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CE QU'IL FAUT SAVOIR

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MessageSujet: Topic d'accueil   Dim 16 Juil - 19:00


Topic d'accueil de la Ferme



Cela fait trois jours que la révolte a éclaté à Poudlard et après de nombreuses heures de bataille, une grande partie des Mangemorts a été neutralisée, pendant qu’une petite poignée d’entre eux a réussi à fuir, dont votre ancien directeur, Blackman. Mais ce n’est pas la priorité actuelle des secours qui sont venus de l’extérieur. Il fallait impérativement trouver un lieu où tout le monde pourrait être en sécurité et où les blessés pourraient être conduits rapidement pour y être soignés. Après une courte discussion avec les professeurs de l’école, il s’est avéré qu’un lieu, déjà utilisé par le passé, pourrait être réinvesti en urgence. Il s’agit de la ferme dans laquelle les élèves ont déjà été en vacances. Plusieurs Aurors y ont été envoyés pour vérifier les lieux et tout organiser pour l’arrivée imminente des blessés graves. Le reste du groupe s’est chargé de faire un rapide état des lieux des blessures de l’ensemble des occupants de Poudlard. Il fut décidé que, ne pouvant pas déplacer tout le monde en une seule fois, il y aurait trois voyages sur deux jours. Le premier voyage fut réservé aux blessés graves, ainsi qu’à l’infirmier Lennox, Liu Xi et quelques volontaires adultes pour les aider à soigner les blessés. Le deuxième voyage fut réservé aux Nés-Moldus afin de les mettre en sécurité. Et enfin le troisième voyage ramena le reste de Poudlard à la ferme.

Une fois que tout le monde fut arrivé à la Ferme, le chef des Aurors, Blackwood, prit la parole devant l’ensemble de l’assemblée “ Bonjour à tous ! Je sais que vous êtes tous fatigués et que vous souhaitez tous rentrer chez vous. Malheureusement, pour le moment, c’est impossible. Nous avons réussi à neutraliser une grande partie des Mangemorts à Poudlard, mais le Ministère est encore sous leur joug, nous ne pouvons pas prendre le risque de vous renvoyer dans vos familles sans risquer vos vies ainsi que celles de vos proches. Certains sont déjà venus par le passé ici, vous savez donc que c’est un lieu secret et protégé par de nombreux sortilèges. Vous êtes ici en sécurité. Nous allons faire de notre mieux pour vous renvoyer au plus vite chez vous, mais en attendant, nous mettons à votre disposition tous les moyens qui sont en notre pouvoir pour vous aider à surmonter au mieux le traumatisme que vous avez subi durant cette année scolaire. Toutes les personnes présentes ici sont de votre côté et sont là pour vous aider. Je sais qu’il va vous être difficile de nous faire confiance après ce que vous avez subi, mais nous tâcherons de faire au mieux pour vous aider. N’hésitez pas à poser vos questions ou à nous solliciter quand le besoin s’en fera sentir. ” Blackwood était conscient que les élèves étaient perdus, apeurés encore pour certains et qu’ils ne souhaitaient qu’une seule chose : pouvoir rentrer chez eux. Après un an loin des leurs, il était totalement normal de souhaiter pouvoir rentrer. Malheureusement la situation étant encore compliquée, il ne serait pas raisonnable de leur permettre de retourner auprès de leurs familles au risque de mettre tout le monde en danger. Pour le moment, la priorité était leur sécurité. Il fallait que les blessés se remettent totalement et que l’ensemble des élèves de Poudlard puissent à nouveau faire face à la réalité. Chacun vivait ce traumatisme à sa façon, le tout aujourd’hui était de tout faire pour les aider à surmonter cette épreuve et reprendre leur vie là où ils l’avaient laissé.




En résumé

Vous avez gagné la révolte, au prix de nombreux blessés et de quelques pertes, malheureusement. Aujourd'hui, vous êtes dans un lieu sûr et inconnu des Mangemorts. Le monde des sorciers vit toujours sous le joug des Mangemorts et il ne serait pas raisonnable de vous laisser rentrer chez vous dans l'immédiat. Vous allez donc devoir essayer de vous remettre de votre traumatisme, jusqu'à ce que vous puissiez rentrer chez vous. Tout a été mis en place pour vous y aider. Des ateliers de discussion vous seront proposés, ainsi que des séances privées avec des psychologues. Liste des activités proposées au sein de la ferme. Sachez juste que quand vous posterez ici trois jours se sont écoulés depuis la fin de la bataille à Poudlard, prenez bien cette information en compte.

Autre chose, de nombreuses activités vous seront proposées durant votre séjour, que vous pourrez mettre en place lors de vos RPs avec vos camarades. Bien entendu, nous ne vous proposons qu'une liste d'idées, c'est à vous de choisir celles qui correspondent le mieux à vos personnages et c'est dans vos RPs avec un ou plusieurs camarades que vous les jouez, nous ne ferons aucun topic commun par atelier.

Vous pouvez poster à la suite de ce sujet qui sera donc le seul sujet commun créé ici pour l'ensemble des vacances d'été.

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CE QU'IL FAUT SAVOIR
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Lun 17 Juil - 19:53

accueil à la ferme
sage & les autres
Notre liberté est menacée par le besoin de sécurité et la sécurité elle-même est menacée par le souci obsédant qu'on en a.

Le soir de la rébellion – on peut se permettre le l'appeler ainsi – n'était pas un doux souvenir pour le jeune garçon. On était venu le chercher en début de soirée, l'arrachant au cachot des nés-moldus qu'il considérait, aussi bizarrement que cela puisse lui paraître, son chez lui. En même temps, il venait d'y passer huit à y vivre comme un moins que rien, mais à son avis, ça restait un endroit très « agréable». Comprenez le, c'est l'un des seuls où il n'était ni agressé par les mangemorts, ni agressé par les pro-sang-pur. Là, il avait la paix, étaient entouré de gens qui le comprenaient, mais surtout de son meilleur ami, sa sœur et son frère. Sauf que Sage n'était pas le genre de garçon à opposer une farouche résistance. Il se pliait à ce qu'on lui demandait de faire évitant ainsi toute forme de correction corporel qu'on avait infligé à bon nombre de ses camarades. Il avait donc suivit sans bronché, enfilé les vêtements qu'on lui avait donné et fait le boulot qu'on lui avait ordonné; servir les invités du bal. Si le boulot, en soi, craignait beaucoup, Sage ne disait rien et jouait les bons petits serveurs discrets.

Si seulement la soirée aurait pu terminer aussi tranquillement qu'elle avait commencé, le deuxième année aurait pu rejoindre son dortoir et y dormir avant que la journée du lendemain ne vienne. Une journée qui s'annonçait longue parce qu'il avait la certitude qu'il tomberait de sommeil toute la journée parce qu'il ne rentrerait pas avant très tard. Sauf que les choses ne se déroulèrent pas comme prévu. Deux étudiants se mirent à se disputer, l'un tomba sur une table ce qui fit apparaître une épaisse fumée. L'élément déclencheur de la bataille qui s'en suivit. Les cris et les éclairs de lumière avaient fusé de toutes parts, mais Sage n'avait pas été témoin de ce qu'il se passait réellement. Il avait rapidement trouvé refuge derrière une table renversé, bien caché. La respiration rapide, la peur au ventre, le jeune serpentard avant attendu que ça se tasse. Il n'avait pas bougé, et personne n'était venu à lui. Pas avant des heures, ou du moins ce qui lui semblait l'être.

***

« Vous êtes ici en sécurité. Nous allons faire de notre mieux pour vous renvoyer au plus vite chez vous, mais en attendant, nous mettons à votre disposition tous les moyens qui sont en notre pouvoir pour vous aider à surmonter au mieux le traumatisme que vous avez subi durant cette année scolaire. Toutes les personnes présentes ici sont de votre côté et sont là pour vous aider. Je sais qu’il va vous être difficile de nous faire confiance après ce que vous avez subi, mais nous tâcherons de faire au mieux pour vous aider. N’hésitez pas à poser vos questions ou à nous solliciter quand le besoin s’en fera sentir. » La voix le l'auror parvenait aux oreilles de Sage bien qu'il ne pouvait pas le voir. Il avait fermé les yeux, un peu nerveux, mais surtout effrayé. Il avait toujours peur même si la femme auror qui l'avait traîné ici la journée précédente, en même temps que son frère et sa soeur, s'était montrée très gentille. Sage était craintif, pas très à l'aise avec tout ça, et avait l'impression d'être toujours au même point ; enfermé. Certes, maintenant, on ne l'obligerait plus à faire le ménage, mais le fait qu'il n'avait toujours pas retrouvé Jayden depuis le soir de la bataille l'affectait très sérieusement. Où pouvait bien être son meilleur ami ? Est-ce qu'on lui avait fait du mal ? Le jeune sorcier aux yeux verts n'en savait absolument rien. C'était ça, le noeud du problème.

Le murmure des conversations repris autour de lui. Visiblement, on avait terminé de leur expliquer leur nouveau chez eux, un endroit où on les traitait comme des patients dans un hôpital psychiatrique. La main de l'adolescent se porta à la chaîne qu'il portait au cou, mais surtout à la croix qu'il y avait de suspendu. Un cadeau de son père lorsqu'il était petit, le symbole de sa foi. Intérieurement, il demanda la protection à son ange gardien, si telle chose existait vraiment. Sage en doutait vu les derniers mois, mais en même temps, lui, il était en un seul morceau. Qui savait, il avait peut-être réellement un ange gardien. Il finit par rouvrir les yeux après un moment. Son regard croisa celui de quelqu'un qui le fixait. Un sourire discret traversa les lèvres du deuxième année, un peu gêné d'avoir été surpris.

HJ : Ce peut-être n'importe qui, j'ai rien de prévu !
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Lun 17 Juil - 20:59


Les rescapés

Accueil à la ferme

Cette année a été une véritable épreuve pour chacun d’entre nous et je crois que je n’aurais jamais survécu sans la présence de Spencer, Brooklyn et Avalon à mes côtés. J’ai vécu des moments très difficiles, des heures de calvaires, mais surtout une peur intense qui me clouait au sol et m’empêchait de faire le moindre mouvement pour venir en aide à ceux que j’aimais. Je suis une battante, je l’ai toujours été, en tout cas j’ai toujours espéré l’être et voir que tous ces événements m’ont prouvé le contraire me laisse un goût amer. Bien sûr, lorsque les Mangemorts avaient le culot de s’en prendre à Brooklyn, je tentais tant bien que mal de me mêler du conflit pour protéger mon petit frère et finissais bien souvent par prendre à sa place, mais je n’ai pas eu le rôle de leader que je pensais pouvoir avoir dans une telle situation. Petit à petit, la tristesse et le désespoir m’ont envahie et je n’étais plus capable de quoi que ce soit. Ma famille me manquait de plus en plus, les règles devenaient chaque jour plus strictes et j’avais la nette impression que nous ne pourrions jamais nous en sortir. Les visites d’Isidore avaient été nombreuses au début mais au fil des mois, elles s’étaient considérablement espacées. Je ne lui en avais pas voulu, comment aurais-je pu ? Il était lui aussi en train de subir de son côté les restrictions imposées et jamais je n’aurais pu lui reprocher de ne pas assez se mettre en danger pour moi, d’autant plus que je savais qu’il aurait été le premier à venir à mon secours s’il avait pu le faire. Elliot aussi avait fait son possible pour me venir en aide et je lui en étais évidemment reconnaissante mais malgré le soutien de mes proches, j’avais conscience que j’étais en train de dépérir petit à petit. Je ne sais pas ce que j’aurais fait si personne n’était venu nous aider, mais je n’ose même pas imaginer ce que j’aurais pu devenir compte tenu de mon état.

Heureusement, ce jour était finalement arrivé et j’avais pu enfin sortir de cette prison dans laquelle j’étais enfermée depuis si longtemps. Les combats faisaient rages au château et sans nos baguettes, nous étions tellement vulnérables… Je me demande encore comment j’ai réussi à sortir vivante de tout ça mais je suis là, bien là. Au cours de la libération du château, j’ai hérité de quelques égratignures et les quelques cicatrices encore un peu visibles sur les jours prouvent que j’étais présente mais au-delà de ces petites éraflures, je suis physiquement intact. Par contre moralement, c’est une autre histoire. Je reprends du poil de la bête petit à petit, mon arrivée à la ferme a été une bénédiction et j’ai repris doucement un rythme qui me permet d’aller de mieux en mieux. Cependant, lorsque je ferme les yeux, je vois encore et toujours les horribles scènes qui ont rythmé mon année, les tortures, les menaces, les humiliations, et je sais bien que ça ne s’effacera pas comme ça. Résultat, depuis que je suis revenue, je suis restée seule dans mon coin, essayant de reprendre du poil de la bête avant d’aller apporter du soutien et du réconfort à mes proches. Je ne veux pas qu’ils me voient dans un état aussi lamentable. Malgré mon envie de solitude, il y en a un que je n’ai pas pu abandonner et il s’agit évidemment de mon petit-ami, Isidore. Apprendre qu’il a été amputé d’un membre a été horrible et lorsque l’infirmière adorable qui s’est occupée de lui m’a annoncée la nouvelle, elle a dû me rattraper alors que je m’écroulais au sol. Je ne me souviens pas vraiment des heures qui ont suivi d’ailleurs, je n’arrivais pas à imaginer qu’une chose pareille puisse s’être produite. J’ai mis beaucoup de temps à trouver le courage d’aller le voir mais j’ai fini par comprendre que je devais être là pour lui et que quelle que soit la partie de son corps en moins, il reste le garçon que j’aime et je me dois de le soutenir. Ce n’est clairement pas simple mais je fais de mon mieux.

Trois jours s’étaient écoulés depuis la fin de la bataille à Poudlard et tous les élèves qui se trouvaient encore au château à la fin des combats se trouvaient désormais à la ferme, cet endroit où on nous promettait une certaine sécurité. Ce jour-là, nous avions tous été réunis pour écouter le discours du chef des Aurors et j’avais hâte d’entendre ce qu’il avait à nous dire. Nous étions tous un peu perdus à dire vrai et je crois que j’attendais beaucoup de ces éclaircissements. « Bonjour à tous ! Je sais que vous êtes tous fatigués et que vous souhaitez tous rentrer chez vous. Malheureusement, pour le moment, c’est impossible. » La déception était immense, j’avais imaginé que je pourrais repartir retrouver ma famille prochainement et j’avais vraiment besoin de me retrouver auprès des biens. Je sais que tous ces gens sont là pour nous aider et que nous avons tout intérêt à rester regroupés dans un endroit sûr mais mes frères et sœurs m’auraient donné la force de me relever et d’avancer alors que je n’étais pas sûre de pouvoir la trouver ici. Je suis sûre que ce monsieur Blackwood veut vraiment nous aider, c’est en tout cas ce que j’ai cru comprendre en écoutant la totalité de son discours mais j’avoue que j’ai quand même du mal à sourire. Le discours est terminé et je ne sais pas trop ce que je dois faire, retourner me pelotonner dans mon lit ? Rester avec mes camarades et engager la conversation ? Je m’apprête à partir lorsque je vois un garçon assez jeune serrer une sorte de pendentif entre ses mains. Je ne peux m’empêcher d’être attendrie, il doit avoir l’âge des jumeaux et forcément puisqu’il me rappelle mes frères, je ne peux m’empêcher d’aller le voir. « Tu as un porte-bonheur ? Il fonctionne ? » Je demande en arrivant auprès du garçon. Maintenant je suis proche de lui, je crois le reconnaitre et je suis presque sûre qu’il est à Serpentard. Je suppose qu’il s’appelle Sage mais je n’en suis plus trop sûre.

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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Lun 17 Juil - 23:03


la fin d'un calvaire ?
Feat everyone
J’avais été parmi les dernières à embarquer vers la ferme qui nous avait accueilli il y a deux ans. Trois jours s’étaient écoulés depuis la dernière grande bataille et pourtant, j’avais l’impression d’y être encore. Je n’y avais pas participé mais j’avais pu constater les dégâts humains et matériels de cette guerre. Cela m’avait effrayée. J’avais eu peur de perdre des proches, de voir des personnes mourir sous mes yeux. Dans un sens, je ne regrettais pas mon escapade dans la Forêt Interdite en compagnie de Perrin, Jill, Oliver et Octavia, puisque cela m’avait permis d’échapper à l’horreur des duels. En tout cas, je m’en étais sortie indemne physiquement. C’était ce qui importait le plus mais je n’en restais pas moins secouée pour autant. J’avais tout fait pour trouver la présence de Megan et je m’étais demandée où avait-elle bien pu passer pendant la rébellion. Au final, je ne l’avais pas revue depuis et cela m’inquiétait. Je me faisais un sang d’encre pour elle à un tel point que cela me prenait aux tripes et que l’évocation même de son prénom me donnait des nausées. J’espérais qu’il ne lui était rien arrivée… Et c’était sans parler de Perrin que je n’avais pas non plus revu. C’était horrible. Je les aimais trop pour qu’ils ne reviennent jamais. Comment avais-je pu être séparée d’eux, surtout de Perrin avec lequel j’avais traîné durant toute la matinée le jour de la bataille ?! Quand avais-je commis l’erreur de le lâcher des yeux ne serait-ce qu’une seule seconde ?

Je m’en voulais et je me pourrissais l’esprit à me poser les mêmes questions, à m’imaginer des choses sombres et tristes.

« Bonjour à tous ! Je sais que vous êtes tous fatigués et que vous souhaitez tous rentrer chez vous. Malheureusement, pour le moment, c’est impossible. »

Fatiguée. C’était probablement mon état actuel, en plus d’un épuisement moral. Nous étions dans la salle à manger en compagnie d’adultes qui étaient là pour nous aider à nous remettre de ces rudes épreuves ainsi que d’un bon paquet d’élèves dont je ne connaissais pas l’identité de la plupart. Mon petit monde s’écroulait depuis la disparition de mes meilleurs amis et pourtant, j’aurais dû être heureuse que Blackman ait pris la fuite et qu’une majorité de Mangemort ait été arrêtée.

« Vous êtes ici en sécurité. Nous allons faire de notre mieux pour vous renvoyer au plus vite chez vous, mais en attendant […] »

J’ai saisi les informations mais je n’arrivais pas vraiment à rester attentive. Trop de pensées négatives se bousculaient en moi, me déséquilibraient et me clouaient sur place. Je peinais à sourire alors que j’étais une fille souriante de base. Lorsque Blackwood évoqua la sécurité, j’ai de suite cherché mon père du regard. Il était l’un de mes seuls repères ici et j’étais contente de le savoir en vie..Une fois de plus, son travail serait de s’occuper de tous ces blessés qui avaient été transportés d’urgence. Il aurait du pain sur la planche…

Si c’était possible, je chercherai sans doute un moyen d’envoyer une lettre à ma mère pour lui raconter les faits. J’avais besoin de lui écrire. C’était trop dur à cause de la censure de Blackman mais maintenant qu’il n’était plus là, j’espérais pouvoir vider mon sac.

Un soupir s’est échappé de mes lèvres. Il fallait que je me calme. J’ai porté une petite friandise jusqu’à mes lèvres et je l’ai croqué, mon ventre gargouillant de faim. Discrètement, j’ai observé une fille se diriger vers un jeune garçon ‒ sûrement un deuxième année. Il fallait se soutenir entre nous, n’est-ce pas ? Nous vivions tous le même calvaire depuis des mois alors je devinais que quelques mots pouvaient rassurer ou redonner le sourire. Cependant, je savais aussi que quelques mots ne feraient pas apparaître Megan et Perrin devant moi.

Tirant une tête d'enterrement, je demeurais silencieuse…


© FRIMELDA



Dernière édition par Tasha E. Lennox-Blackwood le Mer 19 Juil - 15:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Mer 19 Juil - 1:45

Fin du calvaire... ?
Tracy &
les rescapés

Le cauchemar était terminé. Du moins, il en donnait cette impression… le peu de mangemorts restant semblait avoir pris la tangente, les Aurors les avait rejoints… Certains d’entre eux avaient emmené les blessés les plus graves, comme Dan ou Roxy… Assise dans un recoin de la salle, silencieuse, Tracy avait attendu son tour. Elle ferait partie du second voyage, celui qui emmènerait les nés-moldus… Ses blessures n’étaient pas encore traitées, mais on l’avait prise en charge. Quelqu’un de gentil avait tenté de la rassurer, et de lui dire que maintenant, tout irait bien, qu’on soignerait ses côtes, sa blessure à sa tête, et qu’on jetterait un oeil à son pied. Elle hocha la tête, sans répondre, le visage imperturbable, fixant les corps inertes soulevés de terre et emmenés un à un. Megan, Alaska et Allen étaient introuvables. Oliver et Jill avaient pris la fuite elle ne savait où. Candice et Elijah n’étaient visiblement plus sur les lieux. Tout le monde disparaissait. Elle était toute seule, plus qu’elle ne l’avait jamais encore été. Assise au milieu des décombres, elle suivait du regard les allers et retours, inexpressive, tandis qu’elle entendait les sanglots de certains élèves à l’autre bout de la salle. Certains se rassuraient mutuellement, affirmant presque avec certitude au sujet d’un élève qui avait reçu un sortilège qu’il « allait s’en sortir »… Elle interpela un adulte qui passait près d’elle, et demanda si ce serait possible d’écrire à son père, pour qu’ils puissent aller manger à ce fast-food près de la gare, comme ils le faisaient à chaque fin d’année, c’était la tradition… On lui mit une main compatissante sur l’épaule, et on lui répondit que ce ne serait pas possible pour le moment. Une pointe d’amertume la saisit. Elle attendit encore ce qui lui sembla être quelques heures, tandis que l’on réunissait les nés-moldus qui tenaient encore debout. Elle en reconnut certains, avec qui elle avait cohabité tant bien que mal… personne de familier. Sauf… Niamh. Oui, c’était bien Niamh… Elle avait l’air blessée, on lui apportait les premiers soins… Le temps d’un instant, elle hésita à la rejoindre, et finir par se dire que ce serait sans doute malvenu… Puis, sans réfléchir, alors que quelqu’un semblait ausculter une des blessures de la Poufsouffle, elle réduisit l’espace qui les séparait, et lui saisit la main, silencieusement. C’était un peu étrange, après tout ce temps, après tout ce qu’elles avaient traversé, à la fois si loin de l’autre et si proches… Tout à coup, elle se sentait soudainement moins seule…

On les avait emmenés dans cette ferme, au sein de laquelle ils avaient passé un été, un ou deux ans auparavant. Tracy n’en avait pas beaucoup de souvenir, elle se souvenait surtout avoir traîné dans les étages avec ses amies pro sang-pur à l’époque, à faire un peu de broderie en compagnie de Cissy… On l’avait installée en premier lieu dans une chambre, où on s’occupa de ses blessures. Milo avait fait le plus gros pour son pied, et le médecin finit de refermer complètement la blessure… On lui déposa toutefois à côté de son lit une paire de béquilles, qu’elle devrait utiliser les premiers jours pour reposer son membre douloureux. Pour les côtes, un médicomage cardio-thoracique eut tôt fait de tout remettre en place, après qu’elle ait laissé échapper une plainte aigüe. On s’attarda également sur les cicatrices de son dos désormais refermées, souvenir de sa punition au fouet, sur ses ecchymoses au torse, souvenir de Naïa Rosenberg… Elle se laissa ausculter docilement. En revanche, la blessure à la tête, qu’elle avait reçue au cours du dernier assaut, retint davantage leur attention… On proposa son transfert en neurologie, puis en psychologie, où elle fut examinée pendant quelques heures, après avoir attendu un certain temps. Il y avait des cas plus graves… les médecins courraient dans tous les sens, et elle ne put s’empêcher de se demander s’ils avaient pu remettre Dan sur pied, ou sauver la joue de Roxy… Elle demanda à accéder à leur étage, mais on le lui refusa. L’examen se poursuivit, et après avoir répondu timidement à quelques questions, elle trépigna sur sa chaise en attendant la conclusion. Le psychologue venait de lui déclamer une tirade à laquelle elle n’avait pas compris grand chose. Certes, elle s’était intéressée à la médicomagie, mais le descriptif de son diagnostic l’avait laissé perplexe. On avait parlé de « symptômes dissociatifs péritraumatiques, pouvant recenser des troubles dits neurovégétatifs parmi lesquels un état de qui-vive, de réactions de sursaut, de troubles du sommeil, d’hypocondrie et de claustrophobie. » Tout un charabia médical qu’elle avait beaucoup de mal à visualiser… A bien y réfléchir, elle avait tout à coup un peu de mal à se rendre compte de ce qui lui était arrivé, comme si elle faisait une légère abstraction de ce qui s’était déroulé ces derniers mois… Les cachots, la famine, les altercations… tout était soudainement… plus brumeux, lointain. Quoiqu’il en soit, elle avait rendez-vous chez le psychologue en fin de semaine pour discuter de son état. Tant pis, elle irait se renseigner à la bibliothèque un peu plus tard, en attendant la troisième vague d’élèves était arrivée, et l’Auror Blackwood allait faire un discours. Elle espérait qu’il y aurait du porridge !

« Je sais que vous êtes tous fatigués et que vous souhaitez tous rentrer chez vous. Malheureusement, pour le moment, c’est impossible. » Sa mine se déconfit instantanément, tandis que ses doigts s’entrecroisaient nerveusement. Mais… et son père… ? Il devait venir la chercher à la gare, comme tous les ans… pour leur repas annuel… Bien sûr, c'était complètement anecdotique après l'épisode qui venait de survenir, mais elle peinait à s'en revenir sur ce qui s'était passé, comme si refouler immédiatement son expérience de ces derniers mois lui permettait de mieux appréhender ce qui allait suivre. Elle fourra sa tête dans ses mains, désemparée. Qu’est-ce qu’elle allait devenir ici ? Les derniers jours lui paraissaient relativement flous, mais tous ceux qui l’entouraient lui semblaient hostiles. On l’avait abandonnée. Maintenant, qu’était-elle censée faire, attendre… ? Elle jeta un oeil à ses poignets. Depuis quand n’avait-elle pas mangé… ? Elle jeta un coup d’oeil nerveux autour d’elle. Brusquement, tout le monde lui semblait inconnu, comme si tous les élèves qui l’entouraient n’avaient jamais fait partie de la même école… Elle hésita à se lever, tandis qu’elle ramenait des mèches de cheveux derrière ses oreilles. Ça n’allait pas… ça n’allait pas du tout… Et Megan ? Et Alaska ? Pourquoi tout le monde était parti ? Et les autres, est-ce qu’ils étaient… ?! Elle se tourna vers la première personne à sa droite, trop confuse pour faire la différence entre un étranger et quelqu’un de son entourage… « Qu’est-ce qu’on va devenir, maintenant… ? » lâcha-t-elle, désarçonnée. Non, finalement le cauchemar n’était pas terminé…

Emi Burton
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Mer 19 Juil - 5:07

accueil à la ferme
sage & les autres
Notre liberté est menacée par le besoin de sécurité et la sécurité elle-même est menacée par le souci obsédant qu'on en a.

Les murmures des conversations avaient repris après le discours de l'auror. Si les bruits de chaises qui se déplaçaient, des voix qui s'éloignaient, Sage n'avait toujours pas rouvert les yeux qu'il avait fermé à un moment pendant qu'on s'adressait à eu. Il avait besoin de se concentrer un peu sur lui-même, de retrouver sa paix intérieure. Il se passerait quoi maintenant? On leur avait seulement dit qu'ils devaient rester ici, mais pendant combien de temps? L'adolescent l'ignorait. Cette ignorance le rendait nerveux, lui faisait peur. Il se raccrocha alors à la seule chose qu'il savait en mesure d'apaiser son esprit tourmenté; sa foi en Dieu. Sa main s'était refermée sur son pendentif religieux pendant qu'il implorait la guidance de son ange. Une habitude prise depuis l'enfant lorsqu'il se sentait dépassé. Ce n'est qu'une fois sa prière silencieuse terminé qu'il ouvrit de nouveau les yeux dévoilant ses iris verts au monde qui l'entourait. Ou plutôt, à celles complètement brunes qui l'observait avec attention.

« Tu as un porte-bonheur ? Il fonctionne ? » ,demanda la jeune femme à qui il avait souris timidement. Elle était maintenant près de lui, le regardant avec attention. Un porte-bonheur qu'elle avait dit. Sage serra sa croix dans sa main, songeant au terme utilisé. S'il n'avait jamais considéré l'objet comme tel, il devait bien admettre que ce n'était pas loin de l'être. Aux yeux du jeune garçon, c'était surtout un signe de sa foi, une connexion direct avec le Seigneur dans le ciel, celui qui régnait sur son monde. Certes, cette fois il avait voulu communiquer avec son ange gardien, mais le principe restait le même. Après tout, les anges étaient les messagers de Dieu, ses guerriers également. Ils servaient d'intermédiaire entre le tout puissant et les simples mortels. Ou du moins, c'était ce qu'on lui avait expliqué toute sa vie. Si sa foi avait été mise à rude épreuve au courant de la dernière année, celle qu'il venait de passer dans les cachots, une partie de lui ne pouvait pas cesser – ou ne voulait pas – de s'accrocher à ces croyances qu'on lui avait inculqué. « Si on veut. », commença-t-il doucement. Il observa la jeune femme quelques instants, tentant de se rappeler de son prénom, mais rien ne venait. Il se souvenait l'avoir vu dans le cachot, elle était une née-moldue comme lui. Il n'arrivait néanmoins pas à se souvenir de quelle année ou quelle maison elle était. Est-ce que ça faisait une différence? Pas vraiment en fait. Il décida qu'il voulait bien discuter avec elle un moment, même s'il ne savait rien d'elle. « Tu crois en Dieu? Aux anges? », demanda-t-il en l'observant avec attention. Il laissa tomber la petite croix en argent qui retrouva sa place sur sa poitrine, juste à la naissance de son cou. « Mon ange gardien veille sur moi. Je ne sais pas si c'est un porte-bonheur ou quoi que ce soit, mais j'ai passé l'année à lui demander de s'assurer qu'on allait bien. Même si nous étions toujours dans les cachots, ni moi, ni ma sœur ou mon frère n'avons été blessé. » Sage marqua une pause pour laisser le temps à son interlocutrice de suivre ou de répliquer. « Il est là, quelque part même si je ne peux pas le voir. Il m'entend, lui, et s'assure que tout se passer bien même si la vie n'est pas facile. » Le jeune garçon était très croyant. Il avait été élevé à l'Église, par un père Pasteur très impliqué dans son milieu autant ecclésiastique que communautaire. Si certains membres de sa famille croyaient que les trois jeunes sorciers qu'étaient Mackenzie, Jaspe et Sage n'étaient pas naturels, qu'ils avaient les pouvoirs de satan, le petit serpentard n'en croyait pas un mot. Il avait choisis de croire en son père qui disait que leur pouvoir était un don de Dieu. Et si, au château, rares étaient les étudiants faisant montre d'un si grand attachement à la religion, Sage n'avait jamais caché la sienne ou cessé de croire. Il l'affichait sans la moindre honte qu'importe l'opinion de ses camarades.

Le brun jeta un rapide regard autour d'eux avant de reposer ses yeux verts sur la fille avec qui il était en pleine discussion. Il se rendit compte qu'il avait beaucoup parlé, mais oublié les formalités de base. « En passant, je m'appelle Sage*. », exprima-t-il dans un sourire amical. Il tendit une main à la belle brune attendant de sa part qu'elle se présente et qu'ils échangent la poignée de main d'usage. Peut-être qu'elle s’assoirait avec lui un moment. L'adolescent avait toujours aimé faire de nouvelles rencontres.

* "Sage" est le mot anglophone pour la sauge. Il faut le prononcer en anglais, donc un truc dans le style de " séd-ge ". Il est utilisé en jeu de mot avec le fait que le personnage n'est véritablement pas un sage petit garçon.
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Mer 19 Juil - 14:00





Se refaire une virginité




La bataille avait fait rage dans le château sans qu’Heather en prît conscience le moins du monde. En fait, les examens terminés, la petite Serdaigle avait passé la majeure partie de son temps dans la salle commune déserte, le nez plongé dans un livre sur la magie noire qu’elle déniché dans la bibliothèque paternelle aux dernières vacances. Elle y avait découvert quelques petites choses bien intéressantes et s’était exercé discrètement, attendant d’être rentrée au manoir pour lancer ses sorts au grand jour, sans éveiller les soupçons.
Deux ou trois personnes lui avaient bien parlé d’une révolte en cours – mais, ses fréquentations étant pour la plupart issue de la mouvance pro sangs-purs, elle n’avait pas vraiment eu l’impression qu’il s’était agi d’autre chose que d’une rébellion de quelques petits chenapants voulant bouleverser l’ordre établi. Ce n’est que dans les dernières heures de la bataille qu’elle avait reçu une lettre alarmée de son père adoré :

« Mademoiselle von Tiesenhausen,

Avez-vous participé aux événements récents de Poudlard ? La rébellion va faire tomber Blackman : ce n’est plus qu’une question d’heures. Mais le Ministère reste aux mains des Néo-Mangemorts ; partir est trop dangereux ; rester est nécessaire. Faîtes votre devoir et aidez les blessés si vous n’êtes déjà en train de vous battre. Perriculum in mora.

Affection paternelle. »


La petite fille avait obtempéré ; immédiatement. Quand Papa donnait un ordre – sauf s’il s’agissait d’être prudent avec la magie – Heather obéissait. Elle avait tenu une position ambiguë durant toute cette année : n’ayant pas les réseaux, n’étant pas une militante dans l’âme, ne voulant pas risquer sa place dans la meilleure école de sorcellerie du monde, ne voulant pas se mettre à dos ses camarades acquis à Blackman, ayant une forme de respect pour l’ordre établi et la respectabilité des sangs-purs, mademoiselle von Tiesenheusen ne s’était nullement investie dans les petits groupes de rebelles qui étaient nés durant l’année. Il s’agissait donc, pour employer une expression que Mademoiselle n’eût jamais osé employer à haute voix, de se refaire une virginité. La sortie des né-moldus des cachots fut à la fois un soulagement et un grand moment de culpabilité. Si Blackman avait représenté pour elle l’avènement de l’ordre et de la discipline, l’enfermement de ses amis nés-moldus était une aberration qui la mettait d’autant plus mal à l’aise qu’elle n’avait jamais osé manifester publiquement son opposition. On avait graissé la patte des incapables de bonnes familles de sang-pur ; on avait enfermé des sorciers doués, innocents pour la plupart, que seule leur naissance accusait. Certes, Heather avait bien tenté de rentrer en contact avec certains d’entre eux, d’amener un peu de nourriture au risque de se faire prendre – ce qui l’avait régulièrement fait faire demi-tour par lâcheté – mais bon… Quel gâchis ! Et elle n’avait rien, rien fait…
Après avoir pris soin des blessés comme elle pouvait (assez maladroitement, de fait) sous les regards agacés – qu’elle ne remarquait pas vraiment – de certains de ses camarades, Heather était arrivée à la ferme dans la dernière des trois phases ; c’est là surtout qu’elle se sentait exclue, bourreau dans un monde où tous plaignaient les victimes et se préoccupaient d’eux. Il fallait se racheter – vite – mais elle n’osait pas.
A côté d’elle, une née-moldue à l’air complètement désemparée, s’était tournée vers elle : « Qu’est-ce qu’on va devenir, maintenant… ? » Heather ne lui avait jamais parlé, mais elle la connaissait de vue : Tracy Bennett, une Serdaigle de cinquième année, un peu simplette, à qui elle ne s’était jamais vraiment intéressé. Mais, dans un tel contexte, sa répugnance habituelle à parler aux sorciers médiocres s'atténuait et la jeune sorcière avait une forme de respect pour l'épreuve physique que ses camarades avait subie et qu'elle doutait être capable de supporter si sa naissance l'avait compromise. « Ne t’inquiète donc pas… Tout va bien se passer. On est en sécurité ici. Reconnais-tu ? C’est la ferme où nous sommes venues il y a deux ans. C’est bien protégé Il faudra attendre que le ministère tombe. » Elle lui adressa un sourire maladroit : l’empathie, ce n’était guère ce pour quoi elle était le plus douée – mais il fallait faire de son mieux. Son aînée semblait bien amochée et Heather ne savait guère par où commencer. Elle jeta un regard à ses béquilles. Manifestement, Tracy ne pouvait pas marcher. « Comment va ta jambe ? Tu as besoin de quelque chose ? Si je peux te l’apporter… »




Dernière édition par Heather von Tiesenhausen le Ven 21 Juil - 11:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Mer 19 Juil - 23:58


Les rescapés

Accueil à la ferme

Je suis contente d’avoir aperçu ce jeune garçon parmi la foule d’élèves attroupée ici, je n’avais pas franchement envie de parler à quelqu’un qui m’aurait dit à quel point il était soulagé que je sois vivante et qui m’aurait posé plein de questions sur les cachots et la manière dont j’ai vécu cette expérience. J’ai la sensation que mon interlocuteur actuel ne jouera pas les curieux avec moi et ça me va bien, en plus, son jeune âge me donne envie de jouer les mamans et ça me fait du bien de retrouver cette sensation. A dire vrai, durant les dernières semaines précédant notre libération, j’avais tellement du mal à penser de manière positive que je ne jouais plus vraiment ce rôle et je suis contente d’avoir l’énergie nécessaire pour le reprendre à présent. Bon, évidemment, rien ne me dit qu’il va bien vouloir que je joue les mamans poule avec lui mais en tout cas il n’a pas l’air contre une conversation et c’est déjà un bon début. Je suis étonnée de le voir aussi en forme, on dirait qu’il prend toute la situation de manière extrêmement positive alors que je sais qu’il a été enfermé dans les cachots avec moi pendant ces trop longs mois. Comment peut-on être aussi souriant après tout ça ? Son apparent optimiste me fait encore plus culpabiliser. Si un petit garçon arrive à passer au-dessus de toute les tortures que l’on nous a infligé, une fille de presque seize ans devrait y parvenir aussi. Sauf que ce n’est pas le cas, pas du tout même, j’ai beaucoup de mal à faire face, même maintenant et repenser à ce qui nous est arrivé me suffit à déprimer sévère voire à paniquer totalement, surtout lorsqu’il fait nuit. J’ai un peu honte de me montrer aussi faible, surtout en sachant que mes camarades n’ont pas les mêmes difficultés que moi et seront sans doute remis sur pieds bien plus vite. Je suis sûre que la psychologue me dira de ne pas être trop dure avec moi-même, que ce genre d’événement est marquant et qu’il va me falloir du temps pour encaisser mais moi je ne veux pas du temps, je veux redevenir moi et tout de suite et j’ai du mal à comprendre pourquoi ce n’est pas possible. Sauf que je sais également que ça ne sert à rien de me torturer le cerveau avec tout ça et qu’en m’auto flagellant de la sorte, je ne fais qu’empirer la situation. Je me mets une pression de malade et je suis certaine que cette pression contribue à mon mal-être actuel. Je suis entrée dans une sorte de cercle vicieux dont il me parait presque impossible de sortir. Pour réussir à m’évader tout ça, je sais qu’il va falloir que je cherche à focaliser mon attention sur tout autre chose histoire de réussir à ne pas ressasser tous ces moments douloureux. Le pendentif de ce garçon me semble être une opportunité en or de ne pas m’apitoyer sur les sorts mais également de faire plus ample connaissance. Nous avons peut-être passé des mois et des mois au même endroit, ça ne change rien au fait que nous sommes de parfaits inconnus l’un pour l’autre.

« Si on veut. » Sa réponse m’intrigue. Je ne vois pas comment son pendentif peut être un porte-bonheur seulement si on veut qu’il en soit un. Il a piqué ma curiosité et j’attends avec impatience qu’il développe son point de vue. Sauf qu’il n’en fait rien et se contente de me questionner en retour ce qui me surprend carrément. « Tu crois en Dieu ? Aux anges ? » je ne peux cacher mon étonnement, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’on passe d’un simple porte-bonheur à une grande discussion sur la religion et tout ce que ça implique. Je ne suis même pas sûre d’être capable de répondre à sa question à dire vrai, c’est le genre de choses qui me parait totalement abstrait et pourtant je trouve ça intéressant et passionnant. Est-ce que je crois en Dieu ? Je ne pense pas non, et les anges me font un peu le même effet mais il y a quelques années, je ne croyais pas non plus que la magie existait et pourtant il s’avère que je suis une sorcière. Je crois que ça remet pas mal de choses en questions tout de même. « Je pense qu’on a tous le droit de croire en quelque chose, je ne sais pas vraiment si je crois à tout ça ou non, je dois dire que je ne me pose pas vraiment la question mais je crois en la tolérance, c’est déjà pas mal. » Je pense que chacun doit croire et peut croire en ce qu’il veut du moment que c’est dans le respect des autres. Je ne peux pas parler de Brooklyn à ce jeune garçon, même s’il m’inspire confiance mais mon frère est l’exemple parfait du mal que peuvent faire les croyances lorsqu’elles sont mal maitrisées. Je suis certaine que Brooklyn doit détester tout ce qui est en lien avec la religion maintenant. Je ne lui en ai jamais parlé à dire vrai, ça fait partie des sujets que je n’aborderais pas s’il ne le fait pas en premier et pour que mon frère parle de lui-même, je pense qu’il faudra attendre quelques années voire même plusieurs vies. « Mon ange gardien veille sur moi. Je ne sais pas si c'est un porte-bonheur ou quoi que ce soit, mais j'ai passé l'année à lui demander de s'assurer qu'on allait bien. Même si nous étions toujours dans les cachots, ni moi, ni ma sœur ou mon frère n'avons été blessé. » Ouais, ok, en fait il est complètement illuminé le môme. Mais bon, c’est mignon et ça fait certainement du bien de pouvoir se raccrocher à quelque chose en ces temps difficiles alors je ne vais certainement pas lui casser son délire. « C’est qu’il joue bien son rôle d’ange gardien alors, tu connais son nom ? Il veille sur toi depuis combien de temps ? » Je joue le jeu, je ne veux pas briser ses rêves et puis en soit, c’est peut-être moi qui suis un peu trop hermétique. Après tout, je viens de dire que je croyais à la tolérance alors je ferais bien d’en faire preuve au lieu de le juger si sévèrement, ça ne me ressemble pas. « Il est là, quelque part même si je ne peux pas le voir. Il m'entend, lui, et s'assure que tout se passer bien même si la vie n'est pas facile. » Il raison d’y croire, ça lui permet d’espérer de ne pas morfler autant que ses petits camarades et je trouve ça plutôt bien. En plus, si jusqu’ici ça a été efficace, c’est plutôt une bonne chose pour lui, peut-être qu’il a raison d’être aussi optimiste et de garder la foi. « En passant, je m'appelle Sage. » Ah, donc c’est bien Sage, je suis contente de ne pas m’être trompée. « Moi c’est Savannah, je suis ravie de faire ta connaissance, Sage. » Je ne mens pas, ça me fait plaisir de discuter avec lui, j’aurais peut-être dû le faire dans les cachots d’ailleurs, mais j’étais trop occupée à déprimer pour ça.

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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Ven 21 Juil - 0:59

Fin du calvaire... ?
Tracy &
les rescapés

« Ne t’inquiète donc pas… Tout va bien se passer. On est en sécurité ici. Reconnais-tu ? C’est la ferme où nous sommes venues il y a deux ans. C’est bien protéger. Il faudra attendre que le ministère tombe. » L’inconnue vers laquelle elle s’était tournée était finalement bien une inconnue. A moins que… non, elle l’avait déjà vue quelque part. Son absence de couleurs l’empêchait de confirmer cette théorie, mais elle l’avait déjà aperçue en salle commune, à moins que sa mémoire ne lui joue de drôles de tours… En ce qui concernait ses dires, elle avait bien reconnu la ferme, malgré le désagréable été qu’elle y avait passé… Même si elle ne faisait plus ou moins qu’appuyer les propos de l’Auror, rappelant au passage que leur situation était bien loin d’avoir trouvé une solution stable, son ton de voix avait un effet rassérénant sur Tracy, qui commençait à se rassurer sur leur situation. A bien étudier… ceux qui lui avaient voulu du mal au cours de ces dernières semaines ne semblaient pas présents, et cette fille, qui qu’elle soit, avait l’air tout bonnement adorable. Elle renonça donc à l’idée de se lever, et répondit par un timide hochement de tête, tandis que son rythme cardiaque retrouvait une fréquence normale, et qu’elle détaillait sa voisine de table. Quelle chance d’être tombée sur quelqu’un d’aussi compatissant… «Comment va ta jambe ? Tu as besoin de quelque chose ? Si je peux te l’apporter…» Elle la fixa quelques secondes, médusée. L’extrême gentillesse dont faisait preuve cette nouvelle interlocutrice était la bienvenue. Et dire que trois jours auparavant, on considérait encore que son espèce n’avait pas le droit aux mêmes privilèges, et à la même nourriture… Alors en cet instant, la proposition et le sourire qu’elle avait rêvé les trois derniers mois, et que leur réalisme pourtant troublant appartenait à une dimension chimérique qu’elle avait inventée de toutes pièces.

« Je… » commença-t-elle en s’efforçant de contrôler la détresse qui lui étreignait le coeur. « Ça va, merci, un garçon m’a aidée là-bas… » Ses jambes oui, tout le reste lui donnait l’impression d’être une épave. Mais son inconnue lui posait sûrement la question par formalité, sûrement pas pour l’entendre geindre sur leur situation. De quoi pouvait-elle avoir besoin en ce moment… ? Cette question lui paraissait tellement étrange après ces trois mois d’enfermement… Elle avait fini par oublier jusqu’à ses nécessités biologiques, alors tout lui paraissait désormais relever du caprice. A moins que… « Est-ce que tu as un exemplaire de « Théories de la Métamorphose Transsubstantielle » avec toi ? J’ai… j’ai trop de retard. Vous en êtes arrivés aux révoltes des gobelins en histoire de la magie ? » Elle devait bien être en troisième année, non… ? C’était l’un des seuls ouvrages communs avec la quatrième, alors elle pouvait bien tenter le coup. Avec l’avance qu’elle avait pris en début d’année, elle devait être parvenue à sauver les meubles, mais la moyenne de « O » qu’elle envisageait pour ses BUSEs de l’année suivante ne pouvait souffrir davantage de sa négligence. Quelle qu’elle fusse, cette fille pouvait sûrement le comprendre, et peut-être partager son avis… non ? Surtout si elles ignoraient combien de temps elles s’enliseraient entre ces murs… Ceux qui étaient restés ses amis avaient de toute évidence pris la tangente ou étaient gravement blessés, son rendez-vous avec le psychomage n’aurait lieu que vendredi dans l’après-midi, et sa paire de béquilles réduisait considérablement son champ d’action. Alors, autant s’investir pleinement dans le rattrapage des cours auxquels elle n’avait malheureusement pas pu assister, et éradiquer le reste… " Et toi… ? Je suis désolée, je ne connais même pas ton nom… Tu n’as rien eu ? " s’enquit-elle à son tour en l’examinant avec retenue, surprise de réaliser que son corps ne témoignait d’aucune marque qui aurait pu laisser croire qu’elle se trouvait au château au cours de la bataille. « Tu n’étais pas au bal ? » finit-elle par demander avec prudence. Le souvenir de ce dernier était encore bien abstrait après le carnage auquel elle avait assisté, mais elle se rappelait en tout cas bien des personnes qu’elle avait servies en début de soirée… Or, l’image de sa nouvelle interlocutrice ne lui apparaissait pas avec évidence. Peut-être avait-elle eu la bonne idée de se tenir complètement à l’écart des hostilités avant même qu’elles ne démarrent, ou peut-être s’était-elle simplement cloîtrée dans son dortoir… Elle espérait simplement qu’elle ne la trouve pas trop intrusive, à tenter de chercher du réconfort chez elle, alors qu’elle souhaitait peut-être simplement jouer les bonnes samaritaines…

Emi Burton
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Ven 21 Juil - 11:22





Se refaire une virginité




Heather se sentait affreusement gênée face à cette souffrance qui s’étalait devant elle, sans qu’elle ne se sentît vraiment utile pour y remédier, souffrance à laquelle – quoi qu’elle puisse en dire – sa passivité au cours des derniers mois et jusque ses plus proches amis avaient participé. « Je… Ca va, merci, un garçon m’a aidée là-bas… » Oui, bien sûr, il y avait des équipes de médicomages qui allaient et venaient dans la ferme, Tracy avait probablement des amis qui s’étaient occupés d’elle – et qu’est-ce qu’Heather pouvait bien faire pour elle ? Sa question lui paraissait bien stupide, après coup, mais c’était tout ce qu’elle avait trouvé à répondre à la détresse de sa condisciple. Heather n’avait aucune connaissance positive de ce qui s’était concrètement passé dans les cachots durant les derniers mois, mais son imagination allait à sa guise et lui montrait les pires tortures et les plus dures privations. Le ton de suffisance avec lequel certains parlaient des nés-moldus y était peut-être pour moins encore dans l’imagination macabre de la jeune Serdaigle que l’ignorance coupable que presque tous feignaient quant au sort réservé à leurs anciens camarades. « Est-ce que tu as un exemplaire de « Théories de la Métamorphose Transsubstantielle » avec toi ? J’ai… j’ai trop de retard. Vous en êtes arrivés aux révoltes des gobelins en histoire de la magie ? » Décidément, le cachot ne lui avait pas réveillé les méninges. Si elle croyait trouver quoi que ce soit sur les révoltes des gobelins dans un manuel de métamorphoses… Mais son ironie retomba rapidement : comment ces pauvres gens allaient-ils faire pour continuer leur scolarité normalement sans avoir assisté aux cours ? « Attends… fit Heather avec une spontanéité calculée à la perfection. Je crois que je dois l’avoir dans mon sac. » Mademoiselle von Tiesnehausen ouvrit le sac qu’elle tenait en bandoulière et fit mine de chercher dans ses affaires le manuel en question. Elle savait parfaitement qu’elle avait toujours son manuel de métamorphoses sur elle – mais elle savait aussi qu’elle transportait des livres qu’il valait mieux ne pas montrer et qu’elle devait donc sortir le bon livre en s’assurant qu’aucun des autres ne tombe ou ne dépasse du sac. « Tu es tombée sur la bonne personne. Je ne crois pas que je sois sorti un jour sans au moins un livre sur moi. Oh oui, on a fait les révoltes des gobelins ; mais n’es-tu pas en quatrième année ? Remarque, tu n’as pas dû faire grand-chose depuis… » Heather se laissait aller, pensait à voix haute. « Comment allez-vous faire ? Les cours… et tout ce temps sans magie ? J’imagine qu’ils vont organiser des cours de rattrapage cet été, pour que vous puissiez passer dans la classe supérieure sans problème, non ? » Il ne fallait pas dire ça. A chaque mot qui sortait de sa bouge, Heather prenait conscience de sa maladresse et tentait de la réparer par une nouvelle bourde. La jeune fille qui lui faisait face avait déjà l’air suffisamment inquiète pour la suite de sa scolarité, pas la peine d’en rajouter une couche. « En tout cas, si tu as besoin d’aide pour rattraper un peu ton retard durant ces moments à la ferme, je peux t’aider. Je connais beaucoup de choses. » Pas la peine de s’étaler. Une proposition gentille, un vague écho à ses capacités scolaires ; pas plus. Avec le temps, Heather commençait enfin à maîtriser sa spontanéité qui passait bien trop souvent pour de la suffisance.

« Et toi… ? Je suis désolée, je ne connais même pas ton nom… Tu n’as rien eu ? » Une parfaite inconnue. C’est exactement ce dont Heather avait besoin. Elle avait senti beaucoup trop de regards pesants parmi les rescapés de la bataille qui se demandait sûrement ce qu’elle pouvait bien faire ici. Autant parler à quelqu’un qui n’avait pas d’a priori sur elle. « Grâce à Merlin , je m’en suis sortie indemne. Mais je ne risquais pas grand-chose. J’ai la chance d’avoir deux parents sorciers. » Pas la peine de s’étaler : cela, elle l’avait appris bien tôt dans sa famille et on aurait pu en faire leur devise : « Non plus ultra » ; s’en tenir à la brièveté : ceux qui comprennent comprendront ; ceux qui ne comprendront pas n’ont pas besoin de savoir. « Je suis en troisième année à Serdaigle. Heather von Tiesenhausen », lui dit-elle en guise de présentations, en hésitant à lui tendre la main avant de prendre conscience de l’incongruité de la situation. « On est dans la même maison, je crois ? » A vrai dire, Heather était presque sûre d’avoir affaire à Tracy, mais après plusieurs mois sans voir une personne qu’elle ne connaissait que de vue et que plusieurs mois de cachot avaient transformée, elle ne pouvait guère en être sûre. « Tu n’étais pas au bal ? » Le bal… Elle se disait qu’elle n’aimait pas les bals, qu’elle s’était trop ennuyée dans des réunions mondaines durant son enfance pour continuer d’aller danser dans des bals maintenant qu’elle était à Poudlard, qu’elle avait d’autres choses à faire, du travail… Ce n’était pas complètement faux. Mais, d’un autre côté, Heather savait parfaitement avec qui elle aurait aimé aller au bal et que ni lui, ni personne d’autre d’ailleurs ne l’avait invité. Elle savait aussi que l’ère Blackman – si elle avait assuré le triomphe de sa caste – n’avait pas été une période de réjouissance pour tout le monde. Elle ne savait pas trop que répondre à sa nouvelle connaissance. « Non… Tu sais, moi et les bals… Je préférais largement passer ma soirée à faire de l’arithmancie. Et puis, je n’aimais pas trop l’idée d’être servie par des sangs-de-bourbe… » fit-elle en bredouillant, avec un sourire qu’elle voulait rassurant, cherchant désespérément à changer de sujet.




Dernière édition par Heather von Tiesenhausen le Ven 21 Juil - 19:09, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Ven 21 Juil - 14:50



Arrivée à la Ferme


Le loup dans la bergerie
Jamais Salazar ne s’était senti aussi proche de son père.
Sebastian Shafiq avait rejoint les rangs du mage noir en mars 1981. Sept mois plus tard disparaissait le Seigneur des Ténèbres…Rebelote en 1998. Sebastian avait retrouvé les rangs des mangemorts… dix mois plus tard, le Lord était définitivement vaincu. Salazar avait toujours considéré son père un peu comme un looser, faisant toujours les mauvais choix au mauvais moment. Apparemment, c’est un problème d’ordre génétique, puisque, malgré sa grande intelligence, Salazar a fini par subir le même sort.

Cela faisait quoi ? Sept-huit mois à peine qu’il enseignait, suivant les directives de ce cher Blackman, et voilà qu’une révolte estudiantine, mêlé avec des adultes venus d’on ne sait où, avait repris Poudlard. Salazar avait trop étudié l’Histoire pour ne pas deviner la suite : encouragés par cette prise symbolique, les partisans auto-proclamés du « Bien » allaient gagner du terrain et reprendre le Ministère. Ce n‘était qu’une question de mois, voire de semaines.


*Le Troisième Reich, plus grand encore que l’empire de Charlemagne, a tenu combien de temps après le Débarquement ? Neuf-dix mois. Alors le petit Ministère anglais… s’il tient un mois, ce sera un exploit.*


Mais Shafiq se refusait à reproduire les mêmes erreurs que son père et à finir ses jours à Azkaban, comme lui. Après la chute du lord en 1981, beaucoup de sangs-Purs ont réussi à échapper aux mailles du filet, sous des prétextes divers, et Salazar entendait bien faire de même. En tout cas, il ne se rendrait pas sans combattre avec sa meilleure arme : son cerveau.

Et quel était le meilleur moyen de faire croire qu’il était dans le « bon » camp, celui des vainqueurs ? En agissant comme s’il était tout à fait naturel qu’il y soit. Après tout, les aurors ne le connaissaient pas, le professeur Shafiq n’apparaissait pas dans la liste de ceux qui ont pris Poudlard l’année dernière –et pour cause, il n’y était pas !- et les élèves stupéfixés par ses soins, transportés à l’infrmerie, n’ont pas encore témoigné contre lui. Il fallait se servir de cette ignorance temporaire pour se forger une défense en verredragon.

Le premier jour, c’est donc comme membre attentionné de l’équipe enseignante que Salazar a aidé les aurors à transporter les blessés, privilégiant les inconscients pour ne pas risquer de scandale, et changeant ses habits noirs habituels pour une robe neutre, avec un chapeau couvrant sa célèbre calvitie. Déjà sur place, Salazar vit les nés-moldus débarquer le deuxième jour, puis le reste des habitants du collège.

*C’est donc le moment de se montrer…*


Il ne pouvait se cacher éternellement, et la foule anonyme le servirait efficacement. A l’arrière de la salle, le professeur Shafiq se rapprocha petit à petit durant le discours du chef des aurors.

*Ainsi, nous sommes tous bloqués ici…*

C’était prévisible, et Shafiq comptait là-dessus. Pas de prison, pas de cachots dans cette ferme isolée. Même si, par un retournement de situation inattendu, des élèves soupçonneux l’accuseraient de quoi que ce soit, impossible de l’arrêter ou de l’enfermer. Et si Blackman avait besoin d’un espion à l’intérieur du camp des aurors, il avait un partisan tout trouvé prêt à lui livrer des informations.

*C’est peu probable. Il est en fuite et pensera avant tout à protéger le Ministère. Et si je livrais la moindre information, je me trahirais. Ce serait du suicide. Non, il vaut mieux tempérer les choses et collaborer avec les aurors… pour l’instant.*


Salazar eut un petit sourire : Le chef des aurors, sans le savoir, lui avait donné un blanc-seing. N’avait-il pas affirmé que « Toutes les personnes présentes ici sont de votre côté et sont là pour vous aider » ? Le néo-mangemort n’aurait pas dit mieux. Il tenta de reconnaître les dos et les cheveux de ses élèves. Tasha Blackwood… S’il fallait convaincre une élève, ce serait elle. Encore faudrait-il pouvoir l’approcher. Le professeur tenta de se remémorer les noms de tous ces élèves, dans la salle. Il n’avait pas eu beaucoup de temps pour les apprendre… Le petit Sinclair… La jeune Caldwell… Plus proche de lui, les serdaigles Heather Tiesenhausen et Bennet s’étaient rapprochées. Son oreille de professeur semblait avoir entendu le nom d’un livre *Ce sont de vraies serdaigles : malgré l’état de guerre, elles parlent de livres.* sourit-il intérieurement.

Amusant, quand on y pense, que Tiesenhausen soit ici, avec les rescapés. Ses opinions n’avaient pas semblé si éloignés de ceux de Shafiq, s’il se fiait à se souvenirs. Sans doute a-t-elle suivi le même raisonnement que lui, mais à son échelle de collégienne? Cela valait le coup de se rapprocher pour le savoir.

Derrière les deux jeunes filles, il répondit à la jeune fille aux béquilles : « Oui, mademoiselle. Tisenhausen a vu la révolte des Gobelins. Mais pour les Quatrième Années comme vous, je suis sûr que la Guerre des Géants de 1820 vous conviendraient bien mieux. Dès que je pourrais faire les cours de rattrapage, je ferais passer les examens, et-spoiler- il se pourrait que la gigantomachie en fasse partie. »

Il contempla la Troisième Année et lui fit une remarque ressemblant à un clin d’œil vu leur situation présente : « Mademoiselle Tisenhausen, je suis ravi de voir que vous allez bien. J’espère que vous n’avez pas été trop choquée. » Et se tournant vers Tracy : « Quand à vous, mademoiselle Bennet, j’espère que ce n’est pas très grave. »


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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Sam 22 Juil - 3:35

Fin du calvaire... ?
Tracy &
les rescapés

« Attends… Je crois que je dois l’avoir dans mon sac. » Le visage de Tracy s’illumina soudainement. Se faire à l’idée qu’elle était désormais entourée de personnes bienveillantes qui ne voulaient pas lui faire de mal n’était pas si aisé… Et pourtant, elle avait réellement l’impression d’être tombée sur la bonne personne, au bon moment, puisque sa voisine s’adressait à elle avec tant de délicatesse qu’il lui semblait presque incroyable qu’elle ait vécu trois mois d’humiliations et de traitements des plus abjects. On l’avait nourrie au cours des trois derniers jours comme si elle était une vraie personne à part entière, et elle avait éprouvé quelques difficultés à se rappeler que c’était vraiment le cas, point que le psychomage n’avait d’ailleurs pas manqué de souligner. « Tu es tombée sur la bonne personne. Je ne crois pas que je sois sorti un jour sans au moins un livre sur moi. Oh oui, on a fait les révoltes des gobelins ; mais n’es-tu pas en quatrième année ? Remarque, tu n’as pas dû faire grand-chose depuis… » Elle sourit en réalisant qu’elle ne s’était pas trompée, et que son instinct l’avait bien guidée vers une personne tout à fait disposée à l’aider. Cette fille était vraiment gentille ! En plus, selon ce qu’elle avançait, c’était une fervente lectrice. Après des mois d’interdiction de toute interaction, ou d’approcher la bibliothèque dans une autre optique que celle d’en dépoussiérer les étagères, quelle chance, vraiment ! Cela suffisait pour que cette nouvelle interlocutrice lui inspire de la sympathie, et la mette en confiance, dans cette pièce pourtant garnie d’inconnus… de plus d’inconnus qu’elle n’aurait pensé pouvoir en croiser à Poudlard. « Tu me sauves, merci ! » s’exclama-t-elle alors qu’elle passait une main sur la couverture, comme pour s’en imprégner. « Est-ce que tu en as d’autres avec toi ? » se permit-elle de demander. Après tout, si la demoiselle ne sortait pas sans un livre sur elle, elle ne sortait tout de même pas avec un simple manuel de métamorphose, non… ? Elle devait sûrement avoir autre chose… Peut-être abusait-elle trop de sa générosité, mais ça valait le coup de tenter… « Enfin désolée si j’insiste… je suis bien en quatrième année. Mais j’ai loupé tellement de choses, je voudrais pouvoir tout rattraper ! » ajouta-t-elle en espérant que sa curiosité ne serait pas malvenue, et que la Serdaigle ne retirerait pas son offre. Elle éprouvait tant de difficultés à aller vers les autres, que tomber sur une camarade prête à lui offrir un coup de main était une aubaine, surtout dans ces conditions…

 « Comment allez-vous faire ? Les cours… et tout ce temps sans magie ? J’imagine qu’ils vont organiser des cours de rattrapage cet été, pour que vous puissiez passer dans la classe supérieure sans problème, non ? » La surprise laissa Tracy muette pendant quelques instants. Elle… elle n’était pas au courant… ? C’était la première fois qu’elle tombait sur quelqu’un qui ne faisait pas le lien avec l’esclandre que son entrée dans les cachots avait eu pour écho dans l’école. Cela dit, c’était préférable… Au vu des réactions de haine que celle-ci avait engendrée, de la sensation des mains de ce né-moldu qui lui enserraient le cou, de Naïa Rosenberg qui avait tenté de la noyer, elle préférait encore se fondre dans la masse. Ses mains se mirent à trembler nerveusement, et il lui semblait tout à coup que son corps était parcouru de multiples démangeaisons… C’était vraiment très désagréable. « En fait… » Par où commencer ? « J’ai menti à toute l’école » ? Non, ce n’était pas idéal comme entrée en matière, surtout si elle ne voulait pas voir cette fille la prendre pour une cinglée, et la faire détaler… « Je me suis fait passer pour une pro sang-pur, histoire de pouvoir cracher sur mes condisciples sans que personne ne se doute de rien… » ? Non, pas très engageant en effet… Et si l’expérience de ces derniers mois lui avait bien appris quelque chose, c’était que toute vérité n’était pas bonne à dire. Le terme lui revenait sans cesse aux oreilles... "traîtresse, traîtresse"... « Je n’ai pas passé toute l’année aux cachots. Mon cas est un peu particulier, j’ai du descendre en Avril. » avoua-t-elle en se sachant trop comment aborder la chose. Elle comprendrait sûrement d’elle-même où elle voulait en venir… en attendant, se souvenir de cet épisode la mettait particulièrement mal à l’aise… Elle avait simplement envie de passer à autre chose, de tirer un trait sur ces dernières horribles semaines… « J’ai suivi tout le reste des cours de l’année… » Elle ignorait pourquoi elle tenait à ce point à se justifier, comme une élève prise en faute auprès d’un professeur, mais elle voulait en tout cas que cette fille croie en sa volonté de réussir.

« En tout cas, si tu as besoin d’aide pour rattraper un peu ton retard durant ces moments à la ferme, je peux t’aider. Je connais beaucoup de choses. » Ses yeux s’écarquillèrent tandis qu’elle peinait à réaliser qu’elle était vraiment tombée sur une perle. A croire qu’elle avait oublié combien les interactions pouvaient être agréables lorsqu’on ne la traitait pas comme une moins que rien, ou lorsqu’on ne lui collait pas l’étiquette « traîtresse » sur le visage… « Oh… c’est vraiment gentil, merci beaucoup ! J’apprends vite tu verras ! » s’enthousiasma-t-elle avant de se dire que son interlocutrice risquait de la trouver trop familière. « Tu as déjà eu le temps de t’installer ? » se permit-elle de demander toutefois. C’était un peu bizarre, de s’adresser de nouveau aux autres maintenant qu’elle en avait le droit… elle continuait d’en éprouver une certaine culpabilité, comme si elle était prise en faute. Non, il fallait qu’elle se détende, maintenant que l’horreur était terminée, il était temps d’avancer, et cette fille proposait de l’y aider. C’était à elle de prendre sur elle pour accepter cette main amicale qu’on lui tendait… « Grâce à Merlin , je m’en suis sortie indemne. Mais je ne risquais pas grand-chose. J’ai la chance d’avoir deux parents sorciers. » Elle se mordit la lèvre un peu nerveusement après l’évocation de cette « chance » qui était la sienne. Le plus important, c’était qu’elle s’en soit sortie après tout… Evidemment, ceux qui étaient restés sans mettre un pied au bal étaient en effet ceux qui présentaient le meilleur bilan. « Je suis en troisième année à Serdaigle. Heather von Tiesenhausen. On est dans la même maison, je crois ? » Ainsi, elle l’avait bien vue en salle commune ! Ce n’était pas si étonnant qu’elles ne se soient jamais parlées, tout d’abord parce qu’elle était relativement timide et peinait à se détacher de son groupe d’amis pour prendre l’initiative d’une rencontre… Et le nom ne lui était pas inconnu… « Enchantée Heather, et puis désolée d’avoir paniqué tout à l’heure… Je suis Tracy. J’étais en train de me dire que je t’avais bien vu quelque part ! » Où avait-elle bien pu l’entendre… ? Si, c’était une amie de Cissy, en tout cas au moins une connaissance, cette dernière l’avait déjà évoquée dans certaines de leurs conversations ! Et si elles se fréquentaient, alors… difficile de cerner la position de cette dernière dans le conflit qui avait animé le château… « Non… Tu sais, moi et les bals… Je préférais largement passer ma soirée à faire de l’arithmancie. Et puis, je n’aimais pas trop l’idée d’être servie par des sangs-de-bourbe… » Encore une fois, elle éprouva un certain embarras à être de ces « sangs de bourbes » dont la présence l’avait empêchée de se rendre au bal… Même si elle comprenait totalement en retour la préférence pour une soirée à faire de l’arithmancie. A présent qu’elle avait fait le rapprochement avec Narcissa, difficile de comprendre à qui elle avait exactement affaire… « Je peux comprendre. » soupira-t-elle en chassant les souvenirs qui l’animaient de la pénible soirée.

« Oui, mademoiselle. Tisenhausen a vu la révolte des Gobelins. Mais pour les Quatrième Années comme vous, je suis sûr que la Guerre des Géants de 1820 vous conviendraient bien mieux. Dès que je pourrais faire les cours de rattrapage, je ferais passer les examens, et-spoiler- il se pourrait que la gigantomachie en fasse partie. » Tracy sursauta brusquement tandis que la voix de son ancien professeur lui parvenait jusqu’aux oreilles. Le psychomage lui avait bien dit qu’elle risquait d’avoir ce genre de réaction en public, à cause de son expérience vécue… mais elle ne s’attendait pas à quelque chose d’aussi violent émotionnellement, puisque son rythme cardiaque peinait à retrouver une cadence ordinaire. Le professeur Shafiq les avait rejoint, et après quelques instants sur le qui-vive, elle se sentit rassurée par sa présence. Une figure d’autorité dans la même pièce lui faisait beaucoup de bien, après s’être sentie vulnérable en compagnie de certains élèves, ou sous la surveillance des mangemorts… Ses dires étaient réconfortants, si seules la Guerre des Géants manquait à son programme, elle pourrait rattraper le train en marche, il lui semblait avoir découpé quelques articles à ce sujet qu’elle avait collés dans son classeur avec quelques fiches récapitulatives… En tout cas, il donnait l’impression qu’il ne la condamnait pas à l’échec, et lui donnait les moyens de gagner sa place en cinquième année. « D’accord… Je vais me préparer soigneusement, je ne vous décevrais pas ! » promit-elle un peu nerveuse, trop emballée par cette seconde chance qui lui était donnée. Le psychomage avait conseillé de s’investir pleinement dans une activité… C’était l’occasion rêvée, non ? Certes, retrouver son niveau d’excellence allait s’avérer particulièrement compliqué, voire lui demander des nuits très courtes, mais avoir été privée de connaissances si longtemps lui en donnait une soif insatiable. Il glissa quelques mots à Heather avant de se tourner vers elle à nouveau. « Quand à vous, mademoiselle Bennet, j’espère que ce n’est pas très grave. » Elle se sentait presque gênée que l’on s’intéresse autant à son état… Finalement, en comparaison d’autres blessés bien plus graves, elle s’en sortait bien… Il ne restait plus qu’à en finir avec cette blessure à la tête, lorsqu’elle aurait enfin compris ce qu’il en était… « Je vais mieux. » commença-t-elle en laissant s’esquisser un sourire intimidé. « Merci de nous avoir aidés, Professeur. » lui adressa-t-elle avec reconnaissance. Elle ne se souvenait pas de l’avoir vu se battre au bal, mais s’il était à la ferme, c’était qu’il l’avait forcément fait, après tout tout le monde était de leur côté ici…

Emi Burton
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Sam 22 Juil - 12:51





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C’est avec une surprise grandissante qu’Heather constatait le soulagement de son aînée dont la gratitude illuminait le visage. Elle ne faisait que lui prêter un livre et lui proposer un peu d’aide, après tout, mais ses regards reconnaissants lui donnaient l’impression que c’était elle, Heather von Tiesenhausen, qui venait de lui ouvrir la porte des cachots et de lui annoncer sa délivrance. Prendre soin de sa camarade devenait un véritable plaisir alors que quelques minutes auparavant, il ne s’était agi que d’un étrange bâtard, mélange de manœuvre politique et de devoir moral. Si elle s’était sentie valorisée, rassurée dans son identité et ses devoirs, à sa place dans le rôle de la bonne demoiselle von Tiesenhausen qui apportait à ces pauvres nés-moldus le réconfort dont ils avaient besoin après tant de souffrances endurées, la joie qu’elle ressentait à présent s’était bien éloignée de cette satisfaction morale et sociale. C’était la simple volonté de donner, de répandre du bien autour de soi qui l’animait alors qu’elle proposait de l’aide à sa nouvelle connaissance pour rattraper son retard scolaire.

« Tu me sauves, merci ! » N’exagérons rien, voyons ! Cette fille avait vraiment dû vivre l’enfer – ou tenir à sa scolarité à un point qu’Heather comprenait tout à fait. Voir sa nouvelle connaissance regarder ce manuel scolaire avec tant d’émerveillement était bien touchant – un peu amusant aussi. Heather lui adressa un sourire presque aussi large que le sien et la regarda, non sans une certaine dérision qu’elle gardait pour elle, passer sa main sur la couverture de son livre, comme on ferait pour une étoffe précieuse. « Est-ce que tu en as d’autres avec toi ? » « Oui bien sûr, je… » Heather allait beaucoup trop vite, oubliant toutes les précautions qu’elle prenait depuis tant d’années pour transporter à Poudlard des livres qui n’y étaient pas toujours les bienvenus, la plupart du temps dérobés avec plus ou moins de discrétion dans la bibliothèque familiale. Prendre soin de sa nouvelle camarade, contempler avec émerveillement sa reconnaissance pour un simple manuel de métamorphose, se comporter comme une mère nourricière aux petits soins, prévenant le moindre de ses besoins – quand bien même ceux-ci ne pouvaient concerner que sa scolarité – la réjouissait à tel point qu’elle eût été prête à déballer son sac devant elle sur une simple demande. Mais un brusque rappel au devoir la fit rapidement redescendre sur terre, si bien qu’elle farfouilla avec gêne dans son sac, cherchant un moyen d’éluder la question des livres sans avoir l’air de revenir sur son offre d’aide. « Enfin désolée si j’insiste… je suis bien en quatrième année. Mais j’ai loupé tellement de choses, je voudrais pouvoir tout rattraper ! » Oui, elle insistait un peu trop. Ce n’est pas que mademoiselle von Tiesenhausen n’eût pas voulu l’aider, mais bon… A vrai dire, elle ne savait pas vraiment ce qu’il était normal pour une simple étudiante de troisième année à Poudlard, même studieuse, même à Serdaigle, même passionnée, de posséder. Par peur de faire une gaffe, il valait mieux s’en tenir aux manuels qui figuraient sur la liste fournie par les professeurs. « Je ne sais pas si ce que j’ai sur moi pourrait t’intéresser… fit-elle avec une certaine gêne, passant ses livres à toute vitesse à la recherche de ce qu’elle pourrait montrer au grand-jour. J’ai mon manuel d’arithmancie sur moi, quelque chose sur les épouvantards… » C’était un mensonge par omission, bien évidemment, et Heather espérait de tout son cœur que Tracy n’ait pas constaté que son sac contenait bien plus de livres que ce qu’elle disait et encore plus qu’elle n’ait pas aperçu la couverture de Forces cadavériques : les maîtriser, s’en protéger qui dépassait de son sac. Les gens bien élevés, quand ils constataient la gêne en face d’eux, changeaient habituellement de sujet, mais son interlocutrice avait l’air trop passionnée, trop dérangée par ces mois de servitude également, pour se souvenir des bonnes manières. « De toute façon, j’ai toutes mes affaires dans ma malle. Je compte rentrer au manoir dès que l’on pourra sortir d’ici sans repasser par Poudlard. J’ai pris tous mes livres, dont la plupart des manuels de quatrième année. Je prends de l’avance. Tu auras tout le temps de les lires, si tu veux… » Se débarrasser de la question des livres, promettre qu’elle les lui prêterait plus tard pour avoir le temps de faire le tri.

C’était à présent à son interlocutrice d’être gênée, Heather le constatait aisément. On aurait dit qu’elle se sentait obligée de revenir sur le passé, l’affaire du Véritaserum, les cachots alors qu’Heather ne lui avait posé aucune question, la traitant comme une élève comme les autres pour éviter d’avoir à parler de ce qui, à présent, n’était plus à l’ordre du jour. « En fait… Je n’ai pas passé toute l’année aux cachots. Mon cas est un peu particulier, j’ai dû descendre en Avril. J’ai suivi tout le reste des cours de l’année… »
Evoquer un cas un peu particulier relevait de l’euphémisme le plus grossier. Heather comprenait à présent, maintenant qu’elle y repensait, sa reconnaissance. Elle devait être l’une des seuls élèves de Poudlard à ne pas tenir compte de ce qui s’était passé ces derniers mois. Son passage aux cachots avait dû être plus durs encore que pour les autres sangs-de-bourbe : aux yeux des sangs-purs, elle était passée pour une fieffée menteuse qui usurpait leurs avantages pour échapper à la condition qui lui était légitimement réservée ; aux yeux des sangs-de-bourbe, c’était une traitresse qui avait cherché à échapper à son sort, quitte à participer à la répression. Mais Heather comprenait tout à fait sa nouvelle connaissance. Elles se ressemblaient beaucoup, après tout ; et l’attitude d’Heather au cours des derniers mois était assez parallèle à la sienne, tout compte fait – mis à part le fait que mademoiselle von Tiesenhausen venait réellement d’une vieille famille de sorciers. Mais de nombreux sorciers talentueux de sa générations venaient effectivement d’une famille de moldus, et le sort qui leur avait été réservé avait dégoûté Heather – mais elle n’avait guère voulu se mettre à dos l’ordre établi – d’autant plus qu’il prenait sa part dans un chemin de rétablissement de la puissance magique auquel elle adhérait – et s’était contenté, sans jamais afficher publiquement de mépris pour les nés-moldus, d’apporter aux discours virulents des néo-mangemorts un acquiescement poli qui l’avait faite passer pour une modérée. « Je comprends », dit-elle avec un sourire qu’elle voulait plein d’empathie. Cela suffisait, elle l’espérait, pour changer de sujet et assurer poliment son interlocutrice qu’elle n’accordait guère d’importance à ce que certains appelaient sa trahison.

« Tu as déjà eu le temps de t’installer ? » Autant parler d’elle – c’était peut-être ce que son interlocutrice voulait. Elle acquiesça d’un signe de tête puis, après s’être présentée et s’être assurée de l’identité de son interlocutrice, lui raconta les mésaventures de son installations, histoire de changer de sujet et d’égayer l’atmosphère. Après tout, après trois mois passés dans les cachots, seule et humiliée par tous, sans autre possibilité de sortir que les corvées qui l’attendaient dans le château, au service de ses anciens amis auprès desquels elle s’était faite passer pour une pro-sangs-purs, peut-être voulait-elle entendre parler de banalités très quotidiennes. Elle raconta son arrivée tardive, après que tout le monde fut parti du château, les heures passées à s’occuper des blessés, la nécessité remplir sa valise en moins d’une heure, sa robe qui avait craqué avant de prendre le Portoloin… Les deux Serdaigle en étaient revenues à parler d’Histoire de la magie quand une voix fit sursauter mademoiselle von Tiesenhausen : « Oui, mademoiselle. Tisenhausen a vu la révolte des Gobelins. » Heather sursauta et manqua de chanceler. C’était le professeur Shafiq. Mademoiselle von Tiesenhausen, quand elle se fut remise de ses émotions, le dévisagea avec surprise. Qu’est-ce qu’un énergumène dans son genre pouvait bien faire ici ? Heather était loin de s’imaginer rencontrer son professeur d’Histoire de la magie dans cette ferme et l’aurait bien plus vu prendre la fuite après la chute de Blackman. Tout le monde savait que Shafiq était arrivé à l’automne à la faveur du changement de direction et qu’il n’était pas le dernier à adhérer au système Blackman Mais quoi ? Mademoiselle von Tiesenhausen était-elle aveuglée par son mépris pour ce sang-pur déclassé cherchant dans les idées à la mode le retour d’un prestige perdu ? Ou bien Shafiq était-il vraiment en train de se racheter lui aussi une innocence bien plus compromise que la sienne au cours des derniers mois ? « Bonjour Professeur Shafiq, fit-elle avec la plus grande hypocrisie et pour se donner le temps de la réflexion. Alors comme cela il y a aussi des professeurs ici ? Vous n’êtes pas en mesure de nous donner plus d’information que les Aurors, j’imaginie ? » A bien réfléchir, et malgré l’ironie que l’on sentait dans sa voix, la présence du professeur Shafiq était un soulagement pour elle : après tout, si on le laissait rentrer dans la ferme en toute impunité, c’est que mademoiselle von Tiesenhausen y avait tout à fait sa place ; et les soupçons se tourneraient bien plus tôt contre lui que contre elle. « Mademoiselle Tisenhausen, je suis ravi de voir que vous allez bien. J’espère que vous n’avez pas été trop choquée. » Choquée par sa présence, elle l’était à vrai dire ; mais si Shafiq pensait à la même chose qu’elle, elle n’appréciait guère le sarcasme dont sa réplique relevait. « Je suis loin d’être celle qui est le plus à plaindre, fit-elle avec un signe de tête en direction de certains de ses camarades les plus amochés ».



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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Sam 22 Juil - 14:54

La fin du cauchemar
chuck, tasha et les autres

La première chose dont je me souviens de mon réveil ce sont les bruits de partout autour de moi qui m'ont rapidement donné un mal de tête horrible. Je n'avais pas compris ce que je faisais, où j'étais, avec qui, est-ce que j'étais vivant ? C'était totalement confus dans ma tête et j'étais resté plusieurs minutes inanimé dans un lit en essayant de me remémorer les événements de la veille. C'est seulement lorsqu'un adulte était venu me voir et me parler que j'avais compris. Il m'avait brièvement expliqué que nous étions partis de Poudlard et que nous nous trouvions dans une Ferme en sécurité et qu'il fallait que j'attende avant de me lever pour des raisons médicales que j'avais oublié à la seconde d'après. A partir de ce moment les images de la soirée me revenaient en flash, la libération des né-moldus qui avait été un succès, puis le massacre dans la salle de Bal... Des mangemorts tombaient en même temps que des rebelles, c'était un bain de sang... Sloane gisant sur le sol inanimé, en sang, des cris venant de toutes parts, et moi, rejoignant la gryffone à mon tour en sang. Puis c'était le noir, j'avais perdu connaissance, la douleur et l'adrénaline étaient certainement trop importants et mon corps à décidé de s'éteindre pour me donner du repos. Les soigneurs avaient fait un bon boulot, mon os ne sortait plus de mon tibia, et les entailles sur mon torse qui m'avaient empêché de respirer étaient refermées. J'étais fatigué mais ça allait mieux et en plus de cela, nous avions enfin vaincu les mangemorts. Enfin du moins nous avions réussi à nous échapper et à mettre fin à la dictature que Blackman exerçait sur Poudlard.

A partir de ce moment là j'ai essayé de suivre tout ce qu'il se passait dans la ferme. J'avais demandé des nouvelles de toutes les personnes qui me venaient en tête, Ashley évidemment, Sloane, Joanne, Roxy, Madison, Perrin et Sinéad, Alaska, Tasha, Isidore, Oliver, et encore tellement d'autres, toutes les cinq minutes j'interpellais quelqu'un et demandais s'il avait des nouvelles sur un telle personne, j'étais mort de peur à l'idée d'avoir perdu quelqu'un, qu'il y ait eu des morts... Mais heureusement je n'avais pas eu de telles informations. La seule information qui m'avait torturé, c'est quand on m'a dit que Phoebe n'était pas à la ferme. « Elle a certainement retrouvé sa famille, ne t'en fais pas. » m'avait-on dit. Ne t'en fais pas ? La bonne blague. J'étais fou de rage en apprenant qu'elle n'était pas là, elle aurait du être sauvée comme nous. Au début j'en voulais aux Aurors, puis finalement j'ai fini par accepter qu'elle avait peut-être vraiment réussi à retrouver sa famille, et qu'elle est en sécurité.

Et maintenant je me tiens au milieu d'une foule d'élèves et autres personnes, écoutant attentivement le discours de Blackwood que se voulait rassurant. Personnellement je n'avais qu'une envie, parler à Phoebe et à ma mère, et le fait d'être enfermé ici m'en empêche, alors honnêtement je n'arrivais pas vraiment à me dire que j'étais content d'être ici, mais bon je dois bien me contenter de ce que j'ai, au moins je suis vivant et nous ne sommes plus à Poudlard avec Blackman. «  Nous allons faire de notre mieux pour vous renvoyer au plus vite chez vous, mais en attendant, nous mettons à votre disposition tous les moyens qui sont en notre pouvoir pour vous aider à surmonter au mieux le traumatisme que vous avez subi durant cette année scolaire. » Je sens bien que les aurors, les psychomages et les infirmiers ne vont pas nous laisser tranquille de si tôt, moi-même je dois passer souvent à l'infirmerie pour vérifier mon état, alors qu'en fait je sais très bien que ça va, j'ai pas besoin qu'on m'examine encore et encore. «  N’hésitez pas à poser vos questions ou à nous solliciter quand le besoin s’en fera sentir. » J'aurais bien une question, pourquoi tout les élèves n'ont pas été récupérés ? Pourquoi certains ont disparus comme si de rien était ? Mais bon, je sais bien que ça ne sers à rien de poser ces questions, j'ai tenté ma chance mais ça ne m'a pas bien avancé. Mais voilà que mes yeux tombent sur le regard peu joyeux de Tasha. Voir une amie en bonne santé -du moins physique- me rassure et je n'attend pas très longtemps pour m'approcher d'elle, sans réussir à forcer un sourire, ce sera pour plus tard. « Salut Tasha, comment tu te portes ? » dis-je tout simplement. Je sais bien que nous ne sommes pas au meilleur de notre forme mais bon ça n'empêche pas de demander. « J'espère qu'on va pas être enfermé ici trop longtemps... » finis-je par dire en soupirant. Même si on est censé se sentir en sécurité et contents d'être ici, ce n'est pas vraiment le cas pour moi, j'ai juste envie de retrouver les gens à qui je tiens.
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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Dim 23 Juil - 21:56



Arrivée à la Ferme


Le loup et les proies
Lorsque la serdaigle de troisième année fit passer ses livres à toute vitesse devant celle de Quatrième année, Salazar crut apercevoir une tranche de grimoire lui rappelant furieusement quelque chose. Une tranche noire, avec des écritures vertes olives, agrémentés de runes de chaque côté…

*Oh oui, je me rappelle maintenant… C’est un petit manuel de magie noire. Rien de très méchant, certes, mais je doute qu’une élève si jeune ait le droit de se promener avec ce genre d’ouvrages…*

Salazar aimait la magie noire depuis l’adolescence. A l’âge d’Heather, il faisait exactement comme elle, et cette pensée lui tira un sourire. Oui, il y avait pas mal de ressemblances entre le professeur d’Histoire de la Magie et la demoiselle TiesenHausen : tous deux serdaigles, tous deux aux opinions pro-sang pur, tous deux intéressés par la magie noire…

*Et tous deux coincés ici, au milieu de l’autre camp, à se demander si on arrivera à passer à travers les mailles du filet. Tous deux pensant avoir trouvé une bouée de sauvetage grâce à cette née-moldue, connue pour avoir menti et avoir souffert… Une telle similitude, c’est amusant.*

L’intervention du professeur Shafiq eut son petit effet sur les deux collégiennes. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce fut la née-moldue qui sembla rassurée, et la pro-sang Pur qui sursauta. Shafiq se délecta de la surprise dans les yeux d’Heather ainsi que de la naïveté effarante de Tracy.

Car la Quatrième Année promit à son professeur de ne pas le décevoir, acceptant tacitement des cours de rattrapage. Dans son esprit troublé par ses épreuves, la bataille et la victoire de son camp, sans doute avait-elle déconnectée son cerveau et accepté comme paroles d’évangile le discours de l’auror-en-chef.

*Et pourquoi pas, après tout ? Comme la majorité des gens, elle doit se dire que je suis là parce que j’ai toujours été de leur côté. Et puis, son cerveau n’est peut-être pas si déconnecté que ça… En fait, c’est même très logique : J’ai toujours traité cette fille avec égard, surtout qu’elle était bonne élève. Après la révélation de son mensonge, je ne l’ai plus eu dans ma classe, mais ce fut tout. Maintenant, je reviens vers elle et lui propose de se rattraper pour finir son année… Comment pourrait-elle imaginer qu’un professeur aussi serviable que moi soit du côté de Blackman ?*

Avoir Tracy avec elle sera vraiment très utile lorsque les accusations tomberont. Il pourra prouver ainsi qu’il n’hésite pas à faire cours à des nées-moldues reconnues. Voilà qui mettrait à mal les accusations.

Heather Tiesenhausen, par contre, ne fut pas dupe. Pour en avoir discuté quelques fois avec son professeur, elle savait quel était son vrai camp.
*Elle pourrait témoigner contre moi… Mais ce faisant, elle se mettrait en avant, et je doute qu’elle souhaite attirer l’attention.*
Toujours aussi intelligente, Heather comprit le double sens du terme « choquée » qu’a utilisé Salazar, mais elle ne semblait pas l’avoir bien pris. Dommage, le professeur Shafiq adorait le double langage.

*Il faut bien qu’il y ait une différence –même infime- entre nous.*

Tracy, d’un air assez touchant, il faut le lui reconnaître, alla jusqu’à remercier son professeur de les avoir aidé. Cette fois, Salazar sourit franchement. Qu’est-ce que cette fille pouvait être naïve et utile ! Elle était vraiment parfaite pour sa futur défense à son futur procès- car il ne faisait aucun doute pour le professeur que tôt ou tard, on l’arrêtera. Maintenant qu’il avait la proie idéale, il ne fallait pas la lâcher et l’exploiter au maximum.

« J’ai fait de mon mieux, mademoiselle. Je peux vous l’assurer. » Lui mettant la main sur l’épaule, il rajouta : « Ce que vous me dites me touche beaucoup. Rares sont celles et ceux qui ont la sagesse de comprendre ce que j’ai fait. Je vous remercie à mon tour. »

Heather, de son côté, demanda s’il avait plus de nouvelles que les aurors. Se composant un air plus grave, il lui répondit :

« Les aurors et moi n’avons pas eu beaucoup l’occasion de parler, mademoiselle Tiesenhausen… » elle devait s’en douter d’ailleurs ! « …mais en tant que professeur d’Histoire de la Magie, je peux me baser sur les précédents qu’il y a eu dans le passé pour tenter de vous donner la suite des évènements. La conquête de Poudlard, seul collège du pays, est un coup presque fatal pour Blackman. Soit il tente de reconquérir le collège –mais en a-t-il les moyens ? J’en doute - soit il se repliera au Ministère. Londres est stratégique, bien défendu, il y aura des affrontements violents. J’ignore ce qui se passera après. »

Le cerveau très serdaigle de Shafiq fonctionnait à plein régime.

« Il y a trois scénarii possible. Celui de 1981, où les mangemorts ont résisté plusieurs mois, ont torturé plusieurs aurors et autres sorciers avant de se rendre. Celui de 1998, où le régime s’est effondré très vite. Et un troisième scénario, celui de la contre-attaque et de la victoire de Blackman.»

La serdaigle de troisième année montra les blessés en indiquant qu’elle n’était pas le plus à plaindre. Non, en effet. Certains étaient très amochés. Shafiq repéra même le jeune Bowman se diriger vers Tasha. La dernière fois qu’il avait vu le gryffondor, il était inconscient et gravement blessé aux jambes ainsi qu’à la tête. Shafiq s’en était servi comme prétexte durant l’évacuation pour quitter le collège et aller à la Ferme le plus vite possible.

*S’il savait que je faisais partie de ceux qui l’ont évacué…*

Shafiq se mit entre les deux serdaigles et leur prit à chacune une épaule.
« Mesdemoiselles, je regrette tellement que vous soyiez témoins de ceci. J’aurais souhaité que la fin d’année ne se termine pas par une bataille aussi sanguinaire. C’est certainement utopique, mais… j’aurais souhaité un monde bien meilleur que celui dont nous vivons. »

Chacune des collégiennes a dû interpréter ses paroles d’une manière fort différente…



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MessageSujet: Re: Topic d'accueil   Hier à 5:42

accueil à la ferme
sage & les autres
Notre liberté est menacée par le besoin de sécurité et la sécurité elle-même est menacée par le souci obsédant qu'on en a.

Assis dans la salle à manger après le fabuleux discours d'accueil qu'on venait de leur servir - plein de sarcasme ici - le jeune garçon avait tenté de se rassurer en offrant une prière à ce qu'il croyait être son ange gardien. Si certains croyaient que le destin était en leur faveur, Sage lui, croyait fortement que quelque chose veillait sur lui. Après tout, c'était ce que lui avait inculqué son père et la religion qu'il prônait. Rapidement, le serpentard avait été rejoint par une fille plus âgée qu'il ne connaissait pas. Une fille qui lui demanda si la croix qu'il portait au coup était un porte-bonheur. En guise de réponse le Sinclair lui demanda si elle avait le foi ou si elle croyait aux anges. La réponse de la fille ne tarda pas à venir à lui : « Je pense qu’on a tous le droit de croire en quelque chose, je ne sais pas vraiment si je crois à tout ça ou non, je dois dire que je ne me pose pas vraiment la question mais je crois en la tolérance, c’est déjà pas mal. » Croire en la tolérance. Sage n’était pas certain que la fille était vraiment… Enfin, il ne voulait pas la juger trop rapidement, mais comme première impression on avait vu mieux. « On ne peut pas croire en la tolérance. Ce n’est pas une croyance, mais une valeur. On peut la prôner et l’appliquer à son quotidien, mais je doute que puisse croire en la tolérance comme des gens croient en la science, en Dieu ou en une toute autre religion. », répliqua Sage dans un froncement de sourcils. Il pensait sincèrement que la tolérance n'était pas une croyance, mais encore là, il pouvait se tromper. Il n'avait pas la science infuse dans le domaine. En arrivant à Poudlard, il avait été un peu surpris que tout le monde ne partage pas sa foi ou qu'on se braque face à cette dernière. Dans un premier temps, ça l'avait déstabilisé, mais il s'en était rapidement fait l'idée. La conversation aurait pu en rester là. Sage aurait pu simplement rester avec l'impression que cette fille était plus fermée d'esprit qu'elle ne le prétendait, mais la suite lui permis de se faire une opinion un peu plus développée de la jeune femme, et on ne pouvait pas prétendre que c'était une bonne chose.

Il venait de lui expliquer un peu le principe de son ange gardien. Ce devait sans doute être un peu flou pour elle qui n'avait eu réellement la foi, mais ce n'était pas très difficile à comprendre. On priait pour qu'il nous protège et si on le méritait, il venait à notre secours gardant nos arrières. Il avait été là pour lui en tout cas. Jaspe s'était enfui, mais était revenu sans grand blessure. Mackenzie pour sa part avait été un peu plus amochée durant la bataille, mais rien de grave. Sage ne pouvait pas blâme son ange gardien pour ça, il connaissait sa sœur et savait qu'elle cherchait toujours les emmerdes. Les blessures mineures étaient choses courantes avec Kenny, on finissait par ne plus y faire tellement attention avec le temps. Explication donnée, Sage ne s'attendait pas trop de réponse de la fille. Pourtant, elle ne se gêna pas pour donner son opinion... « C’est qu’il joue bien son rôle d’ange gardien alors, tu connais son nom ? Il veille sur toi depuis combien de temps ? » , dit-elle d'une voix douce qui, pourtant l'impression de compréhension qu'elle laissait sous entendre, le deuxième année avait l'affreuse impression qu'elle se foutait de lui. Savannah venait d'être classé dans la case « fille trop naîve et carrément idiote qui me prend pour un crétin ». Elle le prenait pour un gamin avec un ami imaginaire où quoi?! Vraiment insultant quand même. Il avait plus six ans! Il se retint de lui faire remarqué que son manque de culture était vexant. À la place il joua le masque de gentil garçon trop adorable, même s'il avait bien envie de la planter là pour le coup. « On ne peut pas connaître leur nom, ni savoir s'ils veillent sur nous depuis longtemps. Ils son plusieurs, et on en envoie un en fonction de ce que nous avons besoin. Ce sont des soldats, si tu veux. On ordonne et ils obéissent. » Explications basiques pour fille niaise. Elle le prenait pour un idiot, lui aussi il pouvait jouer à ce petit jeu... S'il n'avait pas très bonne opinion d'elle, Sage ne s'abaisserait pas à lui faire savoir ou sentir. Il jouerait le jeu jusqu'à savoir si elle, ou une personne lui étant proche, pourrait lui être utile d'une manière ou d'une autre. Fallait toujours assurer ses arrières, en tout temps. Tout le monde, aussi inutile pouvaient-ils paraître, avait une utilité à un moment où un autre. Là, elle lui faisait oublier un peu tous ces mois de galère dans les cachots.

Des présentations officielles ne tardèrent pas à se faire entre les deux serpentards. « Moi c’est Savannah, je suis ravie de faire ta connaissance, Sage. », répondit la brune alors que l'adolescent lui donnait son nom. Si elle était ravie de faire sa connaissance, ce n'était pas tout à fait le cas pour le garçon. Il n'était pas certain d'aimer la conversation qu'il avait avec elle, ou plutôt l'impression qu'elle lui laissait. Encore une fois, il masqua ses véritables pensées en lui adressant un sourire angélique. « Je suis également ravis de faire ta connaissance. », dit-il d'une voix mielleuse. Sage jeta un regard circulaire dans la pièce avant de reposer ses yeux verts sur Savannah souriant toujours. « Alors Savannah, tu as l'intention de suivre des cours de rattrapage ? Personnellement, j'ai bien hâte de récupérer une baguette pour m'entraîner un peu ! J'ai l'impression que ça fait des millénaires que je n'aie pas lancé de sort ! Il y a une matière que tu préfères ? » Cette fois il était bien sincère. Il avait réellement hâte de se remettre à la magie. Il adorait ça !
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