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 Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]

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MessageSujet: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mer 7 Nov - 22:24

Samedi, dix-sept heures et j'étais en week-end. J'avais assuré seule le service de vendredi soir et c'était au tour d'Ula de s'occuper du bar ce soir. Cela me permettait donc de souffler un peu et de prendre les devants pour apprendre à mieux connaître une certaine personne. Il y a quelques jours de cela, j'avais rencontré un vieux copain de soirées moldues, au bar où j'avais servi pendant plusieurs années. Ce soir, je le recevais chez moi. En faisant un signe de la main pour dire au revoir à ma patronne et aux clients habituels que je connaissais déjà si bien après une semaine, je fermais la porte du pub, jouissant de mes jours de repos. Le temps serait certainement à l'orage cette nuit, mais à l'instant présent, une douce brise venait caresser mon visage et faire virevolter mes longs cheveux noirs. Je prenais de grandes inspirations. Les mi-saisons avaient toujours été ce que je préférais. L'une parce qu'elle voyait naître quantité de choses, dans une douce atmosphère, l'autre parce que la pluie y régnait en maître, se laissant consumer par tous les états météorologiques possibles et inimaginables. Elle était pleine de surprises. Si je devais ensuite choisir entre l'été et l'hiver, je faisais partie de ces rares personnes qui vous diraient qu'elles n'aiment pas vraiment la chaleur. Puis quoi de plus beau qu'un paysage enneigé ?

Je marchais contre le vent, en direction de ma maison. Elle n'était pas aussi grande que ce que j'avais connu avec mes parents, mais bien trop pour une seule personne. Toutes les maisons se ressemblaient étrangement dans ce village et les tailles différaient peu. Mais j'aimais ces toits plus que pointus, pas vraiment droits, un peu comme moi en fait. Ils n'avaient rien de parfait mais un certain charme. Je passais la grande place avant de tourner légèrement dans une ruelle un peu plus à l'abri du passage. J'enfonçais la clé dans la serrure et à peine ma porte fut ouverte que mon chat me sautait dessus en miaulant. Je ne connaissais pas d'animal plus inoffensif que lui, seule sa maîtresse, la nourriture et la pluie comptaient pour lui. Oui, malgré que ce soit un chat. On raconte bien que les animaux ressemblent toujours à leur maître ? Ce n'était pas totalement faux dans ce petit foyer aux allures les plus chaleureuses possibles. Une douce cheminée en pierre ornée d'une photo encadrée de mes parents, dans laquelle je fis tout de suite crépiter quelques flammes. De nombreuses plantes, dont je ne connaissais pas forcément l'origine. Du monde des sorciers ou de celui des moldus, je prenais tout ce qui me plaisait, tout ce qui attirait mon œil. Plusieurs miroirs étaient aussi disposés dans cette pièce qui servait à la fois de salon et de cuisine. J'appréciais de grandes pièces ouvertes mélangeant le moderne et le charme de l'ancien. Les couleurs neutres, presque froides, à la pierre et au bois.

Je déposais alors mon sac avant d'aller me regarder dans le miroir avant de me refaire une beauté. En effet, après une journée à transpirer en service, je ne pouvais accueillir mon hôte dans cet état. Une bonne douche était de convenance, avant de cerner mes yeux de noirs, un ton légèrement rosé sur les pommettes. Je ne pris pas la peine de porter une robe, je ne savais pas vraiment de quel ordre était cette nouvelle rencontre, ce que cela signifiait pour moi et l'homme en question. Je voulais simplement passer une agréable soirée, en bonne compagnie. Il m'avait proposé de faire la cuisine et bien que je sois gênée par cette idée, je n'avais pas senti la possibilité de refuser l'offre. J'avais donc pris le soin d'acheter quelques bonnes viandes, car nous le savons tous, les hommes n'étaient pas des espèces herbivores. A vrai dire, moi non plus.

Quelques caresses et ronronnements plus tard, je mettais la musique en route. Typique de celle que j'avais pu passer lorsque je travaillais dans les bars à Londres. Ce genre qui avait certainement fait le fond de nos premières conversations. Par la suite, je pris un fond de whisky avant de m'installer sur le bout de jardin que je louais. J'aurai pu continuer à vivre en Irlande, chez mes parents, ayant hérité de cette magnifique demeure. Mais je préférais la garder pour certaines occasions, en tout cas je ne pouvais pas y passer toutes mes nuits dès à présent, c'était trop tôt. Passant la porte menant à cette plage de verdure, je savais que le londonien ne tarderait pas trop. Il était dix-huit heures trente passées et je risquais de ne pas l'entendre dans tout ce vacarme. Je laissais donc la porte entrouverte au cas où il ferait son apparition. Je m'installais sur un transat, y gigotant au rythme du son. Cela ne présageait qu'une bonne soirée, où j'espérai en apprendre plus de ce moldu devenu soudainement sorcier à mes yeux.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Mer 7 Nov - 23:56

   
Welcome home. Dear Gentleman




À force de voyager un peu partout le jeune homme avait presque fini par oublier la météo capricieuse qui régnait en Grande-Bretagne et, en revenant en terre natale, il avait dû se réhabituer à la grisaille et au crachin qui seraient désormais monnaie courante dans sa courte vie de professeur. Les beaux jours étaient à présent bien loin et, petit à petit, le froid commençait à s'installer en obligeant les élèves à s'habiller de plus en plus chaudement. Malgré son tempérament de feu le jeune Armstrong n'échappa pas à cette règle et, bien malgré lui, il fut forcé de laisser ses shorts et t-shirts au placard afin d'opter pour le pull en laine qui l'aiderait face aux plus glacials des vents. Enfin ça c'était d'habitude, lorsque ses cours l'obligeaient à rester en extérieur pour affronter les éléments, mais aujourd'hui il avait simplement choisi d'augmenter un peu les couches. Par-dessous son habituelle veste en cuir il avait enfin un t-shirt noir proche du corps et, comme couche supplémentaire, un simple chemise bleu-foncé laissée ouverte pour l'occasion.
Une occasion ? Quelle occasion ? Eh bien cela faisait quelques jours à peine qu'il avait croisé le chemin d'une charmante barmaid, une de celles qu'il avait cru être une moldu qui l'était tout autant que lui était sang-mêlé. Leur première rencontre depuis plusieurs années avait été mouvement pour dire les choses clairement mais, malgré ces montagnes russes émotionnelles, ils avaient tous les deux convenus d'une seconde rencontre un peu plus posée et où, pour une fois, ils ne seraient pas pressés par le temps. En effet ils étaient samedi et, si Nathanael n'avait pas été retenu par quelques cours aujourd'hui, il avait tout de même eu à libérer un peu de son temps afin de s'enquérir de l'état de quelques bêtes qu'il suivait. Fort heureusement cela ne dura pas bien longtemps, lui libérant un peu de temps pour qu'il puisse écrire un peu avant que la soirée ne commence à pointer le bout de son nez.

Amusé à l'idée de rencontrer une demoiselle chez elle, pour une fois que la situation n'était pas inversée, Nathan fit une petite vérification de dernière minute avant d'attraper sa petite contribution pour la soirée. L'une d'entre elles, en tout cas. Ni une ni deux il se rendit donc vers l'adresse qui lui avait été communiquée, ses yeux se perdant sur les alignements des maisons en se rappelant que son acquisition d'une d'entre elles ne devrait pas trop tarder. Ce n'était qu'une question de jours à tout casser et , avant la fin de la semaine prochaine, il n'aurait plus à faire des allers et retours entre ici et Londres : un gain de temps considérable.
Une fois arrivé devant la modeste maison qui lui avait été indiquée, voyant avec surprise sur la porte était ouverte, Nathan tendit l'oreille et sourit de plus belle en reconnaissant les chansons si particulières de Bon Jovi. C'était toujours agréable de savoir qu'il n'était pas le seul à écouter du vieux rock, à être fidèle à certains classiques musicaux qui restaient intemporels.

Il resta là pendant une bonne minute à se demander s'il devait frapper ou non mais, finalement, n'entendant pas de mouvement derrière la musique, il laissa sa curiosité prendre le dessus en poussant doucement la porte. Cette maison était sobrement décorée, rien de trop criard ou tape à l’œil ce qui était toujours agréable, mais elle avait tout de même une identifié qui reflétait la personnalité de celle qui résidait ici. Bien vite les yeux du garçon se tournèrent vers l'autre porte ouverte, de l'autre côté de la grande pièce et, si Nathan finit par fermer la porte qu'il venait de traverser, il se dirigea vers le jardin avant de sourire devant le spectacle présenté là.

Elle était là, allongée, détendue, bougeant au rythme de la musique le plus naturellement du monde. Pendant un instant l'Armstrong hésita à rester là, à l'observer jusqu'au bout de la chanson mais une autre idée plus sournoise se fraya un chemin dans son crâne. Avança à pas de velours, un pied après l'autre, Nate évolua le plus silencieusement possible jusqu'à atteindre le transat. Là il s'accroupit à côté de la demoiselle avant de lui chuchoter :

- Bouh.

Espérant que la surprise serait réussie, le garçon se redressa ensuite pour se présenter enfin à sa camarade en mimant une révérence dont il avait autant le secret que l'habitude. La faute à son travail avec les hippogriffes autant qu'à sa stricte éducation, en vérité. Il s'écarta ensuite, pour laisser l'occasion à la demoiselle de se relever, avant de conclure son intervention par :

- Vous avez demandé un cuisinier, mademoiselle. Le voici, et il est venu équipé.

Spoiler:
 

Dans sa main était tenue une bouteille de whisky japonais qui devait avoir à peu près 17 ans d'âge, une bouteille de whisky Suntory directement tirée de sa réserve personne et qu'il gardait depuis son dernier séjour sur l'archipel. Bon, avec ça la soirée pouvait commencer doucement et agréablement.




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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Ven 9 Nov - 1:42

Une soirée à venir, un transat et un fond de whisky. J'étais dans un bien meilleur état que lors de ma dernière rencontre avec Nate. Les pleurs avaient cessé et je retrouvais mon entrain naturel, cette joie parfois folle de profiter de la vie, de profiter des petits riens. Je faisais partie de cette population qui aimait la simplicité. Un bon bouquin, une promenade en forêt, la pluie, des paysages à contempler. Je n'avais aucunement besoin des brouhahas de la ville et d'activités précises pour m'amuser. Je savais me contenter du strict minimum, parfois même de rien. C'est l'un des bénéfices d'une solitude masquée. Sur des airs de Bon Jovi, groupe que j'appréciais particulièrement, je me déchaînais. Secouant la tête, répétant les gestes d'un batteur, complètement enivrée par la musique. Je n'avais donc pas entendu que l'homme s'approchait, mais j'avais laissé la porte ouverte en prévision des choses. Seulement, une fois qu'il s'accroupit à mes côtés, je gardais les yeux fermés et n'imaginais vraiment pas sa présence en ce moment plutôt saugrenu. Lorsque je l'entendis je laissa échapper un hurlement de stupeur avant de me retourner vers le nouvel arrivant. J'éclatais de rire tout en tentant de calmer ma respiration.

Kenzie's face:
 

« Tu es complètement fou, j'ai failli faire une crise cardiaque ! J'aurai pu te tuer. »

Au même moment, il me faisait une belle révérence, à laquelle je répondis par un mouvement circulaire de la main droite auprès de mon visage. Tout en inclinant celui-ci. Ma dernière phrase n'étant pas très convaincante à la vue d'une jeune fille surprise et sans défense. Il ne tarda pas à renchérir, d'un air plus enjoué que lors de notre première rencontre. J'appréciais cette envie partagée de passer une bonne soirée, d'apprendre à mieux se connaître sans se soucier du reste. Il me vouvoyait ce qui provoquait alors le rire chez moi. C'était quelque chose que je ne pratiquais que peu, ou plutôt qu'en ce genre de circonstances totalement inadéquates. Puis dans un bar, le vouvoiement n'était pas de mise, et même s'il m'avait été enseigné par mon père comme étant fort important, je n'avais guère accepté ce genre de conseils, trouvant la politesse souvent inutile. Dans la plupart des cas, on prononçait « s'il vous plaît » en sachant pertinemment que cela ne « plaisait » pas, que c'était un devoir, moral ou autre. Le « de rien » était lui aussi finalement assez hypocrite, car cela coûtait toujours quelque chose, que ce soit consentent ou non. Alors à quoi bon ? Je préférais la spontanéité des événements et le naturel des sentiments, quitte à sembler parfois ingrate ou inconvenante. Nate me tendait alors une bouteille de whisky japonais. A la vue de celle-ci je ne pouvais m'empêcher de hausser les sourcils, les yeux exorbités, l'air malicieux. Je regardais alors le fond de whisky que je m'étais servie. Bien que le mien soit de bonne qualité, je reconnaissais tout de suite la valeur du cadeau qu'il faisait là. Je jetais alors le fond en question par dessus mon épaule gauche avant d'atterrir en sautillant devant Nathanaël.

Kenzie's face:
 

« Tu sais comment parler aux filles toi ! Tu me prends par les sentiments ! »

Certainement pas toutes les filles, mais dans mon cas, j'appréciais vraiment l'attention et bien que ma maladresse soit toujours aussi présente, c'était ma manière à moi de le remercier. Je me dirigeais alors vers la table exposée sur la terrasse, ou un autre verre n'attendait plus que mon hôte. Je versais ensuite le whisky avant de tendre le verre à Nate, prête à trinquer.

« Sans glaçons, si mes souvenirs sont bons ? A de vraies retrouvailles, et bienvenue dans mon humble demeure. Fais comme chez toi. »

Le tintement du verre signait le début d'une merveilleuse soirée. Je continuais de me trémousser au rythme endiablé de ce bon vieux rock, avant de reprendre la parole.

« La semaine n'a pas été trop difficile ? En t'invitant ici, je me suis rendue compte que je ne savais même pas où tu vivais. En fait, je sais vraiment rien de toi, mais on va commencer par là, avant d'arriver aux questions plus difficiles. »

Je tirais la langue telle une enfant vicieuse, en vérité je n'étais vraiment pas du genre à faire subir un interrogatoire, mais j'aimais parfois provoquer l'autre, le pousser dans ses retranchements. Je lui souriais ensuite, avant de goûter à ce précieux whisky. Mes lèvres trempaient dans ce liquide à l'odeur fulgurante. Je ne risquais pas d'avoir de migraines ce soir. Et en toute honnêteté, c'était plus que bienvenu.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Ven 9 Nov - 9:33

   
Welcome home. Dear Gentleman




D'aussi loin qu'il puisse se souvenir le jeune homme avait toujours été un citadin, avait toujours été bercé par le bruit de la foule et les riches odeurs qui se dégageaient d'une ville en constante effervescence, car c'était tout ce qu'il avait jamais connu. Avec du temps et un peu d'expérience il avait fini par apprécier les grands rassemblements et ne plus avoir peur des bains de foule, notamment grâce aux nombreuses soirées arrosées pendant la période de ses études supérieurs, mais les années suivantes lui firent découvrir d'autres choses. Ses observations sur le terrain lui firent découvrir le concept d'isolement dans de grands espaces, lui firent découvrir le fait d'écouter le silence et de ressentir la proximité avec Mère Nature pour ainsi dire, si bien qu'il appréciait désormais ces deux mondes pour ce qu'ils avaient d'unique et de merveilleux.
La ville était faite pour ceux qui débordaient d'énergie et qui aimaient les rencontres, ceux qui cherchaient quelques stimulus en permanence et qui voulaient vivre en sons et couleurs. La campagne, par contre, était faite pour ceux qui préféraient prendre le temps et qui aimaient s'arrêter un instant pour profiter de leur environnement. Si en ce moment c'était dans le second domaine que tombait le londonien, la faute à une vie isolée et relativement calme, il restait homme à vouloir profiter de la vie dans son ensemble et pouvant passer de l'isolement aux bains de foule avec une aisance bluffante.

De ce qu'il voyait de la maison de sa camarade, celle-ci avait cherché à garder son petit confort en profiter d'un certainement isolement à toute vie campagnarde, ce que Nathanael pouvait comprendre et respecter. Seulement voilà, sentant une volonté espiègle monter en lui à la vue de cette femme vulnérable et inconsciente de la présence du garçon, le sorcier avait mis en place un plan afin de la surprendre en toute simplicité : il ne fut pas déçu du résultat. Devant la surprise et la panique instantanée de sa camarade, Nathanael fut prit d'un fou-rire qu'il n'avait pas ressenti depuis des années. Plié en devant, la maison posée sur son ventre douloureux à force de trop rire, ce fut au prix d'un solide effort que Nate parvint enfin à formuler une vraie réponse entre deux crises de rire.

- J'te jure, ça valait l'coup juste pour voir ta tête ! T'aurais dû te voir !

Se tenant les côtes douloureuses, il fallut bien au moins une bonne minute avant que le jeune ne parvienne à reprendre le contrôle de sa respiration, se rappelant que ce genre de fou rire était beaucoup trop rare dans sa vie, ces derniers temps. Souriant enfin face à l'accueil chaleureux de sa camarade, voyant bien qu'elle semblait tout aussi ravie de sa présence que de celle de cette précieuse bouteille gardée depuis plusieurs années, l'Armstrong se fendit d'une réponse à son tour.

- Eh bien merci, c'est très sympa chez toi. Allez, à cette soirée.

Hochant la tête en guise de remerciement face au verre qui lui était servi, appréciant ce geste dont il était généralement l'instigateur, Nathanael écouta la proposition de la belle de faire comme chez lui, avant d'y répondre avec une évidente pointe d'humour.

- Oula, ne m'dis pas ça sinon ça va être un beau bordel dans cinq minutes.

Son bureau n'était pas le plus rangé et ordonné du moins, c'était le moins que l'on puisse dire, car ses courriers étaient mêlés à quelques croquis en cours d'élaboration, mais il parvenait toujours à s'y retrouver et c'était bien là le principal. En vérité il ne s'était pas encore habitué à sa vie de sédentaire et aux séances régulières de ménages nécessaires à l'entretien de son foyer, mais il était persuadé que cela finirait par venir. Et puis bon, de toute façon, ce n'était pas comme s'il avait beaucoup de visites en dehors de ses élèves...même s'il avait la certitude que cela allait changer à présent.

Vint enfin l'heure de porter le nez au-dessus du breuvage et les fragrances qui remontèrent ne manquèrent pas de titiller la curiosité du garçon. Ce dernier, par réflexe, prit une première petite gorgée en laissant sa langue s'habituer à la substance. Était-ce de l'orange et du miel qu'il ressentait ? Oui mais quel était cet arrière-goût ? Du chocolat ? Non, pas tout à fait. L'instant d'après le liquide ambré coula le long de sa gorge pour aller venir réchauffer ses entrailles et, immédiatement, la réaction du connaisseur ne se fit pas attendre.

- Ouhhh il passe plutôt bien le p'tit salaud. Je ne regrette pas d'avoir attendu avant de le déboucher.

Certains ramenaient des cartes postales ou des objets typiques d'un pays en revenant de voyage, une habitude prise notamment par les moldus, mais Nathanael avait rapidement pris l'habitude de jeter son dévolu sur quelques recettes culinaires et quelques alcools car toutes les images et photos du monde étaient déjà bien ancrées dans un coin de sa tête. Profitant d'une seconde petite gorgée en laissant son regard se perdre dans les environs, en laissant sa curiosité prendre le dessus sur tout le reste, Nathanael ne put qu'être amusé par la volonté de sa camarade d'en découvrir un peu plus sur lui.
Il était bien loin le temps où le jeune homme était terrifié à l'idée de parler de l'idée, à la simple évocation de la possibilité d'être sous les feux des projecteurs, car cette frayeur était presque totalement envolée. Presque.

- Oh tu sais, tu peux m'demander n'importe quoi. Je suis un livre ouvert. Par exemple je peux te dire que je réside à Poudlard et que j'ai un appartement à Londres. Mais bon, j'avoue qu'avoir un pied-à-terre dans le cas serait assez pratique donc c'est en cours de réflexion.

Cette acquisition était pratiquement faite, d'ici quelques jours il recevrait sans doute les clés, mais il ne voulait pas en parler avant que ce soit fait et qu'il soit correctement installé dans ses nouveaux locaux. Bien sûr avec sa vie scolaire il ne pourrait sans doute y passer que les week-end au moins, mais il ressentait que dans un futur proche il allait avoir besoin de s'autoriser un peu de recul de temps à autre. Et puis, bon, il pouvait bien se le permettre car, même s'il n'en parlait pas, il avait les poches largement bien remplies.

- Mais sinon, non, rien de trop compliqué. Et toi ? Pas trop crevant ?





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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Sam 10 Nov - 5:25

Cette nouvelle vie loin des lumières de Londres changeait complètement ma vision des choses. Dans un certain sens je ressentais plus de sécurité, et de l'autre, un certain vide en matière de relations s'installait. J'avais été serveuse dans la capitale, où l'on croise plus de têtes que ce qu'on peut imaginer. Ici, c'était une vie de village, et à vrai dire c'était bien la première fois pour moi. Mon besoin de me recentrer sur la sorcellerie, de reprendre contact avec ce monde me permettait de ne pas trop penser au manque de vie parfois flagrant. Cependant, la sagesse acquise au fil des épreuves m'amenait vers ce chemin de la sérénité et non vers ce qui brillait de mille feux au risque d'éclater à tout moment. J'avais, comme on le dit si bien, pris de la bouteille ces deux dernières années. Bien différente de l'insouciante ne pensant qu'à s'amuser. Mais pour l'heure, en retrouvant Nate, je retrouvais aussi cette partie que j'avais délaissé au profit de la vengeance. C'était une autre forme de sérénité, et je m'en doutais bien. Il ne fallait pas que je me retranche dans cet autre extrême mais que je cherche davantage de stabilité. Pour le moment, Nathanaël m'avait fait sursauter et je riais en imaginant le spectacle auquel il s'était invité. Il était content de sa blague et ne s'arrêtait plus de rire. Je fronçais le nez tout en souriant. Il m'avait bien eu.

« Ne doutes pas que je me vengerai ! »

Après avoir trinqué, l'homme me remercia en complimentant ma maison. Ce à quoi je répondis par un simple sourire. Tout n'était pas parfaitement en ordre, et les nombreuses plantes n'ajoutaient en rien le sentiment de clarté mais reflétaient plutôt le côté vadrouilleuse de mon comportement. Il semblait pouvoir encore apporter une touche de désordre à ma maison et quand je repensais aux nombreuses soirées avec des amis moldus, je ne pus m'empêcher une future comparaison. La suite n'était pas pour moins m'en déplaire, je faisais face au Nathanaël qui se laissait aller, et j'aimais cette facette du personnage, tellement semblable à ma personnalité débordante.

« Tu sais, j'crois bien qu'elle sera pas parfaite demain matin, connaissant le joyeux cocktail qu'on peut former tous les deux, donc profites-en. Et c'est le moins qu'on puisse dire, c'est sacrément bon, j'avais jamais eu l'occasion d'en goûter, t'aurais pas du, mais ça me touche. »

Enfin, je me lançais à en découvrir plus sur ce bel homme. C'était peut-être périlleux, après tout je ne savais comment il pourrait réagir. Non mécontente, il me proposait même de continuer cet interrogatoire. Je ne pus éviter un sourire, avant d'apprendre qu'il n'avait pas décidé de se faufiler hors des murs de la capitale, comme au bon vieux temps. Seulement, il songeait à se rapprocher et venir vivre au village. Je haussais les sourcils en guise de surprise, nous avions vraiment fait du chemin.

« Tu penses vraiment venir vivre ici ? Ce serait super ! Mais toi et moi en tant que voisins, c'est tout le village qui va nous courir après fourches en mains. »

Je riais aux éclats, imaginant cette scène plus que pathétique d'une chasse aux nuisibles. Ensuite, il me demandait de mes nouvelles ce qui ne m'étonnait pas de sa part. Je crois que j'avais toujours connu cet homme prévenant, et qu'il le resterait à tout jamais.

« Eh ben ça va, heureusement j'ai l'habitude, mais bon on a nos vieux bourrés un peu trop ingrats, qui se permettent tout, c'est peut-être le côté qui m'avait le moins manqué tu vois ! Mais sinon j'me suis remise de nos retrouvailles, d'ailleurs j'te referai pas ça ce soir promis, c'était vraiment n'importe quoi. »

Je ne pouvais m'empêcher de m'excuser, mais pleurer ainsi lorsque nous n'avions pas vu quelqu'un depuis un bon bout de temps... Ca ne me ressemblait pas. Pleurer auprès de quelqu'un que je ne connaissais qu'à peine : encore moins. J'enchainais par la suite.

« J'vais me risquer à rejouer le scénario d'la dernière fois mais du coup à traîner autant avec les moldus tu t'es retrouvé aussi perdu que moi en recevant ta lettre ? Parce qu'on peut pas dire qu'on soit fortement apprécié par ici, les moldus j'veux dire. En entendant par-ci par-là les conversations des clients, j'ai même l'impression que ça s'est envenimé depuis... Enfin tu sais depuis Blackman. »

C'était toujours compliqué d'en parler, mais il était vrai qu'un nombre important d'élèves semblait porter l'idéologie de l'importance du sang, tout autant que certains adultes. Aussi, la présence de Nate dans mon bar à Londres était devenue plus étrange maintenant que je le connaissais sous ses airs de sorciers. D'où venait-il ? Qu'est-ce qui pouvait l'avoir rendu si différents des autres ? Tellement de morts en cette année 2022, je n'avais pas l'impression que nous étions en majorité à défendre l'enseignement pour tous. Je buvais à nouveau une gorgée en attendant de pouvoir boire ses paroles. Je l'invitais bien évidemment à s'asseoir autour de la table pour discuter de tout cela, d'un geste explicatif.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Sam 10 Nov - 16:05

   
Welcome home. Dear Gentleman




Cela ne faisait pas si longtemps que cela que le jeune homme avait appris à se lâcher complètement pour s'autoriser à rire aux éclats, cela ne faisait que depuis une poignée d'année qu'il avait réussi à faire fi de toute trace de timidité pour s'autoriser à lâcher son amusement à la face du monde. Malheureusement depuis sa nouvelle prise de fonction il avait été emporté dans une routine presque absente de tout stimulus extérieur pouvant provoquer son hilarité, autant dire qu'il accueillait cette petite soirée avec grand plaisir. Si on laissait de côté la surprise des retrouvailles après plusieurs années de silences, après ce qu'il avait pris pour des rencontres sans lendemain comme il en avait eu beaucoup, cette soirée était aussi l'occasion de s'ouvrir un peu plus et de passer un agréable moment en laissant sa pression et ses doutes sur le pas de la porte. Lorsque sa camarade rebondit sur le cadeau qu'il avait amené avec lui, pointant du doigt le fait qu'un tel cadeau n'était pas utile, le garçon ne manqua pas de rétorquer sans attendre :

- Je gardais cette bouteille pour une occasion spéciale et puis je ne pouvais pas arriver les mains vides.

Si bon nombre de ses bouteilles étaient restées à Londres pour des raisons pratiques, par manque de place, Nathanael avait amassé un nombre impressionnant de ces liqueurs qu'il se devait d'écouler au fur et à mesure au risque de les voir prendre la poussière au fond d'un de ses coffres. De plus sa mère avait toujours insisté sur l'importance de ramener un cadeau ou un petit quelque chose lorsqu'il était invité quelque part, habitude qu'il avait gardé malgré leur séparation, car il avait bien été éduqué. Chaque bouteille était liée à un pays en particulier, à une rencontre, à une personne ou une région particulière belle qui était fermement ancrée dans l'esprit du garçon et, d'une certaine façon, en partageant cette bouteille il espérait partager ces précieux souvenirs.
Le sujet dévia ensuite sur sa volonté de prendre un logement dans le coin, ce qui ne manquait pas de surprendre la belle. Chose tout à fait compréhensible.

- J'y pense, oui. Ça me permettrait de souffler un peu, de sortir de l'école sans pour autant devoir faire des allers-retours entre ici et Londres.

L'aller-retour n'était pas long en soit, un petit coup de transplanage et le tour était joué, mais c'était simplement le fait de devoir se déplacer d'un bout à l'autre du pays pour récupérer n'importe quelle affaire restée chez lui qui avait tendance à le fatiguer. Certes comme tout trentenaire il aspirait à se poser, à construire quelque chose bien à lui, mais ici c'était surtout la proximité qu'il recherchait. Un jour peut-être finirait-il par se séparer de son appartement londonien au profit d'une belle maison dans une contrée bien différente, c'était de l'ordre du possible, mais rien n'était gravé dans le marbre.

Avant de trouver ce qu'il désirait il devait déjà se trouver lui-même.

- J'vais tâcher de ne pas te faire pleurer ce soir, en tout cas. Promis !

Vint ensuite le moment où les feux des projecteurs furent braqués sur lui et plus précisément sur sa relation avec le monde magique et Poudlard. Ses parents avaient-ils été surpris de recevoir la fameuse lettre ? Pas le moins du monde, Nathanael savait bien qu'il aurait sans doute été déshérité et renié s'il s'était avéré être un Cracmole. Comment expliquer à cette demoiselle – née-moldue – qu'il était né dans un environnement totalement opposé au sien ? Non, pas besoin de réfléchir car il n'y avait pas 36 façons de le dire de toute façon.

- Alors, c'est un peu plus compliqué que ça. Tu veux qu'on rentre au chaud, pour en discuter ? Histoire que je commence à voir ce que je vais pouvoir te cuisiner.

Se redressant en attrapant la bouteille et son verre, le jeune sportif tendit son bras à la demoiselle afin de l'inviter à l'accompagner comme tout gentleman se devait de le faire. Une fois à l'intérieur, invitant la demoiselle à rallumer le feu d'un petit signe de la main, Nathan posa bouteille et verre sur la table de la cuisine avant de demander :

- Tu as des préférences en matière de plats ? Des choses que tu n'aimes pas ou que tu adores ? D'ailleurs, est-ce que tu m'autorise à fouiller tes placards pour voir ce que je peux préparer ?

Il ne se permettrait jamais de fouiller dans les affaires de quelqu'un sans son autorisation expression, cela tombait sous le sens, aussi préférait-il poser la question avant même de commencer sa réflexion sur le sujet culinaire. Attrapant son verre avant de faire danser le liquide devant ses yeux, d'un air légèrement absent, il commença à rassembler ses pensées avant de répondre à la curiosité de la belle.

- Pour en revenir à ta question, ma lettre était assez attendue par mes parents. Je viens d'une vieille famille anglaise, du genre de celles qui sont fières de leurs origines.

Une vieille famille, c'était le moins que l'on puisse dire au sujet des Armstrong. Mais non, il fallait bien mettre un nom sur ce qu'ils étaient vraiment et ce fut après avoir prit une grande gorgée de son liquide salvateur qu'il vocalisa le fameux mot.

- Sang-pur. Mais je n'aime pas ce terme.

Il avait trop baigné dans cet environnement de haine et d'arrogance pour pouvoir ressentir autre chose que du dégoût et de la tristesse en entendant un sorcier clamer haut et fort la noblesse de son lignage. Laissant le liquide ambré réchauffer un peu plus ses entrailles, chaque parcelle de sa peau, l'enseignant conclut son intervention en mettant en lumière sa relation avec sa famille.

- Après, pour être parfaitement honnête, ils ne doivent même pas être au courant de mon affection pour les moldus et c'est bien mieux comme ça. J'ai coupé les ponts depuis un petit moment.



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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Dim 11 Nov - 21:17

Une occasion spéciale... Cette annonce provoquait un léger sourire que j'essayais de cacher. Je ne sais pas si on pouvait réellement employer ces termes, mais ça ne me laissait pas indifférente. L'homme qui se trouvait devant moi semblait réellement heureux de cette nouvelle rencontre et cela me permettait d'appuyer l'idée que revenir dans le monde des sorciers n'était pas qu'une erreur. Cependant j'avais peur. Peur de retrouver celle qui ne cherchait que vengeance, celle qui préférait se battre plutôt qu'être en paix, celle qui aurait pu être attribuée aux Serpentards dans son comportement. Ambitieuse, rusée, prête à tout pour parvenir à ses fins. J'affichais tellement de visages différents que je commençais à en être moi-même effrayée. Est-ce que je m'étais perdue dans les profondeurs de chaque trait de ma personnalité ? Avais-je trop vécu, cherchant les réponses là où elles n'étaient peut-être déjà plus ? Je savais pertinemment qui j'avais été mais je me demandais bien qui j'étais devenue. Je crois que l'expression n'en est pas encore claire, et que la recherche serait encore de mise.

En continuant la conversation, j'apprenais le désir de Nate de se rapprocher du château, pour éviter les trop longues distances. Il me promettait ensuite ne pas me faire pleurer durant notre soirée, ce à quoi je répondis par un roulement d'yeux. Je n'étais pas si fragile. Je me laissais aller parfois, mais en règle général, je préférais largement me cacher derrière mon côté sociable, enjoué. Une fille heureuse, qui l'était, en toute sincérité, par refoulement de la vérité certes, mais c'était mieux que s'effondrer. Mieux que céder aux tentations du mal, quel qu'il soit.

Je souhaitais en savoir plus sur sa vie, et me risquait à poser des questions plus intimes, mais après tout, il m'avait lui-même dit être un livre ouvert, alors je n'étais pas censée hésiter. En réponse, il me proposa d'entrer nous réchauffer, sa famille ayant l'air de nécessiter davantage d'explications. Ce jeune homme ne devait pas apprécier le froid autant que moi et je lui souris, faisant signe de se diriger vers le salon. Il me tendait alors le bras, que je regardais avec amusement et étonnement.


« Allons-y Gentleman, et que la fête commence ! »

Souhaitant que je rallume le feu par la suite, je m'exécutais avec plaisir à la tâche. J'aurai pu utiliser des sorts, mais je préférais largement m'en occuper comme mon père le faisait. Je n'aimais pourtant pas bien la chaleur, mais l'observation des flammes, teintées de différentes couleurs, je trouvais cela fascinant. Elles dansaient, exprimant leurs propres histoires, et cela me rappelait mes nombreux spectacles ainsi que des soirées dans les bars dansants. Mon partenaire était un moldu et nous n'étions plus vraiment en contact, aussi je ne pratiquais plus autant que je le voudrai, ou plus de la même manière. L'expression de deux corps, deux vécus, deux sentiments était selon moi bien plus intense qu'un simple protagoniste. En allant chercher quelques bûches, je répondais à ses questions en haussant la voix pour être sure qu'il m'entende.

« Je suis pas difficile, je mange tout ce que je trouve, mais je suis assez viandarde ! Tu en trouveras dans le frigo. Et vas-y n'hésite pas, fais comme chez toi j't'ai dit ! »

Je revenais alors dans la pièce, agenouillée devant la cheminée, j'enfournais une première bûche avant d'empoigner le soufflet pour raviver les braises. Nathanaël commençait à me répondre tandis que je tournais le bois déjà brûlé. J'écoutais attentivement ses paroles, comprenant qu'il venait d'une famille de sorciers, jusqu'à cette dernière phrase. De celles qui sont fières de leurs origines. Mon corps se raidit et mes yeux s'écarquillaient. Je n'avais pas besoin de plus d'explications pour comprendre ce que cela signifiait. Un sang-pur mais pas seulement. Je ne bougeais plus, mes pensées défilaient à toute vitesse. Qu'est-ce qu'il faisait ici avec moi ? Pourquoi allait-il vers les moldus s'il avait été éduqué dans une toute autre idée ? Devrais-je me méfier ? Ses parents, qu'ont-ils pu faire lors de cette fameuse année où j'avais perdu les miens ? Et lui ? S'était-il battu aux côtés de ceux qui m'avaient torturée ? M'étais-je confiée bien trop tôt en ne sachant pas les risques encourus ? Tant de questions, tant d'images à la fois horrible et idéalisant la possibilité d'une compréhension des événements. En effet, parfois trop centrée sur la découverte macabre de ce 25 novembre 2022, dès qu'une référence aux pro-sang-purs était évoquée, je ne pouvais m'empêcher d'imaginer un lien avec le meurtre de mes parents. Dans l'espoir de découvrir un jour la vérité. Mais je devais chasser ces songes, tout n'avait pas été dirigé contre moi, mais combien avaient pu souffrir du comportement de ses parents ? Je ne pouvais pas le juger, on ne ressemble pas forcément à ses parents et j'en étais la preuve. Si dans mon comportement se reflétaient les valeurs et désirs de ceux-ci, dans mon apprentissage magique nous étions à l'opposé, et j'avais vécu les représailles d'une différence. Alors peu importe de quel ordre elle se trouvait, je m'étais promis de ne jamais discriminer qui que ce soit. Pourtant, cette annonce était un choc. Rencontrer des sang-purs, certes, des familles privilégiant une idéologie radicale, c'était autre chose.

Il ajoutait alors le terme bien précis de son statut. Terme que je n'affectionnais pas. C'était même un euphémisme, je le détestais. Il semblait en être de même pour lui. Pouvait-on parler de pureté ? Dans le monde d'où je venais la magie n'avait rien de pure. Premièrement, nous avions du mal à y croire, et deuxièmement, même si on y croyait elle pouvait être bénéfique comme malfaisante, ainsi que ceux qui la pratiquaient. Finalement, toutes ces croyances moldues s'étaient révélées vraies. Le pouvoir n'apportait rien de bon sur cette planète, et dans ce monde il était d'autant plus accessible, de plus nombreuses façons. Je restais silencieuse à cette annonce, recommençant à m'occuper du feu tandis qu'il enchaînait. Ses parents ne devaient pas être au courant, et je comprenais bien pourquoi. L'étroitesse d'esprit de ces personnes faisait froid dans le dos. Mais la suite n'était pas plus réjouissante, il avait coupé les ponts. J'étais alors partagée entre l'idée que Nate n'avait vraiment pas les mêmes idéologies que ses parents et cela me rassurait, mais qu'il avait peut-être fait une erreur. Je me relevais alors me dirigeant doucement vers lui.


« Je... Moi non plus j'aime pas vraiment ce terme, mais je crois qu'on s'en sort mieux quand on peut se permettre de le dire... Je comprends que tu n'aies rien dit, ça doit pas être facile d'être partagé entre les deux, je me trompe ? »

Je prenais une grande inspiration avant de continuer.

« Et... Nate... J'espère que c'est pas trop indiscret mais... Pourquoi tu as coupé les ponts ? A cause de tout ça ? Je suis loin de partager ce genre d'idéologies, mais tu sais... On a qu'une seule famille. Si jamais tu venais à la perdre... »

J'avais baissé la tête en prononçant cette dernière phrase, mais je la relevais dans un sourire timide et compatissant, plongeant mes yeux dans ceux du bel homme. Les liens familiaux étaient complexes, et sans rien savoir je ne pouvais me permettre un quelconque jugement ou conseil, mais mon vécu me poussait à tenter d'harmoniser les choses. Si un jour tout s'effondrait, passerait-il sa vie à se demander pourquoi il n'avait pas été plus présent ? Cette question, cette culpabilité, me rongeait depuis bientôt deux ans, et je ne souhaitais à personne de vivre ce sentiment destructeur.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Dim 11 Nov - 23:11

   
Welcome home. Dear Gentleman




Le jeune homme n'était peut-être pas le plus cultivé ou le plus passionnant des autres, du moins n'avait-il pas la prétention de l'être, mais il était de ceux qui dégageaient une telle chaleur humaine qu'il était aisé pour eux de se faire apprécier de leurs congénères. Bon vivant, fêtard, rigolard, blagueur invétéré et éternel souriant, tous ces qualificatifs pouvaient convenir à merveille au jeune homme depuis qu'il était réellement sorti de sa coquille quelques années plus tôt. Durant la fin de ses années de Poudlard aurait-il pu envisager l'idée d'aborder une femme, de la compliment et de refaire le monde autour d'un verre ? L'idée même d'être proche de quelqu'un n'avait été, à cette époque, qu'une lointaine et étrangère idée alors il est inutile d’évoquer les chances qu'une intimité physique et émotionnelle puisse vraiment avoir lieu. Mais heureusement il avait changé, il s'était libéré de ses chaînes pour enfin poser les yeux sur un monde nouveau où il n'était plus écrasé par la pression sociale et le poids de ses origines, lui permettant de s'ouvrir aux liens sociaux et de connaître une proximité qui n'avait été qu'un doux rêve ou un horrible cauchemars quelques années plus tôt. Bien entendu la belle ici présente ne connaissait que la nouvelle version de Nathanael, le souriant, celui qui n'était pas vilain à regard et qui savait bien s'habiller lorsque l'occasion le nécessaire. Avec un peu de recul c'était peut-être mieux ainsi, elle ne pouvait peut-être pas encore entrevoir le chemin parcouru mais avait au moins l'opportunité de côtoyé l'homme que Nathan avait toujours voulu être.

C'était bien mieux ainsi.

- Parfait. Un poulet basquaise, ça te va ? Ça va bien te caler et te réchauffer.

Alors que le jeune homme commençait à fouiller les placards après en avoir eu l'autorisation, sortant les légumes et la viande ainsi que quelques herbes pour assaisonner le tout, il prit une profonde inspiration pour dévoiler ses origines à la belle qui, jusqu'à quelques plus tôt, le croyait être un moldu inconscient de l'existence de la magie. Alors qu'il observait les poivrons et tomate devant lui, sélectionnant les meilleurs éléments pour la préparation à venir, ses yeux se levèrent furtivement vers la belle près du feu. Tout observateur qu'il était, déformation professionnelle sans doute, il aurait été bien aveugle de ne pas noter la crispation de la demoiselle face à l'explication de ses origines.

- Tout va bien ?

Bien sûr qu'il était intrigué mais, pour autant, pas plus surpris que cela. Pourquoi ? Parce qu'il n'avait pas la gueule de l'emploi, qu'il était trop franc et trop peu maniéré pour sembler avoir été éduqué par ces sang-bleus et, pourtant, c'était bien le cas. Alors que la demoiselle s'approchait de lui, venant s'enquérir de son avis sur sa propre situation, coincé entre ces deux mondes que tout opposait, Nathanael s'écarta du plan de cuisine. Sentant les flammes commencer à diffuser leur chaleur à travers la pièce, le garçon se débarrassa de sa veste pour ne garder que la chemise et le t-shirt proche du corps.

- Pour moi ça va, je suis tout à fait en phase avec ce que je suis. La pureté du sang c'est un ramassis de conneries, de toute façon.

Bien sur bon nombre de sorciers ne seraient pas d'accord avec lui mais il s'en cognait pas mal, au fil des siècles passés nulle famille n'était vraiment totalement pure et, de toute façon, l'Armstrong savait d'expérience que la pureté du sang n'était pas garantie de talent. Pas le moins du monde. Vint ensuite le moment des explications, le moment d'éclairer la lanterne de sa camarade sur les raisons de sa séparation. L'avait-il seulement expliqué avant ? De mémoire il ne l'avait pas fait avec Aurora lors de leurs correspondances, pas à Ula non plus d'ailleurs. Non, de mémoire il n'avait pas amené ce sujet sur la table depuis sa création, depuis toujours.
À cause de quoi s'était-il donc séparé ? La réponse fut lancée alors qu'il retroussait les manches de sa chemise ouverte, se rapprochant une nouvelle fois du plan de travail.

- De tout ça, oui, de ce que je suis.

Alors qu'il rassemblait ses souvenirs passés aussi pénibles que douloureux, qu'il revoyait le regard de son père se tourner vers lui, il sentit une petite boule venir se loger dans son estomac et alourdir considérablement ce dernier. Pendant une bonne minute il resta là, le regard baissé, à regarder les légumes devant lui la bouche entre-ouverte. Voyant qu'aucun mot ne parvint à sortit, il attrapa son verre encore à demi-plein et usa de sa descente presque légendaire pour s'enfiler l'autre moitié en une seule énorme gorgée qui commença presque à lui brûler la gorge.
Il lui fallait au moins ça, au moins ce courage en bouteille pour vocaliser ce qu'il enterrait en lui depuis plus d'une décennie. En d'autres circonstances il aurait usé d'un trait d'humour pour dévier la conversation, pour masquer la vérité mais aujourd'hui il ne pouvait pas le faire. Pourquoi ? Parce que la belle avait fait preuve de courage en lui dévoilant son douloureux passé et, par respect pour elle, il lui devait au moins autant de franchise.

Sentant cette bouffée de chaleur lui donner du courage, le courage nécessaire pour relever la tête, l'Armstrong croisa le regard de la demoiselle pour rentrer plus dans le détail. Si d'habitude ses prunelles étaient habitées d'une certaine candeur amusante, d'un émerveillement presque constant, à ce moment précis la demoiselle pourrait avoir un aperçu de toute la peine et de la somme des regrets enfouis au fond du garçon. De toute la tristesse que pouvait porter un homme qui n'avait jamais été à la hauteur, jamais été suffisant.

- Déception. C'est ce que je suis pour eux, il ne peut en être autrement aussi longtemps que je serai comme je suis. Aussi longtemps que je n’adhérerai pas à leur élitisme d'un autre temps.

Pendant un temps il avait essayé de se plier à leurs exigences de faire de leur mieux pour gagner ne serait-ce qu'un petit sourire mais jamais une telle récompense ne lui fut accordée. Mais il avait rapidement compris que ce n'étaient pas ses performances qui étaient en cause, pas sa réussite qui comptait mais bien sa nature profonde. Il était bon et généreux quand on voudrait qu'il soit froid et calculateur, il était attentionné quand on voudrait qu'il soit fierté, amusant au lieu de sérieux, altruiste au lieu de loyal. Alors oui, il comprenait l'inquiétude de la demoiselle qui devait regretter l'absence de sa famille, il comprenait l'importance du sang qui dépassait tout lien pouvant être construit, mais Nathanael savait qu'une telle proximité lui serait refusée aussi longtemps qu'il serait...lui.
Il détourna le regard de la demoiselle pour aller se laver les mains dans l'évier, en profitant pour se passer un peu d'eau froide sur le visage pour retrouver sa concentration. Que ferait-il si sa famille venait à disparaître ? Il serait brisé, autant que n'importe qui, mais cette séparation avait été entamée par les deux parties et pas seulement lui. Sentant cette boule dans l'estomac grandir, Nathan fut tenté de se noyer de nouveau dans l'alcool pour se redonner du courage mais s'y refusa. Au lieu de cela il se pencha au-dessus de l'évier, Les bras tendus, les mains fermement serrées contre l'armature du plan de travail, la tête baissée et les yeux fermés comme pour faire paix dans son esprit.

Il resta dans cette position pendant une bonne trentaine de secondes de plus, bras tendue et épaules voûtées, à chercher quoi répondre en imaginant les scénarios possibles quant à la perte de sa famille.

- Je sais, je sais bien. Crois bien que j'aimerais que les choses soient différentes, que j'aimerais voir autre chose que dégoût et pitié dans leurs yeux, mais il en sera toujours ainsi. Aussi longtemps que je ne viendrai pas bosser avec aux au ministère de la magie. Aussi longtemps que je n'arborerait pas avec fierté et arrogance mes origines.

Se raclant la gorge pour retrouver une certaine contenance, pour ne pas laisser sa peine et sa rancœur remonter le long de sa gorge jusqu'à l'étouffer, le garçon se tourna et se força à sourire à la demoiselle pour ne pas plomber la situation encore davantage. Maintenant que ses mains étaient propres, plus propres que son esprit en tout cas, il allait pouvoir se mettre au travail. En profitant pour sortir casseroles, poêles et un paquet de riz, surpris que la demoiselle soit si bien équipée, Nathanael se tourna de nouveau et commença à passer les légumes sous l'eau.

- Mais ne t'inquiète pas, le jour où il cesseront de vouloir faire de moi ce qu'ils veulent, de me modeler à leur convenance, je leur tendrai la main. Je sais juste que ce jour ne viendra pas.

Pessimiste ? Non, réaliste. Il connaissait son géniteur mieux que personne et sa mère, trop effacée et écrasée par l'autorité du chef de famille, ne ferait jamais rien qui irait à l'encontre de sa volonté impérieuse. Une fois les légumes enfin lavés, le sportif attrapa un long couteau semblant bien aiguisé avant de croiser de nouveau le regard de sa camarade.

- Au moins, de ce que j'en sais, mon p'tit frère a été plus à la hauteur de leurs attentes que je ne l'ai jamais été. C'est déjà ça.

Oui, c'était vrai qu'il ne parlait pratiquement jamais de Joshua, son cadet. Que devenait-il ? Avait-il fini par bosser au ministère de la magie, sous la coupe de son cher papa comme celui-ci l'avait toujours espéré ? Probablement que lui, l'aîné n'en savait foutrement rien car les deux n'avaient jamais été aussi proches que cela. Pas depuis très longtemps en tout cas. Laissant la demoiselle digérer ces informations et réagir face à celles-ci, Nathan commença doucement à faire danser son couteau afin de couper en morceau les tomates.

Oui, il n'avait pas l'habitude de lui mais, pour une fois, il ferait cet effort. Elle en valait la peine.



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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Hier à 1:46

A l'annonce du plat proposé par Nathanaël, un grand sourire se dessina sur mon visage. Je n'étais vraiment pas difficile, mais j'adorais tout ce qui touchait aux herbes, aux épices, ce qui avait un goût bien prononcé. Mes parents étaient adeptes de la bonne cuisine et notamment la cuisine française, réputée un peu partout dans le monde. L'idée n'était donc pas sans me plaire, et comme un éclair venant traverser le ciel, je savais pertinemment quelle bouteille ouvrir avec ce plat. En effet, grand amateur de vins, mon père avait cherché à m'enseigner cette science. J'appréciais plus particulièrement le rouge et un fruité tannique serait parfait pour l'occasion. Un vin boisé aurait gâché le goût prononcé de cette préparation. Je prenais donc le temps de sortir un Saint-Emilion, le Château Soutard 2011 Magnum. Un grand cru classé qu'il avait fallut garder pendant plusieurs années pour une meilleure dégustation. Certains diront que la soirée était arrosée de richesse, mais il est vrai que mes parents n'étaient pas des gens pauvres et que j'avais hérité de cette fortune. J'amassais aussi un nombre impressionnant de bouteilles toutes plus chères les unes que les autres, celles que mon père pensait pouvoir boire aujourd'hui. Finalement, un peu plus de cent cinquante euros, la monnaie européenne adoptée par les français, je n'avais pas sorti le grand jeu, j'aurai pu en faire davantage.

« C'est parfait pour moi ! On adorait la cuisine française, ça me rappellera de bons souvenirs, et en l'honneur, je vais te proposer un petit rouge du Sud-Ouest du pays, assez puissant, qui se mariera bien. Si évidemment tu aimes ça ? »

Derrière mes airs de petite fille de la rue se cachait finalement une jeune fille assez raffinée, enfin lorsque je le souhaitais. J'étais capable de déguster ce genre de bouteilles tout comme les enfiler sans le moindre regret, ce qui ferait frémir les plus avancés dans le domaine. Je débouchais alors le Saint-Emilion avant de servir pour le faire décanter en attendant que le repas soit prêt. Je retournais m'occuper du feu en posant davantage de questions à Nate, dans le but d'apprendre à le connaître. Je ne pensais pas être si vite ramenée à la réalité de ce qui pouvait nous différencier. Après tout, nous abordions tellement de points communs qu'il était difficile d'imaginer un tel fossé. Un fossé que finalement, Nathanaël avait décidé de combler. En réponse à ses inquiétudes, je continuais de faire le feu, le laissant parler un peu plus.

En m'approchant de lui, tentant de comprendre, le jeune homme commençait à s'exprimer, mais les phrases étaient courtes, comme s'il cherchait à cacher une partie de son histoire. Cet air fort et invincible qu'il prenait si bien lorsqu'il devait se défendre. Je prenais alors mon verre, espérant que cet espace de silence le pousserait à en dire davantage mais il en faisait de même. Etait-ce une dose de courage ou le moyen d'éviter ma question ? La réponse ne se fit pas attendre et à ma grande surprise, mon hôte continua donc sur sa lancée et m'en expliqua davantage. Dès ses premières paroles, mon sourire empathique s'effaça, pour laisser place aux rides du lion, consternée d'une telle façon d'annoncer les choses. Une déception. J'avais toujours été choyé par mes parents, fille unique ils m'avaient tout offert. Alors imaginer un tel rejet, c'était tout bonnement une vision d'horreur. J'étais honteuse, honteuse d'avoir ramené son histoire à ce que j'avais vécu, comme ligne directrice de tout ce qui se passait au dehors. Dans une telle famille, l'amour n'est pas au centre de l'éducation, et bien que j'avais perdu mes parents en voulant défendre leur sang, je me demandais si ne préférais pas mon histoire à la sienne. Comment pouvions-nous juger du pire ? Perdre ses parents, trop jeunes, tués par ceux qui vous ont torturé. Ou garder sa famille tout en l'ayant perdue à tout jamais sans aucun réel événement pour les séparer ? Seulement les choix de chacun. L'impuissance face au pouvoir et à la lutte. Le choix de lutter pour ce qu'on est vraiment tout en y perdant. Aucune histoire n'était simple, mais les nôtres se révélaient particulièrement compliquées, particulièrement tristes.


« Je... Je suis désolée, je m'suis pas mise dans ton monde là... »

Oui j'étais vraiment honteuse, mais sur ces mots, je le vis se diriger vers l'évier pour se mouiller le visage. J'avais à mon tour déclenché quelque chose que je n'imaginais pas. Je restais là, à ne plus savoir quoi faire. J'étais expressive mais peu démonstrative et je ne savais pas vraiment me comporter avec les personnes que je ne connaissais qu'à peine. Cependant, nous avions déjà partagé tellement, et tandis qu'il restait tendu, aggripé comme pour ne pas céder, je me rapprochais tout doucement en reposant mon verre sur la table. Je posais alors ma main sur la sienne tandis qu'il répondait à cette question idiote que j'avais posé, cette question centrée sur mon histoire, non sur la sienne. Il me souriait mais cela sonnait faux, ce n'était pas le même visage que j'avais pu voir jusqu'alors. Ma gorge se serrait, alors qu'il essayait de se distraire commençant à préparer à manger. Buvant une gorgée de plus, je m'appuyais contre le plan de travail en continuant de boire ses paroles. Il énonça alors l'existence d'un jeune frère, dont il ne semblait pas avoir de nouvelles. Finalement, nous étions tous les deux laissés à l'abandon. Deux solitaires tentant de se reconstruire.

« J'avais jamais songé à cette facette de la vie des sang-purs. Celle où l'on accepte pas ce que l'on enseigne, et surtout autant de rejet. Je... je voulais pas te faire de mal en posant ces questions. Je sais que je suis parfois trop enthousiaste, mais je garde l'espoir qu'un jour ils t'acceptent tel que tu es. Parce que tu es quelqu'un de bien Nate. »

Je posais alors ma main sur le couteau, pour le forcer à arrêter. Je voulais qu'il me regarde, et éviter qu'il se blesse dans la confusion.

« Laisse moi faire. C'est un grand ou petit frère ? Et tu sais, être ce que l'on souhaite je crois bien que c'est le plus important. La raison doit être comprise mais pour moi c'est le cœur qu'on doit suivre. J'ai dit ça à un des élèves il n'y a pas très longtemps et je continue de le penser. Je suis vraiment navrée que le monde d'où tu viens ne privilégie pas l'amour mais je crois que tu as su faire les bons choix. »

Ayant terminé de découper les tomates, je posais le couteau me retournant alors vers Nathanaël et posant mes mains sur ses épaules, l'air solennel.

« Tout le monde peut changer un jour, et peut-être que tu auras ce que tu mérites, une famille qui t'accepte pour l'homme merveilleux que tu es. Je sais que tu n'y crois pas un instant, mais tu connais le mythe de Pandore. Une boite dans laquelle tous les maux sont concentrés, et lorsqu'ils venaient à se déverser sur le monde, il ne restait qu'une chose au fond. C'était l'espérance. »

Je tenais un discours que je n'avais pas réussi à m'appliquer, et ce, pendant plusieurs années. Mais aujourd'hui, j'avais compris que tout était possible, le meilleur comme le pire, et que si certaines choses étaient tracées, d'autres, et notamment tout ce qui concernait les relations, n'était qu'un jeu de boomerang. Un jeu maladroit, blessant, mais qui pouvait se donner différents tons tout au long de la vie.
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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Hier à 19:28

   
Welcome home. Dear Gentleman




- Au top ! Je te fais confiance sur le choix.


Si c'était le rôle des parents que d'inculquer quelques valeurs à leurs progénitures afin de les aider dans la vie, il venait un temps où ces géniteurs devaient lâcher prise et laisser leurs oisillons voler de leurs propres ailes. La plupart des parents ne rêvaient que de voir leurs enfants s'épanouir pleinement et, dans ce seul et unique but, leur tâche était d'accompagner leurs bambins dans les premières étapes de leurs vies. Ils devaient être là pour aider l'enfant à découvrir à ses premiers plats, la rencontre avec ses premiers copains, ses premiers moments à l'école et, finalement, le moment où l'enfant deviendrait assez adulte pour faire ses propres choix. Mais malheureusement tous les parents n'étaient pas calqués sur ce modèle et, de temps en temps, la notion de libre-arbitre et d'épanouissement n'était pas acceptée et comprise par tous. Certains parents avaient un plan bien précis pour leur enfant avant même que ce dernier n'ouvre ses yeux sur le monde qui allait l'accueillir, ils voyaient déjà ce nouveau-né comme celui qui assurerait leur avenir et qui prolongerait le nom de leur famille pour quelques dizaines d'années de plus. Un moyen de prolonger la lignée dont ils avaient la garde, une façon de s'assurer qu'ils ne seraient pas oubliés même après leur mort : telle était la façon dont certains sorciers voyaient leurs progénitures.
Ce fut dans ce climat que le jeune homme vit le jour, trois décennies plus tôt, mais il fallut plusieurs pour comprendre la place qui était la sienne et, surtout, pour réaliser que son avis n'était ni requis ni demandé. Triste ? Bien sûr. Frustré ? Évidemment ? Mais par-dessus tout il y avait une seule question qui l'avait hanté pendant les deux premières décennies de sa jeune vie : pourquoi n'était-il pas suffisant ? Pendant longtemps il avait donc essayé de faire son maximum, d'être plus attentif que les autres, d'étudier plus dur que les autres avec le vain espoir que cela puisse faire naître de la fierté dans le regard de ceux à qui il devait sa vie.

Cela faisait donc trois décennies que cette frustration et cette colère dirigée contre son propre échec étaient enfermées au plus profond de ses entrailles, grandissant un peu plus chaque année, se diffusant à travers ses veines comme le plus nocif des poisons. Pourquoi ce traitement ? Parce qu'il s'était imaginé qu'à force de se convaincre que tout allait bien, qu'il n'avait aucun problème, il finirait peut-être par y croire jusqu'à ce que cela se réalise vraiment. Bien sûr les résultats ne furent pas ceux escomptés, c'était le moins que l'on puisse dire, mais lorsque cette frustration remontait doucement à la surface le londonien n'enterrait à coup de bottes encore plus profondément jusqu'à ne plus entendre ses murmures insidieux.
Cependant il ne fallait pas oublier que l'Armstrong n'était qu'un homme et, qu'à ce titre, il était aussi faillible que n'importe qui. Dans ses soirées les plus sombres, celles où il n'avait que la solitude pour seule compagnie, la vérité remontait à la surface jusqu'à ce qu'il ait les larmes au bord des yeux. La plupart du temps, grâce à son mode de vie, personne n'était là pour assister à ce triste spectacle d'un homme tentant de rassembler les morceaux de son estime de soi brisée, mais aujourd'hui le hasard avait décidé qu'il ne serait pas seul lorsqu'il ressentirait son esprit se craqueler de nouveau. Il tentant de faire bonne figure, de se racler la gorge pour ne pas inquiéter sa camarade mais une telle façade ne pouvait durer qu'un temps.

- Ne t'inquiète pas, tu ne pouvais pas savoir. Et puis il fallait bien que ça sorte, un jour ou l'autre.

Les mains toujours serrées à en faire pâlir ses extrémités, sentant la tension raidir ses muscles et lui donner la chair de poule, Nathanael mordit sa lèvre intérieur afin de se servir de la douleur pour canaliser sa concentration sur cette sensation plutôt que sur les souvenirs qu'il essayait d'éviter. Sentant le goût métallique de quelques gouttes rougeâtres s’agglomérant sur a lèvre meurtrie, le garçon retroussa ses deux lèvres au moment où il sentit la lame de sa camarade tout contre la sienne. Décidément qu'avait-il fait pour mériter une telle attention ? Pour mériter qu'une femme aussi prévenante s'occupe de lui, alors qu'il ne le méritait pas le moins du monde ? Rien et c'était bien cela le problème.
Un homme se devait d'être fort et digne en toute circonstance, ou du moins était-ce comme cela qu'il avait été éduqué, si bien que ce petit moment de faiblesse l'énervait au plus haut point. Quand parviendrait-il à s'affranchir de ce carcan qu'il s'était lui-même imposé ? Quand arrêterait-il d'être hanté par l'ombre de géniteurs qui, malgré leur absence, arrivaient encore à le manipuler pour ne faire ressortir que le pire en lui ? Il n'en savait rien et sa propre faiblesse alimentait encore davantage la colère qui dormait en lui. Ce fut au prix d'un effort colossal que le garçon décrocha sa main libre de l'évier pour la poser sur celle de la belle, comme si un tel geste anodin était supposé la rassurer plus que ses mots ne pourraient jamais le faire.

Il dût se reprendre à deux fois avant que des mots ne daignent sortir de sa bouche, avant que ce tremblement dans sa voix ne cesse et qu'il puisse se décider à aller plus en avant dans sa réponse.

- Tout va bien, je t'assure. Merci, en tout cas, de me donner plus de crédit que je n'en mérite.

Il ne méritait pas de pitié, pas de pardon, pas de seconde chance car tous ces choix étaient les siens. En vérité, même s'il refusait de l'admettre en public, le jeune homme avait été pendant si longtemps conditionné par l'autorité paternelle qu'il était persuadé d'être le seul et unique instrument de son propre malheur. Il était triste de ne pas faire l'unanimité dans la famille, c'était un fait, mais cette frustration n'était qu'égalée par sa peine ne pas être plus « normal », plus conforme à la norme, plus confirme aux attentes de ses parents. Aurait-il été plus heureux si les choses avaient été différentes ? S'il avait été plus différent ? Il aimait se dire que oui lors de ses moments de doute, pour appuyer sur le fait qu'il était responsable de sa propre peine et personne d'autre.

Non, contrairement à ce que la demoiselle pouvait bien lui dire il ne se voyait pas du tout comme quelqu'un de bien mais s'en donnait simplement l'apparence, se drapait de ce masque souriant dans ses moments de doute pour que personne ne s'inquiète. Pourquoi ? Parce qu'après deux ou trois décennies de déception il avait réellement fini par croire qu'il n'était qu'un raté au moment où sa confiance en lui s'était envolé par la fenêtre. Il avait fini par se persuader que tout ceci n'était que de son fait, qu'il méritait son sort et qu'en tournant le dos à son héritage il avait laissé envoler sa chance d'être un jour heureux. C'était pour cela qu'il lui était douloureux d'en parler ou de simplement y penser, car le vocaliser rendait ce constat beaucoup trop réel pour ce qu'il était capable de supporter. Il était un raté, oui, mais il préférait éviter d'y penser le moins souvent car la somme de ses bonnes actions ne compenseraient jamais ce terrible constat.

Armé de son couteau il allait attaquer la découpe des tomates mais, voyant que sa main n'était plus sûre et qu'il avait une chance sur deux de se couper un doigt, la demoiselle prit les commandes sans que Nathan n'ait le cœur à protester. Il s'adossa donc à l'évier, regardant son hôte faire le travail à sa place tout en répondant à la fameuse question. 

- Joshua ? C'est mon cadet, celui qui me regarde comme un exemple. Enfin c'est comme ça que cela devrait se passer. Dans les faits, par contre, c'est un peu différent.

Le petit frère regardait son aîné comme modèle de réussite, Nathanael avait rapidement compris la position qui était la sienne mais, une fois de plus, avait échoué dans la simple tâche d'être un grand-frère correct. Il avait été absent, réservé, solitaire si bien que Joshua n'avait pratiquement eu aucun repère auquel se fier. Le sorcier n'était-il donc bon à rien du tout ? C'en était presque risible.

- J'ai fait les bons choix, je le sais. J'espérais juste...juste que les choses soient différentes.

Ce qu'il n'avait pas avoué c'était surtout qu'il espérait que le fait de savoir qu'il avait fait les bons choix le rende plus heureux, mais cela n'avait jamais été le cas. C'était tout l'inverse en fait, car plus il s'éloignait du chemin tracé par sa famille et plus il se sentait perdre pied. Nathanael se força à sourire en voyant la sérieuse réflexion de la demoiselle sur l'importance de l'espérance, la seule choix qui restait dans cette boîte mythique et qui ne devrait jamais être libérée. Y croyait-il ? Pour les autres, oui. Pour lui ? Il préférait ne pas se prononcer.
- Tu sais que tu es trop gentille pour ton propre bien ?

Décidément il ne méritait pas toute cette attention et, sentant cette boule sur l'estomac remonter lentement le long de sa gorge, il attrapa délicatement les mains posées sur les épaules avant de les soulever avec autant de douceur dont il était capable en ce moment-même.

- Est-ce que tu peux m'excuser, deux minutes ? Le temps d'aller m'en griller une et je reviens.

S'écartant doucement, Nathanael se débarrassa de sa chemise pour aller affronter la fraîche brise, bras nus, avec son briquet pour seule source de chaleur. Il se dirigea donc vers la sortie côté jardin, accélérant légèrement le pas sur la fin de son trajet en sentant la boule remonter encore et encore. Une fois dehors, s'asseyant sur un des sièges devant lui, il plongea dans sa poche et en sortit cigarettes et briquets. Tout perturbé qu'il était il fut forcé de s'y reprendre à deux fois avant d'arriver à allumer son briquet, sa main droite tremblotante faisant tomber l'objet une toute première fois avant qu'il ne parvienne enfin à retrouver un semblant de calme.
La fumée qui s'extirpa de sa gorge ne fut pas aussi salvatrice qu'il l'avait espéré, c'était l'euphémisme de la semaine, mais elle avait au moins pu forcer la boule à redescendre un petit peu. Suffisamment pour le moment, en tout cas. Incapable d'affronter ses démons, incapable d'être en paix avec lui-même, incapable de lâcher vraiment prise : pouvait-on faire pire échec que cela ? La clope au bec, le bras-droit leva sur l'accoudoir associé, Nathanael ferma les yeux et vint loger son visage dans le creux de sa main comme si cette vaine protection pourrait changer quoi que ce soit.

- Pauvre type.

Il n'y avait même pas de mot pour définir son état d'esprit, pour définir l'ampleur de sa brisure et le travail colossal de reconstruction derrière. Non, il n'y avait vraiment pas de mots et, par-dessus tout, il savait qu'aujourd'hui encore ne serait pas le jour où il irait mieux. Se redressant en observant le ciel qui s'assombrissait petit à petit, sentant la vent venir caresser ses épais bras nus et son visage taillé au couteau, aspirant une nouvelle bouffée de poison, Nathanael laissa cette fumée s'échapper de ses narines tout en concluant par un :

- Quelle blague. Champion de la bonne ambiance.

Une blague ? Oui, tout ceci n'était rien de plus qu'une farce de mauvais goût et rien de plus. Un clown triste, un homme qui se voilait la face, un torturé qui traversait l'enfer en espérait pouvoir en ressortir : il n'était que cela et rien d'autre. Une parodie de réussite sociale, un homme incapable de suivre ses propres conseils. C'en était pathétique.

Il était pathétique.



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MessageSujet: Re: Welcome home. Dear Gentleman - [PV Nathanaël Armstrong]   Hier à 22:26

Je voyais bien qu'il était sur le point de craquer. Dans ces moments-là, je détestais me faire réconforter par des gestes affectifs, provoquant alors une réaction encore plus forte. Peut-être était-ce à cause du rôle important que j'attribuais à ce type de comportements qui relevait de l'intime pour moi. D'une chose que je n'avais que peu connue finalement. En effet, si j'avais été aimé, choyé durant ma petite enfance, mes réactions avaient fortement évolué au fil des années, cessant très vite tout contact physique. De plus, mon père ne m'avait jamais habitué à un tel amour, c'était pour lui une forme de faiblesse, tandis que ma mère elle, avait été trop fusionnelle. Une ambivalence certaine s'était déployée dans leur éducation. Une ambivalence que je rejouais aujourd'hui dans mon comportement, mes réactions et mon caractère. J'étais bien la fille de mes parents, et j'avais tendance à croire que c'était pour le meilleur. Ils avaient été très apprécié à Killkenny, reconnus pour leur dur labeur, enviés pour leur richesse, admirés pour leur sympathie. De l'extérieur, il semblait que nous avions tout. De l'intérieur, je n'avais manqué de rien mais j'avais choisi un chemin bien différent. Premièrement, j'étais une sorcière, et puis deuxièmement, il suffisait de me regarder pour comprendre ce qui séparait le brillant avocat et son infirmière de la jeune gothique fêtarde. Ils avaient peut-être trop essayé de m'éviter les relations superficielles, mondaines dans lesquelles ils étaient parfois obligé d'évoluer. De ce fait, je m'étais tournée vers l'exact opposé, apprenant à connaître les personnes de la rue, les marginaux, et tous ceux que la société rejetait.

Mais pour l'heure, je hochais la tête face à son constat. Effectivement, tout garder pour soi était loin d'être sain, et si mon père fonctionnait ainsi, ma mère m'avait enseignée le pouvoir de l'expression, la puissance des mots, l'importance de l'écoute. Quant à sa seconde réaction, celle-ci me fit pousser un léger soupir. Je comprenais alors tout ce qui se cachait sous ce masque. Toutes ces défenses mises en place dans le seul but d'éviter de faire face au fait qu'il se détestait dans son entièreté, tout simplement. Partagée entre deux mondes, j'avais pu ressentir ça auparavant, ne sachant réellement où était ma place. La place, une difficulté à laquelle cet homme était confrontée, non pas à travers les différents univers, mais au sein même de sa famille. Si c'était ce que j'étais devenue qui m'avait emmenée sur cette pente douloureuse, c'était différent pour lui. Cela relevait de ses choix et des réactions parentales. Comment pouvait-il alors se blâmer pour tout ça ? Mon regard se perdait dans le vide tentant vainement de comprendre ce qui l'amenait à de telles pensées. Est-ce que l'éducation reçue n'était pas finalement toujours trop présente ? Il avait fait le choix de s'en détacher, mais la séparation était loin d'être complète. Il cherchait encore à répondre aux attentes de ses parents, ou tout du moins ce qu'il restait au fond de lui le cherchait désespérément. Je continuais de croire que d'un point de vue humain, il avait fait les bons choix, mais que les conséquences n'étaient pas épanouissantes pour lui. Je faisais alors face à un homme torturé, perdu, cherchant une solution comme je cherchais des réponses. Il me parlait ensuite de son frère, l'idée d'être un exemple. Un rôle que je n'avais jamais connu, dans un sens comme dans l'autre, puisque j'étais fille unique. J'avais été heureuse de cela. Aujourd'hui, j'en venais à le regretter, cherchant désespérément une main familiale vers laquelle tendre. Seulement, ma famille je la construisais désormais au fil des rencontres. Garry. Rufus. Un exemple pour Garry ? Je n'en étais pas certaine, enfin plus aujourd'hui.


« Est-ce que les rôles sont immuables ? Je crois que les choses sont toujours plus compliquées que ça, et que si on s'y tient, on perd forcément en spontanéité et sincérité. Mais du coup, il n'a pas suivi ton exemple ? »

Il a suivi tes parents. Voilà ce que j'insinuais sans réellement le dire. Si cette conversation était d'une atrocité sans nom pour Nathanaël, elle m'était finalement difficile à moi aussi. Je n'aurai jamais songé à parler calmement de ce genre d'idéologies, mais je devais me contenir. J'avais envie de hurler, hurler des insultes à n'en plus pouvoir. Déverser ma haine et ma violence sur lui, mais il le faisait déjà très bien tout seul, et je savais qu'il n'était pas le responsable. Si lui se croyait être le seul problème, moi je n'y voyais que ses parents, et on ne choisit pas sa famille. Il espérait que les choses soient différentes. Je lançais alors un regard qui en disait long. Oui, moi aussi je l'aurai espéré. Espérer n'être jamais sorcière peut-être, mais on n'échappe pas à son destin. Ensuite il en venait à me dire que j'étais trop gentille, et je ne pus retenir un rire jaune, tout en détournant le regard. Il avait encore beaucoup à connaître de ma personne. Gentille, enjouée, souriante, enthousiaste, optimiste, généreuse. Tant de compliments que j'avais reçus, qui n'étaient pas totalement faux dans une certaine mesure. Seulement, j'étais comme le jour et la nuit, l'ombre et la lumière, l'avant et l'après. J'affichais une multitude de visages, tous plus sincères les uns que les autres mais régis par mes émotions. Aussi, j'avais passé les deux dernières années à être sarcastique, déprimée, vicieuse, menteuse, égoïste. Ne recherchant que vengeance et préférant haïr les sorciers, tous autant qu'ils étaient. Moi la justicière, je ne jurai alors que par la mort de mes parents, oubliant de vivre à travers l'humain comme ce que j'avais toujours fait jusqu'à ce meurtre. Mais Nathanaël ne connaissait pas encore cette partie de moi. Il n'avait pas vu la fille arpentant le Chemin de Travers, menaçant les autres, feignant une approche amicale pour en savoir davantage, et c'était mieux ainsi. Avec lui je cherchais à être sincère, le Petit Chaperon Rouge d'Halloween. Mais lorsque le loup qui s'était maquillé sur mon visage sortait de sa cage, plus rien ne comptait. Les morts ne peuvent pas se faire justice, et c'était à nous d'y remédier.

« Je choisis bien de l'être avec ceux qui me semblent le mériter. Tu ne connais qu'une partie de moi Nate, celle que tu as connu il y a quelques années, en plus brisée. »

Mais tu ne connaissais pas la vengeresse. Tu ne connaissais pas la lionne tapis en moi, prête à déchiqueter tout ce qui se trouvait sur son passage. Celle qui, dans un certain sens, ressemblait davantage à ce que tu avais connu dans l'entourage familial. La fin justifie les moyens. Si j'étais prête à tout donner, j'étais tout autant prête à tout reprendre. Si je devais trouver ces assassins, je savais pertinemment qu'aucune hésitation n'apparaîtrait et que je les tuerai sur le champ. Ça, personne ne s'en rendait compte, pas même Rufus. Mais nos démons ne sont jamais loin. Pour le moment, c'était ceux de Nate que j'avais ravivés. Cherchant alors un moyen de s'échapper, il partit fumer une cigarette à l'extérieur.

« Tu sais tu peux... »

Fumer à l'intérieur. Oui je le faisais tout le temps, mais je m'étais ravisée, comprenant qu'il avait besoin de se détacher de toutes ces émotions. De prendre l'air, comme on le disait si bien. Je regardais du coin de l’œil le bel homme dans le transat, tout en finissant d'un trait mon verre de whisky. Cela me brûlait la gorge mais c'était utile. Les migraines refaisaient leur apparition, et à force des années, je me rendais compte que plus j'en apprenais sur quelqu'un, plus elles venaient se figer en moi. Je ne comprenais pas le lien mais je ne pouvais échapper au constat. Je voyais ensuite Nate se prendre la tête entre les mains. Mon visage s'assombrissait.

« Oh et puis m*rde. »

Je ne pouvais pas le laisser là-bas, tout seul, alors qu'il avait tant fait pour moi en ce début de semaine. Prenant une cigarette et son verre, je m'avançais jusqu'à la frontière entre ma maison et mon jardin, me reposant contre les gonds de la porte coulissante. Je l'entendais alors penser à voix haute sur l'atmosphère qu'il régnait désormais. Un léger sourire entre l'amusement et la compassion, nous apprenions à nous connaître dans la douleur. Après tout, pour l'un comme pour l'autre, il semblait qu'elle avait fortement dominé et que nous nous étions construits avec elle. Après quelques secondes, j'allumais ma cigarette et prenais la parole.

« Tiens, ton verre. Tu sais, tu m'as connue fêtarde et toujours amusée, et toi aussi, on devrait pas avoir de mal à faire repartir tout ça. Mais pour le moment, j'ai bien l'impression qu'on apprend à se connaître dans nos épreuves. Ça te semble peut-être mal venu, peut-être de mauvaise ou augure, un truc du genre, j'en sais rien. Mais pour moi, c'est plutôt une preuve de force que d'être capable de parler des choses, et de voir que tu le fais là, j'en suis fière. C'est bien plus facile de nous cacher derrière nos belles façades, mais où est la sincérité ? Et ça, c'est bien plus compliqué pour les humains. Pourtant c'est là dedans qu'on devrait se construire, en acceptant nos émotions peu importe ce qu'elles sont. »

J'utilisais des mots forts : Fierté, sincérité. Ce n'était pas qu'un discours, voilà les valeurs et sentiments que ma mère avait souhaité m'inculquer. Ne jamais laisser les autres nous dire ce qu'on n'est pas, ne jamais se détourner de ce que l'on ressentait pour se cacher, par peur d'être faible, par peur d'avouer. Les apparences peuvent être trompeuses, mais la réalité d'un sentiment est bien plus forte, bien plus intense que n'importe quel acte, n'importe quel statut. Ce qui s'en échappe, ne peut être que bénéfique un jour où l'autre. J'étais loin d'avoir réussi à me tenir sur ce chemin, je me cachais bel et bien derrière mes blagues et en alimentant la part enfantine qu'il restait en moi, mais je ne pouvais pas mentir sur mes sentiments. Sauf en ce qui concernait leur mort, mais ça c'était un tout autre sujet. Encore une fois, je balançais entre leurs valeurs et mon incapacité à faire face à leur départ.

« Viens, on va rentrer. Habillé comme ça tu seras malade dès ton réveil demain matin, et chez moi on peut fumer à l'intérieur, j'le fais tout le temps. »

Je prenais le pas, l'incitant à me suivre avant d'ajouter en me retournant.

« Je sais ce que ça fait que d'pas trouver sa place. D'ailleurs tous ceux qui comme nous ont ressenti ça étaient des gens qui avaient la bougeotte. Mais l'Homme peut s'habituer à tout, même au plus dur. »

Oui, pour ma part, je détestais la routine et je n'avais jamais su me frayer un chemin dans la stabilité, qu'elle soit professionnelle, amicale, amoureuse, familiale, géographique. Pourtant, j'avais malgré tout fait face à l'incertitude, la honte, la culpabilité, la mort, la torture, et j'étais toujours présente, j'aimais même plusieurs facettes de mon personnage. Bien que d'autres soient encore difficiles à accepter, j'espérai pouvoir emmener ce bel homme sur le même chemin. A deux on s'en sort toujours mieux, et au vu de notre vécu, nous avions toutes les raisons de nous serrer les coudes.
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