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how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018]
Erin B. Sørensen

Erin B. Sørensen



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Message(#) Sujet: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptyDim 12 Juin - 18:00



( how can you miss someone you've never met | JUNIOR ♚ ERIN )
Le piano résonnait de toutes ses forces dans l’appartement silencieux. Grand-Père était parti tôt ce matin, nous laissant, Finnbjörn et moi-même, seuls face à l’absence cruelle d’occupation. Ce qui aurait dû devenir une belle journée sans la moindre leçon s’était transformé en des heures d’un ennui mortel. Je n’adressais plus la parole à mon détestable jumeau depuis qu’il avait ricané que mon chocolat chaud n’était pas assez épicé — son rictus supérieur avait bien vite disparu lorsque j’avais renversé une poivrière dans le sien en le défiant de le boire, lui qui aimait tant les épices — et il s’était depuis retranché dans la bibliothèque. Un peu de musique accompagnant à la perfection une lecture quelconque, je me faisais un devoir de faire danser mes doigts pâles sur notre piano, déployant les notes de la marche funèbre dans toute sa splendeur, encore et encore. Tous mes proches le souligneraient, mon assiduité n’avait d’égale que ma patience : il était inconcevable que je paresse alors que la partition sous mes yeux pouvait être encore mieux interprétée. Dans mon dos, je pouvais sentir le regard servile de notre elfe de maison qui hésitait entre risquer mon courroux pour oser venir me déranger ou celui de mon frère pour ne pas avoir osé le faire. Pathétique créature.

Cela faisait plusieurs semaines — cinq, c’en ferait cinq demain matin — que Hannibal était parti pour Poudlard, plus encore que nous nous étions installés à Londres, abandonnant derrière nous les paysages grandioses de la Norvège. Nous recevions régulièrement des nouvelles de notre aîné— et chacune de ses lettres comportait quelques lignes qui m’étaient exclusivement destinées — mais cela ne pouvait compenser son absence, ni palier à la morosité de la vie londonienne, encore moins effacer toute cette colère légitime à l’idée qu’un jour, nous aussi, nous allions devoir arpenter les couloirs miteux d’une école en perdition. Il pleuvait tous les jours — même si ce n’étaient que quelques gouttes, le ciel semblait se faire un devoir de nous rappeler que lui non plus n’appréciait guère couvrir cet endroit — et notre appartement, niché entre d’autres, ne possédait pas l’immense domaine auquel j’étais habituée depuis toujours. En conséquence, nous restions enfermés entre ces murs sauf lors de promenades avec Grand-Père ou Grand-Mère dans les rues sorcières de la capitale. Les discours passionnants de mon aïeul me semblaient bien amers maintenant qu’ils s’accompagnaient de ce que je prenais pour un semblant de prison — au sein de laquelle même les sages paroles de mon frère aîné, que je me répétais régulièrement, ne pouvaient tempérer tous mes sauts d’humeur.

Lorsque les flammes de la cheminée verdirent, je quittai ma place d’un bond, trépignant d’impatience à l’idée de pouvoir enfin parler avec quelqu’un. J’espérais surtout que Grand-Mère, puisque c’était elle, accepterait que nous sortions un peu maintenant que le temps s’était paré de quelques rayons de soleil automnaux. Mes espoirs allaient être surpassés. Puisque nous avions été exemplaires ces derniers jours et que notre anglais progressait très bien — je tournai un regard narquois en direction de Finn : le mien était sans conteste meilleur que le sien —, nous allions honorer l’invitation faite par la famille Flint et nous rendre dans leur demeure familiale le lendemain après-midi. Au cours du souper, Grand-Père mentionna certains éléments qui alimentèrent mon impatience. Ils vivaient dans un grand manoir enveloppé d’un immense terrain à l’écart du village et la réception se tiendrait en extérieur puisque le temps était encore doux. Je ne prêtais guère attention aux raisons pour lesquelles cela était parfait, absolument parfait, dans le cadre des engagements d’adultes, bien trop obnubilée par toutes les possibilités que cela m’offrait.

Le lendemain, je me levai tôt. Trop tôt : les heures qui me séparaient encore de ce joyeux après-midi relevèrent de la torture. Les limites usées de ma patience applaudirent vivement le moment où nous quittâmes enfin notre chez nous pour transplaner à la lisière de chez d’autres. La démarche altière de Grand-Père guida nos pas jusqu’à l’entrée du château — avec sa tour, la demeure avait réellement des allures de petit château — où un elfe se courba devant nous et nous invita à le suivre. De l’autre côté, d’immenses baies vitrées s’ouvraient sur une terrasse de marbre dont les escaliers serpentaient jusqu’à un jardin aménagé. Partout, des groupes d’adultes, un verre à la main, conversaient, créant un océan de paroles qui se répandaient tout autour d’eux de manière indistincte. Je repérai quelques jeunes enfants et notai intérieurement de les éviter, laissant mes yeux clairs scruter la foule à la recherche d’autres silhouette de notre âge.  Avant de pouvoir m’emparer de cette liberté qui me tendait les bras, il me fallait encore suivre Grand-Père quelques minutes, tandis qu’il allait saluer nos hôtes et nous présentait, à eux ainsi qu’à d’autres individus dont je soutins les regards perçants avec un orgueil tout enfantin.

Puis, nous fûmes autorisés à aller et venir comme bon nous semblait. La réalité ne tarda pas à se confronter à mes aspirations. Si le vent jouait avec mes boucles brunes et que le soleil d’octobre réchauffait doucement mon visage, il n’y avait pas beaucoup plus à faire ici que chez nous. Les adultes parlaient de sujets qui cessaient de m’intéresser au bout de quelques minutes — et qu’ils ne prenaient, de toute façon, guère de plaisir à partager avec des enfants — et Finnbjörn s’était lancé dans une grande conversation avec un garçon plus âgé que nous qui ferait sa rentrée l’année prochaine. Très rapidement, leur intérêt pour l’histoire qu’ils passaient en revue effrita mon enthousiasme et je m’éloignai avant de mourir d’ennui. Qu’est-ce que Finn pouvait être barbant quand il le décidait. Au lieu de profiter avec moi des perspectives extérieures offertes par cette journée, il choisissait volontairement de théoriser sur ce qu’il avait lu quelques jours plus tôt avec un jeune garçon visiblement aussi atteint que lui.

Un soupir fila entre mes lèvres. J’étais tiraillée entre le désir de m’amuser et la nécessité de bien me comporter puisqu’il s’agissait de notre première rencontre avec les plus grandes familles sorcières d’Angleterre et que je n’avais aucune envie d’être privée d’une prochaine fois. J’en étais là, à deux doigts de regretter mon piano et mon solfège, quand mon regard opalin se posa sur un garçon qui s’éloignait d’un petit groupe composé de deux hommes et de deux femmes, sous le regard appuyé de l’une d’entre elle. Cela faisait déjà une heure que nous étions ici — par Merlin, je n’arrivais pas à croire que le temps se gâchait si vite — et, dans ma recherche de distraction, j’avais longuement observé les personnes présentes. Lui ne me disait rien. Il venait peut-être d’arriver — ce qui serait donc un retard remarquable. Peut-être connaissaient-ils très bien nos hôtes pour se permettre une telle chose. Quelque part derrière moi, la voix nasillarde d’une des deux gamines qui ne voulaient pas oublier mon existence se fit entendre. J’aurais dû me douter que deux idiotes comme elles seraient incapables de compter jusqu’à mille avant de se lancer à ma recherche. « Bonjourrr. » Parvenue aux côtés du nouveau venu, je l’apostrophai dans un anglais toujours marqué de cet accent du nord. « Tu ne vas pas avec les autrrres ? » Mes yeux clairs filèrent en direction d’un coin du jardin où une bonne partie des autres enfants s’étaient réunis, par petit groupe eux-aussi, avant de revenir sur celui qui me faisait face, détaillant ses traits et son regard qui semblait fatigué. « Si tu connais une bonne cachette, je suis intérrressée. » S’il fuyait et que je fuyais, nous pouvions fuir ensemble le temps pour moi d’échapper aux deux sottes et pour lui… de faire ce qu’il souhaitait faire ?

@C. Junior d'Archambault

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Message(#) Sujet: Re: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptyDim 12 Juin - 21:55

How can you miss someone you've never met
pour la première fois
ft. @Erin B. Sørensen & C. Junior d'Archambault
Assis dans l'antichambre dans laquelle se tenait la cheminée reliée au réseau, j'attendais silencieusement que mon père ne s'arrache enfin à quelque dossier urgent. Ma mère faisait les cent pas, un sourire crispé accroché aux lèvres, plus crispé encore à chaque fois que son regard maquillé d'une teinte cuivrée se posait sur la pendule dont les aiguilles nous mettaient de plus en plus en retard. Plus de trente minutes, déjà. Elle lissa sa robe marine et lâcha un soupir agacé. Elle marmonna quelque chose que je ne compris pas et ses talons claquèrent lourdement sur le sol alors qu'elle s'éloignait, sûrement en direction du bureau paternel. Je la suivis des yeux jusqu'à ce qu'elle ait complètement disparu. Mes doigts se mirent à pianoter sur l'accoudoir du fauteuil que j'occupais, la fatigue me fit étouffer un bâillement. La nuit avait été courte, encore. Et les obligations m'avaient tiré du lit bien trop tôt... Leçon d'équitation, déjeuner avec mes grands-parents venus de France pour l'occasion et maintenant un après-midi sûrement interminable chez les Flint... Ils ne faisaient même pas vraiment partis de nos proches, Grand-Père les avait rencontré quand il travaillait encore à l'Université mais est-ce que c'était suffisant pour devoir honorer toutes les invitations qu'on pouvait recevoir de leur part...? Je ne comprenais pas vraiment pourquoi nous étions obligés d'y aller à chaque fois. Papa n'avait même pas envie, ça se voyait ! Et Maman le faisait sûrement que par convenance... Ils n'avaient qu'à dire que j'étais malade, que j'avais la dragoncelle, que j'étais affreusement contagieux. On s'en fichait que ça ne soit pas vrai, personne ne viendrait vérifier ! Mais non, évidemment... Mes parents passèrent enfin la porte que ma mère avait franchi seule. Le bras de l'une glissé sous celui de l'autre, élégants à en faire pâlir tous les monarques du monde dans leurs tenues assorties. Elle resserra sa cravate avec un air amoureux – du moins, à mon jeune âge, ça en avait l'air – et me fit signe de me lever. Nous partions enfin ! Avant que je n'entre dans le cheminée, elle remit correctement le col de ma chemise sur celui de mon pull et tira sur mes chaussettes hautes qui avaient le malheur de glisser. Je leur avais déjà dit que s'ils me laissaient porter des pantalons, nous n'aurions pas ce genre de problème... Mais non, évidemment. « Pas pour quelqu'un de ton rang, mon chat » m'avait-elle répondu avec patience... Je trouvais ça stupide. La plupart des autres garçons de mon âge avaient déjà le droit, eux ! Elle arrangea mes cheveux et me poussa d'une main douce en direction de l'âtre. Au-dessus de ma tête, la grande aiguille venait d'annoncer l'heure de retard. Les premières fois où j'ai eu conscience  du manque de ponctualité de notre famille, ça faisait monter quelques angoisses, comme si l'horloge était la voix d'un dieu quelconque et que nous risquions son courroux pour ne pas nous y plier mais... avec le temps... j'avais appris à prendre mon mal en patience et admis que ça n'était pas si grave que ça. Après tout, personne n'avait l'air de nous en tenir rigueur, n'est-ce pas...?

Les flammes vertes de la poudre de cheminette nous enveloppèrent tous les trois et, l'instant suivant, nous débarquions dans une salle loin de Londres. Ma main glissa maladroitement dans celle de ma mère alors qu'un elfe ridicule nous entraînait dans un couloir. Nos hôtes étaient dehors, avec le reste des invités. On nous accueillit comme si de rien n'était, un sourire poli et aimable sur les lèvres tandis que mon père se fendait d'excuses entendues si souvent que j'aurais pu les réciter en même temps que lui. « C'est les affaires, difficile de se défaire d'un dossier compliqué, vous savez ce que c'est, n'est-ce pas ? » sur quoi il riait avec un naturel si grand que tout le monde devait trouver ça normal. Moi le premier. Madame s'étonna de me voir ici, comme s'il y avait vraiment quelque chose d'étonnant et laissa entendre qu'elle pensait que j'étais assez grand pour faire ma première rentrée. Je me contentai de secouer la tête alors que ma mère se rassurait des mois qui me restaient encore à passer à ses côtés. Elle n'était pas pressée, j'étais encore un enfant, ça aurait été tellement plus simple si ça n'avait pas été un internat... Elle sembla trouver une oreille compréhensive puisque Madame venait elle-même de laisser partir son petit... Je me détournai de la conversation, cherchant plutôt du côté de mon père quelque chose de plus intéressant... En vain. Il était en train de parler relations diplomatiques franco-britanniques et de l'intérêt de trouver des alliés là où nous le pourrions. Alors je fis la seule chose qu'il me restait à faire : observer désespérément les environs. Je savais exactement ce que je cherchais, en réalité. Qui, du moins. Thaddeus Rowle... et ses parents. Pas tant parce que la vie que nous avions eu tous ensemble me manquait – un peu, c'était vrai – mais surtout pour m'assurer, dans une fierté familiale et calquée sur celle de mon géniteur, qu'ils resteraient à distance et ne nous causeraient pas le moindre tort... Et lorsque je l'eus trouvé, en train de discuter avec cette idiote de Marissa Travers, je ne me sentis pas mieux ni rassuré pour autant. Franchement, ils faisaient bien de traîner ensemble, ces deux-là ! Aussi bêtes l'un que l'autre ! Et aussi nuls et inintéressants ! J'étais bien content de pas avoir à les supporter ! Mais, du coup, je n'avais personne d'autre à supporter sinon les adultes et leurs conversations à mourir d'ennui... Ma mère eut la gentillesse de me libérer d'un « Caleb doit être déjà là, mon chat, tu devrais aller le rejoindre ». Je hochai la tête, pris poliment congé de nos hôtes et m'éloignai d'un pas faussement décidé. Je n'avais pas l'intention de rejoindre Caleb Avery. Oh, je l'aimais bien, là n'était pas la question, c'était sûrement ce qui se rapprochait d'un meilleur ami maintenant que le mien était un traître et préférait de surcroît la compagnie d'une idiote de premier choix et que mes cousins étaient tous assez grands pour aller à Poudlard... puis nos parents étaient suffisamment proches pour qu'on se croise assez pour ça... mais j'avais aucune envie d'aller le supplier de me tenir compagnie parce qu'il n'y avait personne d'autre pour le faire... Alors l'objectif était simple : me glisser à l'intérieur de la maison, m'installer discrètement dans la bibliothèque et en sortir d'ici trois heures, quand il semblera acceptable de faire comprendre à ma mère que j'avais envie de rentrer chez nous. Mais je n'eus même pas le temps de me soustraire au regard maternel que je sentais encore peser sur moi qu'une fille sortie de nulle part me rattrapa :

Bonjourrr.

J'eus bien du mal à ne pas ricaner face à cet accent ridicule... et plus encore quand je posai les yeux sur elle et l'affreuse robe qu'elle portait. La couleur ressemblait à celle de la gadoue qu'il y avait sur le sentier de Selsey après la pluie et ses collants gris n'allaient même pas bien avec. À sa place, je n'aurais jamais osé sortir comme ça ! Je ne la connaissais pas mais je supposais qu'elle était exactement le genre à traîner avec Marissa Travers.

Bonjour...?

Mon ton était poli et mon sourire aimable mais sous cette salutation se cachaient toutes les questions du monde... et parmi elles, la plus évidente de toutes : qu'est-ce que tu me veux ? Avait-elle l'impression que je n'avais que ça à faire de tenir compagnie à des filles bizarres ? Elle pouvait pas aller voir ailleurs si quelqu'un était prêt à faire dans le social ?

Tu ne vas pas avec les autrrres ?
...avec les autres ? répétai-je d'un air plus dégoûté que je l'aurais voulu, comme si elle venait de me proposer de me joindre à une bande de veracrasses. Non, désolé. Je dois... aller chercher quelque chose à l'intérieur.

Je ne mentais pas... pas vraiment en tout cas. Je devais bien aller chercher quelque chose à l'intérieur : la tranquillité. Mais de toute évidence, ça n'était pas pour tout de suite. Le regard de la fille se planta dans le mien. Il y avait quelque chose qui y brillait. Quelque chose que je n'arrivais pas à définir. Quelque chose que je n'avais jamais vu dans le regard de personne et qui attisait un peu ma curiosité d'enfant... la promesse de quelque bêtise, peut-être ? ou simplement un ennui semblable au mien ?

Si tu connais une bonne cachette, je suis intérrressée.

Je haussai un sourcil surpris. Il y avait une familiarité un peu dérangeante dans sa manière de faire, comme des habitudes plus bourrues que les miennes. C'était presque comme si nous avions élevés les licheurs ensemble alors que... non, évidemment. Mon attention lui échappa brièvement, glissant du côté de mes parents. Ma mère était à nouveau plongée dans sa conversation, riant avec élégance.  C'était le moment ou jamais.

Viens.

Et l'instant d'après, dans l'indifférence générale, nous faussions compagnie au reste du monde. Le calme qui s'imposa était agréable. L'absence de vent également. Je m'inclinai respectueusement face à un portrait qui nous toisait avec hauteur et filai du côté des escaliers.

Pourquoi t'es pas avec les autres, toi ?

Je ralentis la cadence, feignant d'observer les tableaux qui nous entouraient, juste pour la laisser passer devant et laisser traîner sur elle un regard qui ne se gênait pas pour la jauger. Elle était bizarre. Tout chez elle était bizarre... Que je ne l'aie jamais vue avant, qu'elle soit sortie de nulle part pour me parler, qu'elle porte une robe aussi laide que celle-là, qu'elle veuille aller se planquer... Mais elle sentait la nouveauté à plein nez et dans un monde où les jours se ressemblaient affreusement, où nous côtoyons toujours les mêmes personnes du jour de notre naissance à celui de notre mort, à peu de chose près, c'était assez rare pour être appréciable.
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Message(#) Sujet: Re: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptyDim 12 Juin - 23:07



( how can you miss someone you've never met | JUNIOR ♚ ERIN )
La monotonie de cette réception avait noyé mes espoirs les plus brûlants en une petite heure seulement. J’avais imaginé un domaine aussi immense que le nôtre, en Norvège, aussi sauvage — n’était-ce pas cela que Grand-Père voulait dire lorsqu’il avait souligné que la demeure se tenait à l’écart des villages ? — et animé de la même énergie. J’héritais d’un château — très grand et très beau, certes, mais trop parfait pour être estimable — et d’une assemblée mortellement ennuyeuse. Même les Halldorson organisaient des événements plus palpitants. Si nous avions été au manoir, cela ferait déjà plusieurs dizaines de minutes que nous nous serions tous éloignés des adultes, les laissant à leurs conversations sans fin pour attraper quelques balais et profiter de l’immensité de nos terres pour jouer au Quidditch. Pas tous, évidemment, il fallait bien quelques personnages plus ennuyants que les autres pour rester à l’écart. Finnbjörn en était généralement le centre, souverain d’un groupe qui singeait les grands en débattant de tout et de rien. Hannibal finissait toujours par capituler face à mon insistance et nous rejoignait, nos cousins et moi, pour quelques parties. Pourquoi personne ne s’amusait, ici ? Plusieurs enfants restaient collés à leurs parents, d’autres s’étaient regroupés dans un coin et avaient l’air de discuter — Finn y était, ce qui me permettait de dire que ça ne devait pas être intéressant — mais c’était à peu près tout. J’oubliais les deux sottes qui n’avaient visiblement pas saisi que j’étais la dernière personne avec laquelle elles désiraient jouer à cache-cache et qui me poursuivaient donc, persuadées qu’elles venaient de compter jusqu’à mille.

Perdue entre un désespoir bien ancré et une impatience qui commençait à s’élever, j’avisais ce garçon nouvellement arrivé. J’en étais certaine, je ne l’avais pas vu jusqu’à présent. Et après une heure à fouiller la foule à la recherche de quelque chose d’un tant soit peu intéressant, j’étais convaincue de ce que j’avançais. Saisissant l’opportunité qui s’offrait à moi, je me portai à sa hauteur et le saluai, plantant mon regard clair dans le sien dont les reflets rappelaient la mer de Kristiansand  un jour de beau temps. Il avait de jolis yeux — je ne pouvais pas en dire autant de sa coiffure catastrophique ou de ce short ridicule que des chaussettes hautes tentaient de rejoindre — qui soutenaient les miens. Un léger sourire se déposa sur mes lèvres qui s’accentua alors qu’il laissa transparaître son dégoût à la mention des autres enfants. Une demi-seconde, mes yeux clairs l’abandonnèrent pour se poser sur mon jumeau adoré. Avait-il mal cerné nos pairs et était-il en train de perdre son temps ? Rien n’aurait pu me faire plus plaisir, aussi fallait-il que je m’en assure. « Tu ne le aimes pas ? » demandai-je de but en blanc, avec une fausse innocence. « Grrrand-Pèrrre disait pourrrtant que les Flint n’avaient que des invités de choix. » Néanmoins, tous ne pouvaient être de la même qualité. J’étais bien placée pour le savoir puisqu’à chaque solstice que nous fêtions, il nous fallait composer avec les Egeberg malgré le fait que le père de ces trois dindes ait fait faillite et que ses filles soient d’une vulgarité désolante. « Le vent tourne, Erin. » avait coutume de dire à mon aïeul lorsque je lui demandais pourquoi nous devions supporter leur compagnie.

Enfin, si ça se trouve, c’était le garçon à qui j’étais en train de parler qui était de moins bonne compagnie. Non, ça ne sonnait pas juste. Décidée à faire confiance à mon instinct et habitée de cette confiance arrogante de la jeunesse, je lui fis savoir que j’étais intéressée à le suivre à l’intérieur s’il connaissait un endroit où je pourrais échapper à la poursuite des deux idiotes. Pas dans en ces termes, mais qui s’en souciait ? Pas lui, en tout cas. Ses prunelles papillonnèrent quelque part vers la droite et la sentence tomba. Sans plus nous attarder, nous laissâmes derrière nous la terrasse et l’ennui qui y régnait au profit de l’intérieur, calme et enveloppé d’un certain mystère. Que cachaient ses portes, où menaient ces escaliers ? Mon compagnon d’infortune semblait connaître les lieux, en tout cas, puisqu’il fila sans hésiter vers les marches après s’être incliné devant un portrait. Un rictus moqueur accompagna ma révérence exagérée qui l’était tout autant puis je m’empressai de revenir à la hauteur de mon guide, sous le regard contrarié du portrait.

Il y avait bien d’autres tableaux dans le couloir que nous empruntâmes, que j’observai d’un regard curieux. J’avais l’impression que cela faisait une éternité que je n’avais pas longé les teintures rouges sur lesquelles les portraits de mes ancêtres resplendissaient. Eux aussi me manquaient. Presque. Même les plus acariâtres dont les remarques flattaient mon impétuosité ou mon ironie, selon les circonstances. Sa question me tira de mes contemplations. « Ils sont vrrraiment trrrop ennuyants. » fis-je avec une moue moqueuse, croisant son regard avant de laisser le mien courir sur ce qui nous attendait, devant. Il n’était pas avec eux, c’est bien qu’il devait penser la même chose, non ? Il n’avait pas caché sa répulsion — ou en tout cas, quelque chose qui y ressemblait énormément — quand on parlait des autres, à l’extérieur, alors je décidai de miser sur le fait qu’on pensait pareil. « Mon frrrèrrre est dans son élément mais moi j’espérrrais que ce serrrait un peu plus amusant. » Est-ce que j’espérais avoir l’occasion de voler et de faire quelques passes avec de jeunes anglais — que j’imaginais de faible constitution et bien trop propres sur eux, ce que cette première journée ne démentait pas tout à fait — ou tout autre activité un tant soit peu passionnante ? Oui. Est-ce que je m’étais trompée ? Vraisemblablement. Londres n’avait décidément rien pour elle. Sauf peut-être ce garçon dont la présence accompagnait mes pas légers. « C’est pourrr ça que tu viens juste d’arrriver ? Parrrce que tu savais que ce serait nul ? » Je fis encore quelques pas avant de pivoter sur moi-même pour lui faire face, mes yeux clairs glissant sur sa silhouette comme pour mieux le cerner. « Qu’est-ce qu’on cherrrche, au fait ? » Il avait dit qu’il devait trouver quelque chose à l’intérieur, je me demandais de quoi il s’agissait. Si ça se trouve, il voulait mettre la main sur un balai pour aller voler sans que personne ne le remarque ? Même si ce n’était pas ça, une diversion même minime faisait du bien dans cet après-midi bien longue. Et puis, même si son regard glissait sur ma robe avec une lueur empreinte de jugement, il avait l’air de bonne compagnie. Une étincelle illumina mon regard fiché dans le sien. Mes espoirs noyés brûlaient de nouveau au contact de ce garçon

@C. Junior d'Archambault

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Message(#) Sujet: Re: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptyLun 13 Juin - 21:16

How can you miss someone you've never met
pour la première fois
ft. @Erin B. Sørensen & C. Junior d'Archambault
Elle s'était dressée là, quelque part entre la porte et moi, comme un obstacle de plus à la tranquillité promise... Pourtant... ça n'était peut-être pas si dérangeant que ça... D'accord, ses « r » maltraités avaient de quoi filer des angoisses et sa robe était si laide que c'était probablement puni par la loi mais elle éloignait, à elle seule, la solitude et l'ennui qui menaçaient de m'étreindre. Je ne savais pas à quoi je devais m'attendre, ni même pourquoi elle avait décidé de m'adresser la parole... nous ne nous connaissions pas, j'en étais certain. Je ne l'avais même jamais vue de ma vie... Deux possibilités : soit elle faisait partie de ses familles pas tout-à-fait comme nous – pures, s'entend – qui parvenaient à se hisser dans une sphère trop haute pour elles par le biais de quelques affaires de bon goût et autres alliances professionnelles efficaces, soit elle n'était pas d'ici. Et vu la barbarie qui roulait sur sa langue à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche, j'optais plutôt pour cette seconde option. Elle m'interrogea sur mes intentions quant à nos camarades et je ne pus m'empêcher de me montrer un peu plus expressif que mes parents ne me l'avaient appris... Mais, honnêtement, « les autres » comprenaient Rowle et Travers,  les jumeaux Sherwin – qui, s'ils n'étaient pas à mettre dans le même sac, étaient quand même sans intérêt – et qui savait qui d'autres encore ! Je préférais encore quelque livre à un entourage si misérable. Mais au lieu de s'offusquer de ma réponse, la fille se mit à sourire. Rien de moqueur ou de menaçant, elle n'avait pas l'air d'avoir envie d'aller trouver ma mère pour lui dire que je m'étais mal comporté... juste une certaine complicité comme si, dans le fond, elle partageait mon avis.

Tu ne les aimes pas ?
Siiii, rectifiai-je dans un haussement d'épaules en tâchant de sauver les meubles au cas où quelqu'un aurait le malheur de passer près de nous sans prévenir, ils sont... gentils ?

Mais ça voulait tout dire, bien sûr, et le regard que je plantai dans le sien, teinté d'un mélange de défis et de prétention enfantine, ne laissait planer aucun doute.

Grrrand-Pèrrre disait pourrrtant que les Flint n’avaient que des invités de choix.

Un nouvel haussement d'épaules m'échappa. De choix peut-être... mais est-ce que ça impliquait nécessairement que le choix soit bon ? Non parce qu'il y avait les Rowle, tout de même. Juste ça laissait entendre que les Flint n'étaient pas vraiment regardant sur la qualité de leurs invités.

Sûrement que c'est vrai alors.

Malgré tout, le sourire un peu moqueur qui étirait mes lèvres semblait lui demander si elle passait son temps à croire tout ce que les adultes racontaient. Tout le monde savait qu'ils passaient leur vie à mentir ! Et puis sans prévenir, elle décida de s'incruster dans mon escapade comme si je l'avais invitée. Sûrement que dans d'autres circonstances, j'aurais refusé... mais après un regard en direction de mes parents pour m'assurer qu'ils ne faisaient pas attention à moi, je l'embarquai à l'intérieur. Nous n'avions pas vraiment le droit d'être là, bien sûr, la réception était dans le parc, pas là, et puis c'était des appartements privés... mais nous ne faisions rien de mal, n'est-ce pas ? Je voulais juste aller lire dans un coin sans déranger personne, qui trouverait à y redire ? Et elle... elle voulait se cacher... c'était un peu bizarre mais je ne pris même pas la peine de m'en étonner. Elle m'imita et effectua une révérence ridicule face au portrait qui nous accueillit d'un regard froid. Son insolence avait quelque chose de troublant, comme une vision neuve dans un monde où tout n'était que sagesse et apparences. Je la regardai faire, plus amusé que je ne voulais bien l'admettre, et filai dans les escaliers, certain qu'elle me suivrait à la trace. ...et ça ne loupa pas !

Ils sont vrrraiment trrrop ennuyants.

Je me demandai ce qu'elle connaissait des autres. Est-ce qu'elle les avait rencontrés avant ? Est-ce qu'elle était là depuis assez longtemps pour avoir eu le temps de parler à tout le monde ? Nous avions une heure de retard, peut-être vaguement plus... ça ne suffisait pas pour faire le tour de tout ce que la bonne société sorcière avait d'héritiers, si...? Néanmoins, son aveu eut le don de m'arracher un sourire satisfait. C'était flatteur, non ? Parce que si elle fuyait les autres parce qu'ils étaient ennuyeux, je pouvais en déduire que je ne l'étais pas puisqu'elle était là. Ça n'avait aucun sens, bien sûr, nous avions échangé deux mots à peine mais... mais ça suffit à ma fierté encore branlante.

Mon frrrèrrre est dans son élément mais moi j’espérrrais que ce serrrait un peu plus amusant.
C'est jamais amusant, déclarai-je d'un ton expert.

C'était pas tout-à-fait vrai... parfois, c'était drôle. Comme quand le plus jeune fils de Leander Nott s'était pris les pieds dans le tapis et était tombé tête la première dans le gâteau d'anniversaire de mariage de ses grands-parents ou quand Proserpina Black avait un peu trop bu et confondu le digestif avec le rince-doigt – on ne l'avait plus jamais revue à un quelconque dîner après ça. Mais en général, c'était d'un ennui mortel.

C’est pourrr ça que tu viens juste d’arrriver ? Parrrce que tu savais que ce serait nul ?

Un hoquet de surprise outrée m'échappa face à cette impolitesse incroyable. Non mais je lui en posais des questions, moi ?! Et puis, qu'est-ce qu'elle en savait si on venait juste d'arriver ou pas ? Si ça se trouve, on était juste là depuis longtemps mais trop occupés pour nous mélanger à la plèbe ! Je levai le nez d'un air boudeur et dédaigneux, l'observant du coin de l'oeil pour m'assurer qu'elle avait bien remarqué que sa réflexion ne me plaisait pas. J'étais gentil, je l'autorisais à me suivre, je daignais même lui adresser la parole et voilà comment elle me remerciait ?!

Qu'est-ce que t'en sais, d'abord ? Tu m'espionnes ?

Mais mon agacement ne fit pas long feu alors qu'elle pivotait sur elle-même pour me faire face, faisant tourner au passage sa robe immonde qui ressembla tout-à-coup à de la mousse au chocolat giclant tout partout.

En vrai, non... mais ça aurait pu. C'est juste qu'il faut savoir se faire désirer, tu vois.

Je ne savais pas exactement ce que ça pouvait bien vouloir dire, c'était seulement ce que mon père répétait à chaque fois que ma mère se plaignait de son manque de ponctualité. Ça devait être vrai puisqu'elle ne répliquait jamais rien. Son regard eut l'air de me détailler, comme pour me jauger, aussi je me redressai instinctivement. Je m'étais toujours bien tenu d'une manière générale, un port élégant, un brin altier, presque princier... Mais face à cette fille sortie de nulle part, je voulais qu'on ne remarque que ça. Qu'elle comprenne que je valais mieux que les enfants dehors et qu'elle n'ait pas envie de me lâcher pour aller les retrouver.

Qu’est-ce qu’on cherrrche, au fait ?
La bibliothèque. Tu veux une cachette et moi lire en paix, c'est l'endroit parfait.

Les bibliothèques étaient toujours les endroits parfaits pour toutes les situations de toute façon... Je lui désignai l'escalier qui grimpait au bout du couloir, nous embarquant dans la tour pompeuse de ce château qui n'en était pas vraiment un. Mes grands-parents maternels avaient un château, un vrai, en France et autant dire que c'était autrement plus beau et majestueux que ça... du moins, à mes yeux d'enfant, ça l'était.

Sauf si t'as une meilleure idée...? Mais franchement, je suis pas sûr que ça existe.
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Message(#) Sujet: Re: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptyLun 13 Juin - 23:59



( how can you miss someone you've never met | JUNIOR ♚ ERIN )
Ses manières avaient quelque chose de fascinant. Je connaissais par cœur la brutalité charismatique des Norvégiens qui valait bien plus que le flegme poli des Anglais dont je découvrais les aspects aujourd’hui, mais lui… Sa nonchalance cachait autre chose. Sa prestance me rappelait celle des mes frères sans être empreinte des mêmes airs pompeux que Finnbjörn affectait souvent — pour ne pas dire toujours. Il semblait choisir ses mots avec soin puis il venait en assassiner tout le sens — en même temps que toute duplicité — avec un soin plus grand encore. Du moins, son regard lourd de sous-entendus comme sa moue sans ambiguïté m’empêchaient de croire à ses paroles hypocrites. C’était le tout premier qui semblait partager mon avis concernant les autres — ceux qui avaient notre âge mais pas notre allure — même s’il avait vaguement tenté de compenser l’air dégoûté qui s’était emparé de ses traits en réfutant ma supposition. Jamais un tel haussement d’épaules n’avait semblé si peu convaincant, comme si lui-même n’était pas certain de ce que son geste repoussait : mes propos ou bien les siens ? « Gentils, donc. » répétai-je en goûtant les nuances d’un mot en apparence banal.  Gentils était un compliment que le bleu de ses yeux plantés dans les miens massacra sans s’en formaliser. C’était bien. J’aimais ça. Car je n’étais pas sûre d’être parfaitement en mesure de saisir toutes les subtilités de cette langue, mais les siennes se manifestaient d’une manière qui ne trompait pas. Mon sourire s’accentua avant de se parer d’une certaine provocation. Une nouvelle fois, sa langue et ses yeux jouaient une mélodie bien différente. Sauf qu’il s’agissait de Grand-Père. « Il parrrlait sûrrrement des adultes, parrrce que concerrrnant les enfants, le choix laisse à désirrrer. » Toute mon impertinence le mettait au défi de dire quoi que ce soit de plus sur mon aïeul, au moins autant qu’elle le défiait de me prouver que sa compagnie ne laissait pas à désirer, elle. Les signes étaient favorables puisqu’il était le seul, jusqu’à présent, dont la présence ne me faisait pas vivement regretter de ne pas posséder de baguette pour le faire taire.

L’orgueil défensif qui s’était dressé face à la menace étrangère retomba aussi vite. C’est que son sourire moqueur réveillait le mien et que je n’avais pas envie de rester fâchée plus longtemps. Comme si je répondais à une invitation qu’il venait de me faire — c’était un peu le cas : il me partageait ses plans pour que nous puissions en faire ensemble, n’est-ce pas ? C’était ainsi que j’étais décidée à considérer les choses. — je lui partageai mon intérêt pour une cachette, n’importe laquelle qui soit loin de cet ennui mortel teinté des gloussements stupides des deux filles lancées à ma poursuite. Quelques secondes plus tard, nous nous échappions à l’intérieur de la demeure. Deux révérences parfaitement royales plus tard, nous avalions les marches comme si elles nous appartenaient sans nous soucier d’être dans notre bon droit ou pas. En tout cas, moi, je m’en fichais pas mal. Je suivais mon guide avec un enthousiasme que je ne cachais pas, persuadée qu’il était un proche des Flint et que, ce faisant, il savait où il allait. Dans le fond, même si ça n’était pas le cas, je n’aurais pas remis en question cette escapade qui tombait à point nommé. En haut des escaliers, un long couloir s’offrit à nous, parsemé de portes et de portraits. La bâtisse avait beau être un petit château, l’intérieur n’était pas plus majestueux que ça. Alors seulement, tandis que mes yeux clairs parcouraient cet endroit inconnu avec une certaine arrogance, il me demanda pourquoi je n’étais pas avec les autres. S’il les trouvait gentils, je les trouvais ennuyants. Je pris bien soin de croiser son regard, pour partager avec lui le véritable sens de ce mot autant qu’il avait partagé avec moi. Son sourire acheva de me convaincre, si ce n’était pas déjà le cas : je ne pouvais pas avoir fait de meilleur choix. J’étais bien contente d’être ici avec lui, tandis que mon jumeau tuait toute joie existante autour de lui avec une morgue qu’il pratiquait depuis notre naissance.

Un soupir plaintif fila entre mes lèvres quand il répliqua avec assurance que ça n’était jamais amusant. Faen. Le juron était resté une pensée mais l’habitude me fit jeter un regard autour de nous, des fois que Grand-Mère soit dans les environs. J’étais persuadée qu’elle était capable de lire dans mon esprit, alors que ça n’était très certainement qu’une lecture physique de mes émotions que je ne cherchais jamais à dissimuler. Recoupant les informations en ma possession, j’en déduisis que l’ennui de ces événements était la raison pour laquelle il était arrivé après tout le monde et cherchai confirmation auprès du principal concerné. Quelque chose, dans sa voix, me poussa à me retourner pour lui faire face. Un brin d’agacement, une ombre mécontente qui planait sur sa question, se reflétait dans son regard outré… et qui s’éloigna aussi vite qu’elle était arrivée. « Je le sais parrrce que je suis là depuis des heures, » répondis-je sans aucune exagération. « et que si tu avais été là tout ce temps, je t’aurrrais vu avant. » Mon sourire s’élargit, fier de ma prochaine bêtise. « C’est que tu es le seul avec d’aussi grrrandes chaussettes. » Et c’était vrai… même si ce n’était pas son accoutrement qui m’avait attirée à lui. Disons que ça contribuait à ce qu’il ne passe pas inaperçu. « Auprrrès de qui tu te fais désirrrer puisque t’as pas voulu aller avec les autrrres ? Ou alorrrs tu as quelque chose à cacher et c’est pourrr ça que tu pensais que je t'espionnais ? » lui demandai-je d’un air malicieux, sans le lâcher des yeux, des fois qu’il redépose entre nous ces mots qui n’avaient de sens que si on plongeait dans son regard océan.

Notre destination me dit déchanter. Sûrement que ça se lisait sur mon visage : avec lui non plus, je ne prenais guère la peine de masquer mes émotions. Après tout, elles n’existaient pas pour qu’on les fasse taire, elles méritaient de vivre librement. Une moue boudeuse s’empara de mon visage. Lire ? C’était pour lire que je le suivais avec un tel entrain ? « Je parrrlais d’un endrrroit où elles ne me suivrrraient pas, pas de quelque parrrt où je pourrrais mourrrirrr d’ennui. » marmonnai-je. Il désigna un deuxième escalier, à l’extrême opposé de là où nous étions arrivés. Il grimpait dans les hauteurs en colimaçon et moi, je ne pouvais imaginer autre chose que des rangées d’étagères d’un ennui encore plus mortel que celui qui planait à l’extérieur. La présence du garçon à mes côtés me fit reconsidérer cette appréciation. C’était peut-être encore plus barbant dehors, d’accord. Il n’empêche. Je devais déjà lire toute la semaine — grammaire anglaise, histoire sorcière, traités en tout genre — ce n’était pas pour passer mon après-midi à en faire de même. Ma fougue se complaisait très mal entre les murs de notre appartement londonien. Je ne détestais pas lire, mais j’avais très certainement envie de faire autre chose aujourd’hui. Ses mots balayèrent la déconvenue comme si elle n’était qu’une fine poussière venue se poser par ici malencontreusement. Si j’avais une meilleure idée ? Évidemment. J’en avais plein. Toutes meilleures les unes que les autres. « Bien sûrrr que si. Trrrouver un balai et aller voler, explorrrer les jarrrdins, jeter des glaçons sur les autrrres depuis une fenêtrrre… » Je glissai un regard dans sa direction. Avec son pull assorti au reste de ses vêtements, ce n’était peut-être pas le genre à explorer quoi que ce soit, encore moins à monter sur un balai, certainement pas à jeter quoi que ce soit sur le petit groupe que nous décriions tout à l’heure. « Enfin, si tu tiens tant que ça à rrrester ici, » soufflai-je sans conviction alors que nous nous glissions entre deux imposants battants entrouverts qui menaient tout droit à la bibliothèque. « on pourrrait au moins trrrouver un jeu à fairrre. » Je levai mes prunelles claires jusqu’au plafond, contemplant les rayonnages lourds de grimoires indistincts. Est-ce qu’ils possédaient quoi que ce soit de vraiment intéressant ? « T’en dis quoi ? » lui demandai-je en me tournant vers lui, abandonnant l’étude des ouvrages parfaitement alignés pour lui accorder toute mon attention, espérant que la sienne ne s’était pas déjà envolée vers sa précieuse lecture.

@C. Junior d'Archambault

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Message(#) Sujet: Re: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptyJeu 16 Juin - 18:09

How can you miss someone you've never met
pour la première fois
ft. @Erin B. Sørensen & C. Junior d'Archambault
Il y avait chez elle quelque chose qui détonnait de tout que j’avais toujours connu jusque-là, quelque chose d’un peu sauvage là où j’avais toujours vécu dans un monde lisse et sans grand relief. Parce qu’il fallait bien reconnaître que même mes cousins n’étaient pas ce qu’il y avait de plus brusque… Les plus âgés, peut-être, l’adolescence faisant que, mais il fallait bien reconnaître que ce n’était pas ceux avec lesquels je traînais le plus alors… Pourtant, cette fille n’avait rien fait. Elle s’était juste plantée là, engageant une conversation que je n’avais jamais demandé, d’un accent barbare qui me changeait des intonations plates de mon français maternel mais, en même temps, elle dégageait un je ne savais quoi qui en disait beaucoup plus long que les échanges simples et polis dont elle m’avait gratifié jusque-là… Un je ne savais quoi qui me promettait monts et merveilles, presque, mais des monts et des merveilles que je ne parvenais pas vraiment à distinguer.

Gentils, donc.

Je hochai la tête avec la certitude d’un mensonge. Ils étaient tout juste supportables pour la plupart… Parfois moins que ça, même. Rares étaient ceux qui trouvaient vraiment grâce à mes yeux – et, je ne le savais pas encore, mais rares seraient ceux qui y parviendraient un jour. J’aimais à croire qu’il en était de même pour elle, qu’elle était un peu plus difficile à satisfaire que tous les imbéciles de notre société. Mais qu’en savais-je, en réalité ? Elle n’était qu’une fille débarquée de nulle part et s’imposant avec une impolitesse loin de m’être familière. Peut-être faisait-elle ça avec tout le monde, en permanence…? C’était presque décevant rien qu’à l’imaginer. Mais non… Tout dans son attitude laissait entendre qu’elle partageait mes idées sur la question. Après tout, elle non plus n’était pas avec ces « autres » dont il était question… Néanmoins, sa famille semblait prête à pactiser avec n’importe qui puisqu’il considérait les invités des Flint comme triés sur le volet… Avait-il juste posé les yeux sur Thaddeus Rowle et ses parents, sérieusement ? Ma réflexion –  tout en suggestions qu’elle sut saisir comme si nous étions amis depuis toujours – fit mouche. Mademoiselle, sans s’en offusquer ouvertement, laissa transparaître un agacement évident.

Il parrrlait sûrrrement des adultes, parrrce que concerrrnant les enfants, le choix laisse à désirrrer.

J’avais envie de lui faire remarquer que les enfants en question avaient été élevés par des adultes qui laissaient tout autant à désirer mais, d’un autre côté, qui étais-je pour briser tous ses espoirs d’une manière si cruelle…? Je pris tout de même la peine d’afficher l’air de ceux qui savent une vérité échappant visiblement au reste du monde avant de laisser mourir ce sujet de conversation. Qu’elle pense donc que nous étions entourés de beau monde si ça lui faisait plaisir, elle aurait bien l’occasion de réaliser qu’elle s’était trompée !
Et puis, de fil en aiguille, elle décida de se joindre à moi pour aller explorer l’intérieur à la recherche d’une cachette. Pour beaucoup, je me serais braqué et aurais mis un terme clair à cette collaboration qui n’en était même pas vraiment une mais elle n’était de toute évidence pas « beaucoup »… Un regard en arrière pour m’assurer que la voie était libre et je passai la porte, la fille sur les talons. La discussion reprit le plus normalement du monde… son insolence également. Je décidai alors que je l’aimais bien. Plus, en tout cas, que ceux qui nous attendait à l’extérieur. Et même quand elle appuya avec justesse sur les travers des miens, je ne parvins pas à bouder plus de quelques secondes à peine.

Je le sais parrrce que je suis là depuis des heures, et que si tu avais été là tout ce temps, je t’aurrrais vu aussi. C’est que tu es le seul avec d’aussi grrrandes chaussettes.

Si ses premiers mots m’avaient arraché un rire un peu railleur – la réception avait ouvert ses portes une heure ou deux plus tôt, tout au plus, alors « des heures », il ne fallait pas exagérer ! – la suite me fit baisser les yeux sur lesdites chaussettes, mes joues rosissant de honte. Je détestais ces tenues de petit garçon et je ne comprenais pas ce que ça pouvait changer aux yeux du monde qu’on accepte de me laisser porter des pantalons. Est-ce qu’on penserait vraiment qu’on ferait plus pauvres ou moins nobles ? Tout le monde s’en ficherait bien !

Déjà, ça peut pas faire « des heures », tu dis n’importe quoi, répliquai-je, le nez levé et le regard la mettant presque au défi de me contredire. Et puis quand on a une robe aussi moche, on se moque pas des chaussettes des gens.

C’était puéril, bien sûr, mais c’était elle qui avait fait en sorte que ça le soit. Elle ne pouvait pas attaquer comme ça en espérant n’avoir aucun retour ! Mais, même si je le pensais – vraiment, sa robe était moche – ça n’était pas vraiment méchant. Une réplique un peu boudeuse mais pas forcément beaucoup plus que ça.

Auprrrès de qui tu te fais désirrrer puisque t’as pas voulu aller avec les autrrres ? Ou alorrrs tu as quelque chose à cacher et c’est pourrr ça que tu pensais que je t’espionnais ?

Je levai les yeux au ciel avec exagération. Non mais vraiment, qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre ! Je lui jetai un regard las, comme on le ferait avec un enfant turbulent, et haussai les épaules en reportant mon attention sur les tableaux qui nous entouraient. Une scène de pique-nique au bord de l’eau, une femme en train de coudre d’un coup de baguette, les prémices du Quidditch… rien de véritablement passionnant. Quand je serais grand, je n’aurais pas de tableaux aussi ennuyeux chez moi. Qui avait envie de discuter avec une couturière, hein ? Nous valions mieux que le peuple !

Mes parents sont avec les autres alors ça compte. Et si tu m’espionnais, t’as dû voir que j’avais rien à cacher du tout. T’es vraiment bizarre comme fille.

Je continuai mon expédition d’un pas expert. Je savais où je devais aller. Nous avions assez souvent mis les pieds ici pour que je retrouve mon chemin et mon père aimait tellement faire l’étalage des auteurs qu’il représentait qu’il n’y avait pas une seule bibliothèque du gratin du monde magique que nous n’avions pas visité au moins une fois. Mais sans surprise, notre destination ne plut pas à ma camarade. En même temps, elle n’avait rien demandé du tout. Elle s’était juste imposée dans mon escapade. Peut-être aurait-il fallu s’intéresser à ce que j’avais prévu avant de bouder !

Je parrrlais d’un endrrroit où elles ne me suivrrraient pas, pas de quelque parrrt où je pourrrais mourrrirrr d’ennui.
Y’a que les idiots qui meurent d’ennui dans une bibliothèque...

Peut-être en faisait-elle partie ? J’avais pas envie de croire que c’était le cas. Elle n’avait pas l’air bête… sûrement même qu’elle savait lire correctement… Je n’étais pas sûr qu’elle puisse le faire en anglais, vu son accent d’ailleurs très prononcé, mais qu’est-ce que ça changeait ? Y’avait toujours des images, au moins ! Je lui laissai une porte de sortie à saisir, si vraiment notre point de chute ne lui plaisait pas. Je n’avais pas envie que notre aventure s’arrête là… je n’avais pas envie qu’elle retourne avec les autres… Une pointe de jalousie, un brin de possessivité peut-être, me poussait à vouloir la voir comme ma camarade de jeux. Rowle avait Marissa Travers, Caleb devait avoir à peu près tout le monde, elle avait dit que son frère était avec les gens ennuyants… qu’on me la laisse encore un peu !

Bien sûrrr que si. Trrrouverrr un balai et aller voler, explorrrer les jarrrdins, jeter des glaçons sur les autrrres depuis une fenêtrrre…

Pensant qu’elle racontait des bêtises, je me laissai aller à en rire… mais force était de constater qu’elle ne plaisantait peut-être pas tant que ça. Mon regard soutint le sien, incertain.

Mais on a pas le droit de faire ça, fis-je remarquer tout en sachant qu’on avait pas non plus le droit d’être là… à la différence près qu’on embêtait personne.

Encore qu’on avait le droit de partir explorer les jardins puisque la réception se tenait à l’extérieur mais ça voulait dire prendre le risque d’être rejoints par ces autres que nous avions fuis jusque-là. Et puis… je n’avais pas très envie de faire machine arrière. Nous étions au calme, là, au moins… même si l’idée de trouver un balai avait quelque chose de plaisant. Je n’osais pas imaginer la tête de ma mère mais… tout de même… ça donnait envie… Néanmoins, je poussai l’une des portes de la bibliothèque et la refermai discrètement derrière nous. Mes doigts s’étaient mis à glisser sur les tranches bien alignées de tous les ouvrages que contenait l’endroit… du coin de l’œil, je suivais les mouvements de la fille. Est-ce qu’elle regrettait vraiment d’être là ? J’en étais pas certain. Elle avait l’air d’y trouver un peu son compte aussi.

Enfin, si tu tiens tant que ça à rrrester ici, on pourrrait au moins trrrouver un jeu à fairrre. T’en dis quoi ?

Ça n’était pas vraiment ce que j’avais prévu, c’était un fait… mais est-ce que ça se refusait pour autant ? Probablement pas ! Si je tenais vraiment à lire, sûrement qu’elle finirait par partir… ce que j’aurais fait aussi à sa place, je pense… Mais j’étais loin d’en avoir envie ! Alors je hochai la tête.

Quoi comme jeu ?

Mon doigt finit par s’arrêter sur un livre épais, dont la couverture indiquait « Escapade printanière », et je l’arrachai à son étagère avant de rejoindre ma camarade d’un pas vif et un peu fier. Sans prévenir, j’ouvris le livre en son milieu et laissai un flot de papillons blancs se déverser entre nous tandis que des rayons de soleil irradiaient, presque éblouissants, de l’ouvrage. Les papillons disparurent en quelques secondes, ne laissant derrière eux que le souvenir de leur existence.

Je suis sûr qu’il y en a plein d’autres des comme ça… est-ce qu’ils t’ennuient aussi ?

J’en connaissais un ou deux autres, mais ils étaient toujours rangés hors de portée des enfants, pour éviter les bêtises… mais c’était évident, désormais, que c’était ce qu’elle préférait, les bêtises…
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Message(#) Sujet: Re: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptyVen 17 Juin - 20:44



( how can you miss someone you've never met | JUNIOR ♚ ERIN )
Franchement, je ne savais pas ce qui avait traversé l’esprit de Grand-Mère lorsque son choix s’était arrêté sur cette robe affreuse — au moins, elle n’était pas de ces roses qui me donnaient mal à la tête — et qu’elle avait décidé que je la porterais aujourd’hui. D’ordinaire, je parvenais toujours à trouver une manière ou une autre pour arranger la tenue selon mes envies. La disparition malencontreuse d’accessoires ridicules, une immense tâche de dernière minute qui me forçait — quelle tragédie — à changer de vêtement, et tant d’autres stratagèmes dont je me rappelais plus ou moins. Pas aujourd’hui. J’étais restée sage, cette fois, refusant d’être privée de cette sortie providentielle. Comment le regretter, maintenant que mes pas suivaient ceux de ce garçon ? Il était comme un phare dans une nuit monotone, une étincelle qui captivait mon attention au cœur d’un ennui mortel. Un phare doté de chaussettes hautes qui tentaient désespérément de rejoindre le pli de son short — sans succès — mais un phare tout de même. Une espièglerie enfantine dévora mes traits alors que je lui faisais part de ma logique imbattable concernant sa présence en ces lieux. Sans méchanceté, simplement pour l’embêter. Son nez levé et son regard plein de défi me firent sourire un peu plus. Il avait un port vraiment très princier, pour un enfant de huit ans, plus que les autres. Aucune ombre agacée ne vint danser sur mes prunelles claires, résolument fichées dans les siennes. Il aurait suffi à Finnbjörn de faire une remarque sur ce que je portais pour qu’il subisse des jours entiers d'une vengeance parfaitement pensée mais… là, c’était différent. Après tout, il avait raison, elle était vraiment moche, cette robe. « C’est pas comme si je l’avais choisie, figurrre-toi. » fis-je avec un air boudeur qui ne lui était pas destiné et qui s’évapora d’ailleurs très rapidement. Je me languissais déjà d’être en âge de pouvoir m’habiller comme je le voulais. « Et puis je n’ai pas dit qu’elles étaient moches, moi, tes chaussettes. » Il était important de rétablir la vérité, cette  vérité qu’il semblait arranger selon son point de vue.

Enfin, tout ça n’en avait pas tant, d’importance. Une seconde passa par là et entraîna avec elle nos chamailleries. « Bizarrre ? » répétai-je après lui, laissant les nouvelles syllabes danser sur ma langue. Est-ce que j’avais déjà entendu ce mot ? Non, il ne me disait rien. « Ça doit vouloirrr dirrre forrrmidable, ou quelque chose comme ça ? » J’avais très envie de décider que c’était ce qu’il signifiait mais je pouvais deviner à son expression — et plus simplement à son intonation — que ça n’était pas tout à fait de ce registre-là. Peu importe. Mon rire résonna entre les tableaux avant que je ne me mette à le suivre de nouveau. Il avançait en terrain conquis, comme s’il était chez lui. Du moins, c’est que je présumais, n’ayant jamais eu l’occasion de l’observer dans son environnement familier. « Les Flint, c’est ta famille ? » demandai-je d’une voix distraite par mon exploration visuelle des lieux. En même temps, il avait souligné le manque de sélection dans le choix des invités. L’aurait-il fait de la même manière s’ils avaient été liés par le sang ? J’avais l’intuition que oui, en réalité. Rien ne les empêchaient d’être une branche éloignée de ces arbres généalogiques immenses, de ceux dont on contemple certaines ramifications avec dégoût. Pas dans le cas de celui des Sørensen, non, le nôtre était d’une pureté à toute épreuve, entretenu depuis des siècles par des sorciers de talent.

Notre destination se dessina, prit forme derrière un mot qui n’annonçait rien de très excitant. La bibliothèque, donc. Ça ne m’inspirait pas grand-chose de plus qu’un ennui certain, une mort lente, loin des doux rayons du soleil qui réchauffaient les jardins. « Tu me trrraites d’idiote ? » demandai-je, les sourcils froncés sous l’insulte. J’étais loin d’être stupide, c’était même tout l’inverse : j’avais suffisamment de lucidité pour me rendre compte que passer mon samedi après-midi enfermée avec des livres était assommant. C’était vraiment impoli de dire des choses comme ça, pour qui est-ce qu’il se prenait ? Puisque c’était ça, j’allais lui prouver qu’il se trompait sur toute la ligne. La mort attendrait encore un peu, de même que les choses mille fois plus intéressantes que nous aurions pu faire tous les deux, comme aller voler, explorer les alentours, embêter les autres… De toute façon, ce n’est pas comme si j’avais la moindre envie de retourner avec ces derniers. Les yeux bleus du garçon cherchèrent les miens, comme s’ils essayaient de devenir à quel point j’étais sérieuse. Je soutins son regard, sans ciller, un fin sourire aux lèvres. Je l’étais, entièrement. Qu’il me mette au défi de jeter quoi que ce soit sur leurs silhouettes inconscientes de ce qui les attendaient et je le ferais sans hésiter. Avec prudence, néanmoins, parce que je risquais une sévère punition si je me faisais prendre. De défi, il ne m’en lança aucun. Sa voix incertaine souligna que tout ce que je venais d’évoquer nous était interdit et mes yeux roulèrent vers le ciel. « Y’a que les peurrreux qui respectent tout le temps les rrrègles. » répliquai-je d’un air goguenard.

Sur ces mots, je me glissai entre les battants qui donnaient accès à ces étagères pleines de livres parfaitement alignés. Derrière moi, il referma la porte, comme s’il voulait s’assurer qu’on ne serait pas dérangés. Ce n’était pas pour me déplaire : je n’avais envie de la compagnie de personne d’autre. Et je ne voulais pas non plus que quiconque nous trouve ici et nous ordonne — sous couvert de nous laisser le choix — de retourner avec les autres plutôt que de faire bande à part. Nous étions très bien ainsi. L’ambiance tamisée de l’endroit m’enveloppa de l’impression tenace que nous étions désormais seuls au monde. Mes aïeuls et Finnbjörn n’étaient plus à quelques marches de distance, mais loin, bien loin, à l’instar de tous les autres invités. Nous avions tout le loisir de faire ce que nous voulions, et si voler un balai ou partir explorer d’autres endroits n’étaient pas des options, s’installer dans un fauteuil et se plonger dans le silence d’une lecture quelconque non plus. Nous pouvions parfaitement nous amuser ici. Il suffisait de trouver une manière de transformer les lieux en un terrain à conquérir, voilà tout.

Ravie qu'il accepte ma proposition, je tournai sur moi-même à la recherche d’une idée brillante. Que pouvions-nous tirer de ces livres innombrables et de ces étagères qui s’élevaient jusqu’au plafond ? « Je sais ! » m’exclamai-je avec une certaine véhémence. « Chacun notrrre tourrr, on donne un mot ou une phrrrase qu’on doit rrretrrrouver au plus vite dans un des livrrres. » D’un geste de la main, j’englobai les ouvrages qui nous surplombaient. C’était une question de rapidité — le but était d’arriver le premier —, de chance — il fallait tomber sur le bon livre — et de discernement — pour savoir dans quel genre d’ouvrage chercher. Mon camarade, qui parcourait une rangée de livres du bout des doigts, venait d’en attraper un. J’allais lui dire que le jeu n’avait même pas encore commencé mais son air sûr de lui me laissa silencieuse, le regard brillant d’une lueur interrogative. Il chassa bientôt toutes les questions de mon esprit en ouvrant le grimoire arraché à ses semblables. Un vol de papillons blanc s’en échappa, emplissant tout l’espace entre nous, autour de nous, au-dessus de nous, baginés d’une lueur surprenant. Mes yeux plissés sous l’intensité de la lumière observèrent les centaines de battements d’ailes jusqu’à ce que la magie se disperse. Mon rire clair la remplaça. « Non, c’est pas ennuyant du tout. » admis-je sans hésiter. « On en cherrrche d’autrres ? » proposai-je avec fougue — curieuse de découvrir quels autres sortilèges pouvaient habiter ces centaines de milliers de pages — et une pointe de défi.

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Message(#) Sujet: Re: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptySam 18 Juin - 23:50

How can you miss someone you've never met
pour la première fois
ft. @Erin B. Sørensen & C. Junior d'Archambault
C'était comme si les limites étaient déjà brouillées, comme si nous pouvions tout dire, tout faire, sans craindre de voir ce lien tout neuf se briser d'un seul coup. C'était étrange, surtout... parce que je n'avais jamais connu ça. Oh, des amis d'un jour, j'en avais eu plus d'un, ce n'était pas le problème, mais il y avait toujours une certaine retenue, des élans polis qui venaient arrondir les reproches, adoucir les querelles... Là, j'étais certain de ne pas en avoir besoin. Sa façon de sourire, l'étincelle de son regard... nous avions passé ce cap-là en quelques minutes à peine, c'était évident... surprenant, certes, mais évident. Et dans cette réception – dans cette société tout entière, même, si je m'étais risqué à l'avouer – il n'y avait rien que je pouvais désirer davantage que cette fille sortie de nulle part, une alliée inattendue mais bienvenue. Face à sa remarque sur mes chaussettes, je me risquai à tacler sa robe. Parce que c'était bien beau de parler mais encore fallait-il en avoir les moyens... et là, autant dire qu'elle ne les avait pas !

C’est pas comme si je l’avais choisie, figurrre-toi.

Elle eut l'air de bouder une demi-seconde mais se reprit rapidement. Je me contentai de hausser les épaules avec une compassion qui refusait de se dévoiler totalement. Je savais ce que c'était de pas être maître de grand chose... À la maison, je luttais parfois et pouvais me vanter d'avoir régulièrement gain de cause... mais quand il fallait sortir, nous afficher aux yeux du monde... je pouvais oublier jusqu'à l'idée de faire entendre ma voix, ma mère restait intraitable... C'était injuste, en soi, parce que les autres avaient le choix – ou leurs parents avaient meilleurs goûts, peu importe... mais il y avait quelque chose de rassurant à savoir que je n'étais pas le seul dans mon cas, que cette fille dont je ne savais toujours pas le prénom partageait les mêmes galères vestimentaires que moi.

Et puis je n’ai pas dit qu’elles étaient moches, moi, tes chaussettes.
Tu l'as pas dit mais elles le sont quand même, avouai-je dans une grimace enfantine, les yeux rivés sur lesdites chaussettes. J'ai trop hâte de pouvoir m'habiller tout seul. Adieu les shorts de bébé et les chaussettes moches !

Un rire m'échappa presque malgré moi, me laissant un brin surpris de le prendre avec tant de légèreté alors que c'était d'ordinaire l'un des grands drames de mon existence. Mais déjà le sujet changeait, laissant place à de nouvelles railleries... enfin... ça n'était pas tant railleur que ça parce qu'il n'y avait pas la moindre méchanceté... c'était plutôt taquin... testant ces limites un peu trop floues, cette amitié balbutiante. Mais c'était naturel, trop pour ce monde. Je ne prenais pas la peine de réfléchir, ni même de chercher quelque mot, ça n'avait pas d'importance. Elle comprenait. J'étais presque certain qu'elle aurait compris sans même que j'ai à parler, juste un regard, quelque chose comme ça, ça aurait largement suffi... C'était... bizarre... comme elle.

Bizarrre ? Ça doit vouloirrr dirrre forrrmidable, ou quelque chose comme ça ?
Moui... quelque chose comme ça...

Son rire s'éleva entre les tableaux, attirant l'attention de certains... et la mienne, sans l'ombre d'un doute. Si j'avais été dans un de ces romans que je passerai tout le reste de ma vie à lire, j'aurais compris à cet instant précis que c'était un coup de foudre. Amical, peut-être, mais un coup de foudre tout de même. Elle était agaçante, un peu, elle n'entrait dans aucune case qu'il y avait dans ma vie et pourtant j'espérais déjà qu'elle n'en sortirait jamais. Je voulais qu'on soit amis. Vraiment amis. Pas comme avec tous les autres, l'espace d'une heure ou deux pour passer le temps et faire bonne impression, non... je voulais que dans dix ans – ça me paraissait tellement loin que ça faisait au moins une éternité, ça, dix ans ! – elle soit toujours à mes côtés et que je puisse la charrier sur la laideur de ses robes avec autant d'évidence qu'il y en avait aujourd'hui. En attendant, nous avions une bibliothèque à rejoindre... et je savais où elle était.

Les Flint, c’est ta famille ?
Non... ma famille inviterait jamais n'importe qui.

Je levai les yeux au ciel comme si c'était la question la plus stupide que j'avais jamais entendue... alors qu'avec le recul, elle était plutôt justifiée. Il fallait bien reconnaître que je n'aurais pas été plus à l'aise chez moi qu'ici... Mais le monde était un terrain conquis, ma mère avait toujours mis un point d'honneur à me faire me sentir supérieur au reste de l'humanité, à me faire comprendre que je méritais ce qu'il y avait de mieux, que rien ne me résisterait jamais... que je n'avais qu'à ordonner pour obtenir... alors dans cet univers acquis, je prenais mes droits sur ce qui m'arrangeait sans grand mal. Ici, un château sans relief. Puis à cette question indiscrète succéda une qui l'était bien moins : notre destination. C'est vrai qu'elle n'en savait rien ! Elle s'était juste greffée à mon après-midi sans prendre la peine de s'interroger sur mes projets... et je l'y avais incluse sans chercher à savoir si ça pouvait bien lui plaire... Après tout, c'était une cachette, qu'elle voulait, pas l'endroit le plus merveilleux de la Terre ! Encore qu'une bibliothèque digne de ce nom était souvent l'un des endroits les plus merveilleux de la Terre... ce qu'elle n'était visiblement pas en mesure de remarquer ! Une pointe de déception se fit sentir malgré tout. Franchement, elle était un peu nulle, cette fille !

Tu me trrraites d’idiote ?
Bah je fais avec les informations que tu me donnes, aussi, répliquai-je d'un ton innocent, comme pour la mettre au défi de me prouver qu'elle ne l'était pas.

Je n'avais pas réellement besoin de preuve, bien sûr, je savais sans trop savoir comment qu'elle était loin d'être idiote... seulement... il semblait qu'elle avait des goûts douteux. Et ça se révéla plus vrai que prévu quelques instants plus tard alors qu'elle me proposait de jeter des choses sur les gens, en bas de la fenêtre.

Y’a que les peurrreux qui respectent tout le temps les rrrègles.

Son ton eut le don de me faire rougir violemment. Je n'étais pas peureux, j'étais prudent, d'abord. Mes cousins me reprochaient souvent de rester dans les jupons de ma mère et d'aller rapporter la moindre de leur bêtise plutôt que d'en faire moi-même... c'était pas particulièrement faux... mais je n'aimais pas que cette fille qui ne connaissait rien de moi se permette la même chose... ou, plus exactement, je n'aimais pas que cette fille me voit ainsi. Je croisais les bras d'un air boudeur et dardai sur elle un regard qui l'était tout autant.

Et les gens bien élevés.

Sous-entendu que si elle avait la chance d'être courageuse, son éducation laissait néanmoins à désirer. Ce fut là-dessus qu'on pénétra enfin dans l'antre des livres. Je refermai derrière nous d'un geste machinal et désireux de ne pas être dérangé. Je ne voulais pas qu'on vienne nous arracher à cette aventure bénie. J'appréciais cette réception à sa juste valeur, et je l'appréciais d'autant plus que nous nous en tenions loin. Elle n'avait pas l'air pressée de rejoindre les autres, elle non plus... seulement, elle refusait de mourir d'ennui. J'acceptai tacitement son idée de jeu et mis un point d'honneur à trouver de quoi la divertir. J'espérais qu'elle garderait un bon souvenir de cette première rencontre et qu'on se retrouverait à chaque autre mondanité du genre. Avec un peu de chance, ses parents finiraient par devenir amis avec les miens et nos chemins se recroiseraient très souvent...? Ça avait été le cas avec Thaddeus... c'était le cas avec Caleb... alors pourquoi pas avec elle ?

Je sais ! Chacun notrrre tourrr, on donne un mot ou une phrrrase qu’on doit rrretrrrouver au plus vite dans un des livrrres, proposa-t-elle alors que je tirai l'un des livres de son étagères.

J'étais agréablement surpris par son idée. On était loin de « jetons des glaçons sur les gens » et c'était même un jeu intelligent... Le genre de jeu qui me donnait envie de jouer. ...même si je savais pertinemment qu'elle n'aurait eu qu'à insister un peu pour que j'ouvre cette maudite fenêtre dans l'unique but d'endosser le rôle de trouble-fête... Mais avant de jouer à quoi que ce soit, je voulais lui montrer quelque chose. Je m'approchai d'elle et ouvris l'ouvrage d'un geste sûr. Aussitôt, des centaines de papillons se dispersèrent dans la pièce, tournant autour de nous dans un soleil éblouissant avant de disparaître. Nous avions le même livre, à la maison, et ma mère me l'apportait souvent quand j'étais malade. Il paraît qu'il m'avait arraché le premier vrai rire de ma vie quand je n'étais encore qu'un bébé... et que vu les pleurs constants dont je les gratifiais alors, il avait pris des airs de petits miracles. Et comme moi nourrisson, ma camarade lâcha un rire qui m'avait l'air sincère. Un sourire fier et satisfait étira mes lèvres. J'espérais lui faire comprendre qu'une bibliothèque n'était pas qu'un lieu d'ennui mortel.

Non, c’est pas ennuyant du tout.

Mon sourire s'agrandit alors que je refermai le livre et retournai le poser à sa place. Mission accomplie ! Peut-être aurait-elle finalement envie de rester ici jusqu'à ce qu'il soit l'heure de partir ?

On en cherrrche d’autrres ?
Le dernier qui trouve est un vieux scroutt, précisai-je d'une voix espiègle avant de reporter mon attention sur les rangées de tranches titrées qui s'offraient à moi.

Si j'avais quelques noms en tête parce qu'ils étaient dans notre bibliothèque... une maison d'édition connue pour ce genre de sortilèges également... je ne savais rien des ouvrages qui constituaient cet imposant trésor. Rien ne me disait qu'ils en avaient d'autres, eux... mais j'espérais... je refusais de la décevoir...

Au fait, c'est quoi ton nom ?

Je me risquai à tourner la tête vers elle, occupée à chercher de son côté. Même si sa robe était affreuse, il y avait quelque chose, chez elle, qui la rendait presque portable. Une élégance naturelle qu'on voyait pas souvent chez les autres filles de son âge, trop occupées à copier leur mère ou leur sœur aînée pour avoir l'air d'autre chose que d'empotées déguisées. Elle, elle aurait sûrement pu être une princesse sans que ça n'étonne personne... et dans le fond, peut-être qu'elle l'était... une princesse étrangère qui ne savait pas prononcer un « r » correctement... Et puis quand je consentis enfin à reporter mon attention sur ce que j'étais en train de faire, ce fut le déclic ! « Cantiques de l'antiquité magique », je le connaissais celui-là !

J'en ai un, m'exclamai-je fièrement avant d'arracher littéralement le livre de la bibliothèque, le reste de la rangée penchant mollement sur la gauche après ça. T'es prête ?

Celui-ci était moins joli que l'autre mais lorsque je l'ouvris, il se mit néanmoins à chanter – réciter, qu'est-ce que j'en savais ? – en latin. Je ne comprenais absolument rien, sûrement qu'il aurait fallu lire ce qu'il y avait d'écrit pour savoir de quoi il était question... mais je m'en fichais, j'avais gagné cette première manche !



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Message(#) Sujet: Re: how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] how can you miss someone you've never met (JUNIOR ♚ ERIN) [octobre 2018] EmptyDim 19 Juin - 22:20



( how can you miss someone you've never met | JUNIOR ♚ ERIN )
La franchise décomplexée de nos échanges avait de quoi surprendre. Après tout, nous ne nous connaissions que depuis quelques minutes à peine. Et encore, se connaître était un bien grand mot. Je ne savais de lui que ses prunelles océan qui déposaient, ici et là, un brin de dédain, ses chaussettes d’une hauteur vertigineuse, ses propos qui n’avaient de sens qu’à la lumière de ses sourires, son opinion sur ces autres que nous fuyions… Ça me suffisait. J’aimais cette absence de retenue entre nous — même si elle lui servait à critiquer ouvertement ma robe ou à me traiter d’idiote — et ce naturel qui enveloppait nos propos taquins. Nous avions laissé les politesses hypocrites derrière nous, en même temps que le reste du monde, et rien ne pouvait me faire plus plaisir. Je n’avais aucune idée d’où venait ce garçon à la ponctualité douteuse, mais j’étais déjà certaine de ne pas vouloir le laisser partir sans moi. Je me prenais déjà à espérer qu’il vivait à Londres ou non loin d’ici, qu’il participait à toutes les réceptions organisées par nos pairs et auxquelles je serais susceptible de me rendre, qu’il irait à Poudlard, même, cette école lointaine et envahie par la vermine, pour que cet instant ne soit qu’une ébauche de plus tard. D’un air entendu, égayé par son rire qui résonna dans le couloir vide, je partageais son impatience. Vivement que je puisse dire adieu au rose et aux autres couleurs d’une laideur sans nom.

Tandis que nous poursuivions notre chemin — avec l’aisance des enfants qui ne se soucient pas de fouler un territoire ne leur appartenant pas combinée à l’arrogance de ceux qui considèrent le monde comme à leurs pieds — j’interrogeai mon camarade sur ses liens avec les Flint. Il semblait bien les connaître — jugeant leurs faits et gestes avec une facilité déconcertante que je trouvais charmante — de même que leur demeure. J’avais envie que la réponse soit négative, qu’il soit loin de chez lui, tout comme moi. Que nous soyons tous les deux en train de nous perdre sur des terres qui n’étaient pas les nôtres, que cette bêtise innocente soit commune. Qu’on soit sur un pied d’égalité, en somme, même s’il était bien plus familier de l’endroit que moi. « C’est qui, n’imporrrte qui ? » lui demandai-je, curieuse de mieux cerner son point de vue, d’en apprendre un peu plus sur ces autres qui m’avaient semblés inintéressants au premier coup d'œil, avide d’avoir son opinion la plus tranchée. C’est qu’il était tout l’inverse, alors j’aurais plutôt tendance à croire ce qu’il voudrait bien me dire sur ces enfants qu’ils connaissaient plus que moi. Il était resté très évasif lorsque nous étions au milieu de tout le monde, mais maintenant, dans le secret de notre escapade, peut-être serait-il un peu plus loquace. Je l’espérais. J’avais soif de constater — avec plus de netteté encore — tout ce qui le différenciait des autres et le rapprochait un peu plus de moi.

Cependant, son goût pour la bibliothèque me fit douter un instant du bien fondé des qualités que je lui prêtais sans les formuler. Quelle personne digne de ce nom pouvait sciemment désirer perdre un après-midi entier à lire ? Le faire lors des journées d’études était une chose. Le faire alors que le beau temps dessinait la promesse de belles aventures en était une autre, parfaitement stupide. Mais c’était moi l’idiote. Mes yeux clairs roulèrent jusqu’au ciel avant de se reposer sur les traits élégants du garçon, parés d’une innocence qui lui allait très mal. « Je ne sais pas si tu en mérrrites plus. » répliquai-je d’un air suffisant. Cependant, j’étais déjà prise au piège de son défi qu’il avait eu l’esprit de ne pas formuler directement. « Est-ce qu’une idiote saurrrait parrrler deux langues, rrréciter plus de cent sorrrtilèges et leurrrs effets, jouer du piano ou expliquer toutes les dates imporrrtantes de notrrre histoirrre, hein ? » Je m’avançais peut-être un peu mais ça, il n’avait pas besoin de le savoir. Si je ne connaissais pas exactement cent sortilèges exactement, j’étais capable d’en trouver au moins la moitié — il faudrait que je compte précisément — et Finnbjörn était plus doué en histoire que je ne l’étais, mais tout de même, j’étais loin d’être nulle ou idiote. Qu’il se le tienne pour dit. L’idée qu’il me juge réellement de cette façon — même si l’éclat dans ses prunelles laissait parfaitement entendre que ça n’était qu’une moquerie supplémentaire — m’était insupportable. Et comme rien ne valait une riposte à la hauteur de la raillerie originelle, je soulignai d’une voix espiègle qu’il n’y avait bien que les peureux qui respectaient tout le temps les règles et qui n’osaient jamais rien faire qui sorte des chemins tracés par les adultes. À en juger par le regard qu’il me lança et ses bras croisés de mécontentement, j’avais visé juste. Un éclat de rire triomphant fila entre mes lèvres malicieusement relevées. Mes doigts pâles s’emparèrent du bas de ma robe, le relevant alors que je m’abaissais en une révérence insolente. « Tout le monde me trrrouve bien élevée, perrrsonne n’a jamais su d’où venaient les glaçons. » Et sur ce, je me redressai et me faufilai dans la bibliothèque. Je disais ça comme si j’avais l’habitude de jeter des carrés de glace sur la tête des invités, mais ça n’était arrivé qu’une seule et unique fois. Certes, l’expérience avait été incroyablement amusante, mais le regard de mon aîné — le seul à m’avoir remarquée — m’avait retenue de doubler l’expérience.

Il fallait reconnaître aux Flint qu’ils avaient une grande bibliothèque. Ce n’était pas ce à quoi j’aspirais, mais ça avait le mérite d’être suffisamment généreux pour, peut-être, se révéler divertissant. Entre les livres et les étagères, nous étions plus seuls que jamais, loin des invités qui se pressaient en bas et échangeaient des formules courtoises sans le moindre intérêt. Qu’on était bien, ici. Tous les deux, armés de nos moqueries respectives et d’une alchimie qui me semblait évidente. Il n’y avait rien de plus naturel que de suivre ce garçon dans un endroit d’apparence ennuyeuse, de l’embêter en commentant sa tenue ou son manque de courage, de sourire face à ses répliques tout aussi moqueuses. Alors, j’étais d’accord pour rester ici avec lui. Tant que ce moment durait encore un peu plus longtemps… Néanmoins, je comptais bien imposer mes règles et trouver un jeu pour nous amuser. L’idée fleurit sur mes lèvres et sembla enthousiasmer mon camarade. Je ne m’étais vraiment pas trompée : il n’avait rien d’un rabat-joie. Là où mon jumeau aurait tenu à rappeler qu’une bibliothèque n’était pas un endroit pour se divertir mais pour s’instruire, lui ne voyait aucun mal à faire les deux. Revenant à ma hauteur, un ouvrage entre les mains, un sourire aux lèvres, il le plaça entre nous deux avant de l’ouvrir avec l’assurance de celui qui connaît son contenu. Lumière et papillons s’en échappèrent sous mes yeux surpris par le spectacle. Un vieux grimoire poussiéreux, ce n’était pas exactement de là que je m’attendais à voir sortir une telle illusion. L’ennui se dispersa en même temps que cette dernière. Il marquait un point et j’étais prête à le reconnaître sans détour. Voilà un bel objectif : se lancer dans la recherche d’autres volumes du même genre. Qui sait, nous aurions peut-être le droit à un immense feu de joie ou à une nuée de dragons. J’avais envie de rêver grand.

Sous la menace d’être traitée de vieux scroutt si je perdais, je me lançai entre les rayonnages plus hauts que moi — bien plus hauts que Grand-Père, même — mes yeux clairs fouillant les tranches colorées qui se succédaient à l’infini. Comment est-ce que j’étais censée trouver quoi que ce soit là-dedans ? Je n’avais aucun nom d’auteur pour m’aiguiller. D’instinct, je cherchai des livres destinés à des enfants : qu’est-ce que des adultes pouvaient bien avoir à faire de papillons blancs ou autres images dans des livres ? J’imaginais très mal Grand-Père penché sur un traité d’histoire se relever soudainement face à l’apparition de colombes roses. Je venais de trouver une section dédiée à des contes divers quand, dans mon dos, la voix du garçon me ramena à lui. « Errrin Sørrrensen. » me présentai-je avec une fierté non-dissimulée. « Et toi ? Pas Flint, ça je sais. » Je me passais mentalement le nom des quelques familles mentionnées par mes aÏeuls. Yaxley, Avery, Rowle, Greengrass, Black, Nott, Prewett… Était-il l’un de ceux-là ? J’espérais en tout cas qu’il n’était pas de ceux que Grand-Père enveloppait d’un certain mépris. J’avais oublié ces noms par désintérêt — si Grand-Père les jugeait insignifiants, c’est qu’ils l’étaient — mais je ne pouvais pas croire que ce garçon sorti de nulle part en fasse partie. Non, j’en étais même convaincue, une conviction sortie d’une intuition formelle.

J’étais en train de lire plusieurs titres à la suite les uns des autres, espérant avoir une illumination quelconque, une petite voix qui me soufflerait que celui-ci serait le bon, quand une exclamation victorieuse m’informa que la première manche était terminée. Un air bougon sur le visage, je revins néanmoins rapidement aux côtés de mon camarade, me pressant contre son épaule, impatiente de découvrir ce sur quoi il avait mis la main. Pas de papillons, cette fois, mais une voix qui s’éleva, chantonnant un cantique ancien. « C’est en quelle langue ? Tu comprrrends ce qu’elle dit ? » Je me penchai un peu plus, quelques mèches brunes glissant sur mon épaule pour effleurer la page redevenue silencieuse, essayant de déchiffrer les mots sans queue ni tête imprimés noir sur blanc. J’abandonnai au bout de quelques secondes, m’emparant de l’ouvrage pour le poser sur un tabouret, auprès duquel j’en tirai un second. « Bon, un point pourrr toi. Mais dis, t’en connais beaucoup, toi ? » lui demandai-je, d’un air suspicieux. Parce que s’il connaissait plein de titres, je n’allais jamais pouvoir gagner : je partais avec un sacré désavantage. Ce qui n’allait pas m’empêcher de me battre jusqu’au bout. Sitôt la seconde manche lancée, je revins vers les contes que j’avais repérés et les ouvris les uns à la suite des autres, aussi vite que je le pouvais. Un premier livre m’échappa des mains sans que je ne m’en préoccupe plus que ça. Les autres penchaient dangereusement sur leur étagère, malmenés par mon impulsivité. Les premiers ne donnèrent rien mais une exclamation triomphante résonna dans le silence de la bibliothèque quand mes yeux clairs furent surpris par une volée de joueurs de Quidditch qui se lancèrent dans les airs les uns à la poursuite des autres. « J’en ai un ! » Sans plus attendre, je me précipitai à ses côtés pour lui montrer ma trouvaille, bien trop fière d’avoir marqué un point.

@C. Junior d'Archambault

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Et plus en détails ?
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Points Défis:
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How can you miss someone you've never met
pour la première fois
ft. @Erin B. Sørensen & C. Junior d'Archambault
Le chemin qui nous séparait de la bibliothèque n'était pourtant pas très long mais, entre nos rires et nos bêtises, il semblait s'étirer sans fin... j'aurais aimé que ça soit vraiment le cas, qu'on reste là, dans cet entre-deux agréable... pas dehors avec les autres mais pas encore arrivés à une destination qui risquait de la faire fuir. Juste... là... dans ce couloir bordé de portraits qui posaient sur nous des regards désapprobateurs. Peut-être les dérangions-nous... peut-être n'avions-nous pas le droit d'être ici... mais peu importe, il n'y avait aucun endroit dans ce pays, peut-être même dans le monde entier, où j'aurais préféré être à cet instant précis. J'espérais que la présence de cette fille ne serait pas l'histoire d'une unique fois, qu'elle devrait supporter ces mondanités autant que je le devais moi-même, qu'elle habitait à proximité – à Londres, par pitié ! – que nos chemins se croiseraient si souvent que c'en deviendrait indécent. Est-ce que c'était seulement possible...? Je n'en savais trop rien... d'un côté, je ne l'avais jamais vue nulle part et elle ne semblait rien connaître à notre communauté, elle n'en faisait définitivement pas partie... alors peut-être était-elle seulement là, amenée par quelques amis chez qui elle aurait passé quelques jours avec les siens ? Ça n'était pas impossible... d'un autre, elle semblait prête à prendre ses marques, comme si cette fois risquait d'être suivie de quelques autres. J'espérais. Le plus sincèrement, le plus fortement du monde. Je ne voulais pas qu'on me la retire déjà, pas si vite. Nous venions à peine de nous rencontrer, il nous restait encore tant de choses à vivre ensemble, c'était évident !

C’est qui, n’imporrrte qui ?

Mon regard croisa le sien avec l'air un brin supérieur de celui qui sait. Bien sûr, je me doutais que mon simple avis ne suffirait pas à la faire apprécier ou détester qui que ce soit, et que, peut-être, dans ces gens que je n'aimais pas, il y avait des proches de sa famille – je n'espérais pas – mais elle m'offrait la possibilité de poser quelques pions pour que ses liens futurs – si futurs il y avait – ne viennent pas s'immiscer entre nous.

Thaddeus Rowle et ses parents, admis-je sans sourciller, ils soutiennent les sang-de-bourbes et voulaient qu'on fasse pareil.

Je hochai la tête avec un sérieux grave et lâchai un soupir entre la lassitude et le désespoir. Je n'avais jamais entendu Thaddeus dire quoi que ce soit qui allait dans ce sens mais si mon père disait que le sien était un traître à son sang alors il était évident que toute la famille l'était aussi. Il y avait toujours une tristesse un peu honteuse quand je repensais aux années que nous avions passées tous ensemble, aux souvenirs géniaux que nous avions construits... il ne restait plus rien, même plus une photo de vacances dans nos albums ou un faire-part quelconque... comme si rien n'avait jamais existé. Mais bon, en même temps, je pouvais comprendre. C'était grave d'être prêt à s'aplatir pour devant des impurs ! Ma mère disait qu'il fallait que tout le monde apprenne à rester à sa place et qu'aucun sorcier n'avait à subir leur folie des grandeurs qui n'avait aucun sens. S'ils voulaient tellement prendre leurs aises quelque part, qu'il le fasse chez eux, chez les moldus !

Et les Travers, aussi... en tout cas, les parents de cette idiote de Marissa. Ils sont d'accord avec les Rowle, tu sais ? Mon père dit que les gens comme eux sont une honte pour le monde sorcier et qu'ils méritent la peine de mort.

Je n'avais pas vraiment conscience de ce que voulait dire tout ça, ça n'était que des paroles rapportées avec la fierté d'un enfant roi, la portée des mots m'échappait encore. Ma mère levait toujours les yeux au ciel quand il disait ça et répondait en tapotant des ongles sur la table « tout de même pas, Cornelius, n'exagère pas ». Mais je savais que c'était pour cette histoire de peine de mort parce que, pour ce qui était de la honte, c'était la première à s'en exclamer à chaque fois qu'on apprenait qu'un Sang-Pur avait succombé à cette mode humiliante.
Finalement, elle s'intéressa à notre destination et s'en offusqua aussitôt. Moi, je n'y voyais pas le mal. C'était très bien, les bibliothèques ! C'était un endroit calme, et puis, quand bien même on n'était pas autorisés à s'y rendre, personne n'oserait nous gronder pour avoir eu envie de lire. J'avais pris l'habitude de me plonger dans tous les livres qui passaient à proximité de ma main, tant pour tuer la solitude qui s'étalait quand je n'étais pas avec les plus jeunes de mes cousins, que pour avoir l'impression de maîtriser quelque chose... Il fallait bien reconnaître que mes cours étaient une catastrophe sans nom, que mes nuits étaient chaotiques, que l'essentiel de mes journées m'échappait... là, j'étais maître de ce que je faisais... j'arrivais à retenir les histoires dans lesquelles je me plongeais et pouvais rêver les yeux grands ouverts... Et puis, le plus honnêtement du monde, il fallait bien reconnaître que j'avais tellement eu de mal à apprendre à le faire que chaque page lue était une victoire évidente. ...mais tout le monde n'avait pas la chance de comprendre le plaisir de la lecture...

Je ne sais pas si tu en mérrrites plus.

Je haussais les épaules comme pour laisser entendre que je comprenais qu'elle n'avait rien de plus intéressant à avancer. Et, sans surprise, elle enchaîna presque dans la seconde.

Est-ce qu’une idiote saurrrait parrrler deux langues, rrréciter plus de cent sorrrtilèges et leurrrs effets, jouer du piano ou expliquer toutes les dates imporrrtantes de notrrre histoirrre, hein ?

Je l'enviai un peu. Si je parlais deux langues également – sans en maltraiter la moindre, en revanche – et que je savais jouer du piano, j'étais bien incapable de retenir dix sortilèges et confondais absolument toutes les dates qu'on essayait désespérément de m'apprendre.

Et jouer au Quidditch ? ...monter à cheval ? ...grimper aux arbres ? ...prononcer les « r » correctement ?

Au fur et à mesure de mon énumération, un sourire insolent avait pris place sur mes lèvres. À ma connaissance, il n'était pas très bien vu pour une fille de bonne famille de faire des choses aussi triviales que grimper aux arbres... c'est pour ça que j'étais à peu près sûr qu'elle excellait dans le domaine. Elle n'avait rien de ces filles fades et ennuyeuses qui ne faisaient que vouloir jouer au Papa et à la Maman avec leurs poupées affreuses ou qui prenaient des airs de grandes dames avec leurs robes trop froufroutantes. Elle, elle était juste... naturelle, sans chichi... et dans ce monde-là, ça faisait un bien fou. Enfin... quand elle ne me taclait pas sur mon manque de courage. Madame se mit à rire avant de faire une révérence ridicule face à laquelle je grimaçais en gnagnatant.

Tout le monde me trrrouve bien élevée, perrrsonne n’a jamais su d’où venaient les glaçons.

Je levais les yeux au ciel et finis par entrer à l'intérieur de la bibliothèque, non sans refermer derrière nous. Peut-être n'avait-elle pas eu envie de venir à la bibliothèque mais il n'empêche qu'elle y était venue quand même. Elle n'avait pas encore fui ni déclaré qu'elle allait explorer le reste de la maison plutôt que de moisir ici... je l'aurais suivie, sans l'ombre d'un doute. En toute honnêteté, je l'aurais suivie quoi qu'elle décide de faire, trop craintif à l'idée qu'elle trouve plus amusant à faire sans moi et qu'elle me relègue au rang de souvenir d'un jour. Nous devions devenir amis. Pas moins ! Sans attendre, et sûrement pour la retenir, je tirai un livre de son étagère alors qu'elle commençait à proposer de jouer. Avant que nous nous lancions dans quoi que ce soit, j'ouvris l'ouvrage qui lâcha des papillons par dizaine et me sentis étrangement fier de mon effet. J'avais capté son intérêt... si tant est que ça n'était pas le cas jusque là. On décida de partir à la recherche d'autres livres ensorcelés... et même si j'essayais de me concentrer sur ma tâche, mon attention emportait souvent mon regard vers cette fille à la robe affreuse que j'avais l'impression de connaître depuis toujours alors que j'étais incapable de mettre un prénom sur ce visage altier.

Errrin Sørrrensen.

Erin Sørensen... ça sonnait exotique, lointain... je ne savais pas trop d'où mais j'imaginais quelque chose de froid, de désert, d'un peu dangereux. Ça expliquait pourquoi je ne l'avais jamais vu avant, en tout cas, elle n'était pas d'ici. Erin... j'aimais bien ce prénom. Il lui allait bien. Je ne fis même pas attention à la fierté qu'elle avait affichée en déclamant son identité, trop occupé à réaliser que je savais enfin qui elle était.

Et toi ? Pas Flint, ça je sais.
Junior d'Archambault, me présentai-je à mon tour, en cédant à mon récent caprice de ne plus me faire appeler « Cornelius » puisque c'était déjà mon père et que, pour couronner le tout, c'était affreusement laid.

Maintenant que les présentations étaient faites, je pouvais reprendre mon exploration des étagères... et ne mis pas longtemps à récupérer un autre livre en claironnant ma victoire. Elle eut l'air de bouder un peu, sûrement un brin mauvaise joueuse, mais vint quand même à ma hauteur, ses yeux clairs rivés sur ce que je tenais et son épaule s'écrasant tout contre la mienne. J'ouvris l'ouvrage, laissant quelque chant ancien résonner dans l'immensité de la pièce.

C’est en quelle langue ? Tu comprrrends ce qu’elle dit ?
En latin... mais tu devrais le savoir toi qui connais plein de sorts ! Ils ont quasi tous une origine étymologique latine.

Je n'avais absolument aucune idée de ce que ça voulait dire, c'était juste une phrase d'un livre de sortilèges qui m'avait marqué parce que j'aimais bien ce mot – « étymologique » – il faisait savant. Il me manquait pas grand chose pour le comprendre, en plus, parce que « mot » et « logique » ça avait un sens... il restait juste à trouver « éti »...

Ça parle d'un sorcier qui voulait voler un trésor mais qui a été tué par un dragon avant d'y arriver, inventai-je avec le même sérieux crédible que si je m'étais contenté de résumer.

Elle s'approcha de la page, comme si elle voulait vérifier que je ne lui racontais pas n'importe quoi et finis par récupérer le livre pour le poser sur un tabouret avant d'en mettre un deuxième à côté. J'en déduisis que c'était pour qu'on puisse voir qui avait la plus grande pile à la fin de la partie.

Bon, un point pourrr toi. Mais dis, t’en connais beaucoup, toi ?
Mon père connaît le directeur de cette maison d'édition... Je laissai mon doigt s'écraser tout en bas de la couverture. On a même été invités à dîner chez lui, une fois... alors... oui, j'en connais pas mal quand même.

J'étais content de pouvoir étaler nos relations et voir qu'elles pouvaient servir. Oh, c'ets évident que ça avait moins de prestige que ceux qui connaissaient tout le Ministère ou dont les parents flirtaient avec les grands noms du Quidditch mais bon... dans le cas présent, je trouvais que ça faisait quand même son petit effet. Cet aveu, un peu prétentieux, ne nous empêcha pas de lancer la seconde manche... mais je fus vite coupé dans mon élan par le bruit sourd de quelque chose qui tombe au sol. En me retournant, j'eus la mauvaise surprise de voir un livre à ses pieds et un autre ouvert à la volée, sans la moindre précaution.

Eh, fais attention, c'est fragile !

Mais elle n'eut pas l'air d'en avoir grand chose à faire puisqu'elle s'exclamait déjà :

J’en ai un !

Elle courut presque jusqu'à moi pour me montrer les joueurs de Quidditch qui se poursuivaient au-dessus des pages. Je levai le nez, un peu boudeur.

Ça compte pas, tu m'as déconcentré !

C'était trop facile de me faire tourner la tête à cause de  ses bêtises pour continuer ses recherches. C'était pas du jeu. Franchement, si on jouait à la loyale, on annulerait ce point-là !
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