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 Sarah E. Wotton

Parchemins rédigés: 2241 Arrivé(e) le: 26/04/2011 Crédit avatar: (c) ... Année: Sixième année.
| Sujet: De bon matin. — Terminé Lun 5 Déc - 18:40 | |
| A en croire les quelques rayons de soleil qui peinaient à éclairer convenablement le château, le jour n'était pas levé depuis bien longtemps. Pourtant, Sarah était réveillée et arpentait déjà les escaliers. Poudlard était désert. Tous les élèves étaient probablement encore plongés dans un sommeil agréable et profond. Rien de bien étonnant. Le bruit de ses pas résonnait dans le couloir, donnant la triste impression que l'école était plus morte encore... Quelle heure était-il exactement ? Elle n'en avait pas la moindre idée, elle n'avait pas pensé à regarder avant de quitter son dortoir et avait bêtement oublié sa montre sur sa table de nuit.
Lorsqu'elle arriva enfin dans le Hall, elle eut tout le loisir de constater que là encore, elle était seule. Les Grandes Portes qui donnaient sur le parc était toujours fermées comme si même Monsieur le Concierge n'était pas encore levé. Peut-être que c'était le cas après tout, c'était le week-end pour tout le monde... Il en était de même pour les portes de la Grande Salle. Elle ne se laissa pas décourager et les ouvrit discrètement d'un geste de sa baguette. Elle avait remarqué quelques années plutôt qu'elles n'étaient jamais vraiment fermées, tout juste poussées pour dissuader les fauteurs de trouble venir tout saccager. C'était loin d'être son cas...
Les portes grincèrent lorsqu'elle les referma derrière elle. La salle paraissait encore plus grande là qu'il n'y avait personne. Les tables étaient vides de nourriture, de couvert et d'occupant. La Poufsouffle n'en eut que faire et traversa la pièce entre les interminables tables. Elle finit par s'asseoir à l'une d'entre elle, lâchant son sac sur le banc. Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres alors qu'elle jetait un regard las vers les hautes fenêtres. Elle en avait déjà marre de cette stupide journée. Elle sortit le dernier numéro de Sorcière Hebdo qu'elle avait emprunté à l'une de ses camarades de dortoir, à l'insu de celle-ci puisqu'elle dormait lorsqu'elle était sortie.
Sur la couverture, au delà des nouvelles tendances de l'hiver et des recettes pour ne pas prendre de poids pendant les fêtes, se tenait la promesse d'une sélection littéraire intéressante pour s'occuper pendant les prochaines vacances. La blonde ouvrit négligemment le magazine et chercha machinalement la page. Elle eut à peine le temps de la trouver que les portes de la Grande Salle s'ouvraient de nouveau. Ce fut avec une curiosité à peine dissimulée qu'elle leva les yeux vers le nouvel arrivant. Il y avait donc des élèves qui renonçaient également à leur grasse matinée ?
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Dernière édition par Sarah E. Wotton le Sam 18 Fév - 14:49, édité 1 fois |
|  | |  Elliott P. Walker

Parchemins rédigés: 140 Arrivé(e) le: 11/11/2011 Crédit avatar: Cherryblossom Année: 7eme année
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Mar 6 Déc - 21:31 | |
| Comme à son habitude, Elliott quitta son lit aux aurores. Dommage, il était le héros d’un rêve pour le moins intrigant, au paysage uniforme et au décor abstrait, dont il se souvenait seulement qu’il était question de licornes et d’une potion aux effets dévastateurs, apparentée à de l’acide sulfurique. Troublant, mais intéressant. Peut-être qu’un peu de psychanalyse lui apprendrait à arpenter un peu les méandres de son esprit pourtant sain, même si le Poufsouffle rejetait ces méthodes qu’il jugeait scandaleuses. Mais il était tant de quitter ses songes nocturnes, puisqu’une nouvelle journée, nouveau chapitre de son histoire personnelle, commençait alors. « La vie appartient à ce qui se lèvent tôt », c’était un proverbe qui disait vrai ; Lorsque l’on avait de l’ambition, on commençait sa journée dès ses premières heures. Aussi, après une brève prière, il se faufila avec discrétion et fluidité hors de son dortoir par respect pour ceux qui voulaient prolonger leur repos et descendit jusqu’à sa salle commune. Comme il s’y attendit, elle était déserte ; il trouva seulement quelques braises qui faiblissaient dans l’âtre après avoir réchauffé la pièce toute la nuit lorsqu’elles étaient encore à l’état de volutes flamboyantes. Elliott sourit en regardant à travers les vitraux de la seule fenêtre, c’était une belle journée qui s’annonçait, restait à savoir comment l’employer afin qu’elle puisse s’inscrire dans son histoire personnelle de manière distinguée. La passer à Pré-au-Lard ? Elliott ne trouvait pas grand intérêt à se bousculer devant les vitrines d’une confiserie ou dilapider inutilement sa bourse en farces et attrapes grotesques, aussi il renonça bien vite à cette idée. Méditer dans le parc ? Le Poufsouffle, malgré sa réticence face au domaine magique, tenait toutefois à rester intégré dans la civilisation ; et en s’isolant de cette manière, il ne pourrait que renforcer les frontières qui le séparaient des autres élèves. Bien sûr, il aimait se mêler aux conversations d’autrui, ajoutant son point de vue et partageant ses opinions. Mais le sujet du moment, en l’occurrence le match qui opposait Serdaigle à Serpentard, le lassait tout particulièrement pour la simple raison qu’il ne s’intéressait pas au Quidditch. Qu’y avait-il d’intéressant à se battre de façon aussi animalière pour quelques balles ? il n’en voyait pas l’intérêt, de plus, cet évènement ne faisait qu’attiser l’hostilité qui existait déjà entre les deux maisons. Tandis qu’il descendait les marches qui le séparaient du rez-de-chaussée, il se demandait s’il n’aurait pas mieux fait de gagner la Salle sur Demande. A plusieurs reprises, alors qu’il recherchait la paix intérieure, il avait pu trouver refuge dans cette étrange pièce qui avait pris l’apparence d’une nef. Aussi, il n’était pas rare de l’y trouver, agenouillé devant l’autel, détaché de tout. Mais le Jaune & Noir songea qu’il pouvait tout aussi bien profiter du fait que le château était encore silencieux pour pouvoir commencer sa nouvelle journée. Il poursuivit donc sa route, salué par quelques portraits représentatifs d’une quelconque scène médiévale et gagna le Hall.
Enfin, quand il ouvrit les portes imposantes qui donnaient sur la Grande Salle, il fut surpris de trouver une élève assise près de l’une des quatre longues lignées de tables, plongée dans la lecture de ce qui semblait être un magazine. Loin d’être embarrassé d’avoir troublé la sérénité de ce lieu mais respectueux de son activité, Elliott s’appliqua à étudier cette jolie blonde. La table à laquelle elle était assise et le blason qu’elle portait laissait entendre qu’ils appartenaient à la même maison, et il savait pourquoi son visage ne lui était pas inconnu. C’était la préfète de Poufsouffle, Sarah Wotton, élève d’apparence sérieuse et honnête, et qui récemment, avait été l’objet de plusieurs rumeurs de couloirs qui prétendaient qu’elle avait attenté à la vie de trois élèves lors du bal d’Halloween. S’étant fort heureusement abstenu de s’y rendre, Elliott n’en connaissait l’histoire qu’après avoir entendu quelques récits de ses camarades, qui pourtant se contredisaient. Certains prétendaient que c’étaient les Serpentard qui étaient la cause de ce carnage, tandis que d’autres affirmaient avoir entendu un Serdaigle raconter qu’il connaissait un quatrième année qui lui avait rapporté qu’un Gryffondor avait vu Sarah Wotton se révéler être l’auteur d’un sortilège de grande envergure. Le résultat était là, trois élèves avaient passé près de deux semaines à l’infirmerie. C’était sans compter les rumeurs qui affirmaient que la préfète s’intéressait de très près au prince de sang-mêlé, élément qui ne faisait que renforcer les soupçons à son sujet. Mais Elliot, désireux d’en apprendre d’avantage ne put toutefois s’empêcher de se dire qu’il était étrange qu’une élève dont en vantait les mérites soit responsable à elle seule d’un tel massacre malgré son apparence austère, sans compter que son expérience lui avait enseigné bien des fois qu’il valait mieux ne pas accorder de crédit aux croyances populaires. Il s’approcha donc de la jeune fille, l’étudiant d’un rapide coup d’œil tout en l’imaginant animée par des pulsions assassines et s’amusa de cette idée étant donné qu’il avait lui-même du mal à croire à cette histoire à dormir debout.
« Ce n’est pourtant pas l’idée que je me faisais d‘une meurtrière… » commença-t-il en s’asseyant, esquissant un demi-sourire. « Est-ce pour pouvoir comploter en paix que tu es si matinale ? Ou cherches-tu seulement le silence au sein d’une Grande Salle déserte ? »
Il avait dit ces mots sur le ton de la plaisanterie, lui-même sentant qu’elle était étrangère à cette histoire, mais il jugeait intéressant de pouvoir observer sa réaction suite à ses propos.
_________________ " Le mal n'est pas à notre porte, il rôde en chacun de nous, parfois habilement déguisé par l'idéalisme et la piété religieuse. ". ♣ |
|  | |  Sarah E. Wotton

Parchemins rédigés: 2241 Arrivé(e) le: 26/04/2011 Crédit avatar: (c) ... Année: Sixième année.
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Mar 6 Déc - 22:05 | |
| Sarah fixa un instant le nouvel arrivant. Elle n'eut pas grand mal à reconnaître l'un de ses camarades de maison, Elliott. Elle ne se souvenait pas lui avoir réellement parlé un jour, probablement trop occupée à glousser avec ses copines pour s'y intéresser réellement mais après de longues années à partager la même salle commune, elle finissait par mettre un nom sur son visage. Etrangement, elle ne s'étonna pas de sa présence si matinale dans la Grande Salle. Elle ne connaissait pas grand chose de lui mais l'imaginait sans mal adepte du calme et de la solitude qu'on pouvait y trouver alors que le château tout entier était endormi...
Elle le regarda avancer dans sa direction, oubliant totalement l'intérêt qu'elle avait porté un peu plus tôt aux choix littéraires de Sorcière Hebdo. Serait-ce là l'occasion de faire sa connaissance ? Ou peut-être se contenterait-il de s'asseoir plus loin, voire même à une autre table, en la laissant reprendre son occupation sans plus de bruit ? Il était courant que certains de ses camarades de maison, principalement des premières et deuxièmes années, la regardent avec effroi avant de filer à l'autre bout de la salle pour être sûrs de ne pas se faire attaquer à coup de petites cuillères ou de biscottes. Elle n'y accordait que peu d'importance mais ne pouvait retenir quelques déceptions quant au fait qu'ils croyaient les rumeurs lancées à son sujet...
Le jeune homme ne sembla pas inquiet à l'idée de mettre sa vie en danger en sa compagnie et arriva à sa hauteur. Elle lâcha son magazine qui se referma de lui même en touchant la table et regarda le nouveau venu s'asseoir non loin d'elle, un sourire naissant discrètement sur ses lèvres. Quelques heures plus tard, elle aurait très certainement posé sur lui un regard dédaigneux avant de l'ignorer d'un air hautain et de reprendre une hypothétique conversation avec une hypothétique amie... Pour l'heure, elle pouvait se laisser aller à une sympathie étonnement sincère puisqu'il était difficile de jouer les pestes populaires alors qu'elle était seule au beau milieu de la Grande Salle.
« Ce n’est pourtant pas l’idée que je me faisais d‘une meurtrière… Est-ce pour pouvoir comploter en paix que tu es si matinale ? Ou cherches-tu seulement le silence au sein d’une Grande Salle déserte ? »
Lui aussi, il avait entendu parlé de sa soi-disant culpabilité dans cette affaire. Elle avait espéré un instant qu'il y avait ne serait-ce qu'une seule personne qui ignorait tout, absolument tout du bal mais à croire que ça n'existait pas. Le ton de sa voix n'était néanmoins pas désagréable, ni même accusateur, ce qui ne pouvait que la rassurer légèrement. A défaut d'être ignorant, il ne paraissait pas la croire coupable à tout prix. Sarah soupira doucement et laissa son sourire s'agrandir légèrement alors que ses doigts jouaient négligemment avec un coin du magazine.
"J'ai hésité à tâcher mon uniforme de sang avant de descendre mais je me suis dit que ce n'était pas très discret." ironisa t-elle, ravie de ne pas avoir à se justifier une fois encore. "J'étais levée et je n'avais pas envie de rester dans la Salle Commune, rien de plus... Mais tu devrais faire attention, on dira bientôt qu'en tant que complice, tu as ta part de responsabilité dans cette histoire. Et toi ? Tu es envoyé par la direction pour m'empêcher de comploter ?"
Son sourire ne l'avait pas quitté et sa voix s'était faite plus amusée que dérangée par le sujet de conversation. Il ne paraissait pas le prendre lui-même bien au sérieux alors pourquoi l'aurait-elle fait ? Et puis il fallait reconnaître que c'était plus agréable que de faire face à des regards dubitatifs et des questions ayant pour seul but de la faire avouer quelque chose qu'elle n'avait pas fait... _________________  All reason aside, I just can’t deny I love that guy
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|  | |  Elliott P. Walker

Parchemins rédigés: 140 Arrivé(e) le: 11/11/2011 Crédit avatar: Cherryblossom Année: 7eme année
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Sam 10 Déc - 10:53 | |
| Le temps d’un instant, Elliott se demanda s’il n’aurait pas mieux fait de se taire et d’aller s’asseoir ailleurs. Peut-être que la Poufsouffle n’avait pas envie d’être dérangée, après tout… et que sa curiosité quant aux récents évènements était très certainement mal placée, qu’elle soit mêlée à cette affaire de près ou de loin. En fin de compte, il n’était même pas venu à ce bal, prétextant des maux de tête pour ne pas avoir à subir un carnaval grotesque. Quel manque de respect pour le jour de célébration des défunts… aussi, il s’était contenté d’y participer seulement en écoutant les rumeurs qu’avaient rapportées les fêtards le lendemain de la soirée qui s’était révélée catastrophique. « Il paraît que c’est un nouveau sortilège impardonnable, encore pire que Doloris. » prétendaient les uns, ravis d’avoir des gens pour les écouter, « Je les ai vus ! Ils étaient au moins quinze ! » clamaient les autres dans l’unique espoir d’attirer l’attention. Affligeant, pensait Elliott. Aussi, il avait préféré se tenir à l’écart de ces imbéciles qui avaient décidé de jouer les apprentis détectives. Lui-même se fichait bien de savoir ce qui s’était réellement passé, étant donné qu’il connaissait relativement peu les victimes. Il savait cependant que l’une d’elles, Astride Whitby, appartenait à sa maison. Après avoir écouté plusieurs hypothèses tout aussi farfelues, Elliott s’était rapidement rendu compte qu’un nom revenait plus régulièrement que les autres, celui de Sarah Wotton, préfète des Poufsouffle. C’était peut-être vrai, après tout, étant donné que les colporteurs affirmaient détenir cette information grâce à une « source sûre ». Mais ce matin, alors qu’il s’était décidé à lui adresser la parole, il avait beau étudier la jeune fille, même discrètement, feignant d’être plus intéressé par son magazine, il ne trouvait pas en elle les traits d’une coupable. Elle avait même l’air plutôt sympathique, au final ; aussi il pensa qu’il avait été stupide de douter qu’elle pouvait être à elle seule la cause de ce carnage. Mais curieux d’en apprendre plus, il décida de continuer sur ce terrain.
"J'ai hésité à tâcher mon uniforme de sang avant de descendre mais je me suis dit que ce n'était pas très discret." "J'étais levée et je n'avais pas envie de rester dans la Salle Commune, rien de plus..."
Elliott sourit. Evidemment, elle devait être habituée à ce genre de remarques maintenant. Et il était tout à fait normal qu’elle ait eu envie de sortir, il n’y avait là aucun élément qui ne pourrait l’accuser de quoi que ce soit.
« Mais tu devrais faire attention, on dira bientôt qu'en tant que complice, tu as ta part de responsabilité dans cette histoire. »
A ces mots, il ne put s’empêcher de lever un sourcil. Il n’avait aucun souci à se faire là-dessus, si on devait le juger pour uniquement pour ce fait, il se moquait éperdument des conséquences que cela entraînerait. Pour le moment, il était seulement intrigué par la jeune fille, qui se montrait moins superficielle qu’il ne l’avait crue en la croisant dans les couloirs ou dans la salle commune. Il songea d’ailleurs qu’il était étrange qu’elle soit seule, étant donné que d’ordinaire, elle avait toujours toute sa petite bande d’amies qui semblait passer leur existence à rire aux éclats et n’avoir d’autres soucis que de vouloir à tout prix attirer l’attention sur elles. Etait-elle différente, finalement ? Une chose était sûre, elle présentait bien plus d’intérêt seule qu’en groupe.
« Je pourrais toujours dire que j’ai de tout autres motifs. Mettre le feu aux cuisines, par exemple… »
Il sourit à son tour, dans le seul but de faire comprendre qu’il n’était pas là pour mettre le feu aux poudres, dans les deux sens du terme. Il était intrigué, et même si le pourquoi du comment de cette histoire ne l’intéressait pas particulièrement, il pensa que c’était peut-être une occasion pour en apprendre plus sur la jeune fille.
« Et toi ? Tu es envoyé par la direction pour m'empêcher de comploter ? »
Elle souriait toujours, ce qui amusa Elliott. Soit elle possédait un sang froid à toute épreuve, soit elle s’était habituée aux rumeurs idiotes dont elle était l’objet. S’il elle avait réellement été mêlée à cette histoire, le Poufsouffle songeait qu’il était peu probable qu’elle ait manigancé tout cela. Elle avait des responsabilités, et il imaginait facilement que dans toute cette foule, à elle seule et sans se faire voir, elle aurait eu du mal à mettre trois élèves au tapis ; elle semblait être une fille intelligente, et le simple fait qu’elle eût agi de cette manière ne collait pas. Il chercha donc dans son répertoire de proverbes un adage qui correspondrait bien à la situation mais à défaut d'en trouver, il décida de répondre:
« Pas par la direction. En réalité, je suis en mission pour la Gazette du Sorcier… et c’est bien dommage que ma couverture ne fonctionne plus, je pensais te consacrer un article dans la rubrique des faits-divers. » avait-il répliqué sur un ton qui laissait clairement sous-entendre qu’il n’était pas sérieux.
« Maintenant que j’y pense, c’est plutôt étrange de te voir seule. D’ordinaire, il me semble que c’est toi qui dirige les troupes, n’est-ce pas ? »
Peut-être était-ce une question à laquelle elle ne répondrait pas, elle avait ses raisons, après tout. Mais curieusement, elle se présentait comme différente de son image habituelle, aussi, Elliott se demanda quel pouvait être le motif de ce changement d’attitude. _________________ " Le mal n'est pas à notre porte, il rôde en chacun de nous, parfois habilement déguisé par l'idéalisme et la piété religieuse. ". ♣ |
|  | |  Sarah E. Wotton

Parchemins rédigés: 2241 Arrivé(e) le: 26/04/2011 Crédit avatar: (c) ... Année: Sixième année.
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Sam 10 Déc - 12:50 | |
| Les rumeurs à son sujet finissaient par ne plus présenter beaucoup d'intérêt pour Sarah, celle-là était juste un peu plus tenace que les autres et difficile à démentir... Dur de prouver qu'on a rien fait lorsqu'on a aucune preuve. Elle restait néanmoins tranquille avec sa conscience, elle se savait innocente et qu'importe ce que pouvaient penser les autres élèves, ça n'y changeait rien. Ça n'avait pas grande importance, le ou les coupables finiraient bien par être attrapés et elle serait lavée de tout soupçon.
Ou presque... Il y en aurait sûrement encore qui diraient qu'elle avait juste su s'en tirer mais qu'elle restait impliquée dans tout ça, pourquoi Sélené l'aurait-il accusé si ça n'avait pas été le cas ? Elle aurait aimé répondre à cette question mais ça voulait dire aller lui adresser la parole et si elle était capable de garder une vie totalement normale, c'était au dessus de ses forces. Elle aurait pu émettre des soupçons à son égard auprès de la direction lorsqu'elle avait été obligé de s'expliquer mais elle le savait innocent sur ce point et aussi détestable qu'il puisse être, elle trouvait ça lâche de l'embarquer là-dedans... Si on lui avait dit un jour qu'elle laisserait le Gryffondor hors d'ennuis, elle ne l'aurait jamais cru et pourtant... Elle devait devenir folle...
Son camarade semblait plutôt amusé par la situation que persuadé d'être face à une meurtrière, ce qui ne pouvait que la soulager et la convaincre de garder loin les côtés hautains et superficiels de son caractère. Inutile de faire fuir les gens qui ne la fuyaient pas d'eux-même. Il fallait reconnaître aussi que du peu qu'elle le connaissait, sa compagnie ne lui paraissait pas désagréable, bien loin de là.
« Je pourrais toujours dire que j’ai de tout autres motifs. Mettre le feu aux cuisines, par exemple… »
Malgré tous les efforts du monde, elle ne parvint pas à imaginer Elliott, réputé pour être un de ces élèves modèles qu'elle avait tendance à éviter, avoir ne serait-ce que l'idée de mettre le feu aux cuisines, aussi son excuse pouvait être originale, elle doutait fortement qu'il puisse convaincre qui que ce soit avec ça. Elle ne put cependant pas se retenir de rire discrètement. Heureusement, il ne donnait pas l'impression d'être sérieux. Peut-être cachait-il simplement bien son jeu ? Sous ses airs sages et appliqués peut-être n'était-il en réalité qu'un fauteur de trouble ? Elle avait compris avec Tyler que tous les élèves ici n'étaient pas forcément ce qu'ils paraissaient être, après tout, ils pouvaient être plus que deux à partager un tel secret ? Elle ne s'interrogea pas plus longtemps sur la question, si tel était le cas, il était de loin bien plus doué qu'eux deux réunis et méritait presque une médaille pour savoir jouer la comédie aussi bien...
Sarah ne se défaisait pas de son sourire, rassurée par cette conversation légère qui contrastait heureusement avec toutes celles qu'elle avait dû endurer à ce sujet. Elle ne s'en plaignait publiquement pas, pas la peine de se faire passer pour une victime alors qu'elle n'était pas la plus mauvaise des positions dans cette histoire... Le ton amusé de son camarade lui semblait bénéfique mais là encore, elle se tiendrait bien de l'avouer. La discussion reprit sur le même ton et la réponse que le jeune homme lâcha ne put que la surprendre, laissant ressortir chez elle des traits cachés depuis ce début de journée...
« Pas par la direction. En réalité, je suis en mission pour la Gazette du Sorcier… et c’est bien dommage que ma couverture ne fonctionne plus, je pensais te consacrer un article dans la rubrique des faits-divers. »
Elle afficha un sourire faussement ravie alors qu'elle se recoiffait rapidement avec des gestes méthodiques et prétentieux qui juraient affreusement pas la simplicité dont elle avait fait preuve jusque là. Si ça ne la choquait pas, elle, ce brusquement changement d'attitude pouvait être déstabilisant pour quiconque n'en avait pas l'habitude... Elle n'était pas vraiment sérieuse mais si expérimentée sur la question qu'il n'était pas aisé de discerner le vrai du faux...
"Tu aurais dû me le dire plutôt, tu te doutes bien que je n'aurais pas fui ! J'aurais juste fait en sorte d'être plus présentable." répliqua t-elle en feignant l'agacement alors qu'elle rentrait à son tour dans le jeu du Poufsouffle.
Si, elle aurait fui. Bien entendu qu'elle aurait fui. Si elle n'avait jamais repoussé l'idée d'être un jour dans un grand quotidien, loin d'elle l'envie d'être reconnue pour une si sombre affaire, alors qu'elle n'y avait réellement aucune place. Pourquoi faire ? La reconnaissance était quelque chose qu'elle affectionnait particulièrement mais elle n'avait aucune envie qu'elle soit amenée par la crainte et la désapprobation... Peut-être s'en doutait-il ? Probablement pas...
« Maintenant que j’y pense, c’est plutôt étrange de te voir seule. D’ordinaire, il me semble que c’est toi qui dirige les troupes, n’est-ce pas ? »
Elle retrouva rapidement son sérieux l'espace d'un instant. Le fixant sans savoir quelle réaction adoptée. Ce n'était pas le premier à la voir seule et à lui faire remarquer l'étrangeté de sa situation, il lui faudrait faire plus attention à l'avenir et se contenter de jouer les pintades gloussantes à tout bout de champs de peur qu'on finisse par comprendre qu'elle n'avait qu'un vague intérêt à rester avec ses 'amies' et non un réel attachement à celles-ci. Pour l'heure, il était difficile de faire autrement que de jouer la carte de la sincérité en espérant qu'il reste discret.
"D'ordinaire... C'est difficile de les supporter en permanence. Je n'ai rien contre elles hein, mais du calme ne fait pas de mal. C'est lassant de les entendre glousser à la moindre occasion, même quand il n'y a personne pour les écouter faire... Elles sont comme ça tout le temps, je sais pas comment elles font. A croire qu'elles sont vraiment stupides. J'avais des doutes au début, mais finalement... Mais si elles te manquent, je peux aller les réveiller. Elles seront sûrement ravies d'apprendre que le bel Elliott, d'ordinaire si mystérieux, veut les voir de bon matin."
Elle termina sa phrase par un sourire faussement innocent, comme si elle ne venait pas d'insinuer qu'elles ne servaient à rien ni même qu'elles fantasmaient à moitié sur le jeune homme... Ceci d'ailleurs ne devait pas être un véritable secret étant donné qu'il était de notoriété publique qu'elles bavaient sur tous les garçons de l'école pour un peu qu'il soit mignon et que ceux de Poufsouffle n'échappaient pas à la règle... _________________  All reason aside, I just can’t deny I love that guy
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|  | |  Elliott P. Walker

Parchemins rédigés: 140 Arrivé(e) le: 11/11/2011 Crédit avatar: Cherryblossom Année: 7eme année
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Lun 12 Déc - 21:04 | |
| Le temps d’un instant, Elliott se demanda pourquoi la Poufsouffle, consciente de toutes ces rumeurs dont elle était le sujet, laissait les bruits courir sans démentir. Peut-être qu’elle avait raison, après tout… à ce qu’on disait, l’ignorance était le meilleur des mépris, proverbe qui avait prouvé bien des fois son efficacité. C’était dommage, tout simplement, de devoir subir au quotidien les conséquences d’un acte dont on n’est pas responsable… et le Jaune & Noir ne put s’empêcher de ressentir un élan d’admiration vis-à-vis du sang froid dont elle faisait preuve, sachant qu’il aurait lui-même eu des difficultés à laisser passer une telle injustice. Extérieurement, elle paraissait indifférente, presque amusée de la situation, mais quel était son ressenti ? Il aurait voulu pouvoir y changer quelque chose, mais il ne disposait ni d’arguments, ni d’éléments nécessaires à une plaidoirie, et finalement, il ne savait pas lui-même si elle était mêlée à cette histoire ou non, en fin de compte. Il se contenta donc de maudire la stupidité des autres élèves dans le cas où ils avaient propagé cette information idiote dans le but de nourrir des ragots. Lorsqu’il évoqua un éventuel plan pour causer un incendie en cuisines, son sourire amusé démontra qu’elle ne l’en croyait pas capable. Et c’était vrai, au final, il respectait bien trop le travail des elfes pour pouvoir s’adonner à un tel acte. Même si son mal du pays empirait chaque jour, qu’il n’aspirait qu’à quitter une fois pour toutes le château et ne plus jamais entendre parler de magie, sans compter ce quotidien qu’il avait de plus en plus de mal à supporter, son impassibilité restait pour lui une vertu. Son enseignement religieux était presque parvenu à ôter de lui toute trace potentielle de vice, et même si cette infime part de lui se manifestait de temps à autre, Elliott faisait tout pour faire la refaire disparaître, se remémorant des conseils avisés que l’on lui avait prodigués. Comme tout être humain, il avait bien des choses à se reprocher, mais il faisait avec, tout simplement parce qu’il n’avait pas le choix. Pour le moment, il voulait seulement détendre la conversation, espérant par là que la jeune fille aurait une autre image de lui que celle d’une fouine ou de l’un de ces élèves dont la prétention et la vanité lui faisaient dresser les cheveux sur le crâne. Mais sa réaction, lorsqu’il évoqua un soi-disant article pour la Gazette, provoqua chez lui un rire amusé. Peut-être que finalement, ce rôle de fille narcissique et prétentieuse qu’elle se donnait n’était qu’une couverture, servant à masquer une personnalité plus profonde… il aurait bien aimé découvrir cet aspect-là de la Poufsouffle, mais il était loin d’être en mesure de pouvoir affirmer la connaître assez pour cela.
« Je pense qu’on doit pouvoir s’arranger. » répondit-il en esquissant un sourire. « Une pensionnaire d’Azkaban en fuite, sous l’apparence d’une élève de Poufsouffle sans problèmes : ça te convient comme gros titre ? »
Elle semblait cependant s’amuser de sa position, ce qui n’était pas plus mal. Quand on se retrouvait dans une situation inconfortable, il valait mieux vivre avec que de se lamenter sur son sort, encore une chose qu’Elliott avait appris avec le temps. Lorsqu’elle évoqua ses « amies », le Poufsouffle ne manqua pas de remarquer son ton sarcastique, qui démontrait qu’elle ne s’encombrait pas de ce genre de détail dans l’instant présent. C’était bien ce qu’il pensait, elle était différente. Mais pourquoi prenait-elle plaisir à jouer ce rôle ? Par obligation ? Par intérêt ? Simplement par jeu ? Pour masquer d’autres intentions, plus noires peut-être ? Il l’ignorait, mais il doutait qu’elle puisse receler de quelque mauvais projet, même si au fond il ne parvenait pas à discerner le vrai du faux.
« C’est très attentionné de ta part, mais je pense que je pourrais faire sans. Pourquoi est-ce que tu restes avec elles si elles t’insupportent ? »
Il ne s’attendait pas à tant de révélations de la part de la préfète, mais ne put s’empêcher de grimacer légèrement en songeant à ces harpies. Quand elles s’y mettaient, elles pouvaient avoir l’air terrifiant, aussi Elliott se dit qu’il valait mieux rester loin d’elles, pour sa propre sécurité. Il les entendait assez glousser dans les couloirs, et il en était déjà suffisamment embarrassé comme ça. C’était déjà une bonne chose que la jeune fille n’en fasse pas partie, autrement il aurait certainement fui sans demander son reste, mais peu à peu, il sentait que la conversation gagnait en intérêt et eût du mal à réprimer son désir d’en apprendre plus. Après tout, ce n’était pas tous les jours qu’il mettait de côté ses préceptes pour se civiliser… _________________ " Le mal n'est pas à notre porte, il rôde en chacun de nous, parfois habilement déguisé par l'idéalisme et la piété religieuse. ". ♣ |
|  | |  Sarah E. Wotton

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| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Mar 13 Déc - 20:00 | |
| Si elle ne s'était pas vraiment installée ici dans le but d'avoir de la compagnie — Comment aurait-elle pu penser que des élèves se baladaient si tôt dans le château alors qu'il était si calme ? — elle ne pouvait qu'admettre qu'elle ne regrettait pas la venue de son camarade, ni sa présence à ses côtés et encore moins la conversation qu'ils entretenaient. C'était une façon bien agréable de commencer une journée, de s'amuser avant d'avoir probablement à s'expliquer encore et encore de nombreuses fois. Sarah ne pouvait que lui en être plus que reconnaissante bien qu'elle préférait ne rien formuler concrètement. Déjà qu'elle jouait les filles normales alors si en plus elle commençait à s'abaisser à le remercier pour le simple fait de lui tenir compagnie, comment allait-elle pouvoir s'en remettre ? Après tout, c'était presque un honneur pour lui qu'elle daigne le laisser faire. La Poufsouffle ne croyait pas vraiment à cette idée mais faute de mieux, elle préférait faire comme si...
« Je pense qu’on doit pouvoir s’arranger. Une pensionnaire d’Azkaban en fuite, sous l’apparence d’une élève de Poufsouffle sans problèmes : ça te convient comme gros titre ? »
Sarah rit de nouveau, s'imaginant sans mal la Gazette arriver le lendemain sur ces mêmes-tables. La panique serait probablement palpable et la Direction très mal en point. Si elle était la principale intéressée, elle n'aurait certainement pas autant d'ennuis que McGonagall qui se verrait obliger d'expliquer comment et pourquoi une fille aussi 'dangereuse' qu'elle suivait ses cours le plus normalement du monde dans cette soi-disant prestigieuse école mettant ainsi tous ses pauvres petits camarades en danger. Dangereuse... Il fallait vraiment le vouloir pour la voir ainsi. Elle qui passait le plus clair de son temps à pouffer bêtement avec ses copines, à attirer l'attention sur elle comme l'aurait fait n'importe quelle fille superficielle et stupide... Comment une idiote pouvait connaître et maîtriser de tels sortilèges ? Le manque de logique des élèves de Poudlard restait malheureusement flagrant.
"Bien sûr ! Je pense qu'on continuera à en parler encore un moment. Probablement le début de la gloire, je peux pas m'en plaindre !"
Malheureusement si, elle pourrait. Elle se retint cependant, jouant son 'rôle' qui n'en était plus vraiment un jusqu'au bout. L'amusement restait cependant présent. La Préfète était pourtant certaine que son nom n'avait pas dépassé les murs de l'école, du moins elle l'espérait. Comment irait-elle expliquer à ses parents qu'elle n'y était pour rien malgré ce qu'on pouvait dire ? Ils ne la croiraient probablement pas, et pour un peu que sa soeur pose un regard suspicieux sur elle, ce serait probablement peine perdue... Jusqu'où pourraient-ils aller pour la punir ? Devait-elle déjà chercher un endroit pour passer les quelques jours de vacances en attendant sa majorité ? Il fallait prier pour que ce ne soit pas le cas. Elle ne put retenir un soupir discret à cette idée.
Sarah avait conscience d'en avoir un peu trop dit sur ce qu'elle pensait de ses amies. Ce n'était pas très grave mais ça risquait d'ébranler un peu son image de blonde sans cervelle. C'était dommage, elle était pourtant douée pour le faire croire aux gens... Elliott n'avait probablement aucun intérêt à raconter à tout va qu'elle était moins bête qu'elle en avait l'air, ou du moins pas suffisamment pour ne pas remarquer la stupidité impressionnante des pintades qui l'entouraient. Elle n'avait d'ailleurs jamais entendu quoi que ce soit qui vienne de lui... Soit il était merveilleusement doué, soit il n'était simplement pas attiré par l'idée de balancer des ragots à tout va...
« C’est très attentionné de ta part, mais je pense que je pourrais faire sans. Pourquoi est-ce que tu restes avec elles si elles t’insupportent ? »
Si son sourire s'était agrandi sur la première partie de sa phrase, il s'effaça presque totalement sur la fin. Elle baissa les yeux et joua négligemment et nerveusement avec le magazine qui traînait toujours sur la table. Loin de l'image sûre d'elle qu'elle affichait depuis de nombreuses années, elle paraissait plutôt mal à l'aise, comme toute ado qui devrait s'expliquer de ses 'mensonges'. Elle finit malgré tout par se reprendre et se résigna à répondre.
"J'aime être entourée, et avoir ce que je veux aussi... Elles sont les amies parfaites, elles sont trop bêtes pour opposer la moindre résistance; aucune opinion, aucune intiative, naïves et fidèles. Enfin... Amies... Façon de parler, ça se rapproche plus de l'animal de compagnie je crois." soupira t-elle en observant son vernis à ongles comme pour fuir la conversation. "Que ce soit en bien ou en mal, il n'y a pas un jour où mon nom ne traîne pas dans les couloirs, je m'en plains pas, mais ça n'aurait jamais été possible si je traînais avec des gens plutôt 'intéressants'... Je suis une cible facile pour les rumeurs. Fille à Papa, idiote, superficielle, on s'intéresse à moi et en général les filles aiment me détester. On trouve ça injuste que je puisse 'tout' avoir en faisant si peu, en étant aussi stupide et égoïste que j'peux l'être. Elles sont un peu... Le seul moyen que j'ai trouvé en entrant à Poudlard pour atteindre mon but. Il n'y a pas un seul élève ici qui ne sait pas qui je suis."
Après son discours, elle regretta d'avoir ouvert la bouche. Pourquoi s'était-elle confiée à un garçon qu'elle ne connaissait pas ? Si elle se comprenait plus ou moins pour l'épisode Tyler — Il était censé la comprendre mieux que personne puisqu'il vivait le même genre de double vie qu'elle — elle ne pouvait que penser qu'elle devenait folle sur ce coup-là. Sarah releva les yeux vers le jeune homme, un regard aussi désolé que perturbé posé sur lui.
"Tu ne devais pas en attendre autant, n'est-ce pas ? Je ne sais pas pourquoi j'te raconte tout ça, on se connait même pas en plus." _________________  All reason aside, I just can’t deny I love that guy
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|  | |  Elliott P. Walker

Parchemins rédigés: 140 Arrivé(e) le: 11/11/2011 Crédit avatar: Cherryblossom Année: 7eme année
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Sam 17 Déc - 12:22 | |
| Elliott était contraint de l’admettre : la compagnie de la Poufsouffle se révélait plus agréable qu’il ne l’aurait soupçonné après l’avoir observée toutes ces années. C’était toujours plaisant d’être à l’écoute de quelqu’un, et ce pseudo interrogatoire commençait à devenir intéressant, il avait espéré pouvoir passer une bonne matinée et se rendait compte qu’il avait bien fait de descendre au lieu de rester dans son dortoir. Au fur et à mesure qu’ils progressaient, le Poufsouffle prenait conscience que la jeune fille était différente de cette image que l’on avait d’elle, et au fond, ce n’était pas plus mal comme ça. Il se demandait toutefois s’il n’allait pas trop loin avec ses questions, espérant par là qu’elles n’embarrasseraient pas la Jaune & Noir.
"Bien sûr ! Je pense qu'on continuera à en parler encore un moment. Probablement le début de la gloire, je peux pas m'en plaindre !"
Sa plaisanterie, fit toutefois ciller le Poufsouffle, apparemment, elle paraissait bien prendre la chose, ce qui le rassura. Peut-être qu’en définitive, elle avait pris goût à cette image et s’en accommodait… Celle de la fille populaire aux allures superficielles, ou encore celle de la « leader » de ces groupies qu’elle semblait diriger avec aisance ? Effectivement, il était rare de la croiser dans les couloirs sans qu’elle soit suivie par toute sa petite bande de perruches qui glapissaient ou contemplaient sa démarche digne et fière. Laquelle de ces filles-là correspondait à la véritable Sarah ? Toutefois, c’était curieux qu’elle prenne tout cela avec une telle désinvolture… il remarqua que c’était étrange que l’on ait cru si facilement à cette rumeur qui contait ses sombres exploits, étant donné qu’ils contrastaient avec l’image qu’elle se donnait.
Regrettait-elle d’en avoir trop dit ? Après tout, il se connaissait à peine… mais en se confiant ainsi, peut-être que le poids de ce double-jeu serait moins lourd à porter ? Il craignait de la mettre mal à l’aise, en recherchant aussi loin, devinant que c’était un sujet qu’elle aurait préféré éviter et que sa question manquait cruellement de discrétion. Il tenta un sourire, afin de l’encourager, lui assurant par là que non, bien entendu, il ne divulguerait pas cette information. Et puis quel intérêt aurait-il à le faire ? Il écouta attentivement sa tirade sans manifester la moindre opinion, pesant chacune des phrases de la Poufsouffle. C’était bien ce qu’il pensait, elle jouait clairement un rôle et en tirait un certain plaisir. D’un autre côté, elle avait raison et Elliott ne pourrait démentir ce simple fait : à Poudlard, tout le monde connaissait Sarah Wotton, même lui, qui tentait pourtant vainement de rester à l’écart de l’actualité de l’école. Et jusque là, il la connaissait plus des ragots dont elle était l’objet que d’un contact direct, alors qu’ils appartenaient à la même maison. Préférait-elle donc renoncer à des conversations intéressantes, aux sujets polémiques au prix de ce nom ? Apparemment oui. Néanmoins Elliott reconnut qu’il n’avait pas son mot à dire là-dessus, c’était son choix, elle seule était concernée après tout. Mais c’était regrettable de refouler un aspect digne d’intérêt pour laisser place à une personnalité d’apparence creuse, à l’instar de toutes ces furies qui gloussaient ou pouffaient de rire dans les couloirs à l’approche d’un quelconque garçon. Suite à ces révélations, il ne répondit rien, méditant seulement, s’apercevant que la frontière entre la vérité et le mensonge était si mince… Puis suite à un silence de quelques secondes, il joignit ses mains et ouvrit la bouche.
" Tu as donc une double facette, dommage que les autres élèves ne connaissent pas la vraie « toi »… mais pour cela, tu es prête à masquer tout ce que tu es réellement ? Ce que tu penses, tes intérêts, tes convictions ? Tu n’as pas peur de te mentir à toi-même ? "
C’était une sensation étrange. Il avait seulement commencé à lui parler pour la première fois depuis quelques minutes à peine, et commençait à cerner ce personnage qu’elle était, ou du moins, auquel elle aspirait. En moins de cinq minutes, elle venait de détruire elle-même l’image de la préfète populaire d’apparence superficielle qu’il avait d’elle, laissant place à une jeune fille sympathique et enjouée. Elle voulait plaire, s’imposer, et pour y parvenir, elle était prête à tous les sacrifices, c’était quelque chose de troublant, mais de compréhensible. Mais qu’il y réfléchissait, au fond il n’était guère mieux ; certes, il ne menait pas de double-jeu, mais depuis tout le temps qu’il avait passé ici, il se forçait en permanence, à aimer les gens, à être assidu dans tous les cours, à se faire des amis, à s’habituer au château malgré son aversion pour ce dernier…ce n’était pas honnête, mais c’était ainsi. Il avait renoncé à la vie qu’il aurait voulu mener, à ses rêves, à ses espoirs, pour se retrouver enrôlé dans ce monde hostile, et il avait été contraint de refouler toute son intériorité. C’était affligeant, de ne plus se connaître soi-même, et il pensa que la Poufsouffle le savait aisément.
« Tu ne devais pas en attendre autant, n’est-ce pas ? Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça, on ne se connait même pas en plus. »
Visiblement, elle semblait regretter de s’être plus ouverte qu’elle ne l’aurait voulu. C’était vrai, ils étaient deux inconnus, attablés, qui pourtant débattaient sur un sujet peu commun. Certes, elle devait craindre qu’il ne trouve rien de mieux à faire que de se promener joyeusement dans le château en annonçant à qui voulait l’entendre que Sarah Wotton n’était pas celle que l’on croyait être, mais il s’en garderait bien. Surtout qu’il commençait à trouver un réel intérêt à ces confessions, même si elle semblait être désolée de s’être aventurée sur une pente aussi rocailleuse. Il se mordit la lèvre inférieure, loin de lui était l’idée de créer un malaise. Aussi, il esquissa un énième demi-sourire destiné à la rassurer sur ses intentions et prit la parole.
« Je garderais ça pour moi, n’aie crainte. Après tout, on a tous un aspect de notre personnalité qu’on préfèrerait ne pas voir surgir au grand jour… »
Il se doutait qu’elle ne devait pas avoir l’habitude de ce genre de confidences, encore moins chez ces « amies », qui ne seraient certainement pas capables de le comprendre. Elle s’était donnée un rôle et allait devoir le jouer jusqu’au bout, après tout, c’était elle seule que cela regardait. Mais la leçon qu’Elliott avait tiré de cet enseignement était que finalement, mieux valait ne pas s’en tenir à ces étiquettes que l’on attribuait aux élèves de l’école, au risque de pouvoir être surpris ensuite.
_________________ " Le mal n'est pas à notre porte, il rôde en chacun de nous, parfois habilement déguisé par l'idéalisme et la piété religieuse. ". ♣ |
|  | |  Sarah E. Wotton

Parchemins rédigés: 2241 Arrivé(e) le: 26/04/2011 Crédit avatar: (c) ... Année: Sixième année.
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Sam 17 Déc - 15:48 | |
| En d'autres circonstances, Sarah aurait probablement mis rapidement fin à cette conversation qui dérivait un peu trop, elle aurait certainement repris un air stupide en gloussant bêtement feignant de ne pas comprendre le sens des questions qui lui étaient posées mais là c'était... Différent. En quoi ? Elle n'en avait pas la moindre idée, après tout les confidences restaient les mêmes et le risque de les voir s'étaler dans tout le château n'en était que plus grand puisqu'Elliott n'était pas connu pour commérer. Les élèves auraient sûrement beaucoup moins de mal à le croire, déjà qu'ils étaient prêts à croire n'importe quoi ces derniers temps tant qu'il y avait son nom dans la phrase et que ça n'était pas à son avantage. Ils imagineraient sûrement, à raison, qu'il disait la vérité puisque personne n'était habitué à l'entendre raconter des salades à tout va dans le simple but de ternir la réputation de possibles adversaires...
Pourtant, ça ne semblait pas la convaincre de se taire. Si la blonde avait pris le temps de se poser sur les raisons de ses aveux, elle aurait probablement pris peur et aurait fui en moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire, allant retrouver ses amies en vitesse dans l'espoir d'être atteinte de leur merveilleuse stupidité et ainsi oublier d'y réfléchir plus longtemps... Il fallait reconnaître qu'elles, elles n'étaient pas connues pour se prendre la tête longtemps avec des interrogations existentielles et psychologiques puisque la simple notion d'interrogation leur donnait déjà des migraines. Elles ne pouvaient pas savoir, parfois, la chance qu'elles avaient. La Poufsouffle ne prendrait certainement pas la peine de leur expliquer sachant d'avance que c'était peine perdue mais elle ne pouvait s'empêcher dans de très rares occasions d'envier leur faculté à ne jamais rien comprendre...
" Tu as donc une double facette, dommage que les autres élèves ne connaissent pas la vraie « toi »… mais pour cela, tu es prête à masquer tout ce que tu es réellement ? Ce que tu penses, tes intérêts, tes convictions ? Tu n’as pas peur de te mentir à toi-même ? "
Le regard clair de la Préfète se fit plus dubitatif aux premiers mots du jeune homme. Elle ne voyait pas ce qu'il y avait de 'dommage' à ça. Ca ne changeait pas grand chose à la vie de l'école de ne pas la connaître autrement que bête et superficielle. Tout le monde s'y était fait, elle la première même si c'était parfois lassant, et personne ne souhaitait probablement que ça change. Pourquoi faire ? Qu'auraient-ils à raconter si elle se mettait à jouer les rats de bibliothèque ? Passée la surprise des premiers jours, les ragots se tariraient d'eux-même et elle finirait par devenir aussi invisible que tous ces élèves qui dévoraient livre sur livre dans l'obscurité néanmoins rassurante de la pièce.
Elle aurait peut-être l'impression d'être plus 'elle-même, et encore dans l'hypothèse où elle n'était pas véritablement devenue dans une certaine mesure la pimbêche qu'elle jouait quotidiennement, mais elle serait obligée de renoncer à ce qu'elle avait mis près de six ans à construire et ça, elle n'en avait pas la moindre envie. C'était stupide d'abandonner alors qu'elle était parvenue à être connue de tout le monde ici et qu'il ne lui restait plus que quelques temps à tenir. Un an et demi, plus ou moins, c'était faisable. Ça ne valait pas le coup de baisser les bras maintenant alors que la fin était presque visible.
"De me mentir ? Non. Je sais qui je suis, ce que je veux. Ça m'importe peu que le reste de Poudlard ne le sache pas, ce qu'ils connaissent de moi me suffit largement. Pour l'intérêt que je leur porte de toute façon..."
Elle s'intéressait à ce qu'ils pouvaient penser d'elle, aux regards qu'ils pouvaient poser sur elle mais ils étaient, pour eux-même, totalement insignifiants. De vagues camarades, connaissances desquels elle pouvait plus ou moins se rapprocher quand elle en avait besoin, lorsqu'elle n'en avait pas le choix, rien de plus. Elle n'avait strictement aucune envie de faire de plus amples connaissances avec la plus grande majorité de ceux-ci et encore moins de leur donner envie d'autres choses que de ragoter à son sujet. Cette image de blonde idiote lui allait très bien, elle allait très bien aux autres aussi, c'était ce qui importait le plus...
Après, il y avait quelques exceptions dans la masse grouillante d'élèves inutiles, peu certes mais tout de même; Tyler qui s'apparentait le plus à ce qu'on avait l'habitude d'appeler "ami" même si leur relation n'était basé que sur leurs intérêts communs, Sélené qui aussi idiot qu'il puisse être était la seule personne envers qui elle était réellement sincère et ce même si elle le détestait et maintenant lui, qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam mais à qui elle venait d'en raconter plus qu'elle ne l'avait fait au château tout entier sans vouloir savoir pourquoi... Une étrange confiance qui l'inquiétait, manque d'habitude et d'envie.
« Je garderais ça pour moi, n’aie crainte. Après tout, on a tous un aspect de notre personnalité qu’on préfèrerait ne pas voir surgir au grand jour… »
Il était trop tard pour craindre quoi que ce soit de toute façon. Le mal était fait. Libre à lui d'en faire ce qu'il voulait. Sarah ne pouvait s'empêcher de le croire sans chercher à comprendre si ces paroles n'étaient pas là que pour endormir sa vigilance et la pousser encore plus loin dans de possibles confidences. Elle venait tour à tour d'avouer ne trouver aucun intérêt à ses amies, au reste du château, de n'être plus que la blonde décérébrée qu'elle feignait être depuis six ans, de mentir à tout bout de champs pour conserver cette image-là, être suffisamment égocentrique pour faire en sorte qu'on parle d'elle à tout va... Elle ne voyait pas vraiment quoi rajouter de plus... Elle se doutait malheureusement qu'à cette allure-là, elle trouvait certainement...
"Je n'ai plus qu'à te faire confiance de toute façon."
La blonde ne semblait pas particulièrement ravie par cette déduction mais pas franchement ravagée non plus. C'était simplement une chose avec laquelle elle devait composer. C'était comme ça, c'était tout. Elle n'était pourtant pas habituée à faire confiance à qui que ce soit, aussi bien à Poudlard que dans le reste du pays, si ce n'est peut-être à sa soeur, Danah... Il fallait reconnaître tout de même que le terme de confiance était un peu fort pour parler du cas présent, c'était simplement l'espoir qu'il dise vrai mais faute d'autre mot, elle avait généralisé.
"Toi aussi tu as un côté caché que tu n'aimerais pas voir surgir ?"
Si la question semblait vaguement innocente, il n'en était rien. Elle ne cherchait pas à en attendre sur lui dans le but d'avoir de quoi le faire chanter pour qu'il se taise, non, mais simplement à virer la conversation sur d'autres chemins, d'autres sujets... _________________  All reason aside, I just can’t deny I love that guy
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|  | |  Elliott P. Walker

Parchemins rédigés: 140 Arrivé(e) le: 11/11/2011 Crédit avatar: Cherryblossom Année: 7eme année
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Mar 27 Déc - 18:04 | |
| "De me mentir ? Non. Je sais qui je suis, ce que je veux. Ça m'importe peu que le reste de Poudlard ne le sache pas, ce qu'ils connaissent de moi me suffit largement. Pour l'intérêt que je leur porte de toute façon..."
Elliott attarda son regard sur une bordure de la table pour réfléchir aux paroles de la Poufsouffle. Encore dix minutes plus tôt, il voyait toujours Sarah Wotton comme appartenant à ce cercle de greluches au quotient intellectuel cruellement limité, après l’avoir aperçue dans les couloirs ou dans la Salle Commune. Il la savait préfète, et aussi qu’elle était au centre de ces rumeurs que les autres aimaient à colporter à son sujet, notamment celle du bal. Et en quelques minutes, toutes ces premières impressions s’étaient avérées fausses, et dommage que ce soit en septième année qu’il se soit rendu compte de son erreur.
« Etonnant… je ne m’attendais pas à en apprendre autant. »
Peut-être aurait-il pu apprendre à la connaître davantage… s’il n’avait pas eu cette conversation avec elle, il ne s’en serait probablement jamais rendu compte. Il aurait continué à la croiser dans la salle commune comme si de rien était, et n’aurait jamais vu rien d’autre que la Sarah populaire et superficielle. C’était regrettable que seules quelques personnes sachent qu’au fond se cachait une fille beaucoup plus intéressante que celle qu’elle laissait entrevoir, et qu’il y ait des élèves assez idiots pour prendre plaisir à enrichir cette image de bruits de couloirs erronés, tout simplement parce qu’ils n’avaient rien de plus intéressant à faire. Lui-même grimaça, étant donné qu’il préférait rester à l’écart de ce qu’il se passait au château, ces rumeurs idiotes étaient ses seules sources d’information. Etant donné que le nombre de personnes qu’il appréciait au château se comptait sur les doigts de la main, il ne prenait même pas la peine de les démentir. Au final, peu lui importait, ce que l’on pouvait dire de lui, ce que l’on disait des autres… il ne pouvait même pas répondre que si, au contraire, beaucoup d’élèves étaient très intéressants, puisque lui-même ne le pensait pas. Mais lui avait la chance de pouvoir enfin quitter cet endroit à la fin de l’année et de dire adieu à tout ce qui touchait de près ou de loin le monde magique. Adieu, esprits frappeurs, hiboux, Quidditch, et toutes ces calomnies sordides. Plus que quelques mois, et il pourrait retrouver sa place, telle qu’il l’avait laissée, comme si ces sept années de scolarité n’avaient été qu’un long et pénible cauchemar.
"Je n'ai plus qu'à te faire confiance de toute façon."
Pourquoi divulguerait-il ces informations ? En quelques mois, c’était la première fois qu’il parvenait à obtenir une discussion assez intéressante pour qu’il ne ressente pas l’envie de remonter jusqu’à la volière afin de se plaindre à Harriet une énième fois des épouvantables conditions de sa vie au château. Ç’aurait été stupide… il avait bien trop peu de camardes sur qui il pouvait compter au château, le reste n’étaient que des filles, des filles en masse, des filles fades, des filles qui gloussaient, beaucoup plus de filles qu’il n’y aurait du y en avoir. Il ne pouvait faire confiance à personne ici, il le savait pertinemment, alors autant qu’il respecte celle que les autres avaient en lui.
"Toi aussi tu as un côté caché que tu n'aimerais pas voir surgir ?"
Elliott sourit, évitant de souligner la subtilité avec laquelle elle avait changé de sujet, sans doute préférait-elle ne pas s’attarder sur ce thème-là. Non, il était fidèle à lui-même, généralement. Légèrement hypocrite mais toujours courtois ; du moins, il se calquait toujours à celui qu’Harriet avait voulu voir en lui, à tel point qu’il refoulait ses pensées les plus intimes afin de devenir cet homme-là. Juste, droit, honnête, il avait créé cet être qu’il était à présent parce qu’on le voulait ainsi. Puis il s’était rapproché de Dieu, parce c’est ainsi qu’il devait en être. Puis au final, il s’était bien accommodé de cet homme qu’il était devenu, et il n’avait pratiquement rien à se reprocher si ce n’était cette infime parcelle de vice, qu’Elliott faisait taire quand elle se manifestait… quand il devenait envieux du bien des autres, quand il était jaloux de son prochain, tous ces sentiments qu’il considérait comme « néfastes à une bonne vertu », il les entassait au fond de lui-même en espérant de jamais les voir réapparaître. Il aspirait à devenir quelqu’un de bien, puisque c’était ce qu’on attendait de lui.
« Je ne pense pas, je me contente de ce que je suis actuellement. Et puis qu’importe, dans quelques mois, je n’appartiendrais plus à ce monde-là. On risque de ne plus entendre parler de moi pendant un moment, alors ce qu’en pensent les autres… »
Il réalisa subitement que lui aussi, se mettait à se dévoiler progressivement. D’ordinaire, il montrait toujours qu’il était heureux d’appartenir à cette communauté, même si c’était absolument faux. Il exécrait tout ce qui l’entourait ici, il voulait en finir avec ce mauvais rêve le plus vite possible. Certes, il avait rencontré quelques personnes dignes d’intérêt et peut-être qu’il garderait contact avec quelques camarades, qui finiraient par l’oublier ensuite… mais pour le moment, il prenait le soin de dissimuler sa mélancolie et espérait, seulement. Mais pourquoi se mettait-il à révéler toutes ces choses ? Il aurait pu jouer les nostalgiques, dire qu’il avait passé là les plus belles années de sa vie et que le château allait terriblement lui manquer. Il n’aimait pas que l’on devine ses failles, et justement, il était en train de les exposer au grand jour. Lui n’avait rien à cacher, il était seulement embarrassé que l’on découvre des aspects de sa personnalité qu’il avait pris le soin d’enfouir. Le comprendrait-elle ? Il la connaissait trop peu pour le savoir. Mais puisqu’elle était différente de celle qu’il pensait qu’elle était, peut-être bien, après tout. Qu’elle se serve de ses prétendues amies pour progresser dans son entreprise n’était pas un crime en soi, mais c’était… inattendu de la part de l’une des têtes d’affiche de Poudlard. Il n’en finissait jamais d’être surpris, même après sept longues années passées au sein de cette école. Après tout, lui-même vivait en retrait, et réapparaissait de temps en temps, histoire que l’on se souvienne de son existence ; et à part quelques harpies en quête de reconnaissance, personne ne s’était embarrassé de savoir ce qu’il était au plus profond de lui-même. On se contentait de lui attribuer le rôle du prêcheur de bonne parole, puisque son assiduité en matière de religion surpassait de loin l’importance qu’il accordait à la magie et on ne manquait pas de lui demander où était passée sa Bible lorsqu’il pointait le nez hors de son dortoir. Et finalement, lui aussi s’en contentait fort bien.
"Je n'aspire à rien d'autre que d'être oublié."
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|  | |  Sarah E. Wotton

Parchemins rédigés: 2241 Arrivé(e) le: 26/04/2011 Crédit avatar: (c) ... Année: Sixième année.
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Mar 27 Déc - 19:00 | |
| « Etonnant… je ne m’attendais pas à en apprendre autant. »
Sarah ne put retenir un soupir. Comme si elle s'était attendue à lui en apprendre autant... Elle était venue ici dans l'espoir d'être tranquille et d'échapper aux interrogatoires que pouvaient parfois lui imposer ses amies depuis le bal et voilà qu'elle se retrouvait à étaler au grand jour tout ce qu'elle prenait soin de cacher depuis des années. Son image d'idiote venait de voler en éclats et ne tenait plus qu'au bon vouloir d'un camarade de maison qu'elle connaissait à peine. Elle s'étonnait de le vivre aussi bien, de ne pas chercher à le faire chanter pour qu'il se taise ou à le soudoyer d'une quelconque manière comme elle aurait eu l'habitude de le faire dans l'espoir de protéger ses intérêts.
Quels intérêts ? Elle cherchait encore, parfois, où ils étaient vraiment, si c'était ce qu'il y avait de mieux de passer pour une imbécile prétentieuse mais changer ça reviendrait à changer totalement de vie dans l'enceinte du château, à recommencer tout ce qui avait été entrepris jusque là et à cette seule idée, elle préférait rester avec des intérêts étonnement flous plutôt que de tout reprendre à zéro. Pour le temps qui lui restait, c'était inutile... Elle n'avait pas beaucoup de véritables amis ici, pour ne pas dire aucun, et ne reverrait sûrement personne une fois sa septième année achevée alors le contraste entre ce qu'elle était ici et ce qu'elle avait l'intention d'être dehors ne serait pas compliqué à expliquer.
"Tu n'étais pas censé en apprendre autant." reconnut la blonde. "Je serais bien incapable de donner une explication digne de ce nom quant à ce... Débordement ? Enfin... Si je vois le bon côté, ça fait désormais deux personnes avec qui je ne suis pas obligée de glousser comme une idiote. C'est toujours ça de pris. Tu risques de m'avoir dans les pattes plus que tu ne l'aurais jamais voulu."
Si elle avait dit ça sur le ton de la plaisanterie, on pouvait comprendre sans mal qu'au fond, elle espérait qu'il y ait un peu de vrai. Échapper à la bêtise constante qu'elle se forçait à endurer avec ses amies, ne serait-ce que le temps d'une discussion, ressemblait aux genres de rêves inaccessibles qu'elle préférait éviter. Avec qui avoir une discussion intéressante dans ce château ? Ce n'était pas dans ses habitudes de parler autre chose que shopping, maquillage et garçons et ce à son plus grand regret... Elle trouvait parfois le temps de discuter entre deux cours avec ses professeurs mais eux-même semblaient garder l'image de blonde écervelée malgré ses bons résultats et l'intérêt qu'elle portait à ses cours...
Elliott semblait la personne idéale pour ce rôle, mais loin d'elle l'idée de le lui imposer. Elle ne put s'empêcher d'imaginer la tête de Scarlett si elle apprenait un jour que Sarah était parvenue à l'approcher réellement et pire encore à être restée en sa compagnie un bon moment, à échanger plus que des banalités d'un ton poliment pressé... Ce serait sûrement la fin de son monde, et peut-être même de leur amitié. Enfin... De leur entente cordiale et de tout ce temps qu'elle perdait avec elle puisqu'on ne pouvait pas véritablement qualifier leur relation d'amitié... Elle ne sut pas si l'idée de perdre la Gryffondor la soulageait réellement. Elle était sincèrement superficielle mais peut-être avait-elle fini par s'y attacher un minimum. C'était sa plus proche amie depuis son arrivée à l'école, et ce même si elle s'abstenait des habituelles confidences qu'on fait soi-disant à une meilleure amie...
« Je ne pense pas, je me contente de ce que je suis actuellement. Et puis qu’importe, dans quelques mois, je n’appartiendrais plus à ce monde-là. On risque de ne plus entendre parler de moi pendant un moment, alors ce qu’en pensent les autres… »
La Préfète fut surprise par cette révélation. Elle n'avait jamais imaginé un instant qu'un seul de ses camarades ne se décide à quitter le monde magique. Après tout, ils avaient tous autant qu'ils étaient renoncés à leur vie 'normale' pendant sept longues années, c'était étrange de vouloir la reprendre là où on l'avait laissé à onze ans. Sans diplôme moldu, il lui serait sûrement difficile de trouver un emploi convenable pour vivre une vie correcte. Sauf s'il n'envisageait pas cette idée non plus...? Elle ne voyait pas vraiment ce qu'il aurait pu viser d'autre comme avenir, mais il y avait forcément une autre option qui lui échappait totalement. A moins qu'il souhaite perdre quelques années à rattraper un retard scolaire accumulé pendant sept ans ? C'était possible aussi... Elle le connaissait trop peu pour trouver une véritable réponse.
"Pourquoi avoir passé sept ans ici, si c'est pour quitter le monde magique ? Parce que tu le savais, que tu n'y resterais pas, n'est-ce pas ? Tu n'as pas peur d'avoir perdu ton temps ? Et puis, tu comptes faire quoi dans le monde moldu ? Je trouve ça dommage, tu es plutôt un bon élève de ce que j'en entends, tu aurais pu avoir un bel avenir dans ce monde-là."
Sarah savait pertinemment qu'elle se mêlait de ce qui ne la regardait absolument pas, qu'il était assez grand pour savoir ce qu'il voulait/devait faire et qu'elle n'avait rien à dire sur le sujet mais c'était finalement plus fort qu'elle... Elle imaginait mal une vie loin de tout ça, sans magie... Elle n'avait jamais été habituée à la vie moldue même si elle passait parfois du temps avec ses voisins sans pouvoir magique lorsqu'elle était à Newcastle, ce qui ne devait pas jouer en sa faveur pour le coup... Comment s'imaginer quitter quelque chose sans avoir jamais rien connu d'autre ? Elle ne le regrettait pas réellement mais ne put s'empêcher de se demander si elle aurait vu les choses de la même manière en ayant déjà vécu sans la moindre trace de magie...
"Je n'aspire à rien d'autre que d'être oublié."
Elle sourit de nouveau, un peu attristée malgré elle, à cet aveu. Qu'était donc sa vie à Poudlard pour qu'il souhaite à ce point s'en débarrasser ? Ce n'était pas toujours rose mais c'était probablement partout pareil. Il avait toujours donné l'impression d'être parfaitement intégré, parfaitement à sa place ici bien qu'un peu discret, effacé... Lui aussi semblait bien cacher son jeu...
"Il n'y a donc personne au château dont l'attention t'importe ? Je comprends pas... Tu es si mal que ça ici ? Tu sembles pourtant à l'aise quand je te croise... A moins que ce soit le monde magique qui te pose problème... Ou peut-être la magie en elle-même...? J'avoue que ça me dépasse... Dis, je peux espérer en savoir davantage ?" _________________  All reason aside, I just can’t deny I love that guy
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|  | |  Elliott P. Walker

Parchemins rédigés: 140 Arrivé(e) le: 11/11/2011 Crédit avatar: Cherryblossom Année: 7eme année
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Dim 8 Jan - 13:36 | |
| " Tu n'étais pas censé en apprendre autant." "Je serais bien incapable de donner une explication digne de ce nom quant à ce... Débordement ? Enfin... Si je vois le bon côté, ça fait désormais deux personnes avec qui je ne suis pas obligée de glousser comme une idiote. C'est toujours ça de pris. Tu risques de m'avoir dans les pattes plus que tu ne l'aurais jamais voulu. "
Au fur et à mesure que la conversation progressait, Elliott réalisait qu'elle gagnait en intérêt. Il n'avait aucunement voulu la forcer à en venir à des sujets qu'elle préférait éviter, mais il n'en prêtait pas moins une oreille attentive. En l'espace de quelques minutes, il venait de découvrir sous un nouveau jour l'une des têtes d'affiche de l'école. C'était... étrange. Pendant toutes ces années, il s'était construite une image d'elle à partir de ce qu'il voyait ou ce qu'il entendait à son sujet, et soudainement, il s'était aperçu que cette image était erronée. Cela faisait pourtant bien six ans qu'ils partageaient la même salle commune, le même blason, la même table dans la Grande Salle... tout le monde savait qui était Sarah Wotton, mais en même temps, personne ne le savait réellement. Pour certains, elle se limitait à diriger sa petite bande, qu'elle semblait en apparence apprécier mais menait à la baguette, pour d'autres, elle était l'une des plus grandes comères de Poudlard, accompagnée de sa fidèle Levinson. Puis s'était rajoutée cette rumeur sans fondement du bal, qui la déclarait responsable d'une faute grave. Etait-ce elle qui était à l'origine de ces dires? A moins qu'il ne s'agisse d'une quelconque envieuse qui attendait tranquillement dans l'ombre de prendre sa place de reine des abeilles? Probablement, autrement pourquoi l'aurait-on fait? Mais à ce qu'on racontait, un Gryffondor s'évertuait à raconter à qui voulait l'entendre qu'elle était l'auteur de ces crimes. Mais la fille qu'il avait en face de lui, qui était-elle réellement? Visiblement, pas la pimbêche qu'elle aspirait à être en ponctuant ses défilés dans les couloirs par des gloussements. Elle n'était pas non plus celle que ses prétendues amies adulaient en se soumettant à ses quatre volontés, ni la préfète hautaine qu'elle se complaisait à jouer. Non, elle était autre, et contre toute attente, elle commençait à se réveler plutôt sympathique aux yeux du Poufsouffle.
" Je sais à quoi m'en tenir au moins... " admit-il en esquissant un demi-sourire. "Quant à t'avoir dans les pattes, ne t'en fais pas, j'en ai vu d'autres. Deux personnes? Dommage, moi qui pensais détenir l'immense privilège d'être la première... "
Il avait prononcé ces paroles sur le ton de la plaisanterie, mais sa curiosité n'était toujours pas rassasiée. Il doutait qu'il s'agisse de Levinson, les conversations les plus constructives qu'elles avaient entre elles semblaient se limiter aux dernières modes de Gaichiffon, mais après tout, il avait appris ce matin-même que se fier au apparences n'était pas toujours très fructueux. Peut-être que dans les jours à venir, il découvrirait que Scarlett était une surdouée, qui savait... mais une chose était sûre, il n'était pas au bout de ses surprises. Qui donc en dehors de lui-même connaissait la véritable Sarah? Peut-être qu'il allait trop loin dans ses questionnements? Il aurait pu s'arrêter là et relancer la conversation sur Sorcière-Hebdo dans lequel elle était plongée avant qu'il ne vienne l'importuner. Mais le sujet avait de nouveau dévié et cette fois-ci, c'était lui qui se lançait dans des révélations. Peut-être qu'une sorte de confiance mutuelle s'était créée entre eux...
" Pourquoi avoir passé sept ans ici, si c'est pour quitter le monde magique ? Parce que tu le savais, que tu n'y resterais pas, n'est-ce pas ? Tu n'as pas peur d'avoir perdu ton temps ? Et puis, tu comptes faire quoi dans le monde moldu ? Je trouve ça dommage, tu es plutôt un bon élève de ce que j'en entends, tu aurais pu avoir un bel avenir dans ce monde-là. "
La situation s'était inversée. C'était lui qui était venu dans l'espoir d'en apprendre plus, et à présent il se retrouvait à faire des confessions. Peut-être qu'elle en rirait, d'apprendre que finalement il n'était que l'image plate de ce que l'on attendait de lui. Mais après tout, il n'avait rien à cacher, sauf peut-être cette infime partie de noirceur enfouie au fond de lui qu'il craignait de voir révélée au grand jour, et puisqu'ils en étaient à se dévoiler plus qu'ils ne l'auraient du, il poursuivit.
" Je suis resté parce que c'est ce qu'on voulait que je fasse. Il paraît que je suis inscrit ici depuis la naissance, donc je fais ce qu'on attend de moi. Mes parents étaient sorciers tous les deux, et le seul héritage que j'ai reçu d'eux, c'est... tout ça. Depuis l'enfance, j'ai été initié aux préceptes religieux, puis du jour au lendemain, tout a été détruit, tous ces enseignements que j'avais reçu jusqu'ici. Je me suis senti trahi, comme si on m'avait menti depuis le début. "
Le temps d'un instant, il s'étonna de la facilité déconcertante avec laquelle sa langue s'était déliée. Durant toutes ces années, il s'était purement contenté de faire semblant, et il venait de démontrer que finalement, il ne s'était pas accomodé à cette tâche. On lui avait demandé d'être le digne fils de ses parents et de se comporter en tant que tel mais il venait d'avouer son échec. A l'exception du divin, il s'était toujours gardé d'exprimer le fond de sa pensée à qui que ce soit, et en fin de compte, il venait de la livrer à une fille qu'il ne connaissait pas une heure avant. Qu'il n'avait jamais connu en ayant partagé les mêmes couleurs qu'elle et qu'il venait de découvrir sous un tout nouveau jour. Peut-être que le plus étrange dans cette histoire, c'était le naturel avec lequel il s'était ouvert alors qu'il avait toujours préféré rester en dehors de la vie à Poudlard, et de continuer à sourire pour étouffer son mal du pays.
" Il n'y a donc personne au château dont l'attention t'importe ? Je comprends pas... Tu es si mal que ça ici ? Tu sembles pourtant à l'aise quand je te croise... A moins que ce soit le monde magique qui te pose problème... Ou peut-être la magie en elle-même...? J'avoue que ça me dépasse... Dis, je peux espérer en savoir davantage ? "
Le temps d'un instant, il hésita. A son tour, comme l'avait fait la préfète juste avant lui, il était en train de détruire une image qu'il avait mis longtemps à construire. Ce monde lui était hostile, et ce, depuis toujours. Depuis que l'on lui avait appris que ces choses dont la Bible ne faisaient pas mention existaient réellement, depuis que tout ce que l'on lui avait enseigné comme étant la vérité avait été réduit à néant. Il avait enfermé son âme dans la religion parce qu'il ne savait plus où il en était, parce qu'il s'était refusé à être un sorcier. Il n'avait pas connu ses parents, ou trop peu, et à cause d'eux, il était à son tour devenu une sorte de magicien. Même si elle l'avait caché, il avait vu le visage mortifié d'Harriet lorsqu'il lui avait tendu la lettre afin de vérifier qu'il n'avait pas mal compris, il savait ce que l'on pensait des gens de son espèce.
" J'ai rencontré des gens beaucoup plus intéressants que je n'aurais pu le soupçonner au départ. " avoua-t-il en croisant ses doigts instinctivement. " Et puis ce matin encore, je me suis rendu compte que j'étais encore loin de connaître tout le monde, avec ce que tu m'as révélé. Mais je ne suis pas à ma place ici. Et tant que je n'aurais pas trouvé d'explication rationnelle à tout cela, je ne le serais jamais, je le crains. C'est pour ça que je me suis mis à croire en une présence divine, c'est le seul qui ne m'ait pas jamais trahi. "
Les mots s'étaient échappés de sa bouche avat qu'il ne puisse mesurer l'ampleur de ce qu'il disait. Pourrait-elle le comprendre? Après tout, il ignorait dans quel contexte elle avait pu grandir, si elle était ce que l'on appelait une sang pur ou une sang-mêlé, dans quelle mesure elle avait pu côtoyer le monde moldu si elle en avait eu l'opportunité... aussi, il se dit qu'il pouvait bien se permettre d'espérer à son tour en savoir encore davantage.
" Si ce n'est pas indiscret, tu le savais depuis le début? Enfin, que tu étais une sorcière... "
Peut-être que si ça avait été son cas, il s'y serait accomodé très rapidement. Il aurait fait ses études sans avoir à se soucier de quoi que ce soit et Poudlard serait probablement devenu sa seconde famille, comme c'aurait du être le cas pour lui en première année. Mais qu'en était-il pour la Poufsouffle, avait-elle élevée dans l'attente de son arrivée au château? Après tout, peut-être qu'il allait trop loin, ils ne se connaissaient pas réellement en fin de compte. Mais l'envie d'en apprendre plus le poussait à continuer à poser des questions jusqu'à ce qu'il en soit pleinement satisfait. _________________ " Le mal n'est pas à notre porte, il rôde en chacun de nous, parfois habilement déguisé par l'idéalisme et la piété religieuse. ". ♣ |
|  | |  Sarah E. Wotton

Parchemins rédigés: 2241 Arrivé(e) le: 26/04/2011 Crédit avatar: (c) ... Année: Sixième année.
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Lun 9 Jan - 18:46 | |
| "Je sais à quoi m'en tenir au moins... Quant à t'avoir dans les pattes, ne t'en fais pas, j'en ai vu d'autres. Deux personnes? Dommage, moi qui pensais détenir l'immense privilège d'être la première..."
Le pauvre ne semblait pas savoir à quoi il se risquait en lui disant de ne pas s'en faire. Il n'aurait certes pas à l'écouter jouer les pintades et parler garçons à tout va mais il ne serait probablement pas simple de la supporter pour autant. Sarah n'avait jamais été du genre à tenir sa langue bien longtemps, et même si elle savait faire la différence entre ce qui devait être dit et ce qui ne le devait pas, elle avait toujours un truc à raconter, aussi inintéressant soit-il, d'une mimique désagréable d'un professeur à un article surprenant dans le mensuel de la Métamorphose en passant par les nouvelles monarchiques provenant du monde Moldu... Lorsqu'elle était véritablement lancée, la faire taire relevait de l'exploit et ayant déballé à Elliott tout ce qu'elle aurait pu vouloir lui cacher un jour, il n'y avait plus aucune raison de se retenir à l'avenir. Après, face aux groupies qu'il semblait avoir dans chaque recoin du château, peut-être sa compagnie aussi bavarde que forcée serait-elle comme des vacances, calme et reposante...
Heureusement pour lui, elle l'avait pris sur le ton de la plaisanterie et ne comptait pas le suivre à tout va en débitant tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Elle se contenta de sourire une nouvelle fois alors qu'elle se demandait si sa question était réelle ou si c'était simplement l'étonnement qui l'avait fait parlé. Elle en conclut qu'au point où elle en était, elle pouvait terminer ses confidences sans craindre de ternir l'image qu'il avait pu un jour avoir d'elle, celle-ci étant sûrement morte depuis ses premiers mots...
"Et oui... Deux." reprit-elle après un silence qui trahit son hésitation. "C'est Tyler qui a "l'immense privilège d'être la première", mais je ne sais pas si c'est la chose la plus intelligente que j'ai fait... Je l'aime bien mais je ne sais pas si c'est vraiment quelqu'un en qui je peux avoir confiance. Tu peux lui rendre la vie infernale pour t'avoir pris ta place de "privilégié" si tu veux, je te promets que je ne m'en mêlerai pas."
Sous l'apparente légèreté de ses propos se tenait malgré tout une sincérité à laquelle elle n'était pas habituée de sa propre part et qu'elle n'avait pas vraiment l'habitude de côtoyer auprès de ses amies chez qui, comme chez elle, l'être ne passait que bien après le paraître ce qui n'aidait pas à parler franchement sans craindre les regards et les qu'en-dira-t-on. Pour l'instant, elle tâchait d'oublier la possibilité que le jeune homme ne la juge sans retenue, elle ne le connaissait pas, c'était peut-être dans ses loisirs quotidiens, elle n'en savait rien... La Préfète aurait tout le temps de le découvrir par la suite...
Pour l'heure, elle était assez contente d'avoir réussi à changer de sujet, à devenir celle qui questionne et non celle qui détruit de ses propres mains son image... Les rôles s'étaient donc inversés et ce fut sans la moindre mauvaise intention qu'elle l'écouta se dévoiler à son tour...
" Je suis resté parce que c'est ce qu'on voulait que je fasse. Il paraît que je suis inscrit ici depuis la naissance, donc je fais ce qu'on attend de moi. Mes parents étaient sorciers tous les deux, et le seul héritage que j'ai reçu d'eux, c'est... tout ça. Depuis l'enfance, j'ai été initié aux préceptes religieux, puis du jour au lendemain, tout a été détruit, tous ces enseignements que j'avais reçu jusqu'ici. Je me suis senti trahi, comme si on m'avait menti depuis le début. "
C'était étrange de croiser quelqu'un tous les jours, plusieurs fois par jour même depuis des années sans même prendre la peine de le connaître plus qu'on ne croit en savoir à son sujet... Combien de fois lui avait-elle vaguement adressé la parole sans jamais porter le moindre intérêt à qui il était ? Combien de discussions dont il était le centre avait-elle eu à supporter auprès de ses amies sans se soucier de ne voir plus loin que son physique avantageux et des rares rumeurs qu'on lui attachait ? Il ne paraissait pas être simplement, comme elle l'avait cru, un bon élève comme il y en avait tant d'autres, qui avait vécu toute leur vie dans l'attente de leur entrée à Poudlard... Si elle ne s'en voulut pas réellement pour la simple et bonne raison que Sarah était bien incapable de s'en vouloir, elle regrettait de ne pas avoir cherché à le connaître plus tôt...
"Ce qu'on voulait que tu fasses ? Qui pouvait le vouloir alors que toi, tu ne sembles pas l'avoir voulu ?"
La Poufsouffle fit attention à ne pas trop se mêler de ce qui ne la regardait pas, grande première, laissant néanmoins sa curiosité parler à sa place. Leur discussion n'était pas vraiment basée sur la retenue alors pourquoi le commencer maintenant ? Elle ne put se demander malgré tout si la trahison ou le mensonge dont semblait souffrir Elliott n'était pas qu'une énième omission comme le monde Moldu en connaissait des centaines, des milliers même, pour viser à les protéger eux, sorciers. D'ailleurs, certaines familles mixtes avaient tendance à taire le monde Magique pour mieux s'intégrer aux moldus, annonçant à leur progénitures l'existence de leur pouvoir uniquement lorsqu'ils n'en avaient plus le choix... Elle choisit le silence plutôt que de se lancer sur un terrain miné qu'elle ne connaissait que trop peu, faute de l'avoir connu.
"J'ai rencontré des gens beaucoup plus intéressants que je n'aurais pu le soupçonner au départ. Et puis ce matin encore, je me suis rendu compte que j'étais encore loin de connaître tout le monde, avec ce que tu m'as révélé. Mais je ne suis pas à ma place ici. Et tant que je n'aurais pas trouvé d'explication rationnelle à tout cela, je ne le serais jamais, je le crains. C'est pour ça que je me suis mis à croire en une présence divine, c'est le seul qui ne m'ait pas jamais trahi."
La Préfète esquissa un sourire à l'allusion à cette conversation, elle ne releva cependant rien, se contentant d'écouter la suite avec une attention qu'elle ne montrait que rarement. S'il s'était rendu compte qu'il était loin de connaître tout le monde, elle n'avait pu que comprendre que certaines personnes méritaient bien plus d'intérêt que ce qu'elle pouvait leur accorder... Peut-être devrait-elle apprendre à aller voir les autres au delà de ceux qui semblaient prédestinés à attirer son attention ? A trop jouer les idiotes superficielles peut-être avait-elle fini par le devenir plus qu'elle ne l'aurait jamais dû...
"Je doutes malheureusement qu'il y ait une explication rationnelle à tout ça... Tu n'auras aucun regret à tout quitter à la fin de ton année ? Tu as déjà pensé à ce que tu aurais pu, ou voulu, faire en quittant Poudlard si tu avais continué cette vie là ?"
Elle se sentait étonnement attristée d'apprendre qu'il pouvait y avoir des gens si mal dans l'enceinte même de l'école. Ses doigts suivaient négligemment les lignes du bois de la table alors qu'elle plongeait dans ses pensées... Elle ne s'était certes jamais vraiment souciée du mal-être de ses camarades tant qu'il ne risquait pas d'être communicatif, ce qui avait en moyenne que très très peu de chances d'arriver pour ne pas dire aucune, mais de le prendre de face de la sorte était tout à fait désagréable et réveillait chez elle une certaine empathie étouffée depuis longtemps. Elle regrettait qu'il eut à supporter tant, même si le savoir plutôt n'aurait pas arrangé son impuissance face à une situation qui ne la concernait pas...
"Si ce n'est pas indiscret, tu le savais depuis le début? Enfin, que tu étais une sorcière..."
Sarah releva brusquement les yeux à cette question. Souhaitait-il réellement une réponse à celle-ci ? Elle n'était pas certaine d'avoir envie de lui apprendre qu'elle n'était qu'une ignorante qui n'avait jamais rien appris du monde moldu en dehors des excursions dans son quartier qu'elle planifiait elle-même pour occuper son trop plein de temps libre... Elle se résigna malgré tout à se livrer sur ce point aussi. Elle n'avait aucune raison d'avoir honte d'avoir été élevé en tant que sorcière, après tout c'était le cas de beaucoup de gens et ça ne lui avait jamais posé de problèmes jusqu'à présent, alors inutile de les créer pour l'occasion.
"Ma mère a eu des doutes parce que mon géniteur était un né-moldu. Enfin, c'est ma mère, je ne me suis jamais attendue à mieux de sa part... Sans quoi, oui, j'ai toujours été élevée en tant que sorcière. La magie, Poudlard, ça a toujours été incroyablement normal pour moi. D'ailleurs, si mes parents n'avaient rien contre l'autre monde, je n'en ai rien connu avant de pouvoir sortir toute seule et le découvrir comme une grande. Je trouve ça dommage... C'est pour ça que je comprends difficilement comment tu peux te sentir mal dans ce monde-là, j'ai toujours connu que ça. Mais je pense que je ne réagirai pas mieux si je devais renoncer à tout ce que j'ai connu jusque là pour autre chose, surtout si je n'avais même pas eu conscience de son existence..." _________________  All reason aside, I just can’t deny I love that guy
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|  | |  Elliott P. Walker

Parchemins rédigés: 140 Arrivé(e) le: 11/11/2011 Crédit avatar: Cherryblossom Année: 7eme année
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Lun 16 Jan - 21:49 | |
| "Et oui... Deux. C'est Tyler qui a "l'immense privilège d'être la première", mais je ne sais pas si c'est la chose la plus intelligente que j'ai fait... Je l'aime bien mais je ne sais pas si c'est vraiment quelqu'un en qui je peux avoir confiance. Tu peux lui rendre la vie infernale pour t'avoir pris ta place de "privilégié" si tu veux, je te promets que je ne m'en mêlerai pas."
Tyler? Il avait vaguement entendu parler de lui, Rentford ou un nom dans le genre. Un Serpentard dont on ne vantait pas forcément les mérites, mais Elliott en savait trop peu sur lui pour pouvoir établir un jugement personnel. Après tout, si la Wotton s'était ouverte à lui, c'est qu'il était sûrement digne de confiance, non? Mais le regrettait-elle? Peut-être était-il susceptible d'aller répéter la chose à tout le château, voilà pourquoi elle semblait soucieuse à ce sujet. Elliott se voyait mal rendre la vie infernale à qui que ce soit, considérant la vengeance comme faiblesse d'âme, mais si réellement il avait trahi la confiance de Sarah, il ne valait donc pas mieux que les autres.
" Tu veux dire qu'il pourrait faire circuler l'info ? A quoi ça lui servirait ? Autant que je le sache si d'aventure je dois me venger ensuite... "
Il avait prononcé ces derniers mots sur le ton de la plaisanterie, mais ne restait pas moins sérieux pour ce qui était du reste. Il ignorait si sa question était bien placée ou non, après tout il ne savait rien de la relation qui unissait la Poufsouffle au Serpentard si réellement relation il y avait. Puis le sujet dévia sur lui-même, et le Jaune & Noir ressentit un élan de gêne le parcourir. Il savait que sa vision des choses était loin d’être partagée par tout le monde, la préfète serait-elle en mesure de le comprendre ? Peut-être, ou peut-être pas d’ailleurs. Leur soudaine entente naissante serait alors entravée, et ce serait bien dommage.
" Ce qu'on voulait que tu fasses ? Qui pouvait le vouloir alors que toi, tu ne sembles pas l'avoir voulu ? "
Elliott hésita. Sa question était juste et il pouvait y répondre, mais parler d’Harriet reviendrait à dire qu’il n’acceptait pas ce que sa marraine avait décidé pour lui alors que c’est à elle qu’il devait toute son éducation. La dernière chose qu’il voulait était l’offenser dans ses propos, même si elle ne devait pas le savoir. C’est pour elle et elle seule qu’il s’était investi dans la religion alors qu’à l’origine, ce sujet l’indifférait complètement. Mais alors que la jeune femme venait seulement de quitter son apprentissage religieux et d’atteindre l’âge adulte, elle avait renoncé à beaucoup de choses pour élever son filleul seule. Si elle avait décidé qu’il devait devenir cet homme-là, alors il le deviendrait, il n’avait rien à y redire. Les seuls auxquels il devait en vouloir, c’était ses parents, qui étaient tous deux des sorciers avant de mourir, et qui lui avaient légué ces pouvoirs sans qu’il n’ait pu avoir le choix de les accepter ou de les refuser. C’était de la lâcheté d’avoir fui, fui la vie aussi subitement, en ne faisant pas face à ce qu’ils engendreraient. Et pour ce simple fait, Elliott leur en voulait toujours, à tous les deux, même dans la mort.
" J’ai été élevé comme ça. Ma marraine a une vision très précise d’un avenir idéal, et si ce chemin qu’elle veut que j’emprunte, alors je n’ai pas à m’y opposer. Je lui suis tellement redevable, après tout… "
Et c’était vrai, de quoi se plaignait-il ? On lui avait offert une vie saine, normale, et les missions humanitaires dans lesquelles il s’était investi avec Harriet lui avaient prouvé à quel point sa mélancolie était futile. Certes, appartenir à un monde dans lequel il se sentait tout à fait étranger, se retrouver propulsé au rang de sorcier alors qu’il n’avait rien demandé de plus que d’être laissé en paix, c’était dur à porter, mais il n’avait pas le droit de se lamenter sur son sort. Après tout, peut-être que le simple fait qu’il se soit trompé sur ce monde-là faisait qu’il exécrait le mystique… En admettant qu’il aimait ce monde, c’était ses propres convictions qu’il remettait en cause, et il ne pouvait se le permettre.
"Je doutes malheureusement qu'il y ait une explication rationnelle à tout ça... Tu n'auras aucun regret à tout quitter à la fin de ton année ? Tu as déjà pensé à ce que tu aurais pu, ou voulu, faire en quittant Poudlard si tu avais continué cette vie là ?"
Des regrets ? Peut-être bien, et c’était seulement en septième année qu’il se rendait compte que quitter le château serait probablement plus difficile qu’il ne l’avait cru au départ, en ayant rêvé de prendre la tangente et de retourner à Swansea. Et s’il avait trouvé ses racines ? Non, c’était impensable. Il avait beau s’être attaché à quelques personnes ici, aucune chance qu’il ait des remords.
" Honnêtement, je n’en sais franchement rien… j’ai une sainte-horreur de la magie et quitter le château ne sera pas un problème, mais je crains de m’être un peu trop attaché à ce lieu, plus que je ne le devrais. En tout cas, je pense que je n’aurais pas à le regretter. "
Après tout, sa vie allait peut-être enfin pouvoir redevenir telle qu’elle était auparavant, il retournerait aider Harriet à l’église, il n’aurait pas à redouter un quelconque événement inexplicable, et il pourrait de nouveau attribuer un raisonnement aux phénomènes de la vie sans se demander si la magie viendrait perturber l’équilibre de sa vie quotidienne. Mais la réponse de la Jaune & Noir lui fit oublier ses rêves d’avenir et le rappela docilement à la réalité. Ainsi elle était donc ce que l’on appelait communément un « Sang-mêlé » par ici ?
" Ma mère a eu des doutes parce que mon géniteur était un né-moldu. Enfin, c'est ma mère, je ne me suis jamais attendue à mieux de sa part... Sans quoi, oui, j'ai toujours été élevée en tant que sorcière. La magie, Poudlard, ça a toujours été incroyablement normal pour moi. D'ailleurs, si mes parents n'avaient rien contre l'autre monde, je n'en ai rien connu avant de pouvoir sortir toute seule et le découvrir comme une grande. Je trouve ça dommage... C'est pour ça que je comprends difficilement comment tu peux te sentir mal dans ce monde-là, j'ai toujours connu que ça. Mais je pense que je ne réagirai pas mieux si je devais renoncer à tout ce que j'ai connu jusque là pour autre chose, surtout si je n'avais même pas eu conscience de son existence... "
Après la tirade de sa camarade, Elliott resta pensif. Il avait été surpris de la compréhension dont elle avait preuve... agréablement surpris, certes, mais il n'était pas habitué à ce genre de discours de la part des autres élèves. En la croisant dans les couloirs, dans la salle commune, en entendant son nom au coeur des rumeurs, il avait été loin de penser qu'après tout, elle aussi avait une histoire derrière elle. Ainsi elle avait toujours connu le monde de la magie? Mais en l'entendant parler de sa mère, le Poufsouffle songea qu'elle devait certainement avoir une dent contre cette dernière. Sa curiosité pourtant bien attisée n'alla pas jusqu'à lui demander pour quelles raisons, il ne la connaissait pas assez pour pouvoir s'interroger sur de potentiels conflits familiaux. Ses parents avaient donc quelque chose contre l'autre monde? Mais s'il avait bien compris, sa mère était une sorcière, quelles pouvaient donc être les circonstances qui avaient fait qu'à présent, elle refusait le contact avec l'autre monde? En sachant que sa fille possédait à son tour des pouvoirs, il aurait été normal qu'elle en soit informée. Après tout, c'est ce qu'il aurait souhaité aussi, même si les intentions d'Harriet avaient été des plus nobles et que ce n'était que par souci de le préserver de tout ça, il estimait qu'il avait le droit de savoir, et donc Sarah aussi.
" Tes parents ont donc quelque chose contre l'autre monde? Pourquoi n'ont-ils pas mis de côté leur hostilité en sachant qu'il y avait de fortes chances que tu ailles faire tes études là-bas? Ta mère est une sorcière pourtant, elle devrait avoir des affinités avec le Monde de la Magie... "
Peut-être pas après tout. Il était aussi un sorcier et il était fort probable qu'il n'y remette plus les pieds après ses études... mais si d'aventure son ambition de devenir pasteur échouait et qu'il avait des enfants, il ne leur cacherait jamais l'existence de la magie. Etant donné qu'il y avait de grandes chances qu'ils soient sorciers à leur tour, il ne voulait pas qu'ils héritent du même mal-être qui accompagnait sa vie quotidienne. Mais espérant que la réponse de la préfète pourrait l'éclairer à ce sujet, il attendit ses explications, espérant qu'il ne la poussait pas à entrer dans des détails embarrassants sur sa vie familiale. Après tout, sans que personne ne sache pourquoi ni comment, ils étaient tous deux en train de se dévoiler l'un à l'autre, leurs histoires, leurs ressentis, beaucoup plus qu'ils n'auraient du. Qu'est-ce qui avait créé cette spontanéité? Elliott l'ignorait, mais ne le regrettait pas, pour l'heure. _________________ " Le mal n'est pas à notre porte, il rôde en chacun de nous, parfois habilement déguisé par l'idéalisme et la piété religieuse. ". ♣ |
|  | |  Sarah E. Wotton

Parchemins rédigés: 2241 Arrivé(e) le: 26/04/2011 Crédit avatar: (c) ... Année: Sixième année.
| Sujet: Re: De bon matin. — Terminé Dim 22 Jan - 14:34 | |
| " Tu veux dire qu'il pourrait faire circuler l'info ? A quoi ça lui servirait ? Autant que je le sache si d'aventure je dois me venger ensuite... "
Sarah n'était sûre de rien quant à ce qu'il pourrait faire de ce qu'il avait appris à son sujet même si elle ne craignait que peu de choses en vérité. Elle n'avait pas été la seule à se confier ce jour-là, si bien qu'elle pouvait se venger sans avoir à trop chercher comment. La facilité valait parfois le coup. Elle ne peut retenir un nouveau rire aux derniers mots du Poufsouffle. Elle se doutait bien qu'il s'agissait d'une plaisanterie mais elle aimait à se l'imaginer comme la vérité sans pour autant se faire maintes illusions. Rêvasser comme une gamine n'était pas vraiment sa tasse de thé.
"Il pourrait, oui. Mais je ne pense pas qu'il le fera, ce n'est pas dans son intérêt sauf s'il a envie de voir ses petits secrets étalés au grand jour mais... Je sais pas. J'ai une impression bizarre à son sujet depuis quelques temps. Je ne crains rien à proprement parler mais je crois avoir fait une bêtise quand même... C'est bizarre d'expliquer ça. Il ne m'a strictement rien fait en plus."
Elle l'avait croisé un bon nombre de fois depuis ce jour et les premiers s'étaient avérés on ne peut plus normaux, leur relation n'avait en rien changé et l'entente était toujours au rendez-vous, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Les jours avaient passé et petit à petit une sorte de malaise qu'elle n'était pas parvenue à s'expliquer s'était installé et ressortait à chaque fois que le Serpentard était près d'elle ou qu'elle se prenait à y penser, comme si tout en elle se révoltait d'un commun accord pour lui faire regretter son geste.
Peut-être aurait-elle à subir la même chose avec Elliott ? C'était fort probable après tout. Si c'était le simple fait de se confier qui déclenchait ce désagréable sentiment, elle en serait sûrement victime dans les jours à venir. Elle ne pouvait s'empêcher d'espérer que ce ne serait pas le cas, maintenant qu'elle avait commencé à parler sans se demander ce qu'on pourrait en penser, elle se voyait mal reprendre un rire stupide en feignant d'avoir joué la comédie... Elle soupira et le jeune homme reprit, répondant à sa question non sans avoir hésité un moment, la laissant ainsi s'enfoncer contre son gré dans de déplaisantes pensées.
" J’ai été élevé comme ça. Ma marraine a une vision très précise d’un avenir idéal, et si ce chemin qu’elle veut que j’emprunte, alors je n’ai pas à m’y opposer. Je lui suis tellement redevable, après tout… "
Il n'avait pas à s'y opposer ? C'était quand même son propre avenir et non celui de sa marraine. Elle trouvait cette réaction un peu lâche mais se retint de lui en faire part, elle n'était pas là pour le juger de quelque façon que ce soit, aussi même si elle le pensait, elle n'en dirait pas le moindre mot. Renoncer à sa vie toute entière de la sorte alors qu'il n'était même pas majeure, c'était une bien triste façon d'imaginer son avenir... Qu'il choisisse une voie aussi peu commune soit-elle pour l'unique raison qu'il l'eut décidé lui-même était tout à fait compréhensible, honorable même, mais apprendre qu'au fond, il n'avait rien décidé de son plein gré donnait une toute autre teinte au tableau.
"Et tu ne crains pas de gâcher ta vie, ou pire de t'en lasser ? J'veux dire, personne ne peut savoir mieux que toi ce que tu veux faire. Enfin je crois..."
Il ne lui serait jamais venu à l'idée de laisser qui que ce soit décidé pour elle de ce qu'il était bon qu'elle fasse mais en y réfléchissant un peu, n'était-ce pas ce qu'elle avait fait jusque là ? Son absence de scolarité moldue sous l'unique prétexte qu'une sorcière digne de ce nom ne devait pas s'y abaisser ou son entrée à Poudlard parce que tout sorcier se devait de passer par là n'avaient été que les décisions de ses parents et en aucun cas les siennes et même si elle avait toujours assimilé ça comme la normalité, elle n'était plus certaine désormais que c'eut été ce qu'elle aurait désiré si on lui avait posé la question. Elle aurait certainement pris le Poudlard Express, c'était certain mais elle aurait aussi certainement profité de ses voisins moldus plutôt qu'elle ne l'avait fait, lorsqu'elle eut enfin l'âge de sortir comme une grande sous le regard désapprobateur de sa mère.
" Honnêtement, je n’en sais franchement rien… j’ai une sainte-horreur de la magie et quitter le château ne sera pas un problème, mais je crains de m’être un peu trop attaché à ce lieu, plus que je ne le devrais. En tout cas, je pense que je n’aurais pas à le regretter. "
Bien que la situation ne s'y prête absolument pas, Sarah ne put s'empêcher de sourire avec un certain amusement. L'élève modèle et l'étudiant parfait qui avaient toujours caractérisé son camarade depuis qu'elle entendait parler de lui venaient de prendre un coup dans l'aile. Il n'en était pas moins brillant, c'était certain mais leurs professeurs n'auraient probablement pas pu retenir une grimace, voire même certains un malaise en apprenant que l'un de leurs meilleurs éléments ne souhaitait que de disparaître au plus vite. Pauvres d'eux...
"On ne se connait pas, mais je compte sur toi pour me faire part de ta vie moldue. J'aimerai en apprendre davantage et comme je n'aurais très certainement jamais le courage de le faire comme une grande..."
Il ne le ferait certainement pas et elle, elle ne le lui reprocherait probablement pas, oubliant d'ici le début de sa septième et dernière année jusqu'à cette idée. Ou peut-être pas... Il était en tout cas sûr qu'elle aurait aimé voir comment la vie moldue se passait réellement, plus en tout cas que le peu qu'elle en avait vu avec son voisin depuis ces dernières années ou qu'elle en apprenait dans les livres mais que la simple idée de renoncer à tout ce qu'elle connaissait et au monde auquel elle appartenait l'empêchait de le faire réellement. Si Elliott avait fait preuve d'un courage monstre en venant à Poudlard, il n'en était pas de même pour elle, pauvre idiote bien trop attachée à ses habitudes pour les balayer sans broncher.
" Tes parents ont donc quelque chose contre l'autre monde? Pourquoi n'ont-ils pas mis de côté leur hostilité en sachant qu'il y avait de fortes chances que tu ailles faire tes études là-bas? Ta mère est une sorcière pourtant, elle devrait avoir des affinités avec le Monde de la Magie... "
Sarah secoua vaguement la tête. Le fait que son géniteur soit d'origine moldu semblait avoir brouillé les choses, c'était d'ailleurs un peu pour cela qu'elle n'en parlait généralement jamais, bien que ce soit plus généralement parce que s'il existait dans sa vie de part les erreurs de sa mère, il n'en faisait absolument pas partie. La question de Poufsouffle l'avait amené à y faire allusion, mais elle s'en abstenait autant que possible, laissant planer l'image d'une famille parfaite avec des parents ensembles et soudés et une frangine adorée. Même si au fond, son père n'était pas le sien et sa soeur que l'était qu'à moitié...
"Au risque de te décevoir, je parlais du monde moldu. Je suis née, mon géniteur est parti, ma mère s'est mariée à un sorcier peu après. Ils ne voyaient pas la fréquentation des moldus par une jeune sorcière comme acceptable, en tout cas pas quand il s'agissait de leur descendance et même si ce n'était pas tout à fait le cas pour moi, ils n'ont pas fait de différences. J'ai jamais fait d'études moldues comme il est courant maintenant. Je trouve ça... Dommage. Je pense qu'on a loupé plein de choses... Ca ne gênait pas ma mère tant que ça, de fricoter avec des moldus, ou nés-moldus, puisque je suis là, elle aurait pu faire quelque chose, mais elle s'est contentée de se taire et de nous priver d'une double éducation, qui aurait été bénéfique je pense."
Elle soupira de nouveau, toujours souriante malgré les confidences. Après tout, Elliott n'y était pour rien dans le n'importe quoi dont sa génitrice faisait preuve depuis désormais seize ans, il n'y avait donc aucune raison de perdre cette apparente bonne humeur qui avait pris place dans leur discussion... _________________  All reason aside, I just can’t deny I love that guy
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