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 Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]

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MessageSujet: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mer 7 Nov - 22:24

Samedi, dix-sept heures et j'étais en week-end. J'avais assuré seule le service de vendredi soir et c'était au tour d'Ula de s'occuper du bar ce soir. Cela me permettait donc de souffler un peu et de prendre les devants pour apprendre à mieux connaître une certaine personne. Il y a quelques jours de cela, j'avais rencontré un vieux copain de soirées moldues, au bar où j'avais servi pendant plusieurs années. Ce soir, je le recevais chez moi. En faisant un signe de la main pour dire au revoir à ma patronne et aux clients habituels que je connaissais déjà si bien après une semaine, je fermais la porte du pub, jouissant de mes jours de repos. Le temps serait certainement à l'orage cette nuit, mais à l'instant présent, une douce brise venait caresser mon visage et faire virevolter mes longs cheveux noirs. Je prenais de grandes inspirations. Les mi-saisons avaient toujours été ce que je préférais. L'une parce qu'elle voyait naître quantité de choses, dans une douce atmosphère, l'autre parce que la pluie y régnait en maître, se laissant consumer par tous les états météorologiques possibles et inimaginables. Elle était pleine de surprises. Si je devais ensuite choisir entre l'été et l'hiver, je faisais partie de ces rares personnes qui vous diraient qu'elles n'aiment pas vraiment la chaleur. Puis quoi de plus beau qu'un paysage enneigé ?

Je marchais contre le vent, en direction de ma maison. Elle n'était pas aussi grande que ce que j'avais connu avec mes parents, mais bien trop pour une seule personne. Toutes les maisons se ressemblaient étrangement dans ce village et les tailles différaient peu. Mais j'aimais ces toits plus que pointus, pas vraiment droits, un peu comme moi en fait. Ils n'avaient rien de parfait mais un certain charme. Je passais la grande place avant de tourner légèrement dans une ruelle un peu plus à l'abri du passage. J'enfonçais la clé dans la serrure et à peine ma porte fut ouverte que mon chat me sautait dessus en miaulant. Je ne connaissais pas d'animal plus inoffensif que lui, seule sa maîtresse, la nourriture et la pluie comptaient pour lui. Oui, malgré que ce soit un chat. On raconte bien que les animaux ressemblent toujours à leur maître ? Ce n'était pas totalement faux dans ce petit foyer aux allures les plus chaleureuses possibles. Une douce cheminée en pierre ornée d'une photo encadrée de mes parents, dans laquelle je fis tout de suite crépiter quelques flammes. De nombreuses plantes, dont je ne connaissais pas forcément l'origine. Du monde des sorciers ou de celui des moldus, je prenais tout ce qui me plaisait, tout ce qui attirait mon œil. Plusieurs miroirs étaient aussi disposés dans cette pièce qui servait à la fois de salon et de cuisine. J'appréciais de grandes pièces ouvertes mélangeant le moderne et le charme de l'ancien. Les couleurs neutres, presque froides, à la pierre et au bois.

Je déposais alors mon sac avant d'aller me regarder dans le miroir avant de me refaire une beauté. En effet, après une journée à transpirer en service, je ne pouvais accueillir mon hôte dans cet état. Une bonne douche était de convenance, avant de cerner mes yeux de noirs, un ton légèrement rosé sur les pommettes. Je ne pris pas la peine de porter une robe, je ne savais pas vraiment de quel ordre était cette nouvelle rencontre, ce que cela signifiait pour moi et l'homme en question. Je voulais simplement passer une agréable soirée, en bonne compagnie. Il m'avait proposé de faire la cuisine et bien que je sois gênée par cette idée, je n'avais pas senti la possibilité de refuser l'offre. J'avais donc pris le soin d'acheter quelques bonnes viandes, car nous le savons tous, les hommes n'étaient pas des espèces herbivores. A vrai dire, moi non plus.

Quelques caresses et ronronnements plus tard, je mettais la musique en route. Typique de celle que j'avais pu passer lorsque je travaillais dans les bars à Londres. Ce genre qui avait certainement fait le fond de nos premières conversations. Par la suite, je pris un fond de whisky avant de m'installer sur le bout de jardin que je louais. J'aurai pu continuer à vivre en Irlande, chez mes parents, ayant hérité de cette magnifique demeure. Mais je préférais la garder pour certaines occasions, en tout cas je ne pouvais pas y passer toutes mes nuits dès à présent, c'était trop tôt. Passant la porte menant à cette plage de verdure, je savais que le londonien ne tarderait pas trop. Il était dix-huit heures trente passées et je risquais de ne pas l'entendre dans tout ce vacarme. Je laissais donc la porte entrouverte au cas où il ferait son apparition. Je m'installais sur un transat, y gigotant au rythme du son. Cela ne présageait qu'une bonne soirée, où j'espérai en apprendre plus de ce moldu devenu soudainement sorcier à mes yeux.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mer 7 Nov - 23:56

   
Welcome home. Dear Gentleman




À force de voyager un peu partout le jeune homme avait presque fini par oublier la météo capricieuse qui régnait en Grande-Bretagne et, en revenant en terre natale, il avait dû se réhabituer à la grisaille et au crachin qui seraient désormais monnaie courante dans sa courte vie de professeur. Les beaux jours étaient à présent bien loin et, petit à petit, le froid commençait à s'installer en obligeant les élèves à s'habiller de plus en plus chaudement. Malgré son tempérament de feu le jeune Armstrong n'échappa pas à cette règle et, bien malgré lui, il fut forcé de laisser ses shorts et t-shirts au placard afin d'opter pour le pull en laine qui l'aiderait face aux plus glacials des vents. Enfin ça c'était d'habitude, lorsque ses cours l'obligeaient à rester en extérieur pour affronter les éléments, mais aujourd'hui il avait simplement choisi d'augmenter un peu les couches. Par-dessous son habituelle veste en cuir il avait enfin un t-shirt noir proche du corps et, comme couche supplémentaire, un simple chemise bleu-foncé laissée ouverte pour l'occasion.
Une occasion ? Quelle occasion ? Eh bien cela faisait quelques jours à peine qu'il avait croisé le chemin d'une charmante barmaid, une de celles qu'il avait cru être une moldu qui l'était tout autant que lui était sang-mêlé. Leur première rencontre depuis plusieurs années avait été mouvement pour dire les choses clairement mais, malgré ces montagnes russes émotionnelles, ils avaient tous les deux convenus d'une seconde rencontre un peu plus posée et où, pour une fois, ils ne seraient pas pressés par le temps. En effet ils étaient samedi et, si Nathanael n'avait pas été retenu par quelques cours aujourd'hui, il avait tout de même eu à libérer un peu de son temps afin de s'enquérir de l'état de quelques bêtes qu'il suivait. Fort heureusement cela ne dura pas bien longtemps, lui libérant un peu de temps pour qu'il puisse écrire un peu avant que la soirée ne commence à pointer le bout de son nez.

Amusé à l'idée de rencontrer une demoiselle chez elle, pour une fois que la situation n'était pas inversée, Nathan fit une petite vérification de dernière minute avant d'attraper sa petite contribution pour la soirée. L'une d'entre elles, en tout cas. Ni une ni deux il se rendit donc vers l'adresse qui lui avait été communiquée, ses yeux se perdant sur les alignements des maisons en se rappelant que son acquisition d'une d'entre elles ne devrait pas trop tarder. Ce n'était qu'une question de jours à tout casser et , avant la fin de la semaine prochaine, il n'aurait plus à faire des allers et retours entre ici et Londres : un gain de temps considérable.
Une fois arrivé devant la modeste maison qui lui avait été indiquée, voyant avec surprise sur la porte était ouverte, Nathan tendit l'oreille et sourit de plus belle en reconnaissant les chansons si particulières de Bon Jovi. C'était toujours agréable de savoir qu'il n'était pas le seul à écouter du vieux rock, à être fidèle à certains classiques musicaux qui restaient intemporels.

Il resta là pendant une bonne minute à se demander s'il devait frapper ou non mais, finalement, n'entendant pas de mouvement derrière la musique, il laissa sa curiosité prendre le dessus en poussant doucement la porte. Cette maison était sobrement décorée, rien de trop criard ou tape à l’œil ce qui était toujours agréable, mais elle avait tout de même une identifié qui reflétait la personnalité de celle qui résidait ici. Bien vite les yeux du garçon se tournèrent vers l'autre porte ouverte, de l'autre côté de la grande pièce et, si Nathan finit par fermer la porte qu'il venait de traverser, il se dirigea vers le jardin avant de sourire devant le spectacle présenté là.

Elle était là, allongée, détendue, bougeant au rythme de la musique le plus naturellement du monde. Pendant un instant l'Armstrong hésita à rester là, à l'observer jusqu'au bout de la chanson mais une autre idée plus sournoise se fraya un chemin dans son crâne. Avança à pas de velours, un pied après l'autre, Nate évolua le plus silencieusement possible jusqu'à atteindre le transat. Là il s'accroupit à côté de la demoiselle avant de lui chuchoter :

- Bouh.

Espérant que la surprise serait réussie, le garçon se redressa ensuite pour se présenter enfin à sa camarade en mimant une révérence dont il avait autant le secret que l'habitude. La faute à son travail avec les hippogriffes autant qu'à sa stricte éducation, en vérité. Il s'écarta ensuite, pour laisser l'occasion à la demoiselle de se relever, avant de conclure son intervention par :

- Vous avez demandé un cuisinier, mademoiselle. Le voici, et il est venu équipé.

Spoiler:
 

Dans sa main était tenue une bouteille de whisky japonais qui devait avoir à peu près 17 ans d'âge, une bouteille de whisky Suntory directement tirée de sa réserve personne et qu'il gardait depuis son dernier séjour sur l'archipel. Bon, avec ça la soirée pouvait commencer doucement et agréablement.




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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Ven 9 Nov - 1:42

Une soirée à venir, un transat et un fond de whisky. J'étais dans un bien meilleur état que lors de ma dernière rencontre avec Nate. Les pleurs avaient cessé et je retrouvais mon entrain naturel, cette joie parfois folle de profiter de la vie, de profiter des petits riens. Je faisais partie de cette population qui aimait la simplicité. Un bon bouquin, une promenade en forêt, la pluie, des paysages à contempler. Je n'avais aucunement besoin des brouhahas de la ville et d'activités précises pour m'amuser. Je savais me contenter du strict minimum, parfois même de rien. C'est l'un des bénéfices d'une solitude masquée. Sur des airs de Bon Jovi, groupe que j'appréciais particulièrement, je me déchaînais. Secouant la tête, répétant les gestes d'un batteur, complètement enivrée par la musique. Je n'avais donc pas entendu que l'homme s'approchait, mais j'avais laissé la porte ouverte en prévision des choses. Seulement, une fois qu'il s'accroupit à mes côtés, je gardais les yeux fermés et n'imaginais vraiment pas sa présence en ce moment plutôt saugrenu. Lorsque je l'entendis je laissa échapper un hurlement de stupeur avant de me retourner vers le nouvel arrivant. J'éclatais de rire tout en tentant de calmer ma respiration.

Kenzie's face:
 

« Tu es complètement fou, j'ai failli faire une crise cardiaque ! J'aurai pu te tuer. »

Au même moment, il me faisait une belle révérence, à laquelle je répondis par un mouvement circulaire de la main droite auprès de mon visage. Tout en inclinant celui-ci. Ma dernière phrase n'étant pas très convaincante à la vue d'une jeune fille surprise et sans défense. Il ne tarda pas à renchérir, d'un air plus enjoué que lors de notre première rencontre. J'appréciais cette envie partagée de passer une bonne soirée, d'apprendre à mieux se connaître sans se soucier du reste. Il me vouvoyait ce qui provoquait alors le rire chez moi. C'était quelque chose que je ne pratiquais que peu, ou plutôt qu'en ce genre de circonstances totalement inadéquates. Puis dans un bar, le vouvoiement n'était pas de mise, et même s'il m'avait été enseigné par mon père comme étant fort important, je n'avais guère accepté ce genre de conseils, trouvant la politesse souvent inutile. Dans la plupart des cas, on prononçait « s'il vous plaît » en sachant pertinemment que cela ne « plaisait » pas, que c'était un devoir, moral ou autre. Le « de rien » était lui aussi finalement assez hypocrite, car cela coûtait toujours quelque chose, que ce soit consentent ou non. Alors à quoi bon ? Je préférais la spontanéité des événements et le naturel des sentiments, quitte à sembler parfois ingrate ou inconvenante. Nate me tendait alors une bouteille de whisky japonais. A la vue de celle-ci je ne pouvais m'empêcher de hausser les sourcils, les yeux exorbités, l'air malicieux. Je regardais alors le fond de whisky que je m'étais servie. Bien que le mien soit de bonne qualité, je reconnaissais tout de suite la valeur du cadeau qu'il faisait là. Je jetais alors le fond en question par dessus mon épaule gauche avant d'atterrir en sautillant devant Nathanaël.

Kenzie's face:
 

« Tu sais comment parler aux filles toi ! Tu me prends par les sentiments ! »

Certainement pas toutes les filles, mais dans mon cas, j'appréciais vraiment l'attention et bien que ma maladresse soit toujours aussi présente, c'était ma manière à moi de le remercier. Je me dirigeais alors vers la table exposée sur la terrasse, ou un autre verre n'attendait plus que mon hôte. Je versais ensuite le whisky avant de tendre le verre à Nate, prête à trinquer.

« Sans glaçons, si mes souvenirs sont bons ? A de vraies retrouvailles, et bienvenue dans mon humble demeure. Fais comme chez toi. »

Le tintement du verre signait le début d'une merveilleuse soirée. Je continuais de me trémousser au rythme endiablé de ce bon vieux rock, avant de reprendre la parole.

« La semaine n'a pas été trop difficile ? En t'invitant ici, je me suis rendue compte que je ne savais même pas où tu vivais. En fait, je sais vraiment rien de toi, mais on va commencer par là, avant d'arriver aux questions plus difficiles. »

Je tirais la langue telle une enfant vicieuse, en vérité je n'étais vraiment pas du genre à faire subir un interrogatoire, mais j'aimais parfois provoquer l'autre, le pousser dans ses retranchements. Je lui souriais ensuite, avant de goûter à ce précieux whisky. Mes lèvres trempaient dans ce liquide à l'odeur fulgurante. Je ne risquais pas d'avoir de migraines ce soir. Et en toute honnêteté, c'était plus que bienvenu.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Ven 9 Nov - 9:33

   
Welcome home. Dear Gentleman




D'aussi loin qu'il puisse se souvenir le jeune homme avait toujours été un citadin, avait toujours été bercé par le bruit de la foule et les riches odeurs qui se dégageaient d'une ville en constante effervescence, car c'était tout ce qu'il avait jamais connu. Avec du temps et un peu d'expérience il avait fini par apprécier les grands rassemblements et ne plus avoir peur des bains de foule, notamment grâce aux nombreuses soirées arrosées pendant la période de ses études supérieurs, mais les années suivantes lui firent découvrir d'autres choses. Ses observations sur le terrain lui firent découvrir le concept d'isolement dans de grands espaces, lui firent découvrir le fait d'écouter le silence et de ressentir la proximité avec Mère Nature pour ainsi dire, si bien qu'il appréciait désormais ces deux mondes pour ce qu'ils avaient d'unique et de merveilleux.
La ville était faite pour ceux qui débordaient d'énergie et qui aimaient les rencontres, ceux qui cherchaient quelques stimulus en permanence et qui voulaient vivre en sons et couleurs. La campagne, par contre, était faite pour ceux qui préféraient prendre le temps et qui aimaient s'arrêter un instant pour profiter de leur environnement. Si en ce moment c'était dans le second domaine que tombait le londonien, la faute à une vie isolée et relativement calme, il restait homme à vouloir profiter de la vie dans son ensemble et pouvant passer de l'isolement aux bains de foule avec une aisance bluffante.

De ce qu'il voyait de la maison de sa camarade, celle-ci avait cherché à garder son petit confort en profiter d'un certainement isolement à toute vie campagnarde, ce que Nathanael pouvait comprendre et respecter. Seulement voilà, sentant une volonté espiègle monter en lui à la vue de cette femme vulnérable et inconsciente de la présence du garçon, le sorcier avait mis en place un plan afin de la surprendre en toute simplicité : il ne fut pas déçu du résultat. Devant la surprise et la panique instantanée de sa camarade, Nathanael fut prit d'un fou-rire qu'il n'avait pas ressenti depuis des années. Plié en devant, la maison posée sur son ventre douloureux à force de trop rire, ce fut au prix d'un solide effort que Nate parvint enfin à formuler une vraie réponse entre deux crises de rire.

- J'te jure, ça valait l'coup juste pour voir ta tête ! T'aurais dû te voir !

Se tenant les côtes douloureuses, il fallut bien au moins une bonne minute avant que le jeune ne parvienne à reprendre le contrôle de sa respiration, se rappelant que ce genre de fou rire était beaucoup trop rare dans sa vie, ces derniers temps. Souriant enfin face à l'accueil chaleureux de sa camarade, voyant bien qu'elle semblait tout aussi ravie de sa présence que de celle de cette précieuse bouteille gardée depuis plusieurs années, l'Armstrong se fendit d'une réponse à son tour.

- Eh bien merci, c'est très sympa chez toi. Allez, à cette soirée.

Hochant la tête en guise de remerciement face au verre qui lui était servi, appréciant ce geste dont il était généralement l'instigateur, Nathanael écouta la proposition de la belle de faire comme chez lui, avant d'y répondre avec une évidente pointe d'humour.

- Oula, ne m'dis pas ça sinon ça va être un beau bordel dans cinq minutes.

Son bureau n'était pas le plus rangé et ordonné du moins, c'était le moins que l'on puisse dire, car ses courriers étaient mêlés à quelques croquis en cours d'élaboration, mais il parvenait toujours à s'y retrouver et c'était bien là le principal. En vérité il ne s'était pas encore habitué à sa vie de sédentaire et aux séances régulières de ménages nécessaires à l'entretien de son foyer, mais il était persuadé que cela finirait par venir. Et puis bon, de toute façon, ce n'était pas comme s'il avait beaucoup de visites en dehors de ses élèves...même s'il avait la certitude que cela allait changer à présent.

Vint enfin l'heure de porter le nez au-dessus du breuvage et les fragrances qui remontèrent ne manquèrent pas de titiller la curiosité du garçon. Ce dernier, par réflexe, prit une première petite gorgée en laissant sa langue s'habituer à la substance. Était-ce de l'orange et du miel qu'il ressentait ? Oui mais quel était cet arrière-goût ? Du chocolat ? Non, pas tout à fait. L'instant d'après le liquide ambré coula le long de sa gorge pour aller venir réchauffer ses entrailles et, immédiatement, la réaction du connaisseur ne se fit pas attendre.

- Ouhhh il passe plutôt bien le p'tit salaud. Je ne regrette pas d'avoir attendu avant de le déboucher.

Certains ramenaient des cartes postales ou des objets typiques d'un pays en revenant de voyage, une habitude prise notamment par les moldus, mais Nathanael avait rapidement pris l'habitude de jeter son dévolu sur quelques recettes culinaires et quelques alcools car toutes les images et photos du monde étaient déjà bien ancrées dans un coin de sa tête. Profitant d'une seconde petite gorgée en laissant son regard se perdre dans les environs, en laissant sa curiosité prendre le dessus sur tout le reste, Nathanael ne put qu'être amusé par la volonté de sa camarade d'en découvrir un peu plus sur lui.
Il était bien loin le temps où le jeune homme était terrifié à l'idée de parler de l'idée, à la simple évocation de la possibilité d'être sous les feux des projecteurs, car cette frayeur était presque totalement envolée. Presque.

- Oh tu sais, tu peux m'demander n'importe quoi. Je suis un livre ouvert. Par exemple je peux te dire que je réside à Poudlard et que j'ai un appartement à Londres. Mais bon, j'avoue qu'avoir un pied-à-terre dans le cas serait assez pratique donc c'est en cours de réflexion.

Cette acquisition était pratiquement faite, d'ici quelques jours il recevrait sans doute les clés, mais il ne voulait pas en parler avant que ce soit fait et qu'il soit correctement installé dans ses nouveaux locaux. Bien sûr avec sa vie scolaire il ne pourrait sans doute y passer que les week-end au moins, mais il ressentait que dans un futur proche il allait avoir besoin de s'autoriser un peu de recul de temps à autre. Et puis, bon, il pouvait bien se le permettre car, même s'il n'en parlait pas, il avait les poches largement bien remplies.

- Mais sinon, non, rien de trop compliqué. Et toi ? Pas trop crevant ?





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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Sam 10 Nov - 5:25

Cette nouvelle vie loin des lumières de Londres changeait complètement ma vision des choses. Dans un certain sens je ressentais plus de sécurité, et de l'autre, un certain vide en matière de relations s'installait. J'avais été serveuse dans la capitale, où l'on croise plus de têtes que ce qu'on peut imaginer. Ici, c'était une vie de village, et à vrai dire c'était bien la première fois pour moi. Mon besoin de me recentrer sur la sorcellerie, de reprendre contact avec ce monde me permettait de ne pas trop penser au manque de vie parfois flagrant. Cependant, la sagesse acquise au fil des épreuves m'amenait vers ce chemin de la sérénité et non vers ce qui brillait de mille feux au risque d'éclater à tout moment. J'avais, comme on le dit si bien, pris de la bouteille ces deux dernières années. Bien différente de l'insouciante ne pensant qu'à s'amuser. Mais pour l'heure, en retrouvant Nate, je retrouvais aussi cette partie que j'avais délaissé au profit de la vengeance. C'était une autre forme de sérénité, et je m'en doutais bien. Il ne fallait pas que je me retranche dans cet autre extrême mais que je cherche davantage de stabilité. Pour le moment, Nathanaël m'avait fait sursauter et je riais en imaginant le spectacle auquel il s'était invité. Il était content de sa blague et ne s'arrêtait plus de rire. Je fronçais le nez tout en souriant. Il m'avait bien eu.

« Ne doutes pas que je me vengerai ! »

Après avoir trinqué, l'homme me remercia en complimentant ma maison. Ce à quoi je répondis par un simple sourire. Tout n'était pas parfaitement en ordre, et les nombreuses plantes n'ajoutaient en rien le sentiment de clarté mais reflétaient plutôt le côté vadrouilleuse de mon comportement. Il semblait pouvoir encore apporter une touche de désordre à ma maison et quand je repensais aux nombreuses soirées avec des amis moldus, je ne pus m'empêcher une future comparaison. La suite n'était pas pour moins m'en déplaire, je faisais face au Nathanaël qui se laissait aller, et j'aimais cette facette du personnage, tellement semblable à ma personnalité débordante.

« Tu sais, j'crois bien qu'elle sera pas parfaite demain matin, connaissant le joyeux cocktail qu'on peut former tous les deux, donc profites-en. Et c'est le moins qu'on puisse dire, c'est sacrément bon, j'avais jamais eu l'occasion d'en goûter, t'aurais pas du, mais ça me touche. »

Enfin, je me lançais à en découvrir plus sur ce bel homme. C'était peut-être périlleux, après tout je ne savais comment il pourrait réagir. Non mécontente, il me proposait même de continuer cet interrogatoire. Je ne pus éviter un sourire, avant d'apprendre qu'il n'avait pas décidé de se faufiler hors des murs de la capitale, comme au bon vieux temps. Seulement, il songeait à se rapprocher et venir vivre au village. Je haussais les sourcils en guise de surprise, nous avions vraiment fait du chemin.

« Tu penses vraiment venir vivre ici ? Ce serait super ! Mais toi et moi en tant que voisins, c'est tout le village qui va nous courir après fourches en mains. »

Je riais aux éclats, imaginant cette scène plus que pathétique d'une chasse aux nuisibles. Ensuite, il me demandait de mes nouvelles ce qui ne m'étonnait pas de sa part. Je crois que j'avais toujours connu cet homme prévenant, et qu'il le resterait à tout jamais.

« Eh ben ça va, heureusement j'ai l'habitude, mais bon on a nos vieux bourrés un peu trop ingrats, qui se permettent tout, c'est peut-être le côté qui m'avait le moins manqué tu vois ! Mais sinon j'me suis remise de nos retrouvailles, d'ailleurs j'te referai pas ça ce soir promis, c'était vraiment n'importe quoi. »

Je ne pouvais m'empêcher de m'excuser, mais pleurer ainsi lorsque nous n'avions pas vu quelqu'un depuis un bon bout de temps... Ca ne me ressemblait pas. Pleurer auprès de quelqu'un que je ne connaissais qu'à peine : encore moins. J'enchainais par la suite.

« J'vais me risquer à rejouer le scénario d'la dernière fois mais du coup à traîner autant avec les moldus tu t'es retrouvé aussi perdu que moi en recevant ta lettre ? Parce qu'on peut pas dire qu'on soit fortement apprécié par ici, les moldus j'veux dire. En entendant par-ci par-là les conversations des clients, j'ai même l'impression que ça s'est envenimé depuis... Enfin tu sais depuis Blackman. »

C'était toujours compliqué d'en parler, mais il était vrai qu'un nombre important d'élèves semblait porter l'idéologie de l'importance du sang, tout autant que certains adultes. Aussi, la présence de Nate dans mon bar à Londres était devenue plus étrange maintenant que je le connaissais sous ses airs de sorciers. D'où venait-il ? Qu'est-ce qui pouvait l'avoir rendu si différents des autres ? Tellement de morts en cette année 2022, je n'avais pas l'impression que nous étions en majorité à défendre l'enseignement pour tous. Je buvais à nouveau une gorgée en attendant de pouvoir boire ses paroles. Je l'invitais bien évidemment à s'asseoir autour de la table pour discuter de tout cela, d'un geste explicatif.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Sam 10 Nov - 16:05

   
Welcome home. Dear Gentleman




Cela ne faisait pas si longtemps que cela que le jeune homme avait appris à se lâcher complètement pour s'autoriser à rire aux éclats, cela ne faisait que depuis une poignée d'année qu'il avait réussi à faire fi de toute trace de timidité pour s'autoriser à lâcher son amusement à la face du monde. Malheureusement depuis sa nouvelle prise de fonction il avait été emporté dans une routine presque absente de tout stimulus extérieur pouvant provoquer son hilarité, autant dire qu'il accueillait cette petite soirée avec grand plaisir. Si on laissait de côté la surprise des retrouvailles après plusieurs années de silences, après ce qu'il avait pris pour des rencontres sans lendemain comme il en avait eu beaucoup, cette soirée était aussi l'occasion de s'ouvrir un peu plus et de passer un agréable moment en laissant sa pression et ses doutes sur le pas de la porte. Lorsque sa camarade rebondit sur le cadeau qu'il avait amené avec lui, pointant du doigt le fait qu'un tel cadeau n'était pas utile, le garçon ne manqua pas de rétorquer sans attendre :

- Je gardais cette bouteille pour une occasion spéciale et puis je ne pouvais pas arriver les mains vides.

Si bon nombre de ses bouteilles étaient restées à Londres pour des raisons pratiques, par manque de place, Nathanael avait amassé un nombre impressionnant de ces liqueurs qu'il se devait d'écouler au fur et à mesure au risque de les voir prendre la poussière au fond d'un de ses coffres. De plus sa mère avait toujours insisté sur l'importance de ramener un cadeau ou un petit quelque chose lorsqu'il était invité quelque part, habitude qu'il avait gardé malgré leur séparation, car il avait bien été éduqué. Chaque bouteille était liée à un pays en particulier, à une rencontre, à une personne ou une région particulière belle qui était fermement ancrée dans l'esprit du garçon et, d'une certaine façon, en partageant cette bouteille il espérait partager ces précieux souvenirs.
Le sujet dévia ensuite sur sa volonté de prendre un logement dans le coin, ce qui ne manquait pas de surprendre la belle. Chose tout à fait compréhensible.

- J'y pense, oui. Ça me permettrait de souffler un peu, de sortir de l'école sans pour autant devoir faire des allers-retours entre ici et Londres.

L'aller-retour n'était pas long en soit, un petit coup de transplanage et le tour était joué, mais c'était simplement le fait de devoir se déplacer d'un bout à l'autre du pays pour récupérer n'importe quelle affaire restée chez lui qui avait tendance à le fatiguer. Certes comme tout trentenaire il aspirait à se poser, à construire quelque chose bien à lui, mais ici c'était surtout la proximité qu'il recherchait. Un jour peut-être finirait-il par se séparer de son appartement londonien au profit d'une belle maison dans une contrée bien différente, c'était de l'ordre du possible, mais rien n'était gravé dans le marbre.

Avant de trouver ce qu'il désirait il devait déjà se trouver lui-même.

- J'vais tâcher de ne pas te faire pleurer ce soir, en tout cas. Promis !

Vint ensuite le moment où les feux des projecteurs furent braqués sur lui et plus précisément sur sa relation avec le monde magique et Poudlard. Ses parents avaient-ils été surpris de recevoir la fameuse lettre ? Pas le moins du monde, Nathanael savait bien qu'il aurait sans doute été déshérité et renié s'il s'était avéré être un Cracmole. Comment expliquer à cette demoiselle – née-moldue – qu'il était né dans un environnement totalement opposé au sien ? Non, pas besoin de réfléchir car il n'y avait pas 36 façons de le dire de toute façon.

- Alors, c'est un peu plus compliqué que ça. Tu veux qu'on rentre au chaud, pour en discuter ? Histoire que je commence à voir ce que je vais pouvoir te cuisiner.

Se redressant en attrapant la bouteille et son verre, le jeune sportif tendit son bras à la demoiselle afin de l'inviter à l'accompagner comme tout gentleman se devait de le faire. Une fois à l'intérieur, invitant la demoiselle à rallumer le feu d'un petit signe de la main, Nathan posa bouteille et verre sur la table de la cuisine avant de demander :

- Tu as des préférences en matière de plats ? Des choses que tu n'aimes pas ou que tu adores ? D'ailleurs, est-ce que tu m'autorise à fouiller tes placards pour voir ce que je peux préparer ?

Il ne se permettrait jamais de fouiller dans les affaires de quelqu'un sans son autorisation expression, cela tombait sous le sens, aussi préférait-il poser la question avant même de commencer sa réflexion sur le sujet culinaire. Attrapant son verre avant de faire danser le liquide devant ses yeux, d'un air légèrement absent, il commença à rassembler ses pensées avant de répondre à la curiosité de la belle.

- Pour en revenir à ta question, ma lettre était assez attendue par mes parents. Je viens d'une vieille famille anglaise, du genre de celles qui sont fières de leurs origines.

Une vieille famille, c'était le moins que l'on puisse dire au sujet des Armstrong. Mais non, il fallait bien mettre un nom sur ce qu'ils étaient vraiment et ce fut après avoir prit une grande gorgée de son liquide salvateur qu'il vocalisa le fameux mot.

- Sang-pur. Mais je n'aime pas ce terme.

Il avait trop baigné dans cet environnement de haine et d'arrogance pour pouvoir ressentir autre chose que du dégoût et de la tristesse en entendant un sorcier clamer haut et fort la noblesse de son lignage. Laissant le liquide ambré réchauffer un peu plus ses entrailles, chaque parcelle de sa peau, l'enseignant conclut son intervention en mettant en lumière sa relation avec sa famille.

- Après, pour être parfaitement honnête, ils ne doivent même pas être au courant de mon affection pour les moldus et c'est bien mieux comme ça. J'ai coupé les ponts depuis un petit moment.



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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Dim 11 Nov - 21:17

Une occasion spéciale... Cette annonce provoquait un léger sourire que j'essayais de cacher. Je ne sais pas si on pouvait réellement employer ces termes, mais ça ne me laissait pas indifférente. L'homme qui se trouvait devant moi semblait réellement heureux de cette nouvelle rencontre et cela me permettait d'appuyer l'idée que revenir dans le monde des sorciers n'était pas qu'une erreur. Cependant j'avais peur. Peur de retrouver celle qui ne cherchait que vengeance, celle qui préférait se battre plutôt qu'être en paix, celle qui aurait pu être attribuée aux Serpentards dans son comportement. Ambitieuse, rusée, prête à tout pour parvenir à ses fins. J'affichais tellement de visages différents que je commençais à en être moi-même effrayée. Est-ce que je m'étais perdue dans les profondeurs de chaque trait de ma personnalité ? Avais-je trop vécu, cherchant les réponses là où elles n'étaient peut-être déjà plus ? Je savais pertinemment qui j'avais été mais je me demandais bien qui j'étais devenue. Je crois que l'expression n'en est pas encore claire, et que la recherche serait encore de mise.

En continuant la conversation, j'apprenais le désir de Nate de se rapprocher du château, pour éviter les trop longues distances. Il me promettait ensuite ne pas me faire pleurer durant notre soirée, ce à quoi je répondis par un roulement d'yeux. Je n'étais pas si fragile. Je me laissais aller parfois, mais en règle général, je préférais largement me cacher derrière mon côté sociable, enjoué. Une fille heureuse, qui l'était, en toute sincérité, par refoulement de la vérité certes, mais c'était mieux que s'effondrer. Mieux que céder aux tentations du mal, quel qu'il soit.

Je souhaitais en savoir plus sur sa vie, et me risquait à poser des questions plus intimes, mais après tout, il m'avait lui-même dit être un livre ouvert, alors je n'étais pas censée hésiter. En réponse, il me proposa d'entrer nous réchauffer, sa famille ayant l'air de nécessiter davantage d'explications. Ce jeune homme ne devait pas apprécier le froid autant que moi et je lui souris, faisant signe de se diriger vers le salon. Il me tendait alors le bras, que je regardais avec amusement et étonnement.


« Allons-y Gentleman, et que la fête commence ! »

Souhaitant que je rallume le feu par la suite, je m'exécutais avec plaisir à la tâche. J'aurai pu utiliser des sorts, mais je préférais largement m'en occuper comme mon père le faisait. Je n'aimais pourtant pas bien la chaleur, mais l'observation des flammes, teintées de différentes couleurs, je trouvais cela fascinant. Elles dansaient, exprimant leurs propres histoires, et cela me rappelait mes nombreux spectacles ainsi que des soirées dans les bars dansants. Mon partenaire était un moldu et nous n'étions plus vraiment en contact, aussi je ne pratiquais plus autant que je le voudrai, ou plus de la même manière. L'expression de deux corps, deux vécus, deux sentiments était selon moi bien plus intense qu'un simple protagoniste. En allant chercher quelques bûches, je répondais à ses questions en haussant la voix pour être sure qu'il m'entende.

« Je suis pas difficile, je mange tout ce que je trouve, mais je suis assez viandarde ! Tu en trouveras dans le frigo. Et vas-y n'hésite pas, fais comme chez toi j't'ai dit ! »

Je revenais alors dans la pièce, agenouillée devant la cheminée, j'enfournais une première bûche avant d'empoigner le soufflet pour raviver les braises. Nathanaël commençait à me répondre tandis que je tournais le bois déjà brûlé. J'écoutais attentivement ses paroles, comprenant qu'il venait d'une famille de sorciers, jusqu'à cette dernière phrase. De celles qui sont fières de leurs origines. Mon corps se raidit et mes yeux s'écarquillaient. Je n'avais pas besoin de plus d'explications pour comprendre ce que cela signifiait. Un sang-pur mais pas seulement. Je ne bougeais plus, mes pensées défilaient à toute vitesse. Qu'est-ce qu'il faisait ici avec moi ? Pourquoi allait-il vers les moldus s'il avait été éduqué dans une toute autre idée ? Devrais-je me méfier ? Ses parents, qu'ont-ils pu faire lors de cette fameuse année où j'avais perdu les miens ? Et lui ? S'était-il battu aux côtés de ceux qui m'avaient torturée ? M'étais-je confiée bien trop tôt en ne sachant pas les risques encourus ? Tant de questions, tant d'images à la fois horrible et idéalisant la possibilité d'une compréhension des événements. En effet, parfois trop centrée sur la découverte macabre de ce 25 novembre 2022, dès qu'une référence aux pro-sang-purs était évoquée, je ne pouvais m'empêcher d'imaginer un lien avec le meurtre de mes parents. Dans l'espoir de découvrir un jour la vérité. Mais je devais chasser ces songes, tout n'avait pas été dirigé contre moi, mais combien avaient pu souffrir du comportement de ses parents ? Je ne pouvais pas le juger, on ne ressemble pas forcément à ses parents et j'en étais la preuve. Si dans mon comportement se reflétaient les valeurs et désirs de ceux-ci, dans mon apprentissage magique nous étions à l'opposé, et j'avais vécu les représailles d'une différence. Alors peu importe de quel ordre elle se trouvait, je m'étais promis de ne jamais discriminer qui que ce soit. Pourtant, cette annonce était un choc. Rencontrer des sang-purs, certes, des familles privilégiant une idéologie radicale, c'était autre chose.

Il ajoutait alors le terme bien précis de son statut. Terme que je n'affectionnais pas. C'était même un euphémisme, je le détestais. Il semblait en être de même pour lui. Pouvait-on parler de pureté ? Dans le monde d'où je venais la magie n'avait rien de pure. Premièrement, nous avions du mal à y croire, et deuxièmement, même si on y croyait elle pouvait être bénéfique comme malfaisante, ainsi que ceux qui la pratiquaient. Finalement, toutes ces croyances moldues s'étaient révélées vraies. Le pouvoir n'apportait rien de bon sur cette planète, et dans ce monde il était d'autant plus accessible, de plus nombreuses façons. Je restais silencieuse à cette annonce, recommençant à m'occuper du feu tandis qu'il enchaînait. Ses parents ne devaient pas être au courant, et je comprenais bien pourquoi. L'étroitesse d'esprit de ces personnes faisait froid dans le dos. Mais la suite n'était pas plus réjouissante, il avait coupé les ponts. J'étais alors partagée entre l'idée que Nate n'avait vraiment pas les mêmes idéologies que ses parents et cela me rassurait, mais qu'il avait peut-être fait une erreur. Je me relevais alors me dirigeant doucement vers lui.


« Je... Moi non plus j'aime pas vraiment ce terme, mais je crois qu'on s'en sort mieux quand on peut se permettre de le dire... Je comprends que tu n'aies rien dit, ça doit pas être facile d'être partagé entre les deux, je me trompe ? »

Je prenais une grande inspiration avant de continuer.

« Et... Nate... J'espère que c'est pas trop indiscret mais... Pourquoi tu as coupé les ponts ? A cause de tout ça ? Je suis loin de partager ce genre d'idéologies, mais tu sais... On a qu'une seule famille. Si jamais tu venais à la perdre... »

J'avais baissé la tête en prononçant cette dernière phrase, mais je la relevais dans un sourire timide et compatissant, plongeant mes yeux dans ceux du bel homme. Les liens familiaux étaient complexes, et sans rien savoir je ne pouvais me permettre un quelconque jugement ou conseil, mais mon vécu me poussait à tenter d'harmoniser les choses. Si un jour tout s'effondrait, passerait-il sa vie à se demander pourquoi il n'avait pas été plus présent ? Cette question, cette culpabilité, me rongeait depuis bientôt deux ans, et je ne souhaitais à personne de vivre ce sentiment destructeur.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Dim 11 Nov - 23:11

   
Welcome home. Dear Gentleman




Le jeune homme n'était peut-être pas le plus cultivé ou le plus passionnant des autres, du moins n'avait-il pas la prétention de l'être, mais il était de ceux qui dégageaient une telle chaleur humaine qu'il était aisé pour eux de se faire apprécier de leurs congénères. Bon vivant, fêtard, rigolard, blagueur invétéré et éternel souriant, tous ces qualificatifs pouvaient convenir à merveille au jeune homme depuis qu'il était réellement sorti de sa coquille quelques années plus tôt. Durant la fin de ses années de Poudlard aurait-il pu envisager l'idée d'aborder une femme, de la compliment et de refaire le monde autour d'un verre ? L'idée même d'être proche de quelqu'un n'avait été, à cette époque, qu'une lointaine et étrangère idée alors il est inutile d’évoquer les chances qu'une intimité physique et émotionnelle puisse vraiment avoir lieu. Mais heureusement il avait changé, il s'était libéré de ses chaînes pour enfin poser les yeux sur un monde nouveau où il n'était plus écrasé par la pression sociale et le poids de ses origines, lui permettant de s'ouvrir aux liens sociaux et de connaître une proximité qui n'avait été qu'un doux rêve ou un horrible cauchemars quelques années plus tôt. Bien entendu la belle ici présente ne connaissait que la nouvelle version de Nathanael, le souriant, celui qui n'était pas vilain à regard et qui savait bien s'habiller lorsque l'occasion le nécessaire. Avec un peu de recul c'était peut-être mieux ainsi, elle ne pouvait peut-être pas encore entrevoir le chemin parcouru mais avait au moins l'opportunité de côtoyé l'homme que Nathan avait toujours voulu être.

C'était bien mieux ainsi.

- Parfait. Un poulet basquaise, ça te va ? Ça va bien te caler et te réchauffer.

Alors que le jeune homme commençait à fouiller les placards après en avoir eu l'autorisation, sortant les légumes et la viande ainsi que quelques herbes pour assaisonner le tout, il prit une profonde inspiration pour dévoiler ses origines à la belle qui, jusqu'à quelques plus tôt, le croyait être un moldu inconscient de l'existence de la magie. Alors qu'il observait les poivrons et tomate devant lui, sélectionnant les meilleurs éléments pour la préparation à venir, ses yeux se levèrent furtivement vers la belle près du feu. Tout observateur qu'il était, déformation professionnelle sans doute, il aurait été bien aveugle de ne pas noter la crispation de la demoiselle face à l'explication de ses origines.

- Tout va bien ?

Bien sûr qu'il était intrigué mais, pour autant, pas plus surpris que cela. Pourquoi ? Parce qu'il n'avait pas la gueule de l'emploi, qu'il était trop franc et trop peu maniéré pour sembler avoir été éduqué par ces sang-bleus et, pourtant, c'était bien le cas. Alors que la demoiselle s'approchait de lui, venant s'enquérir de son avis sur sa propre situation, coincé entre ces deux mondes que tout opposait, Nathanael s'écarta du plan de cuisine. Sentant les flammes commencer à diffuser leur chaleur à travers la pièce, le garçon se débarrassa de sa veste pour ne garder que la chemise et le t-shirt proche du corps.

- Pour moi ça va, je suis tout à fait en phase avec ce que je suis. La pureté du sang c'est un ramassis de conneries, de toute façon.

Bien sur bon nombre de sorciers ne seraient pas d'accord avec lui mais il s'en cognait pas mal, au fil des siècles passés nulle famille n'était vraiment totalement pure et, de toute façon, l'Armstrong savait d'expérience que la pureté du sang n'était pas garantie de talent. Pas le moins du monde. Vint ensuite le moment des explications, le moment d'éclairer la lanterne de sa camarade sur les raisons de sa séparation. L'avait-il seulement expliqué avant ? De mémoire il ne l'avait pas fait avec Aurora lors de leurs correspondances, pas à Ula non plus d'ailleurs. Non, de mémoire il n'avait pas amené ce sujet sur la table depuis sa création, depuis toujours.
À cause de quoi s'était-il donc séparé ? La réponse fut lancée alors qu'il retroussait les manches de sa chemise ouverte, se rapprochant une nouvelle fois du plan de travail.

- De tout ça, oui, de ce que je suis.

Alors qu'il rassemblait ses souvenirs passés aussi pénibles que douloureux, qu'il revoyait le regard de son père se tourner vers lui, il sentit une petite boule venir se loger dans son estomac et alourdir considérablement ce dernier. Pendant une bonne minute il resta là, le regard baissé, à regarder les légumes devant lui la bouche entre-ouverte. Voyant qu'aucun mot ne parvint à sortit, il attrapa son verre encore à demi-plein et usa de sa descente presque légendaire pour s'enfiler l'autre moitié en une seule énorme gorgée qui commença presque à lui brûler la gorge.
Il lui fallait au moins ça, au moins ce courage en bouteille pour vocaliser ce qu'il enterrait en lui depuis plus d'une décennie. En d'autres circonstances il aurait usé d'un trait d'humour pour dévier la conversation, pour masquer la vérité mais aujourd'hui il ne pouvait pas le faire. Pourquoi ? Parce que la belle avait fait preuve de courage en lui dévoilant son douloureux passé et, par respect pour elle, il lui devait au moins autant de franchise.

Sentant cette bouffée de chaleur lui donner du courage, le courage nécessaire pour relever la tête, l'Armstrong croisa le regard de la demoiselle pour rentrer plus dans le détail. Si d'habitude ses prunelles étaient habitées d'une certaine candeur amusante, d'un émerveillement presque constant, à ce moment précis la demoiselle pourrait avoir un aperçu de toute la peine et de la somme des regrets enfouis au fond du garçon. De toute la tristesse que pouvait porter un homme qui n'avait jamais été à la hauteur, jamais été suffisant.

- Déception. C'est ce que je suis pour eux, il ne peut en être autrement aussi longtemps que je serai comme je suis. Aussi longtemps que je n’adhérerai pas à leur élitisme d'un autre temps.

Pendant un temps il avait essayé de se plier à leurs exigences de faire de leur mieux pour gagner ne serait-ce qu'un petit sourire mais jamais une telle récompense ne lui fut accordée. Mais il avait rapidement compris que ce n'étaient pas ses performances qui étaient en cause, pas sa réussite qui comptait mais bien sa nature profonde. Il était bon et généreux quand on voudrait qu'il soit froid et calculateur, il était attentionné quand on voudrait qu'il soit fierté, amusant au lieu de sérieux, altruiste au lieu de loyal. Alors oui, il comprenait l'inquiétude de la demoiselle qui devait regretter l'absence de sa famille, il comprenait l'importance du sang qui dépassait tout lien pouvant être construit, mais Nathanael savait qu'une telle proximité lui serait refusée aussi longtemps qu'il serait...lui.
Il détourna le regard de la demoiselle pour aller se laver les mains dans l'évier, en profitant pour se passer un peu d'eau froide sur le visage pour retrouver sa concentration. Que ferait-il si sa famille venait à disparaître ? Il serait brisé, autant que n'importe qui, mais cette séparation avait été entamée par les deux parties et pas seulement lui. Sentant cette boule dans l'estomac grandir, Nathan fut tenté de se noyer de nouveau dans l'alcool pour se redonner du courage mais s'y refusa. Au lieu de cela il se pencha au-dessus de l'évier, Les bras tendus, les mains fermement serrées contre l'armature du plan de travail, la tête baissée et les yeux fermés comme pour faire paix dans son esprit.

Il resta dans cette position pendant une bonne trentaine de secondes de plus, bras tendue et épaules voûtées, à chercher quoi répondre en imaginant les scénarios possibles quant à la perte de sa famille.

- Je sais, je sais bien. Crois bien que j'aimerais que les choses soient différentes, que j'aimerais voir autre chose que dégoût et pitié dans leurs yeux, mais il en sera toujours ainsi. Aussi longtemps que je ne viendrai pas bosser avec aux au ministère de la magie. Aussi longtemps que je n'arborerait pas avec fierté et arrogance mes origines.

Se raclant la gorge pour retrouver une certaine contenance, pour ne pas laisser sa peine et sa rancœur remonter le long de sa gorge jusqu'à l'étouffer, le garçon se tourna et se força à sourire à la demoiselle pour ne pas plomber la situation encore davantage. Maintenant que ses mains étaient propres, plus propres que son esprit en tout cas, il allait pouvoir se mettre au travail. En profitant pour sortir casseroles, poêles et un paquet de riz, surpris que la demoiselle soit si bien équipée, Nathanael se tourna de nouveau et commença à passer les légumes sous l'eau.

- Mais ne t'inquiète pas, le jour où il cesseront de vouloir faire de moi ce qu'ils veulent, de me modeler à leur convenance, je leur tendrai la main. Je sais juste que ce jour ne viendra pas.

Pessimiste ? Non, réaliste. Il connaissait son géniteur mieux que personne et sa mère, trop effacée et écrasée par l'autorité du chef de famille, ne ferait jamais rien qui irait à l'encontre de sa volonté impérieuse. Une fois les légumes enfin lavés, le sportif attrapa un long couteau semblant bien aiguisé avant de croiser de nouveau le regard de sa camarade.

- Au moins, de ce que j'en sais, mon p'tit frère a été plus à la hauteur de leurs attentes que je ne l'ai jamais été. C'est déjà ça.

Oui, c'était vrai qu'il ne parlait pratiquement jamais de Joshua, son cadet. Que devenait-il ? Avait-il fini par bosser au ministère de la magie, sous la coupe de son cher papa comme celui-ci l'avait toujours espéré ? Probablement que lui, l'aîné n'en savait foutrement rien car les deux n'avaient jamais été aussi proches que cela. Pas depuis très longtemps en tout cas. Laissant la demoiselle digérer ces informations et réagir face à celles-ci, Nathan commença doucement à faire danser son couteau afin de couper en morceau les tomates.

Oui, il n'avait pas l'habitude de lui mais, pour une fois, il ferait cet effort. Elle en valait la peine.



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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Lun 12 Nov - 1:46

A l'annonce du plat proposé par Nathanaël, un grand sourire se dessina sur mon visage. Je n'étais vraiment pas difficile, mais j'adorais tout ce qui touchait aux herbes, aux épices, ce qui avait un goût bien prononcé. Mes parents étaient adeptes de la bonne cuisine et notamment la cuisine française, réputée un peu partout dans le monde. L'idée n'était donc pas sans me plaire, et comme un éclair venant traverser le ciel, je savais pertinemment quelle bouteille ouvrir avec ce plat. En effet, grand amateur de vins, mon père avait cherché à m'enseigner cette science. J'appréciais plus particulièrement le rouge et un fruité tannique serait parfait pour l'occasion. Un vin boisé aurait gâché le goût prononcé de cette préparation. Je prenais donc le temps de sortir un Saint-Emilion, le Château Soutard 2011 Magnum. Un grand cru classé qu'il avait fallut garder pendant plusieurs années pour une meilleure dégustation. Certains diront que la soirée était arrosée de richesse, mais il est vrai que mes parents n'étaient pas des gens pauvres et que j'avais hérité de cette fortune. J'amassais aussi un nombre impressionnant de bouteilles toutes plus chères les unes que les autres, celles que mon père pensait pouvoir boire aujourd'hui. Finalement, un peu plus de cent cinquante euros, la monnaie européenne adoptée par les français, je n'avais pas sorti le grand jeu, j'aurai pu en faire davantage.

« C'est parfait pour moi ! On adorait la cuisine française, ça me rappellera de bons souvenirs, et en l'honneur, je vais te proposer un petit rouge du Sud-Ouest du pays, assez puissant, qui se mariera bien. Si évidemment tu aimes ça ? »

Derrière mes airs de petite fille de la rue se cachait finalement une jeune fille assez raffinée, enfin lorsque je le souhaitais. J'étais capable de déguster ce genre de bouteilles tout comme les enfiler sans le moindre regret, ce qui ferait frémir les plus avancés dans le domaine. Je débouchais alors le Saint-Emilion avant de servir pour le faire décanter en attendant que le repas soit prêt. Je retournais m'occuper du feu en posant davantage de questions à Nate, dans le but d'apprendre à le connaître. Je ne pensais pas être si vite ramenée à la réalité de ce qui pouvait nous différencier. Après tout, nous abordions tellement de points communs qu'il était difficile d'imaginer un tel fossé. Un fossé que finalement, Nathanaël avait décidé de combler. En réponse à ses inquiétudes, je continuais de faire le feu, le laissant parler un peu plus.

En m'approchant de lui, tentant de comprendre, le jeune homme commençait à s'exprimer, mais les phrases étaient courtes, comme s'il cherchait à cacher une partie de son histoire. Cet air fort et invincible qu'il prenait si bien lorsqu'il devait se défendre. Je prenais alors mon verre, espérant que cet espace de silence le pousserait à en dire davantage mais il en faisait de même. Etait-ce une dose de courage ou le moyen d'éviter ma question ? La réponse ne se fit pas attendre et à ma grande surprise, mon hôte continua donc sur sa lancée et m'en expliqua davantage. Dès ses premières paroles, mon sourire empathique s'effaça, pour laisser place aux rides du lion, consternée d'une telle façon d'annoncer les choses. Une déception. J'avais toujours été choyé par mes parents, fille unique ils m'avaient tout offert. Alors imaginer un tel rejet, c'était tout bonnement une vision d'horreur. J'étais honteuse, honteuse d'avoir ramené son histoire à ce que j'avais vécu, comme ligne directrice de tout ce qui se passait au dehors. Dans une telle famille, l'amour n'est pas au centre de l'éducation, et bien que j'avais perdu mes parents en voulant défendre leur sang, je me demandais si ne préférais pas mon histoire à la sienne. Comment pouvions-nous juger du pire ? Perdre ses parents, trop jeunes, tués par ceux qui vous ont torturé. Ou garder sa famille tout en l'ayant perdue à tout jamais sans aucun réel événement pour les séparer ? Seulement les choix de chacun. L'impuissance face au pouvoir et à la lutte. Le choix de lutter pour ce qu'on est vraiment tout en y perdant. Aucune histoire n'était simple, mais les nôtres se révélaient particulièrement compliquées, particulièrement tristes.


« Je... Je suis désolée, je m'suis pas mise dans ton monde là... »

Oui j'étais vraiment honteuse, mais sur ces mots, je le vis se diriger vers l'évier pour se mouiller le visage. J'avais à mon tour déclenché quelque chose que je n'imaginais pas. Je restais là, à ne plus savoir quoi faire. J'étais expressive mais peu démonstrative et je ne savais pas vraiment me comporter avec les personnes que je ne connaissais qu'à peine. Cependant, nous avions déjà partagé tellement, et tandis qu'il restait tendu, aggripé comme pour ne pas céder, je me rapprochais tout doucement en reposant mon verre sur la table. Je posais alors ma main sur la sienne tandis qu'il répondait à cette question idiote que j'avais posé, cette question centrée sur mon histoire, non sur la sienne. Il me souriait mais cela sonnait faux, ce n'était pas le même visage que j'avais pu voir jusqu'alors. Ma gorge se serrait, alors qu'il essayait de se distraire commençant à préparer à manger. Buvant une gorgée de plus, je m'appuyais contre le plan de travail en continuant de boire ses paroles. Il énonça alors l'existence d'un jeune frère, dont il ne semblait pas avoir de nouvelles. Finalement, nous étions tous les deux laissés à l'abandon. Deux solitaires tentant de se reconstruire.

« J'avais jamais songé à cette facette de la vie des sang-purs. Celle où l'on accepte pas ce que l'on enseigne, et surtout autant de rejet. Je... je voulais pas te faire de mal en posant ces questions. Je sais que je suis parfois trop enthousiaste, mais je garde l'espoir qu'un jour ils t'acceptent tel que tu es. Parce que tu es quelqu'un de bien Nate. »

Je posais alors ma main sur le couteau, pour le forcer à arrêter. Je voulais qu'il me regarde, et éviter qu'il se blesse dans la confusion.

« Laisse moi faire. C'est un grand ou petit frère ? Et tu sais, être ce que l'on souhaite je crois bien que c'est le plus important. La raison doit être comprise mais pour moi c'est le cœur qu'on doit suivre. J'ai dit ça à un des élèves il n'y a pas très longtemps et je continue de le penser. Je suis vraiment navrée que le monde d'où tu viens ne privilégie pas l'amour mais je crois que tu as su faire les bons choix. »

Ayant terminé de découper les tomates, je posais le couteau me retournant alors vers Nathanaël et posant mes mains sur ses épaules, l'air solennel.

« Tout le monde peut changer un jour, et peut-être que tu auras ce que tu mérites, une famille qui t'accepte pour l'homme merveilleux que tu es. Je sais que tu n'y crois pas un instant, mais tu connais le mythe de Pandore. Une boite dans laquelle tous les maux sont concentrés, et lorsqu'ils venaient à se déverser sur le monde, il ne restait qu'une chose au fond. C'était l'espérance. »

Je tenais un discours que je n'avais pas réussi à m'appliquer, et ce, pendant plusieurs années. Mais aujourd'hui, j'avais compris que tout était possible, le meilleur comme le pire, et que si certaines choses étaient tracées, d'autres, et notamment tout ce qui concernait les relations, n'était qu'un jeu de boomerang. Un jeu maladroit, blessant, mais qui pouvait se donner différents tons tout au long de la vie.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Lun 12 Nov - 19:28

   
Welcome home. Dear Gentleman




- Au top ! Je te fais confiance sur le choix.


Si c'était le rôle des parents que d'inculquer quelques valeurs à leurs progénitures afin de les aider dans la vie, il venait un temps où ces géniteurs devaient lâcher prise et laisser leurs oisillons voler de leurs propres ailes. La plupart des parents ne rêvaient que de voir leurs enfants s'épanouir pleinement et, dans ce seul et unique but, leur tâche était d'accompagner leurs bambins dans les premières étapes de leurs vies. Ils devaient être là pour aider l'enfant à découvrir à ses premiers plats, la rencontre avec ses premiers copains, ses premiers moments à l'école et, finalement, le moment où l'enfant deviendrait assez adulte pour faire ses propres choix. Mais malheureusement tous les parents n'étaient pas calqués sur ce modèle et, de temps en temps, la notion de libre-arbitre et d'épanouissement n'était pas acceptée et comprise par tous. Certains parents avaient un plan bien précis pour leur enfant avant même que ce dernier n'ouvre ses yeux sur le monde qui allait l'accueillir, ils voyaient déjà ce nouveau-né comme celui qui assurerait leur avenir et qui prolongerait le nom de leur famille pour quelques dizaines d'années de plus. Un moyen de prolonger la lignée dont ils avaient la garde, une façon de s'assurer qu'ils ne seraient pas oubliés même après leur mort : telle était la façon dont certains sorciers voyaient leurs progénitures.
Ce fut dans ce climat que le jeune homme vit le jour, trois décennies plus tôt, mais il fallut plusieurs pour comprendre la place qui était la sienne et, surtout, pour réaliser que son avis n'était ni requis ni demandé. Triste ? Bien sûr. Frustré ? Évidemment ? Mais par-dessus tout il y avait une seule question qui l'avait hanté pendant les deux premières décennies de sa jeune vie : pourquoi n'était-il pas suffisant ? Pendant longtemps il avait donc essayé de faire son maximum, d'être plus attentif que les autres, d'étudier plus dur que les autres avec le vain espoir que cela puisse faire naître de la fierté dans le regard de ceux à qui il devait sa vie.

Cela faisait donc trois décennies que cette frustration et cette colère dirigée contre son propre échec étaient enfermées au plus profond de ses entrailles, grandissant un peu plus chaque année, se diffusant à travers ses veines comme le plus nocif des poisons. Pourquoi ce traitement ? Parce qu'il s'était imaginé qu'à force de se convaincre que tout allait bien, qu'il n'avait aucun problème, il finirait peut-être par y croire jusqu'à ce que cela se réalise vraiment. Bien sûr les résultats ne furent pas ceux escomptés, c'était le moins que l'on puisse dire, mais lorsque cette frustration remontait doucement à la surface le londonien n'enterrait à coup de bottes encore plus profondément jusqu'à ne plus entendre ses murmures insidieux.
Cependant il ne fallait pas oublier que l'Armstrong n'était qu'un homme et, qu'à ce titre, il était aussi faillible que n'importe qui. Dans ses soirées les plus sombres, celles où il n'avait que la solitude pour seule compagnie, la vérité remontait à la surface jusqu'à ce qu'il ait les larmes au bord des yeux. La plupart du temps, grâce à son mode de vie, personne n'était là pour assister à ce triste spectacle d'un homme tentant de rassembler les morceaux de son estime de soi brisée, mais aujourd'hui le hasard avait décidé qu'il ne serait pas seul lorsqu'il ressentirait son esprit se craqueler de nouveau. Il tentant de faire bonne figure, de se racler la gorge pour ne pas inquiéter sa camarade mais une telle façade ne pouvait durer qu'un temps.

- Ne t'inquiète pas, tu ne pouvais pas savoir. Et puis il fallait bien que ça sorte, un jour ou l'autre.

Les mains toujours serrées à en faire pâlir ses extrémités, sentant la tension raidir ses muscles et lui donner la chair de poule, Nathanael mordit sa lèvre intérieur afin de se servir de la douleur pour canaliser sa concentration sur cette sensation plutôt que sur les souvenirs qu'il essayait d'éviter. Sentant le goût métallique de quelques gouttes rougeâtres s’agglomérant sur a lèvre meurtrie, le garçon retroussa ses deux lèvres au moment où il sentit la lame de sa camarade tout contre la sienne. Décidément qu'avait-il fait pour mériter une telle attention ? Pour mériter qu'une femme aussi prévenante s'occupe de lui, alors qu'il ne le méritait pas le moins du monde ? Rien et c'était bien cela le problème.
Un homme se devait d'être fort et digne en toute circonstance, ou du moins était-ce comme cela qu'il avait été éduqué, si bien que ce petit moment de faiblesse l'énervait au plus haut point. Quand parviendrait-il à s'affranchir de ce carcan qu'il s'était lui-même imposé ? Quand arrêterait-il d'être hanté par l'ombre de géniteurs qui, malgré leur absence, arrivaient encore à le manipuler pour ne faire ressortir que le pire en lui ? Il n'en savait rien et sa propre faiblesse alimentait encore davantage la colère qui dormait en lui. Ce fut au prix d'un effort colossal que le garçon décrocha sa main libre de l'évier pour la poser sur celle de la belle, comme si un tel geste anodin était supposé la rassurer plus que ses mots ne pourraient jamais le faire.

Il dût se reprendre à deux fois avant que des mots ne daignent sortir de sa bouche, avant que ce tremblement dans sa voix ne cesse et qu'il puisse se décider à aller plus en avant dans sa réponse.

- Tout va bien, je t'assure. Merci, en tout cas, de me donner plus de crédit que je n'en mérite.

Il ne méritait pas de pitié, pas de pardon, pas de seconde chance car tous ces choix étaient les siens. En vérité, même s'il refusait de l'admettre en public, le jeune homme avait été pendant si longtemps conditionné par l'autorité paternelle qu'il était persuadé d'être le seul et unique instrument de son propre malheur. Il était triste de ne pas faire l'unanimité dans la famille, c'était un fait, mais cette frustration n'était qu'égalée par sa peine ne pas être plus « normal », plus conforme à la norme, plus confirme aux attentes de ses parents. Aurait-il été plus heureux si les choses avaient été différentes ? S'il avait été plus différent ? Il aimait se dire que oui lors de ses moments de doute, pour appuyer sur le fait qu'il était responsable de sa propre peine et personne d'autre.

Non, contrairement à ce que la demoiselle pouvait bien lui dire il ne se voyait pas du tout comme quelqu'un de bien mais s'en donnait simplement l'apparence, se drapait de ce masque souriant dans ses moments de doute pour que personne ne s'inquiète. Pourquoi ? Parce qu'après deux ou trois décennies de déception il avait réellement fini par croire qu'il n'était qu'un raté au moment où sa confiance en lui s'était envolé par la fenêtre. Il avait fini par se persuader que tout ceci n'était que de son fait, qu'il méritait son sort et qu'en tournant le dos à son héritage il avait laissé envoler sa chance d'être un jour heureux. C'était pour cela qu'il lui était douloureux d'en parler ou de simplement y penser, car le vocaliser rendait ce constat beaucoup trop réel pour ce qu'il était capable de supporter. Il était un raté, oui, mais il préférait éviter d'y penser le moins souvent car la somme de ses bonnes actions ne compenseraient jamais ce terrible constat.

Armé de son couteau il allait attaquer la découpe des tomates mais, voyant que sa main n'était plus sûre et qu'il avait une chance sur deux de se couper un doigt, la demoiselle prit les commandes sans que Nathan n'ait le cœur à protester. Il s'adossa donc à l'évier, regardant son hôte faire le travail à sa place tout en répondant à la fameuse question. 

- Joshua ? C'est mon cadet, celui qui me regarde comme un exemple. Enfin c'est comme ça que cela devrait se passer. Dans les faits, par contre, c'est un peu différent.

Le petit frère regardait son aîné comme modèle de réussite, Nathanael avait rapidement compris la position qui était la sienne mais, une fois de plus, avait échoué dans la simple tâche d'être un grand-frère correct. Il avait été absent, réservé, solitaire si bien que Joshua n'avait pratiquement eu aucun repère auquel se fier. Le sorcier n'était-il donc bon à rien du tout ? C'en était presque risible.

- J'ai fait les bons choix, je le sais. J'espérais juste...juste que les choses soient différentes.

Ce qu'il n'avait pas avoué c'était surtout qu'il espérait que le fait de savoir qu'il avait fait les bons choix le rende plus heureux, mais cela n'avait jamais été le cas. C'était tout l'inverse en fait, car plus il s'éloignait du chemin tracé par sa famille et plus il se sentait perdre pied. Nathanael se força à sourire en voyant la sérieuse réflexion de la demoiselle sur l'importance de l'espérance, la seule choix qui restait dans cette boîte mythique et qui ne devrait jamais être libérée. Y croyait-il ? Pour les autres, oui. Pour lui ? Il préférait ne pas se prononcer.
- Tu sais que tu es trop gentille pour ton propre bien ?

Décidément il ne méritait pas toute cette attention et, sentant cette boule sur l'estomac remonter lentement le long de sa gorge, il attrapa délicatement les mains posées sur les épaules avant de les soulever avec autant de douceur dont il était capable en ce moment-même.

- Est-ce que tu peux m'excuser, deux minutes ? Le temps d'aller m'en griller une et je reviens.

S'écartant doucement, Nathanael se débarrassa de sa chemise pour aller affronter la fraîche brise, bras nus, avec son briquet pour seule source de chaleur. Il se dirigea donc vers la sortie côté jardin, accélérant légèrement le pas sur la fin de son trajet en sentant la boule remonter encore et encore. Une fois dehors, s'asseyant sur un des sièges devant lui, il plongea dans sa poche et en sortit cigarettes et briquets. Tout perturbé qu'il était il fut forcé de s'y reprendre à deux fois avant d'arriver à allumer son briquet, sa main droite tremblotante faisant tomber l'objet une toute première fois avant qu'il ne parvienne enfin à retrouver un semblant de calme.
La fumée qui s'extirpa de sa gorge ne fut pas aussi salvatrice qu'il l'avait espéré, c'était l'euphémisme de la semaine, mais elle avait au moins pu forcer la boule à redescendre un petit peu. Suffisamment pour le moment, en tout cas. Incapable d'affronter ses démons, incapable d'être en paix avec lui-même, incapable de lâcher vraiment prise : pouvait-on faire pire échec que cela ? La clope au bec, le bras-droit leva sur l'accoudoir associé, Nathanael ferma les yeux et vint loger son visage dans le creux de sa main comme si cette vaine protection pourrait changer quoi que ce soit.

- Pauvre type.

Il n'y avait même pas de mot pour définir son état d'esprit, pour définir l'ampleur de sa brisure et le travail colossal de reconstruction derrière. Non, il n'y avait vraiment pas de mots et, par-dessus tout, il savait qu'aujourd'hui encore ne serait pas le jour où il irait mieux. Se redressant en observant le ciel qui s'assombrissait petit à petit, sentant la vent venir caresser ses épais bras nus et son visage taillé au couteau, aspirant une nouvelle bouffée de poison, Nathanael laissa cette fumée s'échapper de ses narines tout en concluant par un :

- Quelle blague. Champion de la bonne ambiance.

Une blague ? Oui, tout ceci n'était rien de plus qu'une farce de mauvais goût et rien de plus. Un clown triste, un homme qui se voilait la face, un torturé qui traversait l'enfer en espérait pouvoir en ressortir : il n'était que cela et rien d'autre. Une parodie de réussite sociale, un homme incapable de suivre ses propres conseils. C'en était pathétique.

Il était pathétique.



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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Lun 12 Nov - 22:26

Je voyais bien qu'il était sur le point de craquer. Dans ces moments-là, je détestais me faire réconforter par des gestes affectifs, provoquant alors une réaction encore plus forte. Peut-être était-ce à cause du rôle important que j'attribuais à ce type de comportements qui relevait de l'intime pour moi. D'une chose que je n'avais que peu connue finalement. En effet, si j'avais été aimé, choyé durant ma petite enfance, mes réactions avaient fortement évolué au fil des années, cessant très vite tout contact physique. De plus, mon père ne m'avait jamais habitué à un tel amour, c'était pour lui une forme de faiblesse, tandis que ma mère elle, avait été trop fusionnelle. Une ambivalence certaine s'était déployée dans leur éducation. Une ambivalence que je rejouais aujourd'hui dans mon comportement, mes réactions et mon caractère. J'étais bien la fille de mes parents, et j'avais tendance à croire que c'était pour le meilleur. Ils avaient été très apprécié à Killkenny, reconnus pour leur dur labeur, enviés pour leur richesse, admirés pour leur sympathie. De l'extérieur, il semblait que nous avions tout. De l'intérieur, je n'avais manqué de rien mais j'avais choisi un chemin bien différent. Premièrement, j'étais une sorcière, et puis deuxièmement, il suffisait de me regarder pour comprendre ce qui séparait le brillant avocat et son infirmière de la jeune gothique fêtarde. Ils avaient peut-être trop essayé de m'éviter les relations superficielles, mondaines dans lesquelles ils étaient parfois obligé d'évoluer. De ce fait, je m'étais tournée vers l'exact opposé, apprenant à connaître les personnes de la rue, les marginaux, et tous ceux que la société rejetait.

Mais pour l'heure, je hochais la tête face à son constat. Effectivement, tout garder pour soi était loin d'être sain, et si mon père fonctionnait ainsi, ma mère m'avait enseignée le pouvoir de l'expression, la puissance des mots, l'importance de l'écoute. Quant à sa seconde réaction, celle-ci me fit pousser un léger soupir. Je comprenais alors tout ce qui se cachait sous ce masque. Toutes ces défenses mises en place dans le seul but d'éviter de faire face au fait qu'il se détestait dans son entièreté, tout simplement. Partagée entre deux mondes, j'avais pu ressentir ça auparavant, ne sachant réellement où était ma place. La place, une difficulté à laquelle cet homme était confrontée, non pas à travers les différents univers, mais au sein même de sa famille. Si c'était ce que j'étais devenue qui m'avait emmenée sur cette pente douloureuse, c'était différent pour lui. Cela relevait de ses choix et des réactions parentales. Comment pouvait-il alors se blâmer pour tout ça ? Mon regard se perdait dans le vide tentant vainement de comprendre ce qui l'amenait à de telles pensées. Est-ce que l'éducation reçue n'était pas finalement toujours trop présente ? Il avait fait le choix de s'en détacher, mais la séparation était loin d'être complète. Il cherchait encore à répondre aux attentes de ses parents, ou tout du moins ce qu'il restait au fond de lui le cherchait désespérément. Je continuais de croire que d'un point de vue humain, il avait fait les bons choix, mais que les conséquences n'étaient pas épanouissantes pour lui. Je faisais alors face à un homme torturé, perdu, cherchant une solution comme je cherchais des réponses. Il me parlait ensuite de son frère, l'idée d'être un exemple. Un rôle que je n'avais jamais connu, dans un sens comme dans l'autre, puisque j'étais fille unique. J'avais été heureuse de cela. Aujourd'hui, j'en venais à le regretter, cherchant désespérément une main familiale vers laquelle tendre. Seulement, ma famille je la construisais désormais au fil des rencontres. Garry. Rufus. Un exemple pour Garry ? Je n'en étais pas certaine, enfin plus aujourd'hui.


« Est-ce que les rôles sont immuables ? Je crois que les choses sont toujours plus compliquées que ça, et que si on s'y tient, on perd forcément en spontanéité et sincérité. Mais du coup, il n'a pas suivi ton exemple ? »

Il a suivi tes parents. Voilà ce que j'insinuais sans réellement le dire. Si cette conversation était d'une atrocité sans nom pour Nathanaël, elle m'était finalement difficile à moi aussi. Je n'aurai jamais songé à parler calmement de ce genre d'idéologies, mais je devais me contenir. J'avais envie de hurler, hurler des insultes à n'en plus pouvoir. Déverser ma haine et ma violence sur lui, mais il le faisait déjà très bien tout seul, et je savais qu'il n'était pas le responsable. Si lui se croyait être le seul problème, moi je n'y voyais que ses parents, et on ne choisit pas sa famille. Il espérait que les choses soient différentes. Je lançais alors un regard qui en disait long. Oui, moi aussi je l'aurai espéré. Espérer n'être jamais sorcière peut-être, mais on n'échappe pas à son destin. Ensuite il en venait à me dire que j'étais trop gentille, et je ne pus retenir un rire jaune, tout en détournant le regard. Il avait encore beaucoup à connaître de ma personne. Gentille, enjouée, souriante, enthousiaste, optimiste, généreuse. Tant de compliments que j'avais reçus, qui n'étaient pas totalement faux dans une certaine mesure. Seulement, j'étais comme le jour et la nuit, l'ombre et la lumière, l'avant et l'après. J'affichais une multitude de visages, tous plus sincères les uns que les autres mais régis par mes émotions. Aussi, j'avais passé les deux dernières années à être sarcastique, déprimée, vicieuse, menteuse, égoïste. Ne recherchant que vengeance et préférant haïr les sorciers, tous autant qu'ils étaient. Moi la justicière, je ne jurai alors que par la mort de mes parents, oubliant de vivre à travers l'humain comme ce que j'avais toujours fait jusqu'à ce meurtre. Mais Nathanaël ne connaissait pas encore cette partie de moi. Il n'avait pas vu la fille arpentant le Chemin de Travers, menaçant les autres, feignant une approche amicale pour en savoir davantage, et c'était mieux ainsi. Avec lui je cherchais à être sincère, le Petit Chaperon Rouge d'Halloween. Mais lorsque le loup qui s'était maquillé sur mon visage sortait de sa cage, plus rien ne comptait. Les morts ne peuvent pas se faire justice, et c'était à nous d'y remédier.

« Je choisis bien de l'être avec ceux qui me semblent le mériter. Tu ne connais qu'une partie de moi Nate, celle que tu as connu il y a quelques années, en plus brisée. »

Mais tu ne connaissais pas la vengeresse. Tu ne connaissais pas la lionne tapis en moi, prête à déchiqueter tout ce qui se trouvait sur son passage. Celle qui, dans un certain sens, ressemblait davantage à ce que tu avais connu dans l'entourage familial. La fin justifie les moyens. Si j'étais prête à tout donner, j'étais tout autant prête à tout reprendre. Si je devais trouver ces assassins, je savais pertinemment qu'aucune hésitation n'apparaîtrait et que je les tuerai sur le champ. Ça, personne ne s'en rendait compte, pas même Rufus. Mais nos démons ne sont jamais loin. Pour le moment, c'était ceux de Nate que j'avais ravivés. Cherchant alors un moyen de s'échapper, il partit fumer une cigarette à l'extérieur.

« Tu sais tu peux... »

Fumer à l'intérieur. Oui je le faisais tout le temps, mais je m'étais ravisée, comprenant qu'il avait besoin de se détacher de toutes ces émotions. De prendre l'air, comme on le disait si bien. Je regardais du coin de l’œil le bel homme dans le transat, tout en finissant d'un trait mon verre de whisky. Cela me brûlait la gorge mais c'était utile. Les migraines refaisaient leur apparition, et à force des années, je me rendais compte que plus j'en apprenais sur quelqu'un, plus elles venaient se figer en moi. Je ne comprenais pas le lien mais je ne pouvais échapper au constat. Je voyais ensuite Nate se prendre la tête entre les mains. Mon visage s'assombrissait.

« Oh et puis m*rde. »

Je ne pouvais pas le laisser là-bas, tout seul, alors qu'il avait tant fait pour moi en ce début de semaine. Prenant une cigarette et son verre, je m'avançais jusqu'à la frontière entre ma maison et mon jardin, me reposant contre les gonds de la porte coulissante. Je l'entendais alors penser à voix haute sur l'atmosphère qu'il régnait désormais. Un léger sourire entre l'amusement et la compassion, nous apprenions à nous connaître dans la douleur. Après tout, pour l'un comme pour l'autre, il semblait qu'elle avait fortement dominé et que nous nous étions construits avec elle. Après quelques secondes, j'allumais ma cigarette et prenais la parole.

« Tiens, ton verre. Tu sais, tu m'as connue fêtarde et toujours amusée, et toi aussi, on devrait pas avoir de mal à faire repartir tout ça. Mais pour le moment, j'ai bien l'impression qu'on apprend à se connaître dans nos épreuves. Ça te semble peut-être mal venu, peut-être de mauvaise ou augure, un truc du genre, j'en sais rien. Mais pour moi, c'est plutôt une preuve de force que d'être capable de parler des choses, et de voir que tu le fais là, j'en suis fière. C'est bien plus facile de nous cacher derrière nos belles façades, mais où est la sincérité ? Et ça, c'est bien plus compliqué pour les humains. Pourtant c'est là dedans qu'on devrait se construire, en acceptant nos émotions peu importe ce qu'elles sont. »

J'utilisais des mots forts : Fierté, sincérité. Ce n'était pas qu'un discours, voilà les valeurs et sentiments que ma mère avait souhaité m'inculquer. Ne jamais laisser les autres nous dire ce qu'on n'est pas, ne jamais se détourner de ce que l'on ressentait pour se cacher, par peur d'être faible, par peur d'avouer. Les apparences peuvent être trompeuses, mais la réalité d'un sentiment est bien plus forte, bien plus intense que n'importe quel acte, n'importe quel statut. Ce qui s'en échappe, ne peut être que bénéfique un jour où l'autre. J'étais loin d'avoir réussi à me tenir sur ce chemin, je me cachais bel et bien derrière mes blagues et en alimentant la part enfantine qu'il restait en moi, mais je ne pouvais pas mentir sur mes sentiments. Sauf en ce qui concernait leur mort, mais ça c'était un tout autre sujet. Encore une fois, je balançais entre leurs valeurs et mon incapacité à faire face à leur départ.

« Viens, on va rentrer. Habillé comme ça tu seras malade dès ton réveil demain matin, et chez moi on peut fumer à l'intérieur, j'le fais tout le temps. »

Je prenais le pas, l'incitant à me suivre avant d'ajouter en me retournant.

« Je sais ce que ça fait que d'pas trouver sa place. D'ailleurs tous ceux qui comme nous ont ressenti ça étaient des gens qui avaient la bougeotte. Mais l'Homme peut s'habituer à tout, même au plus dur. »

Oui, pour ma part, je détestais la routine et je n'avais jamais su me frayer un chemin dans la stabilité, qu'elle soit professionnelle, amicale, amoureuse, familiale, géographique. Pourtant, j'avais malgré tout fait face à l'incertitude, la honte, la culpabilité, la mort, la torture, et j'étais toujours présente, j'aimais même plusieurs facettes de mon personnage. Bien que d'autres soient encore difficiles à accepter, j'espérai pouvoir emmener ce bel homme sur le même chemin. A deux on s'en sort toujours mieux, et au vu de notre vécu, nous avions toutes les raisons de nous serrer les coudes.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mar 13 Nov - 17:32

   
Welcome home. Dear Gentleman




Le jeune homme avait grandi avec des valeurs qui n'étaient pas communes à l'ensemble des sorciers ou des humains en général et, de ce fait, il savait qu'il pouvait avoir un avis biaisé sur certains points à commencer par l'importance de la piété filiale et du respect des traditions. Il avait beau dire et faire ce qu'il souhaitait pour combattre le courant, pour nager en sens inverse à la force de ses puissants bras à la musculature finalement dessinée, il y avait des limites à ce qu'il était capable de faire et cela en faisait partie. L'étiquette, le respect des anciens, la fierté de ses origines, le mépris des sorciers jugés comme inférieurs, le sens du devoir, faire passer la famille avant tout le reste : tous ces enseignements, bons comme mauvais, étaient à tout jamais marqués au fer rouge à l'intérieur de son crâne. Avec le temps il était encore capable de les différencier, de reconnaître le bien du mal, mais il lui était encore très difficile de les trier et de ne garder que les bons côtés. Comme n'importe quel individu le jeune homme était comme les deux faces d'une même pièce, composé de lumière autant que de ténèbres et, si à force de temps il avait fait le choix de ne montrer que le meilleur en ne gardant que la lumière, les ténèbres n'avaient pas disparu pour autant.
Même s'il refusait de l'admettre le jeune homme savait que père avait fait un incroyable boulot en lui inculquant ces valeurs qui n'avaient plus lieu d'être car, malgré tous ses efforts, Nathan savait très bien qu'une colère sourde grondait en lui. À force de temps il avait réussi à diriger cette colère vers lui-même, vers sa propre incompétence plutôt que vers les nés-moldus et les sang-mêlés comme on l'attendait de lui, mais elle était bien plaisante et tenter de la contrôler revenait à essayer d'attraper une tornade au lasso. Il pouvait s'en écarter, il pouvait s'habituer au bruit presque assourdissant en le couvrant d'autres bruits encore plus puissants, mais la tornade était toujours bien là. Certes de temps en temps, comme aujourd'hui, il sentait cette énergie débordante diminuer en intensité, se calmer comme si le contact d'être chers à son cœur arrivait à faire ce qu'il avait été incapable de réaliser tout seul, mais il ne restait pas moins le fruit de siècles d'arrogance et d'obscurantisme.

En fuyant cette éducation d'un autre temps il avait fui sa mère, écrasée par la pression autoritaire de son effroyable mari, et son petit frère qui finirait plus tard par devenir le jouet que lui-même aurait dû devenir. Regrettait-il son choix ? Pendant un temps cela n'avait pas été le cas car il n'avait pensé qu'à lui et sa liberté, qu'à se créer sa propre voie en échappant à l'emprise tentaculaire de sa famille, mais maintenant que le sujet revenait sur la table il ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de remord. À dire vrai, il pouvait bien tordre la vérité dans tous les sens possibles et imaginables, il ne pouvait échapper à un seul et effroyable constat : il avait abandonné celui qu'il aurait dû épauler et accompagner. Il aurait dû emmener son petit frère avec lui, le prendre sous son aile pour lui apprendre le vrai sens du libre-arbitre maintenant qu'il le connaissait, mais il ne l'avait pas fait par pur égoïsme.

Il avait été stupide, jeune et stupide mais l'excuse des erreurs de jeunesse ne pouvait vraiment durer qu'un temps. Aujourd'hui la belle demoiselle le rappelait à la réalité en lui posant la question, le forçant à s'interroger sur la voie suivie par son cadet. Était-elle la même que la sienne ?

- De ce que j'en sais, pas vraiment. Mais ça fait une éternité que je n'ai pas eu de ses nouvelles...que je n'en ai pas pris non plus, d'ailleurs.

Son frère avait toujours été aussi docile que lui durant son enfance, toujours prompt à obtenir un simple sourire de ses parents, toujours prêt à être un bon fils au sens premier du terme. Mais en grandissant le désir de liberté n'était pas né chez le cadet, à la place sa volonté de rendre ses parents fiers était restée parfaitement intacte. Aussi, de ce qu'il en savait, Nathanael se doutait bien que Joshua avait suivi la voie tracée par leur géniteur et, peut-être, travaillaient-ils ensemble au ministère de la magie. Il était trop tard pour rattraper le passé de toute façon mais, à bien y réfléchir, en avait-il seulement le droit ? Il avait raté sa chance de faire les choses bien et, maintenant que le train était passé devant lui, il ne lui restait plus qu'à espérer que cette voie convienne vraiment à son cadet.

Alors qu'il repensait à ses propres choix et à la part de ténèbres qu'il avait vainement tenté de nier pendant trois longues décennies, sa précieuse camarade mit à son tour en lumière le fait qu'il ne connaissait finalement qu'une portion de ce qu'elle était vraiment. À bien y réfléchir que connaissait-il d'elle à part sa plus grande tragédie ? Il était là à essayer de porter à bout de bras tous ses maux comme s'il s'agissait du poids du monde, comme s'il était venu Prométhée, mais sa camarade souffrait au moins autant que lui et arrivait à sourire malgré tout. Savoir si ce sourire était sincère ou non était une autre histoire, à n'en pas douter, une histoire pour leur prochaine rencontre, mais au moins elle parvenait à faire face au lieu de s'apitoyer sur elle-même.

- Dans ce cas aide-moi à connaître le reste. Tout le reste.

Avait-il seulement mérité de connaître cette véritable femme, derrière les faux-semblants et les souvenirs refoulés ? Elle était au moins aussi cassée que lui mais elle avait vécu la plus effroyable des pertes et était encore débout, devant lui, à tenter de le rassurer alors qu'il s’intoxiquait encore plus. Les yeux levés vers le ciel qui s'assombrissait, sentant le vent rafraîchir son visage et ses esprits, Nathanael tendit l'oreille pour écouter ce que la demoiselle ne pouvait retenir plus longtemps. Depuis combien de temps gardait-elle cela en elle ? Dur à dire mais elle était passionnée, Nathan entendait au moins ça à travers ses paroles.
Même si c'était évidemment la belle gothique prit la peine de rappeler au jeune homme qu'il n'avait connu qu'une fraction de celle qu'elle était vraiment et que, maintenant qu'ils s'étaient connus dans leurs meilleurs jours, peut-être étaient-ils temps de ne pas cacher lorsqu'ils passaient leurs pires journées. Le londonien était tout à fait conscient que la confiance naissait dans des moments comme celui-ci, dans des petits gestes comme celui de s'ouvrir aux autres et de ne pas se fermer telle une huître comme il en avait eu l'habitude, par le passé. Et pourtant il lui était encore difficile de s'ouvrir, toujours à cause de ses enseignements lui rappelant à chaque fois que les hommes devaient être forts et ne pas montrer leurs émotions.

Conscient que cette leçon n'était qu'une erreur de plus sur son parcours, qu'il devait l'arracher de son esprit et la jeter aux orties, Nathan absorba une autre dose de poison pour recracher la fumée hors de son corps en même temps que cette idée d'un autre siècle. Peut-être que Kenzie avait raison finalement, peut-être que cela lui ferait du bien de lâcher prise un peu plus souvent au lieu de tout tasser au fond de sa tête. 

- Dévoiler le mauvais avant le bon, pas vraiment ce que j'avais espéré comme retrouvailles mais ce n'est peut-être pas plus mal ainsi. De mémoire je crois bien que tu es la première à qui je le dis depuis...toujours, en fait.

S'agissait-il d'un simple rappel des faits ou de lever le voile sur le caractère spécial que représentait la belle ? Un peu des deux très certainement car Nathan ne parlait jamais pour ne rien dire mais, pour une fois, il était prêt à sortir de sa bulle et essayer la méthode d'une autre en espérant qu'elle fonctionne. Qu'avait-il à risquer ? Il était déjà au bord de la rupture de toute façon, cela pouvait difficilement être pire. Après cette petite explication il resta là, silencieux, pendant une bonne minute, le regard perdu dans l'immensité céleste en laissant ses questions flotter autour de lui sans jamais s'accrocher.

- Mais je t'accorde au moins une chose : ça fait du bien. Tu dois sans doute me voir comme un chouineur à présent, mais au moins ça m'a soulagé.

Le jugerait-elle pour ce moment de faiblesse ? S'il s'en référait aux paroles de tout à l'heure, non, elle ne le ferait pas et c'était donc fort de cette information qu'il avait tenté de se laisser aller et de lâcher prise. Un concept nouveau pour lui qui prendrait du temps avant de devenir familier mais, en sentant sa poitrine se faire moins lourde et cette boule à l'estomac moins imposante, il était un peu plus confiant que tout à l'heure dans l'efficacité de cette méthode.
Se redressant en attrapant son verre vide, sa cigarette coincée entre son index et son majeur, le jeune homme suivi sa charmante hôtesse jusqu'au cœur de son foyer, laissant derrière lui le vent frais qui avait au moins aidé à sa guérison temporaire. Alors comme cela tous ceux qui se cherchaient avaient la bougeotte, comme si c'était dans le pays d'à côté que pourrait se trouver leur réponse ? Peut-être était-ce le cas pour lui, à vrai dire. Peut-être avait-il cherché à fuir quelque chose et pas seulement à trouver sa voie, cela méritait d'être pris en considération.

- Je suis encore en train de chercher ma place, pour tout dire. Prof' ou magizoologiste ? Je n'en suis pas encore sûr, mais je finirais bien par trouver la réponse. En tout cas je te remercie de supporter le vieux râleur que je suis.

En réfléchissant à leurs propres situations le jeune homme ne put s'empêcher d'afficher un sourire amusé en laissant ses sombres pensées venir mourir dans les flammes crépitantes. Ils faisaient la paire, tous deux abîmés par la vie et qui semblaient prêt à continuer d'avancer sur le fil du rasoir. Combien de temps continueraient-ils à avancer ainsi ? Nathanael espérait qu'à deux le chemin soit un peu plus facile, un peu plus douloureux et surtout plus long.
Posant son verre sur la table, venant écraser sa cigarette mourante dans le premier cendrier qu'il trouva à sa portée, le garçon s'approcha du plan de travail et tapant dans ses mains comme pour signifier le début des hostilités.

- Bon, c'est pas tout ça mais j'ai un repas à préparer ! Laisse moi dix petites secondes.

Un pas, deux pas et il se trouva juste devant le couteau qu'il n'avait pas vraiment pu manier tout à l'heure. Fermant les yeux en s'approchant un peu plus, Nathanael fit face aux ténèbres et, dans une profonde inspiration, fit le ménage dans son esprit en balayant d'une pichenette les sombres pensées qui s'accrochaient encore un peu. Peut-être ne serait-il tranquille que pour quelques heures ou, dans le meilleur des cas, pour plusieurs semaines mais tout ce qui comptait était qu'il puisse se concentrer sur le moment présent et apprécier cette charmante compagnie. Enfin, après trente bonnes secondes d'une immobilité inquiétante, le garçon rouvrit les yeux sur sa main droite qui ne semblait plus présenter le moindre signe de tremblement.

- Ça devrait aller.

Lentement, doucement, toujours simplement vêtu de son t-shirt, le garçon se mit à la tâche en attrapant le couteau qu'il dévisagea un instant. Sa main droite se leva tout doucement et, avec un doigté né de l'expérience, le couteau trancha les poivrons devant lui afin de préparer lentement les ingrédients. Il faudrait au moins quelques secondes de plus afin que la machine ne se mette en marche mais, en voyant le couteau débiter des petits morceaux de poivrons à une vitesse croissante, le jeune homme était à peu près certain d'avoir regagné toute sa concentration.

- Ça va aller.

Pareil à un chef d'orchestre le jeune homme semblait parfaitement dans son élément au milieu de ces poêles qui chauffaient et de ces victuailles qui n'attendaient que d'être préparées. Il n'était peut-être pas le meilleur cuisinier du monde mais, en plus de toute l'expérience acquise au cours de ses nombres voyages, il se dédiait à cet art avec la même passion présente dans chacun de ses actes. Au-delà du professionnel il était un artiste...d'ailleurs, en y repensant, peut-être bientôt serait-il venu le temps de sortir sa guitare du placard.

Bientôt.



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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Ven 16 Nov - 14:32

Nathanaël m'expliquait la nature de ses liens fraternels, peu conventionnels, peu présents voire même inexistants. J'étais triste pour lui mais je ne me rendais pas totalement compte des faits. Etant fille unique j'avais du mal à comprendre l'importance d'un frère ou d'une sœur, l'idée de grandir ensemble, faire des bêtises, rire et se disputer. J'étais trop indépendante pour le concevoir et je n'aurai certainement partagé que très peu si cela avait été le cas, enfin peu jusqu'à aujourd'hui. Désormais, j'aurai aimé avoir quelqu'un qui me comprenait, qui savait ce que je vivais pour me sentir comprise. C'était une pensée égoïste, mais le malheur partagé permettait d'éviter un sentiment de solitude omniprésent, d'incompréhension pour se terminer par de l'aigreur.

Par la suite, je révélais à Nate qu'il ne pouvait pas tout connaître de moi, pas en si peu de temps, et que les choses ne cessaient de changer. Je n'aimais pas la routine, mais même dans les émotions, il semblait que ce n'était pas fait pour moi. A quel moment passe-t-on la frontière entre éviter la routine et se révéler complètement instable ? Je n'étais pas vraiment capable de répondre à cette question. Mais l'homme en face de moi demandait à apprendre de ces aspects de ma vie. En tout honnêteté, je n'étais pas certaine que ce soit une bonne idée, je n'étais pas non plus certaine de vouloir totalement les explorer moi-même. Mais une grande partie en avait construit mes deux dernières années de vie, alors peut-être qu'un jour, je lui ferai part de cette face ténébreuse, prête à tout pour venger ses parents. Cela n'était pas totalement contradictoire avec ma personnalité, seulement les mises en scène possibles, auxquelles je pourrai toutes répondre par l'affirmative tant qu'ils paieraient pour ce qu'ils avaient fait. Je regardai le jeune homme, rougissant du fait qu'il veuille tout savoir de moi. Habituellement, ma personnalité humoristique suffisait aux autres et ils ne cherchaient pas vraiment à creuser avec quelqu'un comme moi. Peut-être par peur de tomber sur quelque chose de vide ? Peut-être en me croyant assez forte pour tout surmonter de moi-même ?


« Tu le sauras sans doute un jour. Pour l'instant je ne suis pas sûre que tu le veuilles vraiment. »

Oui, tout cela était de l'ordre de l'intime, tout en étant effrayant à la fois. Capable du meilleur comme du pire, je ne voulais pas le faire fuir tout de suite. Dehors, notre conversation se poursuivait tandis que je fumais rapidement sur ma cigarette. Les paroles de Nate me firent esquisser un sourire. Personne n'imagine se rencontrer ainsi, partager tous ces mauvais souvenirs, cette rancœur, avec une personne qu'on ne connaît que trop peu. Moi-même je ne parlais jamais de mes parents, ou de manière à éviter une conversation profonde. Il n'y avait qu'avec Rufus où je n'avais pas vraiment eu le choix. L'alcool m'ayant fait perdre mes moyens devant lui aussi... Pleurer, s'effondrer. L'alcool pouvait faire ressortir le meilleur comme le pire. Rufus en avait vu le pire, et puis sobre, nous avions pris le temps de discuter plus amplement. A la suite du discours de Nathanaël, je continuais de sourire intérieurement. Heureuse qu'il puisse enfin lâcher ses sentiments.

« On s'y attend jamais j'crois, mais ça fait du bien oui, et on s'rend compte qu'on est pas complètement seul. Et merci de me faire confiance, tu peux compter sur moi je serai là. »

Je restais solennelle pourtant j'étais fière de ce qu'on avait pu accomplir ensemble, le montrer était peut être trop tôt.

« Et puis, un chouineur, non c'est pas mon genre. Tout sauf un macho, et c'est une bonne chose. Un homme fort, viril, qui n'est pas sincère, ça n'a aucune utilité. Toutes les facettes sont bonnes à prendre et plus il y en a, plus c'est intéressant. Et puis au moins, en ayant fait le pire, on ne peut qu'aller vers le meilleur ! »

Je riais, me disant que de tous les points de vue, notre relation, nos rencontres, n'étaient vraiment pas communes. Je l'invitais ensuite à revenir à l'intérieur, se réchauffer auprès des flammes. Nous continuons la conversation sur la notion de place. Où il évita parfaitement le sujet en rapport avec sa famille, mais c'était peut-être assez pour lui ce soir.

« Vieux ? On a pas tant que ça de différence je crois, alors me dis pas ça ! Et je sais que tu finiras par trouver, on a tous besoin de temps. »

Au moment où je prononçais ces mots, Nate écrasait sa cigarette dans le cendrier posé sur la table. Je me servais un nouveau verre, tandis qu'il se levait, engagé pour préparer les festivités de ce soir. Je le rejoignais, prenant le temps de mettre les couverts et d'allumer quelques bougies, en plus des lampes déjà allumées. La pièce était ainsi bien éclairée, sans être agressée par la lumière du plafond. J'aimais les ambiances plus chaleureuses d'autant plus qu'une lumière trop vive pourrait risquer à faire ressurgir mes migraines chroniques. Je continuais de boire, regardant le fond du verre avant de lui poser une question.

« Whisky japonais ? Tu as voyagé là-bas pour pouvoir ramener ça ? Parce qu'après avoir écumé et travaillé dans de nombreux bars, on trouve pas ça ici. »

Si tel était le cas, j'aurai sans doute plusieurs questions à lui poser. Je n'avais voyagé qu'en Europe, ou par de courts moments sur certains sommets. Transplaner était efficace, on se rendait où on le souhaitait, ne serait-ce que pour cinq minutes, pour tout oublier. Réfléchir aux aléas de la vie, parfois vouloir se jeter d'aussi haut aussi, puis finalement revenir sur ses pas. J'étais plus sombre que ce que je souhaitais le montrer, plus sombre que ce que je voulais admettre. Mais l'idée de voyager pour découvrir du pays, prendre part à une nouvelle culture, apprécier les nouvelles rencontres et prendre du temps pour tous ces moments, je n'avais que peu connu. Mes parents m'avaient beaucoup emmenée en France, notamment pour le penchant gastronomique du pays comme expliqué précédemment, mais pour le reste, j'avais surtout voulu fuir.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Ven 16 Nov - 19:02

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L’éducation artistique et culinaire du jeune homme n’avait jamais fait partie des prérogatives de son cher géniteur car, en plus d’être un individu d’une autorité rarement égalée, il avait quelques tendances misogynes notamment lorsqu’il répétait que la cuisine était le domaine des femmes et non des hommes. Se répétait-il cette phrase parce qu’il était un terrible cuisinier, comme une façon de se convaincre lui-même que ce n’était pas si grave, ou bien parce qu’il pensait vraiment que les hommes ne devraient pas s’abaisser à la préparation du repas ? Nathanael savait qu’il s’agissait de la seconde option mais, comme pour bon nombre de règles enseignées par John, son premier fils eu tôt fait de mettre celle-ci à l’épreuve comme une façon de se rebeller contre l’autorité paternelle.
Lorsque vint le moment de découvrir enfin le sens du mot liberté le jeune homme se donna à corps perdu à tout ce qui lui avait refusé jusqu’à présent à commencer par les arts et la cuisine en faisant partie d’une certaine façon. Alors qu’il surveillait aujourd’hui les légumes et les morceaux de poulet en train de cuire séparément, laissant les fragrances alléchantes venir titiller ses narines, le sportif laissa son esprit dériver vers des contrées lointaines et de vieux souvenirs de ses premières expériences aux fourneaux. Bien sûr ses premiers plats même très simples ne furent guère une réussite, il avait même réussi l’exploit de rater la cuisson de simples pâtes durant son premier soir de liberté, mais comme tout bon élève qu’il avait toujours été il n’en démordit pas. Bien sûr qu’il redoubla d’efforts pour ne pas rester sur cet échec et, si aujourd’hui il ne pouvait guère se comparer à un chef étoilé car il ne possédait pas la créativité requise, il se savait assez curieux pour tenter de nouvelles recettes locales à chaque fois qu’il mettait les pieds dans une nouvelle contrée.

Il ressassa dans sa tête les paroles de sa camarade, quelques instants plus tôt, concernant la recherche de sa voie dans un premier temps. Voulait-il seulement la trouver ? Une partie de lui, le trentenaire qui sommeillait en lui pour être précis, aurait voulu trouver sa voie pour pouvoir enfin se poser et construire quelque chose dont il pourrait être fier, mais le baroudeur qui sommeillait en lui ne demandait qu’à faire sa valise et partir en vadrouille dés le lendemain matin. Tentant, n’est-ce pas ? Il y serait encore sans cette avertissement maternel, sans cette ouverture de poste mais peut-être n’était-ce pas plus mal que de tester des choses différentes afin de mettre sa détermination à l’épreuve .

Son esprit dériva de nouveau vers l’affirmation de la demoiselle qui semblait certaine que le jeune homme n’était pas prêt à la connaître dans son ensemble, comme si ce qu’elle cachait pourrait porter le risque de le faire fuir. Bien sûr l’athlète appréciait qu’on essaye de le ménager, mais il n’était pas homme à lâcher des paroles vides de sens. S’il disait vouloir quelque chose c’était ce que le sujet avait été mûrement réfléchi, c’était au moins l’avantage d’avoir un esprit prolifique. Aussi, devant cette barrière érigée par la belle, Nathanael n’essaya pas de rentrer en force mais préféra lâcher :

- Eh bien je t’assure que si. Mais bon, je ne te forcerai pas.

Reprenant le sujet de sa voie, des réponses qui montreraient forcément le bout de leur nez tôt ou tard, l’enseignant se mit à se demander combien de temps encore il pourrait continuer à arpenter le terrain avant que la fatigue ou la lassitude ne viennent le guetter. Trouver un travail plus tranquille de professeur était un challenge sous bien des aspects mais, intérieurement, Nathan ne pouvait pas s’empêcher de voir en cette routine une solution de facilité. Lui qui avait la bougeotte, guidé par une curiosité que rien ne semblait pouvoir apaiser, se retrouvait à présent esclave d’horaires fixes et de devoirs à corriger quotidiennement.
Certes il voyait bien que ses cours intéressaient ses élèves, que sa façon très directe d’expliquer les choses était plu efficace que tous les discours théoriques du monde, mais une partie de lui continuait d’entendre l’appel du monde extérieur. Il aurait voulu retourner en Europe de l’Est pour voir comment se passait l’observation des dragons dont il avait laissé la garde à d’autres, d’autres moins occupés, d’autres collègues de confiance à qui il avait tenté d’inculquer ce qu’il savait. Pouvoir y retourner pendant les vacances scolaires était un sursit bienvenu, une bouffée d’air frais qu’il ne refusait pas mais parviendrait-il à s’habituer à cet éloignement ? Il n’en savait trop rien malheureusement.

- L’idéal serait de pouvoir associer les deux, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Bah, je verrai bien.

Le problème était que les élèves avaient besoin d’accompagnement à temps plein, avoir un professeur à mi-temps ne ferait certainement pas l’affaire et il aurait tôt fait d’être remplacé par quelqu’un de plus…dévoué. Enseigner une année et aller sur le terrain l’année suivante n’était pas une option non plus, les élèves avaient besoin de continué et ne méritaient pas d’être trimbalés d’une mode d’enseignement à une autre comme de vulgaires balles de ping-pong. Si Nathanael n’aurait pas apprécié d’être trimballé de la sorte, il devait au moins éviter un tel traitement à ses nouveaux élèves.

Alors que légumes et viande étaient rassemblés dans une seule poêle, assaisonnés avec quelques herbes pour rajouter quelques senteurs qui sublimeraient le plat, Nathan posa un couvercle pour laisser mijoter le tout, écoutant la question de la demoiselle sur ses voyages. Il aurait pu répondre par une petite moquerie amusante mais il ne le fit pas, préférant poursuivre cette soirée sous le sceau de l’honnêteté.

- J’ai pas mal voyagé ces dernières années, au Japon entre autres. Mais attends, une illustration vaut mieux que milles mots.

En arrivant dans la maison il avait repéré une carte du monde, pas une gigantesque carte non plus mais assez grande pour qu’on reconnaisse facilement les pays. Il alla donc la chercher avant de l’étaler sur la partie du plan de travail qui n’avait pas subi le courroux e sa fureur culinaire. Plongeant dans ses pensées pour se remémorer la liste des pays où il avait eu l’occasion de mettre les pieds, l’Armstrong sortit de sa poche sa baguette magique et fit un simple geste du poignet au-dessus de la carte. L’un après l’autre, les pays qui avaient reçu la visite de l’anglais prirent une couleur dorée pour être bien plus remarquables que les autres.
Si la presque totalement des pays d’Europe et d’Amérique avaient pris cette teinte dorée, de même que le japon et ses quelques voisins les plus proches comme la Corée ou la Chine, le continent Africain fut celui comportant le moins de ces petites lueurs. Posant les yeux sur cette carte qui s’illuminait comme un sapin de noël, Nathan resta un instant sans voix face au rappel de ce que représentait une décennie d’errance.

Tous ces pays, vraiment ? Cela faisait très bizarre de le voir couché sur papier de la sorte mais, pour appuyer son propos sur un terme un peu plus léger, il conclut cette démonstration par :

- Voilà. On peut dire que j’ai un peu la bougeotte, ouais.

Il aurait très bien pu passer des heures à passer de chaque pays, leurs souvenirs étant fermement ancrés dans sa petite tête, mais aujourd’hui c’était le Japon qui semblait capter l’attention de la belle. Fouillant dans ses souvenirs, arrachant de sa tête les images de son arrivée sur ce territoire, il retourna surveiller le plat qui mijotait tout en expliquant :

- Si au départ je le faisais pour le boulot, pour voir certaines créatures dans leur environnement naturel, j’y ai pris goût. Initialement je suis allé au japon pour étudier les Kappas, mais j’y suis resté pour la beauté saisissante de ce pays.

Avant la fin de ses études il n’avait jamais vraiment voyagé en dehors de la Grande-Bretagne pour être parfaitement honnête, il n’était jamais sorti de sa zone de confort, n’avait jamais eu l’opportunité de le faire car son père n’était pas un grand voyageur et que ses proches étaient tous anglais. Il avait donc fait le premier pas tout seul, avait traversé la manche pour rejoindre la France avec son seul petit balais pour découvrir un tout nouveau monde lui ouvrant les bras. Certes les français n’étaient pas très doués pour l’anglais, leur accent était à couper au couteau mais ils étaient ouverts et plus chaleureux que ce qu’il avait pu connaître avant.
Fort de cette première expérience il avait donc voulu répéter le processus et c’était ainsi que, quelques mois plus tard, ce fut Kyoto qui l’accueillit. Alors que les images de cette ville mythique tourbillonnaient déjà dans sa tête, se souvenant de certaines rencontres mémorables, Nathanael ponctua son intervention par la plus simple proposition qu’il pouvait faire.

- Je t’y emmènerai la prochaine fois, si tu veux. Je risque forcément d’y retourner.




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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mer 28 Nov - 23:59

J'avais finalement bien vécu, ou tout du moins beaucoup. Je crois avoir passé une majeure partie de mon temps à vouloir m'amuser, vivre dans la liberté et ne dépendre de personne. J'avais d'abord adopté un style particulier qui ne laissait aucun regard au hasard. Contrairement à ce que beaucoup avaient pu penser ça n'était en aucun cas une passade, un moyen d'attirer l'attention, une rébellion. Je ne sais quoi d'autre encore, j'en ai tellement entendu. Mais aujourd'hui, je n'avais pas vraiment changé. Quant au relationnel, lui avait évolué dans une étrange particularité à laquelle je n'aurai jamais songé. J'avais d'abord aidé, soutenu, puis je m'étais bagarrée. J'avais fait les quatre cents coups ne me souciant guère des autres et faisant perdre pas mal de points à ma maison sur mes dernières années. Par la suite, ma vie n'était faite que de plaisirs, en tout genre. Les fêtes, les relations charnelles mais pas uniquement, les drogues, l'alcool. Une vie d'étudiante loin du domicile familial tel que je l'avais rêvée dans mon adolescence. Insouciance et liberté.

Finalement, une triste année s'était abattue sur notre monde, et mon passé houleux ainsi que mon besoin de rendre justice m'avait poussée à m'acharner. A faire violence. Jusqu'à ce jour particulier, indéniable et ineffaçable. Mes désirs de petite fille unique cherchant l'amusement pour fuir une réalité trop prenante s'étaient évanouis avec mes parents. Je n'étais pas seulement ce qu'on pourrait qualifier d'une g*rce, comme adolescente, mais j'étais sournoise, vicieuse, méfiante et rusée. Je ne faisais clairement plus confiance à personne et encore moins à moi-même. Moi qui semble d'un naturel si assurée pourtant. Alors comment expliquer à cet homme que la serveuse marrante qu'il avait connu n'était pas seulement joyeuse, drôle et sympathique envers les autres ? J'assumais la fille grossière, avec peu de manières que je n'ai jamais cessé d'être. Celle qui donne des conseils parfois d'un égoïsme sans nom lorsque je souhaitais seulement que la conversation s'arrête. Mais celle qui était là. Devant lui. Comment la décrire ?

La gentille Poufsouffle de onze ans avait terminé quinze ans plus tard dans le rôle d'une atroce Serpentarde. Rôle qui, d'ailleurs, je le savais pertinemment, ne me correspondait pas du tout. Bien évidemment je n'étais pas toujours heureuse, je cachais ma souffrance derrière la fête et les blagues, mais je ne m'étais jamais laissée tenter à la perversité pour obtenir des informations qui me serviraient à commettre l'irréparable. J'étais loin d'être irréprochable avec toutes les bêtises à mon actif, mais j'étais loin d'être cette fille malsaine qui me hante aujourd'hui. Enfin, j'avais prévu un retour à ce que j'étais réellement, en reprenant pied, mais dans le monde des sorciers, la tentation d'en savoir toujours plus était trop forte. Ce ne serait rendre service à personne que d'en parler. Nate risquerait de ne voir que trop vite les démons cachés dans mon regard perçant et Rufus souhaiterait me voir vivre à nouveau loin des rues mal-famées. Quant à moi, j'étais partagée entre le déni et l'obsession. Déni de l'obsession ? Obsession du déni ? Certainement les deux. Quoi qu'il en soit, je n'étais pas prête à accepter de vive voix les ténèbres qui s'étaient réfugiés en moi.


« Un jour peut-être... »

Je laissais cette phrase en suspend dans un sourire malicieux. La conversation s'était éloignée de ma personne et ce n'était pas pour me déplaire. Lors de notre première rencontre, j'avais déjà étalé bon nombre de sentiments à un homme que je ne connaissais que de beuveries. Finalement, l'ancienne Kenzie qui faisait confiance et n'avait peur de rien n'était peut-être pas loin ? Mais les dangers étaient nombreux, et bien plus proches que ce qu'on ne pouvait l'imaginer. La preuve en était ici, une simple explication sur ses origines et mon corps s'était figé, se demandant s'il fallait punir ou fuir. Je n'avais choisi aucune de ces deux options. Je voulais être une meilleure personne. Etre celle que j'étais tout du moins, même si cette perspective semble toujours irréalisable pour qui que ce soit. Le passé reste dans le passé. C'était drôle, quand on y pense, plusieurs de mes pensées étaient bien ancrées en moi, presque comme le packaging des slogans de Kenzie, mais je n'arrivais pas à les appliquer à toutes les situations. Si avant la vie était claire, limpide, et coulait comme un long fleuve tranquille, aujourd'hui, plus rien ne faisait sens et tout s'entremêlait.

Heureusement pour moi, malheureusement pour lui, il était trop pris dans ses propres émotions pour comprendre cette douce amertume. Ce plongeon dans l'inconnu qu'était ce balancement entre deux modes de pensées. Aucunement complémentaire et pourtant auxquels je m'adaptais tant bien que mal depuis deux ans. Avancer dans l'épreuve. Pour l'un comme pour l'autre, et même ensemble, il semblait que ce soit toujours le cas. La discussion se radoucissait donc grâce à mon ami, le whisky. La culture asiatique n'était pas ce que j'enviais de connaître le plus, mais la curiosité faisait partie de mon être et après tout, ce côté du globe avait pour moi quelque chose de fascinant et d'étrange. C'en était presque effrayant parfois. Je servais le vin tout en le voyant prendre la carte du monde du bureau de mon père. En le voyant agiter sa baguette au dessus de cette carte précieuse en parlant d'illustration, je me précipitais vers lui.


« Non, mais qu'est-ce que... ! »

J'étais à côté du jeune trentenaire tandis que mes yeux ne cessaient d'être écarquillés. Non plus par peur qu'il abîme ce bien mais par la beauté de ce que je voyais. Tous ces pays qui s'illuminaient, ils étaient si nombreux. J'avais considéré n'être pas à plaindre avec mes parents qui aimaient voyager, mais ça ne ressemblait à rien de tel. Ils ne m'avaient emmenée qu'en Europe, et le plus souvent en France ou en Russie, langues que je parlais aujourd'hui. Je connaissais quelques autres pays, mais la fête et mes études avaient fini par prendre le dessus. Avais-je été si libre ? Ces lumières me laissaient à la fois nostalgique, envieuse et rêveuse. Ce n'était pas un sentiment si désagréable. Nathanaël me sortait alors de ces songes avec une phrase qui me laissa échapper un petit rire.

« Un peu ? Tu te fous de ma g*eule ! T'as visité le monde entier mec ! C'est incroyable ! T'es un p*tain de baroudeur mon gars, c'est la classe ! »

Mon entrain et mon langage n'étaient jamais bien loin. Je l'écoutais ensuite m'en dire davantage sur son voyage au Japon. Il respirait les créatures. Ce cerveau rempli de savoir sur les animaux, j'en étais époustouflée. Plus qu'une passion, c'était un mode de vie. Je ne me considérais pas des moins intelligentes, mais loin d'être des plus cultivés, en ayant choisi un monde particulier, marginal. Je connaissais l'humain mais je n'avais que peu appris sur le reste. Sans la vie de sorcière, j'aurai peut-être fini sous les ponts, comme ceux avec qui j'avais partagé de nombreuses heures. Finalement, c'était la magie qui m'avait rattachée à ce monde, car je m'étais noyée avec les moldus. Où était ma place ? Je ne savais plus. Nate enchaînait en me proposant une escapade. Je lui tapais alors d'un coup de poing amical l'épaule.

« Mais comment ! T'as plutôt intérêt et avant, il faudra que tu m'emmènes là, là, là, puis là. Mais là aussi. »

Je ressemblais à une gosse devant un sapin de Noël, en montrant du doigt tout ce que j'espérai ouvrir comme cadeaux, formant un chemin jusqu'au Japon. J'évitais le passage par la Russie connaissant déjà ce pays. J'aimais y retourner mais rien de tel que de découvrir de nouveaux horizons, et dans d'autres buts que précédemment.

« J'ai voyagé avec mes parents, mais ça a rien avoir avec tout ça... Franchement ça donne envie !  Tu as préféré quel pays ? Si la question est pas trop difficile vu tout c'que t'as fait.»

En attendant sa réponse, je me dirigeais vers la partie cuisine afin de vérifier l'état de cuisson de ce superbe plat basque.

« Je crois que ça va être prêt. On a plus qu'à bouffer comme des gros en picolant du Saint-Emilion ! »

Je servais les assiettes tout en me rendant compte de ma maladresse. Trop enthousiaste ? Trop enjouée ? C'était tout moi. J'en oubliais les bonnes manières auxquelles la plupart des personnes convenables étaient habituées.

« Et euh... Merci d'avoir préparé tout ça, c'était pas à toi de le faire. »

Je l'invitais ensuite à s'asseoir à table tout en faisant de même. Je regardais mon verre de vin. Picoler du Saint-Emilion ? Mon père me tuerait s'il pouvait être là, mais au moins je l'avais prononcé avec un accent français largement convenable pour une Irlandaise. Comme quoi. Je n'avais pas tout oublié.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Jeu 29 Nov - 19:17

Welcome home. Dear Gentleman




D'aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir le jeune homme avait toujours été soucieux du regard des autres, soucieux de qu'on pouvait bien penser de lui mais toutes ces pensées parasitaires étaient largement surpassées par l'ombre grandissante et suffocante de l'autorité parentale, celle-ci ne quittant jamais du regard ses progrès scolaires à mesure que les mois s'écoulaient. Malheureusement l'effet pervers de cette autorité était aussi le fait qu'elle masquait la plupart des sentiments du garçon qui se sentait écrasé par cette responsabilité, ne pouvant se payer le luxe de vivre et ressentir ce qu'il désirait. La nature profondément généreuse et altruiste du jeune homme avait presque été entièrement masquée durant ses premières années de scolarité et, fort heureusement, ce fut à l'aube de sa troisième année et de ce formidable déclic que les choses commencèrent à se présenter sous un jour nouveau.
Jour après jour sa coquille présenta de plus en plus de petite craquelures par lesquelles son esprit tentait vainement de s'échapper, de se libérer, mais il fallut au moins plusieurs autres moins avant que les traits de sa véritable personnalité n'apparaissent enfin. Nathanael était un garçon profondément altruiste et qui essayait de voir le meilleur en chacun de ses congénères, que ces derniers le méritent ou non, un garçon qui pouvait aisément donner de son temps et de son énergie sans rien attendre en retour, mais il avait fallut attendre que sa liberté soit pleine et entière pour que sa personnalité éclate pleinement au grand jour. Ses rares proches pouvaient se demander à juste titre comment il avait pu devenir aussi généreux avec des parents aussi carrés et un père aussi autoritaire, très légitime question d'ailleurs, mais il n'en avait aucune foutre idée. Certains de ses détracteurs avaient été convaincus que finalement le jeune homme n'agissait que par intérêt, qu'il n'était gentil que dans le seul but d'attirer l'attention sur lui et que sa générosité n'avait rien de naturel. Ces objecteurs de mauvaise conscience avaient-ils torts ? Non, du moins en partie seulement car, même s'il ne se l'avouait pas, pendant longtemps le jeune londonien avait secrètement espéré que de tels actes - apparemment désintéressés - l'aideraient à se faire apprécier de ses petits camarades. Pourquoi ? Parce qu'il se savait inintéressant, assez pour avoir besoin d'un petit coup de pouce afin de sortir de cette douloureuse solitude.

Il lui avait fallu de nombreuses années pour dépasser ce stade de sa vie et arriver à un stade de sa vie où il était généreux et attentionné sans la moindre arrière pensée, sans le moindre désir de recevoir une quelconque récompense en retour. Il lui avait fallu encore plus de temps pour arriver à faire abstraction du regard des autres pour se concentrer enfin sur lui et lui seul, sur ce don son propre cœur avait désespérément besoin et non pas sur ce que les autres pouvaient attendre de lui. Difficile étape lorsqu'on était forcé, pendant les premières années de sa vie, à agir dans le seul but d'obtenir l'approbation de ses géniteurs.

Fort heureusement la conversation changea rapidement d'angle pour se diriger vers les voyages effectués par le professeur. Même en voyant la carte s'illuminer de milles feux devant lui l'athlète avait encore du mal à réaliser qu'il s'agissait du reflet de sa propre vie, de sa propre existence passée à fuir autant qu'à étancher son immense curiosité naturelle. Il était bien loin le jeune Armstrong qui n'avait jamais quitté les jupes de sa mère ou même l’Angleterre avant que sa scolarité ne débute, il avait disparu depuis bien longtemps le petit trouillard effrayé à la seule idée de sortir de sa zone de confort. Et pourtant, en posant les yeux sur la carte de nouveau, il ne sut vraiment comment réagir. Devait-il être surpris, lui qui avait passé une décennie entière à passer de pays en pays ? Devait-il se concentrer sur les destinations qui lui restaient à visiter ? Devait-il faire preuve de modeste en affirmant que n'importe qui dans sa position aurait pu en faire de même ? Ce n'étaient pas les idées qui manquaient mais, une fois encore, oubliant les codes sociaux par manque de pratique, Nate ne sut trop que dire face à toutes ces lumières.
Fort heureusement la belle demoiselle à ses côtés lui donna un petit coup de pouce, ou du moins était-ce ainsi que le voyageur prit cette réaction spontanée qui ne manqua pas de lui décrocher un petit sourire gêné. La classe ? Était-ce vraiment la classe d'autant voyager, d'avoir la bougeotte et de ne jamais vouloir se poser quelque chose ? Il n'avait jamais vraiment vu les choses sous cet angle, se concentrant surtout sur l'aspect instable de sa situation qui l'empêchait de construire quoi que ce soit de durable. Souriant comme pour masquer son inconfort, comme pour remercier sa camarade de cette réaction en cherchant à s'extirper du feu des projecteurs, Nathanael formula sa courte réponse sans attendre.

- Tu trouves ? C'est vrai que je ne m'en rend pas bien compte, ça s'est fait tellement naturellement que j'ai encore du mal à réaliser.

Chaque voyage était fermement ancré dans un coin de sa tête, chaque expérience était inoubliable et toutes se mélangeaient dans un torrent d'idées et d'émotions qui tourbillonnaient dans sa tête. Ne pouvait-il donc pas arrêter de noircir le tableau ? Certes il ne regrettait pas un seul instance de cette période de sa vie, si c'était à refaire il le ferait exactement de la même manière, mais la vision de la belle serveuse avait au moins le mérite d'apporter un vent de fraîcheur. Bon nombre de personnes rêvaient de pouvoir visiter tous les pays du monde mais leurs responsabilités ou leur sédentarité se mettait en travers de cette volonté. Lui avait su écouter cette curiosité, lui avait mis ce mode de vie entre parenthèses pour faire son devoir mais aussi ce qu'il désirait au plus profond de lui. Il avait su s'écouter, avait su écouter son cœur et il ne pouvait que sourire de plus belle en y repensant.

Oui, il pouvait être fier de toutes ces expériences. Définitivement fier.

D'un œil attentif le jeune homme nota dans un coin de sa tête la liste des pays que la demoiselle souhaiter visiter en allant en Japon. Un petit road trip à travers toute l'Asie, peut-être ? C'était bien de l'ordre du possible, il l'avait fait par le passé et s'en souvenait assez bien pour pouvoir emmener quelqu'un avec lui cette fois. À quand remontait son dernier voyage avec une autre personne, en dehors d'un collègue de travail ? Beaucoup trop longtemps pour qu'il s'en souvienne encore, il allait devoir corriger cela rapidement. Alors que la demoiselle demandait au passionné son pays préféré, ce dernier retourna verifier la cuisson de son plat tout en fouillant dans sa mémoire. Certes chaque destination était unique au monde au même titre que les expériences qui y étaient associées, bonnes ou mauvaises, mais il y avait forcément une poignée de pays qui ressortaient du lot pour leur beauté ou quelques détails frappant.

Quel pays l'avait plus marqué ? La réponse tenait autant à l'environnement qu'au jeune homme en lui même, plus précisément à la période de sa vie dans laquelle il était au moment de ce voyage. Non, définitivement la réponse n'était pas bien compliquée à trouver et, en passant le nez au-dessus du poulet et des légumes cuisant ensemble, il débuta son explication.

- Franchement ? L'Islande. J'ai eu la chance d'y aller à un moment de ma vie où j'avais besoin de tempérance, de lever un peu le pied. Certes au Japon on peut trouver quelques coins calmes et apaisants mais l'Islande...c'est le genre de lieu où la nature a repris ses droits, le genre de lieu qui donne un tout nouveau sens au mot isolement.

Cette île avait du caractère, elle avait une réelle beauté cachée sous des vents violents et des températures presque glaciaires mais, comme toute beauté, il fallait gratter la surface pour en découvrir la véritable essence. C'était dans cette simple cabane juché au sommet d'une colline, la seule habitant à au moins 50 kilomètres aux alentours, que le jeune homme s'était véritablement retrouvé seul face au monde...qu'il s'était retrouvé lui-même, d'une certaine façon.

- Par contre il ne faut pas y aller pour la météo.

Alors qu'il coupait le feu sur le riz et le plat principal, estimant que c'était enfin prêt, le cuisinier en herbe poursuivit son explication en fouillant de nouveau dans son esprit. En effet les idées ne manquaient pas mais, avant d'en proposer, il fallait qu'il sache ce que sa belle partenaire recherchait. Certes il était plus du genre à bouger et visiter mais, de ce qu'il savait, certaines personnes appréciaient le simple fait de se reposer dans des lieux paradisiaques. Repos, repos et encore repos : un beau programme en perspective.

- Après chaque pays est beau à sa façon, chacun d'entre eux m'a appris quelque chose. Donc je peux te conseiller plusieurs destinations, mais tout dépend de ce que tu recherches aussi. Découverte ? Affronter Mère Nature ? La détente ? Si tu veux te mettre les doigts de pieds en éventail, je connais de superbes plages sur la côte est de l'île Maurice.


Oh il en avait escaladé des montagne et exploré des landes à la recherche de...n'importe quoi en fait. Il avait eu son lot de péripéties mais il pouvait très bien comprendre que certaines personnes cherchent confort et détente là où il cherchait beauté et sublimes paysages. Restait à savoir ce que cherchait la belle à ses côtés. Attendant une réponse, il commença donc doucement à sortir les plats de riz, de poulets et de légumes imprégnés de la saveur de la tomate et autres herbes savoureuses.

- Ne t'inquiète pas pour ça, ça me fait plaisir. J'aime cuisiner mais j'ai rarement l'occasion de le faire pour quelqu'un d'autre que moi. Ça me change un peu.

Souriant face à la demoiselle que la demoiselle allait ouvrir, posant les assiettes remplies sur la table, le jeune homme invita sa partenaire à s'asseoir avant lui par pure politesse avant de rebondir sur le choix de la bouteille pour accompagner le plat.

- Mademoiselle a bon goût, en tout cas.

Une fois assis sur sa chaise le jeune posa un second regard sur le plat enfin terminé et prêt à être consommé. Était-ce bon ? L'odeur était appétissante en tout cas, grâce aux herbes notamment, mais il dût planter sa fourchette dans le plat pour savoir si le goût était à la hauteur des fragrances qui titillaient ses narines. Une fourchetée plus tard, quelques secondes d'attente et de réflexion pour qu'enfin le jeune homme rende son verdict.

- Hum, pas trop mal. Il va falloir que je m'exerce davantage par contre, j'ai perdu la main.

Bien entendu le deuxième morceau de sa réponse fut accompagné d'un petit sourire en coin et d'un regard échangé avec sa complice. Avait-il besoin d'en dire ? Cette seule phrase ne reflétait-elle pas assez ce qu'il souhaitait réellement ? Si, il savait que la belle comprendrait.




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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Dim 2 Déc - 19:05

Les deux rencontres avec Nate m'avaient fait découvrir d'autres facettes du bel homme, que je n'avais pas pu explorer jusqu'à maintenant. Il y a plusieurs années de cela, il n'était qu'un client que j'avais servi à plusieurs reprises. En effet, il venait plus souvent lors des soirées concerts, écouter les bons groupes de rock locaux que nous souhaitions faire percer au grand jour. Cependant, il avait aussi été présent lors de nuits plus calmes. J'avais alors pu discuter avec lui, autour d'un service, en échangeant des banalités.

La semaine dernière, j'apprenais qu'il était sorcier et lui apprenais la vérité sur mon sordide passé et les raisons de ma disparition soudaine du bar. Ce soir, c'était moi qui l'avait vu fondre, céder sous le poids des émotions. Premièrement, je ne pensais jamais le revoir. Mais surtout, je n'aurais pu songer que derrière un homme avec une telle force, une telle assurance et une joie de fêter la vie, se trouvait encore un garçon pris dans les filets familiaux. En constatant son histoire et la mienne, même si beaucoup de choses nous séparaient, nous avions tous deux su cacher nos faiblesses derrière la fête et le rire. J'aurai finalement pu m'en douter. Cependant, je n'imaginais pas toucher la corde sensible aussi rapidement et voir tout son corps réagir face à ce que je disais.

Désormais, les discussions douloureuses avaient cessé et nous prenions le chemin du voyage. Nate en était passionné et ce n'était pas pour me déplaire. La stabilité et moi, nous ne nous connaissions pas vraiment, au grand désarroi de ma famille. Mais si j'aimais la tranquillité, je n'aimais pas la monotonie. Je devais certainement connaître toutes les têtes peu fréquentables de Londres, et si j'avais étudié pour faire plaisir à mes parents et « m'assurer un avenir », je n'avais pas opté pour un travail de serveuse pour rien. C'est pourquoi je continuais aujourd'hui dans cette voie. Plusieurs événements m'ont fait revenir à Poudlard, mais il était hors de question pour moi d'y trouver un poste ennuyant et répétitif. Avec plusieurs années d'expériences dans la divination, j'aurai pu tenté un entretien auprès du directeur mais l'enseignement était tout sauf un plaisir. Je n'avais d'ailleurs jamais été une élève très assidue ou très sage, et je ne comptais pas vivre ce que j'avais fait subir à nos prédécesseurs. Alors Rufus avait parlé de moi à celle qui était aujourd'hui ma patronne. Même si mon manque de découverte du monde était toujours présent, au moins, je ne pouvais pas m'ennuyer à observer des têtes différentes chaque jour. Les nouvelles rencontres. Rien n'était plus enrichissant et intéressant que les nouvelles rencontres.

Dans ma réaction spontanée et naturelle face à tous ces pays illuminés, je n'avais pas vu la gêne qui se dégageait de mon camarade. L'euphorie était trop grande et mon entrain, presque trop enfantin, avait pris le dessus. A grandir trop vite on garde souvent des facettes plus que régressives et je ne cherchais pas à contrôler mes actes. Clairement, je ne pouvais réagir autrement face à tant de vécu, tant de découvertes. Il me disait ne plus se rendre compte, à trop voyager il avait sûrement oublié les engagements dans lesquels nous étions tous tombés, mais cela ne cessait de me laisser rêveuse. Cependant, une question trottait alors dans un coin de ma tête. Je lui en ferai part une fois ses explications terminées. L'Islande était le pays qu'il avait préféré visiter. Cela me fit esquisser un sourire en coin. Les pays nordiques. Je ne crois pas au hasard, ni aux coïncidences, et décidément, nous étions fait pour nous rencontrer et nous retrouver. En évoquant l’Île Maurice je ne pus empêcher une expression maussade. La chaleur, ce n'était pas pour moi.


« J'serai bien plus tentée par l'Islande que l'Ile Maurice. J'aime le froid pas le chaud, j'ai du être trop habituée à la Russie c'est pour ça. Mais la neige et la pluie sont pour moi bien plus belles qu'un soleil cuisant qui te fait transpirer comme une vache dégueulasse ! Et puis me dorer la pilule... t'as vu ma gueule ? Mon deuxième prénom c'est Blanche Neige, j'vais éviter d'abîmer cette peau porcelaine si jolie. »

Un petit sourire malicieux se dessinait. Modeste ? Toujours ! J'aimais rire à reconnaître mes qualités. J'étais loin d'être quelqu'un qui se détestait, je trouvais mon côté enfantin adorable et je n'hésitais pas à le faire remarquer. Après tout, on était jamais mieux servi que par soi-même et puis... qui m'aime me suive.

« Du coup non, prendre un sac à dos et partir à l'aventure c'est bien plus ma tasse de thé. »

Nous passions ensuite à table, plat et vin servis il était l'heure de lancer un petit toast en l'honneur de celui que je recevais, il me complimenta pour le vin choisi.

« C'est mon père qu'il faut remercier. Grand amateur de vin et de la France, il m'a un peu enseignée l’œnologie, au moins pour savoir accueillir dignement des invités selon le menu. Vu qu'on avait rien prévu, il risque de ne pas avoir décanté assez longtemps mais tant pis, on f'ra avec. »

Je levais alors mon verre :

« Bud zdarov ! »

En effet, la plupart croyait qu'il fallait dire « Na zdorovie » pour trinquer en Russe, seulement cette formulation était polonaise. Gare à ceux qui oseraient trinquer ainsi en Russie. En prononçant Bud zdarov » j'avais trinqué en l'honneur d'un homme, de cet homme particulièrement. Je buvais alors cul sec mon verre avant de grimacer. Le Saint-Emilion faisait partie de la catégorie la plus puissante des vins rouges, et le verre entier n'avait pas forcément été la meilleure idée de la soirée. Je posais alors le verre indélicatement sur la table dans un soupir avant de me resservir.

« Ouais bon c'était pas la meilleure idée, normalement c'est un shooter de Vodka, et mon père me tuerait, mais il faut trinquer comme il se doit à nos retrouvailles. »

Boire cul-sec un verre d'une bouteille à cent cinquante balles ? Oui je n'avais que peu de tenu, mais je m'en fichais, j'étais ainsi faite. En goûtant son plat, Nate fit remarquer son envie de continuer à s'exercer. Son envie de me revoir, je n'étais pas dupe, je voyais son regard, ces si jolis yeux et ce sourire à se damner. Je me penchais alors sur l'assiette prenant le temps de faire frémir mes narines face à cette douce odeur épicée. J'adorais cela, ce qui avait du goût et ne laissait pas les papilles indifférentes. Je prenais ma fourchette et décidais de goûter à mon tour ce met.

« Ah non ! Pas possible pour moi, j'crois que j'vais te demander de sortir plutôt ! »

J'éclatais de rire, c'était ma réponse et s'il se souvenait de celle qu'il avait rencontré, il ne douterait pas de la positivité de ma réponse. Il était certain que de nouvelles rencontres ne seraient que plus délectables et je m'en réjouissais à l'avance. Cependant, je n'avais toujours pas oublié la question qui me trottait en tête.

« Mais sacré Gentleman, avant d'espérer me revoir dis moi. Pour quelqu'un qui a autant voyagé a voulu autant découvrir le monde et qu'a pas l'air d'aimer la routine, un peu comme moi, tu t'fais pas juste chier à corriger des copies de petits morveux plus bêtes que leurs pieds ? »

J'étais taquine, autant dans notre relation que dans mon langage. Mais il était vrai que je n'aimais pas particulièrement les adolescents. Ils pensaient toujours avoir tout vu, tout vécu, et riaient pour un oui ou pour un non. Peut-être que mes paroles déplacées freineraient le professeur assis en face de moi mais je ne comptais pas me cacher. C'était bel et bien moi et j'étais heureuse de pouvoir me laisser aller, de ne pas avoir à enfiler un masque qui ne me plaisait pas.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Dim 2 Déc - 21:49

   
Welcome home. Dear Gentleman




En y repensant bien bon nombre de rencontres faites par le jeune homme tournaient toujours autant de l'alcool de soirées intenses, comme s'il n'était pas capable d'initier un dialogue avec quelqu'un sans avoir un verre à la main ou une cigarette au bec. Regrettable ? Pas vraiment, ces substances étaient généralement là pour faire disparaître les tensions et rendre un individu un peu plus à l'aise, un peu plus relaxé et chez le jeune sportif cela marchait à merveille. Bien entendu au cours de sa folle jeunesse il avait usé et abusé de ces substances corruptrices au point de finir dans des états déplorables que la honte et son éducation l'empêchaient d'évoquer en public, mais il en avait tiré d'excellentes leçons. Bien sûr à le voir ainsi, toujours à la recherche d'un verre ou d'une cigarette, certains pourraient croire que le londonien n'avait pas vraiment grandi mais ce constat ne pourrait pas être plus faux. Pourquoi ? Parce que Nathanael avait appris le subtil art de la modération, il avait appris à boire sans laisser l'alcool contrôler le reste de la soirée et, par-dessus tout, il avait compris qu'il pouvait très bien s'amuser et rire en bonne compagnie sans avoir besoin de se déchirer la tête en s'enfilant plusieurs bouteilles.
Fort heureusement il n'y avait personne ici, à Poudlard, ayant connu le jeune Armstrong dans ses périodes les plus sombres et extrêmes, aussi n'était-il pas inquiet que quelqu'un parvienne à le décrédibiliser en sortant de vieux dossiers dont il ne serait guère fier. Bien entendu la demoiselle de l'autre côté de la table avait connu le jeune homme durant sa période transitoire, durant son passage de jeune rebelle à adulte accompli et, en ce sens, elle pouvait au moins voir quelques changements significatifs chez le jeune professeur sans avoir le schéma global sous les yeux. Il était tout aussi souriant que des années plus tôt, ce point-là au moins n'avait pas changé, mais le passage du temps avait doucement commencé à marquer son visage et, lorsqu'on y regardait de plus prêt, une partie de l'innocence qui brillait dans son regard jadis s'était envolée pour laisser la place à plus de maturité.

Était-ce mieux ? Pas mieux, simplement différent mais il ne pouvait en être autrement. Aucun individu au monde n'était condamné à rester exactement, c'était sans doute pour le mieux.

La conversation dévia ensuite sur les voyages, sujet sur lequel jeune homme était intarissable même s'il essayait de ne pas le montrer, car il savait qu'il n'y avait rien de plus énervant qu'un homme aimant étaler sa science à chaque occasion. Alors comme cela sa camarade préférait braver les intempéries plutôt que de rester immobile à se dorer la pilule ? Rares étaient les personnes à donner cette réponse au sportif mais, s'il n'était pas vraiment surpris, il appréciait cette originalité.
Fort des informations concernant les préférences de la demoiselle, la réponse du londonien lui parut donc évidente au même de la vocaliser.

- Islande ce sera, dans ce cas. Il faut bien un jour pour s'habituer à dormir alors qu'il fait encore jour, mais le reste n'est que merveille. Pour peu qu'on aime voir la Mère Nature sous l'un de ses jours les moins hospitaliers. Moi j'ai beaucoup aimé, en tout cas.

Il se rappelait encore les semaines qu'il avait passé dans ce petit village de pêcheur, perdu dans les Fjords, avec les routes pratiquement totalement bloquée par l'épaisse neige et les températures polaires. Si le collègue qui l'avait accompagné avait rapidement regretté cette décision, argumentant que la créature qu'il cherchait ne valait pas le fait de mettre leur santé en danger, Nathan n'avait pas baissé les bras et avait poursuivi seul ses recherches. Là, dans les montagnes, perdu entre des vents suffisamment violents pour le plaquer à terre et une température qui engourdissant la totalité de son visage, il avait été le plus heureux des hommes.
Étrange réaction, non ? Pas selon ses critères en tout cas car il n'y avait que dans les plus ardues des situations qu'une personne pouvait réellement se trouver. Que le danger vienne d'une terrible créature, d'un sorcier pointant sa baguette vers vous ou d'une nature particulièrement hostile ne faisait aucune espèce de différence : la sensation de mort imminente était la même pour chacun.

- T'as trouvé comment la Russie, d'ailleurs ? Je n'y suis pas resté aussi longtemps que j'aurai voulu, en tout cas. Il faudra peut-être que j'y retourne un jour. Après je dis ça mais la liste des pays dans le même cas est longue comme mon bras. Décidément il faut que pense que m'organiser tout ça.

Chaque expérience avait été unique mais, parmi tous ces voyages, certains avaient été plus marquants que d'autres. Alors oui forcément le jeune homme ne souhaitait rien de moins que de retourner dans certains de ces pays, que ce soit pour reprendre contact avec ses vieilles connaissances ou voir ce qu'étaient devenues les créatures observées, mais malheureusement cette liste de pays était incroyablement longue. Que voulez-vous ? C'était le digne reflet d'une décennie d'errance et d'exploration.
Tendant son propre verre en voyant la demoiselle trinquer dans une langue qu'il ne maîtrisait que bien trop peu, le jeune homme répondit à son tour en trinquant en islandais :

- Skál

Fut-il surpris de voir la demoiselle avaler d'une traite ce verre d'un vin précieux ? Plutôt oui mais, désireux de ne pas en faire moins, il prit une courte respiration avant de prouver qu'il n'avait rien perdu de sa descente quasi-légendaire. Une fois son propre verre vide et posé sur la table, juste devant lui, Nate s'enquit d'un petit sourire tout en répondant :

- Un cul sec de vin, ça faisait longtemps. Mais au moins c'est assez original ! Bon, par contre, si on fait ça à chaque fois ça va finir par nous revenir assez cher.

Proche de ses sous ? Pas le moins du monde, il n'avait plus à se soucier de ses économies depuis des années mais il supposait qu'il n'en était pas forcément de même pour sa camarade. Mais bon, après tout elle était bien assez grande pour savoir ce qu'elle faisait. Elle était d'ailleurs assez grande pour faire preuve d'humour en faisant croire au jeune homme que son plat était incroyablement mauvais, au point de mériter de se faire éjecter de cette maison. Souriant, désireux de rentrer dans son jeu, Nate fit mine de se lever.

- Ah bon ? Ah, tant pis. Bon, eh bien bonne fin de soirée !

Se permettant lui aussi un petit rire amusant en s'asseyant correctement, Nate écouta attentivement la question de la demoiselle qui portait sur la partie la moins palpitante de son travail. Certes c'était assez étrange de voir un baroudeur choisir de se scotcher à un bureau, l'exact opposé de ce qu'il avait fait durant la dernière décennie, aussi le baroudeur en question ne fut pas très surpris par cette question.
Que dire sans passer pour le pire professeur du monde ? Certes il avait la sensation que la demoiselle ne serait pas du genre à le juger, ils avaient tous les deux une compréhension mutuelle qui amenait une certaine aisance qui permettait ces échanges plus familiers. Aussi, alors qu'il plantait de nouveau sa fourchette dans son plat, il formula le premier morceau de sa réponse.

- De toi à moi, les cours c'est la partie la plus intéressante mais la correction des copies...c'est chiant comme la pluie.

Se laissant le temps d'une courte mastication pour rassembler ses pensées en une réponse cohérente et fidèle à ce qu'il pensait réellement, Nate avala finalement cette bouchée finalement préparer avant de reprendre sa réponse.

- Comprends-moi bien j'adore pouvoir enseigner ce que je sais, bien modestement. C'est ma façon de rendre la pareille, d'une certaine façon. Mais par contre, même si c'est nécessaire, me taper la correction des copies n'est clairement pas ma partie préférée. Si je pouvais ne faire que des cours ce serait super mais bon, .

Il appréciait de pouvoir parler de son travail et de ses découvertes, c'était bien le seul sujet auquel il adorait pouvoir participer – si on laissait les voyages de côté – mais Nathanael Elias Armstrong était un homme trop libre pour apprécier la seule idée d'être collé à son bureau à corriger des copies pendant des heures. Le jeu en valait-il la chandelle ? Pourrait-il se résoudre à limiter ses voyages et accepter cette pénible tâche ? Il n'en savait fichtrement rien mais, justement, le fait de penser à son propre futur fit naître une question à l'attention de sa camarade.

- Et toi ? Tu comptes t'installer dans le coin, ou tu as autre chose en tête ?

Elle avait traversé son lot d'épreuves et de souffrances si bien qu'un peu de stabilité ne lui ferait sans doute pas de mal, de même qu'une épaule sur laquelle se reposer, une épaule qui portait le nom de Nathanael bien entendu, mais cela ne coûtait rien de demander si elle avait déjà envisagé son propre futur.




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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Lun 3 Déc - 3:54

Je faisais part à Nathanaël de mes préférences pour les pays nordiques. Le froid était vivifiant, la chaleur épuisante. Mon choix était donc rapide. De plus, moi qui aimait surtout observer de magnifiques paysages, je ne trouvais rien de plus beau que la neige, les montagnes aux roches différentes et les arbres ensevelis, pliant sous le poids d'une couverture blanche. Quant à la pluie, Irlandaise j'y étais forcément habituée, mais qui plus est j'adorais sentir les gouttes glisser sur mon corps. Dès qu'il se mettait à pleuvoir je sortais et profiter de ce que m'offrait la nature. La sensation de l'eau, les odeurs qu'elle faisait ressortir. La forêt un jour de pluie, l'odeur de la mousse et des champignons, et j'étais une fille heureuse. De plus j'appréciais particulièrement le patinage, sport dans lequel on pouvait mélanger glace et danse. L'Islande et son calme imperturbable semblait donc loin d'être une mauvaise idée et tout en souriant je lui répondais :

« Vendu ! L'Islande sera une bonne destination et la nature ne m'effraie pas du tout, au contraire. Mon rêve serait de passer par le Danemark, et faire la Norvège, la Suède et puis la Finlande. Voir les aurores boréales, visiter le pays du Père Noël. Ça doit te sembler idiot maintenant que je suis sorcière. Mais c'était la magie chez nous les moldus et c'est la magie de mon enfance, alors c'est un rêve de gosse. Stupide, mais une envie comme ça. »

Je regrettais presque d'avoir partagé cette pensée avec Nate. Il allait me trouver ridicule, enfantine. Je rougissais alors avant de me replonger dans mon assiette, en accompagnant ma bouchée d'un expressif « Mmhh ». La conversation déviait sur mes nombreuses visites en Russie. Un pays que j'affectionnais pour tout ce qu'on ne connaissait pas. La culture était finalement si peu connue. A part leur dirigeant, le froid et l'alcool, les idées sur les russes n'étaient pas développées. Pourtant le froid de leur pays équivalait à la chaleur de leur cœur. L'architecture était impressionnante et magistrale, sans parler de leur tradition artistique et leurs danses. La langue était elle aussi magnifique, rude pour certains et pourtant si douce à mes oreilles. Le regard rêveur je commençais à répondre au professeur.

« Je me suis rendue pas mal de fois en Russie. En fait ma mère avait sa meilleure amie qui était partie vivre là-bas et mon père adorait la France. Du coup à Noël on était en France et l'été en Russie. Je crois que j'y suis allée pendant plus de dix ans. Je connais Saint-Pétersbourg comme ma poche mais j'ai fait le tour de pays. J'aime tout ce qui s'y trouve et je pourrai t'en parler pendant plusieurs heures. Je crois que j'ai un peu adopté ces deux nationalités tu vois, c'était annuel, normal, ça fait finalement partie de mes origines d'une certaine façon. »

Je trinquais en russe tandis qu'il le faisait en islandais. Des sourires échangés, j'avalais mon verre d'un trait. Je le voyais suivre le pas ce qui me rendit nostalgique des soirées londoniennes partagées ensemble. Original ? C'était peu dire, un doux euphémisme. Quant au prix de la bouteille, le garçon semblait bien renseigné et s'y connaître lui aussi d'une certaine manière. Je n'hésitais pas à calmer ses inquiétudes.

« T'inquiètes les bouteilles se comptent par centaines à la maison à Killkenny, pas toute à ce prix c'est vrai mais je peux en récupérer comme je veux. Quand j'y pense mon padre était un malade là-dessus, ou alors un sacré alcoolique ! »

J'éclatais de rire avant de continuer.

« Et puis, père avocat en droit pénal, faut avouer qu'on était pas mal servi, et unique héritière, je n'ai pas besoin de compter pour un bon moment, et si jamais un jour j'avais vraiment un problème j'ai quand même deux maisons. Celle là et celle de Killkenny, même si je préférerai ne pas en arriver à vendre la maison familiale. Enfin je pense que tu comprends. »

Une petite pointe de mélancolie et de détresse se faisait entendre dans ma voix, mais je reprenais vite le dessus. Nos conversations avaient été tellement émotives depuis le départ, qu'un partage simple de nos expériences, et bonnes expériences étaient agréable. De plus, j'appréciais pouvoir parler d'eux sans les associer à la tragédie dont ils avaient été victime. Je gardais ainsi en tête leur sourire, leur bonne humeur, leurs préférences et ce qu'ils m'avaient enseignée. Par la suite, Nate prenait les devants tentant une approche à laquelle je ne répondais pas par la négative. Loin d'être indifférente à ce que l'on pouvait partager, peu importe ce qu'il adviendrait ensuite, j'étais à ce moment-là, tout simplement heureuse. Je l'envoyais cependant gentiment balader, dans un jeu qui pourrait ressembler à une forme de séduction. De séduction inversée ? Je ne saurai vraiment dire à quoi je jouais, mais j'aimais ça. Joueuse dans l'âme, et dans l'humour plutôt que dans la sagesse j'arborais souvent ce genre de discours. Voyant le jeune homme se lever je le fixais du regard les sourcils haussés. Cet air qui ne trompait personne sur mon envie de le voir rester, une forme de défiance. Le chat et la souris, c'était un non pour un oui et inversement. J'aimais mener la danse dans ces instants-là, bien que je me laissais facilement guider une fois la confiance acquise. Je parle évidemment de danse mais pas uniquement. Enfin, je chassais ces idées de ma tête. Elles étaient toutes aussi plaisantes qu'effrayantes. J'avais gelé toute émotion, agissant par pensée opératoire, une alexithymie si forte que l'idée de me rapprocher à nouveau de quelqu'un était anxiogène. C'était peut-être pour ça que je n'avais pas pris le temps de revoir Rufus, de passer du temps avec Edward et d'apprendre à mieux connaître les collègues rencontrés. Pourtant ici je me laissais faire. Je continuais en posant la question qui me brûlait les lèvres. Sous-entendant s'il était vraiment heureux ici et dans ce qu'il faisait. Je riais à son expression que je m'empressais de reprendre.

« La pluie c'est génial, y a rien de mieux dans la vie ! Mais tu m'étonnes... »

Il continuait ensuite tandis que j'engouffrais mon plat. Les coudes sur la table, la tête trop proche de l'assiette, je n'étais certainement pas des plus agréables à regarder, mais au moins, le trentenaire ne pouvait me reprocher un manque de naturel. Si j'étais d'apparence assez sophistiquée, mon comportement révélait tout autre chose. J'écoutais la suite de son discours comprenant alors qu'enseigner était pour lui un vrai moment de bonheur. La transmission. Partager à l'autre. Quelque chose que j'avais oublié, que je n'avais peut-être jamais appris d'ailleurs.

« Mais y a des responsabilités en tant que prof. Qu'est-ce que j'aimais pas l'école. Mais j'trouve ça super que tu sois aussi passionné pour donner à tes élèves. Ils doivent être contents de t'avoir. Et si le voyageur que tu es y trouve son compte c'est même une très bonne chose. Tu vas rester dans le coin comme ça. »

Je finissais mon assiette avant de proposer une nouvelle tournée. Un homme de cette carrure n'était certainement pas du genre à dire non. Cependant, je ne me servais qu'une toute petite nouvelle portion. Je gardais de la place pour le dessert. Le cœur du sujet déviait sur mes propres attentes, ma propre installation ici.

« Le futur ? Eh bah. Je m'suis jamais vraiment intéressée au futur en fait, j'ai toujours vécu dans l'instant présent alors j'me suis pas vraiment posée la question. »

Au jour le jour. Profiter de chaque instant sans jamais penser au lendemain. Voilà le credo des dix dernières années passées. Aussi, répondre à cette question était fort compliqué. Je n'avais jamais été stable et ça je devais bien le lui avouer, mais ce n'était pas tout. J'étais ici pour deux raisons précises qui ne semblaient pas pouvoir être associées. Une preuve de plus de mon ambivalence et mon instabilité. Si je ne faisais pas fuir cet homme, je ne comprenais plus rien, mais je préférai être honnête même si je pouvais encore garder quelques secrets, notamment sur mes méthodes.

« Mais pour te répondre franchement, j'ai pas tenu plus de trois ans au même endroit, quand je faisais mes études de divination. Alors si au fond je me suis intéressée au futur, mais pas vraiment au mien. En toute honnêteté, j'suis à la base revenue pour penser à autre chose. Le bureau de mon père ressemble à un bureau d'enquêteur, ou celui d'un psychopathe, j'suis pas encore bien sure. Et Rufus a voulu m'aider pendant ces deux dernières années. Il m'a retrouvé dans des états pitoyables dans l'Allée des Embrumes à chercher des réponses. Du coup ici j'essaie déjà de reprendre une vie normale, mais je te cacherai pas que je cesserai jamais de chercher. »

Je disais tout, sans vraiment rien dire. Je laissais un léger silence s'installer, pendant lequel je terminais ma petite portion avant de reprendre.

« Sinon je n'avais rien envisagé. J'pensais pas forcément finir serveuse après toutes ces années d'études, mais en fait j'aime beaucoup ce métier et tout ce qu'il m'a appris sur les humains alors à ce niveau je sais pas. J'aimerai tout de même voyager comme t'as pu le voir mais j'ai toujours eu besoin d'un point d'accroc, je crois que tout ça m'a fait grandir et qu'aujourd'hui j'ai besoin de me poser et de retrouver des repères avant de fuir ou me réfugier aux mauvais endroits. J'serai jamais complètement sereine tant que je ne saurai pas, mais après tout j'suis au bon endroit pour le découvrir, plus qu'à Londres. J'avoue que ma venue n'était pas motivée que par de bonnes intentions, mais la première étant quand même de retrouver une vie à peu près saine, loin du danger dans lequel j'me foutais. Enfin qui vivra verra comme on dit ! »

Je me levais ensuite, débarrassant les assiettes vides que j'entreposais dans l'évier. Je me dirigeais ensuite vers le réfrigérateur avant d'en sortir un énorme gâteau. Je ne cuisinais pas, mais j'aimais préparer des gâteaux, les décorer aussi joliment que je le pouvais. C'était une histoire d'esthétique bien plus que de cuisine en toute vérité.

« J'espère que tu as encore de la place et que tu aimes les fraises. »

Je déposais alors le fraisier sur la table avant d'agiter un couteau pour couper deux parts, priant pour que celui-ci ne soit pas trop mauvais. Je n'avais pris goût à la pâtisserie que depuis peu et c'était un risque, d'autant plus pour terminer un repas si succulent.

« J'espère que tu vas pas mourir, si tu veux pas goûter je t'en voudrai pas, franchement j'suis à chier en cuisine. Pas bonne à marier comme certains diraient ! »

J'esquissais un sourire rassurant tout de même, pour qu'il ne me croit pas capable d'empoisonnement où je ne sais quoi d'autre. Entre blagues et quiproquos les frontières étaient souvent minces et j'en avais fait les frais bien plus d'une fois.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Lun 3 Déc - 22:01

   
Welcome home. Dear Gentleman




Si le jeune globe-trotter avait été poussé à voyagé sur un plan professionnel, pour étudier des créatures magiques dans leur environnement naturel, au fil du temps il avait fini par élargir son champ de vision et arrêter de voir ces excursions uniquement comme du travail, toujours du travail, encore du travail. Qui d'autre que lui pouvait se vanter de se réveiller un matin avec le Mont Fuji en arrière plan, ou d'arpenter les hautes montagnes européennes à la recherche de quelques unes des plus dangereuses créatures volantes de ce monde ? Il lui avait fallu du temps, plusieurs années même, mais il avait fini par réaliser la chance qu'il avait de pouvoir se permettre de passer de pays en pays sans se soucier de concepts lointains comme la stabilité ou l'entretien de son foyer. À son âge la plupart de ses congénères aspirer à faire carrière et construire leur avenir brique après brique, montant les marches de la hiérarchie afin de gagner en galons et en richesse et, surtout, afin de construire leur propre héritage au travers d'un foyer solide et d'une famille heureuse.
C'était sans doute parce qu'il s'était tenu éloigné de toute forme de sédentarité que le londonien avait pu profiter pleinement de ces escapades exotiques et que, aujourd'hui, il pouvait aisément conseiller un individu sur des idées de voyages futurs. Certes quand il passait d'un pays à l'autre le magizoologiste ne le faisait pas pour les mêmes raisons que le commun des mortels, étant rarement guidé par le seul désir de se détendre et d'en prendre plein les yeux, mais il avait assez vécu pour savoir faire la part des choses et se mettre dans les bottes de ses interlocuteurs. À son amie Aurora et les enfants à sa charge il ne conseillerait pas la Finlande en plein hiver par exemple, au même titre que certaines régions d'Australie trop dangereuses pour des enfants en bas âge, mais il avait pourtant dans sa poche un panel imposant d'autres destinations qui pourraient davantage convenir à ses besoins.

Aujourd'hui Nathanael partageait donc un repas avec une demoiselle pour qui l'Islande semblait une destination toute indiquée et, avant même qu'il ne puisse proposer d'autres destinations relativement similaires en terme de climat et de beauté sauvage, son interlocutrice le prit de court en mentionnant quelques une de ces destinations. En même temps était-ce vraiment étonnant ? Pour quelqu'un qui préférait ressentir le vent glacial contre son visage que les lourds rayons du soleil contre son corps, ces destinations-là étaient toutes indiquées, quoi que puisse être ce qu'elle recherchait réellement.

- Tu lis mes pensées, ou quoi ? Ce sont justement les autres destinations que j'allais te proposer, puisque tu préfères le froid.

Lorsque la demoiselle mentionna son intérêt pour le Père Noël, ce mystérieux homme chargé de délivrer des présents à tous les enfants sages durant la nuit du 24 Décembre, Nathan ne put s'empêcher de sourire mais cette mimique ne comporta pas une seule once de moquerie. En effet même s'il n'avait jamais fait partie de ce monde où la magie était aussi enchanteresse qu'irréelle, il avait suffisamment côtoyé certains de ses membres pour comprendre en quoi cette fête et ce gros barbu étaient importants. Ils avaient besoin de ce genre de fête, d'un soir pour tous se retrouver en famille avec le partage pour seul objectif. Beau ? Oui, c'était le mot qui venait à l'esprit de l'athlète en pensant à cette fête et à cet homme tout de rouge vêtu.

- Pas stupide, non. J'ai passé assez de temps avec les moldus pour comprendre cet engouement, comprendre pourquoi cette période de l'année peut être chère à leur cœur. J'avoue que je ne suis pas resté très longtemps en Laponie, mais peut-être qu'un jour mes pas m'y mèneront de nouveau.

Cette région de Finlande n'était pas celle dans laquelle il avait passé le plus de temps, parce que ses obligations avaient fini par le mener ailleurs, mais peut-être y reviendrait-il un jour. Enfin bon il se disait cela à chaque fois mais la liste des pays où il souhaitait revenir était aussi longue que sa jambe et, très clairement, il allait devoir faire des choix et s'organiser s'il voulait arriver au bout de cette fichue liste. Mais bon, peut-être que la prochaine fois il ne ferait pas le voyage seul ? Cela lui changerait sans doute un peu, car l'errance solitaire n'allait bien qu'un temps seulement.
Il écouta ensuite son interlocutrice évoqua son lien avec la France et la période de sa vie passée en Russie, sans doute l'un des pays d'Europe que le globe-trotter connaissait le moins. Amusé de voir que la jeune Greene n'était pas liée qu'à un seul pays, que son cœur balançait entre deux mondes pour ainsi dire, Nate sourit en répliquant :

- Ah ouais, pas mal. Une vraie citoyenne du monde ! Et tu envisages d'y retourner un jour, ou pas du tout ?

Oh non il ne lançait pas cette phrase avec l'intention subtil de se greffer à ce voyage éventuel, mais bien par pure curiosité. Après tout c'était agréable de savoir que, malgré leurs situations respectives, il n'était pas le seul a avoir eu la bougeotte. Vint ensuite le moment d'évoquer la collection impressionnante de bouteilles possédée par demoiselle, celle-ci l'ayant héritée de son défunt père.

- Disons qu'il devait avoir bon goût, le bougre. Nous n'avons qu'une vie après tout, autant apprendre à se faire plaisir.

Oh il en savait quelque chose pour avoir trop tiré sur la corde, pour avoir consumé sa vie par les deux bouts mais aujourd'hui il apprenait à faire preuve de modération pour que son plaisir ne dure que plus longtemps.

- Oh que oui, je te comprends. L'héritage familial est une chose importante, après tout.

Fut un temps où il avait cru à ses propres paroles, où sa famille était ce qu'il y avait de plus important à ses yeux, mais aujourd'hui cette tirade sonnait faux à ses oreilles. Pourquoi approuvait-il l'attachement de sa camarade alors qu'il n'y croyait plus lui-même ? Sans doute par empathie, par compréhension de ce qu'elle avait perdu et du désir de s'attacher à ce qu'il lui restait. Mais peut-être que la raison était toute autre, peut-être espérait-il un jour y croire de nouveau, peut-être espérait-il être un jour de nouveau le bienvenu dans sa demeure familiale. De nouveau ? Oui car pour autant qu'il le savait, le professeur pouvait très bien avoir été déshérité par ses propres parents sans jamais le savoir et, au vu de l'inimitié qui le liait au chef de famille, il était certain de ne pas être accueilli à bras ouverts de si tôt. Tendre la main n'était pas dans ses plans pour le moment, parce que ses géniteurs ne méritaient pas une elle attention, mais qui pouvait dire si cet avenir était figé dans le marbre ? Si cette décision était aussi inaltérable que la course de la Terre autour de l'astre solaire ? Pas lui, pas le jeune Armstrong.

- Je ne sais pas encore si je vais rester, pour tout te dire je ne sais pas si je suis un professeur compétent. Les résultat de cette fin d'année scolaire répondront sans doute à cette question et, en fonction de la réussite de mes élèves, je devrai prendre une décision. Le terrain me manque, mais je suis arrivé à une période de ma vie où il est temps de me poser des questions, de me poser de nouveaux défis.

Sa réponse était volontairement évasive car il ne savait pas lui-même quel genre de défi allait se mettre sur sa route et, plus généralement, quelles leçons il tirerait de ces précieux enseignements. Fort heureusement il n'eut pas le temps de se poser la question car, bientôt, la, demoiselle éclaircit la lanterne de son invité concernant sa propre situation. Si tous les deux en étaient au même point dans leur vie, à la recherche de stabilité afin de pouvoir se pencher plus sereinement vers leur avenir incertain, leurs parcours avaient été bien différents. Elle avait souffert bien plus que lui, il n'y avait pas à débattre sur ce sujet et, une fois les explications terminées, ce fut au tour du prof d'intervenir.

- Je vois. Navré d'avoir abordé le sujet, je me doute que ce n'est pas simple pour toi. En tout cas j'espère que tu apprécies son séjour ici, pour le moment.

Songeant à sa propre situation et aux raisons qui l'avaient fait venir ici, conscient que l'altruisme n'était pas le seul point de cette liste, il enchaîna ensuite en donnant son avis sur le sujet.
- Je ne connais pas de sorcier qui ait abordé un changement dans sa vie par pure bonté de cœur, sans quelques raisons cachées, pas même moi. Enfin bon, te voilà posée à présent et si je peux t'aider je le ferai bien volontiers.

Ils auraient pu débattre de leurs raisons respectives de venir ici pendant des heures, encore et encore, mais bientôt la demoiselle brisa cette lancée en apportant un gâteau fait maison sur la table. Avait-il encore de la place pour pareille merveille ? Oh que oui car il en fallait une sacrée dose de calorie pour nourrir la machine bien huilée qu'était son propre corps. Posant ses yeux sur cette création des plus colorées, sentant déjà quelques fragrances parvenir à ses narines, Nate attrapa la part qui lui était tendue avant de répondre :

- Allez, je prends le risque. Je suis généralement beaucoup plus salé que sucré, mais je vais quand même tenter le coup.

Sa cuillère entre ses doigts, l'athlète laissa le couvert trancher à travers l'épaisseur moelleuse et le morceau de fraise avec une facilité déconcertante. Bon c'était déjà un très bon point, car il avait goûté plus que sa dose de gateau qui se rapprochaient plus de la brique que de la pâtisserie. Sans hésiter il ouvrit la bouche et, lorsque la cuillère déversa cette portion de gâteau, une incroyable douceur vint chatouiller le palais du jeune homme. Devait quand n'avait-il pas goûté pareille crème, pareille combinaison ? Instinctivement il leva sa main à sa bouche, comme sous l'effet de la surprise, avant de lâcher en français :

- Mon dieu.

Il lui fallut bien quelques secondes pour se remettre de ce renouveau culinaire et quelques secondes de plus pour littéralement dévorer le reste de sa part, avec un appétit dont personne ne pourrait douter. Certes ses plats étaient bons mais celui-là...ça...non, c'était totalement différent. Ainsi, entourant sa petit assiette de ses deux mains, il leva des yeux pétillant d'émerveillement vers la belle avant de conclure par :

- Tu le crois si je te dis que c'est une tuerie ? Je ne sais pas si j'avais oublié le goût des gâteau ou si tu te sous-estimes, mais il est juste mortel. Est-ce que je peux en reprendre ?




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Pour rappel, le « Mon Dieu » est lancé en français et non en anglais.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mar 4 Déc - 20:16

J'expliquais à Nathanaël mes désirs glacials de voyage et les destinations pour lesquelles mon cœur balançait. La beauté d'un paysage figé, brisé et fragile valait à mes yeux bien plus qu'une île paradisiaque. Bien évidemment, je ne refuserai pas ce genre d'opportunités mais si je devais faire un choix, les frissons semblaient bien plus attrayants. En entendant la réponse d'Armstrong, un sourire amusé se dessina sur mon visage. Lire dans les pensées ? J'aurai parfois tant aimé, mais c'était loin d'être le cas. Cependant, nos idées et nos choix avaient l'avantage de nous rassembler. Deux compagnons d'aventures, bras dessus bras dessous pour braver les dangers de la Terre. C'était une idée plaisante que j'acceptais volontiers.

« Eh bien va pour les pays nordiques ! »

C'était ma façon à moi de lui montrer l'intérêt que je portais à toutes ses propositions. Je n'étais pas vraiment douée lorsqu'il s'agissait d'étaler mes sentiments, je préférai généralement passer outre, rire, m'amuser et faire la fête plutôt que de montrer mes faiblesses. Effectivement, les émotions, bonnes ou mauvaises, étaient, à mon avis, une brèche, une faille dans le système qui permettait d'atteindre l'autre et de ce fait, le détruire. Aussi, sa réaction face à mes rêves d'enfant venait me rassurer. J'en avais peut-être trop dit, mais il n'était pas question pour lui de jouer avec moi. En tout cas, pas pour le moment.

Par la suite, c'était à mon tour de parler de mes voyages, des destinations que je connaissais sur le bout des doigts. Nate me qualifiait de citoyenne du monde ce qui me fit secouer la tête dans une forme de désaccord. Contrairement à lui, je n'avais voyagé qu'avec les moyens de mes parents, uniquement grâce à leurs propres envies. Je n'avais pas été la voyageuse avérée que j'aurai souhaité, mais la vie en avait décidé autrement et je m'étais pliée à certaines règles, certains désirs auxquels je n'aurai songé céder lors de mes années écolières. Quant à retourner dans l'un de ces pays, si ce n'est les deux, la question ne s'était pas encore posée. Il était évident que je le souhaitais, mais étais-je réellement prête à affronter de plein fouet les amours de ceux que j'avais perdu ? Rien était moins sur...


« Eh ben... J'ai rien prévu, j'ai plus vraiment de contacts tu vois, quelques amis moldus en Russie, plus rien en France par contre, mais l'idée me botte grave ! Si tu m'emmènes là-haut, j'prendrai p't-être le risque de te faire connaître la Russie dans tout c'qu'elle a de plus chelou. »

Le challenge était lancé, et avec moi c'était donnant-donnant. J'aimais les autres, j'étais altruiste, mais ça... C'était avant. Aujourd'hui je ne voulais pas perdre ce côté tendre mais la méfiance prenait souvent le dessus, l'égoïsme étant parfois aussi de mise. Dans notre cas, je préférai attendre d'en savoir plus sur le jeune homme avant de lui faire un tas de promesses que je ne tiendrai pas.

La discussion évoluait sur mon père et son impressionnante collection de vins et autres alcools en vérité. J'émettais un petit rire lorsque Nate le qualifiait de « bougre ». Je ne sais pas s'il aurait apprécié ce terme mais de mon côté c'était tout autre. Cela me permettait de me remémorer les nombreuses fois où je le taquinais alors qu'il détestait cela. S'il nous voyait tous les deux, ce soir, il en perdrait certainement la tête. Malgré tout, l'idée qu'il aurait apprécié le jeune professeur me traversa l'esprit. Un « type bien », un « bon gars », certainement ce qu'il aurait dit, entendant ma mère derrière rajouter « en plus il est mignon ». Je voyais déjà leur réaction, leur incitation à me stabiliser, à ne plus fréquenter les moldus que j'avais apprécié jusqu'alors. Enfin, il n'était plus question de leur présenter un quelconque ami de toute façon. Quant à l'héritage, Nate semblait comprendre ce que je ressentais, ce pourquoi il était important pour moi de garder la demeure familiale. Garder le souvenir des disparus, ce qu'ils avaient construit, ce qu'ils avaient souhaité, là où il m'avait élevée et offert ce donc j'avais besoin.

Ensuite, je me risquais à poser des questions sur son métier et sa capacité à concilier les envies d'un voyageur et les responsabilités d'un professeur. Il me disait aimer ce qu'il faisait, mais ne pas savoir s'il resterait. Ma mine réjouit redevenait alors plus neutre, espérant au fond qu'un des seuls amis qui me restait n'allait pas fuir à l'autre bout de la Terre. Cependant, je comprenais ses propres envies et l'idée que rien ne le rattachait réellement à Poudlard contrairement à moi. J'aurai voulu partir loin, mais le vécu me rappelait à l'ordre me faisant promettre de venger mes parents. Les morts ne peuvent se rendre justice, et c'est à nous, les vivants, de le faire pour eux. Malgré tout cela, l'homme que j'avais rencontré s'était assagit, et paraissait penser davantage au futur, à l'idée de se poser ou tout du moins de poser les choses avant de prendre une quelconque décision. Je comprenais mieux que quiconque le besoin de se retrouver, de comprendre et puis d'agir en conséquences. Je restais silencieuse face à sa réponse peu explicite. J'étais souvent trop curieuse, mais j'avais appris à me taire lorsqu'il le fallait. Cet enseignement était récent mais je pensais l'avoir utilisé à bon escient jusqu'ici, je n'ajoutais alors qu'une simple phrase, celle d'une amie.


« Je suis persuadée que tu es un excellent professeur. »

A l'avoir questionné sur son avenir, je récoltais ce que j'avais semé et en venais à réfléchir au mien. Quel avenir ? Je me laissais porter par la vie, refusant tout poids, toute difficulté, telle la petite fille unique que j'étais. J'espérai encore trouver un sens, un sens qui ne ressemblerait pas à celui de profiter de tout ce que je pouvais. Dans le bon comme dans le mauvais sens d'ailleurs. A l'heure actuelle mon avenir était porté par la vengeance et ça n'avait rien de plaisant. Ce n'était ni bénéfique à faire découvrir, ni à ressentir. Nate s'excusa, ce à quoi je m'empressais de répondre.

« Faut pas être navré. Je suis plus du genre à vivre au jour le jour, et j'ai pas vraiment d'attache, de but pour me mener quelque part c'est tout. Je viens tout juste d'arriver alors j'me laisse encore du temps. »

Je sortais ensuite le fraisier que j'avais préparé plus tôt, espérant que le jeune homme apprécierait ce gâteau. J'écoutais la suite de son discours mais n'y prêtait pas vraiment attention pour le moment. Sa proposition pour m'aider n'était pas passée à la trappe, mais ma gourmandise prenait le dessus. Je découpais donc deux parts que je servais avant de m'installer de nouveau à table. Je le regardais goûter, impatiente de voir la réaction, sans même plus penser à y toucher moi-même. Lorsqu'un « Mon Dieu » se fit entendre, je reculais de surprise sur ma chaise. Entendre parler français me ramenait à mes jeunes années. Il continua ses paroles, me complimentant pour ma cuisine. Je devais certainement rougir sous le poids des compliments n'ayant pas vraiment l'habitude d'en recevoir.

« Je.. Je... Euh merci... »

Je n'avais pas su que dire de plus balbutiant légèrement, avant de me rendre compte qu'il avait englouti sa portion et demandais à en avoir plus. J'acquiesçais alors avant de tendre le doigt vers le haut.

« Tu m'excuses une seconde ? »

Je me dirigeais d'un pas rapide vers un recoin du salon, d'où je prenais le sceau. Si je n'avais pas prévu d'ouvrir le Saint-Emilion, déjà terminé, ne sachant ce qu'on mangerait comme plat, j'avais bel et bien prévu le champagne. Croquer la vie à pleine dents et se foutre de tout ? Oui, je crois bien que j'étais ainsi. Je n'avais pas besoin d'occasions pour sortir le grand jeu, j'aimais faire profiter les autres de ce que je possédais. En revenant, je décélérai le pas me voyant légèrement tituber. Je n'étais pas encore ivre, loin de là, mais il fallait avouer qu'un vin aussi corsé ne pouvait que taper dans mon crâne, d'autant que j'étais plus habituée aux bières ou à l'alcool fort.

« Wahou ! Se lever, se rasseoir, je crois qu'il va falloir que j'arrête ! »

Je posais le sceau, dans ma délicatesse habituelle... La tête légèrement vertigineuse.

« Si c'est une tuerie, faut savoir bien l'accompagner ! J'te demande pas si tu en veux. »

Je sortais les coupes avant de déboucher la bouteille, faisant partir le bouchon si loin que je ne savais pas où il avait atterri. Je voyais alors mon chat partir en courant du canapé dans un miaulement. Je riais avant de m'apercevoir que la mousse s'extirpait seule venant se frotter à mes vêtements. Dans la précipitation je servais donc ce liquide si cher aux français. Oui, je prenais toujours l'initiative de servir, mais que voulez-vous, la déformation professionnelle faisait partie de chacun d'entre nous et je ne réfléchissais pas une seconde dans ces instants-là.

« Oh merde ! La con ! »

Cette expression reflétait mon amusement, j'étais trempée, puant le champagne à des kilomètres mais rien ne comptait. Seule cette soirée. La chanson Wild Heart de Daughtry passait alors en fond, me donnant l'envie de danser. Je bougeais légèrement sur place, tout en m'essuyant d'un torchon. Ensuite je me rasseyais, appréciant de ce fait mon gâteau. Je hochais la tête en signe d'approbation avant de reprendre la conversation.

« Pour ta proposition tout à l'heure, j'manquerai pas d'y penser. Tu seras mes yeux et mes oreilles au château. En tout cas c'est gentil, merci. Je crois que j'ai pas mal de temps à rattraper depuis deux ans dans le monde des sorciers. Il a du s'en passer des choses, et j'suis complètement à côté de mes pompes. »

Car effectivement, les années n'avaient jamais été de tout repos dans ce château, ça je m'en souvenais bien. Mais pour le moment nous profitions de terminer ce fraisier tout en buvant le champagne. A cette allure là, avec ce type d'alcool, je risquais de me laisser aller plus que prévu...
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mar 4 Déc - 22:44

   
Welcome home. Dear Gentleman




Le jeune homme aurait aisément pu continuer de parler de chaque destination dans le détail pendant des heures et des heures, voire même jusqu'au petit matin avec un peu de café à portée de main, mais il savait aussi qu'aucune de ses propres paroles ne pourrait jamais vraiment rendre justice à la beauté de ces décors qui resteraient à tout jamais ancrés dans un coin de sa tête. Ses parents n'avaient jamais été de grands voyageurs, aussi n'avait-il jamais quitté l'Angleterre durant son enfance et, d'une certaine façon, peut-être que cette réclusion n'avait fait qu'accentuer son désir de découverte. Mais il se rappelait encore de son tout premier voyage comme tous les autres qui suivirent avec une précision étonnante, avec un sens du détail qui le surprenait lui-même et, fort de ces souvenirs, il aurait voulu que tous ses amis puissent vivre les même expériences bouleversantes que lui. Malheureusement ses propres choix l'avaient tenu éloigné de tous ceux qu'il considérait comme vaguement proche, car il avait préféré sa passion aux contacts humains et aujourd'hui il se rendait compte de ce qu'il avait raté. Pouvait-il réparer le passé, combler ce vide ? Non, malheureusement non mais il pouvait passer par-dessus et se construire une route un peu plus droite. Un peu plus remplie, un peu moins égoïste.
Après tout, à bien y réfléchir, ne serait-ce pas plus agréable de partir en voyage avec quelqu'un ? De partager ces expériences avec une autre personne, de partager ce qu'il avait lui-même trouvé sublime ? En théorie, bien sûr que oui, mais qui ? Il n'était pas assez proche de ses collègues pour cela à l'exception d'Aurora, mais celle-ci avait déjà assez bien à faire. Non, de toute évidence sa partenaire toute désignée se trouvait en face de lui et, déjà, il réfléchissait aux endroits qu'il pourrait lui faire visiter en se demandant si elle serait aussi surprise qu'il l'avait été à l'époque. Cependant, si le jeune homme était partageur, il avait perdu l'habitude qu'on lui propose quelques excursions et fut donc surpris que la demoiselle en vienne à lui proposer de faire un tour en Russie avec elle.

Avait-il besoin de réfléchir à une réponse ? Bien sûr que non.

- Allez, faisons comme ça.

Certes elle avait perdu ses contacts en France et en Russie, l'une des choses qui finissait toujours par arriver quand le temps venait faire son office, mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne pouvait pas apprécier l'expérience pour autant. Après tout le londonien était arrivé en France avec les mains dans les poches, la toute première fois, mais cela ne l'avait pas empêché de grandement apprécier le voyage pour autant. Il avait rapidement appris que les plus belles rencontres se faisaient lorsqu'il s'y attendait le moins. Comme avec celle qui partageait son repas, d'ailleurs.
Le sujet dévia ensuite sur le poste qu'occupait le jeune professeur, ce dernier faisant part de ses doutes à sa camarade sans chercher à se cacher. Pourquoi faire ? Elle l'avait déjà vu dans un moment de doute intense, au moment où sa carapace était en train de se fêler, alors en quoi faire part de ses doutes serait moins tolérable ? Bien sûr qu'il fut surpris de voir que sa charmante camarade lui donnait plus de crédit qu'il n'en méritait, il ne put s'empêcher de lâcher un sourire teinté de gêne tout en corrigeant un peu les dires de la belle.

- Hum, c'est gentil mais je ne serais pas aussi catégorique. Connaître son sujet est une chose, mais l'enseignement et la pédagogie...une autre paire de manches.

N'importe qui pouvait parler d'un sujet qui lui tenait à cœur, d'un sujet qu'il avait appris par cœur à force de temps et d'efforts, mais rendre le sujet intéressant était un art autrement plus subtil. Tout l'art de la pédagogie était d'arriver à s'adapter à son public, s'adapter à chacun de ses élèves pour qu'aucun d'entre eux ne soit à la traîne. Le pouvait-il ? Une partie de lui pensait bien que oui mais, comme à son habitude, il avait toujours la fâcheuse tendance à douter de ses propres capacités. De toute façon pourquoi se prenait-il la tête de la sorte ? Il serait vite fixé lorsque les résultats de fin d'année arriveraient et, le cas échéant, il prendrait la décision qui s'imposerait.

Y était-il seulement préparé ? Non, bien sûr que non.

Le dîner suivit donc son cours et, lorsque la demoiselle demanda à s'éclipser un instant, Nate hocha discrètement la tête jusqu'à ce que son hôte revienne avec une autre bouteille. Une de plus ? Elle semblait déjà avoir des problèmes d'équilibre avec ce mélange de whisky et de vin, rien d'étonnant en soi, mais elle jouait avec le feu en compliquant encore davantage ce mélange. Souriant, amusé par la démarche incertaine de Kenzie, le bon vivant posant ses yeux sur la bouteille avant de déclarer !

- Ah ouais, carrément. Tu me sors le grand jeu, je suis flatté.

Du champagne, carrément ? Il en avait bien dans sa propre réserve, bien entendu, mais ce genre d'alcool-là était généralement réservé pour les grandes occasions, les soirées mondaines, les réunions familiales ou les dîners romantiques. Cette soirée tombait-elle dans la dernière catégorie, peut-être ? Non, c'était encore différent et c'était justement cela qui rendait la surprise délicieuse. Goûtant ce divin nectar après avoir réduit au néant une autre portion du fraisier, Nathanael s'enfonça lentement dans son siège en fermant les yeux pendant un instant, profitant de la sensation de plénitude qu'il ressentait en ce moment-même. L'alcool y était pour beaucoup, bien entendu, mais la soirée en elle-même était suffisamment agréable pour qu'il oublie la totalité de ses inquiétudes.

Il était là, juste là et cela lui suffisait.

- Oh tu sais, moi ça fait dix ans que j'ai pratiquement totalement coupé les ponts avec le monde civilisé. Je rattrape mon retard, petit à petit, mais j'ai encore du boulot de ce côté-là. Mais si j'ai des infos croustillantes je t'en ferai part, pas de soucis.

La conversation se poursuivit pendant plusieurs dizaines de minutes, peut-être même des heures, jusqu'à ce que la bouteille de bouteille ne devienne désespérément vide. Lorsque le professeur voulut resservir un autre verre, la bouteille vide fut un rappel du temps passé et, lorsqu'il regarda par la fenêtre il remarquait que seule la pénombre lui tendait les bras de l'autre côté. Déjà ? N'avaient-ils donc pas vu le temps passer ? Apparemment non, une preuve de plus qu'ils s'amusaient et savaient décrocher de la réalité le temps d'une soirée. Mais malheureusement même les meilleures choses avaient une fin et, en reposant la bouteille vide sur la table, Nathan souffla :

- Bon, ce n'est pas que je souhaite me subtiliser à ta charmante compagnie, mais il va falloir que je commence à envisager d'y aller. Pendant que je suis encore en état, en tout cas.

Oh bien sûr il avait une très bonne descente et une toute aussi excellente résistance à l'alcool, à force de rpatique bien évidemment, aussi était-il confiant dans le fait de pouvoir rentrer jusqu'à son lit sans se tromper de chemin. Motivé, confiant, il se redressa pour la première fois depuis un bon moment et son monde sembla tourbillonner comme il ne l'avait pas fait depuis bien longtemps. Non mais oh, qui lui avait fait une blague ? Qui lui avait jeté un sort pour lui faire perdre son sens de l'équilibre ? Ce n'était pas drôle !

- Wow, wow, wow. Il n'était pas aussi penché que ça, le sol, tout à l'heure. Non ?

Après un pas puis un autre, d'une démarche incertaine et presque titubante, Nathan croisa du regard sa bouteille du whisky et les deux autres terminées avant de réaliser le mix de l'enfer qu'il avait fait, sans même s'en rendre compte. Résister à l'alcool était une chose, mais les mélanges ? Il n'y avait rien de pire, il avait appris cette leçon depuis bien longtemps mais apparemment aujourd'hui ses leçons n'étaient pas remontées à la surface. Se raclant la gorge pour se donner une contenance, essayant de faire fi du monde qui tournait tout doucement autour de lui, essayant de garder un semblant de maintient et de dignité, ce fut sur un ton presque sérieux qu'il se força à conclure par :

- Ah non, pardon. C'est juste moi. Bon, où est-ce que j'ai rangé mes fringues ?


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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mer 5 Déc - 21:09

Le dîner touchait à sa fin tandis que nous dégustions le fameux gâteau, apparemment tant réussi. Il était bon, certes, mais je ne pouvais m'inventer des talents de cuisinière que je ne possédais pas. Aussi, je préférais garder le silence sur la qualité de mon investissement. Cependant, j'étais spécialisée dans une toute autre affaire : l'alcool. C'était dans ce domaine que je pouvais au mieux exploiter mes connaissances et les faire profiter aux autres. Ce n'était que rarement bien vu, mais je me plaisais à croire qu'il fallait de tout pour faire un monde. Je n'étais pas la plus cultivée, pas la fille la plus intéressante, mais je savais faire rire mes camarades et les emporter dans la joie de vivre. Voir les visages s'illuminer, les problèmes disparaître. Ne plus penser aux responsabilités ne serait-ce qu'un instant. Il fallait l'avouer la jeune femme que j'étais n'avait jamais particulièrement aimé ce penchant de la vie, et n'avait donc pas inscrit ce mot dans sa liste de vocabulaire.

Je ramenais donc le champagne, prête à tout faire exploser comme si je fêtais ma réussite aux Aspics. J'exagérais ? C'était fort possible. Cependant j'estimais que la vie était trop courte et que nous n'en avions qu'une seule. Autant jouer le jeu. Je m'étais souvent brûlée les doigts à tout prendre à la légère. J'avais perdu bon nombre d'amis, j'avais réussi de peu mes études, et je fonçais tête baissée vers chacune des idées qui me venaient à l'esprit. Une tornade. C'était peut-être l'adjectif qui qualifiait le mieux la femme qui se trouvait devant Nate. Dévastant tout sur son passage, sans aucune préoccupation, sans la moindre ambition si ce n'était celle de vivre, d'être heureuse. Finalement, je n'étais pas loin de mon éducation parentale, j'avais simplement poussé le concept à son extrême. Pour l'instant je servais l'homme surpris. Le grand jeu ? Je n'aurai pas choisi ces termes l'ayant fait en toute spontanéité, mais en y réfléchissant, Nathanaël n'était pas dans le faux en disant cela.


« Eh ben mon coco, on aime faire la fête ou on aime pas hein ! Faut savoir apprécier les bonnes choses de la vie, et celle là, c'en est une ! »

Tout en disant cela je versais le champagne à la marocaine en oubliant toute bonne conduite. Je n'étais pas toujours adaptée aux comportements dits « normaux » et bienséants mais j'avais le mérité d'être naturelle et spontanée. Pour l'heure, je me retrouvais trempée, à déguster du champagne que je n'étais pas bien sûr d'apprécier à sa juste valeur. Je faisais un clin d'oeil à l'homme en face de moi lorsqu'il acceptait d'être... clairement ma taupe. J'enfilais les verres au fil de la discussion, ne voyant pas à quel point notre descente pouvait être fulgurante, vertigineuse. En repensant à cette époque londonienne où nous avions partagé quelques soirées, il était évident que nos retrouvailles ne pourraient se dérouler autrement. Entre bonne musique, alcool et plaisanteries. Après diverses conversations la soirée s'achevait dans la bonne humeur. Les bouteilles et verres vides, ma vision n'était plus aussi claire qu'au départ mais au moins je me sentais bien. Légère et heureuse. J'etendais alors les paroles d'Armstrong prenant congé de cette soirée. Charmante compagnie ? Dans une énième défense face aux compliments du bel homme j'effectuais un haussement de sourcils furtif presque coquin. Le voyant se lever aussi maladroitement que moi et se demandait si le sol n'était pas penché plus qu'à son habitude je ne pus m'empêcher quelques moqueries.

« Eh bah on a oublié comment on faisait la fête tous les deux ? »

Je me levais à mon tour risquant de peu de me retrouver fesses à terre. Je me rattrapais au bras de Nate qui ne semblait plus trouver ses affaires et avait repris son sérieux. Face à tant de sagesse j'éclatais de rire ne retenant plus mes pensées.

« Au pire elles sont pas perdues tu sais où les trouver. Mais sinon je crois que c'est par là... »

Prenant la table pour appui, je montrais du doigt en direction de mon canapé vers lequel je n'avais même plus la force de regarder. Si je tenais l'alcool, mon corps mince et ma petite taille ne me permettaient pas trop d'excès et autant dire qu'en tant que serveuse, ils étaient nombreux. Plus jeune, à force, j'avais alors pris l'habitude, mais aujourd'hui, avec quelques marques de la vie gravées en plus, je n'étais plus aussi tenace. Je tentais tout de même de me redresser afin de raccompagner mon hôte jusqu'au pas de porte. Avec difficultés, une fois arrivée à destination il était temps de se dire au revoir, en gardant l'espoir de recroiser ce visage sous peu.

« Eh bien merci d'être venu. Ca me fait vraiment plaisir de te revoir et j'espère que tu viendras me rendre visite de temps en temps. Ma porte est grande ouverte comme tu as pu le constater ! »

Oui, cette phrase était à prendre au sens propre comme au figuré puisque je ne l'avais pas accueilli mais avais préféré laisser l'entrée libre en sirotant mon whisky sur la terrasse. Je regardais alors Nathanaël avec un grand sourire, mes yeux plongés dans les siens. J'aurai souhaité que cette soirée ne se termine pas, mais les amis que nous étions devaient se séparer. Pour mieux se retrouver n'est-ce pas ? Je le regardais donc emprunter la ruelle, en faisant un grand signe de la main.

« Pense à moi quand tu voleras à dos d'hippo ! »
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