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 le sentier des condamnés ► professeur m. burgess

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MessageSujet: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Mer 2 Nov - 19:30


ft. Professeur Morgana Burgess

Le sentier des condamnés

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Décidément, j’aimais bien prendre des risques. Malheureusement, ce n’était pas bon pour mon espérance de vie. En effet, je crois bien me souvenir de quelques anecdotes amusantes sur mes voyages où j’ai failli mourir à plusieurs reprises, car j’étais trop téméraire. La plupart était justifiée, d’autres, un peu moins... Comme la fois où j’ai fais mumuse avec un scorpion qui m’avait piqué dans l’œil. Ouh, ça avait teeeellement fait mal.
Quand je suis entré dans Poudlard en tant que professeur, j’avais tenté de me donner une bonne résolution : plus de bêtises ! Plus, dans le sens, plus du tout, et pas +. Il faut dire qu’en tant que directeur je me devais d’être sérieux, intègre, et strict. Malheureusement je ne tins absolument pas ma résolution, notamment lorsqu’il y eu la bataille surprise des mangemorts. La différence c’est que lorsqu’il y avait des blessés, je les soignais, tandis que durant ma jeunesse, ils se seraient certainement démerdés tandis que moi je cassais du mangemort. Ouais, on peut dire que j’avais un peu mûrit.
Les nés moldus dormaient donc dans un cachot humide et froid, et étaient sous alimentés. J’avais donc pris la résolution de faire quelques entorses aux règlements, aidés de quelques élèves. Il y eu même Gabrielle, la nouvelle prof de botanique, qui nous prêta main forte. Je l’aimais bien, elle avait ce petit côté fêtard qui faisait qu’elle était intéressante, pas comme certains professeurs dont je ne citerai pas le nom. Ainsi, Gabrielle m’aida à rassembler un peu de nourritures qui ne risquaient pas de salir comme des liquides ou quoi, et quelques couvertures – pas assez, mais au moins, certains des plus jeunes auraient de quoi se réchauffer. Et puis, je me doutais qu’ils devaient dormir en mode pingouin : entassés les uns les autres pour garder le plus de chaleur possible.
Après une semaine donc, ce fut le premier manquement au règlement, et c’était moi qui m’y collais. J’avais caché le butin proche des cachots pour ne pas à avoir à me trimballer dans tout Poudlard, du 7ème étage jusqu’au sous sol, avec un sac un peu suspect. Mon excuse, lorsque je croisais des mangemorts ? Insomnie. Bah, de toutes les manières, en tant que sang pur qui semblait légèrement adhérer à leur règlement, ils ne pouvaient rien me dire.

Une fois à ma cachette, j’attendis d’être bien sûr qu’il n’y ait personne pour prendre mon sac et filer vers les cachots. Je tentais de me faire discret, de rester dans les ombres, de me cacher lorsque j’entendais un bruit. En effet, il serait malvenu de ma part de me faire choper maintenant. Non seulement je ne pourrais plus me balader comme je le voudrais – en plus du châtiment corporel qui allait avec – mais aussi les cachots risqueraient d’autre d’autant plus surveillés et ce sera un risque bien plus grand d’y aller pour Gabrielle. Donc il fallait que je fasse preuve d’une discrétion hors pair. Que je sois le maître des ninjas, le maître des ombres, ou encore le maître des fantômes – bref, tout ce qui se rapporte à la discrétion absolue.
Et puis je me cassais la gueule par terre.
Niveau discrétion, on en reparlera.

Je me suis donc lamentablement éclaté la gueule par terre. Pourquoi ? Oh, tout simplement car je m’étais pris les pieds dans une dalle légèrement délogée, ce qui fait que, de surprises et avec toute la concentration que je mettais pour ne pas faire de bruit, je tombais de tout mon long par terre. Et mon sac aussi, du même coup, se retrouva à terre, déversant quelques victuailles par la même occasion.

« Par la merde de McGonagal ! » jurais-je dans ma barbe.

Barbe que je n’avais pas d’ailleurs. Je ne savais pas trop si je devais être fier d’être imberbe ou non, puisque je ne savais pas trop si la barbe m’aurait ajoutée un charme en plus de celui que j’avais déjà. Bien sûr que j’avais un charme, sinon pourquoi serais-je si populaire ! (*tousse tousse*).
Me relevant à quatre pattes, je m’employais donc à reprendre la nourriture au sol pour la remettre dans le sac. Jusqu’à ce que, lorsque je posais la main sur le dernier ingrédient : une pomme ; mon regard accrocha des pieds. Qui n’étaient pas les miens, du moins je supposais que je n’avais pas des pieds de femme et encore moins dans une telle position par rapport à mon corps. Relevant lentement la tête, mon regard accrocha avec une horreur tangible celui de Morgana Burgess.
Je me levais d’un bond, d’abord surpris, avant d’avoir un large sourire sur le visage.

« Momo ! » m’exclamais-je alors. « J’peux t’appeler « Momo » hein ? » Bon à vrai dire ce n’était pas comme si elle avait vraiment le choix, quoi. « Tu tombes à pic ! J’te cherchais ! J’voulais faire un petit pique nique avec ma serpentard adorée dans ce lieu merveilleusement pittoresque que sont les cachots. Après tout, je sais que tu m’aimes mais que tu n’oses pas l’avouer. »

Autant jouer la carte de l’innocence, bien que je doute que cela fasse mouche auprès de Burgess. A vrai dire, je tentais de la jauger. Amie ou ennemie ? Devrais-je l’assommer pour prendre la poudre d’escampette ? Ou au contraire allions-nous prendre ce pique nique ? Tant de questions sans réponses... Et moi, toujours avec mon sourire joyeux sur le visage, j’attendais.

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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Dim 4 Déc - 3:03

Cela faisait une semaine que mes nuits étaient agitées. La bataille qui avait eu lieu à Poudlard avait marqué les esprits et elle s’était déroulée de manière si rapide que nous n’avions pas eu le temps de nous en remettre. Je crois que l’on ne s’en remettrait jamais, d’ailleurs. Je revoyais cet élève de Serpentard chuter au sol avant de rejoindre la mort brutalement. Owen O’Towey était son nom. J’avais refusé de me rendre lorsque le nombre de mangemorts nous surpassait et j’avais payé cet entêtement par le décès d’un des miens. Je n’arrivais toujours pas à me le pardonner. Une famille était désormais brisée parce que j’avais refusé d’obtempérer, par fierté et volonté de continuer à me battre contre ce fléau. Si j’avais pu, j’aurais envoyé un courrier à ses parents pour leur faire part de ma responsabilité dans cette histoire mais ma sœur m’avait fait très clairement comprendre que ce genre de courrier ne passerait pas la sécurité. Ma sœur, Annabeth, était dans leur camp. Je l’avais toujours su conservatrice et adepte d’un régime sociétaire qui favoriserait les sorciers au sang-pur mais j’ignorais qu’elle irait jusqu’à se rallier directement aux Mangemorts, ou même en devenant l’un des leurs. Elle n’avait pas voulu me montrer sa présence, ce soir-là. Dissimulée sous une capuche, elle s’était contentée de nous affronter sans dévoiler son visage mais les circonstances de l’affront avaient fait qu’elle n’en avait pas eu le choix. Peut-être aurais-je préféré ne jamais la voir dans cet accoutrement. Elle m’avait trahie…

L’une des autres raisons qui m’empêchaient de trouver facilement le sommeil était les lamentations que je pouvais entendre dans les cachots. Jour et nuit, j’entendais des plaintes en provenance d’un couloir anciennement condamné qui venait d’être aménagé pour y accueillir les nés-moldus. Autant dire que les conditions d’hygiène là-bas étaient déplorables et dignes d’un camp de concentration moldu. Je ne supportais pas l’idée de savoir que tous ces élèves innocents pourrissaient dans la même cage. Et quand ils n’y étaient pas, c’étaient les travaux forcés ou le fouet qui les attendait. Aaron y était également, ce qui me peinait d’autant plus. Je ne concevais absolument pas l’idée de ne faire cours qu’à une partie de la classe en sachant qu’il y avait des prodiges en potions parmi les nés-moldus. Ils n’avaient jamais volé leur baguette. Ce nouveau règlement m’indignait. Si Poudlard devait être libéré un jour, alors, il me faudrait prendre quelques initiatives pour préparer le retour de ces élèves privés d’enseignement. J’avais donc décidé d’archiver dans un tiroir des plans très détaillés de chaque programme scolaire. Si jamais on osait me les perquisitionner, je n’aurais qu’à répondre qu’ils me servaient simplement de support pour mener les cours ou bien de fiches de révisions pour les élèves ayant le droit d’y assister.

Ce soir-là, je quittais mon bureau pour me rendre au cinquième étage. Rose McLean m’avait invitée dans ses appartements pour parler un peu de la situation et se redonner un peu le moral. Je lui avais tout raconté au sujet de ma sœur et elle avait tenu à ce que l’on passe une soirée entre filles. Mais alors que je sillonnais les couloirs calmes, humides et obscurs des sous-sol, un bruit lourd m’immobilisa net. Je fronçai les sourcils, perplexe. Cela venait-il des nés-moldus en manque de confort ? Ou bien autre chose ? Je n’avais pas vraiment songé à la possibilité qu’un élève ne rompe la règlement pour une raison ou pour une autre, mais je demeurai attentive à mon environnement. Je fis quelques pas sur le côté, avant de baisser les yeux et de me rendre compte qu’une silhouette était étendue au sol et pas n’importe laquelle : celle de Léonidas Ziegler.

Je soupirai de lassitude. Ce sac s’était également fracassé par terre, dévoilant tout un arsenal de nourritures et un bout de couverture. Il n’y avait nul besoin de posséder le diadème de Serdaigle pour connaître ses intentions. Elles étaient louables, en effet. Cependant, cela engendrerait trop de problèmes s’il se faisait prendre ou si les Mangemorts commençaient à se rendre compte que des personnes passaient outre leur sécurité pour aller aider les prisonniers. Surtout s’il savait que tout venait de l’initiative d’un enseignant. Et visiblement, ce dernier aussi était surpris de ma présence. Il devait bien se douter que les probabilités d’être seul ici étaient faibles. Les patrouilles se faisaient régulièrement et, d’ailleurs, elles m’agaçaient. J’entendais les discussions de nos fameux surveillants, le soir. La discrétion n’était pas leur fort.

« Momo ! »
Son grand sourire ne m’aura vraiment pas manqué… Ni cette manie de familiariser les noms. J’avais appris qu’il avait autorisé des élèves à l’appeler par son prénom, ce qui, très franchement, n’était pas commode venant d’un professionnel.
« J’peux t’appeler « Momo » hein ?
‒ C’est Morgana pour toi. » Répondis-je un peu sèchement, essayant ne pas me laisser distraire.
Il semblait avoir besoin de moi. Je l’écoutai en silence, visiblement perplexe au départ, avant de prendre une mine encore plus lassée. C’était ainsi qu’il souhaitait me convaincre qu’il ne faisait rien d’illicite ? Je m’étais attendue à une meilleure excuse de sa part. J’affichai un faux sourire, lui faisant comprendre que je n’étais pas dupe.
« Bien sûr… un pique-nique après le repas du soir juste entre nous deux ? Arrête tes plaisanteries. Tu sais que tu n’as pas le droit de venir ici ? Enfin, pas dans cette partie des cachots mais nous savons tous les deux où tu souhaitais te rendre. Tu es complètement inconscient ! » Repris-je, les mains contre les hanches, en prenant un air sévère qui dissimulait tout de même une certaine inquiétude à son égard.

J'avais l'impression de gronder un enfant. Il m’était déjà impossible de revoir Aaron, alors je ne comptais pas perdre le contact non plus avec un autre professeur ne faisant pas partie de l’armée de Blackman.




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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Mer 21 Déc - 16:40


ft. Professeur Morgana Burgess

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Morgana ne sembla pas très réceptive à mon charme naturel. Je pensais pourtant que mon parfum « musc de chacal » ferait mouche. Apparemment non, puisqu’elle refusa mon adorable petit surnom tout mignon à son intention. Momo. Quand même. Dévergonde toi un petit peu !
Bon, hein, qu’on se le dise : je n’avais pas pour parfum « musc de chacal ». Quand même. J’avais un peu d’amour propre. Par contre il est éventuellement possible d’avoir mis ce parfum sur un autre professeur – Breckenridge, pour ne pas citer de nom. Bah quoi ? Il fallait bien que je rende honneur à mon statut de Gryffondor. Ils sont réputés pour être des fouteurs de merde, non ? (même si, au vu de la génération actuelle, il y a des fouteurs de merde un peu partout dans les maisons (en fait la gryffondor-attitude est une maladie contagieuse)). Et puis, dans le pire des cas, Breckenridge ferait juste fuir les mangemorts par son odeur. C’est tout bénéf’ !
Hm ? AH bah non ça ne ferait pas fuir Morgana voyons. Elle a des gouts raffinés, c’est pour ça.
*Tousse*

Tout ça pour dire que miss Burgess ne fut pas spécialement très très dupe face à mon mensonge haut en couleur. Il faut dire, il ne fallait pas être une lumière pour voir à quel point mon raisonnement était tiré par les cheveux – mais il ne fallait pas me connaître depuis bien longtemps pour savoir que je n’étais moi-même pas d’une logique implacablement logique. Tout ça pour dire que, pour moi, c’était tout à fait normal d’aller s’faire un p’tit pique-nique près des cachots des nés moldus juste après le repas du soir avec Morgana histoire de les narguer de notre privilège des plus incroyables.
Ouais en fait même pour moi ce n’était pas très très très très trèèès logique tout ça tout ça mais on s’en fout au pire. Non ? J’ai dis que si on s’en foutait donc on s’en fout ! Voilà. Parfait.
Burgess se mit donc à me gronder comme l’enfant inconscient que je suis. Je ne pus retenir un sourire amusé tout en l’écoutant, alors qu’elle, elle semblait clairement être inquiète. Comme une maman est inquiète pour son enfant – je me serais presque attendu à une p’tite fessée. Et puis, je ne dis pas non au MILF. Ou à l’inceste.
Ouais nan en fait si je suis contre l’inceste, j’ai une sœur bordel !

« Morgana Burgess qui s’inquiète pour moi, trop mignon ! » lâchais-je alors en lui touchant affectueusement la joue avec mon poing. « Mais tu ne devrais pas, je suis comme un chewing-gum collé à une chaussure – ou un virus style VIH – on ne se débarrasse pas de moi facilement ! Je précise que je n’ai pas le sida, hein. »

Bien que l’on aurait put en douter fortement au vu de mon séjour dans les terres indiennes où je ne faisais que fumer leurs étranges herbes euphorisantes – j’en avais ramené une pousse d’ailleurs, qui trônait avec fierté sur mon bureau. L’avantage c’était que, n’étant pas du cannabis, il était difficile de voir en elle une plante récréative à la place d’une plante décorative. M’enfin.

« Aussi, tu semblais sur ta faim ce soir, alors j’me suis dis que je pourrais t’apporter un dessert ! »

Non non, il n’y avait pas de boites de capotes dans mon sac. Même si bon, Winslow aurait put en faire bon usage pour réchauffer les pauvres petits élèves dans ce cachot humide.
J’dis ça, j’dis rien.

« Je dois dire que ton attitude de maman pseudo-autoritaire est aussi pas mal excitante en fait. Tu veux pas me punir aussi ? Je t’imagine assez bien avec un fouet, toute en cuir. J’te l’offrirai pour Noël tiens ! »

La question qui se pose est : en serais-je réellement capable ? D’offrir une tenue toute en cuir avec un fouet – ou un martinet tiens, ça ferait moins mal (non je ne parle pas d’expériences) – pour Noël ? Bah, n’importe qui me connaissant un minimum dirait clairement : OUI. Ouais, j’en étais capable, et je ne serais pas contre de la tester avec elle.
M’enfin, j’dis ça, j’dis rien.

« Ah ! Regarde ! » fis-je soudainement en fouillant dans mon sac. J’en sortis bien vite une bouteille moyenne contenant un liquide rougeâtre faisant penser à du vin rouge. « Tu vois ! Ca prouve que je n’allais pas voir les nés moldus mais toi. Pour qu’on se réchauffe un peu en ce temps glacial. »

Oui bon, la bouteille était pour Winslow. Car s’il voulait profiter des capotes fallait souler les élèves avant, histoire qu’ils soient consentants. Hm ? Ah non non non, il n’y a toujours pas de capotes dans le sac hein. Pas du tout.

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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Sam 24 Déc - 0:47

Comme je m’y attendais, ma réprimande ne semblait pas le faire réagir autrement que par un autre sourire idiot. J’avais le sentiment de parler à quelqu’un bloqué sur sa témérité et son inconscience. Léonidas avait toujours été borné, même durant notre scolarité. Si j’avais plus détesté Aaron que lui à l’école, je devais bien avouer qu’il m’avait plus souvent donné du fil à retordre que le né-moldu. Sans doute parce qu’Aaron avait toujours été un minimum politiquement correct dans ses agissements, alors que Léonidas ne connaissait aucune limite dans sa fourberie. A l’époque, je ne comprenais pas comment un garçon au sang-pur pouvait être du côté des indignes et je l’avais bien souvent insulté de traître à son sang. Mes parents crachaient sur cette famille depuis des années et ils avaient été ravis d’apprendre qu’un Mangemort s’en était pris aux parents de Léonidas, ainsi qu’à sa sœur. Alors âgée de seize ans, je n’avais pas réalisé l’atrocité des événements, me contentant de rire bêtement quand j’évoquais les faits devant le concerné. Évidemment, cela ne lui plaisait mais alors pas du tout. On s’était souvent pris le bec de manière très agressive, même si cela n’allait pas aussi loin que certains élèves aujourd’hui ‒ petite pensée à Rosenbach et Breckenridge.

Quoi qu’il en soit, je ne m’attendais pas à ce qu’il devine la pointe d’inquiétude que ses agissements avaient suscité en moi. C’était assez embarrassant, je dois dire.

« Hum, si tu le dis, dis-je en observant son sac à provisions. Eh, arrête ! »

Il venait de me toucher la joue avec son poing sans que je ne m’y attende et je prenais très clairement ça comme une tentative pour m’adoucir à l’égard de ce qu’il avait fait. Mais non, je n’allais certainement pas me laisser distraire comme ça. Ni même par ses comparaisons qui ne me faisaient pas rire dans ce genre de situation.

« Chewing-gum ou pas, si on te voit, tu risques de finir comme Breckenridge ! »

Le professeur de défense contre les forces du mal était surveillé, ce qui réduisait grandement son champ d’action. Selon les rumeurs, on ne le voyait plus en journée. Il restait enfermé dans ses appartements, sans doute déprimé à l’idée de savoir que sa fille avait prêté allégeance aux Mangemorts et qu’il ne pouvait que l’observer de manière impuissant. Quelqu’un l’avait vue lui rendre visite et cela n’avait pas été une discussion très chaleureuse entre eux.

Léonidas poursuivit ses pitreries, inlassablement. C’était ridicule. Je ne répondis rien à sa proposition de dessert, me contentant de l’observer sévèrement , sans bouger. Puis, la suite me brusqua entièrement. J’eus un mouvement de recul tandis qu’un rire nerveux s’échappa de mes lèvres. Non mais vraiment !

« Non merci, ce n’est pas mon fantasme. Et je t’épargne même l’effort de m’offrir le moindre cadeau. » Répondis-je en plaçant des distances, toujours stupéfaite par tant de légèreté.

Je lui en voulais de m’avoir mise en tête une sale image en tête avec lui m’offrant un cadeau particulièrement suspect et qui… frissons… Je ferais mieux d’oublier cela. Mon attention fut redirigée de nouveau vers son sac, duquel il en extirpa une bouteille contenant un liquide rougeâtre. Du vin rouge ? Je me demandais bien pourquoi il prenait ce genre de boisson sur lui, surtout en sachant qu’il était sûrement sur le point de rendre visite aux enfants de moldus. Je ne pouvais pas croire qu’il puisse oser leur faire boire cela. Je savais pourtant que l’un de mes prédécesseurs, Horace Slughorn ‒ et mon ancien professeur préféré ‒ avait pour coutume d’offrir un peu d’hydromel à ses élèves de sixième et septième année lors de ses soirées. Je ne trouvais pas cela très convenable mais, d’un autre côté, certains d’entre eux venaient d’atteindre la majorité. Disons que… cela se discutait. Et puis Léonidas n’avait pas la même personnalité que Slughorn…

« Mouais… Je ne suis pas convaincue, avouai-je en soupirant. Mais bon, j’imagine que ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de se procurer un peu d’alcool dans ce château. Surtout ces temps-ci. *hésitation de quelques secondes* Allez, viens. »

J’avais prononcé ces mots avec un peu plus de douceur qu’avant. Je préférais savoir Léonidas à l’abri des méfaits et loin du couloir des nés-moldus. Je lui fis un bref signe de tête pour l’inviter à me suivre en direction de mon bureau. Peut-être commettais-je une erreur en me faisant subir moi-même sa présence pour un bon moment mais, au fond, je ressentais tout de même pas mal sympathie pour lui.



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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Mer 28 Déc - 19:37


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La situation était plutôt comique. Bon ok, n’importe quelle situation avec moi dedans était comique, mais cette fois-ci c’était avec Morgana. Qui aurait cru qu’une situation pouvait être drôle en sa présence ? Certainement pas moi. Qui aurait cru que je me montre aussi sympathique avec elle ? Pour ne pas dire que je tentais de me la mettre dans mon lit. Après tout, j’avais que trop de mauvais souvenirs de l’ancienne serpentard. S’amusant de mes malheurs comme si le fait de voir ses parents mourir et sa sœur se faire torturer et violer était quelque chose... que j’avais cherché ? En quelque sorte oui. Cela avait été l’impression qu’elle avait donné.
Evidemment, cela affectait moins les personnes qui n’étaient pas directement visées. Et je devais dire que sur le coup, j’avais eu envie qu’elle ressente ce qu’Athéna, ma sœur, avait ressenti, histoire qu’elle n’ose plus jamais se moquer des malheurs des autres.
Maiiis, il ne fallait pas ressasser le passé. Athéna allait plutôt bien – si l’on oubliait ses pouvoirs incontrôlables et son esprit d’enfant de 11 ans dans le corps d’une femme de 29 ans. Burgess avait visiblement changé de comportement, et je ne devais pas être rancunier. J’avais moi-même fais des erreurs dans ma jeunesse, surtout suite à ces évènements. On va dire que du moment que le sujet ne sera pas abordé, autant continuer d’être soi-même.
C'est-à-dire, faire le pitre.

« Hum, si tu le dis, » fit-elle, dubitative. « Eh, arrête ! »

Je venais de lui donner affectueusement un petit coup de poing sur sa mâchoire, et elle ne sembla pas spécialement apprécier ce petit geste affectueux. Ou peut-être que si mais qu’elle préférait garder son petit air autoritaire de mère supérieure. Dans tous les cas, il serait mal me connaître que de dire que j’allais le prendre en considération.

« Dans un steak il n’y a pas d’arêtes voyons Momo ! »

Oui, c’était une réplique enfantine, mais j’étais un profond gamin dans l’âme. Certainement à cause de l’influence de ma jeune sœur qui m’obligeait à avoir un comportement enfantin pour pouvoir jouer avec elle, et lui offrir maints et maints peluches qu’elle affectionnait tant. Ses préférés ? Les peluches horribles. Allez savoir pourquoi.
Morgana poursuivit en disant que si je continuais ainsi j’allais finir comme Breckenridge. Cette remarque m’arracha un sourire plutôt amusé. Le pauvre bougre semblait au cœur de la déprime la plus totale – certainement qu’un séjour à l’asile ne lui ferait que du bien.

« Ca nous ferait un point en commun, oouuuh c’est excitant ! »

Excitant ? Pas tellement, mais c’était drôle de le prétendre. A vrai dire, avoir des points en commun avec Stannislas m’horripilaient, et pourtant on en avait. A commencer par le fait que mon défunt père était un Auror, pas aussi connu que Stan, mais un Auror quand même. Là où la plupart des mortels y verrait un moyen de se rapprocher du corps enseignant, moi je voyais cela comme un moyen de m’en éloigner. Car depuis cette nuit là, j’avais les Aurors en horreur. Et maintenant avec la prise de pouvoirs de Blackman sur le monde magique et le ministère complètement largué, j’avais encore moins de respect pour eux.
La discussion se poursuivit sur le fait d’acheter un joli cadeau à Morgana : soit, une combinaison tout en cuir avec un magnifique fouet – ou martinet – à la clef. Elle sembla horrifiée, et me mit au courant que ce n’était pas dans ses fantasmes. Ce que je trouvais vraiment dommage, et cela se vit très clairement sur mon visage que j’étais déçu. Moi qui m’imaginais déjà en train de me faire punir...

« C’est dommage, tu devrais te dévergonder un peu plus ! »

En effet, ce ne serait que plus profitable pour toute la gente masculine du corps professoral. Je voyais déjà Stannislas saliver en suivant Morgana partout en lui demandant de le punir car il a été un méchant garçon.
Bon ok je commence sérieusement à divaguer. A tel point que je finis même par proposer à Burgess d’aller se faire une bouteille de vin en tête à tête. C’est à croire que ma chute m’avait fait plus mal à la tête que je ne l’aurais pensé. J’aurais mieux fait de stupéfixer Momo pour me carapater le plus loin possible. Quoique, ça se serait finit en duel de magie et ça aurait rameuté les mangemorts pseudo-menaçant.
Mais le pire dans tout ça, c’était que Morgana accepta ma proposition. Sur le coup, je devais dire que j’étais tellement surpris que je n’avais même pas réagis à sa proposition. Je la regardais juste marcher en direction de son bureau, avec moi derrière, complètement stoïque et immobile, une bouteille de vin dans une main et les pans de mon sac de provision dans l’autre.
Et puis je courus la rejoindre.

« Je ne pensais pas que tu suivrais mon conseil si vite ! » commençais-je par dire, faisant référence au dévergondage. « Mais j’apprécie. C’est amusant. Tiens, le premier qui finit bourré devra accorder une faveur à l’autre ! »

Et par faveur, j’en avais une en réserve qui serait parfait au vu de la situation... Mwéhé.
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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Jeu 29 Déc - 0:05

Dans un steak, il n’y a pas d’arêtes ? Voilà une expression curieuse que je ne connaissais pas mais qui ne m’inspirait que de la désespérance à son égard. Il fallait bien qu’il grandisse, un jour. Il avait mon âge, ce qui supposait qu’il avait dépassé la trentaine d’année. Il fallait dire adieu aux soupçons de l’enfance. Il fallait que cela ne reste qu’un souvenir et, cela, Léonidas avait apparemment du mal à le comprendre. Il se confortait dans ses pitreries jour après jour. Je me demandais s’il ne s’agissait pas d’une quelconque carapace pour lutter contre les démons de son esprit. J’avais appris, à mes dépens, que certaines personnes noyaient leur chagrin en les remplaçant par des farces ou par le rire en général. James Potter me l’avait montré, l’an dernier, quand je l’avais réprimandé sévèrement. Néanmoins, si je pouvais comprendre ce comportement venant d’un garçon de dix-sept ans, le cas de Léonidas m’échappait. Pourquoi ne faisait-il pas autre chose que de ressortir son âme juvénile à tout bout de champs ? Je devais reconnaître que cela faisait partie intégrante de sa personnalité mais c’était parfois très limite de me taper sur le système. En septembre, dès qu’il avait pris ses nouvelles fonctions de professeur, il n’avait pas cessé de me harceler de manière stupide et enfantine. Au départ, c’était sans doute par esprit de vengeance par rapport à notre ancienne scolarité. Je m’étais vite montrée agressive en réponse mais le temps avait fait que nos tensions s’étaient adoucies. Il avait bien voulu croire à mon changement, plus rapidement que ne l’avait fait Aaron.

« J’imagine que tu dois tenir cette blague foireuse de la bouche d’un élève de première année. Quelle créativité ! » Fis-je avec ironie, en soupirant.

Je ne dis rien concernant Breckenridge et le fait qu’un point en commun avec lui l’excitait. Je n’avais pas connaissance des raisons pour lesquelles ils ne s’appréciaient pas trop, alors je préférais ne pas m’en mêler. Je me contentai d’arquer un sourcil, toujours désespérée par ses propos de plus en plus malaisants et idiots. Il fut ensuite question de me dévergonder davantage. J’y voyais là un conseil plutôt déplacé et je le pris un peu mal. J’avais juste l’impression qu’il me prenait pour une vieille mégère aigrie et incapable de se montrer un minimum « joyeuse ». Mais j’avais ma répartie, en tant que femme fière.

« Ne t’en fais pas pour ça, je ne le fais juste pas devant toi. » Répondis-je presque sur un air de défi.

Quant aux détails, il pouvait bien courir pour les avoir. C’était avant tout un moyen de leur clouer le bec, lui et ses conseils pas du tout subtiles. Ceci dit, malgré notre discussion animée au tac-au-tac, cela ne nous empêcha pas de nous réunir de manière inhabituelle. Je ne disais pas non à un peu de vin, alors qu’en ce moment, nous avions tous des raisons de vouloir déprimer dans un coin. Premièrement, j’étais tiraillée des deux côtés ; entre le camp des ‘gentils’ par mes amis ‒ notamment Draco Malfoy ‒ et entre le camp des ‘méchants’ par toute ma famille. Je ne le montrais pas mais c’était difficile de concilier ces deux types d’entourage. Parfois, j’avais l’impression de ne pas avoir le choix et que faire un pas vers un côté détruirait à tout jamais mes liens avec l’autre côté. Sans oublier mes autres hantises, comme la mort de O’Towey. C’était un problème que je gardais pour moi depuis le début de l’ascension de Blackman parce que je ne voulais pas livrer aux autres ma détresse mais peut-être que de l’alcool me ferait oublier ces tracas… ne serait-ce qu’un peu.

Je l’avais donc invité à me joindre dans mon bureau pour que l’on puisse boire ensemble. Apparemment, ma réponse l’avait troublé puisqu’il ne me suivit pas immédiatement. Durant un instant, je crus même que quelqu’un venait de le pétrifier sur place. Il était là, presque hébété, comme si je venais de lui annoncer mon mariage avec le Baron Sanglant. Quoi que, j’étais certaine qu’il trouverait ça plutôt drôle et non pas stupéfiant. Je lui lançai un regard curieux, avant qu’il ne finisse par courir pour rattraper les mètres qui nous distançaient. Il ouvrit de nouveau la bouche en retrouvant son air facétieux, me lançant qu’il ne s’attendait pas à ce que je suive son conseil de dévergondage si rapidement. Je levai les yeux en l’air, pensant sérieusement qu’on ne pouvait plus rien pour ce pauvre garçon.

A l’aide de ma baguette, je mis fin aux enchantements qui protégeaient mon bureau dans le but de nous y laisser entrer. C’est à ce moment que Léonidas me proposa une sorte de jeu ; le premier à ne pas tenir à l’alcool devra une faveur à l’autre. Était-il sérieux ? On faisait cela à dix-huit ans et, au pire, à vingt-cinq ans mais plus à notre âge ! Je ne le comprenais vraiment pas et je l’observai de manière étrange, comme s’il venait de m’avouer qu’il serait prêt à imiter le singe s’il perdait le jeu.

« Hum, non merci ! On va tout simplement boire entre collègues, tout ce qu’il y a de plus normal, d’accord ? » Lui conseillai-je en accentuant le mot ‘normal’ comme si je souhaitais l'apprendre à un enfant.

Je lui fis ensuite signe de bien vouloir entrer à son tour, avant de refermer la porte derrière moi avec les enchantements habituels. Grâce à un autre coup de baguette, je réarrangeai mon bureau pour que la disposition puisse convenir à un tête à tête convivial. Les copies des élèves, mes plumes, ainsi que mon encre disparurent, laissant l’espace suffisant pour la bouteille de vin et deux verres adéquats que je fis magiquement sortir d’un placard. Enfin, lorsque le lieu me convint, j’esquissai un sourire tout en nous servant.

« Voilà qui devrait être confortable. A ta santé ! »





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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Jeu 29 Déc - 17:10


ft. Professeur Morgana Burgess

Le sentier des condamnés

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Ce qui était sûr, c’était que ma petite remarque enfantine déplut à miss Burgess. Evidemment, je ne m’attendais pas à ce que la si sérieuse Morgana Burgess de Serpentard devienne frivole et nous donne un sourire si rare sur son visage de fausse porcelaine. Fausse porcelaine car elle a une peau qui a l’air lisse mais au vu de son âge elle devait très certainement cachée ses rides avec quelques sortilèges. Tout ça pour dire qu’elle estimait ma blague provenir d’un élève de première année. Je préférais ne pas oser dire qu’elle venait juste de mon père. Premièrement car c’était un sujet sensible, deuxièmement car elle aura une image encore moins bonne de ma jolie petite famille. C’est un peu à cause de mon père que je gardais cette âme enfantine, alors bon. Tel père tel fils ! Tout ce dont j’espérais pour Burgess c’était que l’expression « telle mère telle fille » ne lui correspondait pas.
Et puis elle apprécia d’autant moins, semble-t-il, le fait que je lui conseille de se dévergonder.

« Ne t’en fais pas pour ça, je ne le fais juste pas devant toi. »
« Arrêtes-moi si je me trompe, mais tu ne le fais devant personne. »

Mon ton fut sérieux. Durant un petit laps de temps, mon expression et le timbre de ma voix furent sérieux, presque fermés, alors que je sous-entendais très clairement que Burgess ne savait pas s’amuser. Une coincée, en quelque sorte. Elle n’allait certainement pas apprécier, moi-même si j’avais droit à ce genre de réflexion – moi qui adorais m’amuser – je n’aurais pas apprécié. Mais le fait est qu’elle ne semblait pas s’amuser souvent. Voir même jamais. Confiner dans son travail, dans ses valeurs, dans ses problèmes. Elle ne semblait pas savoir se déconnecter du monde ne serait-ce que quelques instants. Et c’était bien triste.
Malgré tout, je ne gardais pas cette mine sérieuse bien longtemps, surtout lorsqu’elle accepta mon invitation à aller se bourrer la gueule dans les cachots – enfin, dans son bureau plus précisément, qui ne se trouvait pas très loin de nous. C’est d’ailleurs lorsque nous arrivâmes à son bureau que je lui proposais un petit jeu qui pouvait prendre des allures amusantes. Et elle se refusa à mon jeu, ce qui ne m’étonna pas spécialement d’elle, elle était bien trop sérieuse pour s’adonner à de telles pitreries. Et sur le coup je me demandais pourquoi je n’avais pas réquisitionner Winslow pour une beuverie entre homme plutôt que de me retrouver coincer avec Morgana.

« La normalité est d’un ennui... »

J’avais moi-même insisté sur le mot “normalité” étant donné qu’elle avait elle-même insistée sur le mot « normal », à croire qu’elle me prenait pour un débile. J’essayais de ne pas m’en offusquer. C’est limite si le fait de me traiter de normal était une insulte pour moi. Je n’aimais pas être normal, cela me donnait l’impression d’être commun, comme tout le monde, et je détestais l’uniformité.
Elle arrangea son bureau pour que ce soit plus confortable avant de nous servir deux verres de mon vin. Ce n’était pas de la pissette, mais ce n’était pas un grand vin comme j’avais pu gouter en France – divins étaient-ils.

« A ta santé ! »
« Proost ! » fis-je en prenant mon verre pour en boire une gorgée. « C’est comme ça que l’on trinque aux Pays-Bas. »

Je m’assis sur un fauteuil, faisant comme chez moi, tout en observant tout autour de moi le bureau de miss Burgess. Il était quelque peu différent du bureau que j’avais connu durant ma scolarité, mais c’était toujours aussi lugubre pour moi. Je n’avais jamais aimé vivre sous terre, je me demandais bien comment les Serpentards faisaient pour apprécier cela.

« J’ai été si souvent convoqué dans ce bureau que je pourrais citer toutes les différences entre maintenant et avant, » Moi, mauvais élève ? Jamais. « Je me souviens d’une fois où j’avais mis une boule puante dans ton chaudron. Le visage du prof était tellement rouge que j’ai cru que sa face allait exploser ! »

J’eus un rire à ce souvenir. Morgana avait été elle-même très en colère face à ma pitrerie ridicule, mais la réaction du prof avait été tellement épic que c’était comme si Morgana n’avait jamais été là.
Et puis, je me penchais en avant en direction de l’ancienne serpentard avec une lueur de défi dans le regard.

« Mais dis moi... Tu n’acceptes pas mon jeu alors ? Aurais-tu peur de perdre face à moi ? Je comprendrais tu sais, une fois en Russie j’ai fais un concours de shooters à la vodka avec un professeur de Durmstrang. J’ai perdu. »

J’en avais vu du monde durant mes voyages. J’avais mangé tellement de mets étranges que mon estomac était désormais forgé en béton armé, et gouté tellement d’alcool que mon foie devrait s’appeler Super Sayen. Enfin bref.

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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Dim 8 Jan - 1:05

Plus têtu que lui, cela n’existe pas. Il avait su bien répondre à ma petite provocation, se confortant toujours dans l’idée que je n’étais qu’une femme aigrie incapable de m’ouvrir un peu. Je pourrais argumenter mais le débat serait stérile ; nous n’avons peut-être pas la même définition de « s’amuser », tout simplement. Si je parvenais à bien séparer ma vie personnelle de ma privée professionnelle, c’était qu’il y avait, chez moi, des éléments me permettant effectivement de me déconnecter du monde. Ceci dit, je ne le faisais pas n’importe quoi n'importe où et n’importe quand. Quand je n’étais pas dans mes appartements, je considérais que j’étais sur mon lieu de travail.
Alors, je me contentai de l’observer étrangement, n’étant pas d’accord avec ce qu’il disait. Nous arrivâmes finalement sur le seuil de mon bureau, là où je tentai de lui faire comprendre que, durant ce petit moment passé ensemble, je ne souhaitais rien de bizarre ou d’idiot de sa part. Quelque chose de normal. Ce, à quoi, il me répondit que c’était ennuyeux. Je rétorquai brièvement qu’il avait tort de penser ainsi, puis, avec un peu plus d’optimisme, je me mis à arranger mon bureau pour que nous puissions mieux nous installer. Je fus perplexe lorsqu’il me sortit un « Proost » qui ne me disait rien qui vaille. Apparemment, c’était la manière de trinquer aux Pays-Bas. Je me demandais bien s’il ne se fichait pas de moi mais il avait quand même l’air assez sérieux ‒ pour une fois.

« Si tu le dis » Me contentai-je de répondre en prenant à mon tour une gorgée.

Ce n’était certainement pas le meilleur des vins que nous étions en train de déguster mais cela suffirait pour un simple tête à tête comme celui-là. L’alcool réchauffa un peu ma gorge et pendant ce temps-là, je pouvais constater que le regard de Léonidas se tournait vers la décoration de mon bureau. Il ne fallait pas être diplômé de Poudlard pour comprendre que ce n’était pas trop à son goût. C’était tout son contraire, tout ce qui pouvait contraster avec son caractère. Mais moi, je m’y sentais bien. J’avais pris l’habitude de ce type de lieu somptueux et sombre à la fois. Le manoir de ma famille m’avait baignée dans les lueurs vertes et les mobiliers sombres depuis ma naissance et c’était, sans oublier, toute mon adolescence quasiment passée à loger dans les dortoirs des cachots de Serpentard. Tout élève de cette maison se respectant affirmera qu’il n’y a pas d’autre endroit de plus fascinant, tranquille et inspirant que notre salle commune. Pour rappeler la grandeur de la maison, un autel à l’effigie de Salazar trônait au fond de celle-ci. Léonidas m’extirpa toutefois de mes pensées en attirant mon attention sur un autre souvenir de ma scolarité ; le cours de potions où, effectivement, ma préparation avait tourné au désastre. Slughorn était un professeur tolérant mais il avait également ses limites et Léonidas était parvenu à l’énerver au plus haut point. Et moi aussi, d’ailleurs. L’air suspicieux, je tendis un index accusateur vers lui :

« Cela ne m’étonne pas. Toi et les potions, c’était la même chose que moi et le Quidditch ! Le professeur Slughorn te détenait souvent dans ce bureau et je me souviens effectivement de cette boule puante. Je t’en avais voulu et tu n’imagines même pas le nombre d’idées de vengeances qui m’ont traversé l’esprit. »

J’avais eu un Troll mais, conscient que ce n’était pas de ma faute, j’avais été autorisée à recommencer ma concoction un autre jour pour effacer l’ancien résultat. En y repensant, c'était tout de même amusant de me rappeler à quel point j’avais été furieuse contre Léonidas. Je revoyais ce dernier, arborant un grand air satisfait et victorieux. Et, sur le coup, face au Léonidas trentenaire, je ne pus réprimer un sourire nostalgique, dissipant mon air accusateur.

« Cela remonte à longtemps et pourtant, j’ai l’impression que c’est comme si c’était hier. » Fis-je avec douceur sur un ton songeur.

Le directeur des Gryffondor m’observa par la suite avec une lueur de défi qui ne me disait rien qui vaille. Plissant légèrement les yeux par soupçon, je demeurai sur mes gardes. Je savais qu’il allait me remettre son fichu jeu sur le tapis. Et j’avais raison. Je pris deux nouvelles gorgées de mon verre, avant de lui répondre. Peur de la défaite ? Non mais, il peut rêver ! D’accord, je n’avais jamais affronté un professeur de Durmstrang à un concours de Shooters mais, face à Léonidas, j’avais de quoi largement tenir. Ceci dit, était-ce une raison d’accepter ? Je n’avais certainement pas l’envie de me démonter devant lui, cependant, je n’ignorais pas qu’il attendait justement que j’accepte de jouer juste pour ne pas perdre la face.


« Je n’ai pas peur de perdre contre toi, évidemment ! Tu ne t’adresses pas à n’importe qui, répondis-je avec suffisance. Simplement, je trouve que c’est… peu approprié pour toi et moi. »

Bizarrement, j’avais le sentiment qu’il n’allait pas avaler cette excuse et qu’il en profiterait plutôt pour m’attaquer de nouveau sur ma crainte de le voir gagner. Ah, l’enfant du Démon… Cela ne m’arrangeait pas de l’avouer mais je ne pouvais, en réalité, pas refuser. Je soupirai et me penchai en avant, l’observant droit dans les yeux. Avant qu’il ne puisse répondre, je repris la parole.

« Très bien ! Je participe à ton jeu, si ça te tient tant à coeur. Mais tu vas rapidement le regretter, Léonidas. Tu es absolument sûr de toi ? » Demandai-je avec une grande assurance et une détermination censée l’effrayer.

Qui sait ? Il y avait peut-être 5% de chance qu’il se désiste ?



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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Jeu 26 Jan - 17:55


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Nous trinquâmes, elle à la manière anglaise, et moi à la manière des gens du Pays-Bas. Ce qui était certain, c’était qu’elle sembla particulièrement dubitative avec mon « Proost », ce que j’eus du mal à comprendre. Ce n’était pas comme si avec un simple mot je pouvais la déshabiller et l’étendre sur son bureau – ahem. Il était inoffensif, alors je dus admettre être quelque peu vexé de son « si tu le dis ».

« Il m’arrive de dire la vérité, tu sais. »

Ayant beaucoup voyagé, je connaissais beaucoup de langue, et du coup différente manière de trinquer. Dis comme cela on pourrait croire que partout où j’allais je me prenais une petite mousse. Et c’est totalement vrai !
Enfin bon, malgré le fait qu’elle avait peu confiance en moi – ce qui pouvait se comprendre – nous partîmes sur un autre sujet. A savoir : notre jeunesse particulièrement mouvementé et explosive. C’était un sujet potentiellement épineux et dangereux si l’on se rapprochait un peu trop de ce qu’il s’est passé avec ma famille, mais bon je doutais quand même qu’elle en fasse allusion. Du moins, elle avait plutôt intérêt. Tout ça pour dire que je disais que le bureau présentait quelques différences, et que je pouvais presque toutes les comptabiliser étant donné toutes les fois où l’ancien prof de potion me vissait le cul sur son siège. Pour des petits méfaits tout gentil que j’avais fais à Morgana. Souvenir que je lui avais remis en mémoire d’ailleurs. Oh mais il n’y avait pas eu que cette fois-là. Je me souviens, à l’époque, je me donnais à cœur joie de faire des farces désagréables au pro sang purs. Parfois même aider de Winslow. Aaah, la belle époque.
Burgess, fidèle à elle-même, répliqua. Et on peut dire que cette histoire de boule puante semble encore aujourd’hui un évènement plutôt amer dans son esprit, ce que je devais dire, j’en étais très fier. Après tout, qui peut se vanter de marquer l’esprit de quelqu’un aussi longtemps ? Peu de personnes devait y arriver – enfin quand c’était des farces, bien évidemment si on allait jusqu’au viol et la torture c’est tout de suite plus facile de marquer quelqu’un. Enfin bref, je répondis à ses paroles par un large sourire amusé.

« Oh je suis déçu que tu n’es pas mis au point quelque plan machiavélique, s’aurait été amusant de devoir me venger à mon tour ! »

Même si l’on pouvait penser qu’au vu de ce que je lui faisais subir en tant que professeur de Poudlard était une vengeance en soi. Il fallait dire que c’était d’autant plus amusant de redoubler d’ingéniosité pour faire preuves de gaminerie contre Burgess sans me faire pincer.
Ah, ça ne marchait pas vraiment d’ailleurs.

« Cela remonte à longtemps et pourtant, j’ai l’impression que c’est comme si c’était hier. »
« C’était pas moi ! » m’écriais-je alors en me redressant. « Je veux dire... » Je tentais de prendre une allure décontracte. « Oui j’ai la même impression. »

Je pris une autre gorgée de mon verre de vin avec un petit air coupable que j’essayais de masquer – en vain (HA, jeu de mot ! /PAN/ /SORT/). Non non je n’avais pas du tout fais une petite farce discrètement durant un cours de Morgana avec ses élèves la veille. Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler.
Maiiis passons à autre chose avant de dériver un peu trop sur les bêtises que j’avais éventuellement faites – que je n’avais pas faites, bien évidemment. C’est pourquoi je revins bien rapidement à mon défi de boisson. Je n’allais pas m’avouer vaincu à si bon compte, et puis, c’était toujours amusant de taquiner un peu Burgess. C’est pourquoi je la traitais de trouillarde sans m’en cacher, ce à quoi bien sûr elle tenta de démentir.

« Simplement, je trouve que c’est… peu approprié pour toi et moi. »

J’haussais les sourcils, peu convaincu. Peu approprié ? Voyons, Morgana ! Ce n’était pas car nous étions des adultes qu’il ne fallait pas s’adonner à des petits plaisirs. Là encore se reflétait le côté terre-à-terre de la jeune femme. A croire qu’elle vivait effectivement sans aucuns plaisirs. Sa vie devait être bien triste, et pourtant c’est la mienne qui aurait du être à pleurer des litres et des rivières.
Ainsi donc j’adoptais une attitude totalement relâchée, presque victorieux face à ce qui semble être l’incapacité de Burgess à s’amuser, et plus exactement à me battre à un jeu de boisson. Cependant, alors que j’allais la taquiner de nouveau sur ça et polémiquer sur ma supériorité suprême – vu qu’elle déclarait forfait – Morgana reprit la parole. Pour dire quelque chose qui me surprit de beaucoup. Elle acceptait mon jeu. Sur le coup, je ne répondis pas, montrant clairement ma surprise sur mon visage.
Et puis très vite un large sourire s’installa sur mon visage.

« Tu es pleins de surprises, Morgana Burgess ! C’est intéressant. Evidemment que je suis sûr de moi. Je ne compte pas perdre face à toi ! Deal ? »

Je tendis ma main pour une poignée de main signant notre pacte. Un pacte avec le diable, en quelque sorte. De toute façon, elle ne pouvait plus reculer. Moi non plus d’ailleurs, mais je n’en avais jamais eu l’intention. Qui aurait cru que cette sortie dans les cachots prendraient de telles tournures ? Certainement pas moi, certainement pas avec Morgana.

« Directrice des Serpentards hein ? Cela ne m’étonne pas de toi. Tu dois certainement être la plus tyrannique d’entre tous. Les pauvres, je les plains ! » poursuivis-je en finissant mon verre. « Je te ressers ? »
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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Mer 1 Fév - 23:41

C’était étrange de reparler du passé dans une ambiance presque burlesque. Autrefois, je n’aurais pourtant jamais cru bien m’entendre avec Léonidas ou Aaron. Ils avaient été un peu mes Némésis, mes victimes, mes ennemis ou encore mes rivaux en matière de répartie. Tout était mal parti et aujourd’hui, il semblait que la maturité avait balayé ces mauvais ressentis.

« On en a assez fait comme ça des mauvais coups, à mon avis. » Dis-je d’un air un peu amusé.

Cela me rendait nostalgique malgré tout. Nous avions tous beaucoup changé dans l’ensemble, à l’exception de Léonidas qui avait gardé son grain de folie. Comme je venais de lui dire, j’avais quand même l’impression que tout ne datait pas d’il y a si longtemps. Ce à quoi il me répondit quelque chose d’étrange que je ne saisis pas. Comment ça « c’était pas moi » ? La tête légèrement penchée sur le côté pour marquer mon incompréhension, j’arquai un sourcil interrogatif. Il se rattrapa rapidement en confirmant qu’il pensait à la même chose que moi. Sûrement qu’il venait de s’égarer dans une de ses suggestions loufoques ; à force, je n’étais plus étonnée. Il avait parfois des moments stoïques où il s’arrêtait de parler, comme si une idée de génie germait dans sa tête, avant d’exploser à nouveau d’hyperactivité. Je ne dis rien, et le laissai poursuivre sur son fameux jeu d’alcool. Pour moi, ce n’était pas approprié surtout en sachant ce qu’il y aurait au bout de ce jeu. Connaissant Léonidas, cela pouvait virer à des choses… peu communes. Il serait tout à fait capable de me demander de faire un strip-tease devant un collègue tout comme me demander de me déguiser en canard et de danser au beau milieu des cachots. Je m’étais donc montrée réticente mais, finalement, je dus céder devant l’envie de lui montrer que je ne craignais pas de perdre. Ce n’était pas la confiance en moi qui me manquait. Il fut ravi de mon changement d’avis, étant même très surpris. Un petit sourire s’étira sur mes lèvres à la vue de sa réaction et à l’entente de sa réponse. L’atmosphère venait de se réchauffer d’un coup, tandis que je lui serrai la main, garantissant ma participation au jeu.

« Je suis toujours pleine de surprises, déclarai-je malicieusement. Allez, deal. »

Désormais, on ne pouvait plus retourner en arrière. Je n’avais plus qu’à chercher quelques idées de gage pour préparer ma future victoire ‒ mieux vaut être optimiste, non ?

D’une seule traite, je vidai le restant de mon verre. Léonidas proposa de me resservir tout en ajoutant quelque chose à mon sujet que j’avais bien trop entendu de la part de certains élèves peu discrets dans les couloirs. Je ne m’en vexai pas pour autant, lui tendant mon verre tout en lui répondant :

« Les pauvres ? Ils ne sont pas à plaindre et je ne suis pas tyrannique mais simplement… mmh.. exigeante ! Qui serait là pour les cravacher sinon ? »

J’avais posé cette dernière question sur le ton de l’humour même si, au fond, cela faisait partie de ma manière d’enseigner et de faire régner la discipline. Je reprochais souvent à la plupart de mes collègues de se montrer trop laxistes. Je ne voyais pas l’intérêt de vouloir copiner avec les élèves ou à se montrer trop gentils. La plupart finissait par en profiter ou bien à ne pas prendre le cours trop au sérieux. Je le savais que trop bien ; les cours de Lacroix étaient considérés comme une récréation, par exemple. Moi, je trouvais cela tout simplement inacceptable. Evidemment, je ne demandais pas non plus à ce qu’on leur fasse du tort comme le faisaient les Mangemorts. Je crois qu’en termes de tyrannie, ils me surpassent de loin. Une fois que mon verre se remplit de nouveau, je le portai jusqu’à mes lèvres avant d’avaler une bonne gorgée de son contenu.

« D’ailleurs, à force de les faire bosser sous pression, certains cancres qui ont habituellement des notes très déplorables ont réussi à obtenir un Acceptable aux BUSEs. Insuffisant pour entrer en classe d’ASPIC évidemment mais cela reste un exploit pour eux. Et quelques-uns ont même eu un Effort Exceptionnel. »

Je ne le montrais jamais devant ces jeunes mais j'étais quand même fière de me dire que j'étais en partie à l'origine de ces efforts, en plus du travail qu'ils fournissaient eux-mêmes.



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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Ven 24 Mar - 19:24


ft. Professeur Morgana Burgess

Le sentier des condamnés

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Ressasser le passé était quelque chose d’étrange. En règle générale, j’évitais. Il y avait trop de noirceurs dans mon passé pour avoir envie de ressasser. Ce n’était pas bon pour la santé non plus. Combien j’en avais vu sombrer dans l’alcoolisme ou la drogue – ou les deux – à cause de ce qu’ils avaient vécu ? Il me semble même qu’il y avait des cas parmi les élèves de Poudlard, mais ce n’était pas mon rôle de les remettre sur le droit chemin s’ils ne sont ni dans ma classe ni dans ma maison. Etre encadré et soutenu fait toute la différence. Malheureusement il y en avait que trop peu qui bénéficié de l’encadrement adéquat.
Il n’y avait pas que de la noirceur dans mon passé. Il y avait des rires, beaucoup de rire et d’espièglerie dont Burgess en avait notamment eu un avant gout un peu trop prononcé. Ce genre de souvenirs n’était pas mauvais à ressasser. Cependant, ils avaient tout de même l’inconvénient de me rappeler d’autres souvenirs bien plus douloureux à propos de la jeune femme.


« On en a assez fait comme ça des mauvais coups, à mon avis. »
« En effet. »

Le sourire que je lui rendis se voulait être sincère et amusé, mais si l’on regardait plus attentivement, il serait possible d’y voir une once d’amertume et de ressentiment. Dans un certain sens, les mauvais coups d’antan, avant la 6ème année, étaient drôles à se souvenir. Malheureusement, il y avait d’autres mauvais coups que la jeune femme m’avait faits, qui étaient beaucoup moins plaisant à ressasser. D’où l’amertume et le ressentiment.
Mais ! Il ne fallait pas rester sur une note aussi pessimiste. C’est pourquoi nous voilà partit pour un jeu d’alcool qui promettait d’être très intéressant. En effet, si l’un de nous finissait bourré avant l’autre, cette personne devrait subir un gage venant de l’autre. Un jeu très intéressant car je me demandais bien jusqu’où la demoiselle pourrait aller. Je trouvais amusant d’aller tester ses limites au niveau de l’alcool, mais surtout au niveau de la décence. Après tout, j’hésitais encore sur le gage qu’elle devra me faire. Je ne serais pas contre un lap danse.
Nous voilà donc partis pour boire tout en discutant comme toute personne normale autour d’un verre – même si dans un bar aurait mit une ambiance toute particulière. En effet, à pré-au-lard, moi et Morgana, cela nous aurait permit d’avoir une toute autre proximité hm. Une petite danse collée serrée après quelques verres de tequila, et hop, une nuit à l’hôtel ! Enfin, j’imagine qu’à l’heure actuelle, cela restera un fantasme.
Burgess prit donc ma remarque sur le ton de l’humour. Je n’en attendais pas moins de la psychopathe des serpentards, Morgana Burgess ! Tout de cuir à cravacher ses élèves, je suis certain que certain faisaient exprès de se faire punir pour assouvir un certains fantasmes. Non pas que la serpentard était belle, simplement que se taper une professeur a toujours été un fantasme d’adolescents – et je m’y connaissais en la matière. Et avant que ton esprit pervers ne s’enflamme petit lecteur, je ne fantasmais pas sur McGonagal.
Morgana enchaina ensuite en vantant la fierté de sa méthode de travail sur les résultats des élèves. Oui, certains y arrivaient effectivement, mais pas tous. Sa méthode de travail ne convenait pas à tous les élèves. De toute façon, il n’y avait pas de méthodes de travail parfaites.

« Je préfère responsabiliser mes élèves personnellement. Les faire travailler en autonomie, les faire chercher les réponses par eux-mêmes en les guidant s’ils n’y arrivent pas. Et s’ils m’énervent un peu trop je leur fais tourner la roue. Ça n’a pas l’air comme ça, mais la plupart des élèves ont peur de la tourner, cette roue ! »

Un petit sourire presque cruel se dessina sur mes lèvres tandis que mon regard se perdit dans le vide tout en prenant une gorgée de vin. Qui aurait envie d’avoir un bonnet d’âne et d’être immortaliser à vie ? Personne. D’ailleurs je songeais fortement à rajouter autre chose... comme j’avais acquis en cours d’année, avant que les mangemorts soient là, un magnifique pilori, ce serait amusant d’y enchainer les élèves qui se sont mal comportés. Qui aurait cru que je puisse être sadique ? Certainement pas Burgess.

« Chacun sa méthode. Cela convient à certains élèves, cela ne convient pas à d’autres – c’est comme les relations, on ne peut pas plaire à tout le monde. Maiiis je suis sûre que sous ta carapace de tyrannique version BDSM se cache un cœur gros comme ton c... chaudron. Ton chaudron de potions. »

Je n’allais absolument pas dire « ton cul », bien sûr. Certes j’ai un peu hésité, mais on va dire que c’était du à l’alcool qui me provoquait des problèmes d’élocution. Ouais, on va dire ça, ça valait mieux pour ma survie – très certainement !

« D’ailleurs, quand est-ce que tu le montres, ce gros petit cœur ? » finis-je d’une voix espiègle, m’étant quelque peu avancé sur le bureau.

On pouvait presque voir des petits cœurs sortir de ma bouche pendant que je prononçais cette phrase tant mon ton se fit doucereux et mielleux. Bien évidemment, il y avait une connotation sexuelle à ce que je venais de dire. Bien évidemment, c’était toujours sur le thème de la plaisanterie.
Même si je ne serais pas contre de voir son beau gros cœur comme son chaudron.

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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Sam 25 Mar - 2:16

Je n’étais pas étonnée que la réponse de Léonidas n’aille pas dans mon sens. J’avais entendu parler de sa roue de la fortune ‒ ou de la malchance ‒ dans les couloirs, par des élèves qui suivaient sa matière. Il me semblait même qu’une élève de Serpentard l’avait expérimentée dès le premier jour de la rentrée. Personnellement, je trouvais cette façon de punir trop… enfantine ? Laisser le hasard décider de la punition n’était vraiment pas dans mon goût. J’étais reine dans ma propre salle de cours et moi seule décidais de comment se déroulait les choses, ainsi de quelles sanctions appliquer pour tel ou tel cas. Le fait de responsabiliser les élèves était bien en soi mais je supposais que c’était plus facile de le faire dans une matière telle que l’étude des moldus. Au final, les élèves ne prenaient que peu de risques, mis à part en manipulant certains objets moldus. Contrairement aux Potions, cela restait quand même un jeu d’enfant.

« Tu ne dirais pas ça si tu avais toujours trois ou quatre personnes capables d’envoyer un chaudron au plafond, de se brûler ou de se faire pousser des boutons ignobles parce qu’ils ne savent pas lire une recette. » Dis-je sur un ton blasé tout en buvant mon deuxième verre.

Je ne pris pas la peine de développer mes propos puisque nous n’étions pas là pour débattre ; on pourrait le faire une autre fois. L’autonomie ce n’était pas ce qui manquait à mes élèves puisqu’ils faisaient eux-mêmes leurs préparations mais j’étais obligée de les encadrer de près en cours de chemin, sinon on courait bien vite à la catastrophe. Je n’avais toutefois pas souvent ce problème à partir de la sixième année, puisqu’ils avaient obtenu leurs BUSEs prouvant leurs facilités dans la matière.

La suite fut plus…Léonidesque. Il parlait de ma carapace de tyrannique version BDSM ‒ j’écarquillai les yeux tout en prenant un air mêlant la stupéfaction à l’amusement. En bref, je n’aurais sans doute pas apprécié la remarque en temps normal mais nous avions détendu l’atmosphère au préalable et la convivialité de boire ensemble m’adoucissait sans doute. Mais je ne comprenais pas pourquoi il avait hésité avant de prononcer le mot « chaudron ». C’était comme s’il avait voulu dire autre chose… Je laissai couler, me disant qu’il s’était sûrement de nouveau perdu dans des pensées étranges. Enfin, j’espérais qu’elles ne me concernaient pas en totalité même si c’était peine perdu de l’espérer.

« Tyrannique version BDSM ? Tu dis n’importe quoi, je ne suis vraiment pas de ce genre, répondis-je en reprenant une gorgée rapide et en riant doucement comme si on m'avait dit que deux et deux faisaient cinq. Mais je suis flattée que tu penses que j’ai un gros cœur. »

C’était bien vrai et cela changeait de l’habituelle réputation de cœur de glace que l’on me façonnait. Ce n’était pas pour me déplaire ‒ je me plaisais dans cette crainte que j’inspirais ‒ mais cela ne reflétait que l’image professionnelle que je donnais à tous. Ce n’était pas représentatif de ma véritable personne. J’avais d’ailleurs envie d’en jouer avec Léonidas. Juste parce que la situation s’y prêtait et que mon troisième verre ‒ oui ça va vite ‒ de ce bon vin me rendait de meilleure humeur ! Il s’était avancé sur le bureau. A mon tour, je me penchai vers lui, l’observant bien droit dans les yeux de manière provocatrice et prenant une voix suave :

« Quand tu l’auras mérité, mon cher Léo. Ce n’est pas un cadeau que j’offre à tout le monde… »

Je conclus sur un sourire tout aussi espiègle que lui. En y repensant plus sérieusement, je n'avais pas ouvert mon coeur depuis un moment à un homme. Après avoir eu Abigail, j'avais mis du temps à oublier ma rupture avec Nathanaël. J'avais eu d'autres relations durant les premières années de ma fille mais entre les profiteurs, les imbéciles et les Don Juan, j'avais eu mon lot de déceptions. Heureusement que j'avais pu rapidement déceler le problème chez chacun d'eux avant de tomber véritablement amoureuse d'eux. C'était sans doute pour cela que je pouvais paraître froide et distante quand on me faisait des avances ; je ne prenais pas cela au sérieux en premier lieu. Au mieux, je décidais de jouer à ce jeu de séduction juste pour m'amuser (et il en fallait beaucoup de la part du partenaire pour que j'en arrive à là) et au pire, je les envoyais clairement balader. Mais j'avais constaté qu'au fil du temps, la seconde option était celle qui me convenait le mieux.

Qui sera ivre en premier ?:
 



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MessageSujet: Re: le sentier des condamnés ► professeur m. burgess   Sam 25 Mar - 2:16

Le membre 'Professeur M. Burgess' a effectué l'action suivante : Le Hasard


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