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 don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET)

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N. Harriet Karmali

N. Harriet Karmali



À SAVOIR
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Arrivé(e) le : 22/08/2017
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Crédit : Junior ღ
Année : 4e - 15 ans (19/06)

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Classement au mérite: Argent
Statut Sanguin: Sang-Mêlé
Pouvoirs spéciaux: Animagus
Poste de Quidditch: Aucun
Patronus: Singe
Epouvantard: Un nain de jardin
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Message(#) Sujet: don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) EmptySam 10 Juil - 16:40



( don't go tell your mama 'cause she won't sleep | MISHA ☉ HARRIET )
Un pull, quelques billets de banque, une tablette de chocolat, une bouteille de coca, mon chargeur de téléphone, un stylo bille et mon journal intime : en quelques secondes seulement la fermeture éclair de mon sac à dos glissait sur son contenu, emportant les objets que je jugeais le plus utiles dans les tréfonds de son ventre replet. Les bretelles glissèrent sur mes épaules et mon dos devint un éléphant bleu foncé fait d’un tissu que les années avaient élimé. L’oreille aux aguets, immobile dans ma chambre, j’attends douze respirations, lentes et minutieuses, à l’affut du moindre bruit. Rien. Pas une planche qui craque, pas une porte qui claque, aucun bruit de télévision ni d’eau qui coule. Maman dormait. Elle n’aurait pas l’occasion de constater mon départ avant le lendemain matin, ce qui me laissais largement le temps de prendre un train et de partir en direction du premier aéroport. Sur la pointe des pieds, je me glissai à travers le battant de mon velu ouvert et pris appui sur les tuiles du toit de la maison. Notre maison, aurais-je dû penser, mais je persistais à affirmer que chez moi c’était à Rio ou Entebbe, mais certainement pas ici. Le ciel était cisaillé de nuages qui masquaient de temps à autres la lune laiteuse et les températures estivales ne dépassaient pas les seize ou dix-sept degrés. À pas de loup, je passe sur le toit voisin puis me laisse glisser le long de la gouttière et me réceptionne lestement sur le sol. Un dernier regard pour vérifier qu’aucune lueur n’apparaît à l’une des fenêtres et je m’éloigne de la ruelle tranquille.

Lilith — ma voisine et amie — était partie depuis quelques jours déjà chez ses grands-parents, à la campagne et loin de Londres. Ma seule bouffée d’air frais dans cette ambiance lourde et pesante — qui l’était à deux cent pour cent par ma faute et mon refus systématique d’adresser la parole à Maman ou de laisser une chance à cette nouvelle vie — qu’était la maison n’était plus là. Je ne connaissais personne, je n’avais rien à faire de mes journées — hormis un peu de bénévolat auprès d’une association de quartier qui servait des repas tous les jours dans un grand hangar non loin d’ici — et je n’avais pas la moindre envie de suivre les recommandations maternelles en m’intéressant à ma future école. Les conflits étaient permanents et n’avaient pas de fin. Je ne me souvenais plus d’une époque où nos rapports avaient été apaisés et complices, alors qu’ils existaient pourtant, perdus dans ma mémoire d’enfant. Encore une semaine avant de décoller pour Entebbe : c’était trop. J’étouffais, j’implosais, je voulais partir. Ce soir, la dispute de trop m’avait convaincue de faire mon sac et de me lancer à la découverte de Londres. Trouver un lieu où dormir pour les jours restants et ne réapparaître que quelques heures avant de prendre l’avion. Les difficultés n’existaient pas, les problèmes que je pouvais rencontrer en chemin non plus. Convaincue de pouvoir me débrouiller, inconsciente des risques existants, j’abandonnai le quartier tranquille de Primrose Hill pour suivre au hasard une direction.

Mon casque sur les oreilles, je marche sans me soucier de rien. L’air frais et la nuit ont le mérite de calmer les battements rageurs de mon coeur et ne reste plus que cette amertume habituelle. Plus je m’approche du centre de Londres — puisque je me rends vite compte, grâce aux panneaux en tout genre, que c’est par là-bas que je vais — plus les rues se font animées. Je jette un coup d’oeil à mon portable. Il n’est pas encore minuit et on est samedi. Je baisse mon casque et mets en pause ma musique, happée par l’atmosphère de l’endroit. Je me retrouve rapidement dans une rue percée de bars, de part et d’autres, pleine de monde qui va et vient. De la musique résonne de partout et des gens, aux fenêtres, fument des cigarettes, une bière à la main. Machinalement, mes doigts se resserrent autour de mes bretelles et je déglutis. Non pas que l’ambiance me déplaise — je la trouve entraînante — mais je me sens toute petite perdue au milieu de la foule et, surtout, pas du tout à ma place. Quelques personnes me jettent bien des regards un peu plus appuyés, mais je continue de me faufiler, observant tout ce que mes yeux sont capables de regarder, sensible au brouhaha qui fait vibrer ce quartier. « Pardon » je m’exclame en bousculant quelqu’un qui est déjà loin quand ma voix lui parvient.

J’erre au hasard, un long moment durant, flânant devant les bars dont les terrasses débordent sur les pavés de la rue, observant les longues files qui se créent devant des portes qui s’entrouvrent de temps à autre pour avaler un fêtard ou en recracher un autre. Quelques filles perchées sur des hauts talons lancent de grand sourire aux passants éméchés. Devant moi, un homme s’arrête justement et me dévisage avant de me demander successivement si je suis seule, si je veux boire un verre, quel est mon numéro. J’hoche négativement la tête plusieurs fois, fais un pas en arrière quand il en fait un en avant. Il pue l’alcool à plein nez et je n’ai qu’une envie : me tirer d’ici. Un cri quelque part m’arrache son attention, suffisamment longtemps pour que je m’éloigne sur sa gauche et me mette à courir. Loin de lui. J’entends bien un Hé indigné mais je m’en fiche et je disparais au coin de la rue pour poursuivre dans une autre, au moins aussi pleine.

Le monde et l’effervescence m’épuisent doucement. Je m’éloigne dans une ruelle perpendiculaire qui serpente entre deux immeubles dont le bas est occupé par des bars et une discothèque — ainsi qu’un Club Confidentiel, pour ce que ça peut bien vouloir dire… — et dont le haut semble inoccupé. Mes yeux fouillent l’obscurité repoussée par les néons de l’avenue principale et finissent par tomber sur une échelle accrochée à la façade. Elle tremble un peu quand je la secoue mais rien qui ne me semble impraticable alors je me lance, un barreau après l’autre, un sourire qui s’étire doucement à mesure que je prends de la hauteur. Un peu essoufflée après tous ces efforts — une longue marche, un sprint et maintenant de l’escalade — j’arrive au sommet d’un toit plat percé de bornes carrés, dont une avec une porte qui doit mener vers l’intérieur, et de conduits dont rien ne s’échappe. Je m’approche du bord pour constater que l’étage du dessous possède plusieurs terrasses laissées à l’abandon. Personne ne vit ici, et c’est tant mieux. Quelques acrobaties plus tard et j’y suis, seule au monde, surplombant la même avenue animée où je me sentais si petite quelques minutes plus tôt. Mon sac glisse au sol, je me hisse sur le rebord et me penche un peu en avant, les jambes dans le vide. Qui penserait à lever la tête alors que toutes les choses intéressantes se situent en bas ? Tant qu’il ne pleut pas, je suis très bien ici.

@Misha A. Bradford

( Pando )
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Misha A. Bradford

Misha A. Bradford



À SAVOIR
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Arrivé(e) le : 05/01/2012
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Crédit : Yuri Pleskun
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Message(#) Sujet: Re: don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) EmptyLun 12 Juil - 23:55

Don't go tell your mama 'cause won't sleep
EXORDIUM.
“J'vais rejoindre des potes !” Répliquais-je à l'attention de mon oncle avant de claquer la porte de l'appartement sans discrétion. Je reconnais que je ne prends même pas la peine d'attendre une quelconque réponse de sa part, je suis assez pressé et s'il a vraiment un truc important à me dire, un sms ne tue personne. Maintenant qu'on est de retour à la civilisation, sans les contraintes et restrictions magiques, autant en profiter. Je vérifie que j'ai bien le billet que je lui ai taxé discrètement dans le courant de l'après-midi et je déboule dans le hall de l'immeuble en bousculant au passage une vieille dame chargée de ses courses. Je lance une vague excuse, sans m'arrêter pour autant et je l'entends au loin pester à mon encontre, ce qui me tire un sourire amusé. Ca va, il n'y a pas mort d'homme, la vieille s'en remettra et puis ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'elle avait à se plaindre de moi. Je dirais même que c'est presque devenu un rituel entre nous, à chaque jour sa petite critique à mon encontre, histoire de la garder en forme. Et je ne me moque pas d'elle, je brille d'inventivité pour lui faire péter une pile. Vous la verriez frapper aux murs ou venir devant notre porte pour se plaindre à Wayde. Trop bruyant, grossier, peu aimable, arrogant, voleur et j'en passe, elle a toujours le mot gentil à mon égare. Wayde s'excuse de moins en moins de bon coeur, lasse de ce petit numéro et je sens que si je le pousse à bout, il pourrait l'envoyer chier lui aussi la vieille... ça serait amusant. Dans quelques jours, elle va être de nouveau tranquille, puisque Wayde et moi nous envolons pour Moscou. J'ai hâte, vous n'avez pas idée ! J'avoue que quand il m'a proposé l'idée, j'étais évidemment enthousiaste mais méfiant. Je craignais qu'il finisse par changer d'avis ou par utiliser ça comme moyen de pression pour me garder sous sa coupe. Mais ça n'a pas été le cas et j'avoue que c'est plutôt cool de sa part. Notre relation change, lentement, très lentement, mais d'une façon plutôt positive. J'ignore où ça va nous mener mais sait-on jamais, peut-être qu'un jour, j'arrêterais de lui reprocher tout ce qui ne va pas dans ma vie...

En attendant que ce miracle n'arrive, je fonce dans les rues de Londres. A force de les avoir arpenté tous les soirs à chaque vacance d'été, je peux vous dire que je les connais par coeur. Will m'attend à quelques rues de chez moi, on a décidé d'aller taguer un peu. Ce mec je l'ai rencontré à mon arrivée à Londres. J'étais pommé, en colère et je captais rien à ce qu'il me racontait. On s'est pris la tête, on s'est battu plusieurs fois, on s'insulte souvent mais on est toujours content de ce voir. Il sait que je débarque tout droit de Moscou, que mes vieux sont morts, que je vis chez mon oncle et que durant l'année scolaire, je suis envoyé dans un pensionnat au fin fond de l'Ecosse. Je prétends que mon oncle veut me remettre dans le droit chemin et Will y croit. S'il savait toutes les conneries qu'on a pu faire avec mes potes à Poudlard, il réaliserait bien vite que personne n'est vraiment prêt à me mettre sur le droit chemin. M'enfin, on s'en fout, je ne l'apprécie pas pour ça ! Quand j'arrive à sa hauteur, on se salue rapidement et je ne perds pas de temps “Tu les as ?” Lui demandais-je. Il fait oui de la tête en ouvrant son sac pour me montrer les bombes de peintures qu'il a chourré au magasin de son père. Il va certainement se faire défoncer demain quand son vieux aura capté qu'il en manque mais on s'en fout, on pensera à ça plus tard. Je lui souris, lui donne une tape sur l'épaule et je reprends mon chemin. J'allume une clope et c'est en bavassant de tout et de rien qu'on rejoint le spot qu'on a découvert hier en repérage de ce soir. “Allez, bouges toi le fion bordel, on ne va pas y passer toute la nuit !” Répliquais-je à son encontre en le regardant galérer à monter à l'échelle de secours. “P'tain tu commences quand le régime gros lard ?!” Le taclais-je quand on finit par arriver sur le toit du bâtiment. Il me frappe avant qu'on se mette à rire ensemble. J'l'aime bien ce Will, même si on sait tous les deux que si jamais on se fait courser par les flics, je le laisse à la traîne sans une once de remord. Il aura au moins l'utilité de les occuper un peu, pendant que je prendrais le large.

Will sort le matos et commence à taguer. On peut dire ce qu'on veut sur lui, c'est un putain de bon dessinateur. Moi je suis juste là en spectateur, je m'amuserai peut-être à grapher un autre pant de mur, mais ça sera très loin d'être à la hauteur de son talent. Mais on s'en fout, je ne suis pas là pour ça, j'aime juste prendre de la hauteur, le regarder dessiner et fumer un bon join. Je m'installe sur le parapet à quelques pas de lui et je commence sans pression à rouler. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que mes yeux tombe sur une silhouette que je n'avais pas repéré avant. Je ne dis rien et contenu ce que je suis en train de faire. Il me faut quelques instants avant d'allumer mon join et c'est après avoir expiré que je lance à la personne en dessous de moi “C'est sympa chez toi ! J'espère que ça ne te dérange pas qu'on y ajoute quelques couleurs ?!” J'ignore tout de cette personne, je sais juste une chose, si c'est vraiment chez elle, il y a des chances qu'elle nous balance aux flics. Je sens que les escaliers, Will va les descendre beaucoup plus vite qu'il ne les a monté ...





Misha Aleksander Bradford
“Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant.” Kundera Milan ♦ by dream's
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Message(#) Sujet: Re: don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) EmptyMer 14 Juil - 12:54



( don't go tell your mama 'cause she won't sleep | MISHA ☉ HARRIET )
Je ferme les yeux et, le temps d’un instant, je ne suis plus à Londres assise sur le muret d’une terrasse laissée à l’abandon, sur les flancs d’un bâtiment dont les étages inférieurs servent de boîte de nuit, mais de retour au Brésil, dans cette forêt immense et sauvage, perchée au sommet d’un arbre centenaire au creux duquel je me sens à l’abri. La bise est humide mais plus tiède que celle d’Angleterre, les senteurs différentes, les sons plus étouffés. Je glisse dans les méandres de mes souvenirs, plonge au plus profond de moi-même. Il me suffirait d’un souffle pour m’enfoncer plus loin encore et rouvrir les yeux sous l’apparence de mon animal totem mais je me reprends avant que cela n’arrive. Seule au milieu de la foule moldue, je doute que faire usage de la magie soit une idée très éclairée. Le but était de fuir, pas de me faire attraper par la police sorcière et ramener chez moi accompagnée d’une sanction judiciaire. Mes pieds battent dans le vide et mon regard se perd dans la masse qui fourmille, quelques mètres plus bas. Il y a parfois quelques éclats — de voix, de rire, de colère — qui percent le brouhaha ambiant et m’arrivent aussi distinctement que si j’étais parmi eux mais, globalement, je n’entends qu’un amas indistinct de musique et de cacophonie humaine. Je me demande combien de temps va mettre Maman avant de s’en rendre compte que je ne dors pas paisiblement dans ma chambre. Est-ce qu’elle va se réveiller demain matin et passer la tête dans ma chambre comme elle le fait certaines fois quand elle pense que je suis profondément endormie ou bien est-ce qu’elle ne constatera mon absence que dans la soirée, en rentrant du Ministère pour constater que je suis nulle part ? Penser à elle réveille des colères qui ne sont jamais plus loin que la lisière de mes pensées et mon regard s’assombrit. Je ne compte pas revenir, de toute façon. Je vais tenir le temps qu’il faut pour n’avoir plus que quelques heures avant de prendre l’avion et m’envoler chez moi. Parce qu’ici, ça ne l’est pas. Son travail est peut-être important, plus que tout le reste pour elle, mais ça m’est égal, je veux retourner là où j’ai grandi et qu’on arrête de me trimballer à droite et à gauche comme si je n’étais qu’un meuble parmi les autres.

De nouveaux rires me parviennent et m’arrachant un sourire lointain tandis que j’imagine ce qui peut les amuser autant. Est-ce que c’est cet homme dans la rue qui jongle avec des quilles ? Ou alors ce serveur qui a apporté un plateau chargé de bières à un groupe d’amis installés en terrasse et avec lesquels il semble discuter jovialement ? Impossible à dire, ça pourrait venir de n’importe où et de nulle part en même temps. Puis des éclats de voix parfaitement distincts accompagnent les éclats de joie et je sursaute. Ça ne vient pas d’en bas mais d’en haut. La terrasse est grande mais ce n’est pas comme si j’avais quoi que ce soit pour m’abriter ou me cacher, à moins que je ne me faufile sous la table abandonnée — perspective qui ne m’enchante guère. Est-ce que c’est la police ? Ou bien un groupe de squatteurs qui ont l’habitude de venir ici ? Je serais donc chez eux, une intruse indésirable ? Sans un bruit, je glisse de l’autre côté du parapet, mes yeux noirs fouillant les ombres de la nuit pour y discerner les silhouettes qui sont à l’origine de ces bruits. Je crois voir une tête passer puis disparaître et des sons incertains — un peu comme des bouteilles dans un sac qu’on aurait laissé tomber par terre et qui s’entrechoquent — la remplacent. Un groupe d’amis venus faire la fête dans un endroit isolé ? Je me demande comment me sortir de là sans me faire voir — je n’ai pas vraiment envie de tomber sur plusieurs inconnus en bande, pas sur ce toit, pas à cette heure-ci — mais j’abandonne bien vite cette idée. Il n’y qu’un seul accès pour retrouver la rue en contrebas et il faut repasser par le toit, désormais territoire occupé par l’inconnu. Seule solution, rester sur mon bout de terrasse en espérant qu’ils ne viendront pas jusque ici et qu’ils s’en iront dans quelques heures.

Un espoir qui disparaît bien vite. Les lumières de la rue occupée à la fête me permettent de déceler une nouvelle silhouette qui s’accoude au muret du toit, celui-là même que j’ai escaladé pour descendre jusqu’ici. Puis il s’y hisse pour s’y installer, fouillant dans une poche avant de ne plus bouger — du moins me donne-t-il l’impression d’être immobile. Il lui suffirait de tourner la tête pour contempler la vue et il apercevrait probablement sans mal la silhouette seule debout sur le balcon à l’abandon. J’ai l’impression que des heures entières s’écoulent. Je ne le lâche pas des yeux, craignant qu’il ne me remarque au moment où je me détourne. Pourtant, je ne vais pas rester comme ça toute la nuit, immobile et stoïque, à attendre qu’il disparaisse… Je retiens un soupir avant de finalement me détourner et faire quelques pas de l’autre côté de la terrasse, aussi silencieuse que possible. Il doit bien y avoir moyen de passer sur un autre balcon, puis encore un autre, et peut-être de rejoindre l’autre côté du bâtiment, celui où m’attend l’échelle de secours ? Inutile de penser à briser une vitre, le bruit attirerait sûrement toute son attention avant même que je ne sois entrée dans l’immeuble. Et puis, une fois dedans, rien ne me garantissait que je ne trouverai pas porte close, ni même que l’escalier pourrait me permettre de quitter les lieux.

Le bruit d’un briquet qu’on actionne me fait relever la tête. Une flamme éphémère éclaire les traits masculins de la silhouette toujours assise sur la rambarde puis disparaît au profit d’un nuage de fumée qui trouble un instant l’air autour de lui. Et là, sa voix qui s’élève pour me parler. Je pourrais douter que ce soit vraiment le cas — après tout, il pourrait très bien être en train de converser avec une autre personne, là-haut — mais je ne le fais pas. Quelque chose dans son ton me fait dire qu’il m’a très bien vue. Si j’avais le moindre doute, le voir se tourner et baisser la tête dans ma direction achève de les écarter. Autant pour rester invisible. Ses mots me surprennent au moins autant que le son de sa voix : chez moi ? Il pense que j’habite ici ? Je jette un coup d'œil circulaire : de son point de vue, peut-être que la table n’est pas si délabrée, peut-être que les chaises n’ont pas des pieds cassés, et peut-être ne voit-il pas les feuilles et la poussière accumulées dans les recoins. « Des couleurs ? » Ça m’intrigue. Qu’est-ce qu’ils font ici ? Surtout qu’il a plutôt l’air en train de fumer et non pas de colorier quoi que ce soit. Je récupère mon sac à dos et repasse une lanière sur mon épaule avant de me rapprocher du mur, en dessous de ce type dont la présence fait battre mon cœur un peu plus fort. Je ne sais pas trop ce que je risque à le rejoindre mais puisqu'il sait que je suis ici, ça ne change pas grand chose que je reste sur le balcon ou que je monte sur le toit, n’est-ce pas ? « Je peux venir voir ? » J’attends son assentiment avant de faire en sens inverse ce que j’avais fait quelques dizaines de minutes plus tôt. Un pied sur le meuble défoncé collé contre le mur, mes doigts qui s'agrippent sur le sommet de ce qui avait, un jour, probablement été une petite véranda, puis je grimpe sur le toit. J’essuie rapidement mes mains poussiéreuses sur mon pantalon tout en observant les alentours. Il n’y a que le gars à qui je parle et un autre, silhouette sombre parmi les ombres du toit, une bombe de peinture dans la main. Inconsciemment, le fait de savoir qu’ils ne sont que deux me rassure un petit peu. Je m’approche de plus près, suffisamment pour pouvoir mieux distinguer son visage. « C’est pas chez moi » fais-je avec un petit mouvement d’épaules qui fait bouger mon sac au passage. Histoire qu’ils ne pensent pas que je pourrais les dénoncer et qu’ils ne se mettent pas en tête de devoir me faire taire. Peut-être que je me crois un peu trop dans un film, mais la nuit rend plus propice les divagations de l’esprit.

@Misha A. Bradford

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Misha A. Bradford

Misha A. Bradford



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Message(#) Sujet: Re: don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) EmptyLun 9 Aoû - 14:44

Don't go tell your mama 'cause won't sleep
EXORDIUM.
En général on ne graphe pas n'importe où, on fait un peu de repérage avant histoire d'être sûr qu'on pourra être tranquille un moment. C'est que Will est un artiste et que son art, on le respect un minimum. Hors de question de faire ça entre deux voitures, à la sauvage, avec aucune chance de pouvoir terminer avant que la bleusaille n'arrive ! L'idée ce n'est pas qu'il bâcle le travail, c'est donc important d'avoir un lieu un peu tranquille, au moins en plein milieu de la nuit. Il n'y a pas que moi qui aime ce qu'il fait, il est suivi par pas mal de monde sur insta. Chaque oeuvre est immortalisée sur les réseaux. Il ne file jamais le lieu exact du graphe, juste au cas où des petits malins voudraient venir tout gâcher, mais il laisse quelques indices, pour les plus aventuriers. C'est cool parfois de voir de parfaits inconnus se prendre en photo devant ses oeuvres et les voir le taguer dessus, c'est une belle reconnaissance pour lui. Son daron n'y comprend rien à tout ça, c'est une belle perte de temps, mais son avis ne nous importe peu au final, Will s'épanouie bien trop dans tout ça pour arrêter complètement. Je suis donc surpris de voir quelqu'un sur la terrasse dans dessous, on pensait vraiment que c'était abandonné, visiblement à tort. Un détail a dû nous échapper quand on est venu la veille, quelque chose qui aurait pu nous mettre sur la voie et nous faire comprendre que ce n'était pas laissé à l'abandon. Maintenant c'est un peu tard pour regretter, il va falloir faire avec et gérer le problème. Will est occupé, c'est donc à moi de tenter de faire en sorte que cette inconnue n'appelle pas les flics. C'est con quand même, l'endroit était idéal, la nuit personne ne lève la tête mais au matin, on aurait pu voir le résultat d'en bas, sans pression, une belle publicité pour ce cher Will !

Je prends mon temps avant de lui adresser la parole, j'analyse dans un premier temps la situation. Cette personne a l'air seule, mais rien ne me dit qu'il n'y a pas d'autres personnes à l'intérieur. Cela dit si c'est le cas, ne voyant aucune lumière dans l'appart', c'est qu'elles doivent potentiellement toutes dormir, ce qui est plutôt une bonne chose. Je ne l'ai pas vu sortir, je me dis donc que soit je n'ai pas été assez attentif - ce qui est possible, après tout je ne m'attendais pas à croiser qui que ce soit ici - soit alors elle était déjà dehors quand on est arrivé. Donc... c'est fort probable que les flics n'ont pas encore été averti. Bon point pour nous. J'en suis à peu près là de mes réflexions quand j'allume mon taze et que je m'adresse enfin à elle. Peut-être qu'en initiant la conversation, je vais pouvoir désamorcer de potentiels ennuis en perspective. L'espoir fait vivre après tout ... Mes propos ont l'air de l'interpeler car pour la première fois, j'entends sa voix. Dans le noir, difficile de pouvoir dire si c'était une fille ou un mec de petite corpulence, mais maintenant je sais que j'ai en face de moi une meuf. Je ne sais pas si c'est préférable ou non mais au moins j'ai une information en plus sur elle. Je la vois s'approcher du mur, l'air intéressée par les couleurs. Elle me demande si elle peut venir voir, ce qui est assez amusant en soit, après tout, on est chez elle, non ? “Fais toi plaisir ... fais comme chez toi surtout !” Répliquais-je en plaisantant. Je la vois grimper le mur et je me dis qu'il aurait certainement été plus simple pour elle de passer par l'intérieur, après tout, n'y a-t-il pas un accès au toit via les couloirs ? Je ne cherche pas plus loin et la regarde se débrouiller à grimper, elle a l'air de s'en sortir pas trop mal. Une fois en haut, elle remarque la présence de Will. Est-ce un subterfuge pour savoir combien nous étions en haut ? Le mystère est levé et au fond, à mon sens, ça ne change pas grand chose. Elle finit par m'avouer en s'approchant qu'elle ne vit pas ici. On ne s'était donc pas foiré sur le repérage, c'est bien abandonné dans le coin .... parfait !

Will finit par sortir de sa concentration en entendant la voix de la fille et c'est surpris qu'il se tourne vers moi “T'inquiètes bro, elle vient voir ce que tu fais !” Ca sert à rien qu'il panique inutilement, je gère la situation. Il nous observe quelques instants incertain avant de reprendre son travail. Je le connais suffisamment pour savoir qu'il ne va pas être à l'aise pendant un temps mais il finira par l'oublier. Je me tourne vers la fille “Tu viens souvent squatter ici ?” Si c'est le cas, elle doit savoir s'il y a souvent du passage ou non. Je préfère me renseigner, plutôt que de découvrir une horde de squatteur débarquer de nulle part dans la soirée. L'endroit m'avait l'air calme mais ce n'est pas toujours gage de tranquillité, on n'est peut-être juste venu le mauvais jour !
“Moi c'est Misha et lui c'est Will ... et toi ?” Autant faire les présentations, histoire que ça ce soit réglé. Maintenant que je la vois un peu mieux, j'ai l'impression qu'on est sensiblement tous du même âge, à un ou deux ans près. Je ne l'ai jamais croisé dans les rues de Londres mais encore une fois, ça ne veut pas dire grand chose, si ça se trouve, on ne traine pas dans les mêmes lieux ou alors pas au même moment. Cela dit Will n'a pas l'air de plus la connaître, je me dis donc qu'on ne vient pas de la même zone de Londres. “Qu'est-ce que tu fais là ?” Lui demandais-je curieux, avant de lui tendre mon taze.





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( don't go tell your mama 'cause she won't sleep | MISHA ☉ HARRIET )
Prisonnière de cette terrasse, je n’ai pas vraiment d’échappatoire. C’est probablement stupide de se sentir soulagée de savoir qu’ils sont au moins deux, là-haut, mais c’est pourtant le cas. Je trouve ça moins étrange, moins inquiétant. Des potes venus se perdre ici pour profiter d’une soirée sans âme qui vive… exceptée la mienne. Qu’est-ce que je peux faire ? Me cacher sous la table ne me tente vraiment pas ; rester immobile et silencieuse en espérant qu’ils partent vite rendrait cette soirée interminable ; je préfère éviter de leur adresser la parole tant que je n’y suis pas obligée ; trouver une autre sortie semble compromis. J’essaie quand même, en désespoir de cause : est-ce qu’un autre balcon pourrait m’offrir un chemin alternatif afin de m’éloigner des nouveaux venus ? Mes yeux scrutent la pénombre et tentent de dessiner un parcours qui me tirerait de ce piège dans lequel je me suis fourrée comme une grande. Et si c’était des meurtriers ? Des mecs qui venaient de commettre un crime ou un larcin quelconque et qui me considéreraient comme une témoin indésirable qu’il faut éliminer ? Cette perspective fait glisser un frisson glacée le long de ma colonne vertébrale… Il faut que je me calme et que j’arrête de me faire des films : les probabilités qu’ils soient autre chose que des gens lambdas qui aiment les hauteurs abandonnées étaient bien faibles. Mais même s’ils n’étaient que ça, rien ne me garantissait qu’ils me laisseraient en paix…

De toute façon, l’espoir de passer inaperçue vole en éclat quand la voix d’un garçon s’élève, et, avec lui, les craintes diverses et variées que mon imagination m’imposait. Je me retourne pour lui faire face, essayant de distinguer un peu mieux ses traits dans cette semi-obscurité ponctuée de lueurs éparses et lointaines. Il ne semble pas agressif et ça me rassure un petit peu, sans me faire baisser complètement ma garde. Il parle d’ajouter des couleurs quelque part et je lui demande, avec une assurance que je suis loin de ressentir, intérieurement, si je peux venir jeter un coup d'œil. Il me donne son approbation et je grimpe rapidement au sommet du toit, le cœur battant un peu plus vite à chaque seconde, mon cerveau continuant de me jouer des tours pour me faire penser à toutes les possibilités. Et s’ils étaient un gang entier ? Une mafia sanguinaire ? Ou bien des fugitifs ? Mon regard parvient bien rapidement à la conclusion qu’ils ne sont que deux et un soupir de soulagement imperceptible file entre mes lèvres. Le deuxième type a l’air d’être bien occupé alors je me concentre sur le premier, celui qui m’a parlé, et je lui avoue — encore une fois, sans savoir si c’est très stratégique de ma part — que je n’habite pas ici. Il l’aurait facilement compris, de toute façon. Il suffit de se laisser glisser au niveau des terrasses pour comprendre que personne ne réside plus dans cet immeuble, hormis une bonne dose de poussières et probablement quelques colonies de rats. Ainsi que nous trois, pour ce soir.

L’autre garçon remarque finalement ma présence, stoppant net ce qu’il était en train de faire et que je peine toujours à comprendre pour se tourner dans notre direction. Celui qui est proche de moi le rassure, en tout cas ça y ressemble, et j’hoche machinalement la tête comme pour confirmer qu’il dit vrai. Il a pas l’air méchant et j’ai envie de croire que son pote est pareil, mais j’ai vu trop de film composé de personnalités opposées pour parvenir à m’en convaincre totalement. À quelques mètres de nous, le gars hésite avant de finalement se pencher, récupérer un truc au sol et se remettre à faire ce qu’il faisait. Les couleurs ! C’était ça ! Je fais le lien entre les mots du premier et les actes du second. Pas de tueurs en série, juste deux amis venus graffer les murs d’un lieu abandonné. Encore un peu plus soulagée, j’en oublie toute règle de prudence élémentaire et la vérité sort spontanément d’entre mes lèvres, sans que je ne cherche à peser le pour ou le contre de la lui révéler. « Pas du tout, c’est la première fois. » Mes lèvres se resserrent avant que je n’aie la bonne idée d’en dire plus et de lui avouer que j’ai fugué de chez ma mère pour me perdre dans les rues d’une ville que je ne connais pas. « Vous ici ? » je lui demande après une brève déduction. Dans le cas inverse, il aurait su sans aucun doute que le coin était inhabité.

Misha et Will. Mes yeux foncés passent de l’un à l’autre avant de se fixer résolument sur Misha. Les ombres grignotent son visage en grande partie mais je peux quand même percevoir sa peau pâle, ses cheveux coupés à ras et les braises de ce qu’il tient entre ses doigts. Il a l’air parfaitement à l’aise, comme s’il faisait ça tous les soirs — ce qui est peut-être le cas. En tout cas, les secondes qui défilent renforcent mon opinion première, celle qui me souffle de ne pas m’inquiéter et qu’il n’a pas l’air plus méchant qu’un autre. À tort ? L’avenir me le dira. « Harriet, moi c’est Harriet. » C’est la moindre des choses que de se présenter à mon tour. Mes doigts crochetés autour des lanières de mon sac à dos, je me sens un peu gauche et bien moins détendue que le garçon, Misha. Mais je fais bonne impression et n’en montre rien. Comme si c’était le premier jour de la rentrée et qu’il me fallait faire face à des nouveaux camarades, je garde la face, les épaules droites, et je m’adapte. Un véritable caméléon. Une nouvelle question, cette fois-ci accompagnée de son joint — car l’odeur, dans l’air, ne laisse pas de place au doute. Je l’accepte, un merci se faufilant entre mes lèvres circonspectes qui se referment bientôt autour du carton. Mes cousins fument, mais moi ce n’est arrivé qu’en leur présence. Au moment où la fumée glisse jusqu’à mes poumons, les senteurs imprégnées de souvenirs me submergent et le souvenir de ce type, à leur soirée, me revient. Je lui redonne aussitôt son joint, étouffant un toussotement dans mon poing serré, déglutissant sans parvenir à faire passer cette sensation de brûlure au fond de ma gorge. « Je n’avais pas envie de rester chez moi ce soir. » Et je projette de rejoindre l’aéroport d’ici demain pour retourner chez moi, mon vrai chez moi. Mais ça je le garde pour moi. « Et vous ? Vous vous connaissez bien ? » Ils sont d’ici, c’est presque sûr, enfants de la ville qu’ils connaissent par cœur, à l’opposé de cette fille trimballée de continent en continent, arrachée à ses racines.

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Message(#) Sujet: Re: don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) don't go tell your mama 'cause she won't sleep (MISHA ☉ HARRIET) EmptyMer 8 Sep - 22:42

Don't go tell your mama 'cause won't sleep
EXORDIUM.
La soirée ne se passe pas totalement comme prévue, comme bien souvent il faut bien l'avouer. On ne peut pas aller contre les événements et on aura beau prendre toutes les précautions du monde, il y aura toujours des imprévus à gérer. Aujourd'hui, c'est cette fille, demain ça sera peut-être les flics, un gang ou son daron, allez savoir. Perso, je ne le vis pas mal, je commence à en avoir l'habitude. Parfois les imprévus ne sont pas si désagréable qu'on pourrait le craindre, voire même parfois ils en valent vraiment le détour. Dans notre cas ? Trop tôt pour le dire, mais j'aime à croire que ça aurait pu être pire, réjouissons nous. Will n'en est pas capable pour l'heure, trop accaparé par son art pour vraiment prendre conscience de la réalité. Et c'est tant mieux, Will est un gros trouillard, il flippe pour un rien, j'ai pas envie de devoir prendre la tangente ou perdre mon temps à le raisonner à cause d'une fille. Il y a bien un temps de battement entre le moment où il réalise qu'on n'est pas seul et le moment où il reprend sa bombe pour retourner grapher. J'ai bien cru qu'il allait me prendre la tête mais par chance, il est trop concentré sur ce qu'il fait pour vraiment brancher son cerveau. Parfait ! Je me tourne donc vers notre invitée de ce soir, il est de mon devoir d'en apprendre un peu plus sur elle pour lever toutes suspicions et puis si ça se trouve, je vais apprendre des trucs sympas.

Bon, déjà c'est la première fois qu'elle vient squatter ici, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Non pas que ça me dérangerais vraiment qu'elle vienne ici régulièrement, mais je me dis qu'il y a moins de chance que ce soit un lieu surveiller par les flics si personne ne vient ici en général. Bon, vous allez me dire, ce n'est pas parce que c'est la première fois qu'elle vient ici que personne ne vient jamais, mais osef, on dira que c'est quand même une bonne nouvelle. “Tu attends du monde ou t'avais envie de trouver un endroit tranquille où passer la nuit ?” Ca m'arrangerais que ce soit la deuxième option, on ne va pas se mentir. Parce que si c'est la première, Will va péter un câble et il est clair qu'il ne terminera jamais son graphe et je n'ai pas envie d'avoir fait ça pour rien. J'adore ce mec, j'ai fini par m'y attacher à cette tête de con mais bordel qu'il n'est pas courageux pour deux noises. C'est dans ces moments là que j'aimerai qu'il ressemble plus à Jade ou Blaze. Mais bon, on ne peut pas tout avoir, j'ai de la weed gratuite, je ne vais pas trop en demander ! En tout cas si c'est la deuxième option, sorry not sorry. C'est clair qu'elle aura loupé son coup et que ce n'est pas ce soir qu'elle sera seule et tranquille. Mais j'aime à croire - peut-être un peu trop narcissique pour mon propre bien - que je suis de bonne compagnie ... enfin quand je suis de bonne humeur, cela va s'en dire. Et par chance pour elle, ce soir je suis d'excellente humeur. J'ai de quoi planer, un bon spot, un peu d'alcool dans mon sac et toute la nuit pour profiter de ma jeunesse. Ca fait un bien fou de revenir à Londres. Non pas que cette ville est mieux que Moscou, jamais de la vie, mais en attendant d'y retourner, c'est toujours mieux que ce vieux château pourrave... surtout qu'il ne va pas en s'arrangeant !

Je hausse les épaules avant de m'asseoir de nouveau sur le parapet “Nope ! On est venu pour la première fois hier, en faisant du repérage pour son graphe et on a trouvé l'endroit plutôt cool !” Bon, ce n'est clairement pas le lieu où je viendrai passer toutes mes soirées mais pour grapher, c'est plutôt pas mal. Harriet, voilà comment elle s'appelle. C'est pas un prénom que j'ai souvent entendu, mais j'ignore s'il est commun dans le coin ou pas. J'esquisse un sourire et je lui offre de tirer sur mon joint. Elle accepte mais j'ai comme la sensation que ce n'est pas quelque chose qu'elle fait souvent. Une taffe, à peine inhalée qu'elle me rend déjà le joint, étouffant une toux. Je ne dis rien, je me contente de récupérer mon bien. Ce n'est pas la première, ni la dernière à vouloir tenter de nouvelle expérience, on a tous commencé un jour. Elle m'avoue qu'elle n'avait pas envie de rester chez elle ce soir, comme je la comprends. Je me souviens des première temps ici, j'étouffas dans l'appartement, il fallait que je fuis le plus loin possible. Même à Poudlard j'avais du mal les premiers temps. J'avais besoin d'être dehors, d'avoir la sensation d'être libre, même l'espace de quelques instants, de gérer encore mon existence et ne pas être victime du destin. C'est vain, bien entendu, mais ça reste humain. J'imagine qu'aujourd'hui, j'ai fait une croix sur tout ça, j'ai fini par accepter les choses ... plus ou moins. Ce n'est pas facile, mais un pas après l'autre comme dirait l'autre. Je hoche la tête “J'comprends. ” Je n'en dis pas plus, je doute qu'on ait eu les mêmes raisons de fuir. Elle a certainement juste eu envie de faire le mur, agacée de ses parents, lasse de sa vie planplan ou juste une envie d'aventure, une connerie dans ce genre là.

“Ca fait ... 2 ans ... ?!” Répliquais-je en tournant mon regard vers Will, me rendant à peine compte du temps qui s'était écoulé depuis notre première rencontre. 2 ans que je suis coincé ici, ça fait long ... et en même temps, j'ai pas vu le temps passer. J'aurai beau craché sur ma vie ici, il y a eu des trucs sympa quand même, mes potes en tête de liste. “C'est l'une des premières personnes que j'ai rencontré quand j'ai débarqué à Londres.” Une des premières avec qui je me suis battu aussi... tout comme Blaze. Comme quoi c'est dans la violence et le sang que j'arrive à nouer de fortes amitiés. C'est chelou, je vous l'accorde, mais ça me correspond pourtant si bien. “T'aies de Londres ?” J'ignore si c'est une question con ou pas. Je n'arrive pas à savoir si la majorité des gens que je croise ici sont des enfants du pays ou des étrangers tout comme moi, j'imagine que c'est un peu des deux...





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( don't go tell your mama 'cause she won't sleep | MISHA ☉ HARRIET )

C’est quand même pas l’idée du siècle… cette soirée toute entière. Je sais bien que fuir la maison ne m’apportera que des ennuis — si ça n’est pas sur le chemin, ce sera au bout de celui-ci, quand Maman me retrouvera — mais je m’aveugle d’une mauvaise foi adolescente teintée de rancune qui me persuade que je suis capable d’atteindre l’aéroport et de m’envoler pour Entebbe sans encombres. Ce toit était comme le plus idéal des refuges avant que les deux garçons n’arrivent et, maintenant, je me retrouve au côté d’un des deux, à discuter tranquillement tandis qu’il me pose des questions qui résonnent étrangement dans ma tête. Est-ce qu’il veut simplement faire la conversation pour montrer patte blanche ou bien est-ce qu’il essaie d’en apprendre plus afin de s’assurer que je suis une proie facile ? Un instinct qui n’appartient qu’à moi me souffle que je n’ai pas à m’en faire, que le garçon n’a pas l’air méchant, il est même plutôt affable, mais est-ce que les apparences ne sont pas trompeuses, parfois ? C’est comme si j’entendais la voix de Maman me sommer de me méfier des inconnus. Et c’est donc en toute logique que mon esprit lui adresse un énième défi plein de colère en choisissant de répondre au garçon. On doit avoir le même âge, je préfère me dire qu’on partage bien plus et qu’il n’a aucune intention de me jeter par-dessus le toit ou qu’il ne va pas subitement ramener vingt personnes. « Je voulais y passer la nuit » j’avoue donc, en haussant les épaules comme si tout était normal. « Et vous ? Vous n’êtes que tous les deux ou vous avez d’autres personnes qui vous rejoignent ? » C’est très simplement demandé, mais j’attends la réponse avec une angoisse grandissante. Je n’ai pas envie de me retrouver seule face à un groupe qui se connait déjà, je préfère de loin papoter tranquillement avec un seul — deux, à la limite — garçon. Une chose est sûre, en tout cas, ils n’ont pas pour habitude de venir ici. Je ne sais pas pourquoi mais ça me rassure un petit peu. Même s’ils font partie d’un cercle plus large — je pense le mot gang sans oser lui donner trop de poids — ce n’est pas ici qu’ils ont l’habitude de se réunir et je peux donc toujours escompter une semi-tranquillité.

Misha et Will, donc. Mon regard chocolat glisse sur son ami qui est toujours occupé à grapher, puisque c’est bien ça qu’il fait, avant de revenir sur l’adolescent à mes côtés. Il me propose son joint et je l’accepte après une seconde d’hésitation. Grosse erreur, la fumée remplit mes poumons et le souvenir d’une autre soirée se répand dans mes pensées. Un frisson désagréable me saisit et je lui redonne son bien, une grimace s’emparant de mon visage alors que je déglutis une salive pleine d’un goût amer. C’est vraiment pas bon du tout, comment est-ce que j’ai pu en fumer plusieurs fois, cette soirée-là ? Probablement que la bière en allégeait l’âcreté. Je fais fis de cette sensation de brûlure au fond de ma gorge et lui explique que je n’avais pas envie de rester chez moi ce soir, sans pour autant lui avouer mon projet dans son entièreté. Il me prendrait peut-être pour une folle, à vouloir prendre l’avion et fuir plus qu’une maison en cherchant à quitter un pays entier ; plus encore, un continent. Sa compréhension et l’absence de question par la suite teinte mes prunelles d’un éclat interrogateur. Il comprend et il n’en demande pas plus, comme s’il était déjà par-là, lui aussi, comme s’il savait exactement ce que je veux dire et ce que je peux bien ressentir. Ce n’est pas impossible que ce soit le cas… Et je me sens un peu mieux, un peu plus à ma place, bien plus comprise que depuis que Maman a de nouveau bouleversé toute ma vie en m’annonçant ce déménagement.

Parler de moi, ce n’est clairement pas mon sujet favori, alors je lui demande si lui et Will se connaissent bien, histoire d’en apprendre un peu plus sur ce duo qui est apparu de nulle part et sur les liens qu’ils ont noué. Deux ans… J’ai une drôle de sensation au fond de mon estomac, un mélange de mélancolie et de colère. Je n’ai personne, ici, personne vers qui me retourner et sourire en pensant à tout ce qu’on a déjà partagé. Je ne connais rien à ce pays et je n’ai pas le moindre ami. Heureusement que la faible luminosité cache la moue abattue qui traverse fugacement mon visage. Je relève brusquement la tête quand je l’entends compléter ses dires et qu’il laisse entendre qu’il n’est pas de Londres. Lui non plus, alors ? « Tu n’es pas d’ici ? » Bon, ça ne veut rien dire, il est au moins dans le coin depuis deux ans, et peut-être qu’il habitait simplement dans une autre ville d’Angleterre. Un déracinement reste un déracinement mais… Je me sens toujours bien seule, incomprise, personne n’ayant vécu ce déchirement en voyant des milliers de kilomètres s’installer entre le lieu qu’on considère chez soi et celui qui a été choisi par quelqu’un d’autre. « Non, pas du tout. Je suis d’Entebbe, c’est en Ouganda. En Afrique » je précise. Je suis trop habituée à ce qu’on me demande où se situe ce pays, j’ai pris le réflexe de le dire tout de suite. Ça semble loin, tellement loin, quand je le dis. Comme une autre réalité à laquelle je n’ai plus accès. « Enfin, à la base, parce qu’avant de venir à Londres j’habitais au Brésil. » Et voilà comment, en quelques mots à peine, je retrace les dernières années, ces changements dont je ne voulais pas, cet exil loin de mes origines, entraînée par une mère qui n’avait que faire des mes états d'âme. Est-ce que je suis ingrate ? Je lui en veux bien trop pour me poser la question.

@Misha A. Bradford

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