par jour, j’avais tellement hâte que tu te réveilles. » J’enchaine pour essayer de couvrir ma boulette mais je suis certaine que ça ne passera pas inaperçu. Je viens pour l’aider et finalement je lui fais encore plus de mal et je m’en veux énormément. Je vois bien que ma présence à ses côtés est difficile à accepter et je n’arrange clairement pas mon cas, pourtant, contre toute attente, j’ai quand même réussi à me rapprocher physiquement de lui et ses gestes tendres contrastent radicalement avec les paroles dures qu’il ne cesse de m’asséner comme pour s’assurer que je ne vois pas le futur sous un jour trop positif. « Dis pas de bêtises, je t’ai voulu près de moi toute l’année. C’est… tout simplement pas comme ça que ça aurait dû se passer. » Ses premiers mots me rassurent et je sens enfin que j’ai conservé une place importante dans son cœur malgré l’éloignement forcé de ces derniers mois. Toutefois, je ne peux pas le contredire, moi aussi j’aurais voulu que ça se passe autrement. J’ai imaginé ce moment des dizaines de fois, ses bras entourant ma taille, son odeur si particulière, ses lèvres contre les miennes… Et finalement, c’est un garçon aigri qui me demande de le laisser tranquille tout en restant cloué sur le lit d’hôpital qu’il ne peut pas quitter compte tenu de la gravité de ses blessures. « C’est vrai, ça aurait dû se passer autrement. » Je ne sais pas si j’emprunte le bon chemin et très franchement j’ai bien conscience de m’être aventurée en terrain miné où chaque parole peut être mal interprétée, mais il est trop tard pour reculer. « Je donnerais n’importe quoi pour que ça se passe tel que tu l’avais imaginé mais je sais que ce n’est pas possible, alors je préfère juste être heureuse que nous soyons enfin réunis. » Bien sûr, ma présence à ses côtés ne suffit pas à son bonheur, je suis certaine qu’à ce moment précis il choisirait de sacrifier notre relation pour sauver sa main et je ne pourrais pas lui en tenir rigueur mais je ne peux lui apporter que cette maigre consolation. De son bras valide, Isidore continue à me serrer contre lui mais ses propos semblent avoir pour seul objectif de me faire partir le plus loin possible. J’essaie de lui faire comprendre que je veux être avec lui mais les mots semblent glisser sur lui sans l’atteindre. Il dissimule de nouveau son visage contre moi et je me sens complètement impuissante face à son apparente détresse. Je ne suis tellement pas qualifiée pour faire face à une pareille situation. « Tu devrais pas. » Sa voix cassée me surprend, je n’ai jamais vu Isidore craquer, pas une fois, et je ne sais pas du tout comment réagir. J’enroule mes bras autour de lui et le serre fort contre moi. Parfois les gestes valent mieux que des mots et de toute façon, ceux-ci refusent catégoriquement de sortir de ma bouche. Pendant de longues secondes, je ne le lâche plus, espérant lui transmettre implicitement mon envie de rester à ses côtés. « Bien sûr que si. » Evidemment que je dois être là et que je veux être là, il peut essayer de me repousser autant qu’il veut, il est hors de question que je l’abandonne.

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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Jeu 20 Juil - 3:58



Savannah & Isidore

« Dans un premier temps, il va falloir qu’on se remette tous sur pieds. Beaucoup ont été blessés dans la bataille et ceux qui étaient dans les cachots ne sont pas très en forme non plus. Moi j’ai eu de la chance, alors j’essaie d’aider ceux qui n’en ont pas eu du mieux que je peux. Quand tout le monde ira mieux, on pourra réfléchir aux prochaines étapes. » Il détourna le regard, pour ne pas qu’elle ressente le poids de ses yeux réprobateurs. Il fallait qu’elle s’éloigne… il ne voulait pas qu’elle pénètre le seuil de ses pensées, même pas accident. Ce qui se passait dedans était pour l’heure bien trop chaotique… Alors tant qu’il le pouvait, il souhaitait l’en maintenir à distance. C’était idiot, profondément idiot, mais il avait envie de lui reprocher tout et n’importe quoi, surtout son bien trop grand optimisme quant à la situation… il n’y avait pas de quoi se réjouir bon sang ! Pourquoi fallait-il qu’elle soit comme ça, aussi gentille avec tout le monde, aussi prévenante… parce qu’il se sentait déjà bien suffisamment pitoyable comme ça, il n’y avait pas besoin d’en rajouter… Elle n’avait pas été blessée parce qu’elle n’avait participé à la bataille, ça voulait clairement dire ce que ça voulait dire, non… ? Que si elle l’avait suivi, que si elle avait été avec lui, à ce moment-là, et bien elle se serait retrouvée en danger. Heureusement, elle avait eu la bonne idée de se tenir écartée de son idée de révolution pourrie, et elle ne se retrouvait pas avec un membre en moins… Ça va, il avait bien reçu le message, merci bien… Tiens, rien par supposition, il imaginait que la plupart des blessés l’étaient parce qu’ils étaient en première ligne ? Comme c’était étrange, vraiment… Quelle bande de crétins, comment avaient-ils imaginé que cette révolte en carton pourrait pourrait porter ses fruits ? Ils étaient responsables de l’état de peut-être des dizaines d’élèves… « T’as pu voir les autres… ? Ils vont s’en sortir ? » demanda-t-il, imperturbable. Spencer avait été blessé, Chuck aussi… Et puis Milo aussi était au bal, avec les autres… Si l’un d’entre eux mourrait ? Qu’iraient-ils raconter à leurs parents ? Que parce qu’ils s’étaient pris pour des pseudos héros ils avaient mis la vie de dizaines d’élèves en danger ? Ce n’était pas à eux de décider que c’était pour le mieux, il aurait du… trouver le moyen d’en parler à quelqu’un, tomber sur quelqu’un de raisonnable, qui lui aurait dit qu’il y avait d’autres solutions… La fuite, c’était bien la fuite… Ils auraient pu partir tous les deux, réfléchir à un mécanisme pour s’échapper… oui, tout aurait été bien mieux s’il avait un peu réfléchi avant de faire n’importe quoi et de se jeter à corps perdu dans le feu ardent. « T’étais dans les cachots aussi, je te rappelle. » répliqua-t-il sans trop prendre garde au contenu de ses propos avant de réaliser leur maladresse. « Je veux dire… quand tu dis qu’ils sont pas très en forme. Ça veut pas dire que tu dois l’être pour eux. » Il s’exprimait comme le manche d’un Nimbus, mais tout ça pour dire qu’elle n’avait pas à soulever à bras le corps le mal-être des autres au détriment de son état physique et mental. Peut-être ne s’en rendait-elle pas compte, mais les retombées seraient d’autant plus violentes pour elle… elle n’avait pas à faire ça. Personne n’avait à aller bien.

« Les infirmiers font un travail formidable, j’ai déjà repris trois kilos depuis que nous sommes arrivés ! » Il hocha la tête, se forçant presque à sourire. C’était presque touchant, de la voir tenter la plaisanterie mais… non. Ça n’avait rien de drôle de se rappeler qu’ils avaient été privés de nourriture des semaines durant, que la plupart d’entre eux avaient un aspect famélique qui faisait plus peine à voir qu’autre chose. Il était soulagé de voir qu’elle mangeait désormais à sa faim, mais il ne se voyait pas rire de bon coeur à ce sujet, alors qu’il avait éprouvé cette nausée devant chacune de ses assiettes, sachant que ses meilleurs amis, que la fille qu’il aimait, n’auraient droit qu’à ses restes à cause d’un stupide souci de statut sanguin. Comment pouvait-elle rester positive à ce point… ? Ça le mettait presque en colère. « Eloigne-toi… ne fais pas attention à ce que je pense. » se surprit-il à songer avec force. Ça ne prendrait sûrement pas le pas sur ses sentiments plus bruts. « Je suis content que tu reprennes des forces. » répondit-il en relevant la tête. Même si leur situation ne laissait rien présager de bon, au moins, elle pourrait manger à sa faim ici, sans aucune hiérarchie, c’était toujours ça de pris… « Moi je le sais. Je ne sais pas combien de temps j’aurais pu tenir encore là-bas mais ça devenait difficile, nous étions à bout de force physiquement et moralement. Alors bien sûr, cette semi-liberté n’est pas satisfaisante mais plus personne n’est là pour nous fouetter, nous rabaisser ou nous priver de nourriture. C’est une victoire, quoi que tu puisses en penser. » Il la toisa, interdit. Ses mots lui firent l’effet d’une douche froide : alors c’était vraiment ça, qu’elle pensait ? Qu’il aurait préféré la laisser là-bas… ? Comment pouvait-elle à ce point le penser monstrueux… ? « Me fais pas dire ce que je suis loin de penser. Pour rien au monde j’aurais voulu que vous ayez encore à subir ce cauchemar. Plus jamais je veux qu'ils te fassent souffrir. J’étais prêt à n’importe quoi, c’est pour ça que j’ai fait n’importe quoi. Me range pas dans leur camp. » ajouta-t-il fermement avant de jeter à nouveau un regard vers les stores.

« Ça peut encore s’arranger… » Il haussa les épaules, indifféremment, comme si tout ce qui pouvait concerner cette maudite ferme lui passait soudainement bien au dessus de la tête. C’était un peu le cas… il n’avait plus qu’une main sur deux, que pourrait-il aller y faire, même après sa convalescence… ? Même jouer aux cartes allait devenir une épreuve… Tandis qu’elle goûtait à peine à la liberté, lui se faisait à l’idée qu’il ne pourrait la partager avec elle. « Tu as le droit de le penser, mais je suis convaincue que tu as tort. » Il fit à nouveau comme s’il n’avait rien entendu. Ouais, peut-être qu’elle avait raison, peut-être pas, il n’en savait trop rien, et il n’était même pas certain d’avoir envie de le découvrir. Tout ce qu’il voulait, c’était qu’elle arrête de le prendre pour une petite chose fragile, et que lui, il arrête d’en être une. Il voulait être capable de redevenir son meilleur ami, son petit ami, son partenaire, son égal… Ce que manifestement, il ne serait plus jamais. Il aurait toujours un train de retard…

« Pour l’instant, pas grand-chose, nous ne sommes pas arrivés depuis longtemps et les premiers jours, je n’avais pas le courage de faire quoi que ce soit… Mais il y a plein de trucs cool organisés ici, des ateliers dessins, cuisine, il y a un étang superbe, je suis sûre que tu l’aimerais beaucoup et on peut même faire du Quidditch. » Et voilà… comme quoi, ça n’avait vraiment pas perdu de temps. Elle avançait sans lui, avant même qu’il ne se soit rendu compte qu’elle avait repris la route. Encourageant, non ? Avant, ils s’entraînaient tous les deux, réalisant le même nombre de tours de terrains, se motivaient mutuellement lorsque l’un des deux s’épuisait, échangeaient des passes de souaffle à quelques mètres au dessus du sol, s’exerçaient au tir au but, ou s’amusaient à éviter les cognards, avant de finir par s’allonger dans l’herbe, entrelacés… Mais il avait fallu que les choses changent… Visiblement, ce ne serait plus qu’un souvenir. Avec une main en moins, il n’était plus un partenaire, il était un boulet qu’elle se traînerait au pied. « C’est vraiment super. Tu t’entraînes à quel poste ? » répondit-il en faisant son possible pour avoir l’air aimable. Bon sang. Il se serait frappé, pour éprouver cette jalousie sournoise… c’était tellement ridicule, pathétique… il aurait du pouvoir se réjouir pour elle, ce n’était pas parce qu’il lui arrivait… ce truc-là, qu’elle était censée plonger avec lui…Pourquoi ne tentait-il lui-même pas de se faire croire qu’il valait un tant soit peu mieux que ça… ? « J’peux regarder ton carnet ? Y en a des nouveaux… ? » demanda-t-il ensuite, en optant pour écarter le sujet Quidditch pour le moment. Il n’était pas prêt, et même si l’idée que des ateliers bricolage pour les nuls, manucure zèbre et coloriage de mandalas les attendant était assez peu attirante, cela faisait tout de même longtemps qu’il n’avait pas jeté un oeil à ses dessins, avec les cachots et tout le bazar… « Je viens te voir aussi, plusieurs fois par jour, j’avais tellement hâte que tu te réveilles. » Super, pour le coup il se sentait encore plus désespéré à l’idée d’être la bonne action de la journée. Plusieurs fois par jour, vraiment… ? A se demander encore une fois pourquoi diable elle s’obstinait à vouloir perdre son temps… « T’inquiète, ça passe vite de mode, les estropiés. » se retint-il de répondre, se disant que ce n’était certainement pas de circonstance.

« C’est vrai, ça aurait dû se passer autrement. » Au moins ils étaient d’accord sur ce point, sur lequel il ne s’amuserait pas à argumenter davantage. Ça n’avait rien de retrouvailles idéales, ça c’était clair… Il rechignait comme un gamin de douze ans, elle jouait les mères Theresa à son chevet en s’efforçant d’oublier qu’elle pouvait mener une vie cent fois plus intéressante au dehors… Ouais, pas forcément idyllique. Pourtant, maintenant qu’il l’avait retrouvée, il ne savait plus vraiment s’il était capable de la laisser partir… La sensation de manque qu’il avait éprouvée durant toute cette année était sur le point d’être enfin apaisée. Il descendit sa main le long de son dos, longeant la courbe de son échine, remontant entre ses omoplates… Tout était presque parfait. Il s’oubliait ainsi, s’abandonnant à elle, se surprenant même à penser que finalement, tant qu’elle était là, ce qui lui arrivait n’avait rien de si grave… « Je donnerais n’importe quoi pour que ça se passe tel que tu l’avais imaginé mais je sais que ce n’est pas possible, alors je préfère juste être heureuse que nous soyons enfin réunis. » Il acquiesça à nouveau, silencieusement. Il avait éprouvé le même sentiment, lorsqu’elle était enfermée… Il connaissait cette sensation d’impuissance, et malheureusement, savait que l’on ne pouvait y remédier si facilement. Un échange de sacrifices n’arrangerait rien, et ils ne pouvaient pas faire davantage. Seulement tenter de vivre avec, puisqu’elle ne semblait toujours pas décidée à partir… « Ne donne rien. » ordonna-t-il sobrement. « Reste avec moi. » ajouta-t-il d’un ton de voix plus serein. Tout l’après-midi s’il le fallait, le mois entier, des heures et des heures durant… Il avait bien trop peur qu’elle quitte cette chambre pour ne jamais y revenir, ce qu’elle ferait probablement une fois sortie d’ici. « Bien sûr que si. » Non, et il ne comptait pas argumenter des heures durant pour lui faire comprendre qu’il refusait être le prochain sur sa liste de calvaires à supporter pour l’année. Elle en avait assez bavé, elle devait aller profiter de sa liberté, maintenant… Et il éprouvait cette envie contradictoire, de la voir se lever pour aller vaquer à ses occupations, tout comme celle de la retenir tout contre lui indéfiniment. « Quoi ? Tu vas pas me faire croire que « ça », ça te fait envie. Ça fait peut-être du bien aux autres que tu leur répètes que tout va s'arranger, mais j'vais t'épargner cette peine.  » répliqua-t-il en rabattant sur sa poitrine son bras bandé. Sa lèvre inférieure tremblait, et il se retenait littéralement de chialer de désespoir. A moins que les manchots ne soient devenus sont type au cours des huit derniers mois, il avait beaucoup de mal à se dire qu’elle pouvait encore lui trouver quelque chose… Il se sentait comme un nouveau-né, mis à nu, expérience de son regard. C'était fini, jamais il ne pourrait lui montrer qu'il pouvait être à la hauteur, qu'il pouvait faire des efforts, qu'il pouvait la rendre heureuse, qu'ils arriveraient à construire quelque chose de formidable tous les deux...
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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Jeu 20 Juil - 13:48


Isidore & Savannah

Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me

Je parle sans m’arrêter, essayant de construire un projet d’avenir à court terme qui tienne la route mais je vois son insatisfaction dans son regard et j’ai la nette impression de ne pas être à la hauteur. Il me dévisage tellement durement, je n’ai jamais vu Isidore me juger aussi sévèrement, d’ailleurs je ne crois pas l’avoir déjà vu juger sévèrement qui que ce soit. C’est le genre de garçon qui aime tout le monde, plaisante avec n’importe qui et ne prend rien au sérieux. J’adore son tempérament désinvolte, il m’a tellement aidé à m’épanouir à Poudlard lorsque nous nous sommes rencontrés que je ne peux pas oublier son enthousiasme débordant et sa bonne humeur constante aussi facilement. Certes, nous nous sommes beaucoup engueulés mais même dans nos disputes, il a toujours conservé ce piquant qui me fait totalement craquer. Mais pas là, tout ce que je peux voir en lui actuellement c’est de la colère et honnêtement je n’ai tellement pas l’habitude de le voir comme ça que ça me fait presque peur. Seulement, il ne dit rien et se contente de me questionner de nouveau alors que je me liquéfie littéralement au bord de son lit. « T’as pu voir les autres… ? Ils vont s’en sortir ? » J’ai pris des nouvelles des autres, bien évidemment, mais je n’ai pas trop cherché à renouer avec tout le monde, j’étais bien trop soucieuse de l’état d’Isidore pour réussir à faire dans le social. Bien sûr, je prendrais le temps de me rendre auprès de chacun de mes amis, ils sont importants, mais je n’arrivais pas à me sortir la vision de mon Isidore à moitié comateux de l’esprit et ça m’empêchait de faire quoi que ce soit de productif. « Beaucoup de blessés ont dû être emmenés ici mais tous ont pu être pris en charge et vont mieux maintenant… Spencer, Roxy, Anoushka, Chuck, Rioghbhardan, Narcissa… » J’essaie d’énumérer les prénoms des élèves qui se retrouvent à l’infirmerie eux aussi après avoir subi de graves lésions sans trop savoir si leur sort est important ou non aux yeux de mon petit-ami. « Le problème, c’est que nous ne sommes pas tous là, il y en a qui se sont enfuis et on ne sait pas ce qu’ils sont devenus du coup. » J’espère qu’ils vont bien mais je ne veux pas trop espérer non plus, j’ai peur du choc que pourrait causer une mauvaise nouvelle et je n’ai franchement pas besoin de verser des larmes supplémentaires en ce moment.

« T’étais dans les cachots aussi, je te rappelle. » Je le dévisage, interloquée, je ne vois pas pourquoi il se sent obligé de me rappeler que moi aussi j’ai enduré tout ce que mes camarades ont enduré. Je le sais, bien sûr, j’aurais dû mal à le faire sortir de ma tête. Même si j’ai réussi à faire profil bas et à échapper à de nombreuses séances de torture, j’ai morflé comme tous les autres et c’est quelque chose que je ne souhaite à personne. « Je ne risque pas de l’oublier, tu n’as pas de souci à te faire. » Ma réponse est sèche et sans appel et je m’en veux de me montrer aussi désagréable alors que je devrais être adorable avec lui compte tenu de son état actuel. Sauf que malgré tout ce qui lui arrive, j’ai du mal à le laisser avoir un tel comportement avec moi et à le considérer comme une petite chose fragile. Je sais qu’il est plus fort que ça. Cependant, il va lui falloir du temps pour digérer tout ça et je dois me montrer plus compréhensive et patiente avec lui. « Je veux dire… quand tu dis qu’ils sont pas très en forme. Ça veut pas dire que tu dois l’être pour eux. » Cette fois, je souris, je comprends mieux ce qu’il veut dire. Il veut que je fasse plus attention à moi et même si sa manière de l’expliquer est maladroite, je trouve mignon qu’il se souci de mon bien-être. Et puis, je ne peux pas en vouloir à Isidore de ne pas s’exprimer correctement, il n’a jamais été très doué pour ça et moi j’ai appris à lire entre les lignes avec le temps. « Etre là pour les autres, c’est ce que je fais de mieux, c’est ma thérapie à moi. » Me rendre utile pour les gens, c’est ma manière de me sentir vivante, j’aime avoir l’esprit occupé. Je n’ai subi aucun dommage corporel important alors ma présence auprès de mes camarades me semble être une nécessité absolue. Isidore sait que j’ai ce côté protecteur contre lequel je ne peux pas lutter.

J’essaie d’alléger la conversation en prenant un ton un peu moins grave mais ça ne fonctionne pas des masses. Aucun sourire n’apparait sur le visage de mon copain et je dois bien reconnaitre que je suis totalement impuissante face à sa détresse actuelle. J’aimerais tellement l’aider, je voudrais le comprendre, savoir ce qu’il se passe dans sa tête. En plus, si je le voulais vraiment, je pourrais le savoir… Il me suffit juste de lire dans son esprit et je saurais exactement à quoi il pense. Je l’ai déjà fait auparavant, ce serait tellement facile. Sauf que les fois où j’ai agi de cette manière, c’était dans le cadre d’un simple exercice, jamais je n’ai agi de la sorte à son insu et je ne peux pas commencer maintenant, ce serait détruire la confiance que nous avons l’un envers l’autre. « Je suis content que tu reprennes des forces. » Il a l’air aussi content que si je lui avais annoncé que je m’étais fait rouler dessus par un camion de trois tonnes mais encore une fois, je ne lui tiens pas rigueur de son absence totale d’enthousiasme. De toute façon, je m’étais préparée à ce que ces retrouvailles ne soient pas des plus joyeuses. Le déroulement des événements me donne malheureusement raison mais je suis prête à le supporter. De toute façon, je n’ai pas le choix si je veux rester auprès de lui et c’est évidemment ce que je souhaite. « Me fais pas dire ce que je suis loin de penser. Pour rien au monde j’aurais voulu que vous ayez encore à subir ce cauchemar. Plus jamais je veux qu'ils te fassent souffrir. J’étais prêt à n’importe quoi, c’est pour ça que j’ai fait n’importe quoi. Me range pas dans leur camp. » Cette fois, au lieu de le faire sourire, j’ai carrément réussi à l’énerver et ce n’est pas du tout ce que je voulais. Sauf que je ne suis pas d’accord avec lui, il n’a pas fait n’importe quoi, il a fait ce qu’il pensait être le mieux pour nous et il a réussi à nous faire sortir du château, il ne devrait pas se flageller comme ça alors qu’il a réussi là où beaucoup auraient échoué. « Ce n’était pas n’importe quoi, la situation était désespérée et tu as eu le courage d’agir en mettant ta vie en danger. Ne sois pas si dur avec toi-même. » Ma semi-liberté, c’est à Isidore que je la dois ainsi qu’à tous ceux qui se sont battus pour nous ce soir-là, jamais je ne pourrais exprimer toute ma reconnaissance. « Tu t’es sacrifié pour nous sauver, peu de gens en auraient fait autant. » Je doute que ce soit réconfortant mais je le pense et je ne veux pas le laisser être aussi dur avec lui-même.

Je me déteste d’avoir abordé le sujet du Quidditch, c’est complètement stupide puisque je ne sais même pas si Isidore pourra voler de nouveau un jour. C’est une passion que nous avons toujours partagé tous les deux. Nous nous entrainons ensemble, nous nous poussons à nous dépasser mutuellement et je ne peux pas imaginer progresser sans lui. Pourtant, si je veux continuer à voler, il va sûrement falloir que je le fasse seule dans un premier temps et l’idée ne me plait pas du tout. J’aurais l’impression de l’abandonner et j’ai peur qu’il me le reproche. « C’est vraiment super. Tu t’entraînes à quel poste ? » Ses paroles sonnent faux et je meurs d’envie d’ignorer ce sujet de conversation et de passer à autre chose. Sauf que ne pas répondre serait sans doute encore pire car il penserait certainement que je veux agir derrière son dos et ce n’est pas du tout le cas. Je ne veux juste pas le rendre envieux, d’autant plus qu’il n’a rien à m’envier, il a toujours été meilleur que moi. « Poursuiveur, mais j’aimerais essayer le poste d’attrapeur, pour changer un peu. » J’ai le temps de réfléchir avant le début de l’année prochaine… Enfin, faut-il encore que cette année ait lieu, il est très peu probable que nous suivions les cours à la ferme à l’avenir et si Poudlard ne doit pas rouvrir ses portes, je ne sais pas trop où nous irons. Peut-être serons-nous dispatchés dans d’autres écoles dans le monde magique ? Ça me semble peu probable mais j’ai du mal à imaginer que nous soyons tous livrés à nous-mêmes à l’avenir. « J’peux regarder ton carnet ? Y en a des nouveaux… ? » Je suis vraiment contente qu’il s’intéresse à mes dessins et je regrette de ne pas lui avoir apporté mon carnet aujourd’hui. Peut-être que regarder ce que je fais lui changera un peu les idées. « Je n’avais pas mon carnet avec moi cette année, alors je n’ai pas beaucoup dessiné mais je pourrais te le ramener demain, comme ça tu verras ce que j’ai fait. Tu ne critiqueras pas trop, hein ? J’ai du mal à reprendre mes marques. » En plus, mon côté perfectionniste a tendance à me rendre très dure avec moi-même et je suis rarement satisfaite à cent pour cent de mon travail mais je fais mon possible pour avoir un rendu qui me convienne pour pouvoir être fière de ce que je fais.

Etre dans les bras d’Isidore parvient presque à me faire oublier, l’espace d’un instant, la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Mais je suis vite rattraper par son désarroi qu’il ne parvient pas à dissimuler et ses paroles, loin d’être réconfortantes, me font craindre de me faire jeter à chaque instant. J’ai l’impression qu’il a peur mais je n’arrive pas à savoir exactement de quoi. J’imagine qu’il craint que tous ses plans d’avenir soient bouleversés par sa blessure et qu’il ne parvient pas à savourer nos retrouvailles à cause de ça. En même temps, quel genre de copine affreuse je suis pour réclamer simplement des bisous et des câlins au lieu de trouver les mots qu’il faut pour le réconforter. « Ne donne rien. Reste avec moi. » Quelques minutes auparavant, Isidore me demandait pourtant de partir et à cet instant, j’ai l’impression que ma présence à ses côtés est impérative. J’ai réellement beaucoup de mal à comprendre ce qu’il se passe dans sa tête. Nous passons tellement de temps ensemble que j’ai toujours eu l’impression d’être capable de savoir ce dont il a besoin sans même avoir besoin de lui poser la question. Je ne peux constater qu’actuellement ce n’est pas du tout le cas. Je me contente de lui dire ce que je ressens à défaut d’être capable de lui dire ce qu’il voudrait entendre. J’espère que ça suffira. « Je n’ai jamais eu l’intention de partir. » C’est la vérité, je suis tellement bien avec lui, je ne vois pas pourquoi j’envisagerai de partir. Enfin, il est vrai qu’actuellement nous n’aurions pas la palme du couple le plus heureux de l’année. Retrouver un garçon qui rêve de me virer après huit mois de séparation forcée n’est pas ce à quoi je m’attendais mais comme il change d’avis à chaque seconde, j’arrive encore à espérer qu’il veut toujours de moi à ses côtés. En plus, ses gestes contrastent largement avec ses paroles puisqu’il ne m’a toujours pas lâché et que sa main continue à me parcourir, comme s’il voulait s’assurer que je suis bien réelle. « Quoi ? Tu vas pas me faire croire que « ça », ça te fait envie. Ça fait peut-être du bien aux autres que tu leur répètes que tout va s'arranger, mais j'vais t'épargner cette peine. » Pour la première fois depuis mon arrivée, il laisse son bras bandé à l’air libre, ne cherchant plus à dissimuler son nouveau handicap. Je ne peux pas dire que cette vision ne me fait rien, bien sûr que mon cœur se serre et oui j’ai conscience que tout va changer mais ça ne change rien au fait que je l’aime et que je veux rester avec lui. Peut-être que je devrais tout simplement le lui dire mais j’ai tellement peur que mon trop plein d’affection l’énerve plus qu’autre chose que je préfère m’abstenir. « Je ne sais pas ce que tu attends de moi. » Je ne suis même pas sûre qu’il le sache lui-même, en réalité. « Moi, je sais que c’est toi que je veux, peu importe ce qui nous attend. » Et malheureusement, je pense que nous avons encore des moments douloureux à passer et que notre couple va en souffrir mais à mon avis, ça ne peut pas être pire que maintenant, j’ai l’impression qu’on a touché le fond. J’ai tellement peur qu’il me quitte et préfère se débarrasser de moi. Cette simple pensée m’incite à le serrer davantage contre moi, comme si mes bras autour de lui suffisaient à l’empêcher de me jeter comme il rêve de le faire depuis tout à l’heure. Mais j’ai encore un infime espoir et cet espoir me permet de m’accrocher coûte que coûte.

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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Jeu 20 Juil - 23:39



Savannah & Isidore

« Beaucoup de blessés ont dû être emmenés ici mais tous ont pu être pris en charge et vont mieux maintenant… Spencer, Roxy, Anoushka, Chuck, Rioghbhardan, Narcissa… » Alors certes, il ne souhaitait pas non plus la mort de Rioghbhardan ou de Narcissa, mais effectivement leur situation le touchait moins que les autres. Il espérait que Spencer n’avait pas été plus amoché qu’après le sortilège qu’il avait reçu dans les cachots… Il avait un drôle de souvenir en tout cas, celui de ce dernier, penché sur son corps, baguette à la main, prononçant une formule qu’il n’était pas parvenu à identifier… Est-ce qu’il avait tenté de le soigner… ? Sans succès, visiblement, sinon il ne se baladerait pas avec un membre en moins. Anoushka avait eu des problèmes elle aussi… ? Au vu de leur situation, il ne pouvait manifestement pas s’enquérir de son état… Mais en même temps, que valait leur situation à côté de l’horreur qui s’était produite ? « Bon sang Spence… tu sais comment il va ? » lâcha-t-il. « Tu as pu retrouver Brooklyn ? Et Avalon ? Ils sont en sécurité ? » Il se permit de lui poser la question, après tout elle ne les avait pas mentionné parmi les victimes, et si vraiment ils avaient eu un problème, elle ne serait sans doute pas là à l’écouter geindre mais à leur chevet… Et Chuck… tous ces gens… Il avait envie de se rendormir pour ne plus jamais se réveiller. Ce serait moins difficile que d’accepter tout le reste… « Le problème, c’est que nous ne sommes pas tous là, il y en a qui se sont enfuis et on ne sait pas ce qu’ils sont devenus du coup. » Cerise sur le gâteau… Il ignorait pour le coup si c’était une bonne, ou une mauvaise idée. Sachant qu’ici, ils pouvaient potentiellement être retrouvés, malgré les sortilèges de protection… Une idée lui traversa l’esprit, et elle le tuerait probablement de l’avoir eu. « On aurait peut-être du faire pareil… » N’importe quoi, sans les soins infirmiers qui lui avaient été apportés, il n’aurait jamais pu tenir debout. Mais au moins, échapper à cette galère, c’était peut-être échapper à leurs problèmes…

« Je ne risque pas de l’oublier, tu n’as pas de souci à te faire. » Sa réponse le décontenança. Non… ce n’était pas ce qu’il voulait dire… Pourquoi ses propos étaient-ils aussi maladroits ? La confusion qui régnait en lui était maître, et même sans mauvaise intention, il parvenait à sortir des absurdités qui devaient faire réaliser à Savannah qu’elle avait bel et bien fait une erreur en venant ici. Et si elle avait le malheur de faire usage de sa Légilimancie, ce serait encore pire… Il ne lui resterait plus que l’option de la fuite. Il avait beau se plaindre, que ferait-il sans elle… ? Spencer n’était pas là, et le reste… Qui restait-il, au fond… ? Peut-être Victoire. La connaissant, elle n’avait sûrement pas pris part aux combats. Milo s’il était encore entier… Savannah ne l’avait pas cité parmi les victimes. Alors si elle finissait vraiment par obtempérer, pour le coup, il se retrouverait vraiment tout seul, et il ne pourrait pas dire qu’il ne l’avait pas cherché. « Etre là pour les autres, c’est ce que je fais de mieux, c’est ma thérapie à moi. » Cette fois-ci, il sourit sincèrement. Pour le coup, il la retrouvait vraiment. Ça ne lui plaisait pas spécialement comme idée qu’elle fasse passer les intérêts des autres avant les siens au point de s’y oublier, mais… ça lui faisait tout de même plaisir de la retrouver. Il prenait alors conscience qu’il avait pratiquement perdu la notion du temps qu’ils avaient passé séparés… « Et tout le monde sait que t’es la meilleure pour ça. Heureusement qu’on t’a. » répondit-il plus sereinement. Finalement, peut-être était-elle parvenue à le détendre… Il finissait en tout cas par s’habituer à sa présence dans sa chambre, outre l’effet désagréable qu’elle avait produit en lui à son arrivée. Il suffisait simplement d’oublier qu’il était à demi-manchot…

« Ce n’était pas n’importe quoi, la situation était désespérée et tu as eu le courage d’agir en mettant ta vie en danger. Ne sois pas si dur avec toi-même. » Il soupira, repliant ses jambes contre lui, prenant un air indifférent. C’était du courage, ça ? Non, c’était un ras-le-bol qui s’était manifesté un peu tardivement. Ça donnait peut-être l’air d’être d’être héroïque, mais c’était surtout qu’il n’avait pas suffisamment réfléchi aux conséquences. Ils avaient eu une chance inouïe de s’en sortir… les choses auraient pu tourner beaucoup plus mal que ça. Quelques effectifs de plus chez les mangemorts auraient pu faire la différence, et la situation aurait eu tôt fait de tourner au carnage… « C’est pas du courage, on s’est seulement pris pour des héros à deux balles. Ça aurait pu être bien pire pour tout le monde. » répondit-il en déviant le regard, comme s’il était soudainement plus intéressé par la pile d’antidouleurs posée sur sa table d’appoint. Il ne méritait pas de louanges pour quelque chose qui aurait pu coûter la vie de poignées de personnes, et entraîner des conséquences funestes pour tous ses camarades… « Tu t’es sacrifié pour nous sauver, peu de gens en auraient fait autant. » Sacrifié… ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il jeta un oeil au bandage poisseux qui collait sa partie coupée. Ce n’était pas un sacrifice ! Ce n’était pas censé arriver… Il n’avait pas choisi de perdre une partie de lui. Il savait qu’il avait des chances d’être blessé, de passer des jours entiers à l’infirmerie… Pas que ça gâcherait sa vie. Chez lui, c’était toujours lui qui cuisinait… Il ne serait même plus capable de tenir un rouleau à pâtisserie, alors un balai… « Bah j’les comprends. » marmonna-t-il. Ce n’était pas sympa pour elle, c’était chose certaine… Elle n’avait de cesse de tenter de lui remonter le moral, de lui dire que ça irait, qu’il l’avait aidée à sortir de là, mais la réalité et ses conséquences lui donnaient simplement l’impression d’être le roi des crétins.

« Poursuiveur, mais j’aimerais essayer le poste d’attrapeur, pour changer un peu. » Son coeur se resserra, tandis qu’il eut l’impression que l’on découpait une autre part de lui… Elle voulait devenir attrapeur… ? Mais… Il s’entraînait à ce poste depuis des semaines…. Il pensait que c’était lui qui deviendrait le prochain, après tout Hunter allait quitter l’école, il n’y avait pas d’autre prétendant à ce poste, et puis… il avait de bons réflexes, il s’était entraîné plusieurs fois au cours de l’année… A la place, c’était la fille qu’il aimait qui hériterait de cette fonction. Un flux de sentiments contradictoires chemina en lui. Une partie était profondément fière d’elle : après tout ce qu’elle avait traversé, elle ne lâchait pas prise, et continuait de s’accrocher pour vivre sa passion… Il en éprouva même une vague d’admiration. L’autre partie… en était maladivement jalouse. Ils partageaient le même côté compétitif : si les choses avaient été égales pour eux deux, ils en auraient fait un concours amical, s’entraînant ensemble pour mériter cette place, et finalement laisser le futur capitaine décider de celui qui occuperait le poste d’attrapeur. Sauf que là, ils n’étaient plus vraiment à égalité, et il était certain, dans ces conditions, qu’elle le remporterait haut la main et sans effort. Lui pouvait dors et déjà dire adieu au Quidditch… Tous ces après-midi passés sur le terrain à chasser le vif d’or n’aboutiraient finalement jamais à rien. Il s’en voulait d’en éprouver une telle frustration, un tel sentiment d’injustice, alors que c’était tout de même sa copine qui en hériterait à sa place, pas son pire ennemi… Le temps d’un instant, il fut prêt à s’abandonner complètement, à fondre en larmes comme la dernière des pleurnicheuses en songeant aux après-midis qu’il passerait dans les gradins à encourager sa petite amie au poste qu’il convoitait, au lieu de jouer à ses côtés. Mais… c’était égoïste. Elle méritait de pouvoir vivre cette passion à fond, peu importe qu’il ne soit plus en mesure de la partager. « Ah, c’est génial ! Tu vas être brillante, j’en suis sûr. » répondit-il avec difficulté. Oui, c’était la meilleure des solutions, il ne pouvait décemment pas lui faire ça… sinon, elle culpabiliserait, et laisserait tout tomber. Il la connaissait suffisamment pour cela… Tant pis pour sa frustration, il s’efforcerait de la refouler du mieux qu’il pourrait.

« Je n’avais pas mon carnet avec moi cette année, alors je n’ai pas beaucoup dessiné mais je pourrais te le ramener demain, comme ça tu verras ce que j’ai fait. Tu ne critiqueras pas trop, hein ? J’ai du mal à reprendre mes marques. » Elle ne l’avait pas, probablement parce qu’à l’époque, les mangemorts ne devaient pas beaucoup l’encourager à faire des griffonnages entre deux corvées de serpillère. En tout cas, il ne voyait pas trop comment il pourrait trop critiquer, il ne connaissait pas grand chose à tous ces trucs-là… il trouvait juste qu’elle dessinait bien, d’ordinaire, mais il n’était pas certain d’être un bon juge… Ses carnets étaient toujours plaisants à regarder, et il adorait sa manière de cerner les choses. Après, quant à évaluer la qualité de l’ouvrage, il n’était pas certain de disposer des compétences nécessaires. Quoiqu’il arrivait, il préférait en effet parler de ce qui concernait le dessin que le Quidditch… « Bien sûr que non ! J’suis peut-être pas un pro’, mais j’suis sûre que tu retrouveras vite ton coup de crayon d’avant… » Il réfléchit ensuite à ce que signifiait « je pourrais te le ramener demain »… Ça voulait bien dire qu’elle comptait redevenir, non ? S’il était tenté de s’en réjouir, ce sentiment était aussi teinté d’une certaine appréhension… Sur le long terme, il ignorait ce que donneraient leurs retrouvailles. « J’ai hâte de voir. » rajouta-t-il. Advienne que pourra… il ne pouvait prédire comment il serait pour les prochains jours. En tout cas, il devrait faire attention à ne pas la finir par la froisser définitivement… « Je n’ai jamais eu l’intention de partir. » Elle aurait du, pourtant. Il n’était pas spécialement agréable, voire pas du tout… Non, elle encaissait, alors qu’avec ses mois d’enfermement, elle aurait du avoir son compte depuis un moment. Elle était tellement forte… tellement plus que lui.

« Je ne sais pas ce que tu attends de moi. » Rien… C’était ça, le pire. Rien et tout à la fois. D’être là, de ne pas être là, de trouver les mots, de ne rien dire, de lui parler, d’éviter tous les sujets qui lui rappelaient qu’il était désormais un parasite… Il ne savait pas lui-même. Il voulait qu’elle l’enlace, qu’elle s’éloigne, qu’elle l’embrasse, qu’elle change de pièce, qu’elle serre ses doigts encore valides entre les siens, qu’elle aille vivre sa vie au dehors et retrouve ses proches… Il se sentait presque mal qu’elle passe ces instants avec lui plutôt qu’avec eux, qui auraient été bien plus attentionnés que lui à son égard. « Je ne sais pas vraiment non plus. » reconnut-il tandis qu’il renforçait son étreinte, le regard fixant le plafond. C’était trop dur de faire lumière sur ce qu’il ressentait à cet instant… « Moi, je sais que c’est toi que je veux, peu importe ce qui nous attend. » Il fallait qu’elle cesse de lui dire ce genre de choses… pour le coup, ça ne l’aidait pas du tout. Il avait beau éprouver les mêmes sentiments… en ce moment, tout était tellement compliqué… Et il avait surtout l’impression que c’était elle qui ne réalisait pas le problème. Une main en moins, ce n’était pas une allergie aux acariens, ou un rhume des foins… c’était un problème, qui allait demander des dispositions particulières. Leur relation tirait leur force de l’équilibre parfait qui existait entre eux… et maintenant que l’équilibre était rompu… hein ? « Alors c’est ce que je veux aussi. » capitula-t-il, finissant par se résoudre au fait qu’elle ne changerait pas d’avis. Pas aujourd’hui en tout cas…
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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Ven 21 Juil - 8:34


Isidore & Savannah

Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me

Faire l’inventaire des blessés et des dégâts causés par la bataille qui a eu lieu à Poudlard me rappelle à quel point nous avons souffert lors de cette nuit. Etrangement, je m’en suis bien sortie contrairement à plusieurs de mes camarades qui possédaient pourtant une baguette. J’ai eu de la chance, je crois, et ça me permet de pouvoir aider ceux qui n’en ont pas eu et de me tenir informée de l’évolution de mes camarades. J’ai vraiment peur que l’un d’entre eux ne survive pas à ses blessures et que nous ayons à organiser des funérailles dans les prochains jours. Compte tenu du moral de mes camarades en ce moment, ce serait vraiment une nouvelle atroce qui nous replongerait tous dans l’horreur que nous avons traversée. Heureusement, les blessures guérissent petit à petit et tous les élèves commencent à se remettre sur pieds. « Bon sang Spence… tu sais comment il va ? » En vérité, je ne sais pas trop comment va mon ami, je dirais que physiquement ça va, mais moralement, il a l’air plutôt amoché et c’est plutôt normal s’il a vu Isidore s’écrouler par terre. Je ne sais pas si j’aurais pu voir ça sans m’écrouler totalement et je sais que ça n’a pas été le cas de Spencer. Il ne m’en a pas parlé tant que ça mais les informations que j’ai réussi à grapiller au fil du temps me prouvent que c’était horrible et je comprends qu’il soit secoué. « Je crois qu’il est un peu chamboulé mais il ne parle pas beaucoup, alors j’ai un peu de mal à savoir vraiment où il en est. » Je ne veux pas le forcer à parler, il le fera lorsqu’il sera prêt, nous avons tous une manière différente de gérer la situation, certains ont besoin d’extérioriser, d’autres d’oublier, je ne pense pas qu’il ait une meilleure solution qu’une autre, mais j’aurais bien aimé trouver ma solution à moi, pour l’instant je suis encore un peu dans le flou. « Tu as pu retrouver Brooklyn ? Et Avalon ? Ils sont en sécurité ? » Je hoche la tête. Heureusement que ma famille va bien, je ne sais pas comment j’aurais pu faire face à tout ça, sinon. Bon, je ne parle quasiment pas à Brooklyn parce que je ne sais pas du tout comment gérer la situation mais je sais que physiquement, au moins, il est intact. « Ils n’ont pas été blessés, ils sont tous les deux ici aussi. » Enfin, pas blessés c’est vite dit, eux aussi ont subi les mauvais traitements tout au long de l’année scolaire, alors je sais qu’ils sont affaiblis mais puisqu’ils ne sont pas allongés en ce moment dans un de ces lits, je crois que l’on peut considérer qu’ils s’en sortent mieux que les autres.

« On aurait peut-être dû faire pareil… » Fuir ? Vraiment ? Ça aurait été impossible et il le sait certainement. Pourtant, j’aurais adoré partir loin avec lui, oublier tout ce qu’il s’est passé et nous enfermer dans une bulle dont nous n’aurions pas eu à sortir pendant très longtemps. Je souris en imaginant ce qu’aurait pu être ce périple à deux, même si je sais que jamais je n’aurais laissé derrière moi ma famille et mes amis même si j’aime Isidore de tout mon cœur. « On aurait pu faire le tour du monde, je suis sûre qu’il y a plein de choses merveilleuses à découvrir. » Je ne veux pas le contredire en lui faisant remarquer qu’il a besoin de soins et que je n’aurais pas pu les lui apporter, il va se sentir comme un fardeau pour moi alors qu’il n’en est rien. Je veux qu’il comprenne que tout est encore possible, qu’il peut toujours soulever des montagnes parce qu’il est lui et qu’impossible n’est pas un mot qui fait partie de son vocabulaire. Je ne l’ai jamais vu se dégonfler face à une idée un peu farfelue et je sais qu’il est capable de se sortir des pires situations s’il trouve la volonté de le faire. Ce sera le cas une fois de plus, mais chaque chose en son temps, je ne veux pas le brusquer. « Et tout le monde sait que t’es la meilleure pour ça. Heureusement qu’on t’a. » Je le vois sourire et mon cœur fait un bon dans ma poitrine. Ce sourire m’a tellement manqué et tel que c’était parti, je ne pensais pas y avoir droit aujourd’hui. Comme quoi, je ferais mieux d’être naturelle au lieu de calculer tout ce que je dis. Je veux réussir à lui redonner un peu de sa joie de vivre et puisque je ne sais pas comment faire, autant laisser le feeling prendre la place de ma raison et arrête de calculer tout ce que je dis dans le but d’éviter de le froisser. Dans le pire des cas, il se montrera encore plus désagréable mais je sais que je peux encaisser parce que j’imagine que ce n’est pas ce qu’il pense vraiment et qu’il est juste en colère contre le monde entier actuellement. « Je n’ai aucun mérite, tu sais, j’ai une wonder-maman que j’ai pu imiter pendant toute mon enfance. » J’admire ma mère plus que n’importe qui sur cette planète. Elle s’occupe de tous mes frères et sœurs sans jamais faiblir et craquer alors que mon père a des horaires de dingues à l’hôpital. Elle gère la maison, les devoirs, les repas, le coucher et tout ça sans jamais se plaindre et sans m’avoir à ses côtés pour l’aider, désormais. Certes, les enfants ont grandi à présent et ils sont plus débrouillards mais l’adolescence n’est pas plus facile que l’enfance et les crises à gérer sont nombreuses. J’ai parfois l’occasion de percevoir quelques conflits au travers des lettres que je reçois, mais ma mère met toujours un point d’honneur à ne pas laisser transparaitre qu’elle rencontre des difficultés et ne me transmet en général que d’excellentes nouvelles.

Aborder le sujet de la bataille qui a eu lieu à Poudlard est plus délicat, d’autant plus que je peux percevoir un regret dans le ton employé par Isidore. Je ne lui en veux pas de vouloir remonter le temps pour faire en sorte que tout cela n’arrive pas. Est-ce que si je devais choisir entre sauver mes camarades et perdre ma main, je choisirai vraiment la seconde option ? Je l’ignore complètement mais je crois que j’aurais eu moi aussi du mal à accepter de devoir subir les conséquences de cet acte toute seule alors que tous les autres iraient mieux dans quelques semaines. Et puis, pour quelqu’un d’aussi actif et casse-cou qu’Isidore, c’est encore pire. Il ne va plus pouvoir, au moins pendant un temps, mettre toutes ses idées farfelues en application et je sais que ça va le ronger. J’aimerais tellement pouvoir l’aider. « C’est pas du courage, on s’est seulement pris pour des héros à deux balles. Ça aurait pu être bien pire pour tout le monde. » Bien sûr que ça aurait pu être pire, personne ne pouvait prévoir à l’avance l’issue de la bataille et ils auraient très bien pu être tous rattrapés par les Mangemorts en surnombre et jetés au fond d’une cellule. Isidore n’aurait alors pas survécu à sa blessure et serait certainement mort avant que j’ai eu l’opportunité de le revoir. Cette idée me donne la nausée mais je ne peux me résoudre à lui dire qu’il s’en est bien sorti parce qu’il n’est pas mort, ça voudrait dire que je considère que seule la mort aurait été pire que ce qu’il endure à présent et je ne souhaite pas me montrer aussi pessimiste. « Parce qu’il y avait une meilleure solution ? Une solution qui aurait permis que nous nous en sortions de manière pacifique ? Sans combattre ? Sans se dresser contre ceux qui tentaient de nous faire du mal ? Si ça avait été le cas, vous l’auriez trouvé depuis longtemps. » Ou alors, la solution aurait été de ne rien faire et de continuer à vivre comme ça pendant de longs mois, séquestrés dans une école qui n’en était plus une pour moi à ce moment-là. Je ne sais pas comment je le vivrais si nous pouvons y retourner un jour, est-ce que je me sentirais chez moi entre ces murs ? C’est une question que je ne peux pas me poser actuellement, je suis encore trop fragile pour envisager sereinement de retourner sur le lieu de toutes ces souffrances. « Je ne sais pas de quoi ça avait l’air pour vous, je ne me rends pas bien compte du traitement qui vous était imposé, mais ces mois ont été les plus longs de ma vie et je suis sûre qu’on serait tous mort si vous n’aviez pas eu le courage de nous venir en aide. » Personne n’avait envisagé de les tirer de ce mauvais pas à part leurs camarades eux-mêmes alors si ce n’était pas du courage, elle ne voyait franchement pas de quoi il s’agissait. « Bah j’les comprends. » Bien sûr. Le sacrifice d’Isidore est trop lourd à porter pour le moment et ses regrets sont bien présents. Je suis sûre que la liste de tout ce qu’il ne pourra plus faire défile dans sa tête et ça doit être incroyablement frustrant. « C’est normal que tu sois en colère. » Je crois que j’aurais voulu pleurer et hurler si j’avais été à sa place mais surtout que j’en aurais voulu au monde entier, je ne peux pas lui enlever ça.

« Ah, c’est génial ! Tu vas être brillante, j’en suis sûr. » Je sais bien qu’il ne le pense pas une seconde, ou peut-être qu’il le pense, mais il n’est pas encore prêt à être heureux pour moi pour le moment. Je l’accepte totalement et ne rebondit pas sur le sujet. Il n’y a rien à en dire, il va s’écouler de longues, très longues semaines avant qu’il puisse remonter sur un balai et lorsqu’enfin il aura cette possibilité, il sera diminué, affaibli et son niveau sera loin d’égaler celui qu’il avait avant sa blessure. Bien sûr, nous pourrons nous entrainer de nouveau ensemble, mais je suis certaine que ce sera encore pire parce que moi j’aurais eu l’occasion de m’entrainer entre temps et que je serais toujours capable de faire des choses qu’il ne peut plus faire désormais. Fera-t-il parti de l’équipe de Quidditch l’année prochaine ? Si toutefois, nous devons avoir une année prochaine. Cette question reste sans réponse et je sais qu’un rejet de la part de notre futur capitaine serait une véritable catastrophe. Le pire, c’est que je ne pourrais pas renoncer à cette place dans l’équipe pour rester avec lui, il n’acceptera jamais que je fasse une chose pareille. Tout cela va donc être vraiment compliqué et même si j’espère que nous allons nous en sortir, comme nous le faisons à chaque fois, j’ai peur que tous ces changements nous atteignent plus que nous le voudrions et mettent à mal notre couple. « Bien sûr que non ! J’suis peut-être pas un pro’, mais j’suis sûre que tu retrouveras vite ton coup de crayon d’avant… » Il se montre adorable, rassurant, enfin le Isidore que je connais et non pas le garçon blessant qui m’a accueilli tout à l’heure. Je ne sais pas si je retrouverai vraiment mon coup de crayon d’avant parce que mine de rien, je n’avais jamais eu à vivre quelque chose d’aussi douloureux et je suis certaine que ça va modifier ma manière de m’exprimer et d’extérioriser mes émotions, mais c’est le cadet de mes soucis. Je sais que quoi qu’il arrive, j’adorerais toujours autant dessiner, peu importe le talent que je possède pour cela. « J’ai hâte de voir. » Cette fois, ses paroles ne sonnent pas faux et j’en suis infiniment soulagée, il ne dit pas ça pour me faire plaisir, ça se sent. « Tu auras droit à un aperçu de mes nouvelles idée en avant-première ! » J’hésite à le taquiner en lui disant qu’il est privilégié, mais j’ai peur que ça le renvoie à sa blessure et au fait que justement il a été victime d’une véritable injustice. Depuis quand est-ce qu’il y a des paroles taboues entre nous ? Je suis nulle de prendre à ce point des gants avec lui.

Est-ce que je pourrais passer les prochaines semaines assises dans ce lit avec lui ? J’ai comme l’impression que si jamais je me relève, il ne me laissera jamais revenir à ces côtés. J’ai peur qu’il souhaite me dire adieu et ne jamais me revoir. Je suis sûre qu’Avalon me dirait que je délire et qu’il m’aime trop pour ça, mais je n’en suis pas si sûre… Enfin, je sais qu’il m’aime ou plutôt je le crois, mais nous sommes tellement pareils tous les deux, nous avons tant d’énergie à revendre que j’ai vraiment peur que me voir accomplir tout ce qu’il rêverait de faire entrave sa capacité d’acceptation de tout ce qui lui est arrivé. Est-ce que me regarder avancer sera trop douloureux pour lui et qu’il préférera qu’on se sépare ? C’est tout à fait possible et s’il prend cette décision, je sais que je ne pourrais en aucun cas lui en vouloir. Mais est-ce que je pourrais l’accepter ? Est-ce que je pourrais le croiser dans les couloirs tous les jours sans lui parler ? Est-ce que j’arriverais à continuer mes entrainements de Quidditch aux aurores sans finir allongée dans l’herbe, la tête sur son épaule à imaginer comment sera notre vie une fois que nous serons devenus des joueurs professionnels ? Est-ce que je pourrais continuer à avancer en le sortant totalement de ma vie ? Je ne suis pas sûre d’être assez forte pour ça. « Je ne sais pas vraiment non plus. » Et ça ne me rassure pas du tout. Certes, il me serre dans ses bras actuellement et son étreinte n’est pas du tout celle d’un garçon qui aimerait que je sois le plus loin possible d’ici mais si physiquement, il est toujours le garçon que j’aime, ses émotions semblent être encore trop difficiles à gérer actuellement et je sais qu’il ne prendra pas sa décision tout de suite. Il m’a dit vouloir être auprès de moi et je sais qu’il ne m’a menti, quel intérêt aurait-il eu à le faire ? Mais si ce n’était que du court terme ? Et s’il réalisait soudainement que pour guérir, il fallait que je sois loin de lui ? J’aurais tellement de mal à l’accepter. « Peut-être que tu as juste besoin d’un petit peu plus de temps pour arriver à le savoir, je te laisserai tout le temps que tu veux pour y réfléchir, je peux attendre. » En vérité, je ne peux pas attendre, j’ai tellement envie d’entendre que rien n’a changé, qu’il veut que je sois à ses côtés pour toujours et que rien ni personne ne pourra nous séparer. En tout cas, c’est ce que moi je veux et je ne tarde pas à le lui signifier malgré ce que je viens de dire. Je sais que je ne devrais pas, que je devrais justement lui laisser l’opportunité de penser par lui-même au lieu de se plier à ma volonté. Depuis quand suis-je devenue aussi égoïste au point de vouloir le forcer à rester avec moi juste parce que je ne peux pas imaginer mon quotidien sans lui ? Je ne suis pas cette personne et je me déteste de faire passer mes intérêts avant les siens. « Alors c’est ce que je veux aussi. » Et pourtant, ces paroles me procurent un tel soulagement que je n’arrive pas à regretter mes dires. Je sais bien qu’il n’y met pas tout son cœur et que ces mots ne sont pas faciles à prononcer pour lui. Il n’a pas le regard pétillant de d’habitude et je sais que le moment est mal choisi pour jouer les guimauves, je devrais me montrer plus forte que ça, il est question de lui et de sa blessure, pas de notre relation. J’ai tellement envie de l’embrasser, d’oublier que nous sommes dans l’infirmerie d’une ferme perdue au milieu de la campagne mais encore une fois je me retiens et parviens même à desserrer un peu mon étreinte autour de lui ce qui n’est pas plus mal car je vais finir par l’étouffer si je continue à le serrer contre moi aussi fort. Je suis vraiment pitoyable alors que je devrais être là pour lui.

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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Ven 21 Juil - 20:19



Savannah & Isidore

« Je crois qu’il est un peu chamboulé mais il ne parle pas beaucoup, alors j’ai un peu de mal à savoir vraiment où il en est. » Il hocha la tête, silencieusement. Chamboulé. Il y avait de quoi, en effet… Alors c’était bien lui qu’il avait vu penché au dessus de lui dans le parc. Le sortilège qu’il s’était pris s’était révélé d’une violence assez inouïe, mais il était encore debout, en tout cas avant que lui ne s’effondre… Lorsqu’il serait en état de se lever, il tenterait d’aller voir comment il allait. Pas de lui parler directement… il ne se sentait pas encore prêt à tenir une conversation normale avec quelqu’un dans l’état dans lequel il était. Mais au moins d’avoir une idée… « Ils n’ont pas été blessés, ils sont tous les deux ici aussi. » Il hocha à nouveau la tête, imperturbable. C’était une bonne chose, elle tenait tellement à sa famille que perdre l’un d’eux l’aurait rendue folle de chagrin. Il n’avait jamais trop approché Brooklyn… Et à vrai dire, il ne les voyait pas toujours en grande conversation, mais elle n’avait pas besoin de lui montrer pour qu’il comprenne à quel point elle tenait pratiquement autant à lui qu’à sa propre vie. La notion de famille était quelque chose de capital pour Savannah. « Au moins, t’as de la compagnie. » répliqua-t-il en jetant à nouveau un oeil à la fenêtre, comme si elle était devenue le point de vue le plus intéressant au monde alors que pourtant les stores la recouvraient.

« On aurait pu faire le tour du monde, je suis sûre qu’il y a plein de choses merveilleuses à découvrir. » Ouais… des choses merveilleuses. Des choses merveilleuses à faire avec ses deux mains, surtout… Avec une sorte de moignon, il ne voyait pas exactement ce qu’il serait capable de faire, Savannah aurait du lui porter ses affaires en permanence, s’occuper de lui comme d’un enfant… Pourtant, il aimait bien ce drôle de rêve, selon lequel ils auraient définitivement tiré un trait sur ce qui leur était arrivé. Plus un seul élève de Poudlard dans les environs, rien pour leur rappeler l’année précédente ! Ils auraient été juste eux, peut-être se seraient-ils pris la tête sur des choses futiles, comme les billets d’avion moldu, puisqu’ils n’auraient pas encore l’âge de transplaner, les itinéraires qu’ils prendraient, puis il aurait laissé Savannah trancher puisqu’il ne connaissait rien à ce genre de trucs, et ils se seraient réconciliés le soir-même… A la place, ils étaient dans une ferme débile, avec des types qui n’étaient pas en mesure de leur dire qu’ils étaient en sécurité. « Et on aurait même pas été obligés de revenir, en plus. » répondit-il, évasivement. Ne jamais revenir. En effet, c’était peut-être le meilleur plan qu’il soit en fin de compte… Que leur restait-il à faire à l’école, de toute manière… ? Pas grand chose… Que ce soit lui ou Savannah, il était pratiquement certain que leur avenir professionnel ne dépendait pas de leur réussite scolaire. « Je n’ai aucun mérite, tu sais, j’ai une wonder-maman que j’ai pu imiter pendant toute mon enfance. » Il sourit à nouveau. Pour un peu, il en oubliait presque leur situation désespérée, comme s’ils se retrouvaient après une longue absence, et que la vie continuait ensuite. Sauf qu’à bien y réfléchir… Ça lui donnait presque l’impression qu’elle se donnait pour devoir de le couver comme s’il était un enfant inapte, qui avait besoin de sa mère pour avancer. Il ne voulait pas qu’elle devienne sa mère. Il en avait une, qui était suffisamment sur son dos pour qu’il n’ait pas besoin qu’elle délègue le rôle à sa copine. Elle avait peut-être les compétences pour devenir une vraie baby-sitter, mais il n’avait strictement aucune envie d’en faire l’expérience. Peut-être s’imaginait-il trop de choses… « Elle serait fière de toi si elle te voyait. » C’était peut-être un peu maladroit, ou sûrement pas de circonstance étant donné que ses parents lui manquaient sûrement affreusement, mais il le pensait en tout cas.

« Parce qu’il y avait une meilleure solution ? Une solution qui aurait permis que nous nous en sortions de manière pacifique ? Sans combattre ? Sans se dresser contre ceux qui tentaient de nous faire du mal ? Si ça avait été le cas, vous l’auriez trouvé depuis longtemps. » Il croisa les bras, du moins ce qu’il en restait, sur sa poitrine, toujours camouflés sous les draps. Il savait évidemment qu’elle avait raison, mais ce n’était pas pour autant qu’il voulait bien le reconnaître. Et puis, il y avait sûrement des élèves qui auraient mieux géré cette situation que lui ! Si les sixièmes et septièmes années avaient des cours supplémentaires après leurs BUSEs, c’était sûrement qu’il y avait une raison, qu’ils étaient plus performant qu’un idiot de cinquième année qui voulait un peu trop faire le mariole. « Des personnes plus compétentes auraient pu gérer ça mieux que nous. » répondit-il en fixant ses doigts encore actifs, prenant un ai indifférent. Il y aurait un moment où il ne pourrait plus se trouver d’excuse, et où il devrait capituler en reconnaissant qu’elle avait raison, que quelqu’un était bien obligé de s’y coller et que c’était tombé sur lui, qu’il n’aurait jamais pu prévoir ce qui s’était produit. « Je ne sais pas de quoi ça avait l’air pour vous, je ne me rends pas bien compte du traitement qui vous était imposé, mais ces mois ont été les plus longs de ma vie et je suis sûre qu’on serait tous mort si vous n’aviez pas eu le courage de nous venir en aide. » C’était pas du courage, bon sang ! Et aucun traitement ne leur était imposé, en comparaison d’eux qui servaient d’esclaves au reste du château… Ils n’étaient pas à plaindre ! C’était elle, la victime, c’était à elle de se comporter en victime, à elle de s’indigner, de crier à l’injustice ! Non, en effet, elle ne savait pas de quoi ça avait l’air pour eux, pour lui, de savoir que la fille qu’il aimait se faisait traiter comme une moins que rien et passait la serpillère après lui dans les couloirs. « Dis pas ça. » répondit-il. Elle avait raison, mais il n’était pas prêt à le reconnaître. Il y avait sûrement une autre solution… Il n’avait pas encore trouvé laquelle, mais elle existait, forcément…

« C’est normal que tu sois en colère. » Il ne savait pas si c’était normal, mais il l’était. En quelques heures, son monde s’était effondré ! Il n’avait plus de certitudes, plus d’objectif, plus rien… Il avait loupé la plupart de ses BUSEs avant la bataille, perdu une main, tout espoir de finir dans l’équipe l’année suivante, bon nombre de ses amis étaient mal en point autant physiquement que psychologiquement, il n’avait plus d’avenir, et sa copine le prenait désormais pour une sorte de pauvre petite chose qu’il fallait plaindre et dorloter… Non ça n’allait définitivement pas ! Il avait envie de se lever et d’arracher ses électrodes, d’envoyer valser ce stupide chariot et les outils qu’il contenait, et d’encastrer sa tête dans la fenêtre tant il était furieux. Ce n’était pas la faute de Savannah, elle était gentille, mais elle n’avait clairement pas à l’être. Il aurait préféré qu’elle le secoue par les épaules, qu’elle lui dise d’arrêter ce laisser-aller immédiatement, et que s’il ne cessait pas de geindre comme un gamin de douze ans, il finirait probablement par devenir un légume. Il l’aimait, bon sang qu’il l’aimait, mais il avait l’impression d’avoir davantage besoin de sa meilleure amie qui le tirait vers le haut, que de sa petite amie qui le dorlotait dans sa zone de confort. Pourquoi est-ce qu’elle ne lui criait pas dessus ? Pourquoi est-ce qu’elle ne lui clouait pas le bec en lui disant que la vie était injuste, et que tout le monde était dans le même bain, qu’il n’était pas le seul à en faire les frais… sinon, il n’y aurait pas eu de nés-moldus dans les cachots pendant des mois. « Tout le monde devrait l’être ! » répondit-il rageusement, en levant un peu le ton. Et elle aussi ! Qu’est-ce qu’elle attendait pour tout envoyer valser, hein… ? Huit mois, bon sang ! Huit mois à bouffer des restes et à jouer les elfes de maison, c’était normal ça ? Qu’est-ce qui leur restait à faire après ça, oublier et reprendre le cours de leur vie ? Mais c’était quoi, le cours de leur vie maintenant… ?! Comment obtenir réparation de huit mois de domination et de souffrance ? Comment réparer les dommages irréversibles qui avaient été infligés à certains ? La petite Joanne aurait une marque toute sa vie dans au niveau de l’omoplate, parce qu’une dingue lui avait flanqué un vif d’or chauffé à vif dessus ! D’autres avaient pris le Doloris parce qu’ils avaient choisi de continuer une activité ! Le Doloris, bordel !

« Tu auras droit à un aperçu de mes nouvelles idées en avant-première ! » Il s’en voulait. Il s’en voulait profondément de ne pas pouvoir se débarrasser de cette idée stupide. De cette idée selon laquelle il serait moins jaloux concernant une activité qu’il ne partageait pas avec elle, comme le dessin. Même avec une main en moins, il n’éprouverait pas de difficulté à s’intéresser à son travail, à faire des commentaires un peu naïfs sur ses croquis ou sur ce qu’elle griffonnait en cours… En revanche, la voir occuper la place qu’il aurait rêvé de pouvoir gagner loyalement, et bien c’était douloureux. Et il se détestait de l’envier silencieusement, de presque… lui en vouloir d’être en mesure de profiter de sa vie. Elle l’avait pourtant bien mérité, après tout ce qu’elle avait traversé ! Mais il ne parvenait à taire cette petite voix, qui lui suggérait, vicieusement, qu’elle lui volait ce qu’il aurait du avoir. Il s’en serait arraché les oreilles pour ne plus l’entendre. Comment pouvait-il être assez monstrueux pour nourrir de tels sentiments… Personne d’un tant soit peu humain ne pouvait penser une telle chose de la personne qu’il aimait, et la jalouser comme il le faisait actuellement. « J’espère bien être le premier ! » mentit-il avec pourtant beaucoup de conviction. Il aimait être privilégié de sa part, mais pas parce qu'il était soudainement devenu infirme. Non. Il espérait qu’elle se lasserait suffisamment vite pour ne pas avoir à suivre sa déchéance. En ne le voyant pas, au moins, elle resterait dans l’ignorance. Ce serait pénible, bien sûr… mais il préférait la savoir loin, plutôt que près lui elle finisse par se rendre compte que ce n’était absolument pas ce qu’elle voulait. C’était terriblement frustrant… « Peut-être que tu as juste besoin d’un petit peu plus de temps pour arriver à le savoir, je te laisserai tout le temps que tu veux pour y réfléchir, je peux attendre. » Qu’elle arrête… qu’elle arrête… elle était adorable, mais c’était beaucoup trop, beaucoup plus qu’il ne pouvait en supporter ! Elle le considérait déjà comme une sorte d’incapable dont elle devrait s’occuper toute sa vie, et aussi généreuse soit cette offre, il détestait cette image de lui qu’elle lui renvoyait. C’était pathétique, et il détestait être pathétique. Qu’elle remballe sa pitié, et qu’elle aille l’offrir à quelqu’un d’autre, à Spencer par exemple ! Durant les mois où ils s’étaient côtoyés, il avait toujours été infiniment fier d’elle, de se montrer à ses côtés, d’avoir pu gagner son amour, et malgré les crises qu’ils avaient traversés, elle était toujours revenue. Et savoir qu’elle n’éprouverait jamais cette fierté à son égard, et bien oui, c’était douloureux. « Regardez, Savannah est tellement forte, ça doit pas être facile de s’occuper de son mec depuis qu’il est plus capable de rien… une vraie loque… Je sais pas comment elle fait ! » En plus d’avoir un père criminel, être la copine d’un bon à rien n’était pas une perspective très enthousiasmante… Elle était peut-être allongée contre lui, mais jamais elle ne lui avait paru aussi éloignée, presque inatteignable. « Ben si t’attends qu’elle repousse, je suis pas sûr que tu soies sortie de l’auberge. » répondit-il en levant les yeux au ciel. Il ne pouvait manifestement pas surveiller ses phrases pour s’assurer de ne pas déraper… Ce n’était pas ce qu’elle voulait dire en disant qu’il l’attendrait, mais c’était bien ce que ça voulait dire.
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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Ven 21 Juil - 23:48


Isidore & Savannah

Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me

Peut-être que je ne devrais pas me plaindre alors que j’ai la chance d’avoir toute ma famille auprès de moi. Avalon et Brooklyn vont bien, je ne sais pas dans quel état j’aurais été s’ils avaient dû périr dans la bataille, je crois que je ne l’aurais pas supporté et que j’aurais totalement disjoncté. En fait, je réalise que je me plains de tout ce qui m’arrive mais que je ne prends pas la peine de remercier pour tout ce que j’ai encore. Quoi que, quand on y pense, je ne vois pas pourquoi je devrais avoir de la gratitude pour ce que j’ai alors que j’ai tellement souffert cette année. Ma scolarité aurait pu se poursuivre telle qu’elle avait commencé. J’ai du mal à croire que pendant les quatre premières années de ma scolarité, ma plus grande difficulté a été de me rendre en cours alors que ça me faisait affreusement chier. Enfin, nous avions tout de même eu droit à un premier passage de Blackman mais sa présence au château avait été clairement moins difficile à supporter. Si j’avais su ce qui allait se passer à l’avenir, peut-être que j’aurais tout simplement essayé de l’achever à ce moment-là pour éviter qu’il soit capable de nous faire subir une chose pareille. Je n’ai jamais eu envie de tuer quelqu’un avant et me rendre compte que je suis prête à commettre ce meurtre si l’occasion devait se présenter me fait tout drôle. Depuis quand suis-je prête à ôter la vie d’un être humain ? Ça ne me ressemble absolument pas, mais j’ai vraiment du mal à considérer que cet homme-là puisse avoir une once d’humanité en lui. C’est un monstre et un tyran, il ne mérite pas de vivre. Ai-je le droit de décider qui a le droit de vivre ou mourir ? Non, certainement pas, mais il n’en avait pas le droit non plus et il ne s’est pas privé pour le faire. Heureusement, la question ne se pose pas ou en tout pas encore. Tout ce que je peux espérer c’est qu’il soit rattrapé et puni pour les crimes qu’il a commis. « Au moins, t’as de la compagnie. » La voix d’Isidore me ramène à la réalité et encore une fois, je hoche la tête, approuvant bêtement ses dires sans trop chercher à savoir s’il est dans le vrai ou non. « Je n’aurais pas pu supporter de les perdre. » Je murmure comme si l’impact de mes mots pouvait être adouci par ma voix. J’aime tellement mes proches que je ne peux qu’être morte d’inquiétude pour chacun d’entre eux à ce moment précis. J’ai toujours cette même boule au ventre qui ne me quitte pas et tant que nous ne serons pas sortis d’affaire j’aurais cette appréhension.

« Et on aurait même pas été obligés de revenir, en plus. » Je souris en imaginant une fois de plus la vie avec Isidore loin de toute cette merde. Est-ce que ça aurait pu être possible ? J’imagine bien une vie d’aventurier, avec une tente et aucune limite. Nous aurions pu faire tellement de choses, voir tant de lieux différents, explorer des endroits encore inconnus et nous créer un nombre incalculable de souvenirs. J’imagine que ça ne serait pas idyllique, que nous aurons de belles engueulades avec des cris, des lancers de casseroles et des noms d’oiseaux mais comme c’est un peu notre marque de fabrique, ça ne me pose pas de problème majeur. Je sais que les bons moments auraient de toute façon bien plus fréquents que les mauvais et surtout qu’ils auraient largement surpassés nos disputes. C’est sûrement pour ça que nous nous pardonnons à chaque fois malgré les mots échangé. Enfin, moi je sais aussi que je lui pardonne parce que je ne peux pas me passer de lui, mais il va falloir que je soigne cette addiction un jour parce que même si ce n’est pas très gênant en temps normal, dans une situation comme celle-ci où Isidore semble avoir besoin d’un punching ball personnel, c’est tout de suite un peu plus handicapant d’autant plus que je m’écrase comme une merde. « Toute une vie pour découvrir le monde. » Mon ton est rêveur, je ne cache pas que cette idée est enthousiasmante. Surréaliste, certes, mais forcément d’autant plus enthousiasmante. Parfois, j’aimerais juste pouvoir claquer des doigts et faire en sorte que mes souhaits se réalisent mais ce n’est tout simplement pas possible. A quoi ça sert de pouvoir pratiquer la magie si ce n’est pas pour pouvoir me faciliter la vie, hein ? Franchement, dans les contes pour enfants moldus, la magie a le pouvoir de déplacer des montagnes, alors pourquoi pas là ? Ce serait tellement plus simple. « Elle serait fière de toi si elle te voyait. » Les larmes qui me montent aux yeux en entendant ces mots m’obligent à baisser la tête. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? Pourquoi est-ce que je suis si faible ? Je me sais émotive, je l’ai toujours été, mais de là à pleurnicher comme ça pour un rien, franchement ça craint. Je prends quelques secondes pour me remettre de mes émotions et lorsque je relève la tête, j’ai repris mes esprits. « J’espère qu’elle pourra me le dire elle-même un jour. » Je souris tristement, j’aimerais tellement voir ma mère. C’est mon héroïne et je me suis toujours tournée vers elle pour obtenir de bons conseils, j’aimerais tellement qu’elle soit là en ce moment.

Nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord sur la manière dont les choses auraient dû être gérés et bien que j’essaie de toutes mes forces de comprendre comment Isidore peut envisager une issue plus favorable à cette épreuve, je n’y arrive pas vraiment. Bien sûr qu’il aurait préféré qu’un autre que lui perde une main dans la bataille, c’est évident, mais de là à tout remettre en question et à considérer que son acte était stupide, il y a tout de même une sacrée marge. « Des personnes plus compétentes auraient pu gérer ça mieux que nous. » Je me retiens tant bien que mal de lever les yeux au ciel. Son attitude est irritante et je meurs d’envie de le lui dire ais une fois de plus je me retiens parce que je veux lui laisser le temps de se remettre avant de me permettre de le contredire. C’est con, je sais, ce n’est pas parce que je lui dis non que je l’empêche d’aller mieux mais dans les films, les infirmières sont douces et compréhensives et j’ai l’impression que c’est comme ça que je dois être. « Et elles étaient où ces personnes compétentes pendant huit mois ? » Nous avons attendu pendant des mois et des mois que quelqu’un vienne à notre secours et personne n’est venu. Si mes amis et camarades n’avaient pas décidé de nous venir en aide, nous serions toujours dans les cachots à l’heure qu’il est et je ne sais vraiment pas si j’aurais tenu le choc aussi longtemps. Alors oui, nous n’avons pas le niveau pour nous dresser contre les Mangemort, mais ils ont eu au moins le mérite de le faire et ça n’a pas de prix à mes yeux. Isidore ne l’entend pas de cette oreille, c’est évident. « Tout le monde devrait l’être ! » Son timbre de voix a pris une nouvelle sonorité et j’ai l’impression qu’il bouillonne. Est-ce que je suis en colère ? Oui, c’est évident. Est-ce que je peux l’exprimer à mon tour, je crois que oui. « Mais évidemment que tout le monde est en colère, qu’est-ce que tu crois ?! Je suis en colère ! » D’un seul coup, mon ton de voix n’a plus rien de la jeune fille amoureuse qui tient à préserver celui qu’elle aime et sans que je m’y attende, je lâche tout ce que j’ai sur le cœur. « Tu crois que j’arrive à accepter d’avoir été traité comme une merde pendant huit interminables mois parce que des connards sortis de nulle part ont considéré qu’avoir des parents moldus n’était pas assez bien pour nous donner le droit d’étudier ?! Que j’ai trouvé ça normal de nettoyer vos assiettes sales après chaque repas juste parce qu’il fallait bien nous occuper au lieu de nous laisser pourrir dans les cachots ? Que j’ai accepté sans broncher de devoir subir les coups de fouet, les humiliations publiques et de voir tous les jours l’un d’entre nous revenir avec de nouvelles marques ? Que ça me fait plaisir de t’avoir retrouvé comme ça alors que je me suis raccrochée pendant des mois à l’idée que te retrouver serait le plus beau moment de toute cette foutue année ? Que je trouve ça juste que ce soit toi qui trinque pour tous les autres ? » Je ne me laisse qu’une seconde pour reprendre mon souffle. « Bah non, pas du tout, j’en veux à la terre entière, parce que je n’ai jamais rien fait pour mériter ça, parce que je ne sais pas du tout ce que je suis censée faire maintenant et parce qu’aucun abruti d’écrivain n’a eu l’idée d’éditer un stupide bouquin pour m’expliquer comment je dois me comporter face à toute cette souffrance. » Je m’arrête hors d’haleine. Toute l’infirmerie a certainement pu profiter de mon superbe discours et je me rends compte devant le silence qui m’entoure que j’ai dû hurler au lieu de parler. Je me sens honteuse d’avoir finalement craqué alors que je m’étais jurée de ne pas le faire. « Pour une fois que j’avais envie de lire quelque chose… » Mon ton de voix est redevenu normal, comme si l’ouragan qui venait de passer n’avait été qu’un rêve et non pas une réalité. Mais au fond de moi, je me sens vidée et je sais bien que tout ce qu’il vient de se produire est parfaitement réel.

Je ne sais pas vraiment comme nous avons fait pour reprendre une conversation normale mais nous avons réussi et parler de dessin ne m’a jamais paru aussi stupide que maintenant. Pourtant, j’ai bien conscience que de tous les sujets que nous pouvons aborder tous les deux, celui-ci est probablement le moins dangereux. Il n’y a pas d’enjeu, pas de possible rappel de la mutilation de mon petit-ami qui n’a de toute façon jamais été un grand adepte de mon domaine de prédilection. Je peux enfin souffler et imaginer que le reste de la journée se terminera sans encombre. « J’espère bien être le premier ! » Je souris, une fois de plus. De toute façon, c’est pleurer ou sourire, je suis binaire, je n’ai plus que ces deux options en stock. Bien sûr qu’il sera le premier, si je peux faire ça pour lui remonter le moral, je ne vois pas pourquoi je ne lui donnerais pas ce petit moment de bonheur. Il est vrai que d’habitude, ce n’est pas avec Isidore que je partage en premier mes créations mais plutôt avec Elliot car il s’y connait davantage et a toujours été un grand passionné, mais jamais je n’ai dissimulé la moindre de mes œuvres à mon petit-ami et s’il n’est pas passé d’abord, c’est tout simplement parce que je savais que ça ne l’intéressait pas plus que ça et qu’y jeter un œil pour s’extasier était surtout pour lui un moyen de me faire plaisir… Voire de se faire pardonner certaines fois. Les compliments m’ont toujours fait craquer et je pense qu’il en a parfaitement conscience. « Ben si t’attends qu’elle repousse, je suis pas sûr que tu soies sortie de l’auberge. » Je pensais faire ce qu’il fallait en lui laissant le temps de retomber sur ses pieds mais cette nouvelle pique m’indique que je suis loin d’être dans le vrai, une fois de plus. Je reste dans ses bras avec pourtant la furieuse envie de m’en arracher et de le planter là. Je ne le ferais pas, évidemment, j’aurais trop peur qu’il ne veuille plus jamais de moi après ça et je ne peux me résoudre à mettre un terme à notre histoire. J’aurais tellement aimé réussir à lui dire ce qu’il attend au lieu de me tromper constamment. « T’as vraiment rien compris. » Mon ton est neutre, ce n’est même pas un reproche mais une simple constatation. Et malheureusement, je crois que nous n’arriverons pas à nous comprendre aujourd’hui.

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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Sam 22 Juil - 19:25



Savannah & Isidore

« Je n’aurais pas pu supporter de les perdre. » Ouais… en même temps, il ne voyait pas qui aurait supporté de perdre ses proches, et accepter la situation le plus sereinement du monde, surtout en de telles circonstances. Personne, après autant de temps enfermé, n’avait cette capacité d’acceptation, et n’avait la force mentale de se résoudre à la disparition de ceux qui leur étaient chers. S’il l’avait perdue, elle, la démence aurait pris possession de son esprit, il serait probablement devenu fou… voire incapable de continuer. Comment continuer à vivre dans ces conditions… ? Comment se faire à l’idée qu’il avait passé des mois incarcéré dans le même bâtiment, sans se montrer capable de lui venir en aide, de la protéger ? Et Spencer… Spencer s’était pris un sort dans la bataille… Il avait eu de la chance, mais perdre son meilleur ami l’aurait rendu malade de rage et de douleur. Ce n’était peut-être que ses meilleurs amis, les personnes les plus proches et les plus chères qu’il avait au château, ceux qu’il connaissait mieux qu’il ne se connaissait lui-même, et pas sa famille, contrairement à Savannah qui avait partagé son sort avec sa soeur jumelle et son frère adoptif… mais au fur et à mesure, il ne voyait plus la différence : elle et Spencer avaient fini par devenir sa famille, au même titre que sa mère qui devait se faire un sang d’encre pour lui. Il n’avait personne d’autre, de toute façon, hormis un type aux yeux vitreux à Azkhaban dont il avait malheureusement hérité dans son arbre généralogique. C’était peut-être pour ça qu’ils se prenaient la tête aussi souvent pour se réconcilier aussi rapidement… à force de vouloir combler le trou béant familial, il avait fini par les considérer comme des substituts. Ce n’était sûrement pas ce qu’elle attendait en revanche… « Ils vont bien, c’est l’essentiel. » déclara-t-il d’un ton qu’il aurait voulu être rassurant. Oui, c’était l’essentiel, ils allaient bien, elle allait bien, les autres allaient bien, tout allait bien, tout devait aller parfaitement bien, alors pourquoi ça n’allait pas du tout en ce qui le concernait… ? Pourquoi en voulait-il à tout le monde alors qu’ils n’avaient été que des pions sur un échiquier imaginaire, et qu’on les avait bercés dans l’illusion selon laquelle ils pouvaient jouer un rôle dans cette comédie barbare ?

« Toute une vie pour découvrir le monde. » Ça ne l’intéressait pas. Qu’est-ce que le monde avait à lui apporter, désormais… ? Il avait un membre en moins, alors les découvertes, ce serait pour quelqu’un d’autre, quelqu’un d’entier, tout à fait apte à programmer des expéditions dans des pays exotiques, à feuilleter des bestiaires pour en découvrir les créatures magiques qui en habitaient les régions… S’il devait partir avec elle, ce serait uniquement pour fuir cette réalité détestable. Il n’avait plus rien à faire dans ce maudit château, n’avait plus envie d’entendre parler de ceux qui l’habitaient, sauf Spencer à qui il trouverait le moyen d’écrire, et au fond de lui-même, il savait bien que c’était un désir parfaitement égoïste. Savannah n’accepterait jamais. Enfin, si, s’il lui présentait l’idée sous la forme d’un magnifique voyage qu’ils mèneraient ensemble pour aller se balader dans les dunes, ou tester leur endurance sur des kilomètres de course lors d’une randonnée particulièrement rude, mais avec au bout du compte un panorama incroyable. Mais le plan, c’était simplement de s’exiler, de manière à ce qu’on ne les retrouve plus, et qu’ils changent d’identité complètement jusqu’à ce qu’ils parviennent à oublier leurs malheurs de l’année. Ça ne la rendrait pas heureuse pour autant. Il aurait beau essayer, il serait incapable de lui apporter ce qu’elle désirait, à savoir combler ses désirs d’évasion, la proximité de sa famille, l’épanouissement artistique et sportif auquel elle aspirait… « On a bientôt l’âge de transplaner. On pourrait même faire ça très bientôt… » poursuivit-il, les yeux rivés sur le plafond, comme s’il s’imaginait déjà à des lieues d’ici en sa compagnie. Oubliée la rééducation, son handicap, Blackman et compagnie ! Ça n’avait rien de raisonnable, mais qu’est-ce qui était raisonnable maintenant désormais, hein… ? Rester dans un lit d’hôpital à attendre la mort ? Aller en cours et faire semblant de rien, répondre à des sourires hypocrites ? Rien ne le retenait ici !

« J’espère qu’elle pourra me le dire elle-même un jour. » Ça, elle le pourrait. Il y avait de quoi être fier de Savannah Caldwell… Tout en elle symbolisait la réussite. Peut-être pas scolaire, mais ses valeurs humaines, sa volonté, sa détermination, tout faisait d’elle la fille que n’importe qui aurait rêvé d’avoir. En revanche, elle en parlait comme si ce jour n’arriverait jamais, que sa séparation avec sa mère était peut-être définitive, et qu’ils ne sortiraient jamais de cette stupide ferme… Il secoua la tête. Ah non, si elle, qui était censée lui apporter la dose d’optimisme nécessaire pour qu’il ne se jette pas de la balustrade pour s’éclater la tête contre la terrasse, commençait à renoncer maintenant, ça n’allait définitivement pas bien se passer. Il ne croyait pas une seconde à tout son lot de positif, mais ça ne voulait pas dire pour autant qu’il voulait qu’elle arrête… ! « Eh, t’as bien dit que c’était que temporaire comme situation, ok ? Alors elle te le dira très bientôt. » tenta-t-il maladroitement de la rassurer. Bon, pour le coup il s’y prenait beaucoup moins bien qu’elle, mais on ne pourrait pas lui reprocher d’avoir essayé, et de ne pas y mettre le minimum syndical de bonne volonté… « Et elles étaient où ces personnes compétentes pendant huit mois ? » Elle avait encore raison, ça ne voulait pas dire qu’il était prêt à le reconnaître. Les sixièmes et septièmes années avaient fait de leur mieux pendant la bataille, les quelques Serdaigles surdoués étaient déjà soit parmi eux, soit des sales traîtres de pro sang-pur qui avaient rejoint l’ennemi, et le reste était dans les cachots. Il fallait bien que quelques pauvres paumés se dévouent… Il ne répondit donc pas et se montra soudainement très concentré par les ongles de sa main gauche.

« Mais évidemment que tout le monde est en colère, qu’est-ce que tu crois ?! Je suis en colère ! » Enfin. Elle avait brusquement levé le ton, et perdu la douceur avec laquelle elle s’adressait à lui, mais enfin, enfin les cartes étaient sur table. La Savannah fougueuse, la Savannah qui refusait de se laisser marcher sur les pieds avait repris le dessus, et il se demandait si au fond, ce n’était pas exactement elle qu’il voulait voir. Il n’avait pas besoin d’être dorloté ! Elle voulait lui crier dessus… ? Qu’elle le fasse ! Qu’elle lui balance tous ses reproches, qu’elle hurle à l’injustice, qu’elle se plaigne bon sang, elle aussi elle en avait le droit, surtout elle… ! Il se redressa sur son lit et s’adossa contre le mur, et la toisa avec défiance. Enfin, le jeu de cache-cache incessant prenait fin. « Tu crois que j’arrive à accepter d’avoir été traité comme une merde pendant huit interminables mois parce que des connards sortis de nulle part ont considéré qu’avoir des parents moldus n’était pas assez bien pour nous donner le droit d’étudier ?! Que j’ai trouvé ça normal de nettoyer vos assiettes sales après chaque repas juste parce qu’il fallait bien nous occuper au lieu de nous laisser pourrir dans les cachots ? » Il baissa la tête, silencieux, conscient qu’il avait laissé la situation s’enliser bien trop longtemps. Une fois que les vannes étaient ouvertes, elles seraient difficiles à refermer… Mais c’était ce qu’il voulait entendre, ce qu’il avait besoin d’entendre. C’était absolument inhumain, et elle avait le droit de le hurler à la Terre entière. Alors oui, il lui donnait ce droit. Mieux encore, il l’obligeait à en faire usage, quitte à passer pour le dernier des enfoirés. « Que j’ai accepté sans broncher de devoir subir les coups de fouet, les humiliations publiques et de voir tous les jours l’un d’entre nous revenir avec de nouvelles marques ? » Il accepta ses dires sans broncher, tentant de s’identifier à ce qu’elle pouvait avoir vécu là-bas, imaginant l’angoisse continuelle, la douleur collective, la souffrance partagée… « Que ça me fait plaisir de t’avoir retrouvé comme ça alors que je me suis raccrochée pendant des mois à l’idée que te retrouver serait le plus beau moment de toute cette foutue année ? Que je trouve ça juste que ce soit toi qui trinque pour tous les autres ? » Il demeura interdit, quelques secondes de plus. Non, il ne le pensait pas, parce qu’elle était trop empathique pour ça. Lorsque quelqu’un de proche vivait un malheur, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir mal également, comme si elle tenait à partager cette douleur… Etait-ce ce qu’il espérait… ? Qu’elle lui ôterait un peu le poids de cette perte en le lui délégant… ? Cette pensée lui fut très amère : non, c’était affreusement égoïste, et cruel, il ne pouvait pas être monstrueux à ce point… « Non, je ne pense pas. » répondit-il simplement, comme si elle venait de lui demander la météo du lendemain. « Mais j’avais besoin de l’entendre. » ajouta-t-il, comme s’il n’en avait pas déjà assez fait. Finalement, elle allait peut-être la regretter plus tôt, sa visite…

 « Bah non, pas du tout, j’en veux à la terre entière, parce que je n’ai jamais rien fait pour mériter ça, parce que je ne sais pas du tout ce que je suis censée faire maintenant et parce qu’aucun abruti d’écrivain n’a eu l’idée d’éditer un stupide bouquin pour m’expliquer comment je dois me comporter face à toute cette souffrance. » Bien sûr qu’elle n’avait rien fait pour mériter ça, ni elle ni les autres d’ailleurs. Même s’il avait pensé au dessus que cet abruti de Rioghmachin avait bien cherché son Doloris, il avait depuis revu son avis, en se disant que… peut-être pas, en fin de compte. Ce garçon était un type complètement paumé qui s’était retrouvé à faire des choses dégueulasses, et probablement même pas conscient de les faire… Au final, ben il le plaignait plus qu’autre chose. Surtout s’il avait été gravement blessé pendant la bataille, comme l’affirmait Savannah… « Personne ne sait quoi faire. » affirma-t-il plus calmement. « Et on va sûrement tourner en rond un bon moment avant de trouver quelque chose à quoi se raccrocher. Et peut-être que pour certains… ça ne partira jamais. » Savannah s’en remettrait. Elle avait vécu les pires horreurs, des humiliations dont la simple évocation suffisait à le mettre mal à l’aise, mais elle était forte, et elle se battrait de toutes ses forces pour revivre. En ce qui le concernait, il connaissait l’issue, et ce ne serait certainement pas des ateliers pâte à modeler à la ferme qui allaient y changer quoi que ce soit.

« Pour une fois que j’avais envie de lire quelque chose… » L’orage venait de passer, cela se ressentait dans l’électricité contenue dans l’atmosphère. Ça ne le dérangeait pas spécialement, il n’avait pas envie qu’ils fassent semblant que tout allait bien. C’était mieux… comme ça. Il ne savait pas très bien où ils en étaient, ni ce qui allait se passer pour eux, mais il avait choisi l’honnêteté. Même si elle n’était pas bonne à entendre, pour aucun d’entre eux. « Y a… un genre de bibliothèque ici ? Ou quelqu’un qui peut te filer de la lecture… ? » suggéra-t-il distraitement. En vérité, ça n’était pas une de ses préoccupations majeures, mais autant tenter de rester agréable… Il ne voyait même pas comment il pourrait tourner des pages normalement. « T’as vraiment rien compris. » Il hocha la tête de nouveau, les bras toujours croisés, évitant son regard en le reportant sur le mur adjacent. Même si elle avait la délicatesse de ne pas faire usage de son pouvoir, il n’avait pas envie d’enchaîner sur un énième dialogue où elle tenterait de comprendre son état d’esprit. Il n’y avait rien à comprendre. « Ouais, c’est sûrement ça. » répondit-il d’un ton léger. Voilà, il avait sûrement épuisé les dernières ressources de la jeune fille, qui devait sûrement être en train de se dire que la compagnie d’autres personnes lui serait préférable. Et en fin de compte, elle avait bien raison.
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MessageSujet: Re: Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me. ☩ Savannah & Isidore   Dim 23 Juil - 20:15


Isidore & Savannah

Her eyes are pointed at me, but I see she does not look at me

« Ils vont bien, c’est l’essentiel. » Je hoche la tête, consciente qu’effectivement le fait que mes proches se soient sortis vivants de ce carnage est essentiel à mes yeux. Je me sens un peu égoïste de penser d’abord à ceux que j’aime plutôt qu’à l’ensemble des élèves de l’école, mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’en empêcher. A dire vrai, ce n’est pas la pensée la plus égoïste que j’ai eu depuis mon arrivée à la ferme, bien au contraire, lorsque j’ai appris pour la main d’Isidore, mon vœu le plus cher a été d’infliger ça à quelqu’un d’autre pour pouvoir le débarrasser de ce fardeau qu’il ne mérite pas. En soit, c’est louable de ma part, je veux juste venir en aide au garçon que j’aime, mais quand on creuse un peu, il est un peu moins louable de réaliser que je suis totalement prête à faire du mal à quelqu’un que je ne connais pas pour préserver une personne qui m’est proche. C’est affreux, vraiment affreux, et ça ne me ressemble pas mais c’est plus fort que moi. Mais bon, ce n’est pas un sujet que je tiens à aborder avec Isidore actuellement. Moins je parlerais de sa main et moins je risquerais de m’en prendre plein la tronche, je crois que j’ai déjà assez pris sur moi, inutile de tendre le baobab pour me faire battre. Je préfère largement me bercer d’illusion en imaginant notre magnifique voyage jusqu’au bout du monde. « On a bientôt l’âge de transplaner. On pourrait même faire ça très bientôt… » Partir en voyage avec Isidore serait absolument sensationnel mais j’espère qu’il aura retrouvé sa joie de vivre d’ici-là sinon ce sera le voyage de l’enfer, je n’ai aucun doute là-dessus. Je ne remets pas en cause mes sentiments pour lui mais le garçon que j’aime est l’aventurier combatif qui ne se laisse pas abattre et pas celui abattu qui me regarde à peine en ce moment. « Dès qu’on le peut, on prend nos baguettes, deux sacs à dos et on part le plus loin possible. » Mon affirmation sonne complètement faux et je me déteste d’avoir l’air aussi peu convaincue.

Je n’arrive pas vraiment à cacher à Isidore mon désespoir face à la situation actuelle et je m’en veux car je devrais être celle qui le rassure et non pas celle qui a besoin d’être rassurée. Sauf que c’est plus fort que moi, le manque de ma famille a tendance à me rendre affreusement pessimiste et je n’arrive pas à le cacher plus longtemps. « Eh, t’as bien dit que c’était que temporaire comme situation, ok ? Alors elle te le dira très bientôt. » Isidore se montre adorable ce qui contraste avec tout ce qu’il m’a dit juste là. Je le reconnais enfin, il sait pertinemment quelle importance a ma famille à mes yeux et l’effet que leur absence peut avoir sur moi. J’espère vraiment qu’il a raison et je veux vraiment y croire mais c’est compliqué, j’ai l’impression que des années se sont écoulés depuis que j’ai serré les miens dans mes bras et malheureusement cette séparation forcée ne se terminera pas rapidement. J’aimerais avoir une date à laquelle je pourrais me raccrocher mais je sais que ce n’est pas possible. « Tu as raison, je vais bientôt tous les revoir et ce sera vraiment, vraiment, vraiment génial. » Je pense que ce seront les meilleures retrouvailles au monde. Enfin, mieux vaut ne pas s’emballer trop vite, c’est aussi ce que je pensais en imaginant l’effet que serait de me retrouver de nouveau dans les bras d’Isidore et finalement les choses ne se sont pas passées du tout comme je l’espérais. Notre incapacité à nous comprendre actuellement alors que nous avons passé de si long moins l’un de l’autre est affreusement frustrante. Se pourrait-il que cet éloignement nous ait changé au point que la communication soit désormais rompue entre nous ? Je ne peux évidemment pas accepter une telle chose et j’espère bien recoller les morceaux. Pour le moment, je ne sais pas encore comment faire, mais je sais que je trouverais un moyen de retrouver mon Isidore et de nous permettre d’avancer comme avant. Peut-être que je devrais moi aussi apprendre à me comporter comme la Savannah que j’étais avant toute cette merde, ça aiderait sûrement à faire évoluer les choses.

Sans trop le vouloir, je retrouve mon naturel plus vite que je l’avais prévu puisque mon petit-ami parvient enfin, après un nombre incalculable de piques froides et désagréables, à me faire totalement sortir de mes gonds. Je m’énerve et craque complètement sous son air médusé. J’ai l’impression qu’il va me hurler dessus lui aussi mais il n’en est rien, au contraire, il se contente de me regarder et de s’exprimer le plus calmement du monde, comme s’il voulait me faire comprendre que mon énervement est déplacé ou non nécessaire. « Non, je ne pense pas. Mais j’avais besoin de l’entendre. » Vraiment ? Je hausse un sourcil étonné ? Il voulait m’entendre crier l’injustice que je ressens à ce moment précis ? C’est stupide, ça ne nous avance à rien. Tout ce que je viens de faire c’est faire entendre au monde entier que je ne suis qu’une sale petite peste égoïste qui rêverait de vivre dans un monde parfait où je n’aurais pas à subir la moindre déconvenue. C’est un peu triste de renvoyer cette image alors que ce n’est pas du tout ce que je pense. « Tu me connais assez pour le savoir, sans avoir besoin de me provoquer. » Je suis sèche, trop sèche, je crois que je lui en veux de m’avoir mis aussi en colère alors que j’avais réussi à gérer mes émotions jusqu’ici. Certes, pouvoir extérioriser ce poids est une libération, mais ce n’est pas une raison pour me forcer la main, j’aurais aimé pouvoir m’exprimer dans un lieu un peu plus intime qu’une infirmerie bondée. « Personne ne sait quoi faire. Et on va sûrement tourner en rond un bon moment avant de trouver quelque chose à quoi se raccrocher. Et peut-être que pour certains… ça ne partira jamais. » Je hoche la tête. C’est triste et positif à la fois mais c’est très réaliste et je ne peux qu’accepter le fait que nous allons tous avancer et nous remettre de ce cataclysme mais qu’il aura forcément eu un impact indélébile sur nous. « Personne n’oubliera mais nous serons capable de nous adapter, j’en suis certaine. » Ce que je ne sais pas, en revanche, c’est ce qui nous attend pour la suite. J’espère que l’avenir sera mieux que le passé.

La tornade Savannah est passée et je me sens minable d’avoir été aussi faible. Isidore s’adapte à mon changement de comportement sans le moindre mal et sans me faire remarquer que j’ai pété les plombs et je suis pleine de gratitude envers ce garçon qui, malgré ce qu’il a subi, semble capable de s’adapter à ma façon de fonctionner sans le moindre mal. Il a peut-être été extrêmement désagréable et je ne doute pas qu’il le sera encore, mais dans les moments importants, il redevient mon Isidore prévenant qui veut me protéger du mal que le monde pourrait me faire. « Y a… un genre de bibliothèque ici ? Ou quelqu’un qui peut te filer de la lecture… ? » C’est une question sans grande importance surtout quand on sait que je ne suis pas du tout une grande lectrice, mais ça me fait plaisir qu’il s’intéresse assez à mon quotidien pour me poser cette question. « Je crois que oui, il y a des cours de rattrapages organisés pour ceux qui n’ont pas pu les suivre, mais ce n’est pas ma priorité… J’ai un problème avec les bibliothèques, je crois que je fais une allergie. » Je souris, essayant très clairement par ces mots de détendre l’atmosphère. Mais c’est peine perdue, la blessure d’Isidore accapare son esprit et même si je ne peux pas lui en vouloir, je commence à mal supporter les remarques acerbes qui fusent dès que j’essaie de me rapprocher de lui. Je comprends qu’il n’a pas besoin de l’affection que j’aimerais pourtant tant lui donner mais ce n’est pas pour autant que c’est facile à accepter. « Ouais, c’est sûrement ça. » Son ton léger et son apparente désinvolture est loin de me réjouir, au contraire, il me fait encore plus comprendre à quel point je suis insignifiante à ses yeux. A contrecœur, je finis alors enfin par réussir à me détacher de lui, ressentant immédiatement le vide provoqué par l’absence de cette étreinte que j’aurais aimé prolonger indéfiniment. « Je laisse tomber pour cette fois, tu as sûrement besoin de repos. » Je rêve qu’il me dise que non et qu’il a besoin de moi à ses côtés mais je sens que ça n’arrivera pas et que dans quelques secondes, je me ferais mettre dehors. Ce ne sera qu’un dur moment à passer supplémentaire.

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