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« We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus
Thaddeus C. Rowle

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Message(#) Sujet: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyJeu 8 Juil - 17:28

« We will be dangerous acquaintances with a history »


J’avais subi l’infâme supplice de la photo de famille. À peine revenu de Poudlard, un tourbillon de clameurs et de bonheur m’avait pris d’assaut et j’avais été bien incapable de m’en dépétrer. « Viens, installe-toi sur le canapé avec nous. », « Enfin, tous réunis au même endroit au même moment ! Il faut qu’on immortalise ça, mes chéris. » et la pire de toutes les phrases possibles que ma mère aurait pu me dire, « Tu veux bien le tenir, Thaddeus ? » J’avais été photographié en train de porter ce petit bout d’être humain dans les bras, tandis qu’il me regardait pour la première fois, la main de ma mère sur mon épaule et mes parents se tenant l’un à côté de l’autre, bras dessus bras dessous, souriants. La photo allait être placée juste à côté de la photo de mariage, sur le bord de la cheminée, et si certains pouvaient encore douter que j’étais le digne fils de ma mère, l’erreur serait impossible à refaire : nous avions, à peu de chose près, la même expression a priori plate mais dégoûtée sur le visage. « Tu es grand-frère, désormais » et si cela impliquait certaines responsabilités, personnellement, cela se traduisait surtout par la mort de ma tranquillité et mes privilèges d’enfant unique. « Tu dois être si heureux, Thaddeus ! » Ils étaient… si heureux ; je ne l’étais nullement et que ma mère ne se rende compte ne marquait qu’un nouvel écart entre elle et moi qui me déchira le cœur. Mon bonheur était resté dans les années 2010 et je m’évertuais depuis à le récupérer. Il n’était point dans l’arrivée de ce bébé qui allait me voler tout qui devait me revenir de droit ! Tout simplement parce qu’il était plus légitime ? Je vous en prie ! Je rêvais, je fantasmais qu’il lui arrive quelque chose avant que je ne doive passer à l’action moi-même. Si ma mère avait osé me le remettre dans les bras une simple fois, je l’aurais fait tomber exprès, mais cette femme devait avoir un minimum d’instinct maternel car elle ne prit pas le risque que comportait une telle demande. Elle n’en n’eut pas le temps, de toute manière : que ce soit de la famille, des amis de la famille ou même de lointaines connaissances, ils se bousculaient tous pour venir poser les yeux sur le petit Thomas, par véritable intérêt ou par hypocrisie. Personnellement j’optais pour l’hypocrisie, et j’aurais aimé qu’ils aient la décence de le reconnaître et de le montrer pour nous faire gagner du temps à tous ! La maison était devenue un véritable moulin en l’espace de quelques heures, à peine les cours finis : les fenêtres étaient laissées ouvertes pour les hiboux, la sonnette n’arrêtait pas de s’activer si bien qu’on ne prenait même plus la peine d’aller ouvrir la porte - elle l’était déjà - et la cheminée avait été dégagée en conséquence pour éviter les accidents fâcheux. C’était mai à nouveau, mais avec les enfants et petits-enfants en plus. Un véritable poulailler, et ça piaillait, et ça babillait, et ça criait, et ça s’exclamait sur cette chance d’accueillir un nouvel enfant dans cette famille respectable qu’était les Rowle et on pensait naïvement que je ressentais le même bonheur que tout le monde. J’avais envie de vomir.

Mon inscription pour partir à Durmstrang avait été toute réfléchie, quoi qu’un peu faite à la hâte, mais il me fallait partir ou j’en serais devenu fou et même mes cachets n’auraient pu rien y faire. Je m’étais enfilé la moitié d’une boîte en l’espace de deux semaines tant je sentais ma tête prête à accueillir une véritable migraine, et j’aurais été incapable d’affronter ce champ de bataille dans cet état. J’espérais trouver dans cette retraite le repos qu’il me manquait puisqu’il m’était impossible de fuir autre part à Londres : la seule personne qui aurait supporté mes plaintes était parti en vacances comme un traître, me laissant seul à la merci des cris joyeux d’un bébé de deux mois. Quant à mes parents, ils s’étaient décidés de partir faire un tour de l’Angleterre avec mon petit-frère peu après mon départ, que nous puissions profiter d’un temps en famille malgré tout. Une sainte horreur… Durmstrang arriva comme une délivrance toute relative, avec son froid hivernal même en été et l’atmosphère vétuste de l’endroit. J’accueillis le retour à la maison avec plaisir, d’autant plus que j’étais rentré avant mes parents. Il m’était possible de profiter de mon lit à loisir, et de ce silence… Un incroyable silence qui commençait déjà à devenir une denrée rare. Il ne me fallait rien de plus pour apprécier cette vie, pourtant, et même ça, Thomas allait finir par me l’enlever. Londres allait bientôt retrouver son fourmillement, ce fourmillement aussi puissant que prompt avant que les enfants ne retournent à l’école, mais pour l’heure, il était question d’un temps de paix qu’il me fallait apprécier jusqu’à la dernière goutte. Pourtant, le retour de ma famille coupa court à toutes mes envies de me prélasser dans chaque pièce de cette maison pendant plusieurs heures, à ne rien faire. Ils ne m’avaient laissé qu’un jour, un jour seulement de repos et au deuxième, je ne pouvais déjà plus le supporter.

Une lettre, une demande qui me coûtait beaucoup et me voilà à sortir de chez moi comme un voleur pour rejoindre un vieil ami au détour d’un pâté de maisons, en direction d’un café encore ouvert. Il était toujours question de s’attendre au même croisement de rue puisqu’il n’était pas exactement dans nos plans que nos familles resserrent l’emprise qu’elles commençaient à perdre sur nous. Toutefois, nous vivions malgré tout dans la même ville à quelques pas l’un de l’autre et une rencontre fortuite était malheureusement vite arrivée… Navrant, vraiment. Il aurait mieux fallu que l’un ou l’autre déménage, cela aurait marqué une véritable scission, mais j’étais plus heureux que personne n’ait fait ce choix. Junior avait déjà manqué de changer d’école… À croire que le monde ne pouvait se satisfaire de deux perfections à quelques mètres à peine l’une de l’autre. Ce soir, cependant, personne ne viendrait nous séparer. « Par tous les saints, te voilà enfin ! » La silhouette de Junior se détachait au bout de la rue et je m’empressai de lui agripper le poignet pour le traîner à ma suite. Ce n’était pas tant que je ne voulais pas qu’on nous aperçoive, mais plutôt qu’il me fallait expressement un café bien noir avant que tout ne ferme. « Je suis si content de te voir ! Je n’aurais pas tenu une seconde de plus dans cette maison. » Et pourtant, j’allais devoir tenir deux semaines ainsi, et sûrement bien plus avant d’avoir la chance qu’il lui arrive quelque chose ou - mieux - que l’amour que lui portent mes parents finisse par faner. C’était le bonheur des premiers mois, la félicité des heureux événements… Ils finiraient bien par s’en lasser, n’est-ce pas ? « Ils s’extasient devant chacun de ses gestes ou de ses gargouillis, c’est insupportable ! Il bave comme un bienheureux, et ils sont heureux. C’est le monde qui marche sur la tête depuis qu’il est là. » Une catastrophe de plus dans ce monde, voilà tout ce que c’était.

Nous marchâmes le long de plusieurs petites rues avant de déboucher sur une avenue où plusieurs commerces étaient encore ouverts, dont un café qui fermerait… dans un peu moins d’une heure, visiblement. Mais ce serait amplement suffisant. Entrant le premier, Junior à ma suite, je pris la table la plus au fond de la pièce et paraissant la plus propre de l’établissement avant de m’asseoir et de déposer mon manteau sur le dossier de la chaise. Ce ne serait certainement pas le luxe ou le calme de la maison avec les bavardages fatigués de certains clients, mais ce serait mieux que rien. Presque salvateur, en vérité. « Et toi, comment vas-tu ? » lui demandai-je une fois ma commande pour un café noir passée.
(c) DΛNDELION


Dernière édition par Thaddeus C. Rowle le Jeu 8 Juil - 22:03, édité 1 fois
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C. Junior d'Archambault

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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyJeu 8 Juil - 21:44

We will be dangerous acquaintances
l'amitié, la vraie
ft. @Thaddeus C. Rowle & C. Junior d'Archambault
J’avais à peine eu le temps de sortir de ma douche et d’enfiler quelques vêtements confortables qu’un hibou profitait de la fenêtre ouverte pour se poser sur mon bureau, une petite note dans le bec. Orpheus, couché sur mon lit, releva la tête avec un intérêt mitigé et le fixa sans bouger. Durant une seconde, l’espoir brûlant qu’il s’agisse d’Erin me consuma tout entier. C’était idiot, bien sûr, ça n’était absolument pas la manière dont nous communiquions mais mon esprit embrumé par son absence interminable ne fut pas en mesure de s’en rendre compte tout de suite. Mes doigts se saisirent du parchemin tandis que l’oiseau s’agitait dans la satisfaction d’avoir accompli sa mission.  Le dépliage fut fébrile et la déception intense. Courte, je le reconnais, mais néanmoins existante. Nulle trace de ma meilleure amie, bien sûr, seulement une invitation de Thaddeus. « Seulement »… c’était un peu méchant, d’autant plus qu’une fois l’espoir assassiné, voir son écriture s’étendre sur le papier me fit sincèrement plaisir. Enfin la vie allait pouvoir recommencer ! Ce voyage m’avait arraché tous mes amis ou presque et s’était étiré des jours durant. Les nouvelles s’étaient faites plus rares, de ma faute parfois, de celle de quotidiens bien différents pour d’autres… J’avais hâte de tirer un trait sur cet été lamentable et renouer avec tout ce que j’avais d’ordinaire d’habitude. Sans tarder, j’attrapai un morceau de parchemin et la plume verte qui n’avait jamais cessé de décorer tout ce que mon existence avait de bureau attitré, et répondis brièvement à sa proposition. Mes lettres se faisaient aussi rondes que les gouttes d’eau s’écrasant auprès d’elles, comme plus appliquées encore en l’honneur de ces retrouvailles. Le volatile ouvrit le bec pour récupérer la note soigneusement pliée et disparut juste au moment où l’indolence de mon chat consentait à le faire grimper sur mon bureau dans l’espoir de lui croquer une aile. Un ricanement m’échappa alors que je refermai le battant et la larve qui me servait de compagnon m’offrit son derrière en s’éloignant la queue haute et en panache de celui qui ne souffre aucune moquerie. Il retourna sur mon lit et prit bien soin de me tourner le dos. Je l’imaginais sans mal espérer que ça me vexerait et que je me traînerais à ses pattes, les miennes pleines de croquettes supplémentaires, dans l’espoir qu’il daigne me pardonner cet affront… Sans surprise, je n’en fis rien, me contentant d’attraper des vêtements plus élégants afin de quitter cet appartement en ayant l’air d’autre chose que de sortir du lit.

Lorsque je traversai le couloir, mon père était installé dans le salon pour siroter un verre, la radio diffusant un bulletin d’informations en fond. Son regard croisa le mien, le soutenant un instant. Je me redressai presque instinctivement avec une fierté insolente et le prévins que je ne savais pas à quelle heure je rentrerais avant de lui souhaiter une bonne soirée d’une voix calme et posée, la même qu’il aurait utilisé avec moi si nos rôles avaient été inversés, appuyant avec une politesse piquante sur mon droit de disposer des lieux. Il me toisa sans un mot sans que je prenne la peine de m’en offusquer. Ma mère sortit de je ne sais où juste à temps pour m’embrasser en me rappelant de faire attention et je quittai la tension lourde de l’appartement. Dehors, l’été s’accrochait encore. Ça n’était pas désagréable… Ça ne l’était plus, en tout cas, maintenant que le soleil ne pouvait plus me rappeler la solitude pesante qu’on m’avait imposée. J’enfonçai négligemment les mains dans les poches de mon pantalon et me mis enfin en chemin. Notre point de rendez-vous n’était pas particulièrement loin, aussi je me permis de ne pas me presser plus que ça. C’était tout de même une drôle d’heure pour boire un café… J’avais plus envie d’aller dîner. Mais bon, peut-être parviendrais-je à l’entraîner dans quelque restaurant avant de rentrer…? Nous avions le temps, de toute façon. Un sourire fleurit sur mes lèvres alors que la silhouette de mon camarade se découpait pile à l’endroit annoncé. Je lui adressai un vague signe de la main et accélérai imperceptiblement la cadence. Aucune surprise, aucune imprévisibilité… Dans le fond, je dois bien admettre que c’était quelque chose que j’appréciais chez lui. J’avais assez d’Erin pour m’éloigner des sentiers balisés ! Avant même que je ne puisse ouvrir la bouche, ses doigts s’enroulèrent autour de mon poignet et m’entrainèrent à sa suite. Un rire étouffé m’échappa alors que je me laissai faire docilement.

Par tous les saints, te voilà enfin !
Ça va… Je ne suis même pas en retard, m’offusquai-je par principe en prenant bien soin de ne pas regarder ma montre, trop conscient que ma notion de la ponctualité différait de celle du reste de l’humanité.

C’était de l’ordre de quoi ? Cinq minutes ? Dix peut-être…? Comme si ça comptait vraiment…! En attendant, son allure était ferme, un peu pressée. Nous avions le temps, rien ne risquait de fermer dans l’instant. Toujours dans l’exagération, ce garçon !

Je suis si content de te voir ! Je n’aurais pas tenu une seconde de plus dans cette maison.

Ma main libre tapota doucement son bras dans un geste que j’espérais compatissant. Et dire qu’il n’était rentré que dimanche… Si je ne visualisais pas très bien la vie avec un nouveau-né, je n’avais aucun mal à entrevoir ce qu’il traversait avec l’arrivée impromptue d’une menace. La crainte sourde qu’un autre vienne voler notre place et la haine farouche qui animait tout entier… j’avais au moins la chance de n’avoir qu’une demi-menace, une qui tirait plus du déshonneur que du véritable danger… Je n’étais pas sûr que ce soit mieux mais je me contentais de ce que je pouvais…

Ils s’extasient devant chacun de ses gestes ou de ses gargouillis, c’est insupportable ! Il bave comme un bienheureux, et ils sont heureux. C’est le monde qui marche sur la tête depuis qu’il est là.
Aucun risque qu’il s’étouffe dans son sommeil, j’imagine ?

Objectivement, je n’avais rien contre les enfants. Je trouvais même ça assez mignon et prenais un certain plaisir à voir ces petits doigts s’agripper aux miens quand j’en voyais un… Mais celui-ci méritait probablement de périr… j’allais dire dans d’atroces souffrances mais tout de même pas, il n’avait strictement rien fait pour mériter ça sinon naître au mauvais moment au mauvais endroit.

Si tu as besoin d’un endroit calme pour fuir, je pourrai te laisser les clés de notre maison de campagne, personne n’y va jamais, tu devrais y être tranquille.

Nous devions y mettre les pieds une ou deux fois par an à peine, l’espace de quelques jours durant lesquels mes parents invitaient tout ce qu’ils avaient d’amis proches pour se vanter de pouvoir profiter du grand air et d’une piscine immense sans prendre la peine de réaliser que c’était à peu près le cas de tout ceux qui les entouraient. Cette année, ça avait duré un week-end, peut-être remettraient-ils ça d’ici une dizaine de jours, avant que nous ne retournions à Poudlard… Thaddeus poussa finalement la porte d’un café, je le suivis à l’intérieur et lui offris tout le loisir de choisir notre place. L’endroit n’avait rien du faste que nous connaissions d’ordinaire mais il avait le mérite de nous éviter toute rencontre qui nous serait défavorable. Il jeta son dévolu sur une table le plus au fond possible de l’établissement et s’y installa sans un mot. Je tirai la chaise face à la sienne et j’y laissai tomber dans un soupir satisfait. Ça n’était pas vraiment ce que j’avais envisagé pour ma soirée, bien loin du canapé de la bibliothèque et du roman qui m’y attendait… mais ça n’était pas plus mal. Après avoir passé la journée à trier des dossiers vieux d’une éternité et à jouer les archivistes sous-payés, je n’étais pas certain que mes pauvres yeux acceptent de lire une ligne de plus. Le serveur s’invita à notre réunion mais disparut rapidement après avoir noté notre commande : un café et une tasse de thé. Je le regardai s’éloigner avant de laisser glisser mon attention dans le reste de la salle. Il n’y avait vraiment aucun risque qu’on croise ici qui que ce soit que nous connaissions… vraiment aucun…

Et toi, comment vas-tu ?
Mieux que toi, j’imagine, supposai-je dans un haussement d’épaules. Je suis heureux de voir Londres se repeupler enfin, je commençais à croire que vous ne reviendriez jamais du Grand Nord ! Comment ça s’est passé, d’ailleurs ? Je suis surpris que ta constitution fragile ait survécu au froid.

Nulle ombre de moquerie, seulement un ton taquin qui ne trompait personne. Ça faisait plaisir de renouer avec une vie sociale choisie, bien loin de ma famille ou de leurs fréquentations. Ça avait été long, très long, mais enfin ces vacances se paraient des atours délicieux de la liberté…
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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyVen 9 Juil - 3:03

« We will be dangerous acquaintances with a history »


Ces pseudonymes étaient un blasphème pour quiconque voulait affirmer son identité. Je, par exemple, voulais affirmer mon identité et me cacher derrière le nom d’un autre était un immense sacrifice dont Junior ne comprendrait jamais tous les enjeux. Non seulement ce nom n’était pas le mien, mais je ne formentais guère l’envie de me créer une nouvelle identité littéraire ou que sais-je encore de ces écrivains lâches au point de se dissimuler derrière un nom de plume ou un autre et qui, pourtant, passent parfois plusieurs années à trouver le bon. À quoi bon se donner autant de peine dans les ombres de l’existence ? Personne ne les verrait plus jamais, et ce n’était pas un schéma que je comptais reproduire. Diantre, ces pseudonymes étaient là pour nous cacher aux yeux de nos parents - de nos pères, plus précisément -, au cas où l’un d’eux intercepterait la lettre à notre place, mais ce n’était qu’une bien piètre protection, à vrai dire. Nos deux familles travaillaient dans le domaine littéraire, et si mon père se diversifiait quelque peu, celui de Junior continuait bel et bien à publier plusieurs noms de la littérature sorcière. Nous ne tromperons personne avec nos inspirations évidentes - bien que celle de mon vieil ami m’était totalement inconnue. Avec un peu de chance, les références seraient bien trop datées pour allumer une lumière dans la tête de nos pères, particulièrement puisque que nous prenions la peine de raccourcir le prénom à une simple initiale, mais je n’y croyais que bien peu. Ce qui nous sauverait, ce ne serait pas ce stratagème, mais le manque évident d’attention qu’ils nous portaient. Personnellement, le mien avait arrêté de poser les yeux directement sur moi, mais je sentais encore son influence sur mon dos… C’était à vous en donner des sueurs froides. Je savais, pourtant, que ma présence était au mieux oubliée au pire indésirable depuis la naissance de Thomas, et pourtant, nous en étions là : à utiliser des détours, à s’attendre à quelques pâtés de maisons plus loin pour éviter qu’on nous voit, à s’inventer une vie parallèle pour faire passer un simple message. Nous étions tombés dans les méandres du ridicule et, Merlin merci, nous nous épargnions au moins d’en avoir la panoplie vestimentaire. Il ne manquerait plus que ça ! Il ne manquerait plus que nous revêtions totalement ces identités factices pour que nous en venions à nous oublier, à nous perdre derrière des hommes que nous n’étions pas, et je n’en avais nulle envie. Il n’y avait aucune comédie à jouer dans notre relation, contrairement à ce que je pouvais faire avec d’autres. À moins, peut-être, de recréer certaines du passé pour mieux redéfinir notre présent.

Les rues de Londres étaient perdues entre un étrange mélange du calme des petites rues et de l’empressement des grandes. Je savais parfaitement qu’un monde s’activait à quelques maisons de là, sur l’avenue, mais dans ce quartier résidentiel, c’était le calme plat. Pas encore assez pour que les chats du quartier en viennent à réclamer le territoire comme le leur, mais suffisamment pour que je puisse entendre les bruits de pas de Junior se rapprochant de notre point de rendez-vous. Il n’était pas pressé et je ne l’étais pas non plus, mais cela ne m’empêcha pas de le traîner à ma suite expressément une fois visible à mes yeux. « Ça va… Je ne suis même pas en retard », fit-il moins sérieusement qu’il ne l'aurait dû s’il en avait été réellement vexé. À ces mots, je m’arrêtai aussitôt, un regard évocateur à son encontre dans sa direction. Nous savions tous les deux que monsieur avait une ponctualité toute relative. En fait, ses retards n’étaient même plus une mauvaise habitude mais une partie intégrante de sa personnalité, et cela restait gentil si je ne voulais pas partir sur un terrain plus… pathologique. Toutefois, il avait raison : il n’était pas si en retard que ça. C’était moi qui étais impatient, je voulais bien le reconnaître. Je voulais passer du temps avec mon cher ami et il n’y avait pas une seconde à perdre. Tant de temps à rattraper, ce n’était pas un objectif qui pouvait se permettre de ne pas être dans les temps ! Combien de temps - d’années - cela faisait-il, depuis que nous n’avions pas vagabonder dans les rues de Londres, tous les deux ? L’avions-nous seulement fait, enfants, ou étions-nous trop surveillés par deux familles encore aimantes l’une envers l’autre ? Les souvenirs étaient flous, mais cela ne changeait rien au fait qu’il y avait fort longtemps que nous n’avions pas respirer notre liberté à pleins poumons. Ce n’était pas pareil, à l’école. Il y avait toujours quelqu’un pour me voler du temps avec lui. Comme si elle n’avait pas eu assez des années précédentes pour se l’accaparer. C’était mon tour, désormais, et je ne comptais pas le passer une année de plus. Cela faisait à peine un an que nous nous reparlions, et il y avait beaucoup encore tant de choses à se réapproprier, à réapprivoiser : des changements chez l’un et chez l’autre, des échecs et des victoires en sus, des amitiés qui différaient… Pourtant, nous étions là, ce soir, pratiquement main dans la main.

Sa sollicitude me toucha quant à mon problème de parasite sur pattes. Un bébé ne devrait pas représentait une grande menace, en temps normal, mais les temps étaient durs et ce bébé n’était pas n’importe quel bébé. Cela me suffisait pour le haïr et souhaitait sa disparition au plus vite. Malheureusement, non, attendre qu’il s’étrangle avec sa propre salive était une issue perdue d’avance. « Si seulement. À l’allure où vont les choses, on le laissera toucher une rose pleine d’épines sans surveillance à l’âge de trente-cinq ans. » J’étais à peine plus âgé que lui lors de mes premières expériences avec des doxys, et cela n’avait gêné personne. Ce qui m’irritait le plus, dans cette histoire, au même titre que la menace qu’il représentait, le vol de mes propres biens et l’évincement de ma situation d’enfant unique, c’était la différence de traitement. J’avais grandi avec un couple qui se regardait à peine et maintenait simplement les apparences ; il grandissait avec un couple aimant et parfaitement équilibré. C’était encore pire que de l’injustice. « Si tu as besoin d’un endroit calme pour fuir, je pourrai te laisser les clés de notre maison de campagne, personne n’y va jamais, tu devrais y être tranquille. » Arrivés à quelques pas de l’avenue, je me retournai pour le regarder droit dans les yeux à la recherche d’une étincelle de mensonge ou de sournoiserie comme il y en avait tant chez la moitié des gens que nous pouvions côtoyer. Ou peut-être avais-je peur, finalement, que les choses recommencent : la découverte d’un ami fidèle, puis son ravissement. Si la première fois avait été déchirante, elle avait eu le mérite d’être aussi tranchante que subite. La deuxième fois serait moins aiguisée que la première, c’était une certitude. Pourtant, j’allais saisir cette possibilité d’échange que nous avions toujours eu. Tant que Junior ne restait pas bien loin, je pouvais bien lui passer mes affaires, ces dernières resteraient à portée de main également. « Tu m’as manqué, tu sais ? » J’acceptai l’offre de la maison de campagne bien volontiers. Une retraite agréable où personne n’irait venir me chercher… Je ne pouvais pas passer à côté ! « Tu penses bien qu’ils ne vont même pas remarquer mon absence ce soir, de toute façon. » Puis nous repartîmes en direction de l’avenue principale et, après avoir vérifié qu’aucun magicobus n’arriverait à l’imprévu, vers notre destination finale.

Le café n’était pas une honte à regarder, mais il n’était pas ce qu’on pouvait faire de meilleur à Londres, il n’y avait aucun doute. Toutefois, cela nous assurait que personne ne viendrait à nous reconnaître dans cet endroit, et c’était bien évidemment ce que nous voulions, n’est-ce pas ? Que Junior prenne la peine de s’assurer que personne de notre connaissance ne viendrait nous trouver ici ou qu’il soit en peine que personne de notre connaissance ne vienne nous trouver ici, son petit écart d’attention eut le don de piquer mon égo. J’étais placé dans la bonne direction pour observer la porte d’entrée, ne pouvait-il pas me faire confiance ? À moins que ma compagnie ne soit déjà en train de le fatiguer… Je m’enquis de savoir comment il allait pour capter à nouveau son regard. « Mieux que toi, j’imagine. » Je levai les yeux au ciel. « Je ne comprends pas, je me porte comme un charme pourtant » me moquai-je en prenant un carré de chocolat laissé dans une coupelle du bout des doigts. C’était de bonne guerre. Sa ponctualité contre ma constitution plus fragile que la sienne. « Il y a avait une chose là-bas pour nous éviter d’avoir froid, une chose très utile appelée : des uniformes adaptés. » Et c’était bien la raison pour laquelle j’avais survécu aux températures d’hiver et n’étant pas mort gelé avant de revenir. Cela ne m’avait pas empêché d’être sujet aux engelures, les premiers jours, mais… Eh bien, je n’avais perdu aucun de mes membres, aux dernières nouvelles. « Je dois bien avouer que le paysage était magnifique, rien à voir avec Poudlard. Mais notre château possède tout de même plus de qualités que… leur bloc de glace. Tu sais, ce n’était pas le froid, le pire de tout » fis-je en m’adossant à ma chaise, « c’était la privation de nourriture. J’ai cru qu’ils allaient nous affamer. » À côté de ça, Poudlard nous gavait comme des oies. Ce petit carré de chocolat apparaissait alors comme l’ultime récompense d’un mois de régime et la fin de la tyrannie sur nos estomacs. « Mais ne me dis pas qu’il n’y a rien à dire sur tes vacances. Enfin, je comprendrais que rien ne soit aussi incroyable que d’approcher un dragon en vrai, mais tu peux toujours essayer. » Je le regardai avec un air de défi tout en engloutissant ce chocolat et en m’en léchant les doigts. Il n’avait pas été absent de Londres pour rien, ce traître.
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C. Junior d'Archambault

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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyVen 9 Juil - 16:11

We will be dangerous acquaintances
l'amitié, la vraie
ft. @Thaddeus C. Rowle & C. Junior d'Archambault
À peine eus-je le temps d’arriver qu’il m’entraînait déjà derrière lui comme s’il m’avait attendu des heures durant. Ça aurait pu être le cas, d’accord… encore que… D’ordinaire, mes retards n’excédaient pas la demi-heure, sauf si vraiment j’avais un message à faire passer ou que j’espérais qu’on aurait déserté avant que je ne fasse l’effort d’arriver. Et puis, ne fallait-il pas se faire désirer un peu…? Il y avait quelque chose de délicieux à voir cette pointe de soulagement briller dans le regard d’un rendez-vous, peu importe si elle se tachait souvent d’exaspération. On était content de me voir arriver, sûrement davantage encore que si j’avais eu le malheur d’arriver à l’heure… Et, pour ma défense, je n’avais fait qu’intégrer une tare familiale et la développer peut-être un peu plus que je ne l’aurais dû. D’aussi loin que je me souvienne, je n’avais jamais vu mon père très à cheval sur la ponctualité, ma mère désespérant un peu plus à chaque minute grappillée sur un horaire imposé. Certains se complaisaient dans l’impolitesse ou la violence, nous nous avions fait des retards constants un étendard reconnaissable entre mille… De toute façon, quand bien même je faisais l’effort de partir à l’heure, il y avait toujours quelque chose sur le chemin qui finissait immanquablement par me faire arriver en retard. C’était de l’ordre du destin, comme une malédiction qui me plaisait bien. Je me défendis sans conviction face à son accusation implicite et levai les yeux au ciel alors que son regard se posait sur moi. Il en rajoutait, évidemment, et le sourire qui planait distraitement sur mes lèvres laissaient comprendre sans le moindre mal que j’étais loin de m’en offusquer. Quand bien même, il m’avait attendu, c’était l’important. Ses doigts toujours enroulés autour de mon poignet, je le suivais docilement au travers des rues quasi désertes. L’agitation se faisait à peine entendre au loin mais nous, nous avions Londres pour nous seuls. Il y avait quelque chose d’étrange à retrouver des habitudes que nous n’avions jamais eu. Oh, ça n’était pas ma première escapade dans Londres, bien sûr, mais il n’en avait jamais vraiment fait partie. Nous étions trop jeunes pour jouir de la moindre liberté avant que nos chemins ne soient brutalement séparés… Mais peut-être était-ce là la possibilité de rattraper le temps perdu ? Sûrement un peu… Thaddeus profita du trajet pour mettre à jour mes connaissances de sa vie avec le bébé Rowle. J’étais loin de l’envie et compatissais sûrement plus que de raison. Si je n’étais pas concerné, j’entrevoyais sans mal ce qu’il pouvait vivre et regrettais qu’il ait à traverser ça.

Si seulement. À l’allure où vont les choses, on le laissera toucher une rose pleine d’épines sans surveillance à l’âge de trente-cinq ans.
Et la probabilité qu’un autre « accident » survienne…?

Il y avait toujours la possibilité de lui faire anonymement parvenir une peluche ensorcelée ou un bavoir étrangleur, dans le pire des cas. Un présent parmi tant d’autres passerait sûrement inaperçu… Durant une seconde, j’eus presque l’impression que ma meilleure amie s’était frayée un chemin dans mon esprit, y distillant avec un sérieux qui me faisait presque froid dans le dos des conseils avisés pour se débarrasser d’un ennemi. Je me souvenais de l’évidence de son ton quand elle m’avait proposé de le faire avec ma chère cousine… C’était à la fois flatteur et inquiétant. Ça ne me ressemblait en rien et, pourtant, s’il me le demandait, je me savais parfaitement capable de mettre un sombre plan à exécution pour que l’avenir se fasse avec un seul héritier chez nos anciens alliés. Enfin… En attendant, au lieu de jouer les fées mortelles penchées sur le berceau, je lui proposai une solution de secours. Ma spontanéité avait sûrement de quoi surprendre… Il fallait bien dire que je n’étais pas du genre à me soucier du sort de grand monde… Mais il y avait quelque chose de différent avec lui. Au même titre qu’Erin, il dépassait le simple cadre de l’amitié. C’était presque ma famille, qu’importe les liens qui s’étaient distendus durant des années. Après tout, ils ne s’étaient jamais vraiment brisés, la preuve en était encore aujourd’hui avec cette entrevue de dernière minute ou cette main presque accrochée à la mienne. Une fois de plus, le regard de Thaddeus vint chercher le mien.

Et bien quoi ?

Ça n’était qu’une proposition, pas la peine de me fixer de la sorte. S’il n’en voulait pas, il pouvait très bien la refuser, il n’avait aucune baguette sous la gorge pour le forcer à accepter.

Tu m’as manqué, tu sais ?

Un sourire un peu prétentieux se dessina sur mes lèvres alors que je haussais les épaules avec l’air de celui qui se drapait d’une modestie qui n’existait pas. Je n’en savais rien, en réalité, mais je me plaisais à l’espérer. Après tout, rien ne nous avait préparés à ces années de silence, aucune dispute n’était venue entacher notre complicité… Il n’y avait eu qu’une décision autoritaire et une obéissance trop grande pour la remettre en cause. Et il n’y avait qu’à voir la facilité avec laquelle avaient eu lieu nos retrouvailles pour comprendre à quel point rien de tout cela ne nous avait été naturel.

Je le sais, oui.

Mais tout dans cette réponse ne faisait qu’admettre que la réciproque était vraie, quand bien même aucun mot ne venait le raconter. Est-ce qu’il y en avait vraiment besoin ? Je n’en savais trop rien. Avec Erin, j’aurais été certain qu’elle aurait compris tout aussi bien ce que je ne disais pas que ce que je faisais l’effort de prononcer mais il n’était pas elle, aussi le doute me paraissait permis.

Tu penses bien qu’ils ne vont même pas remarquer mon absence ce soir, de toute façon.
J’en déduis que tu n’as pas de couvre-feu à respecter ? Parfait. Après ton café, nous irons dîner, dans ce cas, je meurs de faim.

Je ne laissai que peu de place à la discussion sur ce point. Après tout, autant profiter de notre sortie au maximum, non ? Il n’était attendu nulle part et n’avait visiblement pas grande envie de rentrer chez lui… Je n’étais pas vraiment mieux loti. Si mes parents remarqueraient mon absence parce qu’ils m’avaient vu sortir, je doutais très sincèrement qu’ils m’attendent… mon père, du moins, devait se satisfaire de mon absence. Quant à moi, j’avais passé assez de temps dans cette prison dorée pour avoir envie de m’en échapper un peu. L’été m’offrait enfin tout le loisir d’en profiter, aussi il me semblait idiot d’y renoncer ! Le Serpentard ouvrit la porte du café et fila droit vers le fond de la salle. Je lui emboîtai le pas sans opposer la moindre résistance. À peine installés, on vint prendre notre commande avant de nous laisser à nouveau dans une intimité toute relative.

Je ne comprends pas, je me porte comme un charme pourtant.

Je haussai en sourcil dubitatif et m’adossai contre ma chaise dans une élégance un poil négligée.

Il y a avait une chose là-bas pour nous éviter d’avoir froid, une chose très utile appelée : des uniformes adaptés.
C’est que ça fait rêver, me moquai-je un peu, retenant un ricanement taquin de se rajouter à mon ton qui l’était bien assez.

En réalité, j’aurais donné cher pour les suivre. Peu importe qu’il s’agisse d’une école ou du bout du monde… Tout aurait été mieux que la solitude pesante qui m’avait étreint ici. Ils auraient été là, tous… Erin, lui… Finnbjörn, Judith et même Mary… Tout ce que je pouvais bien compter d’amis ou de connaissances agréables avait mis les voiles en direction de Durmstrang, me laissant seul dans une ville déserte à mon retour de France.

Je dois bien avouer que le paysage était magnifique, rien à voir avec Poudlard. Mais notre château possède tout de même plus de qualités que… leur bloc de glace. Tu sais, ce n’était pas le froid, le pire de tout c’était la privation de nourriture. J’ai cru qu’ils allaient nous affamer.

Pour avoir eu l’occasion d’apercevoir quelques paysages norvégiens l’été dernier, j’étais prêt à le croire sur parole. Ça devait être bien plus beau que la forêt pitoyable qui bordait Poudlard ou le village miteux qui nous accueillait le week-end… Du reste, il fallait bien des inconvénients ! Il n’y avait sûrement que Beauxbâtons pour n’avoir que des avantages… encore qu’au fil du temps, il s’était entouré de bien des ombres : l’absence d’Erin, bien sûr, puis son caractère imposé qui avait suffi à me faire freiner des quatre fers après une vie à l’avoir réclamé.

C’était sûrement pour te préparer à voir tes portions revues à la baisse… C’est qu’il faudra le nourrir, le petit frère, tu comprends…

Mon sourire brilla d’une espièglerie enfantine alors que le serveur revenait avec nos tasses. D’un coup de baguette, il les déposa soigneusement devant nous et disparut à nouveau. Par habitude, j’enroulai mes mains autour de la porcelaine — ou peu importe la matière moins noble que c’était sûrement — et laissai la chaleur se propager alors même s’il faisait toujours bon dehors.

Mais ne me dis pas qu’il n’y a rien à dire sur tes vacances. Enfin, je comprendrais que rien ne soit aussi incroyable que d’approcher un dragon en vrai, mais tu peux toujours essayer.
Aucun qui puisse cracher du feu, je le reconnais, mais crois-moi que j’ai aussi passé mes vacances entouré de dragons !

Il n’y avait qu’à voir mon père et cette soi-disant belle famille… L’ambiance avait été tendue, électrique. Chacun de mes gestes, chacun de mes mots disséqués et retournés contre moi à la moindre occasion, des menaces grandiloquentes et à peine voilées tapissant nos soirées… J’aurais préféré les flammes des vrais au venin de ceux que j’avais côtoyé.

Mais au risque de te décevoir, il n’y a pas grand chose à en dire, non. Je suis parti deux jours en Italie pour rendre visite à une cousine… J’ai servi de main d’oeuvre gratuite à mon oncle en échange d’un toit et de son silence… Et j’ai écrit tellement de lettres de refus au nom de mon père que je ne saurais même plus comment accepter quoi que ce soit à l’avenir, listai-je avant de plonger mes lèvres dans le liquide encore fumant. Oh, et j’ai compté les jours en attendant votre retour. Quarante-trois depuis mon départ. Personne n’a eu la gentillesse de rester ici pour me tenir compagnie… Mon petit coeur en a beaucoup souffert, tu sais ?

Je hochai la tête d’un air grave dans l’espoir amusé de donner plus de poids à ma plainte et lui arracher une once de culpabilité.

Sans mentir, c’est le pire été que je n’ai jamais passé.

Et si ça avait l'air un peu dramatique, c'était malheureusement affreusement vrai...
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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyLun 6 Sep - 19:03

« We will be dangerous acquaintances with a history »


« Et la probabilité qu’un autre "accident" survienne… ? » suggéra Junior, l’air d’un rien, comme une bouteille lancée à la mer et qu’on finirait bien vite par oublier - mais je n’oubliais pas. Et les remous dans l’eau étaient bien réels et j’aurais pu m’y perdre à l’intérieur si seulement ce n’était pas le cas depuis déjà quelques mois. « Faible. » Je savais très bien que le type d’accident auquel il faisait allusion n’était pas le bête accident de charpente qui emportait au moins une dizaine de personnes par année, mais bel et bien quelque chose de plus… prévisible. Mais non, ce n’était pas possible même avec toute la bonne volonté que j’étais prêt à y mettre. Ah ! Il pensait bien que j’y avais déjà réfléchi, bien sûr, mais cela revenait à mettre en danger trop de choses dans ma vie, trop d’incertitudes qu’il me fallait encore transformer en piliers solides avant de faire la moindre action à l’encontre de ce petit-frère. Je continuais d’y penser, à vrai dire. Je continuais d’observer pour trouver une faille - la moindre faille dans cet écrin que mes parents lui construisaient jour après jour, comme pour garder à l’abri un bijou fragile. Et il me fallait une grande maîtrise de moi-même pour ne pas faire ça salement et de mes propres mains. Plus je l’entendais pleurer ou rire, et plus je rêvais de mettre mes mains autour de son cou grassouillet et de serrer et d’entendre le cuir de mes gants gémir en même temps que lui et… Impossible, malheureusement. Tout pourrait alors remonter jusqu’à moi, et dans mon action de vouloir reconquérir mon château personnel, je ne ferais que le perdre pour toujours et à jamais. Rien ne me disait que je ne risquais pas un déshéritage dans le processus, pourtant c’était un facteur à prendre en compte. Tout était à prendre en compte et c’était bien la raison pour laquelle je ne pouvais me hâter dans ma quête de me débarrasser de lui. Il était nécessaire, pour ce faire, que tout paraisse être, ah !, comme il le disait, un malheureux « accident » du quotidien. Si, dans l’histoire, je me révélais être le frère aimant et déchiré par la mort de son petit-frère, mon honneur serait sauf et mon inculpation ne viendrait même pas à l’esprit de quelqu’un. Malheureusement, cela voulait dire feindre un amour fraternel pour ce monstre sur la durée… Voilà pourquoi je ne pouvais pas me presser et pourquoi je devais bien jouer mon jeu. « Mais j’y songe, bien sûr. Seulement je ne suis pas encore une bête sauvage. » J’étais bien plus… méticuleux dans ma façon de faire, même si cela ne voulait pas dire moins cruel. Cela ne pouvait arriver du jour au lendemain, c’était la seule certitude que je détenais. Il fallait que mes parents aient le temps de s’habituer à sa présence, à l’aimer plus que tout… avant de les détruire avec sa disparition et leur couper l’envie de réitérer l’expérience. Voilà qui serait un coup de génie. Seulement, les coups de génie ne pouvait s’organiser en une semaine à peine, j’en avais bien peur. Alors, pour l’heure, mieux valait se concentrer sur ce qui comptait vraiment : ma soirée avec Junior.

Cet idiot m’avait manqué, et je préférais mille fois le lui dire sincèrement une bonne fois pour toute que de le lui montrer avec des actes pendant des jours et des jours durant. J’avais mieux à faire, et maintenant qu’il m’offrait sa maison de campagne pour me prélasser tranquillement les prochains week-end, je serais probablement fort occupé. C’était dit et il n’y avait rien d’autre à ajouter selon moi au risque qu’il ne me voit pleurer et c’était une totale impossibilité pour la fierté que j’avais. Et lui laisser l’occasion de voir une de mes faiblesses et une possibilité de moquerie ? Plutôt me raser la tête que ça. « Je le sais, oui », fit-il, tout fier de lui. Je lui donnai un coup dans l’épaule gauche en levant les yeux au ciel, lâchant son poignet par la même occasion. Néanmoins, je ne pouvais retenir un petit sourire amusé. C’était comme retrouver une autre moitié de son être dont on avait été séparé depuis trop longtemps. On ne se rendait véritablement compte de son absence qu’une fois retrouvé. Nous avions survécu à la séparation, bien sûr, mais nous étions bien plus nous-mêmes ensemble qu’isolés. Finalement, cette proximité avec Erin ne devait être qu’un moyen comme un autre de combler un trou. J’étais triste qu’il en soit arrivé à une telle extrémité et ne pouvais espérer qu’il ne revienne à ses esprits le plus vite possible. Quoi qu’il en soit, ce café n’allait pas venir tout seul à nous, surtout s’il me promettait un dîner à la suite. « Marché conclu. » Je n’étais pas contre prolonger cette soirée à l’infini si cela voulait dire qu’il ne quittât jamais mes côtés.

Nous étions bien loin de nos vacances ensemble, malheureusement, mais cela nous offrait au moins un sujet de discussion non négligeable. Comment était-ce ? Qu’as-tu fait de tes journées ? Oh, les réponses paraissaient évidentes dans certains cas, mais l’un comme l’autre, nous avions, semblait-il, passé des semaines bien loin de notre train-train agréable du quotidien. Durmstrang avait eu des qualités, certes, mais également bien des défauts et la moquerie de Junior avait presque été accueillie sur un plateau d’argent. Je lui avais lancé la perche, il fallait bien l’avouer. « Je doute que tout ça fut bien réel, effectivement. » Je n’avais pas l’impression d’avoir beaucoup accompli lors de cet unique mois en Norvège, mais je n’étais pas resté sans rien faire. J’avais entretenu mon déplaisir de savoir Erin en vie avec application. J’avais accepté le traitement de faveur amené par Finnbjörn avec une grimace toute dissimulée et une joie expressive. J’avais… Comment pourrais-je dire ? continué d’avancer mes pions sur mon plateau en ce qu’il concernait Carla et Dmitri. J’aurais pu mieux faire, bien sûr, et il n’était pas question que je perde mon temps dès la nouvelle année, mais c’était un progrès malgré tout : le Serdaigle connaissait désormais mon existence et Carla finirait peut-être par céder tôt ou tard. Ce n’était pas grand chose, mais un empire ne se construisait pas en un claquement de doigt. De toute façon, je n’aurais pas pu faire mieux avec leur régime drastique : moins je mangeais, plus j’économisais mon énergie et leur cours de langue m’en avait pris une bonne partie. « C’était sûrement pour te préparer à voir tes portions revues à la baisse… » Un éclair de noirceur dénué d’amour zébra mon regard. Son insinuation ne me faisait nullement rire et ce furent les cafés qui le sauvèrent de mots qui ne lui auraient probablement pas plu. Si je prenais un malin plaisir à cacher mes ténèbres aux yeux des gens que je voulais loin de moi, mes proches amis savaient… Ils savaient. Junior savait que j’étais capable des pires immondices en gardant un visage impassible. Il avait pu en avoir un aperçu lorsqu’Erin l’avait quitté, et cette cruche m’avait donné la parfaite occasion de la pourrir sans risque de perdre l’amitié de Junior.

« Mon pauvre ami. Tu aurais été bien mieux loti en notre compagnie qu’en France. » Le froid lui aurait fait bien plus de bien que ces vipères d’écailles, visiblement. Et pourtant, Merlin savait que j’adorais la France et sa langue qui coulait comme du miel dans la bouche. Or, il était impossible de profiter des bonheurs de la vie en si mauvaise compagnie. Je noyai un « chacun son tour » dans une gorgée de café tandis qu’il m’avoua avoir passé le pire été de sa vie. Moi l’année dernière, lui désormais. Entre ses migraines enfant et mes migraines maintenant, c’était à se demander si nous n’étions pas sans cesse en train de courir sur le même cercle, à vivre les mêmes choses à des temps différents. Nous aurions aussi bien fait de naître une seule et même personne pour nous épargner bien des malheurs, mais l’idée ne m’enchantait guère. « Mais regarde-toi : tu as bien accepté de sortir avec moi ce soir. Tu es encore capable d’accepter ce qui est bon pour toi, il faut croire. » Il était encore capable de ne plus se laisser se calquer sur les habitudes de son père. C’était une peur comme une autre : que nous revenions de pâles copies des diktats de nos paternels, incapables de mener nos vies autrement car nous ne saurions comment… « D’ailleurs, comment vont les affaires de ton père, depuis le temps ? » J’étais curieux. Si j’avais passé tant de mois à me rapprocher un maximum de ce que j’avais pu connaître et posséder dans mon enfance pour me reconstruire, il y avait certaines choses qui ne reviendraient jamais. Les après-midis dans la réserve de la librairie en faisait partie. Alors oui, j’étais curieux : curieux de savoir si, oui ou non, le père de Junior avait réussi à s’en sortir sans son associé. Mon père s’était reconstruit depuis et il s’en portait bien. Il me restait des résidus de fierté à savoir mon père supérieur à celui des autres, et spécialement supérieur à celui de Junior. Ils étaient tous les deux coupables, et mon père était possesseur de bien des vices que je lui reprochais, mais le père de Junior n’était pas logé à meilleure enseigne que le mien. J’aurais plaisir à les voir tomber tous les deux, à vrai dire, mais celui de mon cher ami en premier si le destin m’offrait cette chance.
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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyDim 12 Sep - 12:13

We will be dangerous acquaintances
l'amitié, la vraie
ft. @Thaddeus C. Rowle & C. Junior d'Archambault
Je n'aurais jamais cru qu'Erin aurait pu avoir vraiment la moindre influence sur moi... pire encore, la moindre mauvaise influence... Ça m'avait toujours paru n'être qu'une croyance stupide et erronée à laquelle s'accrochait ma mère pour ne pas admettre que son fils adoré n'était pas aussi sage et parfait qu'elle voulait l'imaginer... mais finalement, ce soir-là, alors que j'offrais mon aide à cet ami dans le besoin de la plus implicite des manières et que je m'entrevoyais capable de mettre à exécution toutes les bribes de plans qui pouvaient bien me traverser l'esprit, je me laissai aller à admettre pour la première fois que peut-être — et je dis bien « peut-être » —  l'étroitesse de nos liens et le caractère sans limite de ma meilleure avaient pu laisser quelques traces... Là où je m'étais presque offusqué, non sans une tendresse amusée, du naturel avec lequel elle m'avait proposé de me débarrasser d'une présence gênante l'an dernier, voilà que je me retrouvais presque à en faire de même, sans plus de difficultés, un été plus tard... Thaddeus, lui, ne parut pas dérangé plus que ça par ma question et tout ce qu'elle pouvait bien impliquer, et se contenta d'y répondre comme si de rien n'était.

Faible.

Mais cela ne voulait pas dire nulle... N'est-ce pas... ? Sincèrement, je l'espérais pour lui. J'avais eu le malheur d'accueillir un semblant de fratrie et c'était, à ce jour, l'un des pires expériences qu'il m'ait été donné de vivre. Et encore, je m'estimais heureux que nous ne partagions que la moitié de notre sang — et sincèrement pas la meilleure ! Ce qui n'était pas son cas... C'était des certitudes par milliers qui devaient sûrement tomber en morceaux, des espoirs auxquels on pouvait à peine continuer à s'accrocher. Tout ce qu'on nous avait toujours promis, tout ce qu'on avait toujours su nous appartenir de droit, tout devait filer entre les doigts... Je n'étais pas d'une nature très empathique, bien trop occupé à m'intéresser à ma propre personne pour prendre la peine de m'intéresser à celles des autres, mais il fallait bien reconnaître que son malheur me touchait plus que de raison. C'était comme un frère auquel la vie s'en prenait et j'aurais aimé pouvoir faire quelque chose pour l'aider. N'importe quoi. Et cette évidence me paraissait à la fois grisante et glaçante... Si je me savais prêt à tout — à beaucoup du moins — pour mon camarade, qu'y aurait-il que je ne serais pas prêt à faire pour les beaux yeux d'Erin... ? Mais la question n'avait pas grand intérêt aujourd'hui. Peut-être n'en aurait-elle même jamais. Après tout, s'il y avait bien une personne au monde qui pouvait faire des miracles et qui saurait s'en sortir sans  la moindre petite aide, c'était elle !

Mais j’y songe, bien sûr. Seulement je ne suis pas encore une bête sauvage.
Il y a des situations qui nous le font devenir plus vite qu'on ne l'imagine...

Ça n'était qu'une simple constatation, sans l'ombre d'une moquerie. J'aurais pu comprendre qu'il se laisse entraîner par l'urgence ou la haine qu'il vouait sans aucun doute à ce petit être dont je n'avais même pas vu le visage. Sûrement que dans une autre vie, nous aurions été les premiers à apercevoir les doigts grassouillets du bébé, que ma mère se serait extasiée à n'en plus finir et que j'aurais été traîné dans toutes les boutiques du monde pour couvrir de cadeaux cette chose qui n'en méritait aucun... Il y avait toujours des moments où la rupture brutale qui s'était opérée entre nos deux familles me sautait aux yeux et, finalement, faisait un peu plus mal qu'elle ne l'aurait dû. Je ne m'étais jamais demandé, avant aujourd'hui, comment ma propre mère l'avait vécu. Après tout, les Rowle étaient un peu la famille qu'elle avait laissée en France et elle y était probablement aussi attachée que ça avait pu être mon cas. J'avais toujours parlé d'eux comme de Tante Annabelle et d'Oncle Christian, au même titre que ma vraie famille et pendant des années, elle m'avait toujours encouragé à faire ainsi... L'emprise que mon géniteur avait eu sur nous m'étonnait de jour en jour. Comment un homme aussi fade et mesquin avait pu nous mener à ce point à la baguette sans que personne ne trouve le courage de s'y opposer ? Ça n'avait aucun maudit sens ! Et pourtant... Il m'avait fallu attendre dix-sept ans pour comprendre qu'il n'avait pas la science infuse et que tout ce qui passait ses lèvres n'était que bêtises et poudre aux yeux, bien loin des paroles d’Évangile que j'avais longtemps supposé... Et comme un énième pied-de-nez à l'autorité bancale de ce père qui n'en méritait même plus le nom, autant que pour venir en aide à mon ami à la hauteur de mes faibles moyens, je lui proposais les clés de notre résidence secondaire pour qu'il puisse fuir les siens et jouir d'un calme qui devait commencer à faire défaut chez lui. Il accepta avec une note de sentimentalisme qui lui allait à ravir et si je ne répondis pas sur le même ton, préférant une prétention un brin arrogante, je n'en pensais pas moins pour autant. Il m'avait manqué aussi. Je n'avais plus compté les fois où, dans le silence de notre dortoir, j'avais été tenté de faire un pas vers lui, où dans les soirées mondaines, la jalousie avait noué ma gorge en le voyant rire auprès d'autres qui ne le méritaient pas... Bien sûr, la vie avait continué, bien sûr, j'avais su rebondir comme on me l'avait demandé et tirer maladroitement un trait sur lui... mais la plaie que la séparation avait laissée n'avait jamais totalement cicatrisée. Je ne regrettais pas d'avoir eu à en passer par là, sûrement que je ne me serais jamais rapproché à ce point d'Erin si Thaddeus n'avait jamais cessé d'être dans les parages, mais je n'en étais pas moins heureux de le revoir à mes côtés. Et puis, nos situations avaient ce je ne sais quoi de similaires, un quelque chose de rassurant qui faisait — pour ma part en tout cas — que je me sentais moins seul. Ma meilleure amie avait beau me soutenir dans mon combat, il fallait bien reconnaître que j'étais le seul à en faire les frais malgré tout... alors que là... quand bien même nous ne nous battions pas contre les mêmes choses, lui et moi, nous traversions des moments difficiles, côte-à-côté. Je prévins d'un ton qui ne souffrait aucune contradiction que notre soirée se poursuivrait par un dîner et, sans surprise, il accepta :

Marché conclu.

Il n'en avait pas vraiment le choix, de toute façon. Tout bon enfant unique et capricieux que j'étais, j'aurais été capable d'insister jusqu'à ce qu'il cède... Et Merlin seul savait à quel point j'avais obtenu souvent gain de cause avec cette méthode aussi insupportable qu'infaillible. Il poussa la porte du café qu'il avait désigné comme étant notre point de chute et je le suivis à l'intérieur avec une docilité exemplaire. Ça n'était pas vraiment le genre d'endroit où j'avais envie d'être vu mais il fallait bien reconnaître que c'était également le genre d'endroit où il n'y aurait personne pour nous voir. C'était pesant d'avoir ainsi à nous cacher pour nous retrouver. Que faisions-nous de mal sinon discuter autour d'une tasse de thé ? Était-ce de notre faute si nos parents maîtrisaient la rancune comme personne et refusaient d'admettre qu'ils n'étaient que deux gamins idiots incapables de mettre de l'eau dans leur vin ? Je crois que j'aurais aimé que les choses soient différentes. Qu'importe que nos géniteurs soient en froid, qu'importe que nos familles ne se côtoient plus... Seulement... seulement j'aurais aimé qu'on ait assez de considération pour nous pour nous laisser un tant soit peu de libre-arbitre. Thaddeus était sûrement l'ami que tout parent digne de ce nom aurait souhaité pour leur fils ! Il était issu d'une bonne famille, avait été élevé de la meilleure des manières, il ne jouait pas les délinquants et, à ma connaissance, ne fréquentait que des gens de notre rang... Dans d'autres circonstances, mon père aurait prié tous les dieux pour que notre amitié n'ait jamais de fin... Et pourtant nous étions contraints de faire profil bas et de nous retrouver à l'abri des regards indiscrets... Je me sentais comme une idiote éprise d'un sombre voyou, et ça n'avait rien de particulièrement agréable. Ma fierté en prenait un coup et qu'elle était loin d'apprécier la comparaison.

Je doute que tout ça fut bien réel, effectivement.

Je levai les yeux au ciel non sans exagération. Monsieur se plaignait presque... mais il n'en avait pourtant aucune raison ! Il avait eu le droit de faire ce qu'il voulait, de suivre le mouvement et de rejoindre tout ce que la Terre pouvait bien compter d'amis ! Il m'avait abandonné éhontément, laissé à mon triste sort sans un regard en arrière et presque sans nouvelle... Si je n'en avais voulu à personne, je ne l'avais pas très bien vécu pour autant. Il fallait bien admettre que je m'étais senti affreusement isolé, avec pour seule compagnie que cette imbécile de Lilith... J'étais convaincu qu'il y avait quelque chose à faire de cette écervelée mais, tout de même, de là à lui offrir la moitié de mon été, il ne fallait pas abuser ! Ça avait été mieux que rien – ou en tout cas c'est que j'aimais à me répéter dans l'espoir de finir par y croire. Il acheva de se plaindre et je me permis de le taquiner un peu, remuant avec douceur le couteau dans la plaie. Son regard s'assombrit aussitôt, suffisant à étirer mon sourire plus largement encore. Néanmoins, le serveur revint avec nos boissons, si bien qu'il fut couper dans son élan et ne cracha aucun venin à mon encontre. Une lueur victorieuse et amusée brilla brièvement au fond de mes yeux clairs. Finalement, notre conversation reprit comme si de rien n'était...

Mon pauvre ami. Tu aurais été bien mieux loti en notre compagnie qu’en France.

Je hochai la tête sans l'ombre d'une hésitation. Si j'avais toujours aimé ces retours sur nos Terres — encore qu'elles ne furent jamais vraiment les miennes — ils avaient pris des airs de tortures ces deux dernières années. Quel plaisir y avait-il à se retrouver pieds et poings liés ? Contraint de subir des désirs trop adultes pour me convenir ? En proie à une culpabilité qui n'aurait pourtant jamais dû me revenir ? Parce que je m'en étais toujours voulu d'imposer tout ça à Erin alors même que je n'avais strictement rien demandé. D'accord, je n'avais pas opposé grande résistance dans un premier temps, peut-être l'aurais-je dû, mais qui pouvait vraiment m'en vouloir en sachant que j'avais toujours été élevé ainsi ? C'était ce qu'on m'avait toujours promis, à peu de choses près, qui m'étreignait finalement. Enfin, peu importait... Malgré la culpabilité, la lutte continuait. Et je lui avais juré que je ne lâcherais rien avant d'avoir gain de cause, et ce quoi qu'il m'en coûte. Parce que je n'étais pas idiot, j'avais bien conscience que je jouais mon avenir dans cette bataille et qu'on pouvait tout m'arracher aussi facilement qu'on avait consenti à tout me donner... Mais j'aimais à croire que le jeu en valait la chandelle... même si mon père avait laissé entendre que les choses changeraient entre nous si je finissais par tout perdre. Peut-être que c'était vrai, dans le fond... Que ça vienne d'elle ou de moi, qu'importe. Aurais-je seulement la lâcheté de rester à ses côtés si je devais finir par dépendre d'elle... ? Je n'en étais pas certain.

Mais regarde-toi : tu as bien accepté de sortir avec moi ce soir. Tu es encore capable d’accepter ce qui est bon pour toi, il faut croire.
Ce qui est bon pour moi, vraiment... ? Entre tes regards noirs et ton abandon récent, je me pensais plutôt masochiste de bien vouloir te rejoindre.

Mais le sourire un peu absent qui flottait sur mes lèvres laissait entendre qu'il n'en était rien. J'aimais cette soirée autant que j'aimais ce garçon susceptible et ses grands airs. Il était évident que jamais un tel aveu ne se parerait du son de ma voix mais je le pensais avec une sincérité pourtant troublante. Si j'étais finalement peu entouré, j'avais à mes côtés les seules personnes au monde pour lesquelles j'éprouvais des sentiments probablement trop forts pour mon propre bien. Je trempai mes lèvres dans le thé fumant de ma tasse et lâchai un soupir satisfait. Ça n'était peut-être pas le meilleur endroit du monde mais ça valait bien la tension pesante qui régnait chez moi.

D’ailleurs, comment vont les affaires de ton père, depuis le temps ?

Je relevai la tête d'un geste plus brusque que je ne l'aurais cru, dardant sur lui un regard un rien surpris. Je n'étais pas certain du bien fondé de cette conversation. Je veux dire... Oui, nous étions amis, oui, nous avions décidé de nous faire confiance et de braver ensemble des règles qui ne valaient rien... mais je gardais à l'esprit que son père avait risqué l'intégrité du mien du temps où ils travaillaient ensemble et que la séparation avait été relativement houleuse... assez pour rompre tout contact par la suite. Aussi parler des histoires de mon père avec son héritier me paraissait déplacé. J'hésitai un instant, les yeux rivés sur le liquide ambré qui s'agitait péniblement dans sa prison de porcelaine...

Eh bien, soufflai-je dans un haussement d'épaules, elles vont correctement. Il avait envisagé de nous exporter outre-manche pendant un temps, mais d'autres projets s'étaient fait prioritaires...

Comme un poste au Ministère qui était en train de lui passer sous le nez, ce dont je n'étais d'ailleurs pas peu fier. Il ne méritait pas un prestige qu'il avait obtenu en me vendant au plus offrant, c'était évident !

Il va sûrement s'y pencher à nouveau, maintenant qu'il n'a plus rien pour le détourner de cet objectif.

Est-ce que j'avais enjolivé un peu les choses ? Peut-être. Il fallait bien reconnaître que depuis qu'Appleton était au Ministère, les associations d'impurs se faisaient plus menaçantes que jamais. Je ne comptais les plus visites inattendues de ses avocats, les tons graves qu'ils prenaient avant de s'enfermer dans son bureau, les visites au Magenmagot où — Merlin merci ! — nous avions encore des contacts bienveillants... Il craignait, et moi aussi, qu'ils nous faillent négocier avec la lie de notre monde pour avoir enfin la paix ou, pire encore, qu'un jugement nous oblige à souiller nos collections... Dans un tel cas, j'envisageais sérieusement de mettre les voiles et de construire une carrière ailleurs. Je ne savais absolument pas où mais je refusais d'avoir à satisfaire ces parasites jusqu'à la fin de mes jours !

Et de votre côté... ? J'imagine que tu te destines à prendre la relève également?

Je n'en savais fichtre rien mais ça me semblait relativement évident. N'étions-nous pas tous, ou presque, élevé pour continuer sur les chemins tracés par nos parents ? Pour prendre soin de leur héritage, le faire prospérer davantage... ? Plus je grandissais, plus je me rendais compte que, peu importe où se posait mon regard, il n'y avait que des portes fermées et des choix qui ne nous appartenaient pas... Enfin... Celui-là était sûrement un moindre mal...
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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyDim 26 Sep - 23:13

« We will be dangerous acquaintances with a history »


Je n’étais certes pas encore une bête sauvage, mais l’être humain n’était-il pas, par définition, une sombre bête, un animal qui venait puiser dans ses plus profonds instincts dès que nécessaire ? Une bête intelligente, qui savait prendre son temps et attendre le bon moment pour frapper, attendre le bon moment pour utiliser son énergie à bon escient, attendre patiemment tandis que l’envie meurtrière montait, grandissait, croissait… L’être humain était une bête qui savait ne pas céder à son instinct de cruauté, voilà tout. Voilà toute la différence entre les animaux qui peuplaient encore nos terres et ceux que nous étions aujourd’hui, plus évolués, plus doués par de nombreux aspects, plus… aboutis dans le grand schéma du monde. Non, je n’étais pas une bête sauvage car je ne m’étais pas encore précipité sur mon petit-frère pour arracher sa jugulaire avec mes propres dents. Je comptais faire les choses plus proprement, plus… méthodiquement. Le monde dans lequel j’évoluais était un grand échiquier dont il me fallait maîtriser toutes les pièces et tout l’espace afin d’avancer mes pions au mieux. J’avais un roi à détrôner pour prendre sa place. J’avais des armées entières à détruire pour avoir le plaisir de mettre à terre mon propre cavalier de frère. Je couvais cette cruauté, cette soif de sang, ce cruor comme l’appelait les latins depuis ma naissance et j’avais appris à la contenir au mieux pour l’exercer sans que cela ne devienne une sauvagerie sans nom, sans beauté et sans raffinement. C’était bien mal me connaître que de penser que j’avais une métamorphose à achever. J’étais déjà devenu une version supérieure que celle que j’avais été dans mon enfance. J’avais déjà évolué. Tout ce qu’il me restait à faire, désormais, c’était de me bonifier, de finaliser le tout et de perfectionner les finitions de cette sublime peinture. Je ne saurais devenir une bête sauvage, quand bien même les situations qui me faisaient face pourraient empirer. « Tu parles en connaissance de cause ? » lui demandai-je, jetant la question sans vraiment attendre de réponse - surtout s’il serait question d’une discussion plus longue que le temps qui nous était donné. Je ne voulais pas entendre la réponse si c’était pour entendre Junior faire part d’une faiblesse ou d’une peur qui le déshonorerait. Toutefois, j’étais étonné d’entendre des mots un tant soit peu sensés dans la bouche mon vieil ami. Si nous abritions tous une bête sauvage en notre for intérieur pouvant surgir sans crier gare lors d’un événement de notre vie, je pouvais affirmer que la mienne avait été parfaitement élevée par mon éducation. Elle se tenait suffisamment sage car elle n’avait jamais connu les chaînes de restriction qu’était la morale. Je doute que Junior se soit amusé à découper les ailes des papillons dans sa prime jeunesse. Peut-être était-ce là une différence notable entre nous ? Du moins, à l’époque, mais restait à savoir ce qu’il en était désormais. Était-il homme à craindre sa propre bête ou à l’embrasser, je me le demandais…

Nous avions changé. De façon imperceptible, peut-être - sans doute, même -, mais nous avions changé, c’était indéniable. Pourtant, nous nous aimions toujours autant, voire même plus qu'avant, dans cet élan brusque qu’était la crainte de perdre l’autre à nouveau. Mais il n’empêchait que nous nous faisions du mal mutuellement. Si je rabaissais sa relation avec Erin à la moindre occasion, je voyais bien qu’il avait trouvé en la naissance de mon frère un nouveau filon à exploiter de son côté. Ses remarques avaient le don de me vexer, et le mot était fort faible tant une colère enflait dans mon cœur quand il osait ouvrir la bouche à ce propos. Mais soit, qu’il en soit ainsi. Après tout, chaque cicatrice était une raison de plus pour me complaire dans mes addictions. Parfois, s’il me fallait être tout à fait honnête, je courais vers la lame moi-même. Et Junior ne devait pas être bien différent pour réussir à s’entourer de gens comme cette harpie sans plumes dans son cercle social. C’était à se demander, quelque part, s’il ne cherchait pas lui-même à provoquer l’éveil de sa propre bête… Mais j’en doutais. Junior était un jeune homme proche de la perfection, vraiment, mais il lui restait des tares qu’il me fallait bien garder en mémoire pour ne pas me laisser berner. Peut-être se complaisait-il dans sa douleur au point d’en faire un échappatoire à d’autres supplices ? À un détail près, nous nous serions ressemblés bien plus que nous ne pourrions jamais l’imaginer. Et puis, même s’il le disait sur le ton de la blague - et mon sourire se dessina en charmant rictus -, j’y décelais un fond de vérité. « Tu voulais simplement panser tes blessures dans les bras de ma délicieuse compagnie. » Et j’étais près à l’accueillir à bras ouverts même, car mon seul réconfort aujourd’hui était de me persuader que j’avais la priorité sur cette entrevue et qu’il ne reverrait Erin que bien après moi. Nous fûmes presque voisins, fut un temps, alors il n’était que normal que je le revisse le premier et non elle, en dépit de tout ce qui pouvait les lier. « Que voulais-tu que je fasse ? Que j’attende patiemment ton retour à Londres pendant que tu étais en France ? » fis-je buvant une autre gorgée de café noir. Je refusais d’être la demoiselle éplorée et nous ne pouvions être deux à souffrir. Plutôt lui que moi, sincèrement. Au moins, il pouvait avoir la certitude que je l’attendrais pour le consoler quoi qu’il arrive. Or, le contraire ne m’était plus aussi assuré qu’avant.

Dans toute mon impertinence, j’ose lui demander des nouvelles de son père. Finalement, il n’était rien d’autre qu’un deuxième roi à abattre sur ma liste et continuer de m’informer à son sujet ne pouvait ne m’être que profitable. Toutefois, Junior semblait surpris de la question. Ses traits me le montraient tandis que les miens restaient parfaitement impassibles. Détendus, même, sirotant mon café sans le quitter des yeux tandis qu’il avait déjà rabaissé sa tête… Hésitait-il ? J’osais penser que reprendre contact avec ma personne avait été une insubordination suffisamment forte pour ne plus craindre quoi que ce soit de son père, mais… Peut-être m’étais-je trompé sur cet aspect-là. Et si je me trompais… ô combien la déception serait grande, mon vieil ami. Immense. Proportionnelle à mon envie de redevenir fils unique et bien plus encore. Malgré tout, il osa ouvrir la bouche pour m’annoncer des projets en outre-manche, d’abord avortés mais qui pouvaient revenir à tout moment sur le tapis. À cette nouvelle, je fronçai mes sourcils. Enlevé à moi, une nouvelle fois ? Nos études nous permettait une nouvelle proximité à l’abri des regards de nos paternels, mais qu’en serait-il après notre diplôme ? De nouveau séparés pour la gloire de nos pères ? Il n’y songeait tout de même pas ! Son « également » faillit m’étouffer sur place. « Pourquoi faire ? » répliquai-je le visage fermé, avec un détachement trop prononcé pour qu’il soit réel, « Thomas le fera très bien pour moi s’il atteint cet âge. » C’était bien là la seule qualité que cet enfant pouvait avoir dans mes plans, en vérité : me soustraire aux obligations familiales. Mon père le favorisait déjà ; il ne serait pas contre lui laisser la succession à mon détriment si je le proposais moi-même. « J’ai des ambitions plus personnelles que de reprendre une Gazette » crachai-je. J’étais vexé et en colère qu’il puisse penser que je possédais si peu de personnalité pour suivre cette route. Et j’étais vexé et en colère qu’il n’en soit pas de même pour lui. « T’en ai-je seulement soufflé mot, d’ailleurs ? » demandai-je séchemment tandis que je plongeais un carré de chocolat noir dans mon café. « J’ai pour ambition de rejoindre le marché de l’art. Je suis persuadé que je peux en faire un terrain bien plus prometteur qu’il n’y paraît. Je comptais même faire le tour des boutiques d’antiquaire sur le Chemin de Traverse, avant la reprise. » Mais je ne lui proposai pas de se joindre à moi. Pourquoi faire ? Pour qu’il me refuse la chose de but en blanc par peur qu’on nous voit ensemble ? Par Merlin !
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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyVen 22 Oct - 19:05

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ft. @Thaddeus C. Rowle & C. Junior d'Archambault
C’était étrange, dans le fond, de voir combien nous avions grandi… Où étaient donc passés les enfants inséparables que nous avions été ? La complicité sans faille, les rires étouffés, la confiance aveugle…? Si nous avions changé côte-à-côte, seulement séparés par quelques mètres de parquet dans une chambre parfois trop étroite pour rendre la présence absente de cet autre seulement supportable, nous ne l’avions pas fait ensemble pour autant et cela me peinait un peu de nous voir emprunter des chemins différents. Nous n’avions eu aucun mal à nous retrouver, c’était un fait, comme si notre relation n’attendait que d’enterrer une hache de guerre qui n’avait jamais ne serait-ce qu’effleuré nos mains mais, en même temps, les ans avaient fait leur oeuvre et les moments passés sans l’autre laissaient des traces aujourd’hui encore. Nous ne nous connaissions plus aussi bien, il y avait une instabilité tenace que je ne vivais qu’avec lui, un quelque chose de branlant qu’un rien pouvait potentiellement faire basculer. Enfin… Je le pensais, en tout cas. Là où nous enchaînions les disputes, avec Erin, sans que je ne remette jamais en cause le fondement même de ce qui nous liait, je n’étais pas certain que ce que je vivais avec Thaddeus puisse supporter le même genre de traitement. Trop fragile, trop longtemps délaissé… Trop plein d’un certain jugement, peut-être aussi. Nous étions plus exigeants, sûrement, tant avec nous qu’avec notre entourage… et là où nous pouvions fermer les yeux sur tous les défauts de ce presque-frère que la vie nous avait imposé, c’était beaucoup plus compliqué aujourd’hui. Il fallait être à la hauteur, sans qu’on ne se dise rien, ne laisser transparaître que peu de failles, atteindre une perfection fantasmée. Je pense que c’était ce qui différenciait principalement ces deux liens puissants qui constituaient sans nul doute le coeur de mon existence sociale : là où je pouvais faire tomber le masque avec Erin, je m’y accrochais férocement avec lui. Je ne l’en aimais pas moins pour autant, bien sûr, mais c’était différent… plus égoïste, plus intransigeant… Finalement un brin plus violent aussi, un mélange de sadisme et de masochisme qui nous aurait envoyé tout droit sur le sofa d’un psychomage si quelqu’un avait pris la peine de s’en rendre compte.

Tu parles en connaissance de cause ?
Pas le moins du monde, admis-je dans un haussement d’épaules désintéressé, je me contente de rapporter ce qu’on a bien pu me dire.

Je ne savais pas moi-même où commençait le mensonge. Si je n’avais jamais eu à expérimenter réellement de tomber aussi bas, parfois la question s’était posée. Des idées sombres et passagères, envisager le pire en espérant en tirer ce qu’il y avait de meilleur… Si j’aimais à croire que j’avais été trop bien élevé pour me permettre de dépasser ainsi toutes les limites qu’on m’a un jour inculquées, je n’en étais plus forcément aussi certain. La fin justifiait parfois les moyens, c’était évident. Tous les moyens. Mais pour ce soir, rien de tout cela. Seulement un café douteux choisi par ses soins et une tasse brûlante qu’on nous apporta bien vite. C’était suffisant. Après des semaines d’absence et — presque — de silence, je n’avais pas besoin de plus. J’espérais qu’il se savait chanceux de ne pas avoir à subir rancune et mauvaise humeur, d’autant plus que c’était largement mérité. Comment aurait-il réagi, lui, si j’étais parti pendant un mois entier ? Déjà quinze jours, avec mes parents et sans l’ombre d’un amusement, avaient suffi à le faire rejoindre d’autres terres sans un regard en arrière… Je lui en voulais, je le reconnaissais volontiers. À peine nous étions-nous retrouvés qu’il n’hésitait pas à continuer sa vie sans moi comme si je n’en faisais déjà plus partie. Mais le manque avait eu raison de mon côté boudeur et j’avais accouru le plus docilement du monde. Quand j’y repenserais, ce soir, en rentrant, sûrement que j’en aurais honte mais, pour l’heure, ça me convenait totalement. Il y avait des faiblesses dans lesquelles je me complaisais volontiers…

Tu voulais simplement panser tes blessures dans les bras de ma délicieuse compagnie.

Un sourire vaguement débauché étira mes lèvres avant qu’elles ne plongent dans le thé fumant. Monsieur était bien prétentieux ! Et puis c’était mal connaître les multiples talents qu’Erin avait su me faire découvrir au fil des ans !

Sans vouloir te vexer, mon cher, ce n’est pas à ceux de ta délicieuse compagnie que je pense en premier lorsqu’il est question de me glisser entre quelques bras.

Une lueur entendue brûlait au fond de mon regard clair rivé sur lui, comme pour le défier de s’en offusquer. J’osais espérer qu’il en était de même pour lui, encore que je ne m’étais jamais véritablement penché sur le sujet. Je l’avais souvent épié, au début. Je voulais tout savoir, tout connaître, me rassurer en réalisant que je ne perdais rien à vivre sans lui… et puis de l’eau avait coulé sous les ponts et je l’avais laissé exister sans chercher à savoir ce qu’il ne montrait pas… ou, aujourd’hui, ce qu’il ne me disait pas. Il fut un temps, je connaissais tout de lui, sa vie était la mienne et l’inverse était tout aussi vrai… J’avais adoré tout partager avec ce frère qui n’en était pas un. Mais force était de constater que nous en étions loin désormais… et ça n’avait pas que des mauvais côtés. Il n’y avait qu’à voir le soin qu’il mettait à taper sans cesse sur les liens qui m’unissaient à Erin… mieux valait qu’il s’en tienne éloigné. Sans avoir une vision très précise de ce que nous vivions, il se permettait des choses que je n’aurais jamais toléré de quelqu’un d’autre… J’aurais rompu tout contact depuis bien longtemps pour bien moins que ça s’il n’avait pas été lui, aussi indispensable qu’il avait été absent.

Que voulais-tu que je fasse ? Que j’attende patiemment ton retour à Londres pendant que tu étais en France ?
Précisément.

Que sa délicieuse compagnie panse mes blessures, comme il le disait si bien ! Au lieu de quoi, il n’y avait eu qu’un quotidien morne et répétitif et cette sotte de Lilith pour m’accueillir à mon retour. J’aurais voulu qu’il y ait quelqu’un. Sincèrement. Mais non. L’isolement avait été brutal, total. Je l’avais affreusement mal vécu, plus mal encore que je le laissais entrevoir sous couvert de plaisanterie. Après, je n’étais pas certain que je l’aurais attendu non plus… D’un côté, sûrement. D’un autre, si la Poufsouffle m’avait invitée à la suivre… C’était peut-être de bonne guerre mais je ne le vivais pas mieux pour autant. Si elle avait eu l’excuse de sa famille, lui n’en avait eu aucune. C’était son choix de suivre le mouvement, son choix de partir au bout du monde au moment même où j’avais besoin de lui. Mais ça ne servirait à rien de nous étendre sur le sujet. Le mal était fait. Et bien fait. Une gorgée de plus et le sujet changea, s’attardant sur les affaires de mon père. Je me tendis plus que je ne l’aurais voulu. Je n’aimais pas ce virage soudain, comme s’il avait tenté d’endormir ma vigilance pour me tirer des informations. Je lui faisais confiance, pourtant, mais ce sujet-là restait sensible. Si sa relation avec ses parents n’était pas au beau fixe, je ne savais pas vraiment dans quelle mesure il restait de leur côté. Pour avoir des contacts houleux avec mon père depuis des mois, je savais pertinemment que ça ne suffisait pas à tirer un trait sur tout ce qui pouvait y avoir entre nous. Je le détestais profondément pour ce qu’il était, pour ses choix égoïstes, pour ses caprices et son manque évident de considération pour ma mère et moi… mais en même temps, je l’aurais défendu bec et ongles contre le reste du monde, qu’importe les dissensions en interne… Parce que s’en prendre à lui revenait à s’en prendre à moi, à s’en prendre à ma famille toute entière, et même encore aujourd’hui, je n’aurais probablement pas hésité bien longtemps à trahir quelque ami pour le bien des miens. Qu’en était-il de Thaddeus…? Je préférai rester prudent tout en lui offrant les réponses qu’il attendait. Ni totalement vraies ni totalement fausses. Assez précises pour lui donner l’impression d’avoir accès à ce qu’il pouvait bien vouloir, trop vagues pour pouvoir nous porter préjudices… Puis j’eus le malheur de lui retourner la question et de m’intéresser à ce qu’il envisageait pour la suite. Que n’avais-je pas fait là ! Son visage se ferma presque aussitôt, son regard se fit plus froid, presque assassin. Je le soutins sans ciller. Sa réaction me dépassait un peu. Il agissait comme si je l’avais insulté alors même qu’il ne s’agissait que d’une simple question. Un « non » aurait été tout aussi efficace que cet air courroucé !

Pourquoi faire ? Thomas le fera très bien pour moi s’il atteint cet âge.

C’est vrai qu’ils étaient deux, maintenant… Une moue dubitative passa sur mon visage. C’est qu’il s’accommodait à la perfection de la présence de son cadet quand il y trouvait son compte ! Mieux valait pour lui éviter de l’éliminer trop vite, ce serait dommage de condamner une si belle porte de sortie ! Une pointe de jalousie me serra l’estomac. C’était si facile quand on pouvait se reposer sur un autre et fuir des responsabilités qui nous étaient pourtant attribuées depuis le jour de notre naissance ! Sous ses grands airs, il n’était finalement pas mieux que les autres. Je reportai mon attention sur ma tasse, agacé.

J’ai des ambitions plus personnelles que de reprendre une Gazette. T’en ai-je seulement soufflé mot, d’ailleurs ?
Il me semble que non… mais je n’en suis pas franchement étonné… ce n’est pas comme si tu partageais grand chose avec moi, en ce moment.

C’était injuste, bien sûr, mais je jouais avec les cartes que j’avais en main. Un ton aussi sec que le sien, un regard où pointait la déception… On pouvait être deux à se draper dans des bouderies qui n’avaient aucun sens. Il était bien libre de faire ce qu’il voulait de sa vie, de toute façon, il n’avait pas attendu aujourd’hui pour ça ! C’était presque si je n’étais pas qu’une compagnie acceptable quand il n’avait pas mieux sous la main. Sûrement qu’il avait dû faire part de ses projets à tous ceux qui lui avaient tenu compagnie cet été, ces vrais amis, ceux qu’il n’abandonnait pas à la première occasion.

J’ai pour ambition de rejoindre le marché de l’art. Je suis persuadé que je peux en faire un terrain bien plus prometteur qu’il n’y paraît. Je comptais même faire le tour des boutiques d’antiquaire sur le Chemin de Traverse, avant la reprise.

Durant un instant, j’attendis que son regard croise le mien et qu’il rajoute — même froidement — un « si jamais tu veux venir avec moi » ou quoi que ce soit s’en rapprochant… Bien sûr, ça voudrait dire agiter notre amitié sous les yeux du monde et prendre le risque que ça arrive aux oreilles de nos parents… Mais étais-je vraiment à ça près…? De toute façon, la question ne se posait pas puisque rien ne vint. Je fis taire la vexation douloureuse qui m’étreignit et resserrai ma prise sur la porcelaine encore chaude.

Je vois que ton programme est chargé… J’espère que ce café ne te fera pas perdre trop de ton précieux temps.

Sur quoi je détournai ostensiblement les yeux, tournant presque la tête en direction des fenêtres au loin. Il n’aurait pas dû prendre la peine de m’accorder ce tête-à-tête alors qu’il avait visiblement bien mieux à faire. Avec un peu de chance, ses boutiques n’étaient pas encore toutes fermées, qu’il courre donc les visiter ! Je n’étais de toute façon plus à un abandon près de sa part…
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Thaddeus C. Rowle

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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyDim 21 Nov - 17:00

« We will be dangerous acquaintances with a history »


Je ne savais quoi penser de ce Junior qui se baladait de nouveau à mes côtés. L’aimais-je ? Le détestais-je ? Étais-je indifférent parce qu’il était loin de celui que je gardais dans mes souvenirs ou bien mon avis refusait-il de se fixer définitivement ? Était-il la parfaite évolution de celui qu’il avait été enfant ou bien une mutation avait-elle eu lieu lors de mon absence forcée ? Je ne savais quelle réponse donner. Plus je l’observais, plus j’y trouvais des traces de celui qui avait jadis passé son enfance en ma compagnie, mais, parfois, lorsque j’étais en plein délire obsessionnel, je craignais de n’y voir que ce que je voulais bien y voir. Nous avions changé, c’était indéniable, mais je ne parvenais pas encore entièrement à estimer à quel degré ce changement s’était opéré. De combien de centimètres s’était-il éloigné de moi ? De combien de mètres ? Les choses s’étaient-elles faites naturellement ou une gangrène y avait-elle mis son grain de sel ? Bien sûr que cette Pousouffle avait éloigné mon vieil ami de moi. Sa mauvaise influence lui avait fait prendre un mauvais chemin. Il n’était guère plus l’ange qu’il avait été enfant. Elle lui avait insufflé des idées dont je n’avais nulle idée de la teneur dans cette tête déjà que trop fragilisée par les mauvaises nuits. Et je craignais parfois ne pouvoir faire pencher la balance en ma faveur de nouveau. De mauvaises idées traînaient dans mon esprit, pas loin de me faire devenir cette bête sauvage dont nous parlions et qui, finalement, avait toujours eu l’occasion de s’exprimer dans mon enfance. Mieux valait que je ne lui en parle pas. Si j’étais au courant des mauvaises nuits qu’il avait pu faire et continuait d’avoir, je crois n’avoir jamais montré platement mes boîtes en verre à mon vieil ami, plus affairé à lui rendre la vie plus simple quand je le pouvais pour cela. Je tenais le linge mouillé à son attention et me gardais les épingles lorsqu’il n’était plus là. Je ne tenais plus ni l’un ni l’autre désormais, mais mon esprit continuait de rouler sur ces idées… Je ne voyais qu’un moyen de garder le Junior de ma mémoire vivant et, paradoxalement, cela constituait à passer par sa mort pour mieux le conserver ensuite. Une chose que j’avais souvent expérimenté sur de petites créatures. Jamais de plus grandes. Mais je ne savais jusqu’à quel point mon désir d’immortaliser mon passé pouvait me pousser… Le temps n’était pas encore venu pour trouver une réponse à cette question. Quelque part, si mes envies de boîtes en verre n’étaient jamais parties, je retrouvais celle de prendre soin d’un autre que moi. Pour le simple équilibre entre eros et thanatos que je me réappropriais, j’étais prêt à trouver d’autres solutions avant de commettre l’irréparable.

Malgré tout, se blesser et se soigner mutuellement… Voilà ce qu’était notre nouvelle dynamique que nous avions instauré entre nous. Mieux valait nous qu’un autre, de toute façon, et je refusais de le voir quitter mes côtés une nouvelle fois pour abandonner mon amitié avec lui et le laisser à ses nouvelles affaires dont je ne savais que trop peu de choses, faute d’avoir été là. Si mes boîtes en verre restaient depuis longtemps au placard, mes obsessions continuaient de s’accroître dans mon cœur. Et j’avais cette fâcheuse habitude d’être à leur service… Les seules à réellement pouvoir m'influencer, finalement. Toutefois, quant à mes émotions, les paroles de Junior avaient également un étrange pouvoir : il lui était si facile de me faire perdre mes moyens en quelques mots seulement. L’envie brûlante de m’allumer une cigarette traversa mon cœur. Quelle cruelle chose que de me faire entrevoir ne serait-ce qu’une once de son intimité avec Erin. J’avais envie de vomir. Et il aurait voulu que je reste, moi, à l’attendre à Londres plutôt que lui ? « Je ne suis pas très doué avec ces histoires de patience et de temps à perdre. Tu t’en sors bien mieux que moi dans ce domaine. » Le temps était une notion bien trop étrange pour ma personne. Il n’avait jamais été entièrement mien, et maintenant que je désirais tout reprendre en ma possession, je souhaitais qu’il revînt en arrière pour tout refaire à mon image. J’étais fort capable de laisser les minutes s’égrener sans rien faire, de rester à moitié allongé dans un canapé pour figer mon univers tandis que celui des autres continuaient de rouler sur les chapeaux de roue… Mais il y avait une différence entre placer l’ennui dans son emploi du temps et le subir sur plusieurs semaines. Junior pouvait bien s’y contraindre, lui qui n’avait jamais eu le temps dans sa poche. Cette parfaite petite marionnette de fils qu’il était. Ses vacances avaient été bien occupées, de ce que j’en avais compris. Et de ce que j’en voyais sur son visage, son père continuait de le mener à la baguette - ou suffisamment, en tout cas, pour qu’il n’ait à se plaindre de n’avoir rien à faire mis à part attendre notre retour. Nous n’en étions plus au même point, clairement. Et je n’aurais pas eu cette chance, moi. J’aurais passé ces deux mois, seul à Londres, en compagnie de ma famille et de ce frère abominable. On ne m’aurait même pas demandé de partir avec eux pour ce tour de l’Angleterre, si ce n’est pire. Et la capitale m’aurait paru, pour la première fois de toute ma vie, si petite, si étroite, si vide… Si repliée sur elle-même et sans aucun avenir. Un cul-de-sac puant.

Peut-être avais-je miné mon propre terrain en abordant un tel sujet avec lui, sachant pertinemment qu’il me retournerait la question. Ma véhémence fut plus violente que je ne l’aurais voulu et savoir qu’il me voyait ainsi me provoqua des frissons de dégoût. Mon masque avait encore quelques failles, fallait-il croire. Que n’aurais-je voulu m’arracher quelques souvenirs et m’oublietter sur certains sujets pour vivre cette seconde vie… Mais redevenir servile comme Junior était une chose que je ne désirais point. Qu’importe. L’auto-persuasion et l’avilissement à coup de médicaments étaient une méthode plus que suffisante pour le reste de ma grande vie. Mon vieil ami pouvait bien m’accuser de ce qu’il voulait, il n’était pas mieux loti que moi. « Parce que toi oui ? » lui renvoyai-je à ce reproche de ne plus rien lui dire, croquant dans mon morceau de chocolat. J’aurais souhaité quelque chose de plus acide, assurément. Avais-je seulement pris mes cachets avec moi, maintenant que j’y pensais ? Tâtant les poches de mon manteau un instant, je sentis la grosseur du flacon dans l’une d’elle et m’empressai d’en sortir un cachet que j’avalai avant de finir d’une traite ma tasse de café. De quoi apaiser la colère et adoucir le cœur… En priant qu’un seul suffise. « Ces vacances m’ont fait perdre plus de temps que mille cafés avec toi ne le feront jamais » fis-je d’un ton que je voulais plus doucereux, reprenant le contrôle de mes émotions quitte à devoir porter le masque que je gardais pour toutes les larves que nous côtoyons au quotidien. « Et puis, tu me dois toujours un dîner, ne pense pas que je l’oublie. » Reprenant mes aises sur cette chaise, cherchant à retrouver ma majesté naturelle, je plantai mes yeux sur Junior jusqu’à ce qu’il daigne se retourner dans ma direction. « Et, qui sait, si c’est une bonne adresse, peut-être viendrai-je t’en demander d’autres dans le domaine qui m’intéresse s’il s’avère que tu en connaisses une ou deux… » dis-je, l’air de rien. Son père ne gérait qu’une librairie, certes, mais le nouveau travail de mon père m’avait bien appris une chose : les alliances et les liens avec d’autres corps de métier étaient plus fréquents qu’on ne le pensait. Et puis, la famille d’Archambault était de bonne naissance. La question de l’art et de l’ameublement s’était forcément posée un jour ou l’autre. Ma mère, en tout cas, n’avait pas dû manquer d’en toucher deux mots à la mère de Junior lorsque que nos familles étaient encore unies. L’amour des belles choses n’était pas une qualité, mais une nécessité.
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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyLun 10 Jan - 18:11

We will be dangerous acquaintances
l'amitié, la vraie
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Avec Thaddeus, j'avais souvent l'impression d'évoluer sur un fil. Avait-ce été ainsi, à l'époque ? Les enfants que nous étions risquaient-ils de basculer au moindre mot de travers, à la moindre incompréhension ? Pas dans mes souvenirs, non... mais des souvenirs de cette époque, il ne m'en restait plus beaucoup. Les attentions qu'il portait à mes nuits chaotiques vivotaient encore un peu, souvent supplantées par celles qu'Erin leur avait accordées par la suite. Les rires complices mourraient dans l'ignorance pesante qui s'était installée dans notre dortoir. Les liens fraternels avaient brûlé en même temps que les centaines de photos que mon père avait jetées dans la cheminée. Je savais autant que je supposais, je m'accrochais à des restes dont je ne distinguais même plus les contours, je laissais un imaginaire mélancolique combler les blancs en m'efforçant de croire que c'était vraiment ça ce « nous » si maltraité qu'il ne savait plus comme exister. C'en était devenu une espèce de relation toxique, un brin sado-masochiste, qui apportait finalement plus de mal que de bien. Avec le recul, je reconnais sans honte que nous aurions dû nous en abstenir, que c'était malsain, drapée d'une jalousie presque maladive dont nous ne savions nous défaire... Reprocher à cet autre ce que nous faisions nous-mêmes, agiter sous son nez ce que nous refusions d'accepter de lui... C'était tout ce que notre éducation avait fait de pire qui rejaillissait entre nous. Et je crois que je préférais ça à rien. L'avoir à mes côtés, qu'importe le prix, qu'importe l'instabilité troublante de ce lien à la fois inné et nouveau, plutôt que d'avoir à tirer un trait sur lui. Et puis, égoïstement, il y avait quelques bons côtés : je pouvais notamment lui en vouloir sans honte pour tout ce que je m'empêchais de reprocher à Erin. L'abandon  brutal et violent de cet été, par exemple.  La réplique ne tarda pas à tomber, aussi piquante qu'à l'accoutumée :

Je ne suis pas très doué avec ces histoires de patience et de temps à perdre. Tu t’en sors bien mieux que moi dans ce domaine.
Comme dans tous les autres, d'ailleurs.

Le ton était léger, semblable à celui d'une plaisanterie, mais le regard que je posai sur mon ami suffisait à le contredire. Qui savait, sincèrement, où s'arrêtait le jeu ? Il y avait derrière tout ça la volonté d'avoir le dernier mot, fut-il ridicule. Je n'avais jamais eu l'impression de perdre mon temps, les langueurs auxquelles je m'abandonnais volontiers valaient bien mieux que du temps perdu. Il y en avait de plus délicieuses que d'autres, quelques images me revenaient sans mal rien qu'à cette pensée... Mais il aurait eu bien du mal à le comprendre... Quand bien même nous n'avions eu aucun mal à nous retrouver, un fossé s'était creusé entre nous. Profond, immense. Infranchissable, peut-être. Nous jouions aux funambules au-dessus mais ça ne faisait pas tout. Nous étions passés à côté de bien des choses... Toutes les années perdues ne se rattraperaient jamais et la connaissance intime – presque parfaite – que je pouvais partager avec Erin n'avait plus aucune existence avec lui. Nous connaissions ce que nous acceptions de montrer et nous ne montrions rien qui puisse être dérangeant, qu'importe que ça puisse être vrai pour autant, que ça puisse être nous. C'était triste, quand on y repensait. Triste de tenir autant à quelqu'un qui n'était finalement qu'un mensonge, triste de tout faire pour qu'il tienne à moi alors que je n'étais finalement pas mieux. Certains diraient à raison que qui se ressemblait s'assemblait, et que c'était pertinemment ce que nous avions fait. Un reproche de plus et Thaddeus perdit son calme. Le masque imperturbable, aimable, de marbre qu'il portait avec grâce se fendilla, laissant entrevoir quelque chose d'affreusement moins plaisant. Un brin fou, peut-être. Je soutins son regard assassin et plongeai mes lèvres dans ma tasse tout en sifflant un reproche de plus d'une voix si douce qu'elle en devenait acide. Mon agacement était palpable. Ma déception, sûrement aussi. Je rêvais d'une amitié indéfectible, une confiance aveugle, des liens si forts qu'ils ne risquaient rien... Je rêvais de quelque chose pareil à ce que je vivais avec Erin, en réalité. La perfection déjà connue qui se serait répétée ailleurs. J'aurais voulu des promesses que je n'étais plus en moyen de faire, des certitudes auxquelles je n'aurais de toute façon jamais cru. Mais tout ce que j'avais à la place, c'était un champ de bataille où les attaques n'avaient de cesse de fuser, où le repos n'était jamais si tranquille qu'il n'y paraissait.

Parce que toi oui ?
Parce que moi oui, exactement.

Le mensonge était éhonté, brillant d'une sincérité qui en aurait fait pâlir plus d'un. J'avais pertinemment conscience que je ne lui confiais que ce que j'étais prêt à perdre, pas toujours certain qu'il garderait mes secrets pour lui ni qu'il en prendrait soin. Il y avait toujours quelque chose d'incertain avec Thaddeus. Des moments où j'avais envie de lui confier ma vie, de me perdre dans une confiance qui n'existait qu'en partie... D'autres où je préférais tout garder jalousement pour moi, ne lâchant à peine quelques bribes connues de tous pour faire illusion... Et là, ce soir, alors qu'il semblait avoir montré son vrai visage, j'étais bien heureux d'avoir toujours observé une certaine distance, une certaine mesure. Il était sans l'ombre d'un doute l'ami le plus cher que j'avais au monde mais, en même temps, le rival le plus cruel que je n'aurais jamais pu y trouver. Il finit par tâter ses poches avec ce qui ressemblait à une pointe d'inquiétude avant d'en sortir un flacon, du flacon un cachet et de l'avaler avec ce qui lui restait de café. Durant une seconde, le silence retomba...

Encore ?

Il y comprendrait bien ce qu'il voudrait... Une dernière attaque et je détournai les yeux d'un air boudeur. Je regrettai un peu d'avoir accouru si facilement pour recevoir un tel traitement. Il semblait oublier que l'unique fautif dans toute cette histoire, depuis le tout début, c'était lui, uniquement ! Il pouvait bien vouloir passer ses nerfs sur moi, ça n'avait aucune légitimité et me jouait sur les nerfs... Pourtant, Merlin savait combien il était difficile d'y parvenir ! Erin était la seule, souvent, à pouvoir me faire perdre mon sang froid avec une facilité désarmante... et la mauvaise habitude de le faire exprès. Mais s'il s'y mettait aussi, maintenant... Quoi qu'il en soit, le comprimé eut l'air efficace puisque lorsque mon camarade ouvrit à nouveau la bouche, il parut avoir retrouvé son calme et une amabilité qui puait une certaine hypocrisie. Ainsi donc nous en étions réduits à ça ?

Ces vacances m’ont fait perdre plus de temps que mille cafés avec toi ne le feront jamais.

Je levai exagérément les yeux au ciel même s'il n'était pas en mesure de le voir et étouffai un ricanement incrédule. Pensait-il sincèrement que quelques mots doux susurrés avec un temps de retard suffiraient à effacer la violence dont il venait de me gratifier ?  Allons, un peu de sérieux ! Son regard était planté sur moi, attendant sûrement que je daigne réagir... positivement en tout cas. Je le sentais sans avoir besoin de tourner la tête et j'en jouai un peu, prenant un temps interminablement long, le laissant attendre ainsi comme une vengeance puérile.

Et puis, tu me dois toujours un dîner, ne pense pas que je l’oublie. Et, qui sait, si c’est une bonne adresse, peut-être viendrai-je t’en demander d’autres dans le domaine qui m’intéresse s’il s’avère que tu en connaisses une ou deux…

Le regard que je consentis enfin à reposer sur lui se fit moqueur.

Je te dois un dîner ? Vu la manière dont tu me traites depuis tout à l'heure, pars du principe que tu m'invites, répliquai-je d'un ton qui n'admettait aucune contradiction avant de terminer ma tasse de thé. J'espère que tu as conscience que tu es le pire ami qu'il me soit possible d'avoir, mon cher Thaddeus, et que ma présence dans ce café minable est une fleur que je te fais. Je te conseille de ne pas l'oublier de sitôt... ou alors tu ne t'étonneras pas de mon absence prochaine.

Enfin... Encore fallait-il qu'il la remarque. Puisque Monsieur pouvait se passer de moi des jours et des jours... Mais au moins était-il prévenu. Je me laissai aller contre le dossier de ma chaise, les jambes distraitement tendues devant moi, probablement guère loin des siennes, empiétant avec prétention sur son territoire, un regard presque de défi planté dans le sien.

Quant au reste, il se pourrait que j'ai quelques adresses intéressantes... de l'autre côté de la Manche. C'est que nous avions un château à meubler, vois-tu... Ça ne s'improvise pas.

J'avais été traîné dans tout ce que l'aristocratie française trouvait de meilleurs goûts, on m'avait forcé à poser les yeux sur tous les catalogues des grands noms du milieu... Je n'en gardais aucun bon souvenir... mais s'ils pouvaient aider malgré tout, j'imagine que je pouvais toujours les partager... Enfin... S'il le méritait. Ce qui était pour l'instant loin, très loin, d'être le cas.
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Message(#) Sujet: Re: « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus « We will be dangerous acquaintances with a history » ♤ Junior & Thaddeus EmptyDim 3 Juil - 3:13

« We will be dangerous acquaintances with a history »


Junior était ce frère que je n’avais jamais eu lorsque nous étions petits, ce double qui ne pouvait que me compléter. Le temps faisant, ce jumeau de l’enfance s’était transformé en pâle reflet. Comment pouvait-il être meilleur que moi ? Réussir mieux que moi ? Tout au mieux, il pouvait m’égaler, mais vivre une vie plus fastueuse que la mienne ? Je ne pouvais le concevoir. Il avait beau prononcer cette phrase sur le ton de la plaisanterie, son regard était moins rieur. Mon sourire lui renvoya la balle, mais mon esprit n’en pensait pas moins. Nos chemins s’étaient séparés et, ce faisant, m’avaient permis d’ouvrir les yeux. Nos vies n’étaient guère les mêmes : il était destiné à reprendre l’entreprise de son père et de vivre parmi les livres ; je me construisais moi-même un avenir pour vivre parmi les œuvres d’art. Si l’un comme l’autre nous pouvions avoir des maux de tête, clairement nous ne l’utilisions pas de la même manière. Quant à nos familles… semblables en apparence, disparates dans leurs racines profondes. Vraiment : guère plus qu’un pâle reflet. Comment pourrais-je devenir jaloux de lui ? Lui qui continuait d’aduler son père, de boire ses paroles… Notre principal point de divergence partait de là : contrairement à lui, je n’étais plus aveuglé. Et par tous les saints, comme je comptais m’en vanter devant sa personne ! Mon vieil ami finirait bien par reconnaître les bienfaits d’une telle discorde et à la reproduire. C’était le meilleur que je pouvais lui souhaiter, honnêtement. Ce qu’il fallait, c’était qu’il redevienne un frère comme il l’avait été plus jeune – non plus un double, cependant, c’était impossible. Je me suffis tout à fait bien par moi-même, je m’en rends bien compte avec l’âge. Toutefois, quand bien même ma personne pouvait se contenter d’elle-même, Junior était un souvenir faisant partie de moi. L’éloigner reviendrait à me m’amoindrir. Et ce serait une idée impensable que d’agir d’une telle sorte, n’est-ce pas ?

Un reproche pour un reproche. J’imaginais que nous ne pouvions plus nous comporter autrement que de cette façon précise, désormais. Je le voulais prêt de moi, quitte à l’attacher avec des chaînes trop serrées et lui faire mal – nous faire du mal. Quid de la douleur, de toute manière ? Mes cachets de reine des prés feraient suffisamment l’affaire pour l’adoucir. Je pourrais la supporter, le jeu en vaudrait la chandelle, assurément. Si j’avais développé quelque chose, depuis toutes ces années, c’était bien une volonté propre que Junior semblait ne pas avoir. Et cette volonté était plus forte que tout. Reconquérir mon identité, m'accaparer mon passé à nouveau pour ensevelir le présent désagréable, devenir Thaddeus Rowle en chair, en os et en sang. Certes, Junior avait peut-être raison : je ne me confiais pas à lui autant qu’avant, car cette quête d’une vie n’était point une chose à confier à quiconque. Mais qu’il puisse prétendre le contraire de son propre comportement ! « Ah, laisse-moi rire. » Ni lui ni moi ne pouvions soutenir une sincérité parfaite, je voulais bien l’admettre. En vérité, il était difficile de dire que nous nous étions confiés l’un à l’autre depuis nos retrouvailles : nous avions repris notre relation comme si de rien n’était, comme si elle avait tout simplement été mise en pause, effaçant sciemment les années de séparation. Là se cachait le problème : nous avions changé depuis toutes ces années, si bien qu’il était impossible de reprendre là où nous nous étions laissés. Et sûrement en avions-nous terriblement conscience. Mais il était plus facile de prétendre. Tout dans l’apparence, tout dans la superficialité ! J’y connaissais quelque chose. Et pour retrouver mon masque de candeur et d’amabilité, j’engloutis un de ces cachets ayant le don de m’apaiser. Mon vieil ami ne manqua pas de me faire une remarque sur la chose, mais au lieu de froncer les sourcils et d’hausser la voix, je lui répondis avec légèreté : « Toujours. » Peut-être devrait-il essayer lui-même d’en prendre. Ces cachets faisaient des miracles sur le caractère de quelqu’un.

Un caractère qui ne s’était nullement amélioré avec l’âge. Sa bouderie était franchement disgracieuse à regarder et encore plus à subir, mais qu’importe, je gardai le sourire. L’effet du cachet commençait déjà à agir et je me sentais… apaisé. Ce n’était pas son comportement d’adolescent qui pourrait m’atteindre, pas maintenant. Sa bouderie valait encore mieux que son dédain ou son ignorance dans la Salle Commune. Mieux valait des miettes que rien du tout, même si je continuais à les écraser encore et encore sans le vouloir.

« Très bien, je t’invite. Cette fois et la fois prochaine même ! » S’il me faisait seulement le plaisir de m’accorder une prochaine. Sa façon de se placer au-dessus de moi et de me rabaisser à une personne horrible me faisait bien rire. Le pire ami qu’il avait… Avait-il seulement d’autres amis mis à part cette mégère ? La remarque était facile lorsqu’il n’y avait pas beaucoup à comparer; Si l’on oubliait son mauvais jugement quant à la personne d’Erin Sørensen, j’étais à la fois le pire ami qu’il avait et le meilleur possible. Mais soit. Je baissai les yeux et fit un signe de croix pour lui promettre de ne pas oublier sa faveur et de m’excuser bien bas. Que sa seigneurie redescende de ses grands cheveux, j’étais fort bien capable de le brosser dans le sens du poil. Junior en profita pour se mettre à son aise sur sa chaise et également sous la table, son regard de défi voulant heurter le mien sans qu’il n’en fut rien. « Je suppose que je dois m’en remettre tout entier à toi, dans ce cas. Tu connais bien mieux la France que moi, mon cher », fis-je en étendant également mes jambes de sorte à frôler les siennes. Des adresses de l’autre côté de la Manche étaient une chose très intéressante. Cela permettrait de proposer des biens différents du marché anglais, de quoi me démarquer. Hum. C’était une piste à explorer, effectivement – avec ou sans l’aide de Junior.

Quoi qu’il en soit, je terminai mon café d’une seule traite avant de me lever et de reprendre mon manteau posé sur le dossier de la chaise. Plissant les quelques plis sur mes vêtements, je me retournai vers Junior avec un sourire parfaitement cordial. « Ce dîner ? Je ne peux guère te l’offrir si nous restons trop longtemps ici. » La soirée ne faisait que commencer et je pouvais jouer à notre petit jeu encore très longtemps. Après tout, nous avions tant à rattraper – n’était-ce pas la parfaite excuse ?
(c) DΛNDELION


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