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Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY
Sidney Driscoll

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Message(#) Sujet: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyDim 24 Avr - 15:02

Hold me now 'til the fear is leaving
un naufrage de plus
ft. @Charles T. Ehrlich & Sidney Driscoll
Ça fait plusieurs jours que je pense à partir. J'ai même pris le risque d'interroger Blaze sur le sujet. Enfin, pas vraiment, pas directement, mais assez pour me faire une idée du cul de sac que c'est... J'ai même dit au revoir à Harriet... même si elle m'a vite fait regretter d'avoir eu la bêtise de lui en parler. On peut dire ce qu'on veut mais c'était plus tranquille avec Blaze... « C'est une évasion ? » et puis plus rien. Il a pas cherché, il a pas insisté, il m'a laissé tranquille. Peut-être que c'est juste parce qu'il s'en fiche mais moi, ça me va. Plus en tout cas que les questions pressantes et l'espoir de culpabilité d'Harriet. Mais c'est resté vague. C'était « un jour », « à l'occasion »... je voulais prendre le temps d'y réfléchir, pas faire n'importe quoi, attendre d'être sûr de moi... Mais tout s'est accéléré ce matin. L'interrogatoire, l'impression de revenir des années en arrière, les souvenirs, les images... J'ai compris que je pouvais pas attendre éternellement. Cette école, elle finira par avoir ma peau si je m'en barre pas rapidement. Ça fait même pas un an et pourtant je me suis jamais senti aussi mal depuis... depuis l'accident. Je suis arrivé au bout de ce que je peux supporter. L'angoisse qui ne me lâche plus, les nuits trop courtes, la solitude qui devient pesante... Alors tant pis si Maman trouve que je me comporte comme un bébé, tant pis si j'ai pas vraiment le droit, tant pis si l'idée est pourrie. Je veux pas rester. Je peux pas rester. J'ai passé la fin de mon après-midi à errer dans les couloirs, le cœur battant à tout rompre, presque certain que tout le monde était capable de voir et comprendre ce que je préparais. Alors que c'est stupide, tout le monde s'en fout. J'ai jamais eu d'existence réelle ici, ou quasiment, mais ça fait des jours que j'existe plus du tout. En dehors de quelques mots mensongers, il y a plus de contact avec personne. Donc ce que je fais, comment je m'occupe, ça intéresse personne... Et c'est tant mieux. J'ai réussi à dénicher une vieille et grande carte accrochée dans une salle abandonnée, j'ai galéré à la plier en bateau. Ça faisait longtemps que j'en avais pas fait. C'était un gars de la classe au-dessus qui nous avait  appris comment les faire parce que les nôtres supportaient jamais le poids de nos figurines dinosaures et qu'il a dû avoir pitié. Qu'est-ce qu'on était fiers ! On en a fait des tas, après ça. Et on les faisait flotter dans la baignoire, chez tante Jessica. On mettait les dinos dessus et on jetait des éponges en faisant comme si c'était des météorites. J'ai eu l'impression d'entendre sa voix qui se faisait plus grave pour annoncer la fin du monde tout le temps où je l'ai plié... et moi je faisais toujours celles des dinos. « Noooon, on va tous mouriiiiiiiir » avec des i suraigus et des rires idiots à la fin. Et aujourd'hui, ça m'a l'air plus vrai que jamais. On va tous mourir. Sauf que ça n'a plus rien d'amusant.

Il n'y a plus la moindre lumière dans le dortoir quand je repousse ma couverture. La lune éclaire à peine, j'entrevois que quelques formes incertaines. Je tâtonne, j'attrape le sweat que j'ai posé au pied de mon lit et je l'enfile sans un bruit. Je ne sais pas vraiment ce que je fais. Je suis un instinct auquel je fais pas confiance, quelque chose entre la survie et le désespoir. Je récupère mon sac de cours sous mon lit – j'y ai fourré Gus, quelques affaires, de quoi grignoter et les rares pièces que j'ai réussi à sauver sur mon argent de poche du début d'année – et me glisse hors de la pièce sur la pointe des pieds. La porte grince, je prie pour qu'il n'y ait personne de l'autre côté. Je mets ma capuche, comme dans les films, et file comme une ombre jusqu'aux escaliers. Je ne veux pas réfléchir à ce qui m'arrivera si je me fais prendre. Je sais que j'enfreins toutes les règles de l'école. J'ai pas le droit de sortir après le couvre-feu, j'ai peut-être pas le droit d'aller sur le lac et j'ai encore moins le droit d'essayer de fuguer. Mais en même temps, je vois pas ce qu'il pourrait m'arriver de pire. Être dans une chambre isolée ? Tu parles. Au moins je pourrais peut-être fermer l'oeil sans craindre qu'il ait envie de reprendre le jeu de la dernière fois... Je sursaute au moindre bruit, mon reflet dans les vitres me font frôler la crise cardiaque. C'est la pire idée du monde ! Et pourtant, je prends sur moi et continue sans renoncer. Je vais chercher mon bateau plié – j'ai fait exprès de le faire sur une grande feuille, ça m'évitera de trop galérer avec le sortilège – et la planche d'un banc pour ramer. J'espère vraiment que ça va marcher. Que le destin sera avec moi, pour une fois, et que l'infime chance qu'il y ait pas de barrière sur le lac sera là. Blaze a spontanément pensé que j'allais me barrer, c'est peut-être que c'est possible. Il faut que ça soit possible. Il le faut vraiment...  Les portes du Hall sont fermées quand j'y arrive. Durant une seconde, c'est la panique. Si ça se trouve, y'a une alarme ou je sais pas. Et puis ça doit faire un bruit d'enfer... J'arrive à émettre un raisonnement presque logique et jette mon dévolu sur une fenêtre. La poignée grince un peu mais ça va. Je l'enjambe en tremblant et passe de l'autre côté sans avoir réveillé tout le château. Je crois que mon cœur n'a jamais battu aussi vite. Enfin... si... Dans la salle de bain, l'autre jour... et puis ce matin aussi... Mais quand  même ! Je stresse tellement que j'ai envie de vomir. Je trace jusqu'au lac et pose mes affaires par terre. On fait grandir le bateau et on se casse. Pourtant, c'est pas aussi facile que ça. Là où, avec la poussière, j'ai réussi à faire un truc incroyable du premier coup, je dois m'y reprendre plusieurs fois pour réussir à le faire juste assez grand pour m'y installer. Au bout de la quatrième, c'est tout juste correct. Si je me dépêche de traverser, ça devrait tenir. Il faut que ça tienne, de toute façon. Ça tiendra. Je vous en supplie... Je mets mon embarcation précaire à l'eau et avance prudemment. Mes chaussures se gorgent d'eau, le bas de mon pantalon se mouille jusqu'aux genoux... Je galère à grimper dedans, il y a plein de flotte qui s'y invite en même temps. Si la carte est un peu plastifiée, je sais que ça tiendra pas longtemps. Normalement, on met du scotch pour protéger un peu mais là, j'en avais pas. On se détend, ça va aller. J'attrape la planche, la plonge dans l'eau... Il me faut bien une éternité pour comprendre comment ça fonctionne et je m'épuise rapidement pour un résultat pitoyable. J'avance à deux à l'heure et même pas droit... Le fond du bateau commence à se fragiliser. Il faut que je me grouille. Vraiment. Alors je donne tout ce que j'ai. Mes bras brûlent de ramer, je suis essoufflé comme si j'avais couru un marathon. Et puis d'un coup, plus rien. J'avance plus. Enfin... je peux plus avancer, plutôt... Le reste du lac s'étend devant moi, la liberté, l'espoir de rentrer... et je peux pas aller plus loin. Il y a comme un voile à peine visible qui se dessine entre nous... La barrière qui protège l'école. La déception est immense mais je me laisse pas abattre. Je tente le tout pour le tout et plonge en laissant mes affaires dans le bateau. Peut-être qu'il y a moyen de passer en-dessous. Sans surprise, c'est pas le cas. L'angoisse revient. Je remonte péniblement sur ma barque mais j'ai à peine le temps de reprendre ma rame de fortune pour faire demi-tour que le fond commence à craquer. L'eau rentre. J'ai le réflexe stupide d'essayer d'écoper avec mes mains mais ça sert clairement à rien. En quelques secondes à peine, le papier se déchire de partout. C'est la panique totale. La rive a l'air au bout du monde. Je commence à nager pour la rejoindre mais... déjà je suis fatigué de la traverser et puis je nage pas très bien... Comme un môme de sept ans qui allait à la piscine deux fois par an. Je me débrouille pour faire l'imbécile, je gère quand j'ai pied... Là, à faire le petit chien plus qu'à nager vraiment, je m'épuise littéralement. Le poids de mon sac me gêne mais je refuse de le lâcher parce qu'il y a ma peluche dedans, la bandoulière m'étrangle à moitié. Je commence à boire la tasse, l'air se fait plus rare... J'avance de moins en moins vite... puis de moins en moins tout court. Le moindre geste se fait douloureux, je prends péniblement conscience de la merde dans laquelle je suis. Au milieu du lac, en pleine nuit, sans avoir informé qui que ce soit que j'y allais... La planche à laquelle je me raccrochais comme dans Titanic finit par m'échapper, mes doigts la frôlent sans arriver à la rattraper... et la suite devient floue.

C'est les rayons du soleil qui me poussent à rouvrir les yeux. Il me faut un moment pour revenir à la réalité, pour que ma nuit remonte à la surface. Les murs de pierre claire tranchent avec l'obscurité du lac. Le confort du lit n'a rien à voir avec le papier humide de ma barque de fortune. Comme si elle l'avait senti, l'infirmière ouvre le rideau qui m'entoure et vient s'assurer que je vais bien. Je ne réponds pas. Je ne sais pas. D'un côté, sûrement, oui... d'un autre... c'est même pire qu'avant. Parce que j'espérais que ça marche. Maintenant, je sais juste que je suis coincé dans cette école. C'en est même pas vraiment une, d'école, c'est une prison. Elle me fait savoir que j'ai eu de la chance que Monsieur Armitage me retrouve sur le bord, que c'est sûrement le calmar géant qui m'y a laissé, que ça aurait pu être beaucoup plus grave, que c'était inconscient. Mais j'écoute à peine. Qu'est-ce qui m'ait passé par la tête, sérieusement ?! Monsieur Armitage le sait sûrement, lui, je lui en ai parlé il y a longtemps... Dès que Blaze... Puis elle finit par se radoucir. Je peux rester là pour aujourd'hui, au moins jusqu'à ce qu'on se décide de quoi faire de moi. Ça ressemble à une menace. Je vais sûrement être puni. Sévèrement. Assez pour me faire passer l'envie de recommencer. De toute façon, j'ai pas de plan B. Harriet parlait de passages secrets mais je les connais pas... Je suis coincé. Je suis coincé... La panique revient de plus belle. J'étouffe un gémissement plaintif et remonte la couverture sur moi. Elle prévient qu'elle repassera plus tard et tire à nouveau le rideau derrière elle. Ses pas s'éloignent. Le silence et la solitude reprennent leur droit sur mon morceau d'infirmerie. Deux fois en deux jours, ça fait pitié... Je fais pitié. Dans le fond, je crois que je regrette d'avoir eu de la chance. Ça aurait été plus simple si personne n'était passé dans le coin. Je n'arrive même pas à m'en vouloir de le penser. Mon regard se pose tout autour de moi. La carafe d'eau sur la table de chevet, une fiole de potion vide juste à côté, mon sac sur une chaise, mes vêtements correctement pliés à côté. J'avais même pas remarqué le pyjama dans lequel on m'a glissé... Je tends le bras et arrache tant bien que mal Gus du tas d'affaires en vrac. Je le serre aussi fort que je peux mais c'est plus vraiment comme quand j'étais petit, ça ne me rassure pas assez pour me donner l'impression que tout n'est pas si dramatique. C'est dramatique. Vraiment dramatique... Je me laisse retomber sur l'oreiller. Plus loin, une porte grince, des voix me parviennent de loin sans que je n'y fasse très attention. Je me demande combien de temps il va falloir pour que cette histoire s'ébruite... combien de temps avant qu'on se foute de moi pour avoir été assez débile pour suivre une idée de Blaze... et pour avoir cru qu'on pouvait sortir de Poudlard aussi facile... et pour avoir failli y rester, aussi. Sûrement que dans le monde magique, personne fait rien de tout ça. Mais je ne suis pas du monde magique... Plus les jours passent et plus c'est évident. Je n'ai définitivement rien à faire ici...


Dernière édition par Sidney Driscoll le Jeu 28 Avr - 20:57, édité 1 fois
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Charles T. Ehrlich

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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyMer 27 Avr - 20:19

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Hold me now ‘til the fear is leaving
Une traînée de poudre. C’était la vitesse à laquelle les informations circulaient dans un château pourtant vaste, parmi des élèves pourtant indénombrables, jusqu’aux oreilles pourtant désintéressées. Tout était parti du petit-déjeuner, heure charnière où chacun se mélangeait à la foule pour un thé et pour quelques ragots. Si d’ordinaire, les messes basses concernaient des futilités romantiques, laissant Charles profondément indifférent alors qu’il sirotait sa tasse en inscrivant quelques notes sur un carnet, ce matin-là, curieusement, les chuchotements furent plus bas, plus graves, plus lourds. La lumière qui perçait par les hautes vitres de la grande salle était radieuse, annonciatrice d’une belle journée de printemps et tout aussi singulièrement, les reflets sur les visages étaient plus pâles. Il n’en fallut guère plus pour susciter son attention à peine retenue sur des mots qui ne venaient de toute évidence pas sur le bout de sa plume. Refermant son carnet, Charles leva le visage à la recherche des mots qu’il ne parvenait pas à distinguer. “Dans le lac… Au petit matin… Infirmerie.” Quelques mots clés sans sens qui le laissèrent interdit. Avalant une nouvelle gorgée de son Earl Grey, le jeune homme touilla ensuite sa tasse en faisant mine d’être accaparé par les mouvements du lait, et non attentif aux murmures dans son dos. “Un bateau de papier… S’échapper… Inconscient.” Une succession d’indices qui laissaient entendre une situation bien plus dramatique qu’un baiser échangé à l’abri des tableaux. Portant une cuillère de céréales à sa bouche, Charles balaya sommairement la grande salle autour du lui du regard, cherchant les prunelles cobalt de Sidney. Il savait que le jeune homme ne l’aurait pas laissé approcher, se pliant rigoureusement au règlement qui demandait aux grades acier de se tenir éloignés des autres, mais il avait pris cette habitude de croiser son regard en guise de salutation matinale. Il lui était arrivé d’attendre plusieurs minutes que son camarade l’aperçoive parmi la foule pour avoir droit à ce seul contact qui les réunissait encore. Aussi s’employa-t-il avec patience à détailler la masse d’élèves autour de lui dans l’unique but de retrouver la familiarité de ses traits, qui n’arriva cependant jamais. Confus, car il ne ratait jamais son coup dans la minutie de son opération oculaire, Charles entreprit à nouveau de distinguer le visage de Sidney, en vain. Peut-être s’était-il levé plus tôt, aujourd’hui ? Ou au contraire, peut-être avait-il tardé à s’endormir, lui valant un certain retard ? Une nouvelle cuillère dans la bouche, Charles tourna légèrement son visage sur le côté, essayant à nouveau de récupérer le fil de conversation du groupe dans son dos. “Barrière magique… Bloqué sur l’eau… Dangereux.” Pour l’une des rares fois de sa vie, et toutefois peu de temps depuis la fois précédente, Charles se sentit pris d’agacement. Il détestait ne pas comprendre autant qu’il succombait rapidement au stress quand un élément ne collait pas. Fichus yeux bleus. S’il les avait croisés comme prévu, il ne se serait certainement pas impatienté pour si peu. “Vous parlez de quoi ?” fit-il en se retournant tout à fait, un groupe de Gryffondor levant les yeux à son intervention. “Désolé de vous interrompre” ajouta-t-il dans un chuchotement, honteux de s’être immiscé dans la discussion de manière aussi impromptue. Il allait retourner vaquer à ses occupations quand l’une des filles gloussa à son encontre. “Attends, quoi ? T’as pas entendu la nouvelle ? Un grade acier a tenté de s’échapper, cette nuit. Au final, il a coulé dans le lac… On l’a récupéré in extremis sur les rives. Il est à l’infirmerie pour se remettre…” “Ou pour laisser le temps à Sørensen de trouver une nouvelle punition de taré” enchérit l’un de ses collègues avant d’éclater de rire. “Comment il s’appelle, déjà ?” lança une autre fille en se penchant vers son amie. “Euh… Dri… Dris…” “Driscoll ?” “Ouais, Driscoll !” acquiesça-t-elle dans un sourire de victoire d’avoir retrouvé son identité. Mais déjà, ses commissures de lèvres retombèrent à la vue de Charles qui, sans un mot de plus, quitta précipitamment la salle, laissant derrière lui un bol de céréales encore plein et un thé fumant.

Son cœur aurait peut-être explosé s’il n’était pas trop occupé à pomper aussi vite qu’il le pouvait pour nourrir son corps d’oxygène. De l’air, il en avait besoin ; pour courir dans le château, pour sauter les marches les unes à la suite des autres, pour respirer, aussi, pour reprendre un souffle qu’il avait perdu aussitôt que le nom de Sidney avait échappé à la Gryffondor. Sa tête lui tournait de plus en plus, certainement aussi alourdie de précipitation que d’une sourde angoisse qui tapait à ses tympans. Maudits soient ces escaliers qui tournaient, lui donnant davantage le mal de mer. Maudits soient ces tableaux qui riaient à son allure précipitée, son sac de cours jeté sur son épaule rebondissant à chacun de ses mouvements. Maudite soit cette école qui avait instauré un règlement aussi nuisible. Douloureusement parvenu jusqu’au troisième étage dans lequel il se précipita sans même ralentir le pas, Charles manqua de rentrer dans quelques élèves auprès desquels il ne prit guère le temps de s’excuser. Il ressemblait à ces cruches qui avaient failli les faire tomber, Sidney et lui quand ils s’avançaient silencieusement vers la salle de bal, à déambuler de manière aussi saccadée sans même prêter attention au monde environnant. Sauf que lui avait une bonne excuse. Il ne courrait pas vers une stupide fête vide de sens ; il se ruait vers un ami sans qui rien n’aurait plus aucune logique. Aussi ne se retint-il guère d’ouvrir la porte de l’infirmerie à la volée, attirant le regard désapprobateur de mademoiselle Gray. “Excusez-moi” lâcha-t-il entre deux essoufflements. “Je, euh, on m’a dit que, euh, Sidney, pardon, monsieur Driscoll, serait là ?” Ses joues étaient rouges, et pour une fois non de honte, mais de chaud de s’être ainsi précipité parmi les étages. D’autant que la salle dégageait plus de chaleur que la froideur des pierres du château. En effet, l’infirmerie devant lui était particulièrement lumineuse, les vitraux laissant traverser la lumière d’un soleil odieusement resplendissant. Pourquoi fallait-il qu’il rayonne toujours quand rien n’allait plus ? La mort de sa mère. L’explosion dans la tour. L’admission de Sidney. Mademoiselle Gray le pria deux fois de repasser plus tard afin de laisser Sidney se reposer, mais Charles n’écouta aucune de ces deux interventions, le regard cherchant déjà la carrure du Serdaigle parmi les lits occupés, les lèvres essuyant de nouvelles excuses résolues. “Pardon, je sais que je dérange.” Puis, “Oui, pardon, je ne devrais pas l’embêter.” Mais il resta là, droit, immobile, à bout de souffle. Mademoiselle Gray décida enfin, peut-être par manque de détermination, peut-être par excès d’empathie, de lui consentir cette visite éclaire en l’intimant toutefois de ne pas trop fatiguer le jeune garçon, ce à quoi il acquiesça cette fois-ci sans rechigner. Il n’avait aucune intention d’être trop écrasant, loin de là, il avait envie de se faire le plus petit possible, il aurait même pu se transformer en une souris pour ne pas l’importuner, du seul moment qu’il pouvait être là, à ses côtés, vérifier qu’il était en bonne santé, qu’il respirait, qu’il était conscient. “Merci” glissa-t-il à l’infirmière qui recula d’un pas pour le laisser avancer dans la salle. Charles se surprit à considérer que l’infirmerie ressemblait en fin de compte à la petite église de Reepham, avec toute son austérité, toute sa lumière, quand il identifia un peu plus loin la chevelure de Sidney vers laquelle il s’avança d’un pas décidé qui ralentit à mesure qu’il s’approchait du lit. De fait, il arriva très lentement près de la couverture où s’était blotti le jeune homme, essayant précautionneusement de ne pas le réveiller s’il dormait, ou de ne pas l’effrayer s’il l’écoutait. Il avait traversé la moitié du château avec une telle hargne qu’il ignorait désormais comment réagir. A vrai dire, il ne savait même plus pourquoi il était venu. Pour des remontrances ? Pour du réconfort ? Pour s’assurer qu’il allait bien, surtout. Simplement voir de ses propres yeux qu’il était vivant et en sécurité, car comme Saint Thomas, il était incapable de croire ce qu’il ne voyait pas, d’autant que les rumeurs étaient trop odieuses pour la délicatesse de sa stature.

Restant un instant debout sans rien dire, Charles se décida finalement à attraper un tabouret à proximité sur lequel il s’installa sans un bruit. Il se demanda combien de temps il pourrait rester là en silence avant que mademoiselle Gray ne lui demande de partir, et réalisa de fait qu’il lui valait mieux profiter de ce moment. Quand il quitterait l’infirmerie, Sidney ne lui parlerait plus. Il continuerait à se tenir éloigné pour respecter ce stupide règlement, se contentant de lui renvoyer son regard au petit-déjeûner. Et la perspective d’avoir enfin l’occasion d’échanger des mots autrement que par notes interposées, dont les plumes retenaient toute leur spontanéité, ne pouvait clairement pas être délaissée en raison de sa seule timidité. “Salut” chuchota-t-il alors doucement, incertain de l’état de Sidney qui, dos à lui, pouvait tout aussi bien être endormi. “Je, euh, j’ai entendu ce qui s’est passé, cette nuit” reprit-il ensuite en considérant les autres hôtes de l’infirmerie autour d’eux qui semblaient assoupis, comme pour vérifier qu’ils auraient droit à un peu d’intimité et de discrétion. “Ça m’a fait peur, alors, et ben, j’ai décidé de passer te voir pour vérifier que, enfin, que tu allais bien. Tu vas bien ?” risqua-t-il en reposant ses yeux sur le dos du Serdaigle. Non, bien sûr, évidemment qu’il n’allait pas bien ; il n’aurait pas joué sa vie sur un radeau de fortune sur le lac en pleine nuit s’il se portait convenablement. Mais alors, pourquoi lui avoir menti dans leurs correspondances ? Pourquoi ne pas avoir admis, même en filigrane, même entre les lignes, son mal-être ? Pourquoi ne pas lui avoir tout bonnement partagé son envie de fuir ? Il l’aurait suivi. Cette pensée le figea alors qu’il s’apprêtait à reprendre, son souffle suspendu entre ses lèvres. L’envie de partir, de prendre ses jambes à son cou, le suivait depuis cinq ans. Les récents événements lui avaient porté un nouveau coup, plus tranchant que les autres, mais accaparé par la situation de Sidney, il en avait omis ses propres préoccupations. Seigneur, s’il lui avait parlé de son projet, il s’y serait volontiers joint. Cette école était mauvaise, toxique, qu’aurait-il gagné à y rester ? Ou plus exactement, qu’aurait-il perdu à partir ? Rien. Il aurait été en compagnie d’une personne fiable, en destination d’un monde plus sain. Mais Sidney ne lui avait rien dit, non, il avait tenté cette escapade en solitaire, mettant sa vie en péril jusqu’à se retrouver alité. C’était aussi triste que blessant. N’avait-il donc pas suffisamment confiance en lui ? Ils se connaissaient certes depuis peu, mais le temps ne valait pas grand-chose par rapport à la stabilité de leur lien. Une amitié récente, une amitié solide. “J-j’avais prévu de t’offrir des chocogrenouilles et un sachet de Fizwizbiz au chocolat plus tard dans la journée” reprit-il, cherchant un prétexte quelconque pour reprendre le fil de la conversation loin de l’inquiétude qui frappait encore son coeur. “Mais autant que je te les donne tout de suite” conclut-il dans un souffle, se sentant pathétique face à une si ridicule diversion. Il avait envie de lui hurler de ne plus être aussi inconscient, mieux, d’être inconscient avec lui, au lieu de quoi, il se pencha vers son sac pour fouiller parmi ses affaires. “Tu sais, y a des antioxydants dans le chocolat noir, c’est une molécule reconnue contre les inflammations. Ça prévient aussi les problèmes cardio-vasculaires. Et puis, le sucre donne un petit coup de boost. J’espère que ça t’aidera à te remettre en forme.” Il se redressa pour poser le petit paquet de sucreries sur le chevet du garçon. Et s’il dormait toujours ? Ç'aurait été en fin de compte préférable. Il n’aurait ainsi pas entendu son ridicule monologue sur les bienfaits du chocolat, débité dans le seul but de trouver un sujet de conversation viable, dans le seul but de se raccrocher à quelque chose qu’il maîtrisait dans ce débordement d’émotions qui avait rendu sa voix piteusement tremblante. Il était lamentable, incapable de faire face à la gravité de la situation. Rien d’étonnant à ce que le jeune homme ne lui ait rien avoué de ses projets… Il n’avait pas les épaules pour ce genre de problèmes. Il n’avait pas la carrure pour supporter cette information. Il n’avait pas la capacité d’endurer cette perte.  

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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyJeu 28 Avr - 20:57

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Le calme qu'il y a dans l'infirmerie est aussi reposant qu'angoissant. Je ne suis pas idiot, je sais qu'il annonce sûrement la tempête... Si Maman demande pas qu'on me laisse rentrer à la maison – et je sais qu'elle ne le fera pas, il reste  à peine deux mois, elle m'a dit qu'il fallait que j'arrête de me comporter comme un bébé et que j'apprenne un peu à prendre sur moi – on va me faire regretter d'avoir enfreint au moins la moitié des règles de l'école. Qu'on se rassure, je le regrette déjà. Par peur de la punition, je le reconnais, mais aussi parce que l'espoir de pouvoir m'échapper est mort et enterré. C'était le seul qu'il me restait, ici, je crois. J'ai tiré un trait sur la vie normale dont je rêvais en venant ici, sur une place que j'aurais pu m'y faire, sur mes amis, même, puisque c'est à peine si on peut s'apercevoir encore... Il restait juste ça. L'extérieur pas loin, mon existence tranquille qui était censée m'attendre... À cette pensée, je me sens plus vide encore et resserre mon étreinte autour de Gus. J'ai l'impression d'être fait prisonnier pour un crime que j'ai même pas commis... mais en même temps... Je ne suis pas sûr que ça soit vraiment le cas. Les souvenirs qui ne cessent de revenir, les images qui me renvoient à des traumatismes que j'avais réussi à surmonter – ou que j'avais enfouis, en tout cas – c'est sûrement pas une coïncidence. Je n'ai jamais vraiment cru au destin, au karma ou à ces choses-là mais je crois que j'ai plus vraiment le choix, maintenant. C'est juste une vengeance de la vie, un retour de bâton, je sais pas comment appeler ça. Alors, dans le fond, si, sûrement que si, tout ce que j'ai à supporter depuis des mois, je dois le mériter. Et là, sur ce lit qui n'est pas le mien, les yeux rivés sur les poussières qui tombent lentement dans un rayon de soleil, je me dis que l'idée stupide de Blaze et cette noyade pitoyable à laquelle j'ai échappée « par chance » étaient méritées également... « Un gamin comme ça, il aurait fallu le noyer à la naissance » qu'on a craché sur notre passage, une fois. C'était devant notre immeuble, je me rappelle. La vieille dame du rez-de-chaussée, celle qui avait le chien moche qui arrêtait pas de grogner, et une autre que je connaissais même pas. J'ai posé les yeux sur Maman, elle avait l'air triste et déçue, et je lui ai demandé si c'était vrai, si elle le pensait aussi... Elle a jamais vraiment répondu. Elle m'a juste conseillé d'arrêter d'écouter les bêtises des gens. Je l'ai jamais fait... arrêter d'écouter les bêtises des gens. Et je sais que je vais devoir en supporter beaucoup, cette fois encore. Je suis sûr que ça en parle déjà, que ça va faire le tour de l'école en un rien de temps... qu'on se moquera, qu'on amplifiera, qu'on se fichera bien de savoir « pourquoi », qu'il y aura juste l'idée foireuse et l'échec ridicule qui resteront. Comme la dernière fois. Personne a cherché à savoir ce qu'il s'était vraiment passé, à s'inquiéter de mon état... Il fallait juste taper sur quelqu'un pour se défouler et tant pis si c'était un gamin de sept ans.

Des bruits de pas se font entendre dans la pièce. Loin d'abord puis de moins en moins. Je m'accroche à l'espoir que c'est sûrement un prof, ou un élève de la classe mandaté pour me dire qu'il prendra mes devoirs, le retour de l'infirmière peut-être... mais dans le fond, je sais que ce n'est rien de tout ça. Je le sais parce que j'ai souvent espéré entendre cette démarche discrète et hésitante : derrière la porte des toilettes au début de l'année, devant ma salle commune à Noël, à chaque seconde de ces misérables journées depuis qu'on a été isolés. Mais c'est celle que j'aurais préféré ne jamais entendre ici. La honte se fait plus grande, la culpabilité aussi. Je ne lui ai rien dit. J'aurais voulu dire que j'ai hésité, que je l'aurais fait si jamais hier matin n'avait pas tout précipité mais je sais que c'est pas vrai. Je sais que ça aurait pu prendre des jours encore que je ne l'aurais pas fait. Même pas parce que j'ai pas confiance ou que je n'ai pas voulu le mettre dans la confidence mais parce que je n'aurais pas supporté des adieux en plus du reste. C'est égoïste. C'est lâche aussi. Mais c'était trop me demander. Je voulais pas avoir à réaliser qu'on se reverrait jamais, qu'il n'existerait rien en dehors de cette école. Parce qu'il faut être réaliste... j'ai regardé où c'était Norwich, sur une carte... et on aurait eu aucune chance de se recroiser un jour. Oh, peut-être qu'on aurait échangé trois lettres histoire de et puis... et puis il aurait repris sa vie le plus normalement du monde, comme avant que j'arrive. Sûrement que je préférais m'éviter ça aussi... L'attente désespérée de nouvelles qui ne seraient jamais arrivées et l'agonie pénible d'une amitié trop récente pour supporter la distance.

Salut.

Dans la lumière, les poussières s'agitent. Je n'arrive pas à savoir si elles dansent ou si elles fuient. Les deux, peut-être. Coincées, elles aussi, quelque part entre le plaisir coupable de  sa visite et la douleur dont elle est l'origine. Je ne réponds pas. Je respire à peine.

Je, euh, j’ai entendu ce qui s’est passé, cette nuit.

Déjà... il n'aura même pas fallu une demi-journée pour que ça s'apprenne. Je n'ose pas imaginer ce qu'on raconte. Ça doit faire l'éloge de ma débilité, ricaner en imaginant comment ça s'est passé... Je sens mon cœur battre, même au travers de ma peluche. Petit, je disais qu'elle était vivante, elle aussi. Aujourd'hui, j'ai juste conscience de la chance qu'elle a de ne l'avoir jamais été.

Ça m’a fait peur, alors, et ben, j’ai décidé de passer te voir pour vérifier que, enfin, que tu allais bien. Tu vas bien ?

Ses premiers mots ravivent une culpabilité toujours plus étouffante, les derniers font naître un agacement qu'il m'a jamais inspiré. Est-ce qu'il croit sérieusement que je serais là si j'allais bien ? Que j'aurais été assez désespéré pour tenter n'importe quoi dans l'espoir de me barrer ? Que j'aurais passé ma vie à dire que c'était le cas, que j'allais bien ?! J'aurais fait en sorte de le prouver, de les rassurer, je me serais pas contenté de balancer des phrases vides dans l'espoir que ça fasse illusion ! Mais il faut croire que ça a marché... qu'aux yeux du monde, j'allais vraiment bien. C'est ma faute, je sais bien, mais je leur en veux de s'être contentés de si peu... Lui, Harriet... même Blaze ou Monsieur Armitage... Autour du corps mou de Gus, les doigts blanchissent tant je me crispe. Le silence s'installe. Je suppose qu'il va partir. Après tout, si je dors... Je me déteste de faire ça mais je n'ai pas envie d'avoir à faire semblant une fois de plus, à prétendre que tout n'est pas si pire alors qu'il n'y a littéralement plus rien à quoi me raccrocher. J'ai souvent regretté d'être venu à Poudlard mais je ne l'ai jamais regretté à ce point-là. Il n'y a plus de bruit, les poussières continuent de s'agiter. Il ne part pas. Il ne bouge pas.

J-j’avais prévu de t’offrir des chocogrenouilles et un sachet de Fizwizbiz au chocolat plus tard dans la journée. Mais autant que je te les donne tout de suite.

Ma gorge se noue brusquement, j'étouffe un couinement pathétique. Sa gentillesse désintéressée est douloureuse. Elle me fait me sentir plus mal encore. J'allais l'abandonner sans un regard, sans un mot et lui il... il ne change pas. Il ne me déteste pas. Il est là, à côté de moi, à faire la conversation tout seul parce que je suis assez dégueulasse pour ne pas lui répondre... L'air se fait rare, toute cette lumière me donne la nausée. Si lui ne le fait pas, moi, je me déteste.

Tu sais, y a des antioxydants dans le chocolat noir, c’est une molécule reconnue contre les inflammations. Ça prévient aussi les problèmes cardio-vasculaires. Et puis, le sucre donne un petit coup de boost. J’espère que ça t’aidera à te remettre en forme.

J'espère que ça t'aidera à te remettre en forme... Je ne le mérite pas. Vraiment. Je me suis jamais vraiment posé la question, ça a toujours été presque normal, presque évident... mais finalement, c'était injuste. Je ne mérite pas d'avoir un ami comme Charles Ehrlich. Les yeux plus brillants qu'ils ne le devraient, je consens enfin à bouger. Le lit grince. J'essaye de planquer Gus sous la couette mais j'imagine que c'est raté et je finis par lui faire face après ce qui semble être une éternité d'un monologue à son image. Maladroit, attentionné, rassurant. D'une bonté sans égale, d'une simplicité très douce... Mon regard s'attarde une seconde sur son visage – la boule dans ma gorge se fait plus grosse – avant de fuir lâchement.

Merci, j'entends à peine le son de ma propre voix tellement elle est faible. Tu... t-t'aurais pas dû, je...

Je le mérite pas... mais c'est si évident que ça ne passe même pas mes lèvres. Les yeux rivés sur mes mains posées sur la bosse que fait mon crocodile sous les draps, j'observe les ombres qui se dessinent sur le côté. Son ombre. Une forme floue, indistincte, presque rien... mais que j'aurais pu redessiner dans les moindres détails tant il me semble familier. ...enfin... il me le semblait. Aujourd'hui, je n'en suis plus si sûr. J'ai l'impression qu'un fossé nous sépare. Qu'il est loin le temps où il était étalé sur mon lit comme si c'était une place qu'il avait l'habitude d'occuper ! Qu'elle est loin l'intimité naturelle qu'on parvenait à partager ! Aujourd'hui, je ne sais même pas quoi lui dire... Même après Noël, c'était plus simple... parce que c'était pas grave, c'était juste un instinct débile, une trouille un peu trop prononcée, c'était des choses qu'il pouvait comprendre, des choses que je pouvais me faire pardonner. Ça arrive à tout le monde de flipper, c'était maladroit mais je pouvais lui expliquer... Alors que là...? « Pardon d'avoir voulu partir sans te le dire en sachant pertinemment qu'on se reparlerait jamais après ça » ? « Pardon d'avoir mis tout le monde dans la confidence sauf toi parce que je savais très bien que t'aurais pu me faire changer d'avis » ? « Pardon d'avoir espéré que tu t'attarderais pas à côté de ce lit pourri pour éviter d'avoir à supporter cette distance que j'ai créée » ? Je suis fatigué. Mes pensées m'épuisent. Cette journée, cette vie, tout.

Si on te voit là, tu vas avoir des ennuis et...

Et ça n'en vaut pas la peine... Il voulait s'assurer que j'allais bien, c'est bon, il a vu que c'était le cas, qu'il ne s'attarde pas... Pourtant, il n'y a rien que je veux moins que de le voir faire demi-tour. Rien que de l'imaginer s'éloigner et disparaître dans le couloir, mon cœur s'emballe. Des jours qu'on s'aperçoit à peine, qu'on n'a pas échangé plus d'un « salut » expéditif et interdit... Il m'a manqué. Et aujourd'hui, alors qu'il est juste là, il me manque encore plus.

Je... je... J'aimerais lui dire que je vais bien mais je n'arrive pas à lui mentir en face à face, pas alors que l'inquiétude l'a poussé à venir me voir, pas alors qu'il a même pas passé ses nerfs sur moi en me rappelant combien j'ai été stupide et égoïste... Miss Gray a dit que je pourrai sûrement sortir ce soir, c'est que ça va pas si mal que ça.

Je me risque à lui adresser un sourire mais, même sans le voir, je sais qu'il est plus triste qu'autre chose et qu'il ne sauve pas la moindre apparence. Si. Ça va si mal que ça. Parce que je suis là, parce que je vais sortir, parce que c'est le même quotidien insupportable qui m'attend... Mais on s'en fiche. J'aurais toute la journée pour pleurnicher sur mon sort.

T-tu devrais y aller...

La fin se coince et se barre dans un aigu pitoyable qui semble plutôt le supplier de rester au lieu de l'inciter à partir... Pourtant, il faudrait qu'il y aille. J'ose à peine imaginer si un membre de la brigade ou Sørensen lui-même venait qu'à le voir parler à un grade acier...
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Charles T. Ehrlich

Charles T. Ehrlich



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Hold me now ‘til the fear is leaving
Charles ne se considérait plus comme foncièrement croyant. Tout au plus empreint d’une éducation catholique, au mieux touché des atmosphères suspendues dans les églises - l’odeur d'encens après la messe, les éclats des vitraux sur le sol, la délicate sévérité des peintures. Il ne priait plus, il n’espérait même plus et en réalité, il ignorait comment il avait pu passer tous ses dimanches, par le passé, à appeler une présence qui n'avait en fin de compte jamais daigné l’écouter. Si tout ce temps pieusement passé sur les bancs entre les nefs lui semblait perdu en vain, Charles se satisfaisait au moins des valeurs qui lui avaient ainsi été inculquées. Outre la patience, outre l’humilité, il chérissait la notion de miracle qui pouvait prendre forme jusque dans les plus petits détails du quotidien. Beaucoup pensaient à tort que le miracle ne revêtait qu’un contour prodigieux, rare, sacré. Mais lui savait qu’il pouvait aussi s’agir de douces surprises, de rencontres fortuites, d’évènements hasardeux. C’était tout cela, un miracle, c’était aussi bien la réincarnation du Christ après sa mort, le recouvrement de la vue par un aveugle, que le lourd grincement du lit vétuste où Sidney reposait. C’étaient ses prunelles qui, après de pesantes secondes de silence, après de voraces inquiétudes sur son état, croisaient enfin les siennes. C’était la poussière virevoltante qui brillait sous les rayons du soleil, emplissant l’espace de paillettes rendant honneur à l’éclat qu’avait perdu le visage de son ami. Charles esquissa un sourire face à ce précieux moment qui, déjà, s’essoufla dans le regard qui se soustraya au sien - mais le Poufsouffle ne s’en formalisa guère. C’était le propre des miracles - intenses, fragiles, brefs. “Merci. Tu... t-t'aurais pas dû, je…” Le jeune homme ne termina pas sa phrase que Charles chassa de toute façon d’un hochement de tête. Bien sûr que si, il aurait dû. Il aurait même dû plus tôt. Il aurait dû s’inquiéter davantage, lire entre les lignes, deviner tout ce qui allait se passer. Il en voulait à Sidney, de ne pas lui avoir tout admis, mais il s’en voulait encore plus à lui-même de ne pas avoir vu les signes. Il se pensait observateur et s’était au contraire complu dans les apparences. Résolument, il aurait dû en faire plus, plutôt que de se contenter d’une brève correspondance avec Harriet, de l’achat de quelques friandises, de toutes ces futilités qui ne pouvaient rien face à l’abysse du mal-être du garçon. “Si on te voit là, tu vas avoir des ennuis et…” A nouveau, Charles hocha lentement la tête, réfutant les propos du Serdaigle. Au diable, ce règlement, au diable, ces consignes. Il n’y avait jamais été favorable, mais par crainte, ou par résilience, il s’y était plié. Le confort de son obéissance lui avait permis de tenir sans trop se poser davantage de questions, si bien qu’il avait avancé au cours de l’année avec une discipline sans faille. Pas le moindre débordement sur le couvre-feu, pas la moindre vague, pas la moindre tentative de rébellion. Même ses participations au rendez-vous de la cabane hurlante puis à la table ronde étaient demeurées muettes, même le départ d’Hilary n’avait suscité en lui aucun soubresaut de désapprobation. Mais à présent que le système avait touché à la dernière personne qui comptait réellement, l’isolant de lui, le vidant de son énergie, le jetant dans un lac glacial, Charles comprenait avoir atteint la limite de son indulgence. Il n’était même plus question d’avoir peur des représailles, car de toute évidence, rien ne serait pire que de contempler l’absence de Sidney. On pouvait l’affliger des pires ennuis - il ne tolèrerait plus la dangerosité de ces mesures.

Peut-être aurait-il dû exprimer le fourmillement de ses pensées, souligner combien il se sentait coupable de l’avoir abandonné de la sorte, hurler que plus jamais il ne se soucierait des règles de cette école de malheur, mais plus encore que la véhémence de ses émotions, la force du chagrin qui voilait le visage de Sidney le paralysait sur son tabouret, scellant ses lèvres d’une tristesse qui se reflétait jusque dans son regard brillant. Ce n’était pas à lui de parler, de faire le point sur ses émotions, d’indiquer tout ce qui n’allait pas. C’était bien Sidney qui avait risqué sa vie, cette nuit. Le traumatisme de l’expérience qu’il venait de vivre réverbérait un profond mal-être qu’il devait expier. Le seul fait qu’il prenne la parole était émouvant, dans la mesure où Charles ne s’était même pas attendu à ce qu’il ait envie de parler. Et il ne convenait donc certainement pas de l’interrompre, surtout pas après tous ces silences lourds de sens que Charles n’avait pas été en mesure d’entendre. “Je... je... Miss Gray a dit que je pourrai sûrement sortir ce soir, c'est que ça va pas si mal que ça.” Maintenant qu’ils conversaient en face à face, à découvert, loin de l’abri conféré par l’écriture, Charles s’aperçut combien il avait été sot de se contenter de ses mots. De fait, en dépit de la tonalité qui se voulait assurée de sa voix, Sidney dégageait un désarroi qui se reflétait jusque dans son sourire. Charles voulut le lui rendre, au lieu de quoi il ne parvint qu’à esquisser la même grimace d’affliction. Mensonges. Ca n’allait pas du tout, même s’il avait survécu. C’était d’une évidence telle, désormais. Aussi eut-il envie de riposter, assurant frontalement à Sidney que non, rien de tout cela n’allait, que ce n’était pas parce qu’il était en capacité physique de quitter l’infirmerie qu’il était en état mental de retourner dans ce château, qu’il ne servait à rien de mentir, de lui mentir, qu’il le comprenait parfaitement et que cette solitude au fond de lui était partagée. Mais à nouveau, il n’en fit rien, restant obstinément silencieux, le regard ancré dans celui de son camarade. Il ne pouvait pas démentir, car il savait pertinemment que Sidney  aurait nié, en boucle, il lui aurait encore assuré que dans le fond, ce n’était pas grave. Ce mensonge ne fonctionnait pour personne, mais au moins, il permettait illusoirement de rendre cet instant plus doux, véritable accalmie dans la tempête de ces derniers jours. Mieux que le chocolat, les mensonges pansaient tous les maux. Alors, Charles continua de réprimer sa colère et sa peine, préférant un mutisme qui ne parlait qu’au travers de ses yeux embués. D’un geste sec,  il dénoua un peu sa cravate jaune qui l’oppressait davantage à mesure que sa gorge se nouait avant de poser ses coudes sur ses genoux, penché en avant pour mieux accueillir les confessions silencieuses de son ami. Qu’il continue à lui assurer que son état n’était pas dramatique. Il était prêt, désormais, à accueillir chaque résonance menteuse et à en mesurer l’impact. “T-tu devrais y aller…” “C’était Harriet et moi”, lâcha-t-il soudain. Il fut probablement aussi surpris que Sidney, ne s’attendant pas à élever la voix. Ses joues rosirent un instant alors qu’il détournait le regard, faisant mine de parfaitement maîtriser la situation alors même qu’il improvisait. “Enfin, ce que je veux dire, c’est que…” Aucune idée. Il n’avait clairement pas prévu de l’interrompre, et il se retrouvait désormais à court de mots. Reposant timidement son regard sur Sidney, qui attendait la suite, Charles se demanda ce qui lui avait pris, quand il devina la réponse sous les cernes du jeune homme, entre ses commissures tirées vers le bas, à l’abri du voile qui tapissait ses iris.

Il avait assisté, impuissant, à la déchéance de sa mère. Elle était morte en un éclair, sans qu’il ait pu avoir le temps d’identifier les signes avant-coureurs. Une violence qui avait implémenté en lui une lourde culpabilité ravivée maintenant que son seul ami avait nourri un désespoir invisible. Et il se contentait, encore une fois, de l’écouter ? Comme il avait tendu l’oreille aux dernières paroles rassurantes de sa mère avant qu’elle n’expire ? Combien de fois allait-il revivre cette même scène de fausse tendresse, à attendre sagement qu’on le congédie pour ensuite apprendre qu’il avait assisté à une dernière entrevue ? Non. Sidney lui avait proposé de partir, mais il en était tout bonnement hors de question, pas maintenant, pas comme ça. S’il ne pouvait pas le supplier de lui dire la vérité, alors, il pouvait au moins lui rappeler qu’il était là, qu’il resterait là, qu’il serait toujours là. “C’était une idée d’Harriet et moi, les chocolats” reprit-il alors, le regard encore fuyant, le ton peu assuré. “Elle s’inquiétait pour toi, elle aussi, alors on s’est dit qu’on pourrait essayer de rendre ton quotidien un peu meilleur. Ce sont que des friandises, mais… Mais on savait pas trop quoi faire d’autre.” Il se tut, se demandant comment mademoiselle Gray ne pouvait envisager d’ouvrir les fenêtres alors qu’il faisait une insupportable chaleur entre ces murs. “Tout ça pour dire qu’on est là pour toi. Et que moi, je m’en fiche d’avoir des ennuis. Cette école, c’est… Ce qui vous arrive, c’est injuste. J’aime pas te savoir dans cette situation, alors, peu importe ce que je risque. T’en vaux la peine.” Il se leva précipitamment, manquant d’étouffer de chaleur, afin de s’approcher de la vitre à côté du lit de Sidney. Il prit soin d’ouvrir suffisamment la fenêtre pour laisser glisser un peu d’air sur son visage brûlant sans pour autant risquer de faire pénétrer une brise dans la salle. Ce ne fut qu’après quelques secondes de répit, la sensation de fraîcheur de l’extérieur piquant la rougeur de ses joues, qu’il retrouva l’usage de la parole, les yeux perdus dans la paysage écossais qui s’étendait en contrebas. “Je suis content de savoir que ça va aller.” Sa voix s’était faite plus douce, comme enrobant de bienveillance le mensonge qui était de rigueur entre eux. Non, il ne pouvait pas aller contre le gré de Sidney et l’implorer d’admettre tout ce qui lui pesait, mais il pouvait résolument se montrer à son écoute et disponible à le soutenir. Refermant délicatement la fenêtre avant que l’infirmière ne le jette dehors pour son manque de discipline, il se tourna à nouveau vers Sidney, posant sa main gantée sur le rebord du lit. “Tu te sens comment ? Un peu reposé, quand même ?” fit-il sur le ton de la conversation, prêt à poursuivre cette mascarade aussi longtemps qu’il le faudrait pourvu que Sidney comprenne qu’il était là, pourvu que Sidney omette son emportement précédent. Il n’était pas certain d’avoir été entendu, à vrai dire, sa gorge s’était presque refermée en lui disant qu’il en valait la peine… Mais ses yeux brillaient encore. Difficile de faire mine qu’il ne s’inquiétait pas quand son corps entier reluisait de peur. Difficile de faire mine d’être à l’aise quand le Serdaigle lui-même était blotti, les traits serrés, dans un lit à l’infirmerie. Difficile d’être raisonné quand son cœur restait coincé sur le bord de ses lèvres, à la recherche de vérités qui ne parvenaient pas à sortir.
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Si j'avais vraiment dû m'attendre à ce que quelqu'un débarque ici, j'aurais imaginé que ce serait Harriet. Au moins pour me faire la morale et me rappeler à quel point je peux être un abruti fini... Parce qu'à elle aussi, je lui ai menti. Plus qu'à Charles, en vérité. Je lui ai dit que je ferais rien, juste pour qu'elle arrête de m'embêter. Et peut-être parce que, durant une seconde, j'ai vraiment cru que je ne le ferais pas. L'idée était pourrie et c'était même pas sûr que ça marche. Peut-être que j'étais pas aussi désespéré que ça pour tenter le coup alors que clairement, c'était voué à l'échec... Et bah si. Mais lui... Lui je sais pas. Dans un sens, je peux pas dire que ça m'étonne qu'il soit là, d'un autre, j'espérais qu'il n'y soit pas. Qu'il passe à côté de l'information, qu'il réalise pas à quel point je crains, qu'il m'évite la honte supplémentaire de me voir dans un état si lamentable. Parce qu'il faut être honnête : je le suis. Déjà d'habitude mais aujourd'hui encore plus. Et j'aurais voulu éviter de lui agiter sous le nez comme ça. Dans le fond, c'est bête, parce que les apparences, on s'en fout, je crois... Je veux dire... il m'a vu au bout de ma vie au point de le planter au milieu du Hall, il a eu l'occasion de mettre les pieds dans le cagibi foireux qui me sert de chambre, toutes les premières fois où on s'est croisés, il a dû se demander si j'avais déjà vu des gens dans ma vie tellement je parlais pas et que je savais pas comment réagir dès qu'il y avait quelqu'un... 'fin,  on doit plus être à ça près... mais quand même... Les choses avaient un peu changé. Ça allait en s'arrangeant. Et là... Le retour en arrière est brutal et même avec lui, je crois. Il y avait un semblant d'intimité, un brin de confiance, quelques confidences... Il n'y a plus rien. Sauf une distance toujours plus immense et le massacre pur et dur de ce qu'on avait réussi à tisser. Tout ça pourquoi ? Parce que je suis un crétin décérébré incapable de prendre sur lui trois secondes. Je me déteste de lui infliger tout ça autant que je me déteste de me l'infliger tout seul. Ça aurait été tellement plus simple si j'avais eu la bonne idée de ne jamais mettre les pieds dans cette école maudite !

Après un silence interminable, une ignorance cruelle qui n'en était même pas vraiment une en réalité, je me décide enfin à lui faire face... rien qu'une seconde avant de fuir son attention comme si ça pouvait encore changer un truc... à lui répondre en espérant lui faire comprendre qu'il n'a rien à faire là, que c'est une mauvaise idée, qu'il risque trop gros pour ce qu'il a à en tirer. Et puis, égoïstement... j'ai pas envie d'avoir à faire semblant aujourd'hui. ...pas envie d'avoir à mentir non plus. Je veux juste rester terré là jusqu'à ce que l'infirmière me mette dehors. Essayer de négocier une nuit de plus, une semaine, deux mois peut-être... J'ai pas le courage de prétendre que je vais bien, que je m'en remettrai, que ça passera. Parce que je me fais pas d'illusion : ça ira mieux quand je quitterai l'école... et sûrement le monde magique dans son entier. J'ai pas ma place ici, je l'aurai jamais et j'aurais dû le remarquer plus tôt. Faire forcing à Noël pour rentrer, quitte à supplier Aida de voir avec Maman pour que je reste chez elle, ou Miles pour qu'il vienne me chercher à la gare et me fasse transplaner jusqu'à Rochdale même sans l'accord de qui que ce soit. Sûrement que j'aurais pu... Mais je voulais faire ça bien, décevoir personne. Ils avaient tous l'air tellement contents que je retrouve enfin une vie normale que... Tu parles ! Y'a jamais rien eu de normal dans la vie que j'ai réussi à récupérer ici ! Rien ! Tout ce que j'obtiens de Charles, c'est quelques hochements de tête silencieux, le rejet de ce que je peux bien lui balancer. Ça me met mal à l'aise. On s'est toujours beaucoup ressemblé, je crois, c'est pour ça qu'on s'entend bien, dans le fond, alors ses silences n'ont jamais été un problème... Au contraire. Ça a toujours été rassurant, on s'est jamais moins compris pour autant... enfin, j'imagine... Mais là... Je n'arrive pas à savoir quoi en faire. J'ai l'impression de monologuer, je déteste ça. De parler dans le vide peut-être aussi. De faire quelque chose qui me demande un effort énorme pour pas grand chose. Du coin de l'oeil, je le vois desserrer sa cravate. Il n'a pas pas l'air très bien... si ? Je sais pas trop... Je sais plus. C'est sûrement la personne dont je me suis toujours senti le plus proche dans ce château, celle que j'avais l'impression de comprendre le mieux... mais, à cet instant précis, je serais face à un inconnu que ça ne changerait sûrement pas grand chose. Sous la couette, mes doigts retrouvent machinalement la gueule édentée de Gus et s'y glissent dans un geste instinctif. C'est un cauchemar. J'ose même pas poser franchement les yeux sur lui. Je suis perdu. C'est comme si les dernières choses rassurantes de cette existence foireuse sont en train de me lâcher aussi. Alors je tente le tout pour le tout et essaye de le pousser vers la sortie. Je m'en veux de faire ça mais d'un côté, je me dis que c'est mieux pour lui. Ça lui évitera des ennuis. Et puis ce serait sûrement mieux pour moi aussi. Ça m'évitera des désillusions. Mais au lieu d'acquiescer aussi silencieusement qu'il a repoussé tout le reste, le son de sa voix me prend de court :

C’était Harriet et moi.

Je relève maladroitement les yeux vers lui. La surprise est là. Je ne comprends pas. Son attention à lui s'est fait la malle.

Enfin, ce que je veux dire, c’est que…

Et le silence retombe. J'ai l'impression que je ne saurais jamais ce qu'il a voulu dire. Ce qu'Harriet vient faire dans cette conversation. Ce dont ils sont à l'origine. Mon regard s'accroche au sien mais je suis incapable d'y lire quoi que ce soit. Peut-être que je ne le veux pas vraiment non plus, je sais pas...

C’était une idée d’Harriet et moi, les chocolats. Elle s’inquiétait pour toi, elle aussi, alors on s’est dit qu’on pourrait essayer de rendre ton quotidien un peu meilleur. Ce sont que des friandises, mais… Mais on savait pas trop quoi faire d’autre.
Oh... Je... je lui dirai merci aussi, alors...

Mais c'est un souffle si faible qu'il est sûrement assassiné par le bruit vague de Poudlard qui continue de vivre autour de nous. Je ne savais pas qu'ils se connaissaient. Je les ai jamais vus ensemble, il en a toujours parlé comme de « mon amie », il me semble...  Quelque chose de flou qui laissait croire que c'était pas la sienne. Mais visiblement, les choses ont changé. Et derrière ce geste adorable, cette inquiétude qui l'est tout autant, je vois surtout la vie qu'ils partagent et dont je ne fais pas partie. C'est bête parce qu'en soi, ils font ce qu'ils veulent et puis c'est cool s'ils s'entendent bien, je suis certain que ce sont les deux personnes les plus gentilles du collège alors ils se seraient bien trouvés... mais ça ne fait que creuser un peu le fossé qui me sépare d'eux, maintenant. Ça fait que quelques semaines mais je suis sûrement passé à côté de plein d'autres trucs encore et sûrement que je passerai à côté d'un tas d'autres encore. Ça me fait de la peine. Plus que je l'aurais pensé... J'aurais donné cher pour pouvoir passer du temps avec eux deux... Mais autant se faire une raison tout de suite : c'est mort. Mon cœur bat un peu trop vite, il me fait un peu trop mal. La déception est grande, la tristesse aussi. J'ai l'impression d'avoir été... j'en sais rien... remplacé ? Alors que c'est stupide parce qu'il est là et qu'ils m'ont pas oublié et tout ce qu'on veut... mais c'est plus fort que moi. Là où j'aurais dû juste être content de voir qu'ils ont pensé à moi, j'ai du mal à donner le change et à prétendre que je le vis bien.

Tout ça pour dire qu’on est là pour toi. Et que moi, je m’en fiche d’avoir des ennuis. Cette école, c’est… Ce qui vous arrive, c’est injuste. J’aime pas te savoir dans cette situation, alors, peu importe ce que je risque.

J'ouvre la bouche pour lui rappeler que je m'en fiche pas, que ce serait stupide de faire exprès d'avoir des ennuis maintenant alors que c'est bientôt la fin de l'année et qu'il y a échappé jusque là... et que dans le fond c'est pas si pire, c'est juste moi le problème, les autres le vivent... pas bien mais ça va j'ai l'impression. C'est de la faute de personnes si je suis une petite chose fragile qui exagère le moindre truc au point d'en faire une montagne. Il faut pas qu'il s'inquiète... enfin qu'ils s'inquiètent... il reste que deux mois, je survivrai. Mais j'ai même pas le temps de prononcer le moindre mot qu'il reprend déjà :

T’en vaux la peine.

Le monde s'arrête de tourner. Vraiment. Le silence qui suit est tellement bruyant que j'en suis sonné. Je reste là, idiot, la bouche entrouverte, les mots accrochés aux lèvres, à le fixer sans vraiment le voir. Je ne vaux pas la peine d'avoir des ennuis, non... C'est un fait. Je veux dire, c'est même pas négociable. Je lui ai menti, je lui ai rien dit... alors c'est évident. Mais en même temps... Ma gorge se serre un peu plus, c'est comme si des milliers d'aiguilles s'y étaient installées. Et puis d'un coup, il bondit de sa chaise. Mon souffle se suspend machinalement. Je me dis qu'il va partir. C'est ce qu'il y a de plus logique. C'est ce que j'aurais fait à sa place en me rendant compte de la bêtise qu'il a dit. Durant une seconde, peut-être que j'espère qu'il va juste assassiner la distance et venir s'installer sur mon lit, comme dans ma chambre... mais rien de tout ça. À la place il se rue sur la fenêtre. Je suis chacun de ses mouvements, incapable d'en détacher les yeux. Est-ce qu'il le pense vraiment...? Je ne suis pas sûr que quelqu'un m'ait dit un truc comme ça un jour. C'est pas grave, hein, je l'ai toujours bien vécu, enfin ça m'a jamais manqué... mais ça fait drôle. Je ne sais pas comment réagir. Je réagis même pas. Et il n'a pas l'air de savoir mieux que moi.

Je suis content de savoir que ça va aller.

Le monde reprend sa course et moi je me contente de hocher la tête en détournant les yeux, gêné de ce nouveau mensonge qu'il me rebalance à la figure. Je sais très bien que c'est pas vrai, que ça va pas aller... et sûrement qu'il le sait un peu aussi. Qu'il s'en doute en tout cas. Hier matin, après l'interrogatoire, on aurait pu dire que ça allait aller. C'était juste une crise de panique, le stress causé par le Ministère, tout ça... mais là... Je veux dire... je savais que ça allait rater. Ou, en tout cas, je m'en doutais très fort. C'est même moi qui ai mentionné la barrière, tout ça. C'était évident... Le seul fait d'avoir essayé quand même...

Tu te sens comment ? Un peu reposé, quand même ?

Non. Je suis épuisé. Littéralement. À bout. Je ne sais même pas comment je vais réussir à reprendre le chemin des salles de classe, demain, celui du dortoir, ce soir. Je me sens pris au piège, abandonné de tous les côtés. Je ne sais pas à quoi me raccrocher. À rien sûrement. Les mois qui me restent à tenir m'ont l'air d'une éternité. Pourtant, le cœur lourd de culpabilité, je hoche la tête. On s'en fiche de la vérité. Il a dit que je valais la peine d'avoir des ennuis alors je veux pas lui donner de raison d'en avoir. Si je vais bien, il s'attardera pas. Alors je vais bien. C'est exactement pour ça que j'aurais préféré qu'il ne vienne pas : ne pas avoir à faire semblant, éviter d'avoir à mentir. Je ne remarque même pas son regard posé sur moi ni sa main abandonnée sur mon lit... Tout ce que je parviens à faire, c'est ramener maladroitement mes jambes contre moi. Je sens Gus coincé contre mon torse, les souvenirs de la salle de bain remontent malgré moi. Mon ventre se noue, la nausée revient doucement. Je tire sur sa queue pour le poser à côté... et sans dire que ça va mieux, c'est moins pire.

Je suis désolé... pour hier. Je pensais qu'on aurait le temps de... enfin... au moins un peu... Et puis je voulais t'attendre mais...

Je hausse les épaules dans un geste vague, sans trop savoir ce que ça veut dire... ce que je veux dire... Ni même vraiment pourquoi je m'excuse. J'y suis pour rien si on s'est retrouvés juste au moment où c'était mon tour. C'est pas comme si j'avais fait exprès ou que j'avais pu contrôler quoi que ce soit... Mais quand même... Il est venu en avance juste pour ça et moi je l'ai planté devant la porte en moins de deux... et j'ai même pas regardé s'il y était encore, j'ai même  pas attendu qu'il en ressorte...

Ça a été...?

C'est sûrement le pire changement de sujet possible, parce que c'est un que j'ai aucune envie d'aborder de mon côté... mais j'ai rien d'autre. J'aurais voulu retrouver des choses agréables, comme la dernière fois, parler de bouquins qu'il aime bien ou l'écouter m'expliquer d'obscures machins d'astronomie... Mais ça me semble tellement loin que ça me vient même pas. Alors tant pis, j'imagine que ça c'est toujours mieux que le silence... enfin... j'espère.
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Charles T. Ehrlich

Charles T. Ehrlich



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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyDim 22 Mai - 15:13

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Hold me now ‘til the fear is leaving
Si Charles était incertain sur de nombreuses choses de la vie et en particulier sur les comportements sociaux, il était en revanche sûr de connaître les codes de politesse, à commencer par la base de ceux-ci : le remerciement. Merci de m’avoir tenu la porte alors que j’étais derrière toi. Merci pour ton cadeau. Merci de ton aide sur ce devoir difficile qui m’a pris la tête toute la nuit. En revanche, merci d’avoir trouvé une pitoyable idée, à savoir des chocolats de mauvaise qualité, pour me faire oublier que je suis enfermé avec des camarades que je n’apprécie pas en raison d’un classement scolaire totalement arbitraire et dangereux qui m’a poussé à jouer ma vie sur un radeau de fortune, ne faisait clairement pas partie de sa définition des remerciements. Aussi Charles demeura-t-il silencieux à la remarque de Sidney qui promettait une attention à Harriett pour sa participation à ces friandises. Sa réaction était lunaire, peut-être autant que la sienne. Sidney jouait la carte de la courtoisie et de la pudeur en étant allité à la suite d’une violente réaction de désespoir. Lui-même se contentait de se montrer disponible en étant sauvagement déchiré d’inquiétude et d’impuissance. Charles ignorait quelles réactions auraient pu être davantage appropriées, mais il demeurait intimement convaincu que ces échanges retenus, ces conversations futiles n’étaient pas à la hauteur de ce qu’il ressentait et de ce qu’il avait envie de démontrer. Pire ; c’était pathétique par rapport à son envie de crier sur Sidney pour son imprudence et sur leur Directeur pour sa cruauté. Peut-être par défaillance sous toute cette pression intérieure qui le faisait bouillonner jusque dans ses membres et ses joues rouges, il se laissa emporter dans une confession qui le fit bondir sur ses pieds à la recherche d’un peu d’air. Sidney ne releva pas. Cette absence de réaction le réconforta autant qu’elle le blessa, dans l’intimité du faible égo qu’il avait. D’un côté, il n’attendait aucune  réponse à cette ridicule déclaration d’attachement qu’il n’avait guère anticipée. Cette dernière lui avait simplement échappé dans un soubresaut de peur de le perdre, un chuchotement honteux qui aurait mieux fait de rester de l’ordre du secret, mieux, de l’inconscient, plutôt que de se promener effrontément entre eux. De l’autre, Charles avait espéré un renchérissement, ou au moins un mot, un seul mot, pour entendre que ses sentiments étaient réciproques. Une confirmation que lui aussi était important en sa qualité d’ami, un assentiment qui aurait partagé cette affection au lieu de lui en laisser le poids tout seul. Le Poufsouffle n’avait résolument pas les épaules pour toute cette situation ; ni pour le désarroi de Sidney qui reluisait jusque dans son regard fuyant, ni pour la force de leur lien qui semblait s’être brutalement intensifiée maintenant que son coeur battait la chamade à l’idée qu’il disparaisse.

Heureusement, dehors, l’air était frais. Une délicate  brise pour l’ardeur de ses pensées. Il s’enlisa un peu plus profondément dans les mensonges, cherchant aussi bien à entretenir l’illusion de tranquillité qui flottait dans l’infirmerie qu’à couvrir l’excès de sa réaction précédente, en affirmant qu’il était content de le savoir en forme. Charles n’était guère satisfait de le voir aussi meurtri, Sidney n’était nullement en meilleure santé. Le mal qui le rongeait était beaucoup plus insidieux, se reflétant partout dans ses traits tirés qu’il décida d’ignorer pour se concentrer sur son regard, la main posée sur son lit. L’observer, c’était encore ce qu’il y avait de mieux à faire. Le Serdaigle pouvait encore lui mentir ; il lirait dans ses prunelles tout ce qu’il s’obstinait à taire. Et justement, le jeune homme contourna sa question en faveur d’excuses que Charles balaya d’un hochement de tête. “Peu importe” répondit-il après un instant de silence, resserrant ses doigts autour du rebord du lit. “Enfin, moi aussi je pensais qu’on aurait plus de temps, mais c’est comme ça. C’était pas ta faute. C’était le contexte.” Quel maudit contexte. Une école à feu et à sang, littéralement, où deux camps extrêmes émergeaient, plongeant tous les élèves dans des travers qui avaient conduit le Ministère lui-même à intervenir. C’était une absurdité sans nom qui l’avait rebellé dès l’annonce de leur Directeur en début d’année et qui désormais, lui donnait presque la nausée. Encore combien de nouvelles mesures grotesques, combien de décisions tordues qui affectaient la santé mentale de chacun ? Un élève venait de risquer sa vie pour fuir. Pas n’importe lequel - son meilleur ami. Hilary était partie en cours d’année, laissant un vide monstrueux dans son quotidien, qui s’était progressivement rempli de la silencieuse présence de Sidney. Il était là, à ses côtés, sans un bruit, sans excès. Juste lui et la paix qu’il apportait dans le chaos d’un quotidien effréné. Sans s’imposer, le jeune homme avait su prendre une place prépondérante dans sa vie à Poudlard, si bien que maintenant qu’il avait été isolé avec les autres grades bronzes, il lui semblait souffrir de solitude. Oh certes, il avait toujours été seul par le passé - mais pour une fois, il n’avait pas choisi cette situation qui lui était de fait inconfortable. Il s’était habitué à l’ombre légère qui le suivait, mieux, il s’était complu à trouver un reflet au sien qui avait toujours été esseulé dans les miroirs du château. Que faire maintenant que ses contemplations ne relevaient plus la familiarité de ses traits ? Comment tenir ce trou vorace qu’avait laissé son absence et, Seigneur, comment supporter la perspective que cette lacune s’étire encore et encore sans jamais plus être cousue ? Sidney avait frôlé la mort, cette nuit. Et avec lui se serait rembobiné le fil d’Ariane qui le retenait encore à la raison. “Oui, ç’a été.” Encore une fois, il se retrouva paralysé par la force de ses émotions, retenu en arrière, incapable de laisser filer ses préoccupations. Il répondit ce que Sidney attendait, une diversion dans toute cette pagaille, un prétexte pour ignorer leur bancalité. Il avait affreusement honte de son comportement, comme en témoignaient ses commissures de lèvres retroussées, comme le soulignaient ses prunelles baissées sur sa main. “Je leur ai dit combien la situation était tendue, ici, et que le coupable pouvait tout aussi bien être quelqu’un d’inattendu. Comme dans les livres” conclut-il dans un chuchotement. Il en revenait toujours à ses lectures, ou à quoi que ce soit de connu, pour mieux se raccrocher à un domaine qu’il maîtrisait et ainsi survivre à la tempête qui le remuait. Charles n’était pas courageux et s’il avait cru pouvoir soutenir Sidney en se précipitant jusqu’ici, il lui sembla désormais n’être qu’un insupportable lâche qui ne méritait pas de perturber son repos.

Aussi releva-t-il son regard sur lui sans rien ajouter un long moment. Il finit par tirer le tabouret qu’il avait laissé derrière lui pour s’y rasseoir, la main toujours sur les draps de Sidney sans autre but que celui de s'accrocher fermement à la literie. Peut-être aurait-il dû profiter de ces quelques minutes de suspension pour exposer clairement la raison de sa présence ; lui dire qu’il était là et qu’il était prêt à écouter tout ce qu’il avait sur le cœur ; laisser aller tous les mots qu’il retenait par pudeur et par lâcheté. Au lieu de quoi, il resta ainsi à fixer son ami dans les yeux, incapable de fléchir à son besoin de parler. Il avait déjà risqué une approche qui avait aussitôt échoué, le laissant transpirant de chaleur à la fenêtre sans que la situation ne s’améliore le moins du monde. Il avait déjà tenté quelque chose, après tout - et s’il s’était senti obligé d’agir pour ne pas risquer le regret de l’inaction qui le consumait à la suite de la déchéance de sa mère, il finit par se résoudre à embrasser à nouveau son impuissance.  C’était tellement plus confortable que la situation dans laquelle ils se noyaient. Rester là sans rien dire était pathétique, mais demeurait au moins une option qu’il connaissait, sans craindre de se ridiculiser encore une fois. Et s’il devait définitivement perdre Sidney, que ce soit par une nouvelle tentative de fugue de sa part ou par une énième offensive de leur Directeur, au moins se consolerait-il en ayant profité du mieux qu’il le pouvait de sa personne comme il l’avait toujours fait. En silence, en légèreté, en tendresse. “La bonne nouvelle, c’est que l’année scolaire touche à sa fin. On va pouvoir rentrer chez nous, loin de cette école de malheur… Et peut-être qu’avec l’été, Sørensen se calmera et remettra les compteurs à zéro pour la rentrée. C’est certain, même. Comme ça, on pourra à nouveau traîner ensemble.” Il en était convaincu. Leur Directeur était un monstre, mais demeurait raisonnable, comme tous les hommes de sa stature ; il ne pouvait diplomatiquement pas s’acharner de la sorte sans offrir l’occasion à chacun de repartir de zéro. Et si Charles redoutait l’idée que Sidney ne se présente pas à la rentrée l’année suivante, il s’agissait toutefois de son seul espoir. C’était un affreux pari et les statistiques de réussite étaient somme toute très faibles - tous les signaux indiquaient clairement la volonté de Sidney de ne plus jamais remettre ses pieds à Poudlard - mais il comptait bien réunir toutes ses maigres chances. Et s’il n’était pas fichu de s’exprimer clairement, il savait au moins utiliser un stylo. “Je t’écrirai, pendant les vacances. Bon, peut-être pas avec un ensorcellement, mais la Poste, ça reste encore assez fiable… Et puis, peut-être qu’on pourrait essayer de se voir aussi, si ça te dit.” Une promesse en l’air, à n’en pas douter. Ça ne fonctionnait jamais - on se dit toujours à bientôt pour tapir des adieux trop difficiles. Néanmoins, c’était la seule solution qu’il avait trouvée pour assurer son soutien à Sidney ; lui parler d’avenir, de suite, de présence infaillible. Certes, il était peut-être en train de trembler sur son tabouret, à ne pas savoir comment gérer pareille situation… Mais il savait au fond de lui qu’il ne faillirait pas à la tâche. Aussi misérable soit-il, il resterait là pour lui.
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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyDim 22 Mai - 17:04

Hold me now 'til the fear is leaving
un naufrage de plus
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Ses mots résonnent entre nous bien après qu'il les a prononcés. J'en vaux la peine. Bien sûr, je le crois pas mais qu'il ait pu le penser rien qu'une seconde me touche plus que j'aurais pu l'imaginer. Ça fait du bien, aussi, je crois. C'est parfaitement égoïste parce que pour lui ce serait la pire chose du monde mais pour moi... Je suis incapable de savoir comment réagir, juste là, plus bête que d'habitude, les neurones en plein bug et trop de pensées parasites pour réussir à m'en débarrasser. Il pense que j'en vaux la peine... Et avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit – je n'ai pas la moindre idée de ce que ça aurait pu être, j'aurais dû improviser, faire avec les maigres moyens du bord, je sais pas – l'occasion disparaît et on passe à autre chose. Je m'en veux. Un peu. D'un autre côté, je me dis que c'est pas plus mal. Vu sa réaction, je suis pas sûr qu'en rajouter une couche aurait été l'idée du siècle... comme si, aujourd'hui, après avoir failli me noyer dans le lac comme le dernier des demeurés, je suis en état de décider de ce qu'est « l'idée du siècle »... L'atmosphère m'a l'air plus tendue encore après. C'est la première fois que sa présence me gêne, que tout n'est pas que tranquillité et évidence. Parce que dans le fond, c'est un peu ça avec lui... Il n'y a pas eu ces moments de panique, cette sociabilité qui pose problème, l'envie de disparaître pour éviter d'avoir à faire la conversation... combien de fois je suis entré dans les toilettes en espérant qu'il y serait, juste pour profiter d'une présence silencieuse...? Même sans rien savoir, pas même son nom, il avait déjà quelque chose de rassurant. Et ça a duré même quand le silence nous a abandonné. Mais là... sans être relégué au même rang que le reste du monde, il y a quelque chose de différent, quelque chose qui nous rappelle que c'est plus vraiment comme avant. Et ça me fait de la peine. S'il y a une chose que j'aurais voulu garder d'ici en partant, c'est son amitié. Mais je sais que c'est pas réaliste. Je veux dire... entre les mois où on s'est pas adressés la parole après Noël et ceux où on a plus le droit de se voir, si on s'est côtoyés quatre mois, c'est un miracle... Et en quatre mois, on tisse pas une amitié assez solide pour supporter la distance... et des mondes différents. Mais en même temps... il est là.

Peu importe.

L'espèce de froideur qui se dégage de ces deux mots me laisse honteux. Oui, je sais, peu importe... mais j'essaye de continuer une discussion dont je ne veux pas avec quelqu'un qui j'ai pas envie à cet instant précis d'avoir à mes côtés et sans rajouter des raisons de lui mentir en plus... alors la marge de manœuvre est limitée. Si ça lui va pas, il a qu'à trouver mieux ! Ou à reprendre sa vie... Il doit bientôt avoir cours, non ? J'espère qu'il va pas arriver en retard ou qu'il projette pas de louper le premier pour me tenir compagnie. Durant une seconde, j'hésite à lui demander... mais je me ravise. Ça me regarde pas... mais je veux vraiment pas lui attirer d'ennuis.

Enfin, moi aussi je pensais qu’on aurait plus de temps, mais c’est comme ça. C’était pas ta faute. C’était le contexte.

Je me contente de hocher la tête sans y croire vraiment. C'était le contexte, pas ma faute... mais si j'avais pas été une petite chose fragile en panique totale pour trois questions, j'aurais pu attendre qu'il ressorte. Je dis pas qu'on aurait pu passer beaucoup de temps ensemble mais au moins quelques minutes... plus que juste le temps d'étouffer un bonjour désespéré quoi... Mais non. Même ça, j'ai réussi à le louper.

Oui, ç’a été. Je leur ai dit combien la situation était tendue, ici, et que le coupable pouvait tout aussi bien être quelqu’un d’inattendu. Comme dans les livres.

Ses derniers mots m'arrachent un sourire un peu triste. Oui, sûrement comme dans les livres... Quand je rentrerais à Rochdale, je lirai celui dont il parlait l'autre jour. J'ai griffonné le titre dans mon agenda pour pas oublier. J'ai jamais foutu les pieds à la bibliothèque, là-bas, mais j'imagine qu'ils doivent l'avoir, non ? Genre y'a tous les livres dans une bibliothèque...? J'ai l'impression que ça fait une éternité que ça s'est passé. C'est limite dans une autre vie, ça aussi. Je donnerai n'importe quoi pour revivre quelque chose de similaire. L'écouter raconter une histoire dont je me fiche un peu et me laisser bercer par l'enthousiasme surprenant de sa voix. Là, tout ce que j'y perçois, c'est une distance maladroite, des hésitations qui me dérangent. Le malaise, entre nous, est visible. Je me demande s'il sait ce qu'il fait là... Il doit tellement regretter d'être venu... La culpabilité se fait plus grande encore. Là où il se montre présent, moi, je suis juste l'ami le plus pourri qu'il pourrait avoir. Lui, Harriet, c'est la même. Je les mérite pas, ni l'un ni l'autre. Je suis beaucoup trop nul pour ça. Et sûrement qu'il est en train de s'en rendre compte... Le bruit des pieds du tabouret sur la pierre me fait sursauter. Sur le coup, je m'attends à ce qu'il le repousse pour passer et partir, ce qui serait logique... mais non, il l'attire plus près du lit et s'y réinstalle. Mon regard croise le sien et s'y accroche un instant. …un instant qui dure... Je n'ai même pas le courage de fuir à nouveau.

La bonne nouvelle, c’est que l’année scolaire touche à sa fin. On va pouvoir rentrer chez nous, loin de cette école de malheur…

Je hoche à nouveau la tête. C'est la meilleure des nouvelles, ça ! Bien sûr, j'appréhende la suite, le retour à une vie si cloisonnée qu'elle va en devenir étouffante... Je n'ai pas envie de renoncer à la liberté à laquelle j'ai goûté en arrivant ici, ni à l'impression d'avoir fait des vrais progrès sur un nombre incalculable de points – enfin, même si le rétropédalage est désespérant sur la plupart d'entre eux – et encore moins à cet entourage restreint mais parfait... Mais il faut se rendre à l'évidence : c'est plus possible. Une année de plus comme celle-là, je la supporterai pas. Je veux dire... y'a qu'à regarder ce que je suis devenu là pour savoir que j'arriverai pas au bout de la prochaine...

Et peut-être qu’avec l’été, Sørensen se calmera et remettra les compteurs à zéro pour la rentrée. C’est certain, même. Comme ça, on pourra à nouveau traîner ensemble.

Un poids tombe lourdement dans mon estomac alors que je reporte mon attention sur les draps. L'ombre de ses doigts me frappe, sa proximité aussi. Je n'avais pas remarqué, jusque là, que sans s'y installer il s'était rapproché. Je me sens bête, mais tellement bête ! J'aimerais continuer à hocher la tête, à le suivre dans ses rêveries d'un monde meilleur pour la rentrée qui arrive, faire des projets pour les mois à venir... Ça fait un an que j'ai envie de lui proposer de faire le tour du Lac en entier lors d'une sortie au village... ou envisager de participer pour de vrai à une soirée de l'école, pas fuir au bout de trois minutes... ou qu'il me montre sa chambre comme il a vu la mienne la dernière fois... Je suis sûr qu'on trouverait mille et une raisons de se voir... et qu'on en aurait même pas besoin dans le fond. Mais je sais que rien de tout ça n'arrivera jamais. Parce que l'année va se finir comme celle-là. Parce qu'on a pas le droit de se parler. Et parce que l'année prochaine, je serai loin et qu'il reprendra le cours de sa vie comme si je l'avais jamais traversée. Oh, peut-être qu'ils mentionneront mon nom, une fois de temps en temps, avec Harriet, au détour d'un souvenir quelconque et puis ils passeront à autre chose. Je suis au bout de ma vie rien que d'y penser.

Je t’écrirai, pendant les vacances. Bon, peut-être pas avec un ensorcellement, mais la Poste, ça reste encore assez fiable… Et puis, peut-être qu’on pourrait essayer de se voir aussi, si ça te dit.

Je me contente de hocher la tête, la gorge trop serrée pour répondre quoi que ce soit. Ça me dit, oui... mais je sais que ça serait juste repoussé la fin de quelques semaines. Parce qu'après ce sera quoi...? Une lettre ou deux histoire de tenir des promesses bancales et puis voilà...? On restera jamais en contact. Pas sur la durée. On aura plus grand chose à se dire, de toute façon... et puis il se fera d'autres amis avec qui discuter de tout et de rien... pendant que je retournerai moisir avec Maman... enfin, si elle m'a pas remplacé par sa super famille. Le silence retombe. Il n'y a que les battements désordonnés de mon cœur qui résonnent dans mes oreilles pour le briser. Il tape si fort que je serais pas étonné que Charles l'entende aussi. Je sais ce que je suis censé faire là maintenant tout de suite. Exactement ce que j'ai pas eu le courage de faire hier avant de partir. Être honnête. Rien que d'y penser, j'ai la nausée... Je me recroqueville un peu tout au bout de mon lit qui a l'air immense tout à coup. Je n'arrive pas à savoir si j'ai chaud ou si j'ai froid. J'ai envie de fuir, en tout cas, ça ça trompe pas. J'ai pas le droit d'être aussi dégueulasse deux fois. J'ai pas le droit de le laisser espérer qu'on se retrouvera ici l'an prochain et qu'on rattrapera le temps perdu. J'ai pas le droit de rien dire et de le laisser me chercher ici en Septembre avant de comprendre que je l'ai abandonné. Enfin... c'est pas vraiment un abandon... on s'est rien promis... on... Si. C'est un abandon. Si je me tire sans rien dire, j'aurais beau me trouver toutes les excuses du monde ce sera rien d'autre. Et il mérite pas ça. En même temps, il méritait mieux que moi.

J-je vais pas revenir, j'avoue enfin dans un effort surhumain.

Ma gorge est si serrée que le moindre mot devient douloureux. Je me sens vide. C'est la première fois que je le dis haut et fort, que ma décision est claire. Qu'elle est officielle... Je ne reviendrai pas. C'est l'aveu d'un échec cuisant, de mon incapacité à être un ado normal. C'est tout ce que j'ai espéré pendant des mois avant de venir qui m'échappe définitivement, toutes les petites victoires qui meurent devant cette écrasante défaite. J'ai honte de reconnaître ça. Ça fait pitié. Blaze a raison : je suis une espèce de petit truc qui subit sans pouvoir se défendre... une petite chose faible et fragile incapable de supporter la moindre situation compliquée.

Mais j'aimerais bien qu'on... qu'on reste en contact... et qu'on se voit pendant les vacances...

Les derniers mots meurent péniblement alors que ma vue se trouble. Je bats des cils dans l'espoir de retenir les larmes qui menacent de couler. Je suis épuisé et pathétique. Je veux au moins lui épargner ça. Et me l'épargner aussi. Que ça se termine sur une note potable, à défaut d'être positive.

...enfin qu'on essaye...

Ma voix est instable, un peu trop aiguë, obligée de trahir à quel point je crains en plus du reste... Dans le fond, ce sont des adieux et je le sais. Pour la deuxième fois de ma vie, je perds l'ami le plus proche que je peux avoir et tout ça parce qu'il y a un truc qui cloche chez moi ! Je me déteste. J'essaye de respirer plus profondément, de retrouver un semblant de calme, de relativiser. Il faut que j'arrête, il reste deux mois... pendant lesquels on se croisera à peine parce que rien ne changera. Y'a pas mort d'homme, des amis je m'en ferai d'autres... mais en neuf ans j'ai pas été foutu d'en avoir un seul...

Tu vas me manquer, mais c'est si bas que je ne suis pas sûr de l'avoir dit ou penser.

C'est un fait. Il me manquera. Comme il m'a manqué chaque jour après Noël, chaque jour depuis qu'on nous a envoyés dans ce dortoir foireux... Par lâcheté, par faiblesse, je renonce à la meilleure chose qui me soit arrivé ces dernières années... et je peux vous assurer que ça fait mal... affreusement mal.
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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyDim 22 Mai - 19:40

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Hold me now ‘til the fear is leaving
A force de grandir seul, Charles avait manqué de perspective sur ses troubles. La solitude, quoique confortable, n’avait rien du défi que représentaient les autres. Ceux qui se moquent et appuient sur des faiblesses, ceux qui soutiennent et comblent des lacunes suintantes. Le fait est que le Poufsouffle n’avait pour ainsi dire jamais eu cette loupe sur lui-même, manquant sévèrement de recul sur sa situation qu’il analysait froidement. Il se considérait comme un pauvre gamin un peu perdu, mal à l’aise et toqué par les déplaisantes surprises de la vie. La mort de sa mère, la découverte du monde magique. Que d’éléments qui avaient des conséquences claires sur son individualité. Mais depuis quelques mois, peut-être par hasard, mais plus certainement par reflet de ses fréquentations, il lui avait paru faire face à des confessions sur lui-même qu’il n’avait jamais entrevues. Rosalie lui avait arraché quelques larmes en évoquant son grand-père, faisant écho à l’absence de sa mère autour de laquelle il avait grandi. Hilary avait sondé ses théories sur l’au-delà en parlant de l’église, résonnant avec ses propres réflexions qui s’étaient arrêtées sur le seuil de sa désillusion. Sidney aussi avait sa part à jouer - il lui avait sans cesse soumis son propre reflet, agissant comme il l’aurait fait, ressentant les émotions qu’il couvait. Il était peut-être le plus troublant de tous précisément parce qu’il lui ressemblait jusque dans les tréfonds de ses rouages. De le voir ainsi souffrir de terreur était de fait un exercice particulièrement difficile ; il lui rappelait ses propres appréhensions, si longuement enfouies sous une façade d’indifférence, il lui évoquait ses propres limites, confus entre son envie de fuir et la peur de se perdre, il lui soumettait ses plus insidieux cauchemars. L’abandon. Le Poufsouffle était fier d’avoir choisi la solitude et pourtant, le départ précipité de Sidney lors du bal lui avait arraché le cœur. Il était orgueilleux d’avoir passé quatre années à l’abri des odieuses rumeurs de ses camarades et pourtant, la perspective de ne plus échanger aucune banalité avec lui l’année suivante lui vida les poumons. Sa tête se mit à tourner, comme lorsqu’il avait écouté les Gryffondors discuter entre eux derrière son dos, non, pire, car désormais, il ne parvenait plus du tout à respirer. “J-je vais pas revenir.” Ces quatre mots tournèrent en boucle dans son crâne, lui valant un regard vide, figé sur Sidney qu’il ne voyait plus, comme s’il était déjà loin. “Tu vas partir ?” répéta-t-il idiotement, incapable de saisir ce qu’il venait de lui annoncer et paradoxalement parfaitement lucide sur cette situation qui l’avait paralysé. “Je ne comprends pas” reprit-il aussitôt, les sourcils froncés de confusion. Non, il y avait certainement une explication très claire. Il n’allait pas revenir parmi les grades aciers, il allait partir du deuxième étage. Il n’allait pas sortir définitivement de Poudlard, c’était impossible. “Mais j'aimerais bien qu'on... qu'on reste en contact... et qu'on se voit pendant les vacances…” “Je ne comprends pas” répéta-t-il, la voix soudainement plus aiguë, piquée de terreur. Alors si, c’était possible. Il était en train de lui annoncer qu’il quitterait Poudlard - sinon, pourquoi lui suggérer de rester en contact ? On ne propose pas cela à quelqu’un qu’on recroisera tous les jours, à quelqu’un qu’on recroisera tout court. Déglutissant avec difficulté, la gorge brutalement resserrée et le souffle lui manquant dans cette étourdissement général, Charles défit davantage sa cravate déjà desserrée avant de se pencher en avant, lâchant le lit de Sidney pour joindre ses mains, les coudes sur ses genoux. Le sol de l’infirmerie n’était pas tout à fait propre. Il y avait quelques mèches de cheveux roux sous le lit - certainement que l’ancien hôte était parti quelques minutes avant que Sidney ne soit recueilli.

Il faisait si chaud, c’était étouffant, de moins en moins agréable, de plus en plus lourd. Il avait envie de retirer tout à fait sa cravate, ou mieux, de se lever et de partir à nouveau en courant. Il avait d’abord quitté la Grande Salle pour retrouver au plus vite Sidney et voilà qu’il aurait tout donné pour fuir l’infirmerie et s’éloigner tout de suite de ce monstre qui décidait, une seconde fois, de l’abandonner, sans explication, le laissant à nouveau seul. Mais il n’avait plus envie d’être seul. Non, plus du tout, il n’avait plus envie de s’enorgueillir de son indépendance, de contempler le cratère de sa vie où rien ne poussait, rien que la raison à défaut de l’excentricité, de la créativité, de la joie. Il serait misérable, tout seul, sans ce regard cobalt pour le considérer sans jugement quand il lavait ses mains pendant cinq minutes, sans ses commissures de lèvres reposées quand il racontait son roman préféré, sans ses mots maladroits et raturés qui comblaient l’ennui de son quotidien. Hilary était partie, Sidney ne pouvait pas partir à son tour - c’était aussi inattendu que peu probable statistiquement. Combien d’élèves quittaient Poudlard au cours de leur scolarité ? Une poignée ? Combien de personnes connaissait-il ? Sur les doigts d’une main ? Alors comment Diable les élèves qui partaient pouvaient-ils être ses amis ? Pas seulement ses amis, les seuls à le comprendre dans sa différence, à l’accepter dans son silence. Maman aussi, était partie, contre toute attente, contre toute probabilité. Se pourrait-il alors que ce soit seulement lui, le motif de tous ces abandons ? Le dénominateur commun à un calcul savant qui débouchait toujours sur le même drame ? “...Enfin qu'on essaye…” Son ventre se serra. Il manquait d’air et maintenant, son estomac était sévèrement noué. C’était à se demander s’il n’allait pas vomir. Il en avait tous les symptômes. Les coups de chaud, la langue pâteuse, la difficulté à inspirer. Etait-il tombé malade ? Allait-il mourir ? “Je me sens pas très bien” avoua-t-il alors, anxieux. Relevant son regard, il croisa les prunelles humides de Sidney qui lui donnèrent un nouveau vertige. Maman aussi avait eu ce regard en lui disant au revoir. “Tu vas me manquer.” “Je me sens vraiment pas bien” reprit-il aussitôt. Il se raccrocha d’un geste aux draps de Sidney pour garder le dos droit, essayant tant bien que mal de retenir les spasmes de son ventre. “Pardon, j’ai juste besoin d’une minute.” Fermant ses yeux, il se concentra sur sa respiration, en vain. Alors, il entreprit de suivre les conseils de Eléonore, qui avait été capable de le sortir du pire état d’angoisse ; il rouvrit ses paupières pour chercher du regard des éléments d’accroche. Les trois lits vides qui succédaient à celui de Sidney. Les éclats de soleil qui pourfendaient les vitraux de l’infirmerie dans un éclat doré. Les cheveux détachés du jeune homme qui encadraient la pâleur de son visage aux cernes creusées. “Désolé, je… Je sais pas.” Il se sentait mieux. Ou en tous cas, la nausée était passée. Pas le chagrin, en revanche, ni la stupeur, qui le maintinrent interdit un long moment.

Peut-être que tout cela n’était qu’une extension de sa nuit, peut-être ne s’était-il pas réveillé, ce matin. Cela aurait expliqué aussi bien l’allure des évènements que son malaise - le physique n’avait plus vraiment de limite dans l’inconscient. Il n’y avait qu’un moyen de s’en assurer ; poser des questions, appréhender la situation, en juger la logique. Etait-ce cohérent que Sidney parte comme ça, le lui annonce sur un lit de l’infirmerie, s’en émeuve de la sorte ? Il semblait se retenir de pleurer. Charles ne s’aperçut cependant pas qu’en dépit de la rigueur figée de ses propres traits, ses yeux étaient également devenus rouges. “Je ne comprends pas” répéta-t-il une troisième fois. “Je veux dire… Pourquoi ? Tu vas faire quoi ? C’est déjà décidé ? Dans ce cas, pourquoi avoir essayé de t’enfuir cette nuit ? Et tu m’en parles que maintenant ? Je ne comprends pas.” Non, il ne comprenait rien, puisque c’était de toute évidence à ne rien y comprendre. Il s’était fait un sang d’encre à entendre ce qu’il s’était passé, il était venu avec des chocolats, il lui avait signifié qu’il était là pour lui - maladroitement, implicitement, à sa manière - tout ça pour que Sidney ait déjà pris la décision de s’éloigner ? Il l’avait laissé se ridiculiser devant lui alors que la conclusion était déjà écrite ? Il avait manqué de lui vomir dessus, comme un idiot, comme un fragile, dans la surprise et la virulence de ses émotions, tout ça pour s’entendre dire qu’il allait essayer de garder contact ? Il était aussi déçu que déboussolé, ne comprenant rien de tout cela, ni de son état. C’était excessif et il n’était pas extrême, c’était injustifié et il n’était pas irrationnel. Oui, il était attaché à Sidney, mais il ne le connaissait que depuis quelques mois… Peut-être le rapport avec Hilary, dont il n’avait toujours pas digéré le départ, peut-être la comparaison avec sa mère, dont il n’avait pas maîtrisé l’image. Qu’importe, il devait se calmer. Alors, il ferma davantage son visage, l’expression impassible trahie par ses seules prunelles rougeoyantes qui regardaient sévèrement son ami. Il était certainement autant au bord des larmes que lui, seulement, il n’avait pas sa sensibilité, il ignorait comment laisser aller ces émotions parasites dont il avait envie de se débarrasser. Il voulait rester stoïque, prêt à entendre la logique de Sidney, prêt à l’accepter, prêt à le saluer, comme il aurait sagement dû le faire. Il voulait lâcher son lit pour demeurer parfaitement droit, inébranlable, comme il aurait raisonnablement dû le faire. Il ne voulait plus être ce petit fragile éprouvé par une si petite annonce… Il ne voulait plus être ce chétif Charles Ehrlich qui assistait, impuissant, au rejet de la seule personne qui lui permettait encore de tenir dans la folie de cette école.
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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyDim 22 Mai - 21:50

Hold me now 'til the fear is leaving
un naufrage de plus
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Tu vas partir ?

Je hoche simplement la tête. J'aurais voulu que les choses se passent autrement. Que ça soit la meilleure expérience de ma vie, celle dont j'ai rêvée pendant des semaines avant de venir, que j'attende avec impatience la rentrée prochaine, que je me sente à ma place, ici... J'aurais donné n'importe quoi pour que tout se passe bien. Ou même pas tout, juste qu'il y ait des choses qui se passent bien... sauf que depuis ce qui m'a l'air d'être une éternité, il n'y a plus rien. J'ai l'impression de sombrer totalement, chaque jour ici est un calvaire. Je sais même pas comment j'ai pu tenir si longtemps... à en croire le désespoir de ma tentative de fuite, j'ai pas vraiment tenu, ça tire juste du miracle, quelque chose comme ça. Mais dans le fond, mon aveu n'a sûrement rien d'une surprise. Je veux dire... j'ai essayé de partir. Il le sait puisqu'il est là. Alors si je voulais partir cette nuit, c'est pas pour revenir après les vacances. Je serais juste parti deux mois plus tôt, c'est tout. Au lieu de quoi... je suis coincé ici. Il va falloir recommencer comme si de rien n'était, faire comme si j'avais jamais été naïf au point de croire qu'on pouvait s'échapper d'ici... Je crois que c'est le pire qui me soit arrivé jusque là : je pouvais me raccrocher à un petit espoir mais il est mort cette nuit. Il n'y a plus d'espoirs du tout. Il faut juste... attendre. Et croiser les doigts pour que ça n'empire pas d'ici fin Juin...

Je ne comprends pas.

Il ne comprend pas quoi ? C'est pourtant clair, non ? J'ai fait ce que j'ai pu pour être le plus honnête possible... et je l'ai été. J'ai pas essayé de faire moins pitié ou d'avoir l'air moins lâche... j'ai juste dit la vérité. Aussi simplement que possible. Je ne reviendrai pas. Je ne remettrai pas les pieds à Poudlard. J'arrête l'école ici. Mais au lieu de répéter, je rebondis sur ce qu'il a proposé. Je crois que c'est la seule chose de positive qu'il me reste aujourd'hui... la perspective d'un lien, même lointain, même bancal... Juste quelque chose pour ne pas avoir à tirer définitivement un trait sur notre amitié. Parce que j'y tiens... depuis le début, sans avoir d'explications à donner à ça, sans comprendre comment ce gars de Poufsouffle rencontré dans les toilettes a pu devenir l'un des piliers de mon existence ici. Le croiser dans les couloirs, ses mots laissés derrière le robinet des toilettes, les souvenirs qu'il m'a laissés... tout ça me rassure plus que de raison. Ça n'a aucun sens. Mais ici, rien n'en a. Peut-être qu'on pourra se voir deux fois par an, quand il rentrera ? Je me sais prêt à faire le voyage jusqu'à Londres, même pour une heure ou deux... en m'y prenant bien, je pourrais y aller en bus, ça reviendra pas hyper cher, ce sera faisable... je suis sûr que ce serait possible !

Je ne comprends pas.

Les sonorités de sa voix ont changé, assez pour que je me risque à relever prudemment les yeux vers lui. Il desserre un peu plus sa cravate. J'ai l'impression qu'il est plus pâle mais j'en suis pas très sûr... C'est peut-être juste moi qui vois pas bien. C'est flou de toute façon...

Je me sens pas très bien.

Sa voix me parvient de loin, à moitié couverte par les bruits hasardeux et anarchiques de mon propre corps. Je serais incapable de répéter ce qu'il a dit. Peut-être qu'il m'a demandé de me taire ou qu'il est en train de dire qu'il me déteste. Si c'est ça, je crois que je peux composer avec l'ignorance. Plus les secondes passent, pire c'est. J'ai eu peur un nombre incalculable de fois depuis que je suis ici. Devant les restes du mannequin en bois, dans la forêt, face à Thorstein, à Noël, quand on est restés bloqués dehors avec Harriet, quand on nous a dit qu'une bombe avait explosé, dans la salle de bain des préfets enfin... la fausse, quand j'ai compris avec qui j'allais devoir partager mon dortoir... mais je crois qu'aucune de toutes ces fois était aussi effrayante que la perspective de perdre celui qui s'approche d'un meilleur ami. Je ne suis pas sûr qu'il le soit vraiment, je ne suis pas sûr que quelqu'un puisse l'être, je pense pas que la place soit libre ni qu'elle le soit un jour... mais si elle devait l'être, ce serait lui qui l'occuperait. Ou, ça aurait dû l'être... Et je me retrouve des années en arrière, à réaliser péniblement que je ne reverrai jamais la personne la plus importante de mon petit monde. Par ma faute. Uniquement par ma faute... je sais qu'il me manquera et que j'y penserai tout le temps. Parce que même ici, alors qu'on s'aperçoit parfois, qu'on s'écrit encore, j'y pense tout le temps. C'est bête mais ça fait du bien. Ça rend les choses moins pires... mais ça ne suffit plus vraiment. C'est des petits bonheurs étouffés sous le nombre des gros malheurs. Ça fait plus le poids...

Je me sens vraiment pas bien.

Et là je comprends enfin ce qu'il dit. La panique se fait violente. Ses doigts crispés sont crispés sur les draps, son corps a l'air plus tendu que d'habitude. Je me redresse d'un geste brusque. Je tremble comme une feuille, à genoux au milieu des couvertures défaites, la gueule édentée de Gus pointée vers le plafond, offerte aux yeux d'un monde qui ne tourne plus.

Tu veux que j'aille chercher l'infirmière ?

Je suis prêt à bondir hors de ce lit de qui ne m'appartient pas pour aller chercher de l'aide. N'importe qui, n'importe où tant que ça peut arranger sa situation. Si j'avais pris le temps de réfléchir rien qu'une seconde, j'aurais compris que c'était rien de grave. Ça ressemble à un moment d'angoisse, quelque chose loin de m'être indifférent. Rien qu'hier... je crois avoir prononcé exactement la même phrase avant que l'inspecteur me refourgue au premier « grand » qui est passé. Mais là, ça m'a l'air dramatique. Parce que c'est lui.

Pardon, j’ai juste besoin d’une minute.
Tu es sûr ? Sinon je...

Mais ma phrase n'a pas de fin. Le souffle court, je le fixe sans bouger. J'ai presque peur de faire un geste qui pourrait aggraver la situation. Il ferme les yeux. J'attends, fébrile, et le détaille sans retenue, avec un soin inquiet. Quand il les rouvre, son regard se porte derrière moi, il bouge un peu, je ne sais pas ce qui attire son attention. Je m'en fiche. Je veux juste savoir si ça va mieux. Puis elle me revient et je suis sonné par ce qui brille au fond de ses yeux clairs. Je n'arrive pas à le déchiffrer exactement mais... mais je sais que je ne veux pas être à l'origine de ça. Ma gorge se serre encore. Déglutir devient impossible. J'ai l'impression d'étouffer. L'air se fait rare. Une sueur froide commence à me couler lentement dans le dos.

Désolé, je… Je sais pas.

Il ne sait pas quoi...? S'il veut que j'aille chercher l'infirmière ? Ou... ou si on restera en contact...? Est-ce qu'il a changé d'avis en comprenant que j'allais pas rester ? Il sait qu'une amitié à distance ça tiendra jamais alors il a même pas envie d'essayer...? C'est pour ça qu'il est désolé ? Parce que ça vaut même pas la peine de tenter...? Cette hypothèse me fait l'effet d'une gifle. Le monde se remet à tourner si brutalement que ça devient instable. Je me raccroche maladroitement à la tête de lit, serrant de toutes mes forces comme si ça allait changer quoi que ce soit. Le rejet est douloureux. Physiquement douloureux. Mon cœur fait mal à chaque battement. C'est la première fois que... enfin je crois. Je comprends. Ça me fait de la peine mais je comprends... Au moins, il est plus réaliste que moi. C'est sûrement une bonne chose, ça évitera qu'on soit déçus à l'arrivée. Là... on sait à quoi s'en tenir. À rien. À rien...

Ç-ça va mieux...?

Je me laisse retomber sur le lit, assis, hébété au milieu des couvertures défaites. Ça ressemble un peu à un champ de ruines... et je crois que c'est à l'image de cette conversation. De cette amitié... Je pensais pas que... 'fin... il avait l'air de dire que... mais c'était juste un mensonge...? Peu importe... On s'en fiche de ça. L'important c'est qu'il ait l'air d'aller un peu mieux ou du moins ça empire pas. Je m'autorise à respirer mais c'est comme si j'avais oublié comment faire. Ce n'est qu'un soubresaut maladroit qui ne remplit même pas mes poumons... comme une noyade de plus... pire que celle d'hier.

Je ne comprends pas. Je veux dire… Pourquoi ? Tu vas faire quoi ? C’est déjà décidé ? Dans ce cas, pourquoi avoir essayé de t’enfuir cette nuit ? Et tu m’en parles que maintenant ?

La panique revient doucement face à ce flot de questions auquel je n'ai pas vraiment de réponse. Qu'est-ce qu'il voulait que je lui dise, hein ? Je sais pas !

Je ne comprends pas.

J'ai l'impression d'être face à un inconnu. Il ne m'a jamais regardé aussi froidement, il n'a jamais été aussi fermé... Il me déteste. J'ai tout gâché. Je baisse honteusement les yeux, comme un enfant qu'on aurait disputé. Je me sens plus très bien non plus. J'ai envie qu'il s'en aille mais je sais qu'il reviendrait jamais. Je veux dire... ça s'arrêterait là. Comme ça.

J-je déteste cette école, je murmure après ce qui aurait très bien pu être des heures d'un silence pesant. J'ai l'impression de... de devenir dingue...

Depuis qu'on nous a changé de dortoir, c'est une catastrophe... Je dors à peine, je suis sur mes gardes en permanence, je me reconnais plus... J'ai essayé d'attraper volontairement la crève pour qu'on m'en tienne éloigné un petit peu, j'ai fui  sur un bateau en papier... en papier ! La fatigue est si grande que j'en perds l'appétit... j'ai l'impression de passer ma vie à pleurnicher, d'être plus pessimiste que jamais... Je passe des journées entières sans voir personne, sans prononcer le moindre mot... Je fuis les gens, je mens... J'en suis arrivé à être déçu que Monsieur Armitage soit passé au bon endroit au bon moment ce matin. Je... j'aurais préféré me noyer pour de vrai plutôt que d'avoir à supporter ça à nouveau. J'aurais préféré me noyer... et à cet instant précis, je crois toujours que ça n'aurait pas été pire. Je déteste ma vie, je déteste ce qu'elle devient, je déteste ce que je suis en train de devenir... Il n'y a rien qui va... et j'ai plus la force de faire semblant que c'est pas le cas. Mais tout ça, je me vois pas lui expliquer. Parce qu'il me déteste et que j'ai pas envie de passer pour une pauvre petite chose fragile à ses yeux...

Je voulais pas a-avoir à te dire adieu... Je pouvais pas... je...

Je sens une trace humide sur ma joue alors je l'essuie d'un geste gêné en couinant un « désolé » un peu inquiet. J'ai peur que le moindre truc de travers le fasse disparaître. J'évolue sur un fil en sachant pertinemment que je vais finir par tomber. J'ai mal au ventre. J'ai la nausée. J'aimerais être n'importe où ailleurs mais pas ici... D'abord Harriet en l'ayant presque envoyée promener et maintenant lui... j'ai réussi à perdre les seules choses bien qui me restaient ici.
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Charles T. Ehrlich

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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyLun 23 Mai - 16:25

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Hold me now ‘til the fear is leaving
Les crises de panique faisaient partie intégrante de son quotidien, mais à fréquence raisonnable. Peut-être se laissait-il happer par ces vagues de terreur dans l’océan de ses pensées quelques fois par an, au détour de la solitude chez son père, dans un couloir fortuit de Poudlard quand les examens approchaient. Cependant, Charles se devait d’admettre que ces épisodes houleux survenaient de plus en plus fréquemment. D’abord à l’explosion de la tour, quelques jours plus tôt ; ensuite en cette délicate matinée ensoleillée. Deux crises aussi rapprochées relevaient d’un miracle, dans la mesure où un miracle pouvait être maudit. Quelle serait la marée suivante ? Dans quelques heures, quand Sidney aura décidé d’anticiper son départ sans l’en avertir ? Dans quelques minutes, quand il lui avouera ne l’avoir jamais apprécié ? Le Poufsouffle n’avait plus envie de vomir, mais il continuait à se sentir étouffé, écrasé par une mer d’appréhension, de regrets, aussi. S’il avait su que tous ces derniers mois le conduiraient jusqu’à cet instant, s’il avait su que tous ses efforts l’amèneraient à nouveau au point de départ, se serait-il donné la peine de survivre ? Il avait encaissé les nouvelles réformes scolaires, il avait retenu ses angoisses pour faire bonne figure devant les rébelles, il s’était confessé à quelques personnes en espérant naïvement se forger un meilleur entourage. Tout cela pour que ses amis partent l’un après l’autre, pour que la crise entre les grades or et les grades bronze empire, pour que sa scolarité ne soit plus qu’une vaste absurdité. Il avait envie de rentrer dans la salle commune des Poufsouffles, récupérer Gédéon sous son bras et prendre le premier train pour l’Angleterre. Il avait envie de s’enfermer dans sa chambre, quitte à succomber aux pires paniques, quitte à affronter chaque jour le silence résolu de son père, il avait envie de disparaître de ce monde qui n’avait jamais été le sien. N’entendant même pas les sollicitations de Sidney, Charles requit de longues minutes pour reprendre son souffle et émerger du torrent qui l’avait enseveli. Il observa quelques élements du décor, ancrages fermes dans la réalité qui lui échappait, avant de revenir, encore, toujours, sur le docile visage de son ami, ravagé de fatigue et de désespoir. Il avait envie de le rassurer. "Ç-ça va mieux ?” “Oui” chuchota-t-il dans une réponse pourtant incertaine. Il avait envie d’effacer ces cernes qui ternissaient son beau regard, il avait envie de le rassurer et de lui assurer que tout irait bien. “Enfin, je crois.” Mais figé dans cet état anxieux sous la dissonance d’une vie encore sur le point de basculer, il se résolut que l’optimisme était mort. Comment le rassurer quand lui-même savait être en pleine noyade ? Alors, plutôt que de continuer ces faux semblants, empreints d’une dégoûtante courtoisie, Charles laissa au contraire échapper des questions, d’innombrables questions, trop sévères pour Sidney, trop fragiles pour lui. Après toute cette retenue, qui figeait encore son visage dans un masque de froideur, Charles voulait finalement lui faire entendre combien cette décision était douloureuse pour lui, peut-être, égoïstement, lui donner le doute et revenir sur sa position. Pendant ces quelques secondes, il se ficha bien de la fatigue de son camarade, trop soucieux de sa propre lassitude qui gonflait ses yeux d’un stupide éclat rougeâtre. Pas lui. Pas un autre. Pas la solitude, encore.

Le jeune homme mit un peu de temps à lui répondre ; quelques secondes, quelques années. Charles avait reporté son attention sur ses mains crispées sur le lit, ses prunelles s’attardant un instant sur une étrange peluche qu’il n’avait pas remarquée auparavant. Un crocodile, un peu délavé, avec une grande gueule. “J-je déteste cette école. J'ai l'impression de... de devenir dingue…” Cette voix si familière, chancelante, réapparut au-dessus de son visage penché qu’il redressa pour croiser un regard désormais inconnu. C’était toujours lui, et pourtant, non, ce n’était pas Sidney. Au-delà de l’apparence épuisée de son corps, la tonalité éteinte de sa voix résonnait étrangement, pire, ses mots n’avaient absolument rien de ses commentaires habituels. Pas de retenue, juste une vérité franche, impudique, douloureuse. Où était-il, l’adolescent qui s’était enthousiasmé des tableaux vivants, des escaliers mouvants ? Avec de l’encre sur ses doigts maladroits ? Avait-il ainsi succombé, lui aussi, à la dangerosité du château et de ses habitants ? Comment Charles avait-il pu manquer cette transition ? Le visage hébété, il se repassa ces derniers mois en mémoire. Bien sûr que son ami lui avait paru plus renfermé, mais il avait mis cela sur le dos de la situation pesante, et non d’un profond et insidieux mal être qui avait manqué de lui coûter la vie cette nuit. Il s’était contenté de ses affirmations selon lesquelles il gardait le moral et même sans le croire, Charles s’était habitué à cette relation sans confidences, sans secrets. Quelle honte. Il n’avait pas seulement un ami un peu chagriné - il avait un ami désespéré. Il lui avait acheté des chocolats en se disant que cela lui remonterait un minimum le moral, mais quelle sucrerie pouvait redonner le goût de la vie à quelqu’un qui l’avait perdu ? Sa vision se troubla. S’il avait toujours compris que son camarade souffrait, il ne s’était jamais figuré une telle profondeur. Il pensait sombrer quand Sidney était déjà au fond de l’océan. “Je suis désolé” susurra-t-il alors dans un reniflement qui manqua de taire ces mots. Plus que désolé, il était navré, profondément endolori de son impuissance. Il avait laissé Sidney tout seul dans cette chute sans même essayer de le retenir, trop inquiet de son propre déséquilibre. “Je suis désolé que tu te sentes comme ça et désolé de pas l'avoir compris avant... Mais, Sidney, tu n’es pas seul” ajouta-t-il en se penchant en avant, rapprochant son visage du garçon. Il avait mis du temps, bien trop de temps à saisir cette lueur dans ce regard, mais maintenant qu’il lisait clairement ce désarroi dans ses iris, il pouvait peut-être, un petit peu, à sa façon, maladroitement, y trouver une place. Sidney avait déjà atteint le fond. A son tour d’y nager pour ne plus l’y laisser. “Je déteste tout, moi aussi, ça me terrorise, constamment. Je ne me sens pas à ma place, je ne l’ai jamais été, je ne le serai jamais… Ce sont eux, les fous, pas nous. Ce sont eux, pas toi.” Il lui suffisait de murmurer au regard de la promiscuité avec son camarade dont il fixait les prunelles. D’ici, elles étaient encore plus impressionnantes, plus entières. Comment diable était-il passé à côté de tant de choses ? Il ne connaissait rien du vrai Sidney, de celui qu’il percevait dans les tréfonds de son regard. Et maintenant qu’il l’avait entrevu, il lui était hors de question de le laisser lui échapper.

Peut-être pleurait-il, peut-être était-ce Sidney, il ne se souvenait plus précisément de l’origine des perles qui glissaient sous leurs yeux, marqué seulement du tambourinement de son cœur, de la cadence de ses poumons. Il était assis dans le calme de l’infirmerie et pourtant, il lui semblait être en pleine course effrénée. Un sprint pour rattraper le temps, pour lui demander de s’arrêter, pour le supplier de ne pas lui prendre une nouvelle personne. Seules ses mains fermement agrippées aux draps le retenaient de sa précipitation qui brillait jusque dans les fissures de son masque. Il avait toujours le visage fermé, incapable de faire couler le torrent qui l’emportait plus loin dans ses peurs, mais le tremblement de ses lèvres et l’humidité de son regard étaient suffisamment éloquents pour répondre aux propos de son ami. “Je voulais pas a-avoir à te dire adieu... Je pouvais pas... je…” Il lui laissa le temps d’essuyer sa larme, il s’accorda le temps de digérer son annonce. Qu’il le veuille ou non, la situation chavirait inexorablement loin de ses résolutions. Il n’avait jamais été maître de cet échange, mais maintenant que la vérité était sortie, maintenant qu’il percevait le dénouement, maintenant qu’il comprenait qu’il ne rattraperait jamais le temps qui lui avait glissé entre les doigts, il lui semblait souffrir d’une impuissance telle qu’il se revit, une fois de plus, au chevet de sa mère. Cette paralysie était la même, ce sentiment d’assister à d’ultimes salutations sans pouvoir implorer qui que ce soit pour que l’inévitable s’abstienne. Avant, il y avait Dieu - et maintenant ? Qui restait-il dans ces abysses ? Qui viendrait les remonter à la surface ? Peut-être que s’il avait lutté plus fort, peut-être que s’il avait vraiment cherché à se débattre, il n’aurait jamais coulé, et il aurait pu retenir Sidney. Maintenant, il n’y avait plus rien à faire. Aussi comprit-il le raisonnement du Serdaigle. A vrai dire, il aurait préféré un départ sans adieu à ces lourdes secondes où il savait le contempler pour la dernière fois. “Alors ne me dis pas adieu.” Oui, il aurait préféré s’épargner la honte des supplications, il aurait préféré pleurer en secret. Il aurait préféré plus de calme, plus de raisonnement. Mais il en était incapable, coincé dans un odieux schéma d'abandon qui se répétait encore.“S’il te plaît, reste. Je serai plus présent, je te le promets. Ensemble, on tiendra, ce sera moins pire, j’en suis sûr.” Avec lui, tout avait toujours été plus agréable, même le silence. Imitant son camarade, Charles passa son bras sur sa joue pour chasser une larme, avant de reposer sa main sur le lit. Il ne le sentit pas avec son gant, mais son petit doigt frôlait désormais l’annulaire du jeune homme. ”Reste” répéta-t-il, ne sachant à quoi se raccrocher d’autre que cette piteuse prédication. “Et si tu veux pas rester avec moi, c’est pas grave, tu peux rester avec Harriett. L’important, c’est juste que tu partes pas.” C’était  nécessairement inutile, il en avait conscience. Ce type de décision ne se prenait pas en quelques secondes et deux échanges, ni même sans un adulte, encore moins sans la direction de l’école. Mais il ne savait pas quoi dire de raisonnable pour le retenir - ils se connaissaient depuis quelques mois seulement, Sidney avait préféré le danger de la mort à deux mois supplémentaires, rien n’était plus pesant que l’atmosphère conflictuelle qui courait dans les couloirs. Il n’avait objectivement aucune raison de rester et pourtant, subjectivement, il ne pouvait se résoudre à le regarder partir. Surtout pas maintenant qu’il devinait enfin la véritable nature enfouie sous la timidité de ses yeux.
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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyJeu 26 Mai - 18:31

Hold me now 'til the fear is leaving
un naufrage de plus
ft. @Charles T. Ehrlich & Sidney Driscoll
Je serais incapable d'expliquer comment on en est arrivés là... comment de ma fuite ratée, Charles a fini mal en point, les mains désespérément accrochées aux draps de mon lit d'infirmerie... et pourtant, je ne cherche pas, trop préoccupé par son état, prêt à faire tout le château pour trouver quelqu'un capable de faire en sorte qu'il aille mieux. Ça a toujours été étrange, entre nous. Quelque part entre une compréhension incroyable et une incompréhension violente... Jamais vraiment de juste milieu... Soit on savait parce qu'on aurait pu réagir et penser exactement de la même manière, soit on supposait le pire parce qu'il y avait un détail qui nous échappait. Et là, je crois que c'est ce qui se passe... Un dialogue de sourds, des œillères immenses. On ne se comprend pas... ou alors on ne veut pas se comprendre, peu importe. Et ce qui aurait dû être un moment gênant parce que je suis coincé ici à cause de la plus grosse bêtise de ma vie – enfin, sûrement une du top 3 en tout cas – tourne peu à peu au cauchemar. Son mal-être devient peu à peu le mien. Je suis pendu à ses lèvres, attendant bêtement qu'il me dise enfin que ça va mieux, mon regard accroche le moindre de ses gestes en craignant que la situation s'aggrave. J'ai peur pour lui. Vraiment. Durant une seconde, j'en oublie tout le reste. Cette école de malheur, les mois qu'il me reste à passer ici, la tension qu'il y a entre nous... plus rien n'a d'importance. Il va mal. Le reste ne compte plus.

Oui. Enfin, je crois.

Je hoche doucement la tête. Ça a l'air... un peu... C'est pas vraiment ça mais c'est moins pire. La pression redescend lentement. Mais malheureusement ça ne dure pas. Les claques s'enchaînent. Il n'envisage plus qu'on reste en contact quand on sera sortis d'ici... et son regard se fait plus froid, plus noir que jamais. Je ne sais pas ce qui est le pire... Je ne le reconnais plus, plus vraiment. Je ne sais plus qui j'ai en face de moi. Toutes les certitudes que j'ai toujours eues le concernant, dont celle pourtant évidente qu'il ne me jugerait jamais, semblent être de l'histoire ancienne. Je me sens mal. J'ai l'impression qu'il attend que je fasse un pas de travers pour mettre un terme à cette discussion et, par la même occasion, à notre amitié. Est-ce qu'on a vraiment été amis, même...? Je veux dire... parce qu'on a passé un bon moment deux ou trois fois et qu'on a échangé quelques mots...? Je me suis sûrement emballé... Je veux dire, j'ai passé un moment cool avec Bella et on s'est écrit deux fois pourtant c'est pas mon amie... Y'a probablement rien de différent, là... sauf la façon dont j'ai voulu le voir... Et aujourd'hui, je m'en mords les doigts. La chute est flippante et l'atterrissage risque d'être douloureux. Un de plus... C'est bête mais j'ai l'impression de commencer à comprendre ce contre quoi Maman voulait me protéger. Je devais pas être si prêt que ça à faire face au monde... je veux dire... j'ai réussi à me planter sur à peu près tous les gens dont je me suis rapproché cette année... et pourtant, ils sont que trois ! Mais je me plie quand même docilement à son interrogatoire et lui réponds tant bien que mal. Je sais pas vraiment quoi dire ni comment m'expliquer... ça va au delà d'une simple haine viscérale pour cette école... c'est plus de la déception, de la peur, un dégoût profond... mais j'ai pas envie de me lancer dans des explications interminables que je ne tiendrai pas, qui mourront avant la fin et n'expliqueront finalement rien du tout.

Je suis désolé.

Je me contente de hausser les épaules. C'est pas grave. Y'a pas à l'être. C'est la vie. Ça ira mieux quand je serai loin d'ici. Enfin... j'espère... En vrai, j'en sais trop rien. Je sais que le retour en arrière va être compliqué, je sais que j'ai pas envie de m'enfermer à nouveau entre les quatre murs de ma chambre à longueur de journées, pas après avoir connu la vraie vie et tout... mais j'ai pas envie de rester ici. Ça va même plus loin que ça, c'est de l'ordre du besoin vital. Je ne peux pas rester ici. C'est pas possible. Ce serait clairement signer mon arrêt de mort, autant le dire. Et même si je suis tombé très bas ces derniers temps, je ne suis pas tombé aussi bas que ça.

Je suis désolé que tu te sentes comme ça et désolé de pas l'avoir compris avant...

Encore une fois, je hausse les épaules. Mon regard se fait plus fuyant. Je lui reproche rien, c'est pas sa faute. J'ai toujours dit que ça allait, qu'il fallait pas qu'il s'inquiète, que je gérais la situation... Il a rien à se reprocher. J'avais pas envie de lui en parler. Il avait pas à se prendre la tête pour ça, il y avait suffisamment à faire de son côté avec les règles et les BUSEs et tout... Moi, on s'en fout. J'ai connu pire que ça... enfin... j'en ai pas vraiment de souvenirs mais je le sais. Avant qu'on parte, ça devait être mille fois pire que ça... et même après j'imagine. Je sais pas trop... Doucement, Charles se penche en avant. Son visage se rapproche du mien. Je recule instinctivement. À peine. Sans m'en rendre compte. Juste pour remettre un semblant de distance entre nous, garder mon espace vital intact. Je sais qu'il n'est pas Blaze, je sais qu'il n'insistera pas, qu'il me forcera pas. Enfin... je crois. Sûrement qu'un autre jour, j'aurais laissé faire, que ça aurait pas été grave, pas dérangeant... je lui ai clairement ouvert les portes de mon intimité la dernière fois alors accepter une plus grande proximité que d'habitude m'aurait pas posé de souci... je suppose. Mais là, je ne sais pas comment me positionner par rapport à lui. Je ne sais pas comment le considérer, comment réagir...

Mais, Sidney, tu n’es pas seul. Je déteste tout, moi aussi, ça me terrorise, constamment. Je ne me sens pas à ma place, je ne l’ai jamais été, je ne le serai jamais… Ce sont eux, les fous, pas nous. Ce sont eux, pas toi.

Non, ce sont pas eux... Eux ils vont bien, eux ils se sentent chez eux, eux ils savent qu'ils sont à leur place... C'est nous qui nous accrochons pour que dalle, là ! J'ai tenté, vraiment. J'ai laissé sa chance au monde magique, j'ai pas fui au bout de deux semaines juste parce que c'était pas exactement comme j'aurais voulu mais là c'est bon, c'est trop, faut savoir dire stop à un moment... et, pour lui, j'aurais aimé qu'il le fasse aussi. Pourquoi il reste s'il est si mal que ça ici ? Ça fait cinq ans, il aurait pu lâcher l'affaire depuis longtemps, non ? Pourquoi forcer quand ça veut pas ? Ça me fait de la peine, en vrai. J'aimerais qu'il soit bien dans cette école... et même ailleurs en vrai, peu importe. Il mérite d'être à l'aise là où il passe le plus de temps, d'être en sécurité, d'être tranquille... D'être heureux, finalement. Mais aujourd'hui plus encore que d'habitude, ça a l'air loin d'être le cas...

Alors ne me dis pas adieu.

Durant une seconde, j'espère qu'il est en train de revenir sur sa décision. On s'écrira, on se verra de temps en temps, on restera en contact. Des « au revoir », des « à bientôt » mais aucun « adieu ». Je suis prêt à faire tous les efforts du monde que ça soit possible, je le jure ! Mais une fois de plus, je déchante rapidement :

S’il te plaît, reste. Je serai plus présent, je te le promets. Ensemble, on tiendra, ce sera moins pire, j’en suis sûr.
Mais c'est p-

Son geste assassine mes mots. Il s'essuie les yeux à son tour. Mon cœur se fait plus lourd, la culpabilité plus grande. Je déteste cette journée. Pour lui et pour Harriet, j'aurais jamais dû venir ici. Ça leur aurait fait des soucis de moins. Sérieusement, comment je peux être un monstre au point de le mettre dans un tel état ! Je le mérite pas. Je le mérite tellement pas... J'ai la gorge si serrée que je n'arrive pas à reprendre. J'aurais aimé qu'il comprenne que c'était pas lui, le problème. Que c'était tout le reste. Qu'il pouvait me tenir la main H24 s'il voulait, ça ne changerait rien. C'est trop tard. Et puis, je le trouve égoïste. Je m'en veux de le penser mais... quand même... Je suis touché qu'il ait pas envie que je parte mais... est-ce qu'il pense deux secondes à moi...? à l'état dans lequel cette école m'a foutu pour me faire arriver sur ce lit d'infirmerie...? Et puis si je revenais, il ferait quoi dans deux ans ? « Oh bah déso, c'était cool mais j'ai une vie à continuer » ? Évidemment... Il a d'autres amis, il s'en remettra. Quand il repose ses mains sur mon lit, je sens quelque chose qui effleure la mienne. Je m'apprête bêtement à repousser le drap quand je vois son petit doigt, juste là... J'ai du mal à en détacher les yeux. Je me souviens, le soir de ma première rentrée... Je réprime un frisson, je sens les larmes qui me brûlent littéralement les yeux. Je passais la nuit chez Oliver, dans le tiroir-matelas qu'il y avait sous son lit. Il arrêtait pas de bouger, moi, je voulais juste dormir... Il a fait « pssst » plein de fois avant de rouler jusqu'au bord de son lit. Je voulais faire comme si j'avais pas vu mais sa tête dans le vide et ses bouclettes qui pendaient m'ont fait rire et ça l'a fait rire aussi... Il m'a fait promettre que j'aurais jamais d'autre meilleur copain même si on rencontrait plein de gens à l'école. J'ai dit « promis » mais ça lui a pas suffi. « Promesse du petit doigt » qu'il a lâché en tendant le sien entre nos deux matelas. C'était un serment solennel, presque un « à la vie à la mort » du haut de nos cinq ans. Et j'ai crocheté mon petit doigt au sien, on a serré très fort, aussi fort que cette promesse de rester meilleurs amis pour toujours. J'ai la tête qui tourne. Je suis incapable de détacher les yeux de cette main près de la mienne. J'ai l'impression d'avoir rompu notre pacte même si c'est pas vraiment le cas. J'ai pas d'autre meilleur ami, même neuf ans après... mais Charles... il s'en rapproche tellement que... J'ai les oreilles qui commencent à bourdonner, les doigts qui s'engourdissent un peu. On se calme. On respire. Tout va bien. Tout va bien... je sais que c'est un mensonge mais j'ai pas mieux pour l'instant...

Reste. Et si tu veux pas rester avec moi, c’est pas grave, tu peux rester avec Harriet. L’important, c’est juste que tu partes pas.
Arrête, je couine dans un mélange de panique et de désespoir. Il est pas question d-de toi, ou d'Harriet, ou je sais pas quoi... c'est un cauchemar cet endroit ! Et puis... et puis t'as qu'à partir aussi si t'es si mal que ça ici...

Ce serait un million de fois plus logique de mettre les voiles plutôt que de me pousser à rester... enfin... sauf s'il envisage de faire sa vie dans le monde magique... on en a jamais vraiment parlé, je crois... peut-être qu'il y tient à ce monde-là, que c'est pour ça qu'il s'acharne, qu'il s'inflige tout ça...
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Charles T. Ehrlich

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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyMar 14 Juin - 10:00

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Hold me now ‘til the fear is leaving
Peut-être par impuissance, peut-être par habitude, peut-être par espoir, Charles recourut à la supplication. La perspective de perdre une énième personne, ou plus exactement, un troisième proche, lui était plus insupportable encore que de s’humilier de la sorte. Larmoyer, renifler, trembler, tout cela pouvait bien construire une pathétique image de lui, dans le fond, il ne s’agirait que de refléter ce qu’il était déjà. En revanche, s’accrocher à Sidney qui était encore là, qui n’avait pas encore quitté ce château, ni ce monde, cela avait un sens, un but. Il pouvait même rester sans plus jamais lui adresser la parole, il l’accepterait. A bien y réfléchir, dans la limite de ses capacités de raisonnement ainsi pressées d’angoisse, il préférait revivre une fois, cent fois leur éloignement à l’issue du bal, que de déambuler à nouveau dans le château sans s’assurer le moindre regard. Son ancrage dans la foule, son repère dans les anonymes. Le Poufsouffle était non seulement convaincu de la nécessité de le garder près de lui, mais aussi du bien que cela ferait à son camarade. Il lui disait souffrir de cette école, mais serait-il aussi endolori s’il lui promettait de demeurer à ses côtés ? Rien ne semblait plus impossible pour Charles du moment que le jeune homme décide de rester. Braver les grades, accepter des punitions, qu’importe. Tout cela en vaudrait la peine, après tout, une présence réconfortante n’avait pas de prix. Il était si convaincu du bien fondé de cette logique qu’il ne s’aperçut même plus de son égoïsme. Sidney devait nécessairement penser comme lui. Ils étaient mieux ensemble que seuls, si bien que n’importe quelle épreuve aurait aisément pu être surmontée du seul moment où ils n’étaient pas séparés. Aussi s’accrochait-il fermement à ses draps, les mains à quelques centimètres des siennes, résolu de profiter de ces dernières minutes à ses côtés pour le persuader de ne pas quitter Poudlard. Il se savait cohérent, après tout, il avait toujours de bonnes notes dans les matières mathématiques, alors Sidney ne pourrait pas le contredire, non ? Il s'apercevrait du bien fondé de ses mots, n’est-ce pas ? “Arrête.” Une douche froide s’abattit sur son dos qu’il redressa aussitôt. Plus rien à voir avec la chaleur étouffante de l’infirmerie qui semblait dorénavant balayée d’une brise glaciale, lui arrachant un frisson. “Il est pas question d-de toi, ou d'Harriet, ou je sais pas quoi... c'est un cauchemar cet endroit !” Non, Sidney, le cauchemar serait de te perdre. Les lèvres entrouvertes, Charles garda cette pensée pour lui, paralysé par la brutale froideur de l’atmosphère. Il ne s’était pas attendu à une réaction si virulente, aussi bien parce que le Serdaigle ne l’avait jamais habitué à une telle spontanéité, que parce qu’il contredisait clairement ses supplications. Ainsi, Sidney ne se contentait pas de rejeter l’image dévalorisante qu’il lui offrait, il appuyait franchement sur ses défauts. La douleur était sourde, peut-être autant que ses tympans qui se mirent à bourdonner. “Et puis... et puis t'as qu'à partir aussi si t'es si mal que ça ici…” Charles se mordit violemment l’intérieur des joues, préférant une douleur physique à la glace qui venait de le happer. Ses larmes séchèrent, dans une pudeur improvisée, alors que ses doigts se délièrent du lit. Sans autre mesure, il se recula, reprenant place sur son tabouret dans une austérité qui rendit son visage à nouveau indéchiffrable.

Touché dans les tréfonds de ses peurs les plus brutes, Charles fit ainsi ce qu’il savait faire de mieux. Se refermer, se cacher dans sa vulgaire coquille d’indifférence pour ne plus souffrir de l’acide qui venait de lui brûler la peau. Quel imbécile d’avoir laissé tomber ses défenses, de s’être montré sous une version aussi vulnérable. Quel idiot de lui avoir confessé qu’il haïssait cet endroit, lui aussi. Voilà tout ce qu’il en retenait ; une critique, une incompréhension, une défense frontale pour lui qui n’avait pas la moindre intention d’attaquer. Non, il avait voulu retenir Sidney. Pourtant, celui-ci sembla le repousser sans hésitation. “On n'a pas tous le choix” souffla-t-il alors en guise de réponse sans la moindre intonation. Plutôt que de s’embarrasser du poids d’émotions, pourquoi ne pas se laisser aller à la plus sincère impassibilité ? C’était fini, cet excès d’intimité. Il avait parfaitement compris que Sidney était insensible à sa misère, certainement parce qu’il avait vécu des choses bien plus terribles que lui. Alors, il ne chercherait plus à l’amadouer, ni à lui faire entendre raison, il ne chercherait plus son approbation, ni son amitié. Il l’avait déjà perdu, de toute façon, à en juger le visage inconnu qui lui faisait face - à moins qu’ils n’aient en fin de compte jamais été amis. Après tout, avaient-ils jamais été sincères l’un envers l’autre ? A force de vouloir se rassurer mutuellement, ils s’étaient laissés aller aux mensonges. Qui étaient-ils réellement ? Ce reflet fantomatique alité pour l’un, ce visage de marbre pour l’autre ? Les ombres et les statues pouvaient-ils vraiment espérer se comprendre un jour ? Ou n’étaient-ils pas plutôt destinés à la solitude ? “Mon père se fiche bien de ce que je vis ici, et je n’ai pas réellement d’avenir là-bas non plus” ajouta-t-il dans une franchise qui l’aurait surpris s’il n’avait pas décidé de renfermer toutes ses émotions pour ne plus les laisser aussi futilement déborder de son regard. “C’est vrai, c’est un cauchemar cette école. Mais personnellement, je m’en réveille pas non plus en étant chez moi.” Il se racla la gorge, comme pour étouffer toutes les autres réflexions qui lui piquaient les entrailles et qu’il s’entêtait à ravaler pour ne pas provoquer de nouvelles expansions. Il s’en était aperçu avec Rosalie, à l’automne ; il n’avait jamais grandi, coincé dans une vie qui avançait sans lui. Il s’en formalisait maintenant, au printemps. Il déambulait dans un cauchemar permanent où il ne tenait bon que par lâcheté et quelques rares éclats de lumière. Léo, Rosa. Il aurait pu ajouter Sidney, mais la pénombre qui recouvrait désormais les traits de son camarade, rongé de peine et de terreur comme lui, le retint. Ils étaient aussi chimériques l’un que l’autre, figés dans un rêve sans issue. Sidney avait décidé de changer le cours des choses, peut-être parce qu’il avait la chance d’avoir une alternative autre part. Charles préférait continuer à se laisser guider, coincé dans une destinée qu’il n’avait jamais choisie.

“Je suis désolé de t’avoir embêté. Il vaut mieux que tu te reposes.” Il se releva lentement avant de resserrer sa cravate autour de son cou. La lissant du bout de ses doigts, il finit par reposer son regard sur Sidney, lui valant un triste sourire. Rien à voir avec la virulence de ses émotions précédentes. Un simple rictus chagriné, comme on regarderait le passé avec nostalgie, pleinement conscient qu’il nous est impossible de faire machine arrière, pleinement résolu qu’il nous faut avancer malgré la peine. “Je pense que tu as pris la bonne décision, tu sais. Si tu as la chance de pouvoir sortir de cet enfer, il te faut la saisir.” C’était sincère. Il l’avait supplié de rester pour ne plus subir ce quotidien sans lui, mais dans le fond, maintenant qu’il avait retenu ses ardeurs, maintenant qu’il reprenait le contrôle sur sa pudeur, maintenant que son cerveau n’était plus gonflé de futiles parasites émotionnels, il pouvait objectivement comprendre la décision du jeune homme de laquelle il devait désormais s'accommoder. Replié sous sa carapace, l’opération fut en fin de compte plus facile qu’il ne s’y attendait. Pour quelle raison avait-il décidé de se montrer lui-même avec Sidney ? Cela n’avait plus vraiment de sens, en réalité. Ses prunelles lui avaient inspiré la stabilité et la paix de la terre, l’attirant loin des murs de sa capsule. Mais il avait oublié que dehors, le soleil irradiait, le tonnerre grondait, la foudre frappait. Là où, dans ses pensées, dans sa discrétion, le temps était méticuleusement identique, sans extrême. Triste, monotone, mais infiniment plus confortable. Il s’y ferait à nouveau, comme avant Sidney. C’était mieux pour tout le monde - lui pour tenir ses insidieuses angoisses qui l’attendaient derrière la porte de l’infirmerie, Sidney pour tenir sa juste résolution de partir. "Ça me chagrine de devoir te saluer, mais tu as raison. J’espère seulement qu’on gardera contact. Que tu me dises comment ça va, là-bas.” Qu’il le sache heureux à défaut de l’être lui-même. “Tiens-moi au courant de ton rétablissement. Et dis-moi si tu aimes les chocolats.” Il esquissa un maigre sourire, sûrement aussi pitoyable que la pâleur de son visage, puis recula d’un pas, d’un deuxième, d’un nouveau et d’un dernier, avant de se retourner et de quitter la salle sans un regard. C’était mieux ainsi. Il n’aurait pas convenu que Sidney distingue une nouvelle faille sur son masque où roula une larme.
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Sidney Driscoll

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Message(#) Sujet: Re: Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY Hold me now 'til the fear is leaving — CHARLES & SIDNEY EmptyVen 17 Juin - 20:14

Hold me now 'til the fear is leaving
un naufrage de plus
ft. @Charles T. Ehrlich & Sidney Driscoll
L'atmosphère change brutalement. Là où on a toujours su se comprendre, ou presque, si semblables, la connexion est rompue. Nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes et ça se voit. Quelques mots et tout est brisé. Les siens, les miens, peu importe. Ce que je prends comme de l'égoïsme est peut-être juste une preuve d'attachement, ce qu'il prend comme un rejet juste une marque de désespoir... Ce n'est pas contre lui, vraiment. Dans d'autres circonstances, j'aurais été heureux de rester, de savoir qu'on allait pouvoir reprendre comme on avait commencé, sans ces histoires de grades débiles et compagnie... mais pas ici. Je veux pas. Je peux pas. Parce que c'est plus de cet ordre-là... J'aurais vraiment aimé que les choses se passent autrement. Sans que ce soit parfait ou digne des séries pourries que je regarde à la maison... juste normal. Qu'on soit pas là, avec des gens qui manquent de mourir, avec des restrictions injustes, avec cette tension constante... Juste une école avec des cours compliqués, des élèves un peu chiants, des profs trop sévères... juste une école normale... Je serais resté, je peux le jurer. J'avais envie de tout ça. J'ai attendu des années pour que ça arrive et finalement... je regrette plus que j'ai jamais rien regretté de ma vie – enfin... façon de parler, bien sûr... Charles se redresse, il remet toute la distance du monde entre nous. Sa main s'éloigne de la mienne, mon cœur loupe bêtement un battement. C'est fini. Pas besoin d'être devin pour comprendre ça. Je me sens mal, tout à coup. Vraiment. Stupide, aussi. Pourtant, j'ai rien fait. N'importe qui à ma place pourrait avoir envie de partir, non ? C'est infernal ici... j'invente rien... peut-être que je dramatise un peu mais les bases sont vraies ! Pourquoi il comprend pas m'échappe. On vit la même chose, il a dit lui-même qu'il se sentait pas bien là... pourquoi il s'acharne ? Pourquoi il prend pas juste la fuite aussi ? Ça peut pas être pire dehors... dehors, au moins, personne veut notre mort ou peu s'en faut. Son air change. Tout dans son attitude montre un éloignement brutal. J'ai pas l'impression de mériter ça. Est-ce que j'ai été aussi horrible ? Est-ce que j'ai été nul à ce point comme ami ? Est-ce que c'est être un ami en carton, même, d'avoir envie de préserver le peu de santé mentale qu'il me reste...? Je sais pas comment je l'aurais pris, à sa place... j'arrive pas à m'y mettre parce que jamais, au rand jamais, je ne serais resté là pendant cinq ans. J'aurais remué ciel et terre pour me barrer, j'aurais préféré n'importe quel collège moldu moisi plutôt que celui-ci.

On n'a pas tous le choix.

Cette réponse me laisse sans voix. Comment ça...? Il est bien rentré pendant les vacances, non ? C'est qu'il a un endroit où aller alors... il n'a qu'à pas en repartir après l'été...? Qu'est-ce qui l'en empêche ? Je me rends finalement compte qu'on ne se connaît pas tant que ça... C'est nos points communs qui nous donnaient l'impression du contraire mais maintenant, c'est comme si j'étais face à un inconnu. Je ne connais rien de sa vie hors d'ici, de ce qui le pousse à s'accroche à cette école contre toute logique... Je ne connais rien. Et cette constatation est douloureuse.

Mon père se fiche bien de ce que je vis ici, et je n’ai pas réellement d’avenir là-bas non plus.

Et même là, alors que je prends conscience du fossé qui nous sépare, ce qu'il raconte fait écho à ma propre vie. Ma mère se fiche bien de ce que je vis ici... la preuve, elle n'a même pas voulu que je rentre, à Noël, et s'est contentée de me demander de prendre mon mal en patience jusqu'au départ il y a quelques jours... les appels au secours ont servi à rien – d'accord, j'ai pas fait l'étalage de la situation pour ne pas l'inquiéter mais... est-ce que j'aurais demandé à rentrer au bout de six ou sept mois et après avoir attendu ça des années si la situation n'avait pas été dramatique ? j'ai pas insisté, pour Noël, j'ai pas envoyé des lettres désespérées au bout de deux jours parce que je comprenais rien et que j'avais pas d'amis... j'ai fait tous les efforts du monde pour que ça marche... et elle aurait dû le savoir – et mon avenir dans le monde « normal » est aussi inexistant que celui que je peux avoir dans ce monde-ci... mon niveau est si chaotique que je peux tirer un trait sur tous les diplômes du monde, je ne sais pas faire grand chose, on a zéro réseau... Il faut être réaliste, en me barrant d'ici, je renonce au peu que j'aurais pu espérer... Mes oreilles se mettent à bourdonner, le choc, je crois. J'ouvre la bouche mais rien ne sort. Pour dire quoi ? « C'est pas grave » ? Si, ça l'est. Et j'aurais donné n'importe quoi pour qu'il n'ait pas à vivre ça...

C’est vrai, c’est un cauchemar cette école. Mais personnellement, je m’en réveille pas non plus en étant chez moi.

J'ai le réflexe idiot d'avancer la main sur les draps pour attraper la sienne mais il n'y a que le vie... un vide qui ressemble à celui que je ressens. J'ai l'impression d'être un monstre de lui imposer ça en plus de ce qu'il a déjà à supporter... mais je sais que je peux pas faire autrement. Bien sûr, peut-être que l'année serait mieux, bien sûr peut-être qu'on aurait une vie normale, bien sûr peut-être tout ce qu'on veut... mais si c'est pas le cas...? Je ne supporterai pas une autre année comme celle-ci. Jamais. Déjà les deux mois qui restent me semblent compliqués... Je ne veux pas qu'il me déteste pour ça. C'est pas juste. C'est vraiment pas juste... Il se racle la gorge et puis se lève. Mon monde s'effondre. Il va partir. Je sais qu'il va partir. Il y aura sûrement plus rien après ça. J'ai tout gâché, une fois de plus. Tu m'étonnes qu'il me déteste ! Y'a de quoi ! Je me déteste aussi... plus que je ne l'ai jamais fait, je crois. Tout était si... pas parfait mais bien, rassurant, évident... et il a fallu que... Ma gorge se noue, le regard que je pose sur lui est tellement embué que ce ne sont que des formes floues que je vois bouger.

Je suis désolé de t’avoir embêté. Il vaut mieux que tu te reposes.

Je secoue la tête, à rien de l'hystérie, alors qu'un « non » passe en boucle dans ma tête sans jamais franchir mes lèvres. Je veux pas me reposer. Je veux qu'il reste. Je veux qu'on parle de tout et de rien comme les fois d'avant, apprendre à le connaître pour de vrai, assassiner cette distance, ce fossé, cette fin qui se dessine. Mais je suis incapable de bouger. J'y arrive pas. Je suis tout juste capable de le fixer, retenant mon souffle jusqu'à ce que le couperet tombe.

Je pense que tu as pris la bonne décision, tu sais. Si tu as la chance de pouvoir sortir de cet enfer, il te faut la saisir.

Mais il... je comprends pas... il disait que... Plus rien n'a de sens. Je ne sais pas si c'est moi qui ai mal compris ou si... je sais plus. Je sais juste qu'il va partir. Mon cœur bat trop vite, trop fort. J'ai envie de vomir, de lui interdire de m'abandonner... Mais c'est pas exactement ce que je fais, moi ? Non, c'est pas pareil, c'est... une question de survie... Je lui en veux de ne pas être capable de comprendre ça mais, en même temps, quelle différence ? Je vais partir. Comme lui aujourd'hui.

Ça me chagrine de devoir te saluer, mais tu as raison. J’espère seulement qu’on gardera contact. Que tu me dises comment ça va, là-bas.

Une fois de plus, j'ouvre la bouche mais les mots me manquent. J'espère aussi... j'espère vraiment. Il est sûrement la meilleure chose qui me soit arrivée dans cette école. J'avais un ami... J'avais. C'est tellement spontané que... sûrement que c'est vrai. On est plus amis. On le sera plus jamais. Je veux dire... s'il était mon ami, il aurait compris... si j'étais le sien, j'aurais accepté de rester... Est-ce qu'on s'est juste voilés la face tout ce temps ? Je sais même plus...

Tiens-moi au courant de ton rétablissement. Et dis-moi si tu aimes les chocolats.

Et c'est tout. Pas un mot de plus, à peine un regard, un sourire trop triste pour en être vraiment un... et il tourne les talons. Durant tout le trajet qui le sépare de la porte, j'espère qu'il va se retourner, faire demi-tour... je me dis bêtement que je compte peut-être assez pour qu'il accepte de continuer notre amitié au moins jusqu'à ce que nos chemins se séparent, qu'il va rester quelque chose... et puis il la passe, la porte. C'est seulement maintenant que je trouve le courage de bouger. Je saute du lit, manque de tomber en me prenant les pieds dans le drap mais j'ai à peine le temps de faire deux mètres que l'infirmière sort de nulle part et me rappelle à l'ordre. Je dois me reposer... mais je m'en contrefiche ! Il est en train de quitter ma vie pour toujours, j'ai plus important à faire que de me reposer ! Mais non... c'est trop tard... son regard se fait intraitable et elle m'entraîne  doucement en arrière. Mes yeux refusent de lâcher la porte, comme si elle pouvait encore se rouvrir... mais il faut se rendre à l'évidence, c'était exactement l'adieu auquel j'ai voulu échapper. C'est fini. Il est parti.
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